DESCRI PTION
TITRE : DISPOSITI F PYROTECHN IQU E AVEC BOITI ER
PLASTIQUE
[0001] La présente invention concerne de manière générale un dispositif pyrotechnique, par exemple un interrupteur pyrotechnique, destiné à être monté sur un véhicule automobile.
[0002] Il est connu dans l’art antérieur des dispositifs pyrotechniques formant un interrupteur (pour ouvrir ou fermer un circuit électrique d'un véhicule automobile, tel qu'un circuit de haute puissance), avec par exemple un boîtier en matière plastique. Un tel dispositif est divulgué par exemple dans le document FR3017240. Cependant, un tel boîtier en matière plastique peut apporter des contraintes ou limitations en termes de géométrie et/ou de résistance mécanique. En effet, il peut être difficile de prévoir des formes complexes car ces dernières ne sont pas aisées à fabriquer avec un procédé d'injection-moulage. Le document EP0936648A2 divulgue un interrupteur pyrotechnique avec un boîtier métallique, un corps de boîtier en résine synthétique et un revêtement en résine synthétique. Le document EP0929090A2 divulgue un coupe circuit pyrotechnique avec une équerre support rivetée sur une partie de boîtier.
[0003] De plus, en raisons des pressions internes, il faut également prévoir une matière plastique résistante, qui peut par exemple poser des problèmes pour être injectée dans un moule avec des formes complexes. En effet, les conditions d’injection des matières plastiques sont différentes les unes des autres engendre des contraintes d’injections spécifiques. De plus une première matière plastique plus résistante mécaniquement qu’une deuxième matière plastique ne permettra pas nécessaire d’obtenir des formes plus facilement réalisables avec la deuxième matière plastique.
[0004] Un but de la présente invention est de répondre aux inconvénients des documents de l’art antérieur mentionnés ci-dessus et en particulier, tout d'abord, de proposer un dispositif pyrotechnique tel qu'un interrupteur ou contacteur pyrotechnique, qui présente un boîtier en matière plastique robuste, répondant aux contraintes liées à la gestion d’un courant électrique et avec cependant des formes ou une géométrie complexes.
[0005] Pour cela un premier aspect de l'invention concerne un interrupteur pyrotechnique comprenant :
- un boîtier, formé par une première partie de boîtier assemblée avec une deuxième partie de boîtier ;
- au moins un actionneur pyrotechnique agencé dans le boîtier ;
dans lequel au moins l'une de la première partie de boîtier ou de la deuxième partie de boîtier comprend un renfort métallique et un corps plastique surmoulé sur le renfort métallique,
caractérisé en ce que le corps plastique comprend :
- une première portion réalisée dans une première matière plastique,
- une deuxième portion, réalisée dans une deuxième matière plastique.
[0006] L'interrupteur selon la mise en œuvre ci-dessus comprend au moins une partie de boîtier plastique bi-matière, ce qui permet de conjuguer les avantages de chaque matière pour fabriquer un boîtier ou une partie de boîtier qui puisse tout à la fois offrir une bonne résistance mécanique et/ou électrique dans des zones exposées à des efforts ou des contraintes mécaniques importants, et aussi des zones avec des géométries complexes et précises, là où une précision est imposées en raison par exemple d'assemblages ou de liaisons avec des pièces environnantes. Le fait d’utiliser plusieurs matières plastiques permet de réaliser la partie de boîtier en plusieurs injections. Cela permet d’utiliser des presses plus petites et d’être plus flexible pour s’adapter aux besoins du client lorsque le boîtier comprend une interface de connexion que le client souhaite personnaliser. Enfin, lorsque le boîtier comprend un actionneur pyrotechnique, cela permet de pouvoir injecter le
boîtier chez différents fournisseurs ; cela peut s’avérer utile car la manipulation d’actionneurs pyrotechniques peut nécessiter des habilitations de sécurité spécifiques. Le corps plastique est surmoulé sur le renfort métallique, il s'agit de fondre ou mouler une pièce (ici le corps plastique) sur une autre pièce (le renfort métallique) déjà existante. L'invention porte donc sur un corps plastique obtenu par une opération de moulage de la matière plastique sous forme liquide dans un moule, sur ou autour du renfort métallique pré-positionné dans le moule. Typiquement, le surmoulage est réalisé par injection sous pression.
