Description
Titre : Procédé d’estimation d’un nombre de véhicules en communication avec un satellite
Domaine technique
La présente invention concerne un procédé d’estimation d’un nombre de véhicules en communication avec un satellite déterminé.
Technique antérieure
Dans un réseau de communication, il est important de connaître le nombre d’utilisateurs inscrits afin de déterminer la bande passante nécessaire pour les différents services souscrits par les utilisateurs afin d’assurer un niveau de qualité de service homogène ou afin d’orienter la capacité du réseau vers des services prioritaires comme les numéros d’appels d’urgence par exemple.
Aujourd’hui, cette étape est réalisée pour un réseau de type cellulaire 3G/4G/5G via l’inscription de l’utilisateur sur une station de base au moyen d’échanges protocolaires sur des canaux de signalisation. Pour se faire, le terminal mobile (utilisateur) et la station de base échangent périodiquement (plusieurs fois par secondes) des trames de signalisation et de synchronisation afin de connaître la topologie du réseau, des cellules adjacentes ainsi que de la distance entre l’utilisateur et la station de base.
Ces échanges protocolaires sont énergivores pour le terminal et la station de base et consomment une part significative de la bande passante pour simplement connaître le nombre d’utilisateurs présents dans la zone de couverture de la station de base.
Dans le cas où la station de base est un satellite évoluant dans l’orbite terrestre basse (on parle de satellites LEO, Low Earth Orbit) et que les utilisateurs sont des véhicules, le satellite couvre des zones dont la superficie présente l’ordre de grandeur d’un pays comme la France et doit donc estimer un nombre d’utilisateurs comprenant potentiellement plusieurs millions de véhicules. L’énergie disponible au niveau des satellites LEO est limitée puisqu’ils sont alimentés par énergie solaire et
les bandes de fréquences allouées pour les échanges avec les utilisateurs sont moins nombreuses que dans le cas des réseaux cellulaires.
A ce titre, l’inscription d’un utilisateur (véhicule) auprès d’un satellite LEO (station de base) par l’utilisation de canaux de signalisation n’est pas envisageable ne serait-ce que pour les aspects de consommation d’énergie du satellite et de bandes passantes allouées aux différents échanges de signalisation, le satellite LEO devant potentiellement échanger avec plusieurs millions de véhicules.
L’invention vient améliorer cette situation.
Présentation de l’invention
Un objectif de la présente invention consiste donc à proposer un procédé d’estimation d’un nombre de véhicules présents dans une zone de visibilité d’un satellite Low Earth Orbit, LEO, le satellite LEO étant adapté pour recevoir des signaux de présence de véhicules, le procédé étant mis en œuvre par un calculateur embarqué dans le satellite LEO et étant caractérisé en ce qu’il comprend : une incrémentation d’un compteur de présence pour chaque réception d’un signal de présence d’un véhicule situé dans la zone de visibilité du satellite LEO, et une estimation du nombre de véhicules présents dans la zone de visibilité du satellite LEO à partir du compteur de présence à partir d’une fréquence d’émission des signaux de présence et d’une durée de visibilité du satellite LEO associée à la zone de visibilité, la durée de visibilité correspondant à un intervalle de temps pendant lequel le satellite reçoit des signaux de présence en provenance de sa zone de visibilité associée et à partir du compteur de présence par l’utilisation d’une méthode de moyenne glissante considérant la fréquence d’émission des véhicules et la durée de visibilité du satellite.
Optionnellement, un signal de présence correspond à une onde électromagnétique émise par un véhicule comprenant une signature particulière permettant au calculateur du satellite de déterminer qu’il s’agit d’un véhicule afin d’incrémenter son compteur.
Optionnellement, une signature particulière de véhicule permet également au calculateur du satellite de déterminer une caractéristique dudit véhicule.
Optionnellement, la signature particulière de l’onde électromagnétique comprend au moins un élément la caractérisant parmi une longueur de l’onde électromagnétique, une fréquence de l’onde électromagnétique, un type de modulation de l’onde électromagnétique ou une séquence binaire.
Optionnellement, le procédé comprend en outre un ajout d’une marge d’erreur au nombre de véhicules estimé.
Optionnellement, le procédé comprend également une détermination d’une bande passante associée à une transmission de données entre le satellite LEO et des véhicules présents dans sa zone de visibilité sur la base de l’estimation du nombre de véhicules présents dans cette zone de visibilité.
