Procédé de centrage d'une paire de lentilles ophtalmiques dans des cercles d'une monture
Domaine technique auquel se rapporte l'invention La présente invention concerne de manière générale le montage de lentilles ophtalmiques sur une monture et en particulier le centrage desdites lentilles dans les cercles de la monture. Arrière-plan technologique Lors du montage d'une lentille ophtalmique sur une monture, il est important pour le confort visuel du porteur de s'assurer du positionnement convenable de la lentille par rapport à l'œil dont elle corrige un défaut de réfraction ou d'accommodation. Globalement, une lentille ophtalmique est centrée lorsque le centre optique (pour les lentilles unifocales) ou le centre de référence (pour les lentilles progressives) de la lentille ophtalmique prévu lors de la conception et le centre pupillaire de l'œil sont alignés ou, autrement formulé, lorsque la ligne de regard passe par le centre optique ou le centre de référence de la lentille ophtalmique. Le centrage résulte donc du rapprochement de deux données géométrico-optiques: la morphologie pupillaire du porteur et la position sur la lentille du centre optique ou du centre de référence. En ce qui concerne plus particulièrement les lentilles ophtalmiques à addition progressive de puissance, lors de sa fabrication, toute lentille progressive est munie de repères provisoires sous la forme d'un marquage à la peinture et de repères permanents sous la forme de gravures. Les repères provisoires permettent un centrage commode de la lentille préalablement à son montage. Les repères permanents permettent d'identifier, sur la monture du patient, la nature de la lentille ophtalmique progressive, la valeur de l'addition ainsi que de vérifier ou rétablir, après effacement des repères provisoires, le centrage exact de ladite lentille. On comprend en effet que les repères provisoires seront effacés par l'opticien avant la remise des lunettes à son client et ils pourront, au besoin, être rétablis à partir des repères permanents gravés qui restent sur la lentille ophtalmique. Parmi les repères provisoires d'une lentille progressive, on distingue une croix dite de montage ou centrage, matérialisant le centre de la zone de vision de
loin destinée à être positionnée au centre de la pupille du porteur quand celui-ci regarde à l'infini droit devant lui; elle permet de positionner en hauteur la progression de puissance de la lentille par rapport à l'œil, de telle sorte que le porteur trouve facilement, comme prévu par le concepteur de la lentille, la puissance correctrice dont il a besoin en vision de loin, en vision intermédiaire et en vision de près. Le centrage d'une lentille progressive comporte alors deux composantes: l'une verticale, l'autre horizontale. Le centrage vertical permet de positionner en hauteur la progression de puissance de la lentille devant l'œil, de telle manière que ce dernier puisse trouver facilement, comme prévu par le concepteur de la lentille, la puissance correctrice dont il a besoin. La puissance de la correction de vision de loin doit être atteinte sur l'axe de la position primaire du regard et la puissance de vision de près sur l'axe du regard lors de l'abaissement de celui-ci pour la vision de près. Ce centrage vertical s'effectue classiquement au moyen de la croix de centrage de vision de loin peinte à cet effet sur la lentille par le fabricant : il consiste à positionner la croix de centrage de la lentille devant le centre de la pupille de l'œil du patient regardant à l'infini. Dans la pratique, l'opticien mesure la hauteur entre le bas de la monture et le centre de la pupille du porteur regardant à l'horizontale et positionne la croix de centrage de la lentille à la hauteur mesurée. Le centrage horizontal consiste à positionner latéralement la lentille progressive par rapport à l'œil de manière à ce que le porteur puisse en utiliser de manière optimale les zones de vision de loin, de vision intermédiaire et de vision de près. Toutes les lentilles progressives possèdent, de construction, un positionnement relatif des zones de vision de loin et de vision de près, avec un décentrement nasal de la zone de vision de près par rapport à la zone de vision de loin. Le centrage horizontal de la lentille peut donc s'effectuer, soit par rapport à la vision de près, soit par rapport à la vision de loin, mais de manière usuelle ce centrage horizontal s'effectue par rapport à la vision de loin. Le centrage par rapport à la vision de loin consiste à mesurer les demi- écarts interpupillaires droit et gauche du patient regardant en vision de loin, c'est- à-dire les distances qui séparent la racine du nez du centre des pupilles (ou plus
