SOLUTION ABSORBANTE A BASE D'UNE AMINE TERTIAIRE OU ENCOMBREE ET D'UN ACTIVATEUR PARTICULIER ET PROCÉDÉ D'ELIMINATION DE COMPOSES ACIDES D'UN EFFLUENT GAZEUX
Domaine de l'invention
La présente invention concerne l'élimination de composés acides dans un effluent gazeux.
La présente invention concerne le traitement de gaz acides (H2S, CO2, COS, CS2, mercaptans, ...) au moyen une solution aqueuse d'aminé tertiaire ou stériquement encombrée, formulée avec une aminé primaire ou secondaire répondant à la formule générale (I).
L'invention s'applique avantageusement au traitement du gaz naturel et de gaz d'origine industrielle.
Art antérieur
Traitement des gaz d'origine industrielle
La nature des effluents gazeux que l'on peut traiter est diverse, on peut citer de façon non limitative les gaz de synthèse, les fumées de combustion, les gaz de raffinerie, les gaz obtenus en queue du procédé Claus, les gaz de fermentation de biomasse, les gaz de cimenterie et les gaz de hauts-fourneaux.
Tous ces gaz contiennent des composés acides tels que le dioxyde de carbone (CO2), l'hydrogène sulfuré (H2S), l'oxysulfure de carbone (COS), le disulfure de carbone (CS2) et les mercaptans (RSH), principalement le méthylmercaptan (CH3SH), l'éthylmercaptan (CH3CH2SH) et les propylmercaptans (CH3CH2CH2SH).
Par exemple, dans le cas des fumées de combustion, le CO2 est le composé acide que l'on cherche à éliminer. En effet, le dioxyde de carbone est un des gaz à effet de serre largement produits par différentes activités de l'homme et a un impact direct sur la pollution atmosphérique. Afin de diminuer les quantités de dioxyde de carbone émises dans l'atmosphère, il est possible de capter le CO2 contenu dans un effluent gazeux.
Traitement de gaz naturel
Dans Ie cas du gaz naturel, trois principales opérations de traitement sont considérées : la désacidification, la déshydratation et le dégazolinage. La première étape, qui est Ia désacidification, a pour objectif l'élimination des composés acides tels que le dioxyde de carbone (CO2), mais aussi l'hydrogène sulfuré (H2S), l'oxysulfure de carbone (COS), le disulfure de carbone (CS2) et les mercaptans (RSH), principalement le méthylmercaptan (CH3SH), l'éthylmercaptan (CH3CH2SH) et les propylmercaptans (CH3CH2CH2SH). Les spécifications généralement admises sur le gaz désacidifié sont 2% de CO2, voir 50 ppm de CO2 pour réaliser ensuite une liquéfaction du gaz naturel ; 4 ppm d'H2S, et 10 à 50 ppm volume de soufre total. L'étape de déshydratation permet ensuite de contrôler la teneur en eau du gaz désacidifié par rapport à des spécifications de transport. Enfin, l'étape de dégazolinage du gaz naturel permet de garantir le point de rosée des hydrocarbures dans le gaz naturel, là encore en fonction de spécifications de transport.
La désacidification est donc souvent réalisée en premier lieu, notamment afin d'éliminer les gaz acides toxiques tel que I1H2S dans la première étape de la chaîne de procédés et afin d'éviter la pollution des différentes opérations unitaires par ces composés acides, notamment la section de déshydratation et la section de condensation et de séparation des hydrocarbures les plus lourds.
Élimination des composés acides par absorption
La désacidification des effluents gazeux, tels que par exemple le gaz naturel et les fumées de combustion, ainsi que les gaz de synthèse, les gaz de raffinerie, les gaz obtenus en queue du procédé Claus, les gaz de fermentation de biomasse, les gaz de cimenterie et les gaz de hauts-fourneaux, est généralement réalisée par lavage par une solution absorbante. La solution absorbante permet d'absorber les composés acides présents dans l'effluent gazeux. D'une manière générale, pour le traitement d'effluents acides comprenant des composés acides comme par exemple H2S, mercaptans, CO2, COS, SO2, CS2, l'utilisation d'agents
de séparation comportant des fonctions aminés est intéressante, en raison de leurs performances et de leur facilité de mise en oeuvre en solution aqueuse.