Optionnellement, le procédé comprend au préalable une émission d’une requête de transfert de données, du satellite vers des véhicules présents dans sa zone de visibilité, et caractérisé en ce qu’un sous-compteur d’aptitude du compteur de présence est incrémenté lorsqu’un signal de présence caractéristique d’une aptitude à recevoir le transfert de données est reçu par le satellite LEO.
Optionnellement, le procédé comprend en outre une transmission d’une pluralité d’informations du satellite LEO vers une station sol, la pluralité d’informations étant déterminée à partir des signaux de présence.
L’invention présente également un procédé de commande d’un satellite depuis une station au sol, pour qu’un satellite LEO mette en œuvre l’un des procédés présentés par la présente demande.
L’invention protège en outre un calculateur comprenant des instructions de code de programme permettant de commander l’exécution de l’un quelconque des procédés présentés par la présente demande.
L’invention porte également sur un produit programme d’ordinateur comprenant des instructions pour la mise en œuvre de l’un quelconque des procédés présentés par la présente demande lorsque ce procédé est mis en œuvre par un ordinateur.
L’invention porte enfin sur un support de stockage non transitoire lisible par ordinateur sur lequel sont stockées des instructions de code pour la mise en œuvre de l’un quelconque des procédés présentés par la présente demande.
L’invention permet donc une estimation d’un nombre de véhicules dans une zone de visibilité d’un satellite même si plusieurs millions de véhicules sont présents dans cette zone sans pour autant utiliser l’ensemble des bandes de fréquences allouées au satellite. L’énergie consacrée à cette estimation au niveau du satellite est faible du fait du peu de ressource de calcul demandé au calculateur pour la détection et le traitement des signaux de présences.
Par ailleurs, dans des options avantageuses, l’invention permet d’optimiser et/ou de prioriser les communications émises par le satellite en fonction du nombre de véhicules estimés par exemple en fonction de caractéristiques intrinsèques de certains véhicules pour gérer des aspects de sécurité de conduite notamment. Des options permettent également de déterminer une bande passante associée à une transmission de données en fonction du nombre de véhicules ce qui peut par exemple permettre de déterminer si cette transmission de données est réalisable dans la bande de fréquence allouée au satellite. Dans des options, l’invention permet également la gestion de transmission de flux de données par exemple par la transmission d’informations acquises par le satellite à une station base qui pourra utiliser ses informations ou les retransmettre à d’autres satellites.
Brève description des dessins
D’autres caractéristiques, détails et avantages apparaîtront à la lecture de la description détaillée ci-après, et à l’analyse des dessins annexés, sur lesquels :
[Fig. 1] présente un exemple d’une architecture de communication.
[Fig. 2] présente un exemple de satellite Low Earth Orbit.
[Fig. 3] présente un exemple de procédé d’estimation d’un nombre de véhicules présents dans une zone de visibilité d’un satellite Low Earth Orbit.
Description des modes de réalisation
Il est maintenant fait référence à la figure 1 représentant un exemple d’une architecture de communication dans lequel les différents procédés présentés par la présente demande peuvent être mise en œuvre.
L’exemple d’architecture de communication représenté comprend un satellite Low Earth Orbit, LEO, 1 , une pluralité de véhicules 2 et peut comprendre une station sol 3.
Un satellite LEO doit être compris dans la présente demande comme étant un satellite évoluant dans l’orbite terrestre basse, c’est-à-dire évoluant jusqu’à 2000 kilomètres d’altitude.
La pluralité de véhicules 2 et la station sol 3 sont comprises dans une zone de visibilité du satellite LEO. La zone de visibilité du satellite LEO est définie comme la portion de la surface terrestre au sein de laquelle le satellite LEO peut échanger des signaux de communication avec diverses entités, par exemple envoyer ou recevoir des données. En l’occurrence, un satellite LEO étant en orbite autour de la Terre, la zone de visibilité qu’il couvre représente une surface au sol de l’ordre de 2700 à 1 000 000 km2, et cette zone se déplace avec le déplacement du satellite. Le nombre d’entités comprises dans cette zone et avec lesquelles le satellite peut communiquer évolue donc en fonction du temps.
