La présente invention concerne un nouveau procédé de
préparation de matériaux métalliques pour leur utilisation
comme électrodes.
La préparation de matériaux d'électrodes aux
performances améliorées est une préoccupation constante de
l'industrie. Cette préoccupation répond à un besoin
toujours plus grand en matériau résistant aux contraintes
des nouvelles applications qui découlent des avancées
technologiques.
En particulier, l'industrie électrochimique, qui met
en oeuvre des processus d'électrolyse, utilise des
électrodes plongées dans un électrolyte souvent acide et
dont l'anode dégage, lors de la réaction électrochimique,
un gaz corrosif tel que l'oxygène ou le chlore. Ces
conditions corrosives auxquelles s'ajoutent des paramètres
de fonctionnement sévères (hautes densités de courant)
réduisent considérablement la durée de vie des matériaux
utilisés. Il a donc fallu s'orienter vers des matériaux
permettant de résister à de telles contraintes
d'utilisation afin d'en prolonger la durée de vie.
En général, les électrodes couramment utilisées pour
de telles applications se caractérisent par une géométrie
stable résultant d'une inertie chimique et électrochimique
élevée et par un potentiel constant pendant des périodes
d'utilisations très longues atteignant, voire dépassant,
deux à trois ans. Ces électrodes connues sous le nom de
DSA® (Dimensionally Stable Anodes) ont déjà montré leurs
bonnes performances électrochimiques comme anode pour le
dégagement d'oxygène.
Dans la fabrication actuelle de ces anodes on utilise
un composé métallique tel que Ti, Ta, Nb, Zr, Sn et leurs
alliages, recouvert d'une couche d'un matériau
électrocatalytique composé d'oxydes de métaux précieux
tels que IrO2, PtOx, RuO2, éventuellement mélangés à des
oxydes de métaux valves tels que SnO2, TiO2 ou Ta2O5.
Le tantale est particulièrement adapté à la
fabrication d'électrodes en raison de son excellente
résistance à la corrosion et de sa stabilité
électrochimique. Le tantale possède aussi l'avantage
d'être particulièrement biocompatible dans les
applications biomédicales d'électrodes. On utilise ainsi
de plus en plus le tantale pour la fabrication de
stimulateurs à influx électriques, notamment pour
" pacemakers ". En raison du coût et de la densité du
tantale, on évite de fabriquer des anodes en tantale
massif et on préfère utiliser un composé métallique de
moindre valeur qu'on recouvre d'un substrat en tantale. On
traite ensuite le tantale pour recevoir une couche
électrocatalytique composée d'oxydes de métaux précieux.
Le brevet FR 2 748 495 dont la Demanderesse est
titulaire décrit un procédé pour la préparation de
matériaux métalliques du type M/Ta/IrO2 par décomposition
thermique de tétrachlorure d'iridium IrCl4 sur un substrat
en tantale où M représente un métal quelconque. Dans ce
procédé, on dépose tout d'abord une couche de substrat en
tantale sur un composé métallique quelconque puis un
revêtement d'IrO2 sur ce substrat en tantale après des
opération de sablage et de décapage du substrat en
tantale.
Le sablage et le décapage sont considérés comme des
étapes essentielles pour permettre d'augmenter la surface
d'accueil du substrat métallique. Le sablage a également
pour but de donner une certaine rugosité à la surface du
substrat métallique, afin de permettre que le dépôt
ultérieur des couches électrocatalytiques d'oxydes de
métaux précieux y adhèrent parfaitement.
Ces étapes de sablage et de décapage chimique sont
donc largement utilisées par l'industrie. Celles-ci sont
notamment décrites dans les brevets FR 2 735 386 et
FR 2 748 495 dont la Demanderesse est titulaire.
Le brevet FR 2 748 495 préconise par exemple un
sablage au corindon et un décapage à l'acide chlorhydrique
ou fluorhydrique.
Cette technique de préparation présente cependant de
nombreux désavantages.
