Cadre pour la manutention, le transport et le stockage
d'une matière en feuilles
La présente invention concerne un cadre pour la manutention en atelier, le transport à distance et le stockage d'un produit industriel en feuilles de nature cassable (verre plat ou glaces par exemple).
Dans la description ci-après, on se référera, pour simplifier, à des feuilles de verre, étant entendu que l'invention n'est pas liée à cette matière particulière.
On connaît déjà divers supports répondant à ces destinations. Les dispositifs antérieurs présentent toutefois certains inconvénients ou limitations. En particulier ils sont relativement encombrants à vide.
D'autre part, ils ne permettent pas un serrage rationnel des feuilles empilées qu'ils peuvent porter car ils nécessitent des organes annexes pour assujettir ces feuilles et ces organes doivent souvent être adaptés aux dimensions des piles stockées.
Le cadre selon la présente invention a pour but de remédier à ces inconvénients tout en offrant d'autres avantages spécifiques qui seront exposés plus loin.
Le cadre objet de l'invention comprend deux montants parallèles, reliés entre eux par une armature et pourvus de pieds orthogonaux servant d'appui à la tranche des feuilles considérées, qui sont empilées sur l'armature précitée servant de dossier.
Suivant l'invention, ce cadre est caractérisé en ce que chaque montant porte un bras latéral sur lequel est montée au moins une vis de pression permettant d'exercer un serrage réglable sur les tranches des feuilles empilées situées du côté opposé aux pieds.
On a en effet constaté que ce serrage par la tranche de la pile de feuilles de verre par exemple était très efficace pour maintenir en place sur le cadre l'ensemble de ces feuilles. De plus ce moyen peut être utilisé avantageusement même si les feuilles ne sont pas serrées les unes contre les autres, ce qui est le cas pour les feuilles de verre imprimées sur leurs faces.
De préférence les bras latéraux portant les vis de pression sont agencés de manière amovible par l'intermédiaire d'organes de liaison échelonnés en hauteur sur les montants, ce qui permet d'adapter la position de ces bras aux dimensions de la pile de verre portée par le cadre.
Selon une réalisation préférée de l'invention, qui est avantageusement combinée avec les dispositions précédentes, chaque montant est constitué par un tube dans lequel peut tourner un arbre qui porte à son extrémité inférieure un pied orthogonal audit montant, et à son extrémité supérieure une tête parallèle au pied précité, l'ensemble constitué par la tête et le pied pouvant ainsi pivoter relativement au tube creux pour se placer en position de service dans un plan orthogonal à celui de l'armature du châssis et en position de repos, sensiblement dans le plan de cette armature.
On peut ainsi réduire notablement t' encombre- ment du cadre lorsqu'il n'est pas utilisé.
La tête et le pied de chaque montant peuvent en outre être aménagés pour recevoir les extrémités d'une barre de serrage amovible, parallèle au montant, et qui maintient la pile de feuilles de verre, du côté opposé à ce montant.
Aux dessins annexés, donnés à titre d'exemples non limitatifs, on a représenté une forme d'exécution particulière de l'invention.
La fig. 1 est une vue en perspective du cadre en position de service servant au stockage d'une pile de feuilles.
La fig. 2 est une vue en élévation du cadre en position de service, la barre de serrage de droite étant supposée non montée.
La fig. 3 est la vue latérale correspondante.
La fig. 4 montre en élévation latérale, une tête et un pied du cadre avec l'arbre qui les relie, le bras latéral n'étant pas monté.
La fig. 5 est la vue en plan de la tête précédente.
La fig. 6 est la vue en plan d'un bras latéral isolé, le dispositif de serrage étant retiré.
La fig. 7 est la vue en plan d'un pied.
La fig. 8 est la vue de la partie haute du cadre, en coupe par le plan de symétrie, un autre emplacement étant adopté pour les bras latéraux.
La fig. 9 est la vue partielle de face d'un support statique pour le cadre précédent.
La fig. 10 est la vue latérale correspondante.
La fig. 11 est la vue latérale du cadre supposé chargé, monté sur le support précédent.
La fig. 12 est une vue de détail en coupe axiale de la base d'une barre de serrage.
La fig. 13 est un schéma explicatif, concernant l'assujettissement de l'appareil.
Dans la réalisation particulière de l'invention décrite en référence aux dessins annexés, le cadre pour le stockage, la manutention et le transport d'une pile de feuilles de verre 1 (fig. 1) comprend essentiellement un cadre formé de deux montants tubulaires creux 2, disposés parallèlement et reliés entre eux par une armature 10 comprenant notamment des entretoises 3 et des croisillons 4. Le châssis rigide constitué par les montants 2 et l'armature 10 est garni de planches de bois parallèles 5, échelonnées en hauteur et qui s'étendent sur une longueur correspondant sensiblement à celle de la pile 1 de feuilles de verre.
Les planches 5 sont recouvertes de feutre ou matière protectrice analogue et constituent un dossier destiné à recevoir la première feuille la de la pile 1.