En référence à la figure 2, un exemple de satellite LEO 1 comprend un calculateur 4 et une mémoire 41 . Le calculateur 4 peut par exemple être un processeur ou un microcontrôleur. Il comprend un accès à la mémoire 41 de sorte qu’il peut utiliser les informations qu’elle contient. Le calculateur 4 est adapté pour exécuter des instructions de code permettant la mise en œuvre d’un procédé. En particulier, le calculateur 4 est notamment adapté pour exécuter des instructions de code permettant la mise en œuvre d’un procédé d’estimation d’un nombre de véhicules présents dans la zone de visibilité du satellite LEO, dont un exemple est présenté en référence à la figure 3.
La mémoire 41 peut par exemple comprendre une mémoire ROM (Read-Only Memory), une mémoire RAM (Random Access Memory), une mémoire EEPROM (Electrically Erasable Programmable Read-Only Memory) ou tout autres types de moyens de stockage adaptés permettant notamment la lecture d’instructions de code. La mémoire peut par exemple comprendre des moyens de stockage optique, électronique ou encore magnétique. La mémoire 41 peut par exemple comprendre
des instructions de code pour la mise en œuvre de l’un quelconque des procédés décrits par la présente divulgation.
En alternative ou additionnellement, le satellite peut également comprendre des moyens de communication à distance pour communiquer par exemple avec des véhicules 2 et/ou avec la station sol 3. Ces moyens de communication à distance comprennent par exemple un émetteur/récepteur d’ondes radiofréquences. Ils permettent notamment au satellite de recevoir des instructions de commande depuis la station sol pour la mise en œuvre du procédé décrit ci-après.
En référence à la figure 3, on décrit ci-dessous un exemple d’un procédé 100 d’estimation d’un nombre de véhicules présents dans la zone de visibilité du satellite LEO 1.
Comme illustré par le bloc 110, le procédé 100 comprend une incrémentation d’un compteur de présence pour chaque réception d’un signal de présence d’un véhicule situé dans la zone de visibilité du satellite LEO.
Le compteur de présence est avantageusement initialisé à une valeur nulle. Il peut comprendre plusieurs sous-compteurs de présence et être le résultat d’une somme de tout ou partie de ses sous-compteurs. Le compteur de présence, et les sous- compteurs le cas échant, peuvent ainsi être stockés dans la mémoire 41 du satellite LEO.
Un signal de présence d’un véhicule peut correspondre à une onde électromagnétique émise par le véhicule, par exemple une onde radiofréquence, l’onde électromagnétique comprenant une signature particulière permettant au calculateur 4 du satellite de déterminer qu’il s’agit d’un véhicule 2. De cette façon, le calculateur 4 peut incrémenter le compteur de présence à réception des signaux de présence.
Dans des exemples, une signature particulière de l’onde électromagnétique comprend au moins un élément la caractérisant parmi une longueur de l’onde électromagnétique, une fréquence ou une gamme de fréquences de l’onde électromagnétique, un type de modulation de l’onde électromagnétique ou une séquence binaire.
Le satellite LEO est donc adapté pour détecter des ondes électromagnétiques comprenant des signatures particulières de façon à pouvoir compter les véhicules présents dans sa zone de visibilité, une onde reçue présentant ladite signature particulière correspondant à un véhicule à compter.
Dans des modes de réalisation, chaque véhicule émet un signal de présence à une fréquence d’émission déterminée permettant, comme indiqué ci-après, d’en déduire le nombre de véhicules dans la zone de visibilité du satellite à un instant donné. La fréquence d’émission peut être la même pour tous les véhicules afin de simplifier la déduction du nombre de véhicules dans la zone de visibilité.
En variante, chaque véhicule émet un signal de présence en réponse à une requête préalablement envoyée par le satellite, la requête étant par exemple émise en diffusion massive (broadcast) sur toute sa zone de visibilité.
Lorsque l’onde électromagnétique comprend une séquence binaire, le calculateur 4 du satellite est adapté pour décoder la séquence binaire et déterminer si l’onde électromagnétique correspond bien à un signal de présence d’un véhicule. Avantageusement, la séquence binaire est de taille réduite pour permettre un décodage rapide par le calculateur 4 et pour réduire la bande passante de l’onde électromagnétique. Une séquence binaire d’une onde électromagnétique codant pour un véhicule peut par exemple comprendre entre 8 et 64 octets.