Un aspect primordial des opérations de traitement de gaz ou fumées industrielles par solvant est l'étape d'absorption. Par exemple, dans le cas du captage du CO2, le CO2 absorbé réagit avec l'aminé présente en solution selon une réaction exothermique réversible, bien connue de l'homme du métier et conduisant à la formation d'hydrogénocarbonates, de carbonates et/ou de carbamates, permettant une élimination du CO2 dans le gaz à traiter. De même, pour l'élimination de I1H2S dans le gaz à traiter, I1H2S absorbé réagit avec l'aminé présente en solution selon une réaction exothermique réversible, bien connue de l'homme du métier et conduisant à la formation d'hydrogénosulfure.
Un autre aspect primordial des opérations de traitement de gaz ou fumées industrielles par solvant est l'étape de régénération de l'agent de séparation. En fonction du type d'absorption (physique et/ou chimique), on envisage généralement une régénération par détente, et/ou par distillation et/ou par entraînement par un gaz vaporisé appelé "gaz de strippage".
Problématiques
Les solutions aqueuse d'aminés tertiaires sont généralement préférées par l'homme du métier pour l'élimination des composés acides présents dans un gaz, car elles présentent généralement une capacité de captage des gaz acides importante, et une stabilité importante.
Il est bien connu de l'homme du métier que les aminés tertiaires ou stériquement encombrées ont une cinétique de captage du CO2 et du COS plus lente que des aminés primaires ou secondaires non encombrées. Dans une revue de 1987, Sartori et al, Sep. and Purification Methods, 16 (2), 171-200 ont démontré les avantages de différentes aminés encombrées, soit en terme de capacité de capture du CO2 pour des aminés modérément encombrées, soit en abaissant la réactivité vis-à-vis du CO2 pour des aminés sévèrement encombrées. Les aminés sévèrement encombrées, comme les aminés tertiaires présentent un avantage lorsque les concentrations de CO2 et de COS sont en
dessous des spécifications désirées, car leur faible réactivité vis-à-vis du CO2 est utilisée pour réaliser une élimination sélective de I1H2S . Néanmoins, lorsque le CO2 et le COS sont au dessus des spécifications désirées, l'utilisation d'une solution aqueuse d'aminé tertiaire ou encombrée peut se révéler non satisfaisante, car nécessiterait des tailles de colonne d'absorption gigantesques pour atteindre les spécifications. Pour remédier à ce problème, le document WO 89/11327 propose de mélanger les aminés tertiaires avec une aminé primaire pour activer l'absorption du CO2.
Cette aminé primaire ou secondaire permet de doper la cinétique de captage du CO2 dans Ie haut de la colonne d'absorption, là où la pression partielle de CO2 et ou de COS est la plus faible (références : Aroonwilas, A. ; Veawab A. ; Characterization and Comparison of the CO2 Absorption Performance into Single and Blended Alkanolamines in a Packed Column ; Ind. Eng. Chem. Res. 43 2228- 2237 & van Loo, S. ; van EIk, E. P. ; Versteeg, G. F. ; The removal of carbon dioxide with activated solutions of methyl-diethanol-amine ; Journal of Petroleum Science and Engineering 55 (2007) 135-145). Ainsi, l'ajout de quelques % poids d'activateur permet de réduire considérablement la taille des colonnes d'absorption, tout en conservant les propriétés thermodynamique et physicochimique de la solution absorbante d'aminé tertiaire ou encombrée. Ainsi, les solutions absorbantes composées d'une aminé tertiaire et de quelques % poids d'activateur sont couramment utilisées. On peut citer par exemple le brevet US 6 852 144 qui décrit une méthode d'élimination des composés acides des hydrocarbures. La méthode utilise une solution absorbante eau-méthyldiéthanolamine ou eau-triéthanolamine contenant une proportion d'un composé appartenant au groupe suivant : piperazine et/ou méthylpiperazine et/ou morpholine. On peut citer également le brevet JP08257353 qui décrit une méthode d'élimination du CO2 dans les fumées. La méthode utilise une solution absorbante eau-bis(2-diméthylaminoéthyl)éther contenant par exemple de la 2-méthylaminoéthanol ou la piperazine.
