L'invention se rapporte à un dispositif de fixation d'une chaussure à un article de sport.
L'invention pourra s'appliquer notamment à des dispositifs de fixation d'une chaussure sur
un ski. Elle pourra notamment être mise en oeuvre pour la conception de fixations de ski de
fond, de ski de randonnée alpine, de ski de randonnée nordique ou de ski Telemark. Elle
pourra aussi être mise en oeuvre pour la conception de fixations de patins à glace, de patins à
roulettes, ou de raquettes.
Un exemple d'un tel type de fixation est décrit dans la demande de brevet WO00/13755 à
laquelle on se référera utilement pour une compréhension globale du fonctionnement d'une
telle fixation. Un dispositif du même genre, plus spécifiquement dédié à la randonnée alpine
et au Télémark est décrit dans la demande de brevet EP-A1-890.379.
Le principe de ces dispositifs est de permettre une fixation de la chaussure sur le ski qui
soit parfaitement rigide en torsion mais qui permette un libre soulèvement du talon de la
chaussure. Le dispositif décrit dans le document WO00/13755 est un perfectionnement des
systèmes de fixation actuellement utilisés par exemple en ski de fond ou en ski de randonnée
dans lesquels la chaussure est articulée par son extrémité avant autour d'un axe transversal par
rapport au ski. En effet, le mouvement du pied par rapport au ski, lors du soulèvement du
talon, est un mouvement qui n'est plus une simple rotation et qui se rapproche le plus possible
du mouvement naturel de déroulement du pied.
L'invention pourra aussi être mise en oeuvre dans le cadre d'un dispositif de fixation du type
de ceux décrits dans le document WO96/37269.
Dans tous les cas, la chaussure n'est plus accrochée à l'article de sport par un ou plusieurs
points fixes, mais elle est accrochée (et solidaire) d'un organe de liaison qui, lui, peut se
déplacer par à rapport à l'article de sport. Ce déplacement peut être une simple rotation mais,
dans les exemples cités ci-dessus, il s'agit plutôt d'un déplacement complexe mêlant des
mouvements de rotation et de translation.
Dans tous les cas, ces types de fixations peuvent comporter des moyens de rappel élastique
qui ramènent l'organe de liaison vers une position basse qui correspond par exemple à la
position qu'il occupe lorsque la chaussure à laquelle il est lié est en appui à l'avant et à l'arrière
sur l'article de sport. De tels moyens de rappel élastique seront par exemple très utiles lorsque
le dispositif de fixation est destiné à la pratique du ski de fond, de Telemark ou de randonnée,
ou encore à la pratique du patin à glace, du patin à roulettes.
Dans les documents WO00/13755 et WO96/37269, il n'est pas décrit comment la
chaussure est destinée à être accrochée à l'organe de liaison.
En effet, lorsqu'on veut que la chaussure puisse être détachée de l'article de sport, il faut
prévoir que la manoeuvre d'accrochage et de décrochage se fasse de la manière la plus simple
possible pour l'utilisateur. Le mécanisme d'accrochage doit donc être à la fois simple, fiable
et léger, et il doit notamment comporter un minimum de pièces pour demeurer compact et peu
coûteux à produire.
Dans ce but, l'invention propose un dispositif de fixation d'une chaussure à semelle
flexible à un article de sport, du type comportant un organe de liaison la chaussure qui est
susceptible de se déplacer par rapport à l'article de sport entre une position basse et une
position haute, caractérisé en ce que, pour l'accrochage de la chaussure, l'organe de liaison
comporte un système de retenue avant qui coopère avec un moyen d'ancrage avant de la
chaussure, et un système de retenue arrière qui coopère avec un moyen d'ancrage arrière situé
en arrière du moyen d'ancrage avant mais au niveau ou en avant de la zone de flexion
métatarso-phalangienne de la semelle de la chaussure, et en ce que le système de retenue avant
comporte des moyens d'ouverture de telle sorte que le décrochage de la chaussure est obtenu
par ouverture du système de retenue avant.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaítront à la lecture de la
description détaillée qui suit ainsi qu'à la vue des dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue schématique, en coupe selon un plan longitudinal et vertical,
d'un dispositif de fixation conforme aux enseignements de l'invention avant
l'accrochage de la chaussure ;
- la figure 2 est une vue similaire à celle de la figure 1, dans laquelle on a illustré une
chaussure en cours d'accrochage sur le dispositif ;
- la figure 3 est figure similaire à celle de la figure 2 dans laquelle la chaussure est
accrochée sur le dispositif ;
- la figure 4 est une figure similaire à celle de la figure 3 dans laquelle la chaussure est
en cours de décrochage.
Le dispositif de fixation 10 illustré de manière très schématique sur les figures 1 à 4
comporte une embase 12 qui est destinée à être fixée sur un article de sport (non représenté),
mais qui pourrait aussi être directement intégrée dans ce dernier. Le dispositif de fixation 10
comporte aussi un organe de liaison 14 sur lequel une chaussure 11 est destinée à être
accrochée.