On comprend ici que l’énergie consommée par le satellite LEO (et plus précisément par son calculateur 4) pour déterminer qu’il y a un véhicule présent dans sa zone de visibilité est très faible en comparaison à celle qui serait utilisée par l’échange de trames de signalisation comme ce qui est effectué dans des réseaux de type cellulaires. Il en est de même pour la bande passante utilisée pour déterminer la présence d’un véhicule dans la zone.
Dans des exemples, une signature particulière du signal de présence du véhicule peut également permettre au calculateur 4 du satellite 1 de déterminer une caractéristique dudit véhicule. Une caractéristique d’un véhicule 2 peut être, par exemple, un état de circulation du véhicule, un modèle de véhicule, une marque de véhicule ou une aptitude du véhicule à recevoir un transfert de données déterminé.
En l’occurrence, un véhicule peut être associé à plusieurs caractéristiques qu’il peut communiquer au satellite par le biais d’une signature particulière de l’onde électromagnétique. Le calculateur 4 peut ainsi incrémenter un sous-compteur du compteur de présence lié à au moins une caractéristique du véhicule qu’il détermine à partir de la signature particulière. Un premier sous-compteur peut par exemple être lié à une première marque et un deuxième sous-compteur à une deuxième marque.
Une signature particulière d’une caractéristique d’un véhicule peut par exemple comprendre une longueur de l’onde électromagnétique spécifique, une fréquence ou une gamme de fréquences de l’onde électromagnétique spécifique, un type de modulation spécifique de l’onde électromagnétique ou une séquence binaire spécifique. Il est également envisageable qu’un signal de présence d’un véhicule puisse comprendre une combinaison de ces éléments pour communiquer plusieurs caractéristiques.
Concernant les états de circulation, il est par exemple représenté sur la figure 1 un véhicule 2a présentant un état de circulation « en circulation », c’est-à-dire que le véhicule 2a circule sur le réseau routier de la zone de visibilité du satellite LEO lorsqu’il envoie un signal de présence audit satellite LEO. L’état de circulation « en circulation » peut par exemple être communiqué au satellite par un signal de présence du véhicule 2a présentant un premier type de signature, par exemple le signal étant compris dans une première gamme de fréquences.
Il est également représenté un véhicule 2b présentant un état de circulation « à l’arrêt », c’est-à-dire que le véhicule 2b est à l’arrêt depuis au moins un intervalle de temps d’arrêt prédéterminé lorsqu’il envoie son signal de présence au satellite LEO. Le temps d’arrêt prédéterminé peut par exemple être compris entre une dizaine de secondes et une dizaine de minutes et de préférence entre deux et cinq minutes. L’état de circulation « à l’arrêt » peut par exemple être communiqué au satellite par un signal de présence du véhicule 2b présentant un deuxième type de signature, par exemple le signal étant compris dans une deuxième gamme de fréquences.
Il est enfin représenté un véhicule 2c présentant un état de circulation « en charge », c’est-à-dire que le véhicule 2c est un véhicule électrique en phase de recharge de
ses batteries, lorsqu’il envoie son signal de présence au satellite LEO. L’état de circulation « en charge » peut par exemple être communiqué au satellite par un signal de présence du véhicule 2c présentant un troisième type de signature, par exemple le signal étant compris dans une troisième gamme de fréquences.
Ainsi, dans l’exemple représenté, la signature particulière de l’onde électromagnétique des signaux de présence des véhicules 2a, 2b et 2c peut être différente de sorte que le calculateur 4 du satellite est capable d’identifier cette signature comme appartenant à des véhicules 2 dans un état de circulation différent. Dans un exemple, le calculateur 4 peut incrémenter un sous-compteur associé à un état de circulation prédéterminé en fonction de l’état de circulation qu’il identifie à la réception d’un signal de présence.
Comme illustré par le bloc 120, le procédé 100 comprend une estimation du nombre de véhicules présents dans la zone de visibilité du satellite LEO à partir du compteur de présence.
Dans des modes de réalisation dans lesquels les véhicules émettent des signaux de présence régulièrement à une fréquence d’émission donnée, cette estimation est effectuée à partir du compteur de présence, d’une fréquence d’émission des signaux de présence et d’une durée de visibilité du satellite LEO associée à la zone de visibilité.
