FR3171663A1 - Procede de desanodisation d’une piece en aluminium ou en alliage d’aluminium pour une turbomachine d’aeronef - Google Patents

Procede de desanodisation d’une piece en aluminium ou en alliage d’aluminium pour une turbomachine d’aeronef

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FR3171663A1
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Najat CHAHBOUN
Alex JACOBONI
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Safran Landing Systems SAS
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Safran Landing Systems SAS
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    • C25D11/02—Anodisation
    • C25D11/04—Anodisation of aluminium or alloys based thereon
    • C—CHEMISTRY; METALLURGY
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Abstract

L’invention concerne un procédé de désanodisation d’une pièce (1), la pièce (1) comportant une base (10) en aluminium ou en alliage d’aluminium et une couche d’anodisation (12) à base d’oxy-hydroxydes qui recouvre au moins une partie de la base (10) et qui est destinée à être supprimé par le procédé, le procédé comprenant les étapes suivantes :(a) préparation d’une solution de désanodisation (2) comportant de l’acide sulfurique (H2SO4) et de l’acide nitrique (HNO3),(b) immersion de la pièce (1), ou d’une partie de cette pièce (1), dans la solution de désanodisation (2) maintenue à une température inférieure ou égale à 25°C, et(c) retrait de la pièce (1) après une durée d’immersion prédéterminée. Figure pour l'abrégé : fig.6

Description

PROCEDE DE DESANODISATION D’UNE PIECE EN ALUMINIUM OU EN ALLIAGE D’ALUMINIUM POUR UNE TURBOMACHINE D’AERONEF Domaine technique de l'invention
La présente invention concerne le domaine du traitement de surface de pièces en aluminium ou en alliage d’aluminium, et notamment le domaine de la désanodisation de telles pièces comportant une couche d’anodisation à base d’oxy-hydroxydes.
Arrière-plan technique
L’aluminium ou les alliages d’aluminium sont des matériaux de choix pour l’industrie des transports, et plus particulièrement pour l’industrie aéronautique, du fait de leur excellent rapport propriétés mécaniques/poids et de leur coût de fabrication qui est relativement faible. Cependant, ces matériaux sont susceptibles, suivant le milieu dans lequel ils se trouvent, d’être affectés par plusieurs types de corrosion localisée, engendrant la dégradation de la pièce et pouvant amener à son retrait ou à sa défaillance. De nombreuses stratégies ont été mises en œuvre afin de pallier cette faiblesse, et, parmi elles, la formation ou le dépôt d’une couche protectrice à la surface des pièces aluminium ou en alliage d’aluminium est celle la plus utilisée. C’est le cas notamment des couches de protection obtenues par un procédé d’anodisation des pièces en aluminium ou en alliage d’aluminium.
L’anodisation est un procédé électrolytique visant à substituer l’oxyde naturel (oxyde natif), de quelques nanomètres qui recouvre l’aluminium, par une couche d’oxy-hydroxydes pouvant aller jusqu’à plusieurs micromètres. Les couches d’oxy-hydroxydes produites par anodisation ont une épaisseur pouvant aller de deux microns à plusieurs dizaines de microns, en vue d’apporter une protection contre la corrosion à long terme. L’anodisation, également nommée oxydation anodique, consiste donc à former en surface de la pièce une couche d’oxy-hydroxydes d’aluminium, poreuse dite couche d’anodisation , par application d’un courant à la pièce immergée dans un bain électrolytique contenant un électrolyte de type acide fort, la pièce constituant l’anode du système électrolytique. Des traitements successifs d’imprégnation et de colmatage permettent ensuite de renforcer la couche d’anodisation poreuse en la recouvrant d’un film fin de quelques centaines de nanomètres et en bouchant les pores. La couche d’anodisation ainsi formée en surface de la pièce, en particulier après les traitements d’imprégnation et de colmatage, permet de renforcer la tenue à la corrosion de la pièce.