Cet accrochage, objet de l'invention, est de préférence un système de type "step-in" dans
lequel l'accrochage de la chaussure sur l'organe de liaison 14 s'effectue de manière
automatique, par simple contact entre les deux. Le décrochage imposera une action manuelle
de l'utilisateur.
Il ne sera pas décrit ici (ni représenté sur les figures) comment l'organe de liaison 14 est lié
à l'embase 12. En effet, l'invention pourra être mise en oeuvre avec différents types de
mécanismes dans lesquels l'organe de liaison 14 est mobile par rapport à l'embase 12. Ainsi,
cet organe de liaison pourra être lié à l'embase par une simple articulation ou par un
mécanisme plus complexe tel que ceux décrits dans les documents cités ci-dessus et qui
comportent par exemple au moins une biellette liant l'organe de liaison 14 à l'embase 12.
Dans un de ces mécanismes, l'organe de liaison est en appui sur l'article de sport par une
surface convexe, et lorsque l'organe de liaison se déplace entre ses positions haute et basse, il
effectue un mouvement de roulement avec glissement par rapport à l'article de sport. L'organe
de liaison pourra aussi être complété par des moyens de rappel élastique vers sa position
basse.
Dans l'exemple illustré, la chaussure 11 est une chaussure à semelle flexible qui comporte
deux moyens d'ancrages 31, 32 agencés dans la semelle de manière à affleurer à la face
inférieure de celle-ci. Des moyens d'ancrage 31, 32 de ce type sont décrits dans les demandes
de brevet EP-A-913.102 et EP-A-913.103 auxquelles on se réfèrera utilement pour plus de
détails. Ainsi, il s'agit ici de deux barrettes cylindriques de révolution agencées en travers
d'une gorge longitudinale aménagée dans la face inférieure de la semelle. La barrette avant 31
est par exemple située au niveau de l'extrémité avant de la semelle et la barrette arrière 32 est
décalée vers l'arrière d'environ 50 millimètres. Cependant, l'invention pourrait être mise en
oeuvre avec des moyens d'ancrage présentant une autre géométrie. De préférence, le moyen
d'ancrage arrière se situe en arrière du moyen d'ancrage avant, mais il se situe au niveau ou en
avant d'une zone de flexion métatarso-phalangienne de la chaussure, c'est-à-dire environ dans
le tiers avant de la semelle. De la sorte, l'accrochage de la chaussure sur l'organe de liaison
préserve la flexibilité de la semelle de la chaussure. En revanche, cette disposition n'est pas
sans donner des contraintes supplémentaires pour la conception du système d'accrochage,
notamment pour le système de retenue arrière.
L'organe de liaison 14 comporte, à son extrémité avant, un premier système de retenue qui
est en l'occurrence constitué d'un verrou avant automatique 34 et qui est prévu pour recevoir
la barrette cylindrique avant 31 de la chaussure.
Selon cet exemple, le verrou automatique avant 34 comporte une mâchoire fixe 13 qui est
solidaire de l'extrémité avant de l'organe de liaison 14 et qui définit à sa partie supérieure une
gorge 16 ouverte vers le haut, et une mâchoire mobile 15, articulée autour d'un axe transversal
18, directement sur la mâchoire fixe 13 ou sur l'organe de liaison 14. La mâchoire mobile 15
est munie de moyens de rappel élastique (non représentés) qui la repoussent vers la position
de fermeture illustrée à la figure 1 dans laquelle les deux mâchoires 13, 15 définissent un
logement de section correspondant à celle de la barrette transversale avant 31 de la chaussure
11. La mâchoire mobile 15 comporte une rampe inclinée 17 qui est disposée de telle sorte que,
lorsque la barrette 31 exerce sur la rampe 17 un effort sensiblement vertical, du haut vers le
bas, elle provoque un escamotage par basculement de la mâchoire mobile 15 autour de l'axe
18 vers une position ouverte dans laquelle elle permet l'accès à la gorge 16. Lorsque la
barrette 31 a pénétré dans la gorge 16, les moyens de rappel de la mâchoire mobile 15
ramènent cette dernière dans sa position de fermeture. La barrette 31 se trouve alors
emprisonnée dans le logement défini par le verrou avant 34. Par leurs sections cylindriques de
révolution, la barrette 31 et le verrou avant 34 autorisent alors une rotation de la chaussure 11
par rapport à l'organe de liaison 14, autour de l'axe transversal de la barrette 31. Par la
géométrie des pièces, notamment celle de la mâchoire mobile, la barrette avant 31, une fois
engagée dans le verrou, ne peut pas provoquer l'ouverture du verrou.