La durée de visibilité correspond à un intervalle de temps pendant lequel le satellite reçoit des signaux de présence en provenance de sa zone de visibilité associée. En l’occurrence, puisque le satellite LEO se déplace, il ne couvrira une zone de visibilité déterminée que pendant un intervalle de temps déterminé. A ce titre, la prise en compte de la durée de visibilité et de la fréquence d’émission des signaux de présence des véhicules de présence permet d’estimer le nombre de véhicules dans la zone de visibilité déterminée à partir du compteur de présence.
Par exemple, en supposant une fréquence d’émission des signaux de présence d’un signal de présence par minute pour les véhicules et une durée de visibilité de dix minutes pour une zone de visibilité, un même véhicule présent dans la zone émettra en moyenne autour de dix signaux de présence. Le compteur de présence sera donc incrémenté une dizaine de fois pour chaque véhicule de la zone de
visibilité lorsque le satellite couvrira la zone depuis dix minutes. Une estimation du nombre de véhicules dans la zone de visibilité peut donc correspondre à la valeur du compteur de présence divisée par dix.
Dans des cas dans lesquels différents véhicules ou types de véhicules émettent des signaux de présence à des fréquences d’émission différentes, la fréquence d’émission des signaux de présence utilisée par le satellite pour estimer le nombre de véhicules dans la zone de visibilité peut par exemple correspondre à une moyenne des fréquences d’émission d’un signal de présence de plusieurs véhicules, de plusieurs modèles de véhicules ou de plusieurs marques de véhicules.
Alternativement, des véhicules correspondant à différentes catégories peuvent émettre des signaux de présence à des fréquences d’émission différentes, les signaux de présence comprenant une signature propre à chaque catégorie. La détermination du nombre de véhicules peut alors être réalisée catégorie par catégorie.
Dans des modes de réalisation, le nombre de véhicules dans la zone de visibilité peut être estimé à partir du compteur de présence par l’utilisation d’une méthode de moyenne glissante en considérant la fréquence d’émission des véhicules et la durée de visibilité du satellite. Par méthode de moyenne glissante, la présente invention désigne une méthode permettant de mettre à jour la valeur du compteur de présence en fonction d’un déplacement de la zone de visibilité du satellite, c’est-à-dire de supprimer des incrémentations correspondant à des véhicules considérés comme ne faisant plus partie de la zone de visibilité du satellite. Supprimer une incrémentation du compteur de présence correspond à décrémenter une fois le compteur de présence.
Dans une méthode de moyenne glissante, le compteur de présence peut comprendre un nombre x de sous-compteurs de présence de moyenne glissante, x étant un entier naturel. A chaque sous-compteur de présence de moyenne glissante est associé un timer de moyenne glissante (qui peut être le même partagé entre les sous-compteurs de moyenne glissante), les sous-compteurs de présence s’incrémentant pour compter des signaux de présence détectés de manière successive lorsque leur timer associé tourne. En l’occurrence, seul le sous-
compteur de présence de moyenne glissante dont le timer de moyenne glissante tourne est incrémenté à réception des signaux de présence de sorte que les sous- compteurs de présence de moyenne glissante ne s’incrémentent pas de manière simultanée à réception d’un même signal de présence. Ainsi, lorsque le timer de moyenne glissante d’un premier sous-compteur de présence est terminé, un timer associé à autre sous-compteur de présence est démarré (ou redémarré s’il s’agit du même timer) et le compteur de moyenne glissante est lui-même incrémenté à réception des signaux de présence tant que son timer associé n’a pas atteint une valeur seuil. Lorsque tous les sous-compteurs de présence de moyenne glissante ont été incrémentés, un des sous-compteurs de présence de moyenne glissante est réinitialisé et réincrémenté à réception des signaux de présence pendant la durée de son timer puis c’est au tour d’un autre d’être réinitialisé puis réincrémenté durant la durée de son timer, etc. De cette façon, la somme des x compteurs de présence de moyenne glissante correspond à l’ensemble des signaux de présence reçus pendant une durée correspondant à x multiplié par la valeur seuil du timer. Cette somme prend ainsi en considération le déplacement du satellite (et donc le déplacement de la zone de visibilité du satellite) par la remise à 0 successive des sous-compteurs.