précisément des reflets coméens) de l'œil droit et de l'œil gauche. Les croix de montage de vision de loin de la lentille de droite et de la lentille de gauche sont alors positionnées à ces distances du plan médian ou nasal de la monture. La lentille étant convenablement orientée autour de son axe optique ou central, avec les traits horizontaux (ou les cercles gravés) alignés suivant l'horizontale de la monture, la zone de vision de près se trouve, par la construction de la lentille, convenablement décentrée du côté nasal de 2 à 3 mm par rapport à la vision de loin. Afin de réaliser un montage optique correct, l'opticien effectue tout d'abord plusieurs mesures sur le porteur de lunettes à l'aide d'un appareil appelé « pupillomètre ». Avec cet appareil, l'opticien recueille plusieurs données parmi lesquelles : - l'écart interpupillaire qui représente la distance séparant les deux pupilles, - les demi-écarts interpupillaires qui représentent les distances séparant chaque pupille et le centre du nez de la monture portée par le porteur. L'opticien relève aussi la hauteur qui représente la distance, prise à la verticale de chaque pupille, séparant la pupille et le bord inférieur des cercles de la monture portée par le porteur. Cette hauteur peut être mesurée, soit à l'aide de lunettes de présentation possédant la monture choisie par le porteur et sur les lentilles desquelles l'emplacement des pupilles du porteur sont marquées au feutre puis mesurées au réglet, soit au moyen d'un système numérique de prise d'image et de traitement de cette image. Puis, l'opticien travaille chaque lentille ophtalmique individuellement pour la monter dans le cercle de la monture choisie. Ainsi, chaque lentille ophtalmique repérée soit par son centre optique soit par sa croix de montage ou de centrage est placée séquentiellement dans un appareil de meulage afin de réaliser un débordage de ladite lentille de sorte qu'une fois montée dans le cercle correspondant de la monture, la lentille ophtalmique soit correctement positionnée par rapport à la pupille du porteur comme cela a été décrit dans le détail précédemment. Cependant, il arrive parfois que le diamètre initial de la lentille ophtalmique soit légèrement trop petit pour être monté dans le cercle correspondant de la monture choisie par le porteur.
En d'autres termes, il arrive parfois que le diamètre de la lentille ophtalmique est tel que, lorsque l'opticien fait coïncider le centre optique ou de référence de ladite lentille avec la pupille du porteur, il crée un jour entre le bord du cercle considéré de la monture et le bord de ladite lentille. L'opticien modifie alors la position de la lentille ophtalmique dans le cercle de la monture pour éliminer tout point d'intersection entre son bord et celui du cercle de la monture, mais il modifie de ce fait soit la hauteur de centrage desdites lentilles ophtalmiques montées dans la monture, soit l'écart interpupillaire entre lesdites lentilles ophtalmiques. La modification de la hauteur et ou de l'écart interpupillaire des lentilles ophtalmiques montées a pour effet de créer un prisme qui doit rester faible afin d'être supporté par le porteur de lunettes. En particulier, la modification de la hauteur des lentilles ophtalmiques a pour effet d'obliger le porteur à baisser ou à lever légèrement le regard lorsqu'il regarde à l'infini. En outre, si l'écart interpupillaire entre lesdites lentilles ophtalmiques montées n'est pas respecté, le porteur est obligé de converger ou de diverger légèrement le regard lorsqu'il regarde à l'infini. Objet de l'invention Le but de la présente invention est de réaliser aisément le montage correct de lentilles ophtalmiques dans les cercles d'une monture dont au moins une présente un diamètre trop petit pour être montée dans ladite monture en minimisant voir en annulant le prisme total. À cet effet, selon l'invention, il est proposé un procédé de centrage d'une paire de lentilles ophtalmiques dans des cercles d'une monture, chaque lentille ophtalmique présentant un centre optique ou de référence et une hauteur de centrage qui correspond à la distance séparant son centre optique ou de référence du bord inférieur du cercle correspondant de la monture, procédé selon lequel : a) on positionne chaque lentille ophtalmique dans chaque cercle de façon à faire coïncider son centre optique ou de référence avec la position déterminée de la pupille du porteur par rapport audit cercle de la monture, b) s'il existe des points d'intersections entre au moins un cercle de la monture et le bord de la lentille ophtalmique correspondante, on déplace
