ISP‐BV22‐198PCT Description Description Titre de l'invention : Extraits de fleurs de Crocus sativus, compositions les comprenant et leurs utilisations dans les soins buccaux Domaine technique [0001] La présente invention relève du domaine technique de l’hygiène buccale et du traitement thérapeutique des pathologies buccales. Elle concerne plus particulièrement des compositions comprenant des extraits de fleurs de Crocus sativus pour l’hygiène buccale ou la protection de la cavité buccale. L’invention concerne également des compositions comprenant des extraits de fleurs de Crocus sativus pour leurs utilisations thérapeutiques dans la prévention et le traitement des affections de la cavité buccale, notamment les saignements, l’inflammation, le déchaussement dentaire ou la perte de substance conjonctivale associés aux parodontites et aux gingivites provoquées par la bactérie Porphyromonas gingivalis. Arrière-plan technique de l’invention [0002] La cavité buccale est colonisée par de très nombreux micro-organismes composant le microbiome oral. Dans une cavité buccale saine, les micro- organismes sont essentiellement des bactéries commensales qui s’organisent pour maintenir l’équilibre de cet écosystème, ce qui n’exclue pas la présence de bactéries pathogènes. [0003] La cavité buccale est très fréquemment le siège de pathologies telles que la gingivite et la parodontite. La gingivite est une affection inflammatoire réversible, généralement provoquée par une accumulation de biofilm bactérien, qui se manifeste par des rougeurs gingivales, un œdème, quelquefois des saignements, mais sans déchaussement dentaire. Si la gingivite n’est pas traitée à temps, l’inflammation peut devenir chronique et évoluer en parodontite, caractérisée par une résorption de l'os alvéolaire, une destruction du ligament parodontal et in fine le déchaussement des dents. [0004] Une des causes majeures de la parodontite est le déséquilibre du microbiome buccal, associé à une faiblesse de la réponse immunitaire. Certaines bactéries pathogènes s’associent alors pour supplanter les bactéries commensales. Cette association de bactéries a été décrite sous le nom de « red complex » et se compose des espèces Porphyromonas gingivalis, Tannerella
ISP‐BV22‐198PCT Description forsythia et Treponema denticola (Socransky SS, Haffajee AD, Cugini MA, Smith C, Kent RL Jr. in J Clin Periodontol.1998 ;25(2):134-144). [0005] Porphyromonas gingivalis joue un rôle prépondérant dans la formation d’un biofilm (Hajishengallis G, Darveau RP, Curtis MA., Nat Rev Microbiol. 2012;10(10):717-725) et dans la stratégie d’évitement du système immunitaire (Hajishengallis G., J Oral Biosci.2011 ;53(3):233–240). [0006] Porphyromonas gingivalis sécrète une enzyme appelée gingipaïne permettant à la bactérie de capter le fer contenu dans l’hème des tissus hôtes. Cette enzyme est également impliquée dans la dégradation des jonctions cellulaires de l’épithélium gingival, l’induction de l’inflammation, l’œdème des gencives, une tendance au saignement et une destruction des fibres de collagène de type I et III du tissu conjonctif gingival. [0007] Le problème que l’invention se propose de résoudre est de fournir un nouvel ingrédient actif capable de cibler l’activité de l’enzyme gingipaïne, afin de limiter spécifiquement l’activité pathogène de la bactérie Porphyromonas gingivalis tout en préservant le microbiome oral et de limiter les conséquences de la parodontite et de la gingivite. [0008] Les inventeurs ont en effet découvert qu’un extrait de fleurs de Crocus sativus avait un effet inhibiteur sur l’activité enzymatique de la gingipaïne et pouvait limiter efficacement le développement de la bactérie Porphyromonas gingivalis associée à la parodontite et à la gingivite. [0009] Le Crocus sativus est une plante herbacée de la famille des Iridaceae surtout cultivée pour le pistil de ses fleurs appelé safran, utilisé dans l’alimentation comme épice ou pour ses propriétés antioxydante et antiinflammatoire, en particulier dans les affections buccales ou dentaires (Forouzanfar A. et al., Iran J Med Sci.2016 May ;41). [0010] La plupart des extraits décrits dans l’art antérieur sont des extraits de pistils ou de fleurs entières, comprenant donc le pistil. Ces extraits présentent l’inconvénient de contenir une quantité élevée de composés tels que le safranal, substance classée irritante cutanée, irritante oculaire et sensibilisante cutanée selon le système harmonisé de classification mondiale (UN-GHS).