LaFIG. 1illustre très schématiquement un procédé d’anodisation d’une pièce 1 en aluminium ou en alliage d’aluminium. Cette pièce 1 comprend une base 10 (ou dit autre un corps principal ou substrat) en aluminium ou en alliage d’aluminium et une couche d’anodisation 12 recouvrant cette base 10.
Les traitements d’anodisation sont aujourd’hui couramment utilisés dans l’industrie aéronautique, principalement pour améliorer la tenue à la corrosion des pièces, et donc leur durée de vie, mais aussi pour faciliter l’accroche de couches organiques (telles que des peintures). Cependant, le procédé d’anodisation, est directement impacté par la réglementation européenne (REACH), qui, depuis septembre 2017, interdit (ou restreint à autorisation) l’utilisation de certains composants clés dans les traitements de surface, en particulier, le chrome hexavalent (Cr6+ou Cr(+VI)). Or, le chrome hexavalent est présent dans :
- les prétraitements usuels de préparation de surface, visant à nettoyer/décaper les surfaces des pièces avant le traitement d’anodisation,
- l’électrolyte de certains traitements d’anodisation comme l’OAC (Oxydation Anodique Chromique),
- certains traitements finaux dits de colmatage, dont l’objectif est de refermer les pores de la couche d’anodisation formée lors du traitement d’anodisation.
Par ailleurs, la couche d’anodisation peut s'abîmer lors de l'utilisation de la pièce, et il peut être nécessaire de l'ôter afin de reformer une nouvelle couche d’anodisation à la surface de cette même pièce. Il peut également être nécessaire de retirer la couche d’anodisation afin de recycler la pièce, ou de lui appliquer un autre traitement de surface. Pour ce faire, des procédés de détraitement sont nécessaires. Par détraitement, on entend la désanodisation des pièces en aluminium ou en alliage d'aluminium, c’est-à-dire le retrait de la couche d’anodisation.
Le procédé de désanodisation est un procédé industriel utilisé pour éliminer une couche d’anodisation permettant par la suite de réanodiser la même pièce, dans le cas d’une première couche d’anodisation défaillante ou dans le cas de la réparation de pièces revenant d’utilisation, ou de récupérer une pièce préalablement anodisée afin de pouvoir lui appliquer un autre traitement de surface ou de pouvoir la recycler.
LaFIG. 2illustre très schématiquement un procédé de désanodisation de l’état de la technique qui est réalisé en deux sous étapes :
- une sous-étape (b1) d’immersion de la pièce 1 dans une solution de désanodisation (2) ; et
- une autre sous-étape (b2) d’immersion de cette pièce 1 dans une solution de blanchiment («desmuting» en anglais) composée d’acides 20.
Cette sous-étape (b2), dite de blanchiment, permet de dissoudre ou de décomposer tout résidu d’oxyde obtenu à la sous-étape (b1).
Il est connu dans l’état de technique d’utiliser plusieurs solutions (ou dit autrement bains) de désanodisation 2, tels que :
- une solution phospho-chromique, c'est-à-dire une solution contenant de l'acide phosphorique et de l'acide chromique, notamment à 85°C ;
- une solution sulfo-chromique contenant de l’acide sulfurique et de l’acide chromique ;
- une solution d’hydroxyde de sodium ;
- une solution contenant de l’acide phosphorique et du molybdate de sodium ;
- une solution contenant de l’acide phosphorique et de l’acide hexafluorosilicique.
Cependant, les solutions phospho-chromique et sulfuro-chromique utilisent du chrome hexavalent dans la solution de désanodisation, qui est visé par la réglementation REACH.
Les autres solutions précitées (i.e. d’hydroxyde de sodium, d’acide phosphorique et du molybdate de sodium ou de l’acide hexafluorosilicique) peuvent attaquer et dégrader la base de la pièce en dessous de la couche d’anodisation. A titre d’exemple, plusieurs zones dégradées sont identifiées par des flèches sur les figures 3 et 4 qui sont des images au microscope de l’état de surface de la pièce désanodisée avec les solutions, respectivement, de l’acide phosphorique avec de l’acide hexafluorosilicique, et de l’acide phosphorique avec du molybdate de sodium.