Un autre aspect important à prendre en compte est Ia stabilité des activateurs. Lors de la désacidification des effluents gazeux, la solution absorbante, et notamment l'activateur, est dégradée soit par dégradation thermique, soit par réaction secondaire avec les gaz acides à capter, mais aussi avec d'autres
composés contenus dans l'effluent gazeux, comme par exemple l'oxygène, les SOx et les NOx, contenus dans les fumées industrielles.
Ces réactions de dégradation nuisent au bon fonctionnement du procédé : diminution de l'efficacité de la solution absorbante, corrosion, moussage, etc. Du fait de ces dégradations, il est nécessaire de réaliser une purification de la solution absorbante par distillation et/ou échange d'ions, et réaliser des appoints d'aminés. A titre d'exemple, les appoints d'aminé dans un procédé de captage du CO2 en post-combustion, utilisant une solution absorbante de MonoEthanolAmine à 30% poids représentent 1,4 kg d'aminé par tonne de CO2 capté, ce qui augmente considérablement les coûts opératoires d'une unité de captage (référence : Chapel, D. G. ; Mariz, C. L. ; Recovery of CO2 from Flue Gases: Commercial Trends ; présenté à The Canadian Society of Chemical Engineers annual meeting, October 4-6, 1999, Saskatoon, Saskatchewan, Canada).
Il est difficile de trouver pour une solution aqueuse d'une aminé tertiaire ou encombré, un composé activateur qui ajouté à quelques pourcents poids augmente fortement la cinétique de captage du CO2 et du COS, permettant ainsi d'éliminer les composés acides en dessous des spécifications à moindre coût dans tout type d'ëffluent. De plus, il est difficile de trouver un composé activateur qui présente une forte stabilité. La présente invention propose une famille d'activateur qui combine une bonne stabilité chimique avec une excellente capacité à accélérer l'absorption du CO2 et du COS au sein d'une formulation contenant des aminés tertiaires et/ou des aminés stériquement encombrées.
Description de l'invention
De manière générale, la présente invention propose une solution absorbante pour absorber des composés acides contenus dans un effluent gazeux, la solution comportant :
- de l'eau,
- au moins un composé absorbant choisi parmi les aminés tertiaires et les aminés stériquement encombrées,
au moins un activateur choisi parmi les aminés primaires et les aminés secondaires de formule
dans laquelle n=l ou 2, de préférence n=l, chacun des groupements Rl, R2, R3, R4, R5, R6, R7 et R est choisi indépendamment parmi l'un des éléments du groupe constitué de : un atome d'hydrogène, un groupe alkyle linéaire ou branché ou cyclique de 1 à 12 atomes de carbone, un groupe aryle, un groupe hydroxyalkyle ou un groupe ether-oxyde linéaire ou branché ou cyclique de 1 à 12 atomes de carbone.
Selon l'invention, le groupement R peut être relié par R3, R4, R5, R6 ou R7 au noyau aromatique de la formule (I), de manière à former un cycle. Par exemple, le groupement R est relié par R3 ou R7 au noyau aromatique de la formule (I), de manière à former un hétérocycle à 5 ou 6 atomes.
L'activateur peut être est choisi parmi la Benzylamine, la N-MethylBenzylAmine, la N-EthylBenzylAmine, la α-MethylBenzylAmine, la α-EthylBenzylAmine, la
TetraHydroIsoQuinoline, l'isolndoline et la PhénéthylAmine.
L'aminé tertiaire ou stériquement encombrée peut être choisi parmi la
DiEthylEthanolAmine, la DiMethylEthanolAmine, la Diisopropanolamine, la
MethylDiEthanolAmine, la TriEthanolAmine, Ia 2-Amino-2-MethylPropan-l-ol, la bis(2-diméthylaminoéthyl)éther, la TetraMethyl-l,2-EthaneDiAmine, la
TetraMethyl-l,3~PropaneDiAmine, la TetraMethyl-l,6-HexaneDiAmine et la
PentaMethylDiPropylèneTriAmine.
La solution absorbante selon l'invention peut comporter un solvant physique.
Par exemple, la solution absorbante peut comporter :
- au moins 10% poids d'eau,
- entre 10% et 90% poids d'aminé tertiaire ou stériquement encombrée,
- entre 1% et 50% poids d'activateur.