ISP‐BV22‐198PCT Description [0011] Les documents de brevet CN11330420A, CN102657747A et CN109646535A décrivent des extraits obtenus à partir de fleurs dépourvues de pistils obtenus en utilisant de l’éthanol absolu ou des solvants hydro-éthanoliques. [0012] On citera encore le brevet FR2928835B1 qui décrit la préparation d’un extrait de pétales de Crocus sativus obtenu par une macération de plusieurs jours dans de l’éthanol à 70%. L’extrait obtenu contient environ 50% de polyphénols de type flavonoïdes dont une quantité importante de kaempférol, ce qui lui confère des propriétés dépigmentantes de la peau. [0013] Les solvants hydro-alcooliques à forte teneur en alcool tels qu’utilisés dans le document brevet FR2928835B1 sont également susceptibles d’extraire des composés allergéniques tels que le géraniol ou le linalol car ce sont des molécules ayant une forte affinité pour ce type de solvant. [0014] La présente invention décrit l’utilisation d’un solvant hydro-alcoolique principalement aqueux. Ainsi, l’extraction de ces composés indésirables est réduite. Les inventeurs ont montré que l’extrait de l’invention ne contient aucune des 57 substances identifiées comme allergènes cosmétiques potentiels, par le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs. De plus le rendement d’extraction de phytocomposés polaires, tels que les protéines, les acides aminés ou les acides phénoliques est amélioré, comparativement à une extraction hydro-éthanolique. [0015] Un autre problème que se propose donc de résoudre l’invention est de fournir un nouvel extrait aqueux de Crocus sativus préparé à partir des fleurs entières dépourvues de pistils et ne comprenant pas de molécules allergéniques, irritantes ou potentiellement toxiques, pour son utilisation dans les soins d’hygiène buccales ou la prévention et le traitement des pathologies buccales. [0016] L’utilisation d’un solvant hydro-alcoolique principalement aqueux présente également l’avantage d’augmenter le rendement d’extraction de phytocomposés d’intérêt tels que les sucres, les acides aminés, les protéines, les vitamines et les acides organiques, que l’on ne retrouve pas ou peu dans les extraits de l’art antérieur. [0017] La matière première de l’invention, ne comprend que les fleurs de Crocus sativus dépourvues de pistils répondant à l’exigence de naturalité du marché de
ISP‐BV22‐198PCT Description l’hygiène et des soins oraux-buccaux actuel tout en présentant une efficacité biologique remarquable. Résumé de l’invention [0018] Les inventeurs ont développé un nouvel extrait de Crocus sativus comprenant de 9 à 13 g/Kg de matière sèche, de 5,5 à 8,5 g/kg de sucres totaux, de 2,5 à 5,5 g/kg de protéines, de 0,35 à 0,55 g/Kg d’acides aminés, de 0,6 à 1,2 g/kg d’acides organiques, de 0,4 à 12 g/kg de composés phénoliques totaux dont de 150 à 450 mg/kg de kaempférol sophoroside, de 5 à 30 mg/kg de kaempférol glucoside et de 10 à 40 mg/kg de quercétine diglucoside. [0019] Dans un mode de réalisation particulier, l’extrait ci-dessus est obtenu par macération de fleurs dépourvues de pistils dans un solvant hydro-polyalcoolique majoritairement aqueux comprenant de 20 à 50 % d’alcool en poids par rapport au poids total de solvant, l’alcool pouvant être choisi parmi le propanediol, le propylène glycol, le butylène glycol et le pentanediol. [0020] L’invention a pour deuxième objet une composition d’hygiène buccale ou thérapeutique comprenant, en tant qu’ingrédient actif, une quantité efficace de l’extrait de Crocus sativus, et un milieu physiologiquement acceptable. [0021] L’invention a pour troisième objet l’utilisation non thérapeutique de la composition pour l’hygiène buccale. [0022] L’invention a pour quatrième objet une composition comprenant un extrait de fleurs de Crocus sativus pour son utilisation thérapeutique dans la prévention ou le traitement des affections de la cavité buccale et notamment la gingivite et/ou la parodontite. Brève description des dessins [0023] L’invention et les avantages qui en découlent seront mieux compris à la lecture de la description et des modes de réalisation non limitatifs qui suivent, illustrés au regard des figures annexées dans lesquelles : [0024] [Fig.1] Modulation de l’activité de la gingipaïne spécifique de l’arginine, par un extrait de Crocus sativus à 1%. [0025] [Fig.2] Modulation de l’activité de la gingipaïne spécifique de la lysine par un extrait de Crocus sativus à 1%