Dans ce contexte, il serait donc avantageux de disposer d'une solution de désanodisation exempte de chrome hexavalent, permettant l'élimination de couche d'anodisation, colmatée, imprégnée ou non, tout en garantissant des propriétés d'innocuité vis-à-vis de la base en aluminium ou en alliage d’aluminium de la pièce.
La présente invention propose une solution à au moins une partie des problèmes précités qui est simple, efficace et économique.
A cet effet, l’invention concerne un procédé de désanodisation d’une pièce, la pièce comportant une base en aluminium ou en alliage d’aluminium et une couche d’anodisation à base d’oxy-hydroxydes qui recouvre au moins une partie de la base et qui est destinée à être supprimée par le procédé de désanodisation, le procédé comprenant les étapes suivantes :
(a) préparation d’une solution de désanodisation comportant de l’acide sulfurique (H2SO4) à une concentration [H2SO4] comprise entre 60et 300 g/L, et de l’acide nitrique (HNO3) à une concentration [HNO3] comprise entre 40 et 200 g/L,
(b) immersion de la pièce, ou d’une partie de cette pièce, dans la solution de désanodisation maintenue à une température inférieure ou égale à 25°C, et
(c) retrait de la pièce après une durée d’immersion prédéterminée.
Ainsi, cette solution permet d’atteindre l’objectif susmentionné. De manière générale, le procédé de désanodisation selon l’invention permet d’ôter efficacement et rapidement la couche d’anodisation à base d’oxy-hydroxydes, et ce sans dégrader la base en aluminium ou en alliage d’aluminium de la pièce. Pour cela, le procédé utilise une solution de désanodisation avec de l’acide sulfurique et de l’acide nitrique, qui est donc exempte de chrome hexavalent, aux concentrations précitées et à une température inférieure ou égale à 25°C.
L’acide sulfurique de la solution de désanodisation est capable de dissoudre l’oxy-hydroxyde (notamment l’alumine (Al2O3) pour former du sulfate d’aluminium (Al2(SO4)3), via la réaction chimique suivante :
Al2O3+ 3H2SO4→ 2Al3++ 3H2O + 3SO4 2-
L’acide nitrique de la solution de désanodisation est également capable de dissoudre, notamment l’alumine, pour former du nitrate d’aluminium (Al(NO3)3), via la réaction chimique suivante :
Al2O3+ 6HNO3→ 2Al3++ 3H2O + 6NO3 -
La température d’immersion inférieure ou égale à 25°C qui associée aux concentrations d’acide sulfurique et d’acide nitrique selon l’invention, peut présenter une influence sur la vitesse de réaction du procédé de désanodisation, et également sur la vitesse d’attaque de l’aluminium ou de l’alliage d’aluminium. En effet, la faible réactivité de la solution de désanodisation de l’invention vis-à-vis de la base en aluminium ou en alliage d’aluminium dépend de la température d’application de cette solution. Ainsi, la température d’immersion selon l’invention (i.e. inférieure ou égale à 25°C) qui associée aux concentrations d’acide sulfurique et d’acide nitrique selon l’invention permet de s’assurer que la base en aluminium ou en alliage d’aluminium ne soit pas altérée par la solution de désanodisation.
Le procédé de désanodisation selon l’invention peut également convenir après ou avant réalisation d’une anodisation connue de l’état de la technique.
Par ailleurs, la couche d’anodisation est supprimée entièrement en une seule étape, et ne nécessite donc pas l’utilisation d’une solution de blanchiment de l’art antérieur. Ceci permet d’atteindre l’objectif de l’invention en limitant les manipulations, le coût et également l’impact environnemental.
Dans la présente demande, le terme « base » ou « substrat » désigne la pièce en aluminium ou en alliage d'aluminium à la surface de laquelle la couche d’anodisation est formée, et par extension l'aluminium métallique (élémentaire ou alliage) se trouvant sous la couche d’anodisation.
Les termes « couche d'anodisation » et « couche anodisée » sont équivalents et désignent tous deux la couche d'oxy-hydroxydes formée à la surface d'une pièce en aluminium ou en alliage d'aluminium, à l'issu d'un traitement d'anodisation.