[0007] De manière plus générale, l'invention concerne un dispositif pyrotechnique formant un interrupteur et/ou un contacteur, et comprenant :
- un boîtier, formé par une première partie de boîtier assemblée avec une deuxième partie de boîtier ;
- au moins un actionneur pyrotechnique agencé dans le boîtier ;
dans lequel au moins l'une de la première partie de boîtier ou de la deuxième partie de boîtier comprend un renfort métallique et un corps plastique surmoulé sur le renfort métallique,
caractérisé en ce que le corps plastique comprend :
- une première portion réalisée dans une première matière plastique,
- une deuxième portion, réalisée dans une deuxième matière plastique.
[0008] Au moins une partie de boîtier du dispositif (de l'interrupteur) pyrotechnique est constituée d’un renfort métallique, et de deux portions réalisées en matières plastiques différentes. Cela permet de choisir des matières adaptées aux fonctions et géométries locales de chaque zone de la partie de boîtier concernée.
[0009] Avantageusement, l'interrupteur comprend une frontière agencée entre la première portion et la deuxième portion. On appelle ici frontière une interface, zone de liaison, zone de raccordement, limite ou interface de moulage où se joignent première et deuxième matière. Positionner cette frontière au niveau de l’épaulement, qui agit comme une rigidification,
permet de limiter les risques de décohésion, tout en facilitant les opérations de moulage, en procurant des zones planes pour la fermeture des moules d’injection.
[0010] Avantageusement la première matière plastique et la deuxième matière plastique sont interconnectées au niveau de la frontière. L’interconnexion de deux matières plastique permet de limiter l’ouverture qui pourrait apparaître au niveau de la frontière du fait des dilatations différentielles des deux matières. L’interconnexion peut se faire grâce à des formes complémentaires imbriquées de la première matière plastique dans la deuxième matière plastique. Typiquement, les formes complémentaires peuvent avoir des formes en contre dépouille, avec par exemple la forme de queues d’aronde le long de la frontière.
[001 1] Avantageusement la première matière plastique recouvre au moins une partie de la deuxième matière plastique. Le recouvrement évite d’exposer le renfort en cas de dilatations différentielles des matières plastiques. Lorsqu’il n’y a pas d’interconnexion des deux matières plastique, la déformation de l’une n’entraine pas la déformation de l’autre.
[0012] Avantageusement, l’une de la première portion ou de la deuxième portion présente au niveau de la frontière au moins une surface d'appui avec une périphérie continue, pour procurer un appui continu à un moule de fabrication de l'autre de la première portion ou de la deuxième portion. Une telle périphérie continue (sans évidements ni chemins de fuite) permet de procurer une interface d'accostage étanche pour le moule de fabrication prévu pour l'étape de moulage à suivre. [0013] Autrement dit encore, l'invention propose un procédé de fabrication d'un interrupteur pyrotechnique bi-matière,
avec une première étape d'injection moulage d'une première portion avec une matière plastique, de sorte à fabriquer au moins une surface d'appui continue, et avec une deuxième étape d'injection moulage qui comprend une phase d'accostage du moule de fabrication sur ladite au moins une surface d'appui,
et maintien de ce contact pour garantir une absence de fuites lors de la deuxième étape de moulage. Cela permet de simplifier les opérations et outillages de fabrication.
[0014] En particulier, une surface extérieure de la première portion est affleurante, ou alignée, ou de même niveau avec une surface extérieure de la deuxième portion au niveau de la frontière.
[0015] Avantageusement, deux surfaces extérieures de la première portion sont affleurantes ou alignées, ou de même niveau, respectivement avec deux surfaces extérieures de la deuxième portion au niveau de la frontière, les deux surfaces des deux portions étant situées de part et d’autre du renfort métallique. Autrement, dit, de part et d'autre de la frontière, les surfaces sont au même niveau, en continuité.