ISP‐BV22‐198PCT Description [0026] [Fig.3] Test d’inhibition de l’hémolyse induite par la bactérie Porphyromonas gingivalis en présence d’un extrait de Crocus sativus à 1%. [0027] [Fig.4] Mesure de l’expression des marqueurs CD14+ et CD163 à la surface des macrophages de type 2, traités ou non avec l’extrait Crocus sativus à 1%. [0028] [Fig.5] Mesure de la fluorescence relative moyenne des marqueurs CD14 et CD163 à la surface des macrophages de type 2, traités ou non avec l’extrait Crocus sativus à 1%. Description détaillée de l’invention Définitions [0029] Tous les termes utilisés dans la présente description ont le sens le plus largement connus sauf mention contraire. Pour les besoins de l’invention les termes suivants sont définis comme suit : [0030] On entend par « cavité buccale » la zone délimitée par les dents, la langue, le palais dur et le palais mou et essentiellement revêtue d’une muqueuse. On distingue la muqueuse masticatoire (gencive et palais dur), la muqueuse de recouvrement (labiale, palatine, vestibulaire, du plancher de la bouche, et des faces latérales de la langue), tandis que la muqueuse des lèvres et celle de la face dorsale de la langue constituent les éléments composants la muqueuse spécialisée. [0031] On entend par « hygiène buccale » des soins préventifs ou de protection, non thérapeutiques, concernant la cavité buccale saine. [0032] On entend par « fleur de Crocus sativus », la fleur entière constituée par les pétales et les étamines mais dépourvue de pistils. [0033] On entend par « hydro-polyalcoolique » le mélange d’au moins un polyol et d’eau, ce dernier comprenant au moins deux radicaux alcool, plus précisément de 2 à 9 radicaux alcool et de 3 à 12 atomes de carbone. [0034] Par " acides organiques " on entend des dérivés du catabolisme des acides aminés, des acides gras et des sucres comprenant une fonction acide. Ce groupe comprend les acides carboxyliques alpha-hydroxylés (AHA) ou polyhydroxylés tels que les acides lactique, malique, citrique, les acides carboxyliques dérivés de sucres de fruits ou de toutes autres parties de plantes tels que les acides uroniques, ou encore les diacides tels que l'acide succinique
ISP‐BV22‐198PCT Description [0035] Par « composés phénoliques » ou « polyphénols » on entend les molécules d’origine végétale qui possèdent un cycle aromatique portant un ou plusieurs groupements hydroxyles, tels que les acides phénoliques, les flavonoïdes ou leurs dérivés, les tannins et tous autres polyphénols. [0036] Par « flavonoïdes » on entend, les composés phénoliques partageant tous une même structure de base formée par deux cycles aromatiques reliés par trois carbones. [0037] Par « flavonoïdes glycosylés » on entend les flavonoïdes liés à un ou plusieurs sucres tels que le kaempférol sophoroside, le kaempférol glucoside et la quercétine diglucoside. [0038] Par « phytocomposés d’intérêt », on entend l’ensemble des molécules présentes dans l’extrait de fleur de Crocus sativus de l’invention et notamment, les sucres, les composés phénoliques, les protéines, les acides aminés, les vitamines et les acides organiques, potentiellement responsables des effets biologiques bénéfiques observés. [0039] Quand une gamme de valeur est décrite, les bornes de cette gamme doivent être comprises comme incluant explicitement toutes les valeurs intermédiaires de la gamme. Par exemple, une gamme de valeur comprise entre 1% et 10% doit être comprise comme incluant 1 %, 2 %, 3 %, 4 %, 5 %, 6 %, 7 %, 8 %, 9 %, et 10 %, ainsi que toutes les valeurs décimales entre 1 % et 10 %. [0040] Les valeurs numériques en pourcentage sont des pourcentages en poids, c’est-à-dire le poids d’un composé par rapport au poids total du mélange envisagé, sauf spécifié autrement. [0041] Les compositions décrites dans la présente demande peuvent « comprendre », « consister en » ou « consister essentiellement en », les composés essentiels ou les ingrédients optionnels. [0042] « Consister essentiellement en » signifie que la composition ou le composant peut inclure des ingrédients additionnels, si ces ingrédients additionnels ne modifient pas les caractéristiques de bases ou les nouvelles caractéristiques de la composition ou de l’utilisation décrite dans la présente demande. [0043] Un « milieu physiologiquement acceptable » désigne un véhicule adapté pour une mise en contact avec les muqueuses, sans toxicité, irritation, réponse