Le procédé de désanodisation selon l’invention peut comprendre une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, prises isolément les unes des autres ou en combinaison les unes avec les autres :
-- la couche d’anodisation est à base d’oxy-hydroxydes d’aluminium et/ou d’autres oxy-hydroxydes formés notamment lors des étapes d’imprégnation et de colmatage (tels que les oxy-hydroxydes de chrome et de zirconium, les oxy-hydroxydes de silicium, etc.) ;
- l’acide sulfurique est présent à une concentration [H2SO4] comprise entre 100 et 150 g/L ;
- l’acide nitrique [HNO3] est présent à une concentration comprise entre 50 et 100 g/L ;
- le rapport molaire entre l’acide sulfurique et l’acide nitrique est compris entre 1 et 10, et de préférence entre 1 et 5 ;
- la solution de désanodisation comprend en outre un sel ferrique, tel que FeCl3;
- la durée d’immersion est inférieure à 15 heures, de préférence comprise entre 1 et 10 heures, et encore plus préférentiellement d’environ 8 heures ;
- ledit procédé est dépourvu après l’étape (b), d’une étape de décapage de la pièce, ou d’une partie de cette pièce, par exemple dans une solution d’acide.
La présente invention concerne également un procédé de retouche et/ou de réparation d’une pièce,
la pièce comportant une base en aluminium ou en alliage et une couche d’anodisation à base d’oxy-hydroxydes qui recouvre au moins une partie de la base,
le procédé comportant les étapes consistant à :
(i) soumettre la pièce à un procédé de désanodisation selon l’une des particularités de l’invention, de façon à supprimer la couche d’anodisation, et
(ii) réanodiser ladite pièce, ou une partie de cette pièce, de façon à former une nouvelle couche d’anodisation.
Le procédé de retouche et/ou de réparation de la pièce peut comprendre en outre une étape d’imprégnation et/ou une étape de colmatage de la pièce.
L’étape d’imprégnation permet de former un premier film sur la nouvelle couche d’anodisation qui peut être poreuse. Ce premier film peut être fin, par exemple de quelques centaines de nanomètre. Le premier film permet de refermer les pores de la nouvelle couche d’anodisation.
L’étape de colmatage permet de former un second film. Le second film peut recouvrir le premier film, ou éventuellement la nouvelle couche d’anodisation formée à l’étape (ii). Le second film permet de renforcer la tenue à la corrosion de cette pièce. Ce second film peut être fin, par exemple de quelques centaines de nanomètres.
La présente invention concerne également une utilisation d’un procédé de désanodisation selon l’une des particularités de l’invention, pour la retouche et/ou la réparation d’une pièce, ou d’une partie de cette pièce.
Cette pièce peut comprendre une base en aluminium ou en alliage et une couche d’anodisation à base d’oxy-hydroxydes qui recouvre au moins une partie de la base.
La pièce peut être destinée à une demi-roue d’un train d’atterrissage ou une pièce de turbomachine d’aéronef.
