L'invention concerne en général les systèmes d'aide
à la conduite des véhicules automobiles.
Plus précisément, l'invention concerne un système
de lecture d'informations routières pour un véhicule apte
à se déplacer le long d'une route s'étendant suivant une
direction longitudinale et présentant une surface de
roulement, ce système comprenant des marquages codés
codant des informations et disposés sur la surface de
roulement, et un dispositif de lecture des informations
codées par ces marquages codés embarqué à bord du
véhicule.
Des systèmes de ce type sont connus de l'art
antérieur, et notamment du document de brevet français
portant le numéro de dépôt 0203547, qui révèle un système
de lecture d'un marquage constitué de bandes
transversales parallèles, disposées sur la surface de
roulement. Le véhicule, en suivant la route, va couper
successivement ces bandes, le dispositif de lecture
mesurant les espacements qui séparent les bandes
adjacentes les unes des autres, et reconstituant les
informations codées à partir des résultats de mesure.
Les bandes sont généralement peintes directement
sur la surface de roulement.
Ce système est bien adapté à la lecture
d'informations routières permanentes. En revanche, il ne
peut pas être mis en oeuvre pour des informations liées à
des situations transitoires ou ponctuelles, car il n'est
pas possible de créer des marquages peints sur la route,
de qualité adaptée au dispositif de lecture embarqué,
dans un délai de quelques heures.
Ces situations transitoires peuvent correspondre
par exemple à des travaux entraínant un rétrécissement de
la chaussée et donc des restrictions de vitesse, et les
situations ponctuelles par exemple à des accidents.
Il est connu que ces situations sont des facteurs
de risques pour les automobilistes, entraínant plusieurs
centaines d'accidents graves chaque année. Il est donc
important de pouvoir prévenir les conducteurs des
perturbations temporaires qu'il va rencontrer, en
complément des informations correspondant à la
signalisation routière permanente.
Dans ce contexte, la présente invention a pour but
de pallier le défaut mentionné ci-dessus et de proposer
un système de lecture d'informations routières
temporaires, facile et rapide à mettre en place pour
signaler par exemples des travaux ou des accidents.
A cette fin, le système de l'invention, par
ailleurs conforme à la définition générique qu'en donne
le préambule ci-dessus, est essentiellement caractérisé
en ce que les marquages codés sont portés par des
supports mobiles disposés sur la surface de roulement de
la route.
Dans un mode de réalisation possible de
l'invention, le support mobile comprend au moins un tapis
reposant sur la surface de roulement par une face
inférieure et portant le marquage codé sur une face
supérieure opposée à la surface de roulement.
Avantageusement, le marquage codé comprend une
pluralité de formes de première couleur, séparées par des
espacements de seconde couleur différente de la première.
De préférence, le tapis comprend une pièce pleine
portant toutes les formes du marquage codé.
Par exemple, la pièce pleine comprend des parties
en un matériau coloré de première couleur matérialisant
les formes du marquage codé, et des parties en un
matériau de seconde couleur interposées entre les parties
de première couleur et matérialisant les espacements du
marquage codé.
Avantageusement, la pièce pleine est entièrement
constituée d'un matériau de seconde couleur, le support
mobile comprenant des éléments de matériau de première
couleur rapportés sur la pièce pleine et matérialisant
les formes du marquage codé.
De préférence, le tapis comprend une pluralité de
vides constituant les espacements.
Avantageusement, le tapis comprend une pluralité de
pièces séparées matérialisant chacune une forme du
marquage codé, séparées par des vides constituant les
espacements.
De préférence, les formes du marquage codé sont des
bandes transversales mutuellement parallèles.
Par exemple, le tapis est en caoutchouc.
Avantageusement, le tapis présente une épaisseur
inférieure à un centimètre.
De préférence, le tapis présente un poids par unité
de surface supérieure à 10 kilogrammes par mètre carré.
Par exemple, le tapis est non glissant et présente
un coefficient de frottement SRT supérieur à 0,4.
Avantageusement, le système comprend des moyens de
fixation du tapis à la surface de roulement, tels que des
pointes ou des vis.
De préférence, le tapis comprend des oeillets dans
lesquels sont engagés les moyens de fixation du tapis à
la surface de roulement.
Par exemple, le tapis présente un bord d'attaque du
côté par lequel les véhicules s'approchent du tapis en
suivant la route, le support mobile comprenant un profilé
en U présentant une gorge dans laquelle le bord d'attaque
du tapis est engagé.