ISP‐BV22‐198PCT Description allergique indue et similaire ou réaction d’intolérance, et proportionné à un rapport avantage/risque raisonnable. [0044] Par « application topique » on désigne le fait d’appliquer à la surface d’une muqueuse la composition comprenant l’extrait de fleurs de Crocus sativus selon l’invention. [0045] On entend par « anti-hémolytique » un composé qui a la propriété d’empêcher la destruction des globules rouges induite par la bactérie Porphyromonas gingivalis. [0046] On entend par « orientation de la réponse inflammatoire » : la stimulation d’une catégorie particulière de la population de macrophages dans le but d’obtenir une réponse de type anti inflammatoire ou pro inflammatoire. [0047] Par « quantité efficace » on désigne la quantité minimum d’extrait selon l’invention nécessaire pour obtenir au moins une des activités biologiques recherchées, notamment diminuer l’activité enzymatique des gingipaïnes, diminuer l’hémolyse, présenter une activité anti-inflammatoire ou tout autre marqueur biologique étudié, sans que cette quantité ne soit toxique. [0048] Il est bien entendu que l’invention concerne les mammifères et plus particulièrement l’être humain. Procédé d’extraction des fleurs de Crocus sativus [0049] L’invention a pour premier objet un extrait de fleurs de l’espèce Crocus sativus, obtenu par le procédé suivant : [0050] A l’étape a), les fleurs fraiches ou sèches dépourvues de pistils, sont mises en présence d’un solvant hydro-polyalcoolique majoritairement aqueux comprenant de 20 à 50 % d’alcool en poids par rapport au poids total du solvant. [0051] Au sens de l’invention, le solvant hydro-polyalcoolique est donc un mélange compris entre 20 et 50 % (p/p) de polyalcool dans l’eau. [0052] Les fleurs de Crocus sativus utilisées sont dépourvues de pistils, c’est-à-dire qu’on leur a retiré manuellement les trois stigmates rouges du pistil qui constitue le safran. [0053] On utilise de préférence des fleurs de Crocus sativus séchées.
ISP‐BV22‐198PCT Description [0054] De préférence, les fleurs sont broyées avant la mise en présence du solvant hydro-polyalcoolique, afin d’optimiser les échanges entre la solution extractives et la matière végétale. [0055] De préférence, le rapport matière végétale / solution d’extraction est de préférence compris entre 0,5 à 20 % en poids/poids, plus préférentiellement compris entre 2 et 10 % et encore plus préférentiellement ce ratio est de 2,5 %. [0056] Les solvants hydro-polyalcooliques utilisés possèdent un paramètre de solubilité ainsi qu’une viscosité dynamique trois fois plus élevée que les solvants mono-alcooliques. L’extraction de molécules plus complexes de type protéines, polysaccharides et polyphénols est donc favorisée en comparaison avec un solvant mono-alcoolique tout en permettant d’entrainer également dans le processus d’extraction de petites molécules tels que sucres et acides organiques. [0057] En comparaison d’une extraction réalisée dans de l’eau pure, le rendement d’extraction selon le procédé de l’invention est amélioré et se situe à environ 40%, ce qui est un rendement difficilement atteignable par des techniques d’extraction par macération. [0058] Dans un mode de réalisation avantageux le polyalcool est choisi parmi le propanediol, le propylène glycol, le butylène glycol ou le pentanediol, ou tout mélange de ces solvants. [0059] Dans un mode de réalisation préféré, le solvant hydro-polyalcoolique est le propanediol ou le butylène glycol à un ratio de 25 % à 35 % d’alcool. [0060] Dans un autre mode de réalisation préféré le solvant hydro-polyalcoolique comprend de préférence 30% d’alcool. [0061] Dans un autre mode de réalisation préféré, le solvant hydro-polyalcoolique est le propanediol à un ratio de 30%. [0062] La présence de propanediol dans le solvant d’extraction présente également l’avantage de stabiliser les phytocomposés de l’extrait final tout au long de l’extraction et contribue à protéger l’extrait des contaminations par les microorganismes.