Brève description des figures
D’autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description qui suit d’un mode de réalisation non limitatif de l’invention en référence aux dessins annexés sur lesquels :
laFIG. 1représente schématiquement d’un procédé d’anodisation d’une pièce en aluminium ou en alliage d’aluminium selon l’art antérieur ;
laFIG. 2représente schématiquement des étapes d’un procédé de désanodisation selon l’art antérieur, d’une pièce en aluminium ou en alliage d’aluminium comportant une couche d’anodisation ;
laFIG. 3représente une image au microscope d’un état de surface dégradé de la pièce désanodisée à partir du procédé de laFIG. 2et avec un premier exemple d’une solution de désanodisation de l’art antérieur comportant de l’acide phosphorique et de l’acide hexafluorosilicique ;
laFIG. 4représente une image au microscope d’un état de surface dégradé de la pièce désanodisée à partir du procédé de laFIG. 2et avec un second exemple d’une solution de désanodisation de l’art antérieur comportant de l’acide phosphorique avec du molybdate de sodium ;
laFIG. 5est un schéma en bloc représentant les étapes d’un procédé de désanodisation selon l’invention, d’une pièce qui comprend une base en aluminium ou en alliage d’aluminium et une couche d’anodisation à base d’oxy-hydroxydes ;
laFIG. 6représente schématiquement une étape d’immersion de la pièce de laFIG. 5dans une solution de désanodisation selon l’invention ;
laFIG. 7est une image au microscope représentant un état de surface lisse de la pièce non anodisée qui a été immergée avec une solution de désanodisation selon l’invention à une température de 20°C
laFIG. 8est une image au microscope représentant un état de surface de la pièce non anodisée avec la solution de désanodisation selon l’invention à une température d’environ 35°C ;
laFIG. 9représente schématiquement des étapes de désanodisation et de réanodisation selon l’invention;
laFIG. 10représente plusieurs images au microscope des états de surface de la pièce après les étapes de désanodisation et de réanodisation de laFIG. 9.
Les éléments ayant les mêmes fonctions dans les différentes mises en œuvre ont les mêmes références dans les figures.
Description détaillée de l'invention
Les figures 1 à 4 ont été décrites dans l’arrière-plan technique ci-dessus en référence à une anodisation d’une pièce en aluminium ou en alliage d’aluminium, et une désanodisation de cette pièce selon l’art antérieur.
La présente invention concerne un procédé de désanodisation d’une pièce 1.
La pièce 1 peut être une pièce pour une demi-roue d’un train d’atterrissage d’un aéronef, ou une pièce pour une turbomachine d’aéronef.
La pièce 1 comprend une base 10 en aluminium ou en alliage d’aluminium et une couche d’anodisation 12 à base d’oxy-hydroxydes qui recouvre au moins une partie de la base 10.
L’alliage d’aluminium peut être choisi parmi :
- les séries 2000, 6000 et 7000, notamment choisi dans le groupe consistant en 2014, 2017, 2024, 2214, 2219, 2618, AU5NKZr, 7175, 5052, 5086, 6061, 6063, 7010, 7020, 7050, 7050 T7451, 7055, 7068, 7085, 7075, 7175 et 7475,
- les alliages de fonderie d’aluminium choisi dans le groupe consistant en AS7G06, AS7G03, AS10G et AS9U3,
- les alliages d’aluminium (dits difficiles) choisis dans le groupe consistant en 2618A, 2214 et AU5NKZr.
La couche d’anodisation 12 peut être à base d’oxy-hydroxydes d’aluminium, d’oxy-hydroxydes de chrome et de zirconium, et/ou d’oxy-hydroxydes de silicium.
L’épaisseur de la couche d’anodisation 12 peut être comprise entre 1 et 50 µm, par exemple entre 8 et 17 µm.
La couche d’anodisation 12 est destinée à être supprimée par le procédé de désanodisation de l’invention.
La présente demande va maintenant décrire le procédé de désanodisation selon l’invention, notamment en référence aux figures 5 à 7, 9 et 10.
Le procédé de désanodisation comprend les étapes suivantes :
(a) préparation d’une solution de désanodisation 2 comportant de l’acide sulfurique (H2SO4) et de l’acide nitrique (HNO3),
(b) immersion de la pièce 1, ou d’une partie de cette pièce 1, dans la solution de désanodisation 2 maintenue à une température inférieure ou égale à 25°C, et
(c) retrait de la pièce 1 après une durée d’immersion prédéterminée.
Dans la solution de désanodisation 2, l’acide sulfurique peut être présent à une concentration [H2SO4] comprise entre 60 et 300 g/L, et de préférence comprise entre 100 et 150 g/L.
L’acide nitrique peut être présent à une concentration [HNO3] comprise entre 40 et 200 g/L dans la solution de désanodisation 2, et de préférence comprise entre 50 et 100 g/L.