La présente invention décrit également un procédé d'absorption des composés acides contenus dans un effluent gazeux, dans lequel on effectue une étape d'absorption dans laquelle on met en contact l'effluent gazeux avec une solution absorbante comportant :
- de l'eau,
- au moins un composé absorbant choisi parmi les aminés tertiaires et les aminés stériquement encombrées,
- au moins un activateur choisi parmi les aminés primaires et les aminés secondaires de formule
dans laquelle n=l ou 2, de préférence n=l chacun des groupements Rl, R2, R3, R4, R5, R6, R7 et R est choisi indépendamment parmi l'un des éléments du groupe constitué de : un atome d'hydrogène, un groupe alkyle linéaire ou branché ou cyclique de 1 à 12 atomes de carbone, un groupe aryle, un groupe hydroxyalkyle ou un groupe ether-oxyde linéaire ou branché ou cyclique de 1 à 12 atomes de carbone.
Dans le procédé selon l'invention, on peut effectuer une opération de régénération de la solution absorbante chargée en composés acides obtenue à l'issue de l'étape d'absorption, l'étape de régénération comportant au moins l'une des opérations suivantes :
- détente de Ia solution absorbante chargée en composés acides,
- chauffage de la solution absorbante chargée en composés acides.
L'étape d'absorption des composés acides peut être réalisée à une pression comprise entre 1 bar et 120 bars, et à une température comprise entre 3O0C et 9O0C.
L'étape de régénération peut être réalisée à une pression comprise entre 1 bar et
10 bars et une température comprise entre 1000C et 1800C.
L'effluent gazeux traité par le procédé selon l'invention peut comporter un des éléments suivants : le gaz naturel, les gaz de synthèse, les fumées de combustion, les gaz de raffinerie, les gaz obtenus en queue du procédé Claus, les gaz de fermentation de biomasse, les gaz de cimenterie, les fumées d'incinérateur.
Les composés acides peuvent consister en au moins l'un des composés : CO2 et
COS.
La présente invention présente un intérêt pour la réduction des tailles de colonne d'absorption lorsque l'on cherche à éliminer le CO2 et/ou le COS contenu dans un gaz.
Par ailleurs, les composés aminé primaire ou secondaire répondant à la
formule générale
présentent une stabilité accrue par rapport aux activateurs connus, limitant ainsi les problèmes liés à la dégradation de la solution absorbante.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention seront mieux compris et apparaîtront clairement à la lecture de la description faite, ci-après, en se référant à la figure 1 donnée à titre d'exemple et représentant un schéma de principe d'un procédé de traitement d'effluents de gaz acides.
Description détaillée de l'invention
Les solutions aqueuses d'aminés tertiaires ou stériquement encombrées activée par une aminé primaire ou secondaire répondant à Ia formule générale
(I) présentent un intérêt dans l'ensemble des procédés de traitement de gaz acides (gaz naturel, fumées de combustion, etc.).
La présente invention propose d'éliminer les composés acides d'un effluent gazeux en mettant en oeuvre solutions aqueuses d'aminés tertiaires ou d'aminés stériquement encombrées activée par une aminé primaire ou secondaire
répondant à la formule générale (I) :
Nature des effluents gazeux
Les solutions absorbantes selon l'invention peuvent être mises en oeuvre pour désacidifier les effluents gazeux suivants : le gaz naturel, les gaz de synthèse, les fumées de combustion, les gaz de raffinerie, les gaz obtenus en queue du procédé Claus, les gaz de fermentation de biomasse, les gaz de cimenterie, les fumées d'incinérateur. Ces effluents gazeux contiennent un ou plusieurs des composés acides suivants : le CO2, I1H2S, des mercaptans, du COS, du CS2.
Les fumées de combustion sont produites notamment par la combustion d'hydrocarbures, de biogaz, de charbon dans une chaudière ou pour une turbine à gaz de combustion, par exemple dans le but de produire de l'électricité. Ces fumées ont une température comprise entre 20 et 6O0C, une pression comprise entre 1 et 5 bars et peuvent comporter entre 50 et 80 % d'azote, entre 5 et 40 % de dioxyde de carbone, entre 1 et 20 % d'oxygène, et quelques impuretés comme des SOx et des NOx, s'ils n'ont pas été éliminés en aval du procédé de désacidification.