[0016] Avantageusement, le renfort métallique est surmoulé des deux côtés, et la frontière entre la première portion et la deuxième portion, agencée d'un côté du renfort métallique est décalée par rapport à la frontière entre la première portion et la deuxième portion, agencée de l'autre côté du renfort métallique. En d'autres termes, il existe un décalage de la frontière entre les deux côtés du renfort métallique, de sorte à encore rigidifier l'ensemble, notamment en flexion, et à limiter le risque de délaminage.
[0017] Avantageusement, le renfort métallique est surmoulé des deux côtés par la première matière et/ou par la deuxième matière.
[0018] Avantageusement, la frontière entre la première portion et la deuxième portion est une zone où la première matière plastique est jointive avec la deuxième matière plastique.
[0019] Avantageusement, l'interrupteur pyrotechnique comprend une pièce mobile, logée dans une interface de guidage réalisée dans l'une de la première portion ou de la deuxième portion, et la frontière entre la première portion et la deuxième portion est distincte et/ou séparée de la portion de guidage. Une telle séparation permet de garantir un bon guidage (effectué
donc toujours sur une même matière continue), et évite tout endommagement de la jointure entre les matières par la pièce mobile.
[0020] Avantageusement, la première portion présente une paroi interne agencée pour être exposée ou située à proximité d‘un arc électrique lors du fonctionnement de l'actionneur pyrotechnique, une partie de la première matière plastique étant agencée pour être retirée par ablation. La première matière plastique, exposée à ou agencée à proximité de l'arc électrique peut être au moins partiellement érodée ou retirée par ablation par l'atmosphère et/ou l'arc électrique, ce qui augmente la tension d'arc et contribue à supprimer, limiter l’arc électrique.
[0021] Avantageusement, la première matière plastique est choisie parmi du Polyphthalamide (PPA), du polyoxyméthylène (POM), du poly(méthacrylate de méthyle) (PMMA).
[0022] Avantageusement, la deuxième portion comprend une interface de connexion agencée pour recevoir un connecteur électrique destiné à connecter l'actionneur pyrotechnique à un circuit de commande.
[0023] Avantageusement, la deuxième matière plastique est choisie parmi du polyamide (PA, PA6, PA6-12, PA6-6), et comprend entre 10% et 50% en masse de fibres de renforcement, par exemple en verre. Une telle matière (du polyamide, autrement appelé Nylon) est bien adaptée pour réaliser par moulage des formes complexes, typiques d'une interface de connexion, avec des gorges et rainures nécessitant des moules de fabrication complexes.
[0024] Avantageusement, le renfort métallique comprend une pluralité d'ouvertures de surmoulage, de sorte à permettre un surmoulage du corps plastique des deux côtés du renfort métallique, et une continuité de matière du corps plastique au travers des ouvertures de surmoulage. Le corps plastique est alors bien ancré sur le renfort métallique, et le procédé et moule d'injection moulage simplifiés.
[0025] Avantageusement, une première pluralité d’ouvertures de surmoulage est agencée au niveau de la première portion, et une deuxième pluralité d'ouvertures de surmoulage est agencée au niveau de la deuxième portion. [0026] Avantageusement, le renfort métallique comprend au moins une portion cylindrique délimitée par un épaulement, et la frontière est située au niveau de l'épaulement. Le positionnement de la frontière au niveau de l’épaulement implique qu’une même matière plastique est présente de part et d’autre de rayon de connexion entre l’épaulement et le reste du renfort. Ainsi, la résistance de la partie de boîtier comprenant deux matières plastique est renforcée.
[0027] Avantageusement, l’épaulement est exempt d’ouvertures.
Un tel épaulement en matière pleine procure une bonne résistance à la déformation, ce qui limite notablement les risques de rupture, fissures, fuites en fonctionnement, lorsque l'actionneur pyrotechnique est mis à feu et génère des pressions élevées (quelques dizaines de bars ou plus).
[0028] Avantageusement, l'épaulement est plan.