La valeur seuil du timer de moyenne glissante et le nombre x de sous-compteurs de présence de moyenne glissante peuvent par exemple être déterminés à partir de la durée de visibilité du satellite. Dans un exemple, le nombre x de sous-compteurs multiplié par la durée du timer de moyenne glissante est égale à la durée de visibilité du satellite. Ainsi, en divisant la somme des sous-compteurs de présence de moyenne glissante par le rapport entre la durée de visibilité du satellite et la fréquence d’émission des véhicules, on obtient une estimation du nombre de véhicules dans la zone de visibilité qui s’actualise avec le déplacement du satellite. Par ailleurs, plus le nombre x de sous-compteurs de présence de moyenne glissante est élevé, plus l’estimation du nombre de véhicules dans la zone de visibilité est actualisée fréquemment. On comprend donc que, à partir d’une fréquence d’émission des signaux de présence des véhicules, d’une durée de visibilité d’une zone de visibilité associée et du compteur de présence, le calculateur 4 du satellite peut estimer le nombre de véhicules présents dans la zone de visibilité.
Il s’agit ici d’un mode de réalisation mettant en œuvre une moyenne glissante à partir de x sous-compteurs et d’au moins un timer (au maximum x timers). Ce mode de réalisation est particulièrement avantageux dans la mesure où il consomme peu d’énergie et peu d’espace mémoire puisqu’il ne s’agit que d’incrémenter et de remettre à 0 des sous-compteurs et l’au moins un timer. On comprend cependant que d’autres méthodes de moyenne glissante du compteur de présence plus coûteuses en termes d’énergie et d’espace mémoire peuvent être mise en œuvre.
Dans un exemple alternatif, une méthode de moyenne glissante peut comprendre une association, pour chaque incrémentation du compteur de présence, d’une durée d’existence prédéterminée et, lorsque la durée d’existence associée à une incrémentation est écoulée, une décrémentation du compteur de présence. Dans un exemple, la durée d’existence est égale à la durée de visibilité du satellite. Dans un autre exemple, la durée d’existence est égale à la fréquence d’émission des véhicules. Dans cet autre exemple, il n’est donc plus nécessaire de diviser le compteur de présence par le rapport entre la durée de visibilité et la fréquence d’émission des véhicules. Bien que cette méthode de moyenne glissante alternative soit plus précise, elle nécessite le déclenchement d’autant de timers que de signaux de présence détectés pendant la durée d’existence et donc un coût supérieur en termes d’énergie et d’impact mémoire au niveau du satellite LEO.
Par ailleurs, le calculateur 4 peut également estimer le nombre de véhicules présentant une caractéristique déterminée présents dans la zone de visibilité dans la mesure où ces véhicules envoient des signaux de présence comprenant cette information via leur signature et que le calculateur est capable de la détecter en utilisant le même procédé.
Ainsi, le procédé, dans la mesure où il utilise des signaux de présence de véhicules qui nécessitent peu de bande passante, permet de pouvoir estimer le nombre de véhicules dans une zone de visibilité d’un satellite même si plusieurs millions de véhicules sont présents dans cette zone sans pour autant utiliser l’ensemble des bandes de fréquences allouées au satellite, lesquelles sont plus étroites que les bandes de fréquences disponibles pour les communications terrestres. Par ailleurs, les signaux de présence étant détectés et traités par le calculateur 4 du satellite
avec peu de ressources de calcul afin d’estimer le nombre de véhicules présents dans la zone de visibilité, l’énergie du satellite consacrée à cette tâche reste faible. Le procédé présenté permet donc notamment d’estimer un nombre de véhicules très important présents dans une zone de visibilité d’un satellite en utilisant à la fois peu de bande passante et peu d’énergie au niveau du satellite. Par comparaison, l’utilisation de trames de signalisation, comme effectué dans les réseaux cellulaires, pour déterminer un nombre d’utilisateurs présents dans une zone de visibilité du satellite consacrerait la majorité des ressources énergétiques et de bande passante du satellite LEO à cette tâche.
Dès lors, l’estimation du nombre de véhicules dans la zone de visibilité du satellite peut être mise à profit pour optimiser et/ou prioriser les communications émises par le satellite en fonction du nombre de véhicules comptés. Le procédé présenté ci- dessus en référence à la figure 3 et en particulier les blocs 110 et 120 peuvent donc constituer une partie d’un procédé plus large de communication entre le satellite LEO et des véhicules présents dans la zone de visibilité. A ce titre, les blocs représentés en pointillés sur la figure 3 représentent des compléments facultatifs du procédé.