ISP‐BV22‐198PCT Description [0063] A l’étape b), le mélange est mis sous agitation douce pendant 30 minutes à deux heures à une température comprise entre la température ambiante et 80°C. [0064] Avantageusement, l’agitation modérée est de type brassage. [0065] La température est ajustée et maintenue de préférence entre 20 et 60°C, plus préférentiellement entre 30 et 50°C, encore plus préférentiellement à 45°C. [0066] Avantageusement, le temps de macération est compris entre 30 minutes et 1,5 heures et encore plus préférentiellement le temps de macération est de 1 heure. [0067] A la fin de l’étape b) le pH est contrôlé et doit se situer entre 4,0 et 7,0. [0068] A l’étape c), le mélange obtenu en b) est purifié pour éliminer la matière solide végétale et récupérer la partie liquide. [0069] Cette étape de purification peut être effectuée par toute méthode connue de l’homme du métier, mais de préférence la purification est effectuée par centrifugation et en particulier par centrifugation à 4000g pendant 10 min. [0070] A l’étape d), on réalise une clarification de l’extrait obtenu à l’étape précédente par au moins six étapes de filtrations séquentielles en utilisant des filtres de porosités décroissantes allant de 30 à 0,2μm. [0071] A l’étape e), une filtration stérilisante est réalisée sur un filtre de porosité 0,22μm stérile. [0072] Le pH est mesuré mais il n’est pas ajusté et doit se trouver entre 4,5 et 6,5. Extrait de fleurs de Crocus sativus [0073] L’extrait obtenu par le procédé décrit ci-dessus est analysé et présente les caractéristiques suivantes, il a une couleur ambrée à ambrée foncée, l'extrait a une consistance légèrement visqueuse et d’aspect légèrement opalescent à opalescent. La densité est de 1.01 à 1.04 g/cm
3, le pH se situe entre 4,5 et 6,5. Cet extrait contient de 9 à 13 g/Kg de matière sèche, et comprend de 5,5 à 8,5 g/kg de sucres totaux, de 2,5 à 5,5 g/kg de protéines, de 0,35 à 0,55 g/Kg d’acides aminés, de 0,6 à 1,2 g/kg des acides organiques, de 0,4 à 1,2g/kg de composés phénoliques totaux dont de 150 à 450 mg/kg de kaempférol sophoroside, de 5 à 30 mg/kg de kaempférol glucoside et de 10 à 40 mg/kg de quercétine diglucoside.