[0029] Avantageusement, la frontière entre la première portion et la deuxième portion est agencée au niveau de l'épaulement. [0030] Avantageusement, l'actionneur pyrotechnique est surmoulé dans la première matière plastique.
[0031] Avantageusement, le renfort métallique comprend un épaulement terminal définissant un trou central, l'actionneur pyrotechnique étant agencé dans le trou central, et l'épaulement terminal est dépourvu d'autres évidements. Autrement dit, l'épaulement terminal au niveau duquel est surmoulé l'allumeur est prévu en tôle pleine, sans trous ni évidements de passage pour la matière plastique, de sorte à garantir une bonne retenue
[0032] Avantageusement, l'autre de la première partie de boîtier ou de la deuxième partie de boîtier est une pièce complètement plastique, réalisée dans la deuxième matière plastique.
[0033] Avantageusement, l'interrupteur pyrotechnique comprend des rivets, dans lequel la première partie de boîtier est fixée sur la deuxième partie de boîtier avec les rivets, et dans lequel le renfort métallique comprend des trous de passage pour les rivets.
[0034] Avantageusement, l'interrupteur pyrotechnique comprend un conducteur électrique pris en sandwich entre la première partie de boîtier et la deuxième partie de boîtier.
[0035] Avantageusement, le renfort métallique est au moins partiellement agencé sur l'extérieur, ce qui simplifie le procédé de surmoulage (la matière plastique est agencée d'un seul côté du renfort métallique).
[0036] Avantageusement, le renfort métallique comprend des formes en saille ou en creux, telles que des bosses ou des renfoncements, de sorte à augmenter la résistance au décollement, délaminage ou glissement (translation, rotation) entre le renfort métallique et les matières plastiques surmoulées.
[0037] Un deuxième aspect de l'invention concerne un dispositif de sécurité automobile, comprenant un interrupteur pyrotechnique selon le premier aspect de l'invention.
[0038] Un troisième aspect de l'invention concerne un véhicule automobile, comprenant au moins un interrupteur pyrotechnique selon le premier aspect de l'invention. [0039] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description détaillée qui suit d'un mode de réalisation de l'invention donné à titre d'exemple nullement limitatif et illustré par les dessins annexés, dans lesquels :
[figure 1] représente une vue en perspective d’un dispositif pyrotechnique selon l’invention ;
[figure 2] représente une vue en coupe du dispositif pyrotechnique de la figure 1 ;
- [figure 3] représente une autre vue en coupe du dispositif de la figure 1 ;
[figure 4] représente une vue d’un renfort métallique du dispositif de la figure 1
[figure 5] représente une coupe d'une partie du boîtier du dispositif pyrotechnique de la figure 1 , à un premier stade de fabrication ;
[figure 6] représente une coupe d'une partie du boîtier du dispositif pyrotechnique de la figure 1 , à un deuxième stade de fabrication ;
[figure 7] représente une alternative de fabrication du dispositif pyrotechnique de la figure 1 ;
- [figure 8] représente un détail de la figure 6, selon une mise en oeuvre particulière ;
[figure 9] représente une coupe de la figure 8 pour montrer une autre mise en œuvre particulière.
[0040] La figure 1 représente une vue en perspective d’un dispositif pyrotechnique selon l’invention, comprenant un boîtier 10 formé par une première partie de boîtier 11 et une deuxième partie de boîtier 12. Un conducteur électrique 20 est pris en sandwich entre la première partie de boîtier 1 1 et la deuxième partie de boîtier 12.
[0041] La partie inférieure de la figure 1 montre une interface de connexion 31 d’un actionneur pyrotechnique 32 qui est installé dans le boîtier 10 et montré figure 3.
[0042] Cette figure 3 montre la structure interne du dispositif pyrotechnique, agencé ici comme un interrupteur prévu pour couper le conducteur électrique 20 en cas de besoin (coupure du circuit d’alimentation du véhicule en cas d’accident par exemple).
[0043] A cet effet, le conducteur électrique 20 porte une pièce de guidage 21 surmoulée, qui forme un alésage dans lequel un poinçon 33 est placé, et qui forme avec la deuxième partie de boîtier 12 une chambre de combustion C en regard de l’actionneur pyrotechnique 32 (ici un allumeur électro pyrotechnique, mais on peut envisager un relais pyrotechnique additionnel si besoin). Sur la figure 3, le poinçon 33 est dans une position de repos.