D'autres caractéristiques et avantages de
l'invention ressortiront clairement de la description qui
en est faite ci-dessous, à titre indicatif et nullement
limitatif, en référence aux figures annexées, parmi
lesquelles :
- la figure 1 est une vue de dessus d'un véhicule
sur une route équipée d'un support mobile conforme à un
premier mode de réalisation de l'invention,
- la figure 2 est une vue de dessus d'un véhicule
sur une route équipée d'un support mobile conforme à un
second mode de réalisation de l'invention,
- les figures 3A et 3B sont respectivement une vue
de dessus et une vue en coupe suivant les flèches III du
bord d'attaque du support mobile de la figure 1, et
- les figures 4A et 4B sont des vues équivalentes
aux vues 3A et 3B pour une variante de réalisation du
support mobile.
Le présent système de lecture d'informations
routières est adapté à un véhicule 1 apte à se déplacer
le long d'une route 10 présentant une surface de
roulement 11, comme le montre la figure 1, et s'étendant
dans une direction longitudinale. Cette route comprend
plusieurs voies.
Ce système comprend des marquages codés 20 codant
des informations et disposés sur la surface de roulement
11, et un dispositif de lecture 2 des informations codées
par ces marquages codés 20, embarqué à bord du véhicule
1.
Le véhicule 1, en suivant normalement la route 10,
va passer au-dessus du marquage codé 20, ce qui permet au
dispositif de lecture 2 de décoder le marquage. Le
dispositif de lecture 2 communique alors au conducteur du
véhicule l'information codée par le marquage, qui peut
être par exemple une limitation de vitesse ou un signal
indiquant l'approche d'un croisement.
Selon l'invention, les marquages codés 20 sont
portés par des supports mobiles 3 disposés sur la surface
de roulement 11 de la route 10.
Ces supports mobiles 3 sont mis en place
temporairement sur la route pour communiquer au
conducteur des informations relatives à des situations
temporaires ou ponctuelles. Ils sont ensuite retirés.
Chaque support mobile 3 comprend au moins un tapis
30 reposant sur la surface de roulement 11 par une face
inférieure 31 et portant le marquage codé 20 sur une face
supérieure 32 opposée à la surface de roulement 11.
Ce tapis 30 présente une forme générale
rectangulaire et s'étend sur toute la largeur d'une voie
de la route 11, de telle sorte qu'un véhicule circulant
sur cette voie est pratiquement forcé de le traverser. Le
tapis 30 présente deux bords longitudinaux 38, un bord
d'attaque transversal 36 et un bord arrière transversal
37. Le bord d'attaque 36 est situé du côté par lequel les
véhicules s'approchent du tapis 30 en suivant la route
10.
Le marquage codé 20 comprend une pluralité de
formes 21 de première couleur, par exemple jaune ou
orange, séparées par des espacements 22 de seconde
couleur différente de la première, par exemple noir ou
gris.
Dans un premier mode de réalisation de l'invention,
représenté sur la figure 1, le tapis 30 comprend une
pièce pleine, rectangulaire, portant toutes les formes 21
du marquage codé 20.
Cette pièce pleine comprend des parties en un
matériau coloré de première couleur matérialisant les
formes 21 du marquage codé, et des parties en un matériau
de seconde couleur interposées entre les parties de
première couleur et matérialisant les espacements 22 du
marquage codé.
La pièce pleine est généralement une plaque
monobloc, continue, constituée d'un même matériau, ce
matériau étant localement teinté pour former les parties
de première couleur ou de seconde couleur. L'une des deux
couleurs peut également être la couleur naturelle du
matériau.
Dans une variante de réalisation, les parties de
première et seconde couleurs peuvent être constituées de
plaques séparées solidarisées bords à bords. Ces parties
peuvent alors être réalisées dans deux matériaux
différents, ou dans un même matériau teinté de deux
couleurs différentes.
Dans une autre variante de réalisation, la pièce
pleine est entièrement constituée d'un matériau de
seconde couleur, le support mobile 3 comprenant également
des éléments de matériau de première couleur rapportés
sur la pièce pleine et matérialisant les formes du
marquage codé.
Ces éléments peuvent être des pièces fixées par
collage sur la pièce pleine ou être constituées de
peinture de première couleur déposée sur une face de la
pièce pleine.
Les espacements 22 du marquage codé 20 sont
constitués dans ce cas par la partie de la pièce pleine
laissée apparente entre deux éléments de matériau de
première couleur.
Dans un deuxième mode de réalisation, le tapis 30
comprend une pluralité de pièces séparées 33,
matérialisant chacune une forme 21 du marquage codé 20,
séparées par des vides 34 constituant les espacements 22.
Les pièces séparées 33 sont solidarisées les unes
aux autres, par exemple par des câbles métalliques 331 de
petit diamètre.