Le gaz naturel est constitué majoritairement d'hydrocarbures gazeux, mais peut contenir plusieurs des composés acides suivants : le CO2, I1H2S, des mercaptans, du COS, du CS2. La teneur de ces composés acides est très variable et peut aller jusqu'à 40% pour le CO2 et I1H2S, jusqu'à 1000 ppm pour le COS. La température du gaz naturel peut être comprise entre 2O0C et 1000C. La pression du gaz naturel à traiter peut être comprise entre 10 et 120 bars.
Composition de la solution aqueuse absorbante
La solution absorbante comprend avantageusement de 10 à 90 % poids d'aminé tertiaire ou d'une aminé stériquement encombrée, préférentiellement de 20 à 60% poids, et de manière très préférée de 30 à 50% poids d'aminé tertiaire ou d'une aminé stériquement encombrée.
Dans la présente description, on entend par aminé tertiaire un composé organique comportant une ou plusieurs fonctions aminés exempt de liaisons N-H. Dans la présente description, on entend par aminé stériquement encombrée un composé organique comportant une ou plusieurs fonctions aminés encombrées ou tertiaires.
Les fonctions aminés encombrées peuvent être primaires ou secondaires. Dans le cas d'une fonction aminé primaire, on considère que cette fonction est encombrée si le carbone en α (i.e. adjacent à l'atome d'azote) est quaternaire (i.e. exempt de liaison CH). Un exemple de monoamine primaire encombrée bien connue de l'homme du métier est la 2-amino-2-methylpropanol. Dans le cas d'une fonction aminé secondaire, on considère que cette fonction est encombrée si la somme du nombre de liaisons CH pour les deux carbones en α (i.e. adjacents à l'atome d'azote) est inférieure ou égale 3. Un exemple de monoamine secondaire encombrée est la diisopropanolamine, qui possède deux carbones en α tertiaires (i.e. possédant chacun une unique liaison CH), ayant ainsi une somme du nombre de liaisons CH pour les deux carbone en α égale à 2.
De manière préférée, l'aminé tertiaire ou stériquement encombrée est choisie dans le groupe formé par :
DiEthylEthanolAmine,
DiMethylEthanolAmine,
Diisopropanolamine,
MethylDiEthanolAmine,
TrïEthanolAmine,
2-Amino-2-MethylPropan-l-ol, bis(2-diméthylaminoéthyl)éther
TetraMethyI-l,2-EthaneDiAmine,
TetraMethyl-l,3-PropaneDiAmine,
TetraMethyl-l,6-HexaneDiAmine,
PentaMethylDiPropylèneTriAmine.
La solution absorbante comprend une quantité non nulle et inférieure à 50% poids, de préférence inférieure à 30% poids, de manière très préférée inférieure à 15% poids d'un activateur choisi parmi les aminé primaire ou secondaire répondant à la formule générale (I) suivante :
Avec n=l ou 2, de préférence n=l.
Chacun des groupements Rl, R2, R3, R4, R5, R6, R7 et R est choisi indépendamment parmi l'un des éléments du groupe constitué de : un atome d'hydrogène, un groupe alkyle linéaire ou branché ou cyclique de 1 à 12 atomes de carbone, un groupe aryle, un groupe hydroxyalkyle ou un groupe ether-oxyde linéaire ou branché ou cyclique de 1 à 12 atomes de carbone.
De préférence Rl, R2 et R peuvent être choisis indépendamment parmi l'atome d'hydrogène et des groupes alkyles linéaires, de préférence des groupes méthyle ou éthyle. Dans ce cas, R3, R4, R5, R6 et R7 sont chacun un atome d'hydrogène.
Selon un mode de réalisation, le groupement R n'est pas relié à un autre élément.
Selon un autre mode de réalisation, le groupement R peut être relié par R3, R4, R5, R6 ou R7 au noyau aromatique de la formule (I) de manière à former un cycle. Dans ce cas, de préférence, le groupement R peut être relié par R3 ou R7 au noyau aromatique de la formule (I) pour former un hétérocycle à 5 ou 6 atomes.