conjointement les deux lentilles ophtalmiques, de façon à éliminer les points d'intersections existants entre chaque cercle de la monture et le bord de la lentille ophtalmique correspondante, en conservant constante au moins l'une des deux distances suivantes : - la hauteur relative définie comme étant la différence entre les hauteurs de centrage des deux lentilles ophtalmiques telles que positionnées à l'étape a), - la distance interpupillaire séparant les deux centres optiques ou de référence des lentilles ophtalmiques telles que positionnées à l'étape a). Selon un mode de réalisation avantageux du procédé conforme à l'invention, à l'étape b) on déplace conjointement les deux lentilles ophtalmiques en conservant la hauteur relative. Si possible, on cherchera alors à déplacer conjointement les deux lentilles ophtalmiques en conservant également la distance interpupillaire. Mais on pourra dans certains cas accepter de modifier légèrement la distance interpupillaire séparant les deux centres optiques ou de référence des lentilles ophtalmiques telles que positionnées à l'étape a). Préférentiellement alors, selon le procédé avantageux conforme à l'invention, à l'étape b), dans un premier temps, on déplace conjointement les deux lentilles ophtalmiques en conservant la hauteur relative des deux lentilles ophtalmiques ainsi que la distance interpupillaire séparant les deux centres optiques ou de référence des lentilles ophtalmiques telles que positionnées à l'étape a) afin d'éliminer les points d'intersections existants entre chaque cercle de la monture et le bord de chaque lentille ophtalmique, et , si, après un tel déplacement des deux lentilles ophtalmiques conjointement, il reste encore des points d'intersections entre au moins un cercle de la monture et le bord de la lentille ophtalmique correspondante, dans un deuxième temps, on déplace au moins l'une des deux lentilles ophtalmiques en conservant la hauteur de centrage relative des deux lentilles ophtalmiques et en modifiant légèrement la distance interpupillaire séparant les deux centres optiques ou de référence des lentilles ophtalmiques telles que positionnées à l'étape a) afin d'éliminer tous les points d'intersections existants entre chaque cercle de la monture et le bord de chaque lentille ophtalmique.
Description détaillée d'un exemple de réalisation La description qui va suivre en regard des dessins annexés, donnés à titre d'exemples non limitatifs, fera bien comprendre en quoi consiste l'invention et comment elle peut être réalisée. Sur les dessins annexés : - la figure 1 est une vue schématique de face une monture d'une paire de lunettes positionnée sur le nez d'un porteur; - la figure 2 est une vue de face schématisant la première étape d'un mode de réalisation du procédé selon l'invention ; et - la figure 3 est une vue de face schématisant la deuxième étape dudit mode de réalisation du procédé selon l'invention. Sur les figures 1 à 3 on représenté de manière schématique différentes étapes d'un procédé de centrage d'une paire de lentilles ophtalmiques dans des cercles d'une monture choisie par le porteur. Comme le montre la figure 1 , selon l'invention, afin de réaliser un montage optique correct, dans une étape préliminaire, on place la monture choisie par le porteur sur son nez et on effectue plusieurs mesures sur celui-ci à l'aide d'un appareil appelé « pupillomètre ». Avec cet appareil, on recueille plusieurs données parmi lesquelles : - l'écart interpupillaire D qui représente la distance séparant les deux pupilles P1 , P2, - les demi-écarts interpupillaires qui représentent les distances séparant chaque pupille P1 , P2 et le centre 13 du nez de la monture 10 portée par le porteur. L'opticien relève ensuite la hauteur H qui représente la distance, prise à la verticale de chaque pupille P1 , P2, séparant la pupille P1 , P2 et le bord inférieur des cercles 11, 12 de la monture 10 portée par le porteur. Cette hauteur peut être mesurée, soit à l'aide de lunettes de présentation possédant la monture choisie par le porteur et sur les lentilles desquelles l'emplacement des pupilles du porteur sont marquées au feutre puis mesurées au réglet, soit au moyen d'un système numérique de prise d'image et de traitement de cette image. Puis, avantageusement, selon le procédé conforme à l'invention, on travaille conjointement les lentilles ophtalmiques pour les monter dans les cercles de la monture choisie.