Lors de l'étape de sablage, on réalise en fait une
abrasion de la couche de substrat en tantale. Or le dépôt
de couches de substrat en tantale ne serait ce que de
quelques µm sur un composé métallique est une opération
difficile à réaliser, que ce soit par électrochimie, par
dépôt sous vide (Vacuum Déposition), par pulvérisation
cathodique (Sputtering), par dépôt ionique(Ion Platting)
ou encore par dépôt à partir d'une atmosphère réactive
(CVD : Chemical Vapor Déposition). Il est donc
particulièrement dommage de devoir réaliser l'abrasion de
ces couches de tantale qui sont obtenues aussi
difficilement.
Par ailleurs, le sablage ne permet pas d'envisager
toutes les formes d'électrodes. En effet, pour que
l'opération de sablage soit efficace, il faut que toute la
surface de tantale soit accessible au matériau abrasif.
L'opération de sablage n'est par exemple pas réellement
adaptée à la préparation d'électrodes en forme de grille,
bien que cette forme soit très utilisée par l'industrie.
Enfin l'étape de sablage nécessite un nettoyage
ultérieur au bain à ultra-sons de manière à éliminer les
traces de matériau abrasif. Il subsiste toujours un risque
de persistance de tels matériaux qui peuvent être
véritablement incrustés dans le substrat tantale
Lors de l'étape de décapage, l'utilisation d'acide
fluorhydrique représente toujours un risque important en
raison de sa grande toxicité.
Il est également nécessaire d'effectuer un nettoyage
de manière à éliminer toute trace de composés chimiques
pouvant interagir avec le milieu de réaction lors de la
mise en service des électrodes. Mais il semble évident
qu'un nettoyage chimique n'est pas véritablement adapté
lorsque ces électrodes sont destinées à être utilisées
dans le corps humain comme stimulateur cardiaque par
exemple. Les risques de permanence de résidus fluorés ou
chlorés sur ces électrodes, de même que les risques de
persistance de matériaux abrasifs (incrustation possible
lors de l'étape de sablage), sont des inconvénients
majeurs à l'implantation in vivo de ces électrodes.
Les inventeurs, au prix de nombreux efforts, ont
résolu bon nombre de ces inconvénients majeurs en
proposant un nouveau procédé de préparation de matériau
d'électrodes de type M/Ta/IrO2 où M représente un composé
métallique quelconque.
L'invention a ainsi pour but de proposer un nouveau
procédé de préparation de matériau d'anodes de type
M/Ta/IrO2 qui ne comprend pas les étapes de sablage et de
décapage considérés comme incontournables par l'art
antérieur. Un autre but poursuivi par l'invention est
l'amélioration de la durée de vie de ces électrodes.
Les inventeurs ont découvert de façon surprenante que
le tantale pouvait être directement déposé en une couche
de rugosité contrôlée par électrochimie dans un milieu
contenant des sels fondus.
Le procédé selon l'invention a donc trait à la
fabrication de matériaux d'électrodes comprenant au moins
un composé métallique et un substrat en tantale, et est
caractérisé par le fait que l'on réalise directement le
dépôt d'une couche de substrat de tantale de rugosité
contrôlée sur le composé métallique, par électrochimie
dans un milieu contenant des sels fondus et sous
atmosphère inerte.
Par composé métallique, on entend tout métal
couramment utilisé dans ce type d'applications. Ce métal
peut notamment être choisi dans le groupe comprenant le
cuivre, le nickel, le titane, le tantale, leurs alliages,
l'acier ou l'acier inoxydable.
Le substrat en tantale est ici une couche de tantale
que l'on dépose par voie électrochimique dans un milieu
contenant des sels fondus.
La densité de courant cathodique de la réaction
électrochimique de dépôt de substrat en tantale est
comprise entre 50 et 150 mA.cm-2, de préférence est
comprise entre 50 et 100 mA.cm-2.