Par exemple, l'activateur est choisi dans Ie groupe formé par :
De manière préférée, l'activateur est choisi parmi : 1,2,3,4-
TetraHydroIsoquinoline, Benzylamine, N-MethylBenzylAmine, α-
MethylBenzylAmine. Un excellent activateur est choisi parmi : 1,2,3,4- TetraHydroIsoquinoline, Benzylamine.
La solution absorbante peut contenir au moins 10% poids d'eau, en général entre 10% et 90% poids d'eau, de manière très préférée au moins 50% ΔKJ poids, par exemple de 60 à 70% poids d'eau.
Bien entendu, la somme des pourcentages des différents composants de la solution absorbante selon l'invention est égale à 100%.
La solution absorbante selon l'invention est particulièrement intéressante dans le cas du captage du CO2 dans les fumées industrielles, ou du traitement du gaz naturel contenant du CO2 au dessus de la spécification désirée. En effet, pour ce type d'applications, on cherche à augmenter la cinétique de captage du CO2, afin de réduire la hauteur des colonnes d'absorption.
La solution absorbante selon l'invention est particulièrement intéressante dans le cas du captage du CO2 dans les fumées industrielles, ou du traitement du gaz naturel contenant du COS au dessus de la spécification désirée. En effet, pour ce type d'applications, on cherche à augmenter la cinétique de captage du COS, afin de réduire la hauteur des colonnes d'absorption.
Dans un mode de réalisation, la solution absorbante peut comprendre d'autres composés organiques. Ainsi., la solution absorbante selon l'invention peut contenir des composés organiques non réactifs vis à vis des composés acides (couramment nommé "solvants physiques"), qui permettent d'augmenter la solubilité d'au moins un ou plusieurs composés acides de l'effluent gazeux. Par exemple, la solution absorbante peut comporter entre 5% et 50% poids de solvant physique tel que des alcools, des ethers de glycol, des lactames, des pyrrolidones N-alkylées, des pipéridones N-alkylées, des cyclotétraméthylènesulfone, des N-alkylformamides, des N-alkylacétamides, des ethers-cétones ou des phosphates d'alkyles et leur dérivés. A titre d'exemple et de façon non limitative, il peut s'agir du méthanol, du tetraethylèneglycol- dimethylether, du sulfolane ou de la N-formyl morpholine.
Procédé d'élimination des composés acides dans un effluent gazeux (Hq. 1)
La mise en oeuvre d'une solution absorbante pour désacidifier un effluent gazeux est réalisée de façon schématique en effectuant une étape d'absorption suivie d'une étape de régénération. L'étape d'absorption consiste à mettre en contact l'effluent gazeux contenant les composés acides à éliminer avec la solution absorbante dans une colonne d'absorption Cl. L'effluent gazeux à traiter
(~1) et la solution absorbante (~4) alimentent Ia colonne Cl. Lors du contact, les composés organiques munis d'une fonction aminé de la solution absorbante (~4) réagissent avec les composés acides contenus dans l'effluent (~1) de manière à obtenir un effluent gazeux appauvri en composés acides (~2) qui sort en tête de colonne Cl et une solution absorbante enrichie en composés acides (~3) qui sort en fond de colonne Cl. La solution absorbante enrichie en composés acides (~3) est envoyée vers un échangeur El, où elle est réchauffée par le flux (~6) provenant de la colonne de régénération C2. La solution absorbante chargée et réchauffée en sortie de réchangeur El (~5) alimente la colonne à distiller (ou colonne de régénération) C2 dans laquelle a lieu la régénération de la solution absorbante chargée en composés acides. L'étape de régénération consiste donc notamment à chauffer et, éventuellement à détendre, la solution absorbante enrichie en composés acides afin de libérer les composés acides qui sortent en tête de colonne C2 sous forme gazeuse (~7). La solution absorbante régénérée, c'est-à-dire appauvrie en composés acides (~6), sort en fond de colonne C2, puis passe dans l'échangeur El, dans lequel elle cède de la chaleur au flux (~3) comme décrit précédemment. La solution absorbante régénérée et refroidie (~4) est ensuite recyclée vers la colonne d'absorption Cl.