Ainsi, lesdites lentilles ophtalmiques 110 repérées soit par leur centre optique soit par leur croix de montage ou de centrage sont placées dans un appareil de meulage afin de réaliser un débordage des lentilles de sorte qu'une fois montées dans les cercles 11, 12 de la monture 10, les lentilles ophtalmiques 110 sont correctement positionnées par rapport aux pupilles P1 , P2 du porteur comme cela a été expliqué dans le détail en partie introductive. Pour cela, comme le schématise la figure 2, chaque lentille ophtalmique 110 est positionnée dans chaque cercle 11, 12 de façon à faire coïncider son centre optique ou de référence CO avec la position déterminée de la pupille P1, P2 du porteur par rapport au cercle 11, 12 de la monture 10. Lorsque le diamètre initial des lentilles ophtalmiques 110 est trop petit par rapport aux cercles 11, 12 de la monture 10 choisie, un jour est alors créé entre le bord du cercle 11 considéré de la monture 10 et le bord 111 de ladite lentille 10 (voir figure 2). Préférentiellement, selon le procédé conforme à l'invention, dans un premier temps, on déplace alors conjointement les deux lentilles ophtalmiques 110 (ici selon la flèche F) en consentant constante la hauteur H de centrage relative des deux lentilles ophtalmiques 110 (la hauteur relative étant définie comme la différence entre les hauteurs H de centrage des deux lentilles ophtalmiques 110) ainsi que la distance interpupillaire D séparant les deux centres optiques ou de référence CO des lentilles ophtalmiques 110 telles que positionnées lors de l'étape précédente afin d'éliminer les points d'intersections existants entre chaque cercle 11 ,12 de la monture 10 et le bord 111 , 112 de chaque lentille ophtalmique 110 (voir figure 2). Toutefois, si, après un tel déplacement des deux lentilles ophtalmiques 110 conjointement, il reste encore des points d'intersections entre au moins un cercle de la monture 10 et le bord la lentille ophtalmique 110 correspondante, dans un deuxième temps, on déplace, soit l'une des deux lentilles, soit conjointement les deux lentilles ophtalmiques 110, en conservant la hauteur H de centrage relative des deux lentilles ophtalmiques et en modifiant légèrement la distance interpupillaire séparant les deux centres optiques ou de référence des lentilles ophtalmiques telles que positionnées à l'étape précédente afin d'éliminer tous les points d'intersections existants entre chaque cercle de la monture et le bord de chaque lentille ophtalmique.
Dans tous les cas, il est préférable, bien que non indispensable, que, lors du déplacement conjoint desdites lentilles ophtalmiques 110 on conserve la hauteur H de centrage relative desdites lentilles de sorte qu'une fois les lentilles ophtalmiques 110 montées dans les cercles 11, 12 de la monture choisie, les deux centres optiques ou de référence CO desdites lentilles ophtalmiques 110 et les pupilles P1 , P2 du porteur se situent sur la même ligne de niveau ou horizontale (voir figure 3) même s'ils ne coïncident pas. Avantageusement, selon l'invention, comme le montre la figure 3, la hauteur H et l'écart interpupillaire D étant conservés le porteur n'a qu'à légèrement déporter son regard vers la gauche ou vers la droite pour obtenir une vision correcte à l'infini. Au pire selon l'invention, si l'écart interpupillaire entre lesdites lentilles ophtalmiques montées n'est pas respecté, le porteur sera obligé de converger ou de diverger légèrement le regard lorsqu'il regarde à l'infini. La présente invention n'est nullement limitée aux modes de réalisation décrits et représentés, mais l'homme du métier saura y apporter toute variante conforme à son esprit.