ISP‐BV22‐198PCT Description [0074] L’extrait obtenu comprend donc de 0,17 g/kg à 0,55 g/kg de polyphénols de type flavonoïdes. [0075] L’extrait obtenu comprend également de 1,2 à 3,4 mg/kg de vitamines B dont 0,5 à 1,5 mg/kg de vitamine B5. [0076] L’extrait ainsi obtenu peut optionnellement être dilué dans un solvant physiologiquement acceptable pour un usage thérapeutique. A titre d’exemples illustratifs et non limitatifs de solvants physiologiquement acceptables, on peut citer l’eau, le glycérol, l’éthanol, le propanediol ainsi que sa version naturelle issue du maïs, le butylène glycol, le dipropylène glycol, les diglycols éthoxylés ou propoxylés, les polyols cycliques ou tout mélange de ces solvants. L’ajout de conservateurs peut également être envisagé pour garantir la conservation optimale de l’extrait dans le temps. De la glycérine associée à tous types de conservateurs hydrosolubles tels que du sodium benzoate ou du potassium sorbate à la concentration finale de 0,5 % ou encore du phénoxyéthanol à la concentration finale de 1,5 %. [0077] Un des avantages d’une telle dilution, outre d’obtenir exactement les concentrations en phytocomposés recherchées, est d’améliorer la stabilité et la conservation de l’extrait végétal ou tout mélange de ces solvants. Compositions comprenant un extrait de fleurs de Crocus sativus [0078] Un deuxième aspect de l’invention est une composition d’hygiène buccale ou thérapeutique comprenant, en tant qu’ingrédient actif, une quantité efficace de l’extrait de fleurs Crocus sativus, et un milieu physiologiquement acceptable. [0079] Dans un mode de réalisation avantageux, la quantité efficace de l’extrait de fleurs Crocus sativus de l’invention correspond à une concentration comprise entre 0,5 % et 10 %, de préférence à une concentration comprise entre 0,8 % et 2 %, et encore plus préférentiellement à une concentration de 1%. [0080] La composition utilisable selon l'invention pourra être appliquée par toute voie appropriée, notamment orale, ou topique externe, et la formulation des compositions sera adaptée par l'homme du métier. [0081] Préférentiellement, les compositions selon l'invention se présentent sous une forme adaptée à l’application par voie topique pouvant être sous forme plus ou
ISP‐BV22‐198PCT Description moins fluide que ce soit un bain de bouche ou un gel. Ces compositions doivent donc contenir un milieu physiologiquement acceptable avec un pH adapté, c’est-à-dire compatible avec la muqueuse orale, la peau et les phanères, sans risque d’inconfort lors de leur application et couvrent toutes les formes cosmétiques adaptées. [0082] A titre de milieu physiologiquement acceptable communément utilisé dans le domaine d'application envisagé, on peut citer par exemple des adjuvants nécessaires à la formulation, tels que des solvants, des épaississants, des diluants, des antioxydants, des conservateurs, des parfums, des absorbeurs d’odeur, etc. [0083] Dans tous les cas, l'homme de métier veillera à ce que ces adjuvants ainsi que leurs proportions soient choisis de telle manière à ne pas nuire aux propriétés avantageuses recherchées de la composition selon l’invention. Ces adjuvants peuvent, par exemple, correspondre à 0,1 à 25 % du poids total de la composition. Lorsque la composition selon l’invention est un gel, l’agent épaississant peut représenter de 10 à 25 % en poids et de préférence de 20 à 25 % en poids par rapport au poids total de la composition. Utilisations des compositions comprenant un extrait de fleurs de Crocus sativus [0084] L’invention a pour troisième objet l’utilisation non thérapeutique de la composition pour l’hygiène buccale. [0085] Ce mode de réalisation particulier de l’invention, concerne un sujet ayant des muqueuses buccales saines et souhaitant y appliquer des soins pour prévenir l’apparition de pathologies de type parodontite ou gingivite ou protéger sa cavité buccale et notamment ses gencives. [0086] Un quatrième aspect de l’invention est une composition comprenant l’extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention pour son utilisation thérapeutique pour la prévention ou le traitement des affections de la cavité buccale. [0087] Dans ce mode de réalisation de l’invention l’application est de préférence une application par voie topique. [0088] Dans un mode de réalisation particulier, les affections de la cavité buccale concernées sont les saignements, l’inflammation, la récession gingivale, le déchaussement dentaire ou la perte de substance conjonctivale associés aux parodontites et aux gingivites.