Les réactions chimiques régissant le mécanisme d’action de la solution de désanodisation 2 selon l’invention à une température inférieure ou égale à 25°C, sont les suivantes pour la dissolution de la couche d’anodisation 12 :
Al2O3+ 3H2SO4→ 2Al3++ 3H2O + 3SO4 2-
Al2O3+ 6HNO3→ 2Al3++ 3H2O + 6NO3 -
LaFIG. 5représente les étapes du procédé de l’invention.
Le rapport molaire (ou dit autrement le ratio) entre les acides sulfurique et nitrique dans la solution de désanodisation peut être comprise entre 1 et 10, et de préférence entre 1 et 5.
La solution de désanodisation 2 peut comprendre en outre un sel ferrique, tel que le chlorure de fer (FeCl3). Ce sel ferrique permet notamment d’éviter d’avoir une accumulation d’élément d’alliage (tel que le cuivre provenant d’un alliage aluminium-cuivre) sur la base 10 en alliage d’aluminium.
A l’étape (a), la solution de désanodisation 2 peut être préparée en mélangeant une première solution d’acide sulfurique avec une seconde solution d’acide nitrique dans un contenant notamment adapté pour recevoir la pièce 1, ou au moins une partie de la pièce 1 à désanodiser.
La durée d’immersion peut être inférieure à 15 heures, de préférence comprise entre 1 et 10 heures, et encore plus préférentiellement d’environ 8 heures.
La durée d’immersion de la pièce 1 à désanodiser peut varier en fonction de la dimension (telle que l’épaisseur, la longueur, etc.) de la couche d’anodisation 12 à éliminer, et/ou de la nature de la couche d’anodisation 12.
Le procédé de désanodisation peut être dépourvu après l’étape (b), d’une étape de blanchiment de la pièce 1, ou d’une partie de cette pièce 1, par exemple dans une solution d’acide. En effet, le procédé selon l’invention permet d’éliminer totalement la couche d’anodisation 12 en une seule étape (b).
Exemple 1 de traitement avec une solution de désanodisation selon l’invention à une température inférieure à 25°C
Une pièce 1 non anodisée est traitée avec une solution de désanodisation 2 selon l’invention. Dit autrement, la pièce 1 comprend la base 10 réalisée en alliage d’aluminium du groupe 2214 et sans la couche d’anodisation 12 d’oxy-hydroxydes.
La pièce 1 non anodisée a été immergée dans la solution de désanodisation 2 de l’invention avec les paramètres indiqués dans la Table 1 ci-dessous :
Solution de désanodisation
[H2SO4] en g/L 125
[HNO3] en g/L 85
Température (°C) 20
Durée (heures) 8
LaFIG. 7illustre l’état de surface de la pièce 1 traitée selon l’Exemple 1. On observe que la base 10 présente un état de surface qui est lisse et sans dégradation. Aucune altération de la base 10 n’est donc causée par la solution de désanodisation 2 selon l’Exemple 1, et l’intégrité de la base 10 (et par conséquent de la pièce 1) est préservée.
Exemple 2 de traitement avec une solution de désanodisation à une température supérieure à 25°C
Une autre pièce 1 non anodisée est traitée en immergeant cette pièce 1 dans la solution de désanodisation 2.
La solution de désanodisation 2 est similaire à l’Exemple 1 quant aux concentrations des acides sulfurique et nitrique. La différence entre l’Exemple 1 et l’Exemple 2 est la température du procédé (voir Table 2). La pièce 1 non anodisée a donc été immergée dans la solution de désanodisation 2 avec les paramètres indiqués dans la Table 2 ci-dessous :
Solution de désanodisation
[H2SO4] en g/L 125
[HNO3] en g/L 85
Température (°C) 35
Durée (heures) 2
LaFIG. 8illustre l’état de surface de la pièce 1 désanodisée selon l’Exemple 2. On observe que la base 10 présente un état de surface dégradé avec de nombreuses fissures annotées par des flèches sur laFIG. 8.
On peut ainsi conclure que la désanodisation à partir de la solution de désanodisation 2 selon l’invention, notamment avec des concentrations en acides sulfurique et nitrique identique à l’Exemple 1, mais avec une température de 35°C, qui est supérieure à celle du procédé de l’invention, ne permet pas d’empêcher la dégradation de la base 10 de la pièce 1.