L'organe de liaison 14 comporte également un système de retenue arrière 23 muni d'un
crochet qui est monté à coulissement longitudinal sur l'organe de liaison 14 entre une position
avancée de fermeture, illustrée aux figures 1 et 2, et une position reculée d'ouverture. Le
crochet est rappelé vers l'avant vers sa position de fermeture par un ressort 22, par exemple un
ressort de compression. Le crochet du système de retenue arrière 23 délimite une gorge 38
ouverte vers l'avant tandis que sa face supérieure 23 présente une rampe 40 inclinée vers le
bas et vers l'avant.
Au repos, comme on peut le voir sur la figure 1, le ressort 22 pousse le crochet 23 en appui
vers l'avant contre une surface de butée 25 de l'organe de liaison. Cette surface de butée 25
est positionnée de telle sorte que, lorsque la barrette avant 31 de la chaussure 11 est
verrouillée dans le verrou avant 34, la barrette arrière 32 se trouve juste à l'aplomb de la
rampe inclinée 40 du verrou 23 (voir figure 2). De la sorte, lorsque la barrette arrière 32 est
abaissée verticalement vers le bas, par pivotement autour de la barrette avant 31, la barrette
arrière 32 vient en appui contre le pan incliné 40 et provoque le recul du crochet arrière 23 par
rapport à l'organe de liaison 14, en comprimant le ressort 22, jusqu'à ce que le crochet 23 soit
complètement effacé. La barrette arrière se trouve alors en regard de la gorge 38 et le crochet
23 peut de nouveau avancer sous l'action de rappel du ressort 22 jusqu'à ce que la barrette
arrière 32 se retrouve enfermée dans la gorge 38. La barrette arrière 32 ne peut alors plus se
soulever vers le haut par rapport à l'organe de liaison 14.
De préférence, la barrette arrière 32 est alors bloquée longitudinalement vers l'arrière non
seulement par le fond de la gorge 38 du crochet 23, mais aussi par une surface de blocage (non
représentée) aménagée sur l'organe de liaison 14. Ainsi, le blocage longitudinal vers l'arrière
se fait par une butée mécanique, indépendamment de la force du ressort 22. Dans cette
position, les deux barrettes 31, 32 étant bloquées, la chaussure 11 est parfaitement accrochée
sur l'organe de liaison 14 comme on peut le voir à la figure 3.
Conformément aux enseignements de l'invention, le décrochage de la chaussure se fait
selon un mouvement qui n'est pas, contrairement à l'habitude, un simple mouvement inverse
du mouvement de chaussage.
En effet, on peut voir que la mâchoire mobile 14 du verrou avant est susceptible d'être
basculée vers sa position d'ouverture par un simple mouvement d'appui sur une patte de
déverrouillage 36 intégrée à la mâchoire mobile. Avantageusement, cette patte de
déverrouillage est agencée à l'extérieur de l'empreinte de la chaussure, par exemple vers
l'avant, ce qui lui permet d'être très facilement accessible. Ainsi, la patte de déverrouillage 36
pourra par exemple être manipulée à l'aide d'un bâton de ski, sans que l'utilisateur n'ait à se
baisser.
Une fois le verrou avant 34 ouvert, l'utilisateur peut soulever le bout avant de sa chaussure
pour dégager la barrette d'ancrage avant 31 de la gorge 16 (mouvement indiqué par la flèche
A à la figure 4). Une fois la barrette avant 31 dégagée, on voit que l'utilisateur peut dégager
très facilement la barrette arrière 32 du crochet 23, simplement en avançant la chaussure vers
l'avant (mouvement indiqué par la flèche B à la figure 4), sans avoir à manipuler le système
de retenue arrière. En effet, comme on peut le voir sur la figure 4, le crochet arrière 23 vient
en appui contre la surface de butée 25 et ne peut avancer plus en avant. Le système de retenue
arrière, qui se trouve en utilisation sous la chaussure 11, ne comporte donc pas de moyens
d'ouverture.
Ce système d'accrochage de la chaussure est particulièrement simple et fait appel à un
nombre limité de pièces. Il est très compact tout en étant très facile à utiliser tant lors du
chaussage que lors de déchaussage.
L'homme du métier pourra décliner l'invention en créant, à l'aide de ses seules
connaissances générales, des variantes qui se déduisent aisément du système décrit ci-dessus.
Ainsi, on peut prévoir que le verrou avant comporte une mâchoire mobile coulissante
plutôt que pivotante, et/ou que le crochet arrière soit pivotant plutôt que coulissant. De même,
on peut prévoir que le verrou avant, plutôt que d'être automatique comme décrit, soit un
verrou manuel, dépourvu de moyens de rappel élastique.
Les moyens de rappel élastique (tels le ressort 22) peuvent éventuellement être conçus pour
agir à la fois sur le verrou avant et sur le système de retenue avant. De même, les moyens de
rappel élastiques des systèmes de retenue avant et/ou arrière peuvent être constitués par des
moyens de rappel de l'organe de liaison vers sa position basse.