A l'intérieur des manchons tubulaires constitués par les montants 2 peuvent tourillonner des arbres tubulaires 22 (fig. 4) dont les extrémités portent chacune une tête 25 et un pied 26 parallèles entre eux, orthogonaux à l'axe A-A du tube 22 qui les relie et dont ils sont solidaires en rotation. Des butées 23, 24 respectivement solidaires des pièces 25, 26 permettent Appui de ces dernières sur le montant 2.
Chaque tête 25 comprend deux flasques latéraux parallèles 27 réunis par une âme transversale 28 qui présente deux rangées parallèles de perforations 29 (fig. 5) décalées les unes par rapport aux autres d'un demi-pas. Les perforations 29 sont prévues pour recevoir un ergot 51 aménagé à l'extrémité d'une barre de serrage amovible 52 destinée à maintenir la pile des feuilles de verre 1 du côté opposé à l'armature 10. A cet effet, la barre 52 comporte de courtes planches transversales 50 garnies de feutre.
L'âme 28 de la tête 25 supporte un crochet 33 permettant, comme on le verra, la manipulation du cadre par pont roulant ou autre moyen de levage.
Le long des flasques 27 sont soudés des manchons 20 parallèles à l'axe A-A et destinés à la fixation de l'appareil en cas de transport.
Au-dessous de chaque tête 25, le cadre comprend un bras latéral amovible 6 destiné à être monté à une hauteur réglable relativement au montant 2 correspondant et à permettre l'exercice d'une pression de serrage sur les tranches supérieures de l'ensemble des feuilles de verre 1.
Chaque bras 6 est constitué par un profilé à section en U formant deux brides parallèles 7 dont la base porte une broche 9 destinée à être engagée dans des ouvertures 1 la, 1 lb, ou 1 lc étagées en hauteur (fig. 2) et ménagées dans des supports appropriés. L'ouverture 1 la appartient à une semelle 8 du montant 2. Les ouvertures 1 lob et 1 1 c sont ménagées dans une plaque 31 de la tête 25, orthogonale à l'âme 28.
La broche 9 et les ouvertures pila, llb ou îlc intéressées constituent l'un des moyens de fixation de chaque bras 6. L'autre moyen comprend une rangée de perçages 12 ménagés dans les brides 7 et dont le pas correspond à celui des perforations 29 de l'âme 28. Les perçages 12 sont destinés à venir en regard de perçages 53a, 53b, 53c, échelonnés en hauteur sur la barre de serrage 52, pour être traversés par des broches amovibles 54 attachées par des chaînettes 55 aux brides 7.
Le dispositif de serrage sur tranches proprement dit comprend des noix 14 pourvues d'ergots 15 engagés dans des fentes longitudinales 13 servant de glissières et ménagées le long des brides 7. Les noix 14 sont traversées par des vis de pression 16 dont les extrémités pouvant pivoter dans des patins 17, en contact avec une planche 18 de répartition des pressions, dont la partie inférieure est garnie d'une feuille 19 de feutre ou analogue. La longueur des fentes 13 permet de centrer les noix 14 relativement à la pile de feuilles 1.
Chaque pied 26 est constitué par une équerre métallique renforcée comprenant une base 32 qui supporte un fût 30 dans lequel pénètre l'extrémité de l'arbre tubulaire 22. Les surfaces actives de la base 32 et du fût 30 sont garnies de semelles de bois orthogonales 34, 35, recouvertes d'une feuille de feutre 36. La plaque 34 est entaillée par une échancrure 37 (fig. 7) de manière à dégager deux rangées parallèles de perforations 38 décalées l'une par rapport à l'autre d'un demi-pas. Ce pas correspond d'ailleurs à celui des perforations 29 de la tête 25. Les perforations 38 sont destinées à recevoir l'une ou l'autre de deux goupilles 39a, 39b (fig. 12) montées à coulisse entre deux disques 41, 42, ménagés à l'intérieur de la barre de serrage 52 et au voisinage de sa partie inférieure.
Les branches supérieures 43a, 43b, des goupilles 39a, 39b, sont recourbées pour constituer des poignées qui font saillie par des lumières 44a, 44b.
Sur les côtés de la base 32 du pied 26 sont fixés des manchons 45 analogues au manchon 20 de la tête 25 et situés à l'aplomb de ces derniers.
Des moyens sont encore prévus pour assurer le blocage en position de travail et en position de repos des têtes 25 et des pieds 26. Dans l'exemple décrit, ces moyens comprennent des broches 63 (fig. 1) attachées par des chaînettes aux montants 2.