ISP‐BV22‐198PCT Description [0089] La présente invention a pour objet de fournir un nouvel ingrédient actif capable de cibler l’activité de l’enzyme gingipaïne, afin de limiter spécifiquement l’activité de la bactérie Porphyromonas gingivalis tout en préservant le microbiome oral. [0090] Dans un mode de réalisation particulier, les affections de la cavité buccale concernées sont les parodontites et/ou les gingivites, lorsque ces pathologies sont provoquées par la bactérie Porphyromonas gingivalis. [0091] La spécificité du potentiel antibactérien d’une composition comprenant l’extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention, jusqu’à une concentration de 10% (v/v), a été testée en utilisant les bactéries commensales Streptococcus mutans et Streptococcus gordoni. Aucune inhibition de croissance de ces deux souches bactériennes n’a été observée. [0092] La spécificité de l’inhibition de l’activité gingipaïne a été évaluée en mesurant l’activité collagénase de la gingipaïne en présence de l’extrait de Crocus sativus de l’invention à 1%. Aucune réduction d'activité collagénase n'a été observée. [0093] L’extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention a été testé sur certains marqueurs biologiques associés à la virulence de la bactérie Porphyromonas gingivalis, aux mécanismes de lyse cellulaire ainsi qu’à la réponse inflammatoire. [0094] L’extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention a démontré son efficacité dans l’inhibition de l’activité des gingipaïnes sécrétées par Porphyromonas gingivalis et plus particulièrement les gingipaïnes spécifiques de l’arginine. [0095] L’invention a ainsi encore pour objet une composition comprenant un extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention pour son utilisation thérapeutique dans laquelle les enzymes gingipaïnes et plus particulièrement les enzymes gingipaïnes spécifiques de l’arginine sont inhibées. [0096] L’inhibition de l’activité des enzymes gingipaïnes sur le tissu gingival permet de limiter la destruction de l’épithélium gingival et de la matrice conjonctivale. [0097] L’extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention a également démontré son efficacité sur la prévention de la lyse des globules rouges. [0098] L’extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention a également démontré son efficacité sur l’orientation et l’augmentation de la réponse anti-inflammatoire.
ISP‐BV22‐198PCT Description [0099] L’extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention a également une action anti-saignement, démontrée par une activité anti hémolytique sur des hématies humaines. [0100] L’extrait de fleurs de Crocus sativus de l’invention a permis une augmentation du recrutement des macrophages impliqués dans la réponse anti inflammatoire, et en particulier les macrophages de type M2. Exemples [0101] A titre illustratif, des exemples de mode de réalisation du procédé selon l’invention sont décrits ci-dessous. Exemple 1 : Préparation d’un extrait de fleurs de Crocus sativus Procédé d’extraction [0102] Dans une première étape a), 25g de fleurs Crocus sativus dépourvues de pistils et séchées sont broyées puis mélangées à 975 g d’un mélange d’eau distillée et propanediol à un ratio de 70/30%, soit 2,5 % de matière première engagée dans le procédé et 97,5 % du mélange eau/propanediol pour un poids total de 1 kg. [0103] b) Le mélange est mis sous agitation douce pendant une heure à une température de 45°C afin que le processus de macération se déroule. [0104] c) Le mélange obtenu en b) est ensuite purifié par centrifugation à 4000g pendant 10 min, de manière à sédimenter la matière végétale résiduelle dans le culot et récolter le surnageant. [0105] d) On réalise une clarification du surnageant obtenu à l’étape précédente par des étapes de filtrations séquentielles au moins six filtrations de porosité décroissante allant de 30 à 0.2μm. [0106] e) Une dernière étape de filtration stérilisante est réalisée à 0,22μm. [0107] f) Le pH est mesuré mais ne doit pas être ajusté. [0108] L’extrait de fleur de Crocus sativus ainsi obtenu est caractérisé par une couleur ambrée à ambrée foncée, présentant une consistance légèrement visqueuse et opalescente pour une densité de 1.03 g/cm