[0044] La première partie de boîtier 11 comprend en regard du poinçon 33 et de l’autre côté du conducteur électrique 20 une contre forme 34 que l’on peut considérer comme une enclume ou une matrice.
[0045] Lorsqu’il est nécessaire de couper le conducteur électrique 20, l’actionneur pyrotechnique 32 est mis à feu, ce qui provoque une forte montée en pression dans la chambre de combustion, si bien que le poinçon 33, est poussé vers le haut de la figure 3 selon un mouvement de translation depuis la position de repos vers une position finale dans laquelle le conducteur électrique 20 a été coupé.
[0046] En considérant que le dispositif pyrotechnique est prévu pour pouvoir fonctionner même après plusieurs années de durée de vie, et qu’en fonctionnement, des pressions de plusieurs dizaines de bars ou plus sont prévues, il est prévu des moyens d’étanchéité entre la première partie de boîtier 11 , la deuxième partie de boîtier 12, la pièce de guidage 21 , avec selon l’exemple représenté des joints 13 et 14. Il est également prévu un joint d’étanchéité 15 entre le poinçon 33 et la deuxième partie de boîtier 12.
[0047] On comprend qu’il faut alors garantir une bonne fixation entre la première partie de boîtier 1 1 et la deuxième partie de boîtier 12. Cependant, pour garantir une bonne isolation électrique, il faut aussi prévoir que le boîtier 10 ne conduise pas l’électricité entre le conducteur électrique 20 et la masse du véhicule par exemple. Pour satisfaire cette dernière condition, chaque partie de boîtier 1 1 et 12 présente un corps plastique C1 ou C2. Pour satisfaire la condition de fixation, il est prévu de riveter les parties de boîtier 11
et 12 ensemble, à l’aide de rivets 40 visibles figures 1 et 2. Avant assemblage du boîtier, et ce pour garantir un maintien efficace du conducteur électrique 20 et une étanchéité du dispositif, la première partie de boîtier 11 et la deuxième partie de boîtier 12 ne sont pas en contact.
[0048] La figure 2 représente une coupe au niveau des rivets 40, pour illustrer l’assemblage. En particulier, il est prévu d’agencer dans la deuxième partie de boîtier 12 un renfort métallique 16, de sorte à limiter les contraintes sur le corps plastique de cette deuxième partie de boîtier 12.
[0049] Les rivets 40 sont des rivets épaulés. C’est-à-dire qu'avant rivetage, ils présentent une embase 40E et un corps cylindrique, de sorte à pouvoir être insérés dans chaque partie de boîtier 11 et 12 qui présente une ouverture de passage pour les rivets 40. Ensuite, chaque rivet 40 est déformé au niveau de sa tête 40T pour finaliser l'assemblage, garantir l'étanchéité du dispositif et empêcher tout démontage ultérieur. Selon cette mise en oeuvre, les têtes 40T sont noyées sous ou affleurant à la surface de la deuxième partie de boîtier 12.
[0050] En pratique lors de cette opération de rivetage, l'embase 40 E de chaque rivet 40 est mise en appui sur un outillage de base, et une bouterolle (outil de rivetage) mobile selon un mouvement particulier pour être au moins momentanément inclinée par rapport à l'axe du rivet 40 est mise en contact sur la tête 40T du rivet 40 pour lui appliquer un effort vertical, de sorte à écraser et dilater la tête 40T par déformation plastique au cours du mouvement de rotation et/ou d'oscillation de la bouterolle.
[0051] L’opération de rivetage conduit à déformer la tête 40T de sorte à garantir un arrêt axial de la deuxième partie de boîtier 12, sans pour autant déformer toute la partie cylindrique du rivet 40, notamment au niveau de l'embase 40E.