Chaque broche 68 peut être introduite pour le blocage dans celle des deux ouvertures 69a ou 60b, échelonnées en hauteur, du montant 2 en face de laquelle vient se placer l'ouverture 70a, ou 70b de l'arbre tubulaire 22. Ces deux dernières ouvertures sont disposées à la hauteur des ouvertures précédentes 69a, 69b mais décalées à 900 l'une par rapport à l'autre. Dans ces conditions, en position travail (fig. 1), les broches 68 peuvent verrouiller l'arbre 2 par engagement dans les ouvertures 69b, 70b. En position repos, ces broches sont enfoncées dans les ouvertures 69a, 70a qui sont alors en coïncidence. L'échelonnement en hauteur des ouvertures évite d'affaiblir les pièces tubulaires 2 et 6.
D'autres orifices, tels que 71, sont prévus dans les pieds 26 pour des broches complémentaires destinées à renforcer la fixation.
En association avec le cadre ainsi constitué est de préférence prévu un support oblique 61 (fig. 8 et 9) destiné à être agencé à poste fixe. Ce support comprend deux montants inclinés 62 orthogonaux à une base oblique 63. Les montants 62 sont contrefortés par des montants verticaux 64, euxmêmes solidarisés par des entretoises horizontales 65.
L'extrémité supérieure des montants 62 est pourvue de demi-colliers 66 destinés à recevoir les montants 2. L'inclinaison des montants 62 correspond à un angle d'environ 100.
La mise en oeuvre du cadre est la suivante: au repos, les barres de serrage 52 sont enlevées, de même que les bras latéraux 6. On peut alors faire pivoter l'arbre 22 dans le montant 2 de manière à amener la tête 25 et le pied 26 respectivement en 25c et 26c dans le plan de l'armature 10 (position en traits mixtes sur la fig. 2). Le cadre ainsi replié peut être aisément stocké sous un volume réduit.
Si on désire stocker une pile de feuilles de verre 1, on amène par rotation de l'arbre 22, la tête 25 et les pieds 26 orthogonalement au plan de l'armature 10. Le cadre peut ainsi être dressé sur le sol mais de préférence il est amené sur le support 61, les pieds 26 venant reposer sur la base 62 tandis que les montants 2 viennent en appui sur les colliers 66. On peut alors charger le cadre avec les feuilles de verre 1. Quand la pile de feuilles d'épaisseur voulue a été mise en place, on amène les ergots 51 des barres 52 dans les perforations 29 appropriées, puis on serre la pile de feuilles 1 jusqu'à ce que l'une des goupilles 39a, 39b pénètre dans la perforation 38 appropriée.
On met ensuite en place les bras 6, en amenant les broches 9 dans celle des ouvertures 1 la, llb, 1 1 c qui est située à la hauteur convenable, puis on serre les vis de pression 16. L'expérience montre qu'en faisant porter les planches 18 avec la pression désirable contre la tranche des feuilles de verre 1, celles-ci peuvent être maintenues sans autre moyen d'assujettissement. Sur la fig. 11, on voit l'agencement du cadre sur son support lorsque la pile de feuilles 1 est serrée.
Si on veut manutentionner le cadre dans un atelier avec des moyens de levage, il suffit d'adapter un palonnier rigide à un pont roulant ou de passer des élingues dans les crochets 33 pour pouvoir soulever très aisément le cadre.
Pour le transport à distance du cadre, notamment lorsqu'il est chargé, il est prévu de solidariser plusieurs cadres au moyen d'étriers 67 dont les extrémités coudées sont engagées soit entre les manchons 20a, 20b de deux têtes adjacentes 25a, 25b (fig. 13), soit entre les manchons 45a, 45b des pieds 26a, 26b. On peut ainsi arrimer très solidement un ensemble de cadres et leur donner des orientations relatives judicieuses pour éviter leur basculement en cours de transport.
On voit ainsi que le cadre, grâce à des réglages simples, peut être chargé au moyen de piles de feuilles dont les trois dimensions (hauteur, longueur et épaisseur) sont variables.
Ce cadre peut être déplacé avec les moyens de manutention classiques.
En position de service sur un support incliné 61, le cadre présente une stabilité absolue, permettant une manutention très facile des feuilles de verre.
Il en est de même en cas de transport à distance lorsque plusieurs cadres sont arrimés entre eux conformément à la fig. 13.
Le cadre est donc également bien adapté aux trois fonctions de manutention, transport et stockage de piles de feuilles de nature et de dimensions quelconques. Parmi les autres avantages de l'invention, on notera que les temps de manutention peuvent être réduits, la sécurité du produit transporté assurée, et que les cadres vides peuvent être expédiés en piles à plat, et par suite sous un volume réduit.
Il est évident que l'invention n'est pas limitée à la réalisation décrite et qu'on pourrait apporter à celle-ci des variantes d'exécution. Ainsi, dans une version simplifiée de l'invention (fig. 11) le dispositif de serrage sur tranches de feuilles de verre 1 pourrait être constitué par des vis de pression 71 pourvues de patins 72 et montées directement sur l'âme 28 de la tête 25.
De même, la tête 25 et le pied 26 de chaque montant pourraient pivoter indépendamment l'un de l'autre, ce qui permettrait notamment de charger le cadre alors que les têtes seraient éclipsées.