En référence aux résultats des Exemples 1 et 2, c’est donc l’association des concentrations d’acides sulfurique et nitrique selon l’invention et la température inférieure ou égale à 25°C qui présente un effet de protection de la base 10 de la pièce 1.
La présente demande concerne également une utilisation du procédé de désanodisation de l’invention pour la retouche et/ou la réparation de la pièce 1, ou d’une partie de la pièce 1. Ceci permet d’éliminer la couche d’anodisation 12 d’oxy-hydroxydes de la pièce 1 pour réaliser par la suite, par exemple une réanodisation de cette pièce 1 dans le cas d’une première couche d’anodisation 12 défaillante ou dans le cas de la réparation de pièces 1 revenant d’utilisation.
En variante, la pièce 1 désanodisée sans couche d’anodisation 12 peut être recyclée ou un autre traitement de surface peut être appliqué.
La présente demande va maintenant décrire un procédé de retouche et/ou de réparation de la pièce 1. Cette pièce 1 comporte la base 10 et la couche d’anodisation 12 telles que décrites ci-dessus.
Le procédé de retouche et/ou de réparation peut comprendre les étapes consistant à :
(i) soumettre la pièce 1 au procédé de désanodisation décrit ci-dessus, de façon à supprimer la couche d’anodisation 12, et
(ii) réanodiser la pièce 1, ou une partie de cette pièce 1, de façon à former une nouvelle couche d’anodisation 14.
LaFIG. 9illustre très schématiquement l’élimination de la couche d’anodisation 12 par l’étape (i), puis la formation de la nouvelle couche d’anodisation 14 par l’étape (ii).
L’étape (ii) de réanodisation peut être réalisée selon l’une des techniques d’anodisation connue de l’état de la technique.
Le procédé de retouche et/ou de réparation de la pièce peut comprendre en outre une étape d’imprégnation et/ou une étape de colmatage de la pièce 1, notamment désanodisée par l’étape (i).
A l’étape d’imprégnation, un premier film peut être formé sur la nouvelle couche d’anodisation 14 qui peut être poreuse. Ce premier film (non illustré sur les figures) permet de refermer les pores de cette nouvelle couche d’anodisation 14. Le premier film peut être fin, par exemple de quelques centaines de nanomètre.
A l’étape de colmatage, un second film peut être formé sur le premier film, ou éventuellement sur la nouvelle couche d’anodisation 14. Le second film permet de renforcer la tenue à la corrosion de cette pièce 1. Ce second film peut être fin, par exemple de quelques centaines de nanomètres.
Exemple 3 de procédé de désanodisation et de retouche et/ou de réparation selon l’invention
Une pièce 1 est désanodisée selon l’étape (i) du procédé de l’invention. Cette pièce 1 a été préalablement anodisée. La pièce 1 selon l’Exemple 3 comprend ainsi la base 10 réalisée en alliage d’aluminium du groupe 2214 et la couche d’anodisation 12 d’oxy-hydroxydes.
La pièce 1 a été immergée dans la solution de désanodisation 2 de l’invention avec les paramètres indiqués dans la Table 3 ci-dessous :
Solution de désanodisation
[H2SO4] en g/L 125
[HNO3] en g/L 85
Température (°C) 20
Durée (heures) 8
Une fois la couche d’anodisation 12 éliminée, la pièce 1 est réanodisée selon l’étape (ii). La pièce 1 est ainsi réanodisée avec une solution d’acide sulfurique puis imprégnée avec un bain de Chrome 3+ et colmatée avec un bain aux sels de silicate, pour former la nouvelle couche d’anodisation 14.
LaFIG. 10illustre les différents états de surface de la pièce 1 selon l’Exemple 3 avant l’étape (i) et après les étapes (i) et (ii). On observe qu’à l’étape (i), la couche d’anodisation 12 a été entièrement retirée et que la base 10 présente un état de surface qui est sensiblement lisse et avec très peu d’endommagement. On observe également qu’à l’étape (ii), la nouvelle couche d’anodisation 14 est formée sur la surface quasi-lisse de la base 10 de la pièce 1 précédemment désanodisée.