Ainsi, dans des exemples, le procédé peut comprendre au préalable une émission d’une requête de transfert de données du satellite vers des véhicules présents dans sa zone de visibilité. Cette émission, représentée par le bloc 105, peut être de type broadcast, c’est-à-dire qu’elle est dirigée vers l’ensemble des véhicules de la zone de visibilité. Les véhicules étant aptes à recevoir le transfert de données associé à la requête peuvent répondre à la requête du satellite par un signal de présence comprenant une signature particulière caractéristique de leur aptitude à recevoir le transfert de données. Une signature particulière caractéristique d’une aptitude à recevoir le transfert de données peut comprendre une longueur de l’onde électromagnétique caractéristique, une fréquence de l’onde électromagnétique caractéristique, un type de modulation de l’onde électromagnétique caractéristique ou une séquence binaire caractéristique. Un sous-compteur d’aptitude du compteur de présence peut ainsi être incrémenté pour estimer le nombre de véhicules aptes
à recevoir ce transfert de données à réception d’un signal de présence comprenant cette signature particulière caractéristique.
Dans des exemples, le procédé peut également comprendre une détermination d’une bande passante associée à une transmission de données entre le satellite LEO et des véhicules présents dans sa zone de visibilité sur la base de l’estimation du nombre de véhicules présents dans cette zone de visibilité. Cette détermination est représentée par le bloc 131 sur la figure 3.
La détermination de la bande passante associée à la transmission de données du satellite LEO peut correspondre à une division de la bande passante disponible par le nombre de véhicules estimés dans la zone de visibilité.
Le procédé peut par ailleurs comprendre une sélection d’un type de communication à émettre, et la transmission de données du satellite LEO vers des véhicules présents dans sa zone de visibilité selon ce type de communication, en fonction de la bande passante associée déterminée. Il s’agit du bloc 1310 sur la figure 3. En particulier, le procédé peut comprendre une transmission de données dirigée vers des véhicules associés à au moins un état de circulation prédéterminé. Par exemple, pour une transmission de données correspondant à une mise à jour des fonctions de conduite du véhicule, dans la mesure où des aspects de sécurité des passagers sont à considérer, la transmission peut être seulement dirigée vers des véhicules dans des états de circulation « à l’arrêt » ou « en charge ». A ce titre, une détermination de la bande passante associée à la transmission de données peut comprendre une division de la bande passante disponible par le nombre de véhicules, dans l’au moins un état de circulation prédéterminé, estimé dans la zone.
Par ailleurs, la détermination de la bande passante associée à une transmission de données peut permettre de s’apercevoir que la transmission de données ne peut pas s’effectuer vers tous les véhicules présents dans la zone. Le procédé peut ainsi comprendre une sélection d’un groupe de véhicules déterminés présents dans la zone de visibilité et une transmission de données à ce groupe de véhicules déterminés. Il s’agit du bloc 1311 sur la figure 3. Cela permet par exemple de sélectionner un groupe de véhicules prioritaires. En alternative ou en complément à la sélection d’un groupe de véhicules, le procédé peut également comprendre une
modification de la transmission de données pour s’adapter à la bande passante disponible. Cette modification de la transmission est représentée par le bloc 1312 sur la figure 3.
Dans des exemples, le procédé peut en outre comprendre un ajout d’une marge d’erreur au nombre de véhicules estimé. En effet, cette marge d’erreur peut être utilisée pour compenser des signaux de présence non détectés par le calculateur 4, par exemple en cas de réception d’une superposition non interprétable de signaux. Cette marge d’erreur permet par exemple d’éviter une détermination de la bande passante associée à une transmission de donnée trop importante par rapport à la bande passante associée dès lors que le nombre de véhicules présents dans la zone de visibilité aurait été sous-estimé. Cet ajout (non représenté sur la figure) peut donc avantageusement être effectué préalablement au bloc 131. Dans des exemples, la marge d’erreur ajoutée peut être comprise entre 1 et 30% et de préférence entre 10 et 20% du nombre de véhicules estimés.