L'étape d'absorption des composés acides peut être réalisée à une pression comprise entre 1 bar et 120 bars, de préférence entre 20 bars et 100 bars pour le traitement d'un gaz naturel, de préférence entre 1 et 3 bars pour le traitement des fumées industrielles, et à une température comprise entre 200C et 1000C, préférentiellement comprise entre 300C et 9O0C, de manière encore plus préférée entre 300C et 6O0C. En effet, le procédé selon l'invention présente une excellente capacité d'absorption des composés acides lorsque la température dans la colonne d'absorption Cl est comprise entre 300C et 600C.
L'étape de régénération du procédé selon l'invention peut être réalisée par régénération thermique, éventuellement complétée par une ou plusieurs étapes de détente.
Compte tenu de la forte stabilité de la N,N,N',N'-tétraméthylhexane-l,6- diamine, il est possible de régénérer la solution absorbante selon l'invention à haute température dans une colonne à distiller. De manière générale, l'étape de régénération thermique est réalisée à une température comprise entre 1000C et
1800C, de préférence comprise entre 130 0C et 170 0C, et à une pression comprise entre 1 bar et 10 bars. De manière préférée, la régénération dans la colonne à distiller est réalisée à une température comprise entre 155 et 165°C et à une pression comprise entre 6 et 8,5 bars dans le cas où l'on souhaite réinjecter les gaz acides. De manière préférée, la régénération dans la colonne à distiller est réalisée à une température de 115 et 1300C et à une pression comprise entre 1,7 et 3 bars dans les cas où le gaz acide est envoyé à l'atmosphère ou dans un procédé de traitement aval, comme un procédé Claus ou un procédé de traitement de gaz de queue.
Exemples :
Exemple 1. Activation pour absorption du CO2
On effectue deux séries d'essais d'absorption de CO2 par des solutions absorbantes selon l'invention comprenant en solution aqueuse d'une monoamine tertiaire (ici là MethylDiEthanolAmine) pour la première série et d'une diamine tertiaire (ici la TetraMethylHexaneDiAmine) pour la deuxième série. Ces aminés tertiaires sont formulées avec des aminés secondaires répondant à la formule générale (I) (ici la TétraHydroIsoQuinoline et la N-MéthylBenzylAmine). Les mêmes aminés tertiaires peuvent par ailleurs être activées avec des activateurs bien connus de l'homme du métier comme la MonoEthnaolAmine ou la 2-HydroxyEthylPipérazine. On effectue donc à titre de comparaison les mêmes essais d'absorption de CO2 par des solutions absorbantes consistant en solutions aqueuses de MethylDiEthanolAmine activée par la 2-HydroxyEthylPipérazine, et de TetraMethylHexaneDiAmine activée par la MonoEthanolAmine.
Dans chaque essai, un gaz renfermant du CO2 est mis au contact du liquide absorbant en opérant dans un réacteur à film tombant vertical muni dans sa partie supérieure d'une sortie gaz et d'une entrée pour le liquide et dans sa partie inférieure d'une entrée pour le gaz et d'une sortie pour le liquide. Par l'entrée gaz, on injecte avec un débit variant entre 10 et 40 Nl/h un gaz renfermant 10% de CO2 et 90% d'azote et par l'entrée pour le liquide, on introduit le liquide absorbant avec un débit de ll/h. Par la sortie gaz, on évacue
un gaz appauvri en CO2 et par Ia sortie liquide, on évacue Ie liquide enrichie en CO2.
La pression absolue et Ia température en sortie liquide sont égales respectivement à lbar et 400C.
Pour chaque essai, on mesure le flux de CO2 absorbée entre l'entrée et la sortie gaz en fonction du débit de gaz entrant : pour chaque consigne de débit gaz : 10 - 15 - 20 - 25 -30- 35- 40 Nl/h, le gaz entrant et sortant sont analysés par des techniques d'absorption de rayon Infra Rouge dans Ia phase gaz pour déterminer leur teneur en CO2. A partir de l'ensemble de ces mesures, en réalisant deux montées - descentes de la gamme des débits, on en déduit le coefficient de transfert global Kg caractérisant Ia vitesse d'absorption du liquide absorbant. Les conditions opératoires spécifiques à chaque essai et les résultats obtenus sont présentés dans le tableau ci-dessous.