Les pièces séparées 33 sont constituées d'un
matériau de première couleur. La surface de roulement 11
est apparente dans les vides 34 constituant les
espacements 22, ces espacements 22 prenant alors une
seconde couleur qui est celle de la surface de roulement
11.
De préférence, les différents éléments du tapis 30
sont réalisés en caoutchouc, teinté si nécessaire pour
obtenir la première ou la seconde couleur. Une armature
peut être incorporée dans ces éléments pour augmenter
leur résistance mécanique, cette armature étant par
exemple un treillis métallique.
Les différents éléments du tapis 30 peuvent
également être réalisés dans d'autres matériaux comme par
exemple en plastique, en fibres ou en toile de verre, en
fibres de carbone, en aluminium ou en acier.
Un exemple de réalisation va maintenant être
détaillé, pour le marquage codé décrit dans le document
de brevet FR 0203547, qui comprend une pluralité de
bandes transversales identiques, généralement quatre, de
longueur suivant la direction longitudinale sensiblement
égale à 15 centimètres. Ces bandes s'étendent sur toute
la largeur d'une voie de la route. Les espacements 22
séparant les bandes parallèles 21 présentent une longueur
suivant la direction longitudinale variant typiquement de
15 à 75 centimètres par unités de 15 centimètres.
Le tapis 30, conforme au premier mode de
réalisation de l'invention, comprend alors des parties de
première couleur qui sont des bandes transversales toutes
identiques, de dimensions correspondantes à celles des
bandes parallèles 21 du marquage codé, et s'étendant
chacune sur toute la largeur du tapis 30 suivant la
direction transversale.
Le tapis 30 comprend également des parties de
seconde couleur qui sont des bandes transversales, de
longueurs variables suivant la direction longitudinale,
de dimensions correspondantes à celles des espacements 22
du marquage codé, et s'étendant chacune sur toute la
largeur du tapis 30 suivant la direction transversale.
Les parties de première et seconde couleurs sont
juxtaposées les unes aux autres de façon alternée, les
parties de première couleur étant encadrées de parties de
seconde couleur, et réciproquement.
Ces parties de première et seconde couleurs
occupent toute la surface du tapis 30.
Les dimensions du tapis sont fonction de la largeur
de la voie sur laquelle il est disposé, et du type de
marquage codé qu'il porte.
La largeur transversale des voies est
approximativement de 3 mètres pour des routes
départementales ou nationales et de 3,5 mètres pour les
autoroutes. Le tapis présente donc généralement une
largeur suivant la direction transversale comprise entre
2,5 et 3,5 mètres.
Des tapis moins larges peuvent être utilisés sur
des routes secondaires.
Des tapis plus larges, permettant par exemple de
couvrir plusieurs voies de circulation, peuvent également
être utilisés. La largeur est néanmoins limitée par la
nécessité de modérer le poids du tapis, celui-ci devant
rester transportable facilement.
Dans le cas de l'exemple donné ci-dessus, le
marquage codé comprend typiquement quatre bandes
transversales de longueur suivant la direction
longitudinale de 15 centimètres, séparées par des
espacements pouvant atteindre 75 centimètres suivant la
même direction. La longueur du tapis suivant la direction
longitudinale sera donc comprise entre 1,2 mètre et 3
mètres.
Le tapis 30 présente par ailleurs une épaisseur
inférieure à un centimètre, comprise de préférence entre
3 et 7 millimètres. Cette épaisseur doit être minimisée
autant que possible, de façon à ce que le tapis ne soit
pas ressenti comme un obstacle par les passagers du
véhicule.
Par ailleurs, le tapis 30 présente un poids par
unité de surface supérieur à 10 kilogrammes par mètre
carré, et de préférence proche de 20 kilogrammes par
mètre carré. Il doit en effet être suffisamment lourd et
robuste pour ne pas se soulever ou se déformer lors du
passage d'un véhicule, même dans les conditions les plus
sévères, correspondant par exemple au passage d'un camion
ou à un véhicule freinant de façon appuyée. Il ne doit
pas non plus se soulever par vent fort, ou s'user trop
rapidement si les conditions météorologiques sont
mauvaises (pluie, neige).
Le tapis 30 doit également être non glissant, comme
les passages pour piétons, de façon à ne pas présenter un
danger pour les voitures et surtout pour les motos. Ses
différents éléments doivent ainsi présenter chacun un
coefficient de frottement SRT supérieur à 0,4, SRT étant
l'acronyme de Skid Resistance Test, familier pour l'homme
du métier.
Le tapis 30 est par ailleurs fixé à la surface de
roulement 11 de la route par des moyens de fixation tels
que des pointes ou des vis auto-perçantes.