En raison de la suppression des étapes de sablage et
de décapage utilisée par l'art antérieur dans le procédé
mis au point par les inventeurs, il est désormais possible
de ne déposer qu'une fine couche de tantale sur le composé
métallique. En effet, les procédés de l'art antérieur
devaient prévoir une couche plus importante de tantale en
sachant qu'une partie de l'épaisseur de cette couche
serait diminuée par l'abrasion. Ainsi, la couche de
substrat en tantale de rugosité contrôlée a une épaisseur
supérieure ou égale à environ 2 µm, de préférence a une
épaisseur comprise entre 20 et 50 µm.
La rugosité moyenne ou écart moyen de la rugosité Ra
de la couche de tantale déposée dans le procédé selon
l'invention est quant à elle comprise entre environ 0,5 et
1,5 µm et de préférence est égale à 1 µm.
La mesure de la rugosité est effectuée au moyen d'un
profilomètre informatisé de marque TENCOR. Cet appareil
est capable de mesurer des longueurs de l'ordre du µm qui
caractérisent la forme du profil de la couche rugueuse de
tantale. L'acquisition des données se fait de façon
mécanique par le déplacement horizontal d'une pointe sur
une partie de l'échantillon qui va reproduire ainsi le
profil du dépôt de tantale. Cette acquisition de données
est illustrée sur la Figure 1 sur laquelle, Rt représente
l'écart maximal entre les pics de la rugosité, Ra
représente l'écart moyen de la rugosité, L représente la
distance totale sur laquelle la mesure est effectuée et h
i
sont autant de mesures d'écarts à la moyenne nécessaires
pour caractériser le profil rugueux. L'écart moyen de la
rugosité Ra est calculé selon la formule suivante :
où Ra est exprimé en µm, L représente la distance
totale sur laquelle la mesure est effectuée, h
i,
représente l'écart à la moyenne pour la mesure i et n le
nombre de mesures effectuées.
Pour que les résultats puissent être considérés comme
reproductibles, il faut d'une part choisir une longueur L
assez importante par rapport à la dimension de
l'échantillon et d'autre part régler la vitesse de
déplacement de la pointe sur le dépôt en fonction du
profil étudié. L est généralement fixé à 2mm et la vitesse
de déplacement de la pointe sur le dépôt est de 20µm.s-1.
Les valeurs de rugosité moyenne Ra présentées sont
une moyenne de cinq mesures effectuées sur différentes
sections de la surface rugueuse du même dépôt de tantale.
L'électrolyte de sel fondu utilisable dans le procédé
selon l'invention est à une température comprise entre 700
et 800°C sous atmosphère inerte et contient le mélange
LiF-NaF-K2TaF7 où K2TaF7 représente de 10% à 30% en masse
de la composition, de préférence représente 20% en masse
de la composition. Comme atmosphère inerte, on peut
notamment utiliser l'argon ou l'azote.
Le procédé conforme à l'invention procure de nombreux
avantages par rapport aux procédés de l'art antérieur.
Outre le fait de supprimer deux étapes dans le
procédé de fabrication des électrodes, le procédé conforme
à l'invention permet de se libérer des contraintes de
forme qu'imposait la méthode de sablage.
Par ailleurs, les électrodes réalisées dans le
procédé selon l'invention ne nécessitent pas de décapage
au HF ou au HCl. L'étape supplémentaire de nettoyage
chimique postérieur à l'étape de décapage pour éliminer
les résidus d'acides est aussi éliminée. Le risque
toxicologique dû à la persistance de résidus d'acides ou
de produits nettoyants chimiques ou encore d'incrustation
de matériaux abrasifs sur les électrodes est ainsi écarté.
Ceci représente alors un avantage majeur pour leur
utilisation comme matériau biocompatible.
Les inventeurs ont naturellement aussi cherché à
améliorer la durée de vie des électrodes conformes à
l'invention. Ils ont donc eu le mérite de mettre en
évidence des conditions de réalisation du revêtement
électrocatalytique d'Oxyde d'iridium pour que la durée de
vie normalisée des électrodes soit augmentée.