3 dont le pH est à 5,7 Cet extrait a été analysé par des méthodes standards et contient une quantité
ISP‐BV22‐198PCT Description de matière sèche de 12 g/Kg, un taux de sucre à 8,7g/kg, des acides aminés à 0,55 g/kg, des composés phénoliques de 0,85 g/kg et des protéines de 4,5 g/kg. Caractérisation de l’extrait de fleurs de Crocus sativus [0109] Les analyses ont été réalisées sur plusieurs extraits afin d’établir une gamme de concentration pour chaque molécule analysée. Méthodes utilisées : [0110] La composition globale de l’extrait est présentée dans le tableau 1. [0111] Le poids sec de l’extrait a été mesuré après évaporation (12h d’étuvage à 105°C). [0112] La teneur totale en sucres a été mesurée par la méthode suivante : dissolution de l’extrait dans l'acide sulfurique concentré puis réaction avec du phénol pour former un complexe coloré. L'absorbance du complexe est mesurée par spectrophotométrie à 490 nm. La teneur en sucre est déterminée à l'aide d'une courbe standard de glucose. [0113] La teneur en acides aminés libres de l'extrait a été évaluée par la méthode suivante : rupture des fonctions amine et carboxylique par le réactif ninhydrine. L'absorbance du complexe coloré est mesurée par spectrophotométrie à 570 nm. La quantification est déterminée en utilisant une courbe standard réalisée à partir d’un pool d'acides aminés [0114] La teneur totale en composés phénoliques a été évaluée par la méthode suivante : réduction de l’extrait par le réactif de Folin-Ciocalteu et mesure spectophotométrique à 760 nm. La quantification des molécules phénoliques est effectuée à l'aide d'une courbe standard d'acide gallique. [0115] La teneur en protéines a été évaluée par la méthode suivante : réaction colorimétrique par le réactif de Biuret combiné au réactif de Folin et Ciocalteu et mesure spectrophotométrique à 550nm. La quantification est effectuée à l'aide d'une courbe standard de BSA (Bovine Sérum Albumine). [0116] [Tableau 1] Extrait de fleurs de Crocus sativus

ISP‐BV22‐198PCT Description Acide aminés libres (mg/kg) 350 - 550
e ecu e pa a ayse c o aogap que qu e aue pe o a ce , couplée à un spectromètre de masse ACQUITY Qda (WATERS) équipé d’une sonde electrospray en mode négatif. Les échantillons ont été séparés sur une colonne Luna Omega SUGAR 100A 3μm (150x4,6 mm) (Phenomenex: H21- 180323) par un système HPLC Agilent 1260 (Agilent Technologies). Le débit était de 0,8 ml / min. Les phases mobiles consistaient en une solution aqueuse 20 mmol d’acétate d’ammonium et 95/5 (ACN/H20) 20 mmol acétate d’ammonium. [0118] [Tableau 2] Glucose X lit l /K F t /K

e a a e ecu e pa c o aogap e qu e coup e u eceu UV fixé à la longueur d’onde 254nm. Les échantillons sont séparés sur une colonne Uptisphere Strategy C18-25μm (250 x4.6 mm) US5C182-250/046 (Interchim: UE2.6AQ-100/046). Le débit était de 1mL/min. Les phases mobiles consistaient en une solution d’acide phosphorique (H3PO4) à 0,1 % et d’acétonitrile. Les échantillons et standards sont dérivés avec du phenylisothiocyanate.
ISP‐BV22‐198PCT Description [0120] [Tableau 3] H
istidine Arginine Sérine Glycine Acide Thréonine Proline Alanine Valine ( m) ( m) ( m) ( m) Glutami ue ( m) ( m) ( m) ( m)
qu e aue pe o a ce coup e u eceu . es échantillons sont séparés sur une colonne Uptisphere CS evolution 100 mm x 4.6 mm x 2.6 μm (Interchim, UE2-6AQ-100046) par un système Agilent 1200 (Agilent technologies). Le débit était de 0.8mL/min. Les phases mobiles consistaient en une solution d'acide trifluoroacétique (TFA) à 0,1 % et de méthanol. [0122] [Tableau 4] Kaempférol Kaempférol Quercétine diglucoside ée
pa a ayse c o aogap que qu e aue pe o a ce, coup e u spectromètre de masse ACQUITY Qda (WATERS) équipé une source d’ions électrospray en mode négatif. Les échantillons ont été séparés sur une colonne EC 150 / 4,6 Nucleoshell RP 18plus-5μm (150x4,6 mm) (Macherey Nagel : 763236.46) par un système HPLC Agilent 1260 (Agilent Technologies). Le débit était de 0,3 ml / min. Les phases mobiles consistaient en une solution d'acide formique (HCOOH) à 0,01 % et d'acétonitrile.