[0052] Comme on le voit figure 2, le corps plastique C2 de la deuxième partie de boîtier 12 présente une ouverture de passage plus large que celle du renfort métallique 16, si bien que le rivet 40, au niveau de la tête
40E, ne touche la deuxième partie de boîtier 12 que via le renfort métallique 16. En conséquence, aucun effort radial n'est exercé par le rivet 40 sur le corps plastique C2. Les risques de fissure, rupture, endommagement du pastique sont donc évités. En d'autres termes, le diamètre de passage pour le rivet 40 dans les corps plastiques Ci et C2 sont supérieurs au diamètre de passage dans le renfort métallique 16.
[0053] Cette mise en oeuvre garantit que le rivet 40 ne touche la deuxième partie de boîtier 12 que via le renfort métallique 16, et un gonflement du diamètre de sa tige ne conduit pas à un contact du rivet 40 avec l'un ou l'autre des corps plastiques C1 ou C2.
[0054] De plus, comme le rivet 40 n'est pas déformé au niveau de son embase 40E, il n'est pas nécessaire de prévoir de renfort métallique dans la première partie de boîtier 1 1 pour résister à l’opération de rivetage, selon une mise en œuvre préférée et optionnelle. La première partie de boîtier se compose donc seulement d'un corps plastique C1 selon cette mise en œuvre.
[0055] La figure 4 montre un exemple de renfort métallique 16, qui comporte des trous 16T (visibles figure 4, 5 et 6), pour permettre une continuité de la matière plastique du corps plastique C2 de la deuxième partie de boîtier 12, afin de faciliter l'opération de surmoulage et obtenir un corps plastique C2 solide.
[0056] Le renfort métallique 16 peut être réalisé en acier d'emboutissage du type DC04 - 1.0338 (Re : 210-220 MPa, Rm : 270- 350MPa, A%>38%). [0057] Le corps plastique C1 de la première partie de boîtier 11 peut être en polymère, tel que du polyamide (PA, PA6.6, PA6.12), ou du Polyoxyméthylène (POM), éventuellement chargé avec des fibres de renforcement, telles que des fibres de verre, par exemple en proportion de 25% à 35% en poids. Les rivets 40 peuvent être en acier, en cuivre, en
aluminium avec un allongement avant rupture important (A% > 20% par exemple).
[0058] Quant à la deuxième partie de boîtier 12, elle est composée de deux matières plastiques : une première portion 12a en première matière plastique et une deuxième portion 12B en deuxième matière plastique.
[0059] L'interface de connexion 31 est donc réalisée dans la deuxième portion 12B de la deuxième partie de boîtier 12 qui est fabriquée avec la deuxième matière plastique , et on peut utiliser par exemple du polyamide (PA, PA6, PA6-12, PA6-6), et comprend entre 10% et 50% en masse de fibres de renforcement, par exemple en verre. En particulier, on peut choisir du polyamide PA6 avec 30% de fibre de verre en masse. En conséquence, on peut prévoir des formes (gorges, évidements) de petites dimensions et toutefois précises au niveau de l'interface de connexion 31 , la deuxième matière plastique choisie étant aisée à injecter dans des moules avec des formes complexes. De plus, la deuxième matière choisie pourra également résister correctement aux pressions présentes dans la chambre de combustion C en raison des fibres de renforcement ajoutées.
[0060] Par ailleurs, la première portion 12A de la deuxième partie de boîtier 12 qui est fabriquée avec la première matière plastique peut être destinée à être exposée en cours de fonctionnement de l'interrupteur à un milieu dans lequel un arc électrique est formé. Selon un tel cas de figure, une partie de la première matière plastique est agencée pour être retirée par ablation, et la première matière plastique est choisie parmi du Polyphthalamide (PPA), du polyoxyméthylène (POM), du poly(méthacrylate de méthyle) (PMMA).
[0061] On voit figure 5 la deuxième partie de boîtier 12 après une première opération de moulage par injection au cours de laquelle la première portion 12A a été injectée-moulée avec la première matière plastique.
[0062] La figure 6 représente la deuxième partie de boîtier 12 après une deuxième opération de moulage par injection au cours de laquelle
la deuxième portion 12B a été injectée-moulée avec la deuxième matière plastique.