En pratique, afin de mesurer la durée de vie des
électrodes, on réalise un test accéléré de mesure de la
durée de vie des anodes. Celui-ci consiste à réaliser
l'électrolyse d'une solution d'acide sulfurique concentré
à l'aide de l'anode à tester, sous une densité de courant
supérieure de 25 à 50 fois à la densité de courant
appliquée dans les procédés industriels. Les durées de vie
des anodes dans ces conditions sont par conséquent plus
courtes que les durées de vie dans les conditions normales
d'exploitation, ce qui facilite l'étude comparative en vue
d'optimiser les conditions de préparation des anodes.
En pratique, pour comparer valablement les anodes
préparées avec des masses surfaciques d'oxyde
électrocatalytique différentes, on définit la durée de vie
normalisée t par l'équation suivante :
t = durée de viemasse surfacique d'IrO2
La masse surfacique d'IrO2 est définie comme étant la
masse d'oxyde électrocatalytique IrO2 déposé en revêtement
par unité de surface de substrat.
La durée de vie normalisée t est ainsi exprimée en
h.m2.g-1.
Le dépôt du substrat en tantale rugueux selon le
procédé de l'invention est suivi d'un enrobage par un
revêtement électrocatalytique d'oxyde d'iridium par
décomposition thermique sur le substrat en tantale, de
tétrachlorure d'iridium IrCl4 sous atmosphère oxydante
contrôlée, le tétrachlorure d'iridium étant en solution
dans un solvant organique et étant préalablement appliqué
sur le substrat en tantale.
Concrètement, une fois le dépôt du substrat en
tantale de rugosité contrôlé réalisé, le tétrachlorure
d'iridium IrCl4, en solution dans un solvant organique,
est appliqué, par exemple au pinceau, sur la surface
rugueuse de substrat en tantale. Le solvant organique
utilisable peut être choisi parmi les solvants alcooliques
notamment parmi le méthanol, l'éthanol, le propanol,
l'isopropanol, le butanol, l'octanol ou leurs mélanges, de
préférence le solvant alcoolique est un mélange
d'éthanol/isopropanol et plus préférentiellement encore le
solvant alcoolique est l'octanol.
L'octanol est particulièrement adapté à la
décomposition de tétrachlorure d'iridium car son
utilisation permet d'abaisser la température de cette
décomposition jusqu'à un point où le tantale n'est pas
oxydé. En fait, ce type de traitement thermique affecte
aussi la couche de substrat en tantale. Le substrat en
tantale risque alors une oxydation lorsque les
températures de la décomposition thermique sont trop
élevées. Or la couche d'oxyde d'iridium que l'on applique
doit justement prévenir une telle passivation du substrat
en tantale. Ainsi, une température de décomposition de
tétrachlorure d'iridium trop élevée, oxyderait le substrat
en tantale, ce qui reviendrait à diminuer la durée de vie
normalisée des électrodes.
Le choix d'une atmosphère oxydante contrôlée permet
aussi de favoriser le dépôt d'oxyde d'iridium, ce qui
contribue à l'augmentation de la durée de vie normalisée
des électrodes. Dans le procédé selon l'invention, la
décomposition thermique d'IrCl4 est effectuée sous une
atmosphère contrôlée comprenant de 70% à 100% de
dioxygène, de préférence comprenant 100% de dioxygène.
Le procédé selon l'invention est donc aussi
applicable à la réalisation d'un revêtement
électrocatalytique d'oxyde d'iridium par décomposition
thermique de tétrachlorure d'iridium IrCl4 sur un substrat
en tantale, caractérisé par le fait que le tétrachlorure
d'iridium est préalablement appliqué en solution dans
l'octanol sur le substrat en tantale et que ladite
décomposition thermique est effectuée sous atmosphère
oxydante contrôlée.
La décomposition thermique est ainsi effectuée dans
un four à une température comprise entre 200 et 540 °C, de
préférence comprise entre 310 et 450°C, et plus
préférentiellement encore à une température égale à 400°C.