Le procédé de désanodisation selon l’invention convient parfaitement pour retirer les couches d’anodisation réputées difficiles à désanodiser comme cela est montré dans l’exemple 3. Le procédé de désanodisation convient également pour les couches d’anodisation d’anciennes générations.

Claims (10)

  1. Procédé de désanodisation d’une pièce (1), la pièce (1) comportant une base (10) en aluminium ou en alliage d’aluminium et une couche d’anodisation (12) à base d’oxy-hydroxydes qui recouvre au moins une partie de la base (10) et qui est destinée à être supprimée par le procédé de désanodisation,
    le procédé comprenant les étapes suivantes :
    (a) préparation d’une solution de désanodisation (2) comportant de l’acide sulfurique (H2SO4) à une concentration ([H2SO4]) comprise entre 60 et 300 g/L, et de l’acide nitrique (HNO3) à une concentration ([HNO3]) comprise entre 40 et 200 g/L,
    (b) immersion de la pièce (1), ou d’une partie de cette pièce (1), dans la solution de désanodisation (2) maintenue à une température inférieure ou égale à 25°C, et
    (c) retrait de la pièce (1) après une durée d’immersion prédéterminée.
  2. Procédé de désanodisation selon la revendication 1, caractérisé en ce que l’acide sulfurique est présent à une concentration ([H2SO4]) comprise entre 100 et 150 g/L.
  3. Procédé de désanodisation selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l’acide nitrique ([HNO3]) est présent à une concentration comprise entre 50 et 100 g/L.
  4. Procédé de désanodisation selon l’une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le rapport molaire entre l’acide sulfurique et l’acide nitrique est compris entre 1 et 10, et de préférence entre 1 et 5.
  5. Procédé de désanodisation selon l’une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la solution de désanodisation (2) comprend en outre un sel ferrique, tel que FeCl3.
  6. Procédé de désanodisation selon l’une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la durée d’immersion est inférieure à 15 heures, de préférence comprise entre 1 et 10 heures, et encore plus préférentiellement d’environ 8 heures.
  7. Procédé de désanodisation selon l’une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit procédé est dépourvu après l’étape (b), d’une étape de décapage de la pièce (1), ou d’une partie de cette pièce (1), par exemple dans une solution d’acide.
  8. Procédé de désanodisation selon l’une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la pièce (1) est une pièce pour une demi-roue d’un train d’atterrissage d’un aéronef, ou une pièce de turbomachine d’aéronef.
  9. Procédé de retouche et/ou de réparation d’une pièce (1) la pièce (1) comportant une base (10) en aluminium ou en alliage et une couche d’anodisation (12) qui recouvre au moins une partie de la base (10), le procédé comportant les étapes consistant à :
    (i) soumettre la pièce (1) à un procédé de désanodisation selon l’une des revendications précédentes, de façon à supprimer la couche d’anodisation (12), et
    (ii) réanodiser ladite pièce (1), ou une partie de cette pièce (1), de façon à former une nouvelle couche d’anodisation (14).
  10. Utilisation d’un procédé de désanodisation selon l’une des revendications 1 à 8 pour la retouche et/ou la réparation d’une pièce (1), ou d’une partie de cette pièce (1).
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Citations (3)

* Cited by examiner, † Cited by third party
Publication number Priority date Publication date Assignee Title
CA979791A (en) * 1971-11-11 1975-12-16 Basf Wyandotte Corporation Acid cleaning bath for aluminum surfaces
KR20220040912A (ko) * 2020-09-24 2022-03-31 와이엠씨 주식회사 알루미늄 표면에 형성된 양극산화막의 제거방법
FR3116066A1 (fr) * 2020-11-09 2022-05-13 Institut De Recherche Technologique Matériaux, Métallurgie, Procédés Solution de désanodisation et procédé utilisant une telle solution

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