[0063] On voit également figure 5 que la première matière plastique est moulée jusqu'au niveau d'un épaulement du renfort métallique 16, avec un décalage d'une frontière F entre les deux côtés du renfort métallique 16. En effet, une frontière inférieure Fi (du côté inférieur du renfort métallique 16 sur la figure 5) présente un diamètre intérieur plus faible qu'une frontière supérieure Fs, de l'autre côté. La construction apporte plusieurs avantages. En effet, l'épaulement du renfort métallique 16 est exempt de trous, et en combinaison avec le décalage de la frontière, cela permet de procurer une bonne rigidité de la deuxième partie de boîtier 12, et de faibles déformations. Cela limite les risques de rupture, délaminage, et fissurations.
[0064] On peut aussi mentionner que le moule de fabrication pour la deuxième opération de moulage injection de la deuxième matière plastique peut prendre appui sur les surfaces 12As et/ou 12Ai de la première matière plastique, au niveau de la frontière F, ce qui simplifie aussi la fabrication.
[0065] Par ailleurs, la figure 8 représente plus particulièrement le détail A illustré à la figure 6 correspondant à une mise en œuvre particulière de l'interface entre la première et la deuxième portion 12A et 12B respectivement. En effet, pour éviter toute exposition à l’extérieur du renfort métallique 16, il peut être avantageux de prévoir un recouvrement des matières, au niveau par exemple de la frontière inférieure Fi. En effet, la figure 8 montre un retour Re de la deuxième matière plastique, au dessous de la première matière plastique, ce qui évite de découvrir le renfort métallique 16, même en cas de dilatation différentielle des matières plastiques. Pour encore améliorer la tenue mécanique entre ces deux portions, il peut être avantageux de prévoir en plus une imbrication des matières. L’imbrication et le recouvrement pouvant être combinés ou pas en fonctions des besoins.
[0066] De plus, la figure 9 montre une coupe dans le plan l-l e la figure 8, pour montrer une mise en œuvre particulière d’imbrication des
matières. En effet, on voit figure 9 que les deux matières plastiques sont imbriquées l'une dans l'autre, avec des contre dépouilles au niveau de la frontière inférieure Fi. Sur la figure 9, les formes complémentaires ont une silhouette ou une section de dent cylindrique, mais on peut prévoir des formes rectilignes en queue d'aronde par exemple. Cette mise en œuvre augmente la tenue de la frontière ou de l'interface entre les deux matière et limite encore les risques de décohésion ou de délaminage. Dans le cas où une imbrication des matières est prévue sans le recouvrement, les formes complémentaires pourront être visibles si elles sont agencées sur toute l’épaisseur des matières plastiques.
[0067] En ce qui concerne le renfort métallique 16, ce dernier comporte des trous 16T visibles figures 4, 5 et 7 qui comprennent des trous 16T1 et 16T2 chacun dédiés à permettre une continuité respectivement de la première matière plastique et de la deuxième matière plastique enfin, le renfort métallique 16 comprend dans sa partie inférieure représentée figure 6 un épaulement 16E avec un trou de passage 16P pour l'actionneur pyrotechnique 32 (visible figure 3 et non figure 6 pour des raisons de clarté). L'épaulement 16E est exempt de trous ou évidements autre que le trou de passage 16P, de sorte à présenter une résistance adéquate aux efforts et contraintes présents dans cette zone lors du fonctionnement, en raison notamment des pressions dans la chambre de combustion C.
[0068] La figure 7 représente une alternative de fabrication, selon laquelle la deuxième matière plastique est injectée en premier. Cependant, la frontière F comprend toujours un décalage (Fs, Fi) entre les deux côtés du renfort métallique 16, et des surfaces d'appuis 12Bs, 12Bi avec un périmètre continu pour procurer un appui étanche au moule de fabrication pour l'opération de surmoulage à suivre.
[0069] On comprendra que diverses modifications et/ou améliorations évidentes pour l'homme du métier peuvent être apportées aux
différents modes de réalisation de l’invention décrits dans la présente description sans sortir du cadre de l'invention.