Le revêtement électrocatalytique d'IrO
2 peut par
exemple être réalisé selon les étapes suivantes :
(a) dépôt, sur le substrat rugueux en tantale,
d'une solution contenant des précurseurs de
revêtement IrCl4, (b) étuvage pour évaporer en partie le solvant, (c) traitement thermique à une température T1
comprise entre 200 et 400°C, (d) reprise des trois dernières étapes (a), (b)
et (c), aussi souvent que nécessaire pour
réaliser le nombre de premières couches désirées
de revêtement catalytique, (e) dépôt, sur le substrat métallique, d'une
solution contenant le précurseur IrCl4, (f) étuvage pour évaporer complètement le
solvant, (g) traitement thermique à une température T2
comprise entre 320 et 540 °C, (h) reprise de ces trois dernières opérations
(e), (f) et (g) jusqu'à obtention de la masse
surfacique d'oxyde d'iridium désirée,
De façon plus détaillée, le procédé selon l'invention
peut comprendre les étapes suivantes :
(i) Dépôt direct d'un substrat rugueux en
tantale sur un composé métallique par
électrochimie dans un bain contenant des sels
fondus, sous atmosphère inerte, (j) dépôt, sur le substrat rugueux en tantale,
d'une solution organique contenant le précurseur
de revêtement IrCl4, (k) étuvage pour évaporer en partie le solvant
pendant environ 2 à 5 minutes, (l) traitement thermique à une température T1
comprise entre 200 et 400°C, pendant environ 5
minutes, (m) reprise des trois dernières étapes (j), (k)
et (l), aussi souvent que nécessaire pour
réaliser le nombre de premières couches désirées
de revêtement catalytique, (n) dépôt, sur le substrat métallique, d'une
solution contenant le précurseur IrCl4, (o) étuvage pour évaporer complètement le
solvant pendant environ 10 minutes, (p) traitement thermique à une température T2
comprise entre 320 et 540 °C pendant environ 10
minutes, (q) reprise de ces trois dernières opérations
(n), (o) et (p) jusqu'à l'obtention de la masse
surfacique d'oxyde d'iridium désirée, (r) calcination finale à une température T3
comprise entre 320 et 540 °C pendant environ
90 minutes.
La présente invention va maintenant être décrite plus
en détail à l'aide des exemples comparatifs qui suivent.
EXEMPLE 1
On effectue le dépôt d'un substrat de tantale par
électrolyse en milieu de fluorures fondus selon le procédé
de l'invention. L'électrolyte est un mélange
LiF-NaF-K2TaF7, de composition 20% massique en K2TaF7. La
température est comprise entre 700 et 800°C. L'électrolyse
est conduite sous atmosphère d'argon. L'anode est en
tantale et l'électrode est constituée par le support
métallique.
On étudie l'influence de la densité de courant sur la
rugosité de la couche de tantale déposée. On réalise ainsi
le dépôt d'un substrat en tantale à une densité de courant
que l'on fait varier de 0 à 300 mA.cm-2. Les résultats
sont représentés sur la Figure 2.
La Figure 2 illustre l'influence de la densité de
courant sur la rugosité moyenne de la couche de tantale
déposée sur le composé métallique. L'axe des abscisses
représente la densité de courant en mA.cm-2, l'axe des
ordonnées représente la rugosité moyenne du tantale en µm.
EXEMPLE 2
On réalise, dans les mêmes conditions et conformément
au procédé de l'invention, quatre dépôts de revêtements
électrocatalytiques d'oxyde d'Iridium IrO2, sur quatre
substrats en tantale en utilisant quatre solvants
différents pour les précurseurs IrCl4 de manière à en
étudier l'influence sur la durée de vie normalisée des
électrodes.
Pour le premier dépôt, on utilise le méthanol comme
solvant de précurseur de revêtement IrCl4.
Pour le deuxième dépôt, on se sert de l'éthanol comme
solvant de précurseur de revêtement IrCl4.
Pour le troisième dépôt, on choisit le butanol et
enfin pour la quatrième électrode, on prend de l'octanol
comme solvant pour le précurseur de revêtement IrCl4.
Les températures de décomposition sont T1 : 400°C,
T2 : 430°C, la température de calcination finale est T3 :
450°C. L'atmosphère du four dans laquelle a lieu la
décomposition thermique est l'air.
Le Tableau 1 et la Figure 3 présentent les résultats
de cette étude.