Dans des exemples, le procédé peut en outre comprendre une transmission d’une pluralité d’informations par le satellite LEO vers la station sol 3. Il s’agit du bloc 132 sur la figure 3. La pluralité d’informations peut être déterminée à partir des signaux de présence. La pluralité d’informations peut par exemple comprendre le nombre de véhicules estimés dans la zone de visibilité, le nombre de véhicules estimés présents dans la zone et étant associés à au moins une caractéristique prédéterminée, une bande passante associée à une transmission de données. On comprend que le bloc 131 et les suivants peuvent donc être combinés avec le bloc 132. La pluralité d’informations peut également comprendre des informations à propos des véhicules présents dans la zone comme un identifiant ou une localisation d’un véhicule. Cela permet par exemple de communiquer ces informations à un autre satellite LEO via la station sol 3 agissant comme un relais qui pourra les exploiter directement. En effet et comme dit précédemment, le satellite LEO se déplaçant, les informations relatives aux véhicules présents dans une zone de visibilité deviennent obsolètes pour ledit satellite. En revanche, elles peuvent être utilisées par un autre satellite LEO survolant ultérieurement la zone, les satellites LEO pouvant par exemple fonctionner sous forme de constellation de
satellites. La station sol 3 peut donc servir de celai d’informations entre différents satellites LEO, appartenant ou non à une même constellation de satellites.
Les procédés selon l’invention permettent donc d’estimer statistiquement, de manière peu énergétique pour le calculateur du satellite LEO et peu coûteuse en termes de bande passante, un nombre très important de véhicules présents dans une zone de visibilité du satellite LEO. Cela permet notamment d’éviter de consacrer une grande partie de la bande passante disponible et de l’énergie disponible au niveau du satellite à l’enregistrement et à l’actualisation des véhicules auprès du satellite. Des exemples de réalisation du procédé utilisent notamment cette estimation pour déterminer une bande passante disponible pour une transmission de données vers des véhicules. L’invention est donc extrêmement avantageuse dans le cadre de la circulation de véhicules autonomes en demande constante d’informations sur leur environnement, ces données devant notamment être envoyées par un satellite LEO. Par ailleurs, l’utilisation astucieuse d’un signal de présence comprenant une signature particulière nécessitant peu de traitement par le calculateur 4 du satellite permet à la fois d’estimer le nombre de véhicules présents dans une zone de visibilité et d’intégrer des caractéristiques pertinentes des véhicules pour un transfert de données ultérieur. Cela permet notamment de prioriser certains transferts de données ou de proposer des transferts de données plus spécifiques aux véhicules présents dans la zone notamment vis-à-vis de leur modèle ou de leur marque avec des mises à jour de sécurité par exemple. D’autres exemples de réalisation du procédé permettent également de transférer des données acquises par un satellite LEO sur une zone de visibilité vers une station sol, par exemple pour que ces données puissent être renvoyées vers un autre satellite LEO amené à survoler cette zone de visibilité, lequel pourra les utiliser.
La présente demande porte également sur un procédé de commande d’un satellite depuis la station sol 3 pour qu’un satellite LEO mette en œuvre l’un quelconque des procédés présentés ci-dessus. En ce sens, la station sol 3 peut également comprendre un calculateur et une mémoire, la mémoire comprenant des instructions de code permettant au calculateur de la station sol 3 de mettre en œuvre le procédé de commande du satellite.
Dans un mode de réalisation, le procédé de commande du satellite peut correspondre à un procédé de commande à destination directe du satellite LEO pour que le satellite LEO mette en œuvre l’un quelconque des procédés présentés ci-dessus. Dans un mode de réalisation alternatif, le procédé de commande du satellite peut correspondre à un procédé de commande à destination d’un satellite situé plus loin de la terre que le satellite LEO de sorte que ce satellite situé plus loin commande le satellite LEO pour la mise en œuvre de l’un quelconque des procédés présentés ci-dessus. Le satellite situé plus loin agit donc comme un intermédiaire entre la station sol et le satellite LEO.
Dans des exemples, un satellite situé plus loin que le satellite LEO peut correspondre à un satellite Medium Earth Orbit, MEO, ou un satellite géostationnaire. Par satellite MEO, la présente demande désigne un satellite évoluant dans l’orbite terrestre moyenne, c’est-à-dire évoluant entre 2000 kilomètres et environ 36000 kilomètres d’altitude. Par satellite géostationnaire, la présente demande désigne un satellite évoluant selon une orbite géostationnaire.