Les pointes sont mises en place à l'aide d'un
marteau, ou d'un dispositif de clouage pneumatique comme
par exemple un pistolet à air comprimé. Les vis sont
mises en places à l'aide d'une visseuse.
De façon à ce que le tapis épouse la forme de la
chaussée et à ne pas modifier les caractéristiques
mécaniques du matériau utilisé, les moyens de fixation
doivent être placés le long du bord d'attaque 36 du
tapis, et être espacés de 50 centimètres environ.
Dans le deuxième mode de réalisation de
l'invention, chaque pièce séparée du tapis peut être
fixée à la surface de roulement, ces pièces séparées
n'ayant plus alors à être solidarisées les unes aux
autres par des câbles métalliques.
Comme le montrent les figures 3A et 3B, le tapis
peut comprendre des oeillets 35 ronds, sertis dans le
matériau constituant le tapis, dans lesquels sont engagés
les moyens de fixation du tapis. Ces oeillets permettent
d'éviter que les contraintes exercées de façon répétées
par les véhicules passant sur le tapis, n'entraínent des
arrachements ou des déchirures de ce tapis aux endroits
où les pointes ou les vis de fixation le traversent.
Ces oeillets 35 comprennent chacun une collerette
supérieure 351 s'étendant sur la face supérieure 32 du
tapis, cette collerette 351 présentant dans un plan
radial par rapport à l'oeillet un profil incliné qui
s'abaisse en pente douce jusqu'à la face supérieure 32 du
tapis, de façon à ne pas présenter d'arête pouvant être
agressive vis-à-vis des pneumatiques des véhicules.
Dans le but d'éviter les déchirures du tapis, le
support mobile peut également comprendre un profilé en U
50, s'étendant transversalement, présentant une gorge 51
dans laquelle le bord d'attaque 36 du tapis est engagé,
comme le montrent les figures 4A et 4B. Le tapis ne
comprend pas d'oeillet 35 dans ce cas. Cette barre est
percée par des orifices 52 dans lesquels les moyens de
fixation du tapis sont engagés.
Le profilé 50 est réalisé en acier ou en aluminium.
La face du profilé 50 tournée vers le haut, c'est-à-dire
opposée à la surface de roulement, est anodisée. Elle
peut également être peinte de la première ou de la
seconde couleur pour se confondre avec le tapis. Elle est
traitée anti-glissement.
Des essais ont été réalisés avec un tapis en
caoutchouc de 5 millimètres d'épaisseur, présentant un
poids par unité de surface de 20 kilogrammes par mètre
carré. Ce tapis était constitué d'une pièce rectangulaire
de caoutchouc noir, sur laquelle était collée des bandes
jaunes-orangées à l'aide de colle néoprène. Il était fixé
à la route par des pointes espacées de 50 centimètres.
Le tapis a été testé dans des conditions normales,
par passage de voitures roulant à des vitesses constantes
variables de 0 à 150 km/h, par temps sec et pluvieux, et
dans des conditions extrêmes, par passage de voitures
roulant à 110 km/h et effectuant un freinage d'urgence.
Dans les deux cas, le tapis n'a jamais bougé et n'a pas
été détérioré.
On comprend donc bien que le système de l'invention
peut être mis en place très rapidement. Les supports
mobiles peuvent être amenés en camionnettes et déposés
sur la route par une ou deux personnes suivant leurs
poids et leurs tailles. La fixation à la route, avec par
exemple un pistolet pneumatique, ne prend que quelques
minutes.
Les supports réalisés en un matériau souple, comme
le caoutchouc, sont particulièrement avantageux car ils
peuvent se rouler. Ils sont donc faciles à stocker et à
manutentionner.
De plus, ils peuvent être mis en place quel que
soit le revêtement de la surface de roulement (bitume,
ciment) et quelles que soient les conditions
météorologiques, à l'exception des périodes où la route
est recouverte de neige ou de verglas.
Enfin, ce système est compatible avec le système de
lecture d'information routière faisant l'objet du
document de brevet FR 0203547.
L'invention n'est pas néanmoins limitée au type de
marquage décrit dans ce document et peut être adaptée à
tous les marquages codés constitués de bandes ou de
signes disposés sur la surface de roulement de la route.
Les bandes peuvent être de largeurs constantes ou
variables.
Les tapis peuvent ne pas recouvrir forcément toute
la largeur de la voie.
Pour les routes comprenant plusieurs voies pour
chaque sens de circulation, il est possible de mettre en
place un support mobile pour chacune des voies allant
dans le même sens de circulation. Il est également
possible qu'un même support mobile s'étende à travers
plusieurs voies.
Les tapis ne sont pas nécessairement
rectangulaires, et peuvent présenter d'autres formes en
fonction du type de marquage codé qu'ils portent.