Δm/S représente la masse surfacique (en g.m-2) sur
l'électrode du dépôt de revêtement électrocatalytique
d'IrO2.
Sur la Figure 3, l'axe des abscisses représente le
nombre d'atomes de carbone présents dans la molécule de
solvant alcoolique utilisé. L'axe des ordonnées représente
la durée de vie normalisée des anodes réalisées avec les
différents alcools.
| Alcool | T1 (°C) | T2 (°C) | T3 (°C) | Δm/S (g.m-2) | Durée de vie normalisée (h.m2.g-1) |
| Méthanol | 400 | 430 | 450 | 12,03 | 8,13 ± 0,4 |
| Ethanol | 400 | 430 | 450 | 11,81 | 8,65 ± 0,4 |
| Butanol | 400 | 430 | 450 | 11,66 | 10,9 ± 0,6 |
| Octanol | 400 | 430 | 450 | 11,82 | 11,5 ± 0,6 |
Il ressort de cet essai que la durée de vie
normalisée est optimale lorsque le précurseur IrCl4 est
appliqué en solution dans l'octanol.
EXEMPLE 3
On réalise la décomposition thermique d'IrCl4 sur huit
échantillons de substrat en tantale, conformément au
procédé selon l'invention et à une température T1 fixe,
égale à 380°C et à des températures T2 et T3 identiques
qui varient pour ces différents échantillons de manière à
optimiser la température de décomposition.
Le solvant choisi pour le précurseur de revêtement
IrCl4 est le mélange éthanol/iso-propanol. L'atmosphère du
four est l'air.
Le tableau 2 et la Figure 4 présentent les résultats
de cette étude.
Sur la Figure 4, l'axe des abscisses représente la
température T2 (ou T3) utilisée pour la décomposition
thermique (en °C) de IrCl
4 sur le substrat en tantale des
électrodes. L'axe des ordonnées représente la durée de vie
normalisé (en h.m
2.g
-1) des électrodes ainsi traitées.
| N° Echantillon | T1(°C) | T2(°C) | T3(°C) | Δm/S (g.m-2) | Durée de vie normalisée (h.m2.g-1) |
| 1 | 380 | 340 | 340 | 9,8 | 0,3 |
| 2 | 380 | 380 | 380 | 10 | 0,4 |
| 3 | 380 | 420 | 420 | 10,4 | 3,9 ± 0,1 |
| 4 | 380 | 440 | 440 | 10,3 | 5,8 ± 0,5 |
| 5 | 380 | 460 | 460 | 10,6 | 16,7 ± 1,7 |
| 6 | 380 | 480 | 480 | 10,9 | 11,4 ± 1,0 |
| 7 | 380 | 500 | 500 | 11,8 | 9,8 ± 1,0 |
| 8 | 380 | 540 | 540 | 25,6 | 0,1 |
Il ressort de cette étude que la plage de température
de décomposition préférentielle dans le mélange
éthanol/iso-propanol pour obtenir une durée de vie
normalisée optimisée est de 440 à 500°C et qu'une
température de décomposition thermique trop élevée diminue
la durée de vie normalisée.
EXEMPLE 4
On effectue la même étude que celle réalisée dans
l'exemple 3. Le solvant utilisé est ici l'octanol.
Les résultats de cette étude sont reportés dans le
tableau 3 et sur la Figure 5.
Sur la Figure 5, l'axe des abscisses représente la
température de décomposition thermique d'IrCl
4. L'axe des
ordonnées représente la durée de vie normalisé (en
h.m
2.g
-1) des électrodes ainsi traitées.