L'examen des résultats du tableau fait ressortir la vitesse améliorée d'absorption du CO2 présentée par les solutions absorbantes selon l'invention par rapport à celles que possèdent les solutions absorbantes témoins renfermant la même aminé tertiaire et des activateurs connus de l'homme du métier.
Exemple 2. Activation pour absorption du COS
On effectue deux essais d'absorption de COS par des solutions absorbantes selon l'invention comprenant d'une part en solution aqueuse d'une monoamine tertiaire (ici la MethylDiEthanolAmine) activée par la TétraHydroIsoQuinoline, et d'autre part une solution aqueuse d'une diamine tertiaire (ici Ia TetraMethylHexaneDiAmine) activée par la TétraHydroIsoQuinoline. Ces essais sont comparés à des solutions absorbantes comprenant en solutions aqueuses
de la DiEthanolAmine, de la MethylDiEthanolAmine et la MethylDiEthanolAmine activée par la Pipérazine, activateur bien connu de l'homme du métier pour ses performances d'élimination du COS (voir document US 6,852,144 par exemple).
Pour chaque essai, on mesure le flux d'absorption du COS par la solution aqueuse dans un réacteur fermé, type cellule de Lewis. 200 g de solution est introduite dans Ie réacteur fermé, régulé à une température de 400C. On réalise quatre injections successives d'oxysulfure de carbone de 100 à 200 mbar dans la phase vapeur du réacteur ayant un volume de 200 cm3. La phase gaz et la phase liquide sont agitées à 100 tours/minutes et entièrement caractérisées du point de vue hydrodynamique. Pour chaque injection, on mesure la vitesse d'absorption de l'oxysulfure de carbone par variation de pression dans la phase gaz. On détermine ainsi un coefficient de transfert global Kg par une moyenne des résultats obtenus sur les 4 injections.
Les conditions opératoires spécifiques à chaque essai et les résultats obtenus sont présentés dans le tableau ci-dessous.
L'examen des résultats du tableau fait ressortir Ia vitesse d'absorption du COS présentée par les liquides absorbants selon l'invention comparable à la solution MethylDiEthanolAmine-PipéraZine connue de l'homme de l'art, vitesse améliorée par rapport à celles que possèdent les solutions absorbantes témoins sans activateur.
Exemple 3. Stabilité relative des activateurs
La activateurs répondant à la formule générale (I) présente la particularité d'être très résistants aux dégradations qui peuvent se produire dans une unité de désacidification.
Les solutions aqueuses d'aminé sont dégradées au sein de réacteurs fermés, chauffés à une température T, et mis sous pression une pression partielle PP de différents gaz (CO2, O2 et N2). La phase liquide est agitée à l'aide d'un barreau aimanté. Au bout d'une durée de 15 jours, un échantillon de la phase liquide est prélevé, puis analysé par différentes techniques, notamment par chromatographie en phase gazeuse. Le tableau ci-dessous donne le taux de dégradation TD de la solution absorbante, dans différentes conditions, pour une durée de 15 jours, défini par l'équation ci-dessous :
TD(0A) = iAmhxeï-lΛmiΑeT [Aminef
où [Aminé] est la concentration de l'aminé dans l'échantillon dégradé, et
[Amine]° est la concentration de l'aminé dans la solution non dégradée.
Plus le taux de dégradation TD est faible, plus on peut considérer que l'aminé est stable.
Le tableau ci-dessous donne le taux de dégradation TD de différentes solutions aqueuses d'activateurs selon l'invention comme la TetraHydroIsoQuinoline et la N-MethylBenzylamine répondant à la formule générale (I), et de différentes solutions aqueuses d'activateurs bien connus de l'homme du métier, pour une température de 14O0C d'une part en présence de CO2 et d'autre part en présence d'O2.
Cet exemple montre que l'utilisation d'aminés primaires ou secondaires répondant à la formule générale (I) selon l'invention, comme activateurs d'une aminé tertiaire au sein d'une solution absorbante, permet d'obtenir un faible taux de dégradation par rapport activateurs de l'art antérieur (DiEthanolAmine et MonoEthanoIAmine), en présence de CO2, mais aussi en présence d'oxygène contenu par exemple dans les fumées de combustion.