| N° Echantillon | T1(°C) | T2(°C) | T3(°C) | Δm/S (g.m-2) | Durée de vie normalisée (h.m2.g-1) |
| 1 | 200 | 320 | 320 | 11,5 | 0,4 |
| 2 | 200 | 360 | 360 | 11,71 | 1,7 |
| 3 | 200 | 380 | 380 | 11,71 | 11,4 ± 1,2 |
| 4 | 200 | 400 | 400 | 11,08 | 27,9 ± 2,9 |
| 5 | 200 | 420 | 420 | 11,66 | 18,4 ± 2 |
| 6 | 200 | 440 | 440 | 11,64 | 14,9 ± 1,6 |
| 7 | 200 | 460 | 460 | 12,16 | 14,4 ± 1,6 |
| 8 | 200 | 500 | 500 | 13 | 0,2 |
Il ressort de cette étude que la plage de température
de décomposition préférentielle dans l'octanol pour
obtenir une durée de vie normalisée optimisée est de 380 à
460°C et qu'une température de décomposition thermique
trop élevée diminue la durée de vie normalisée.
EXEMPLE 5
On réalise la décomposition thermique d'IrCl4 sur six
échantillons de substrat en tantale, conformément au
procédé selon l'invention et sous des atmosphères
contenant 0, 10, 20, 40, 70 et 100% de dioxygène pour ces
différents échantillons de manière à étudier l'influence
de la composition gazeuse sur la décomposition et de
manière à améliorer la durée de vie normalisée des
électrodes.
Le solvant choisi pour le précurseur de revêtement
IrCl4 est le mélange éthanol/iso-propanol. Les
températures de décomposition sont T1 = 400°C et T2 =
430°C. La température de calcination finale est T3 =
450°C.
Les résultats de cette étude sont reportés dans le
tableau 4 et sur la courbe de la Figure 6.
Sur la Figure 6, le pourcentage de dioxygène est
représenté par l'axe des abscisses et la durée de vie
normalisée en h.m
2.g
-1 est représentée par l'axe des
ordonnées.
| % O2 | T1(°C) | T2(°C) | T3(°C) | Δm/S (g.m-2) | Durée de vie normalisée (h.m2.g-1) |
| 0 | 400 | 430 | 450 | 11,92 | 0 |
| 10 | 400 | 430 | 450 | 12,25 | 8,4 |
| 20 | 400 | 430 | 450 | 11,17 | 7,7 |
| 40 | 400 | 430 | 450 | 11 | 8,6 |
| 70 | 400 | 430 | 450 | 12,42 | 12,24 |
| 100 | 400 | 430 | 450 | 11,33 | 17,4 |
Cette étude montre que la durée de vie normalisée des
électrodes est optimisée lorsque la décomposition
thermique du précurseur IrCl4 dans le mélange éthanol/isopropanol
a lieu sous une atmosphère composée à 100% de
dioxygène.
EXEMPLE 6
On réalise des analyses thermogravimétriques de
quatre solutions de précurseur IrCl4 dans le méthanol,
l'éthanol, le butanol et l'octanol à 20°C/min.
Les résultats de cette analyse sont reportés sur la
Figure 7.
Sur la Figure 7, l'axe des abscisses représente la
température (en °C) . Et l'axe des ordonnées représente la
perte de masse en pourcentage des solutions alcooliques.
Cette Figure montre aussi les températures de
décomposition d'IrCl
4 d'abord en IrO
2 puis en Ir. La
courbe référencée par les triangles représente l'analyse
thermogravimétrique de la solution de précurseur IrCl
4
dans le méthanol. La courbe référencée par les ronds est
celle de l'analyse l'analyse thermogravimétrique de la
solution de précurseur IrCl
4 dans. l'éthanol. La courbe
référencée par les carrés est celle de l'analyse
thermogravimétrique de la solution de précurseur IrCl
4
dans le butanol. Enfin, la courbe référencée par les
losanges est celle de l'analyse l'analyse
thermogravimétrique de la solution de précurseur IrCl
4
dans l'octanol. Ces températures sont reprises dans le
tableau 5.
| Solvant de la solution de précurseur | Température de décomposition (°C) |
| Méthanol | 790 |
| Ethanol | 600 |
| Butanol | 410 |
| Octanol | 310 |
Cette étude montre que la température de
décomposition thermique d'IrCl4 est inférieure lorsque
IrCl4 est en solution dans l'octanol, par rapport à la
décomposition thermique dans d'autres solvants dont la
longueur de la chaíne carbonée est inférieure.