Procédé de production de trifluorure de bore de haute pureté
Domaine technique de l'invention
La présente invention concerne un procédé de production de trifluorure de bore. En particulier, la présente invention concerne un procédé de production de trifluorure de bore de haute pureté. La présente invention concerne également une composition de trifluorure de bore de haute pureté.
Arrière-plan technologique de l'invention
Le trifluorure de bore (BF3) est un gaz qui est principalement utilisé dans l'industrie comme catalyseur dans un grand nombre de réactions : polymérisation, estérification, alkylation, isomérisation. Le trifluorure de bore gazeux et anhydre est généralement obtenu par réaction de l'acide fluorhydrique anhydre liquide avec l'acide borique dissout dans l'acide sulfurique et par ajout complémentaire d'oléum. Le trifluorure de bore gazeux est aussi obtenu par traitement à l'acide sulfurique ou sulfurique en mélange avec de l'oléum d'une solution aqueuse concentrée d'hydrate de BF3. Cependant, la présence d'impureté dans le trifluorure de bore gazeux et anhydre pose problème pour certaines applications nécessitant un grade de haute pureté.
Reents, Anal. Chem. 1986, 58, 2797-2800 décrit les impuretés qui sont généralement présentes dans le trifluorure de bore. On trouve notamment du BF2OH, HCl, HF, N2, 02, F2, CO2, ou encore SiF4. Certaines de ces impuretés sont générées au cours du processus de fabrication du BF3 ou proviennent des matières premières utilisées ou de résidus de certaines de ces matières premières. Des teneurs dans les impuretés citées peuvent aller de quelques centaines de ppm à 1,5%. De telles teneurs ne sont pas acceptables dans le domaine de l'électronique. En effet, le trifluorure de bore est également utilisé dans des procédés de fabrication de microprocesseurs électroniques.
Certains documents de l'art antérieur font apparaître des techniques de purification pour éliminer partiellement certaines de ces impuretés. On connaît par JP59050018, un procédé de purification de BF3 utilisant H2O2 et de l'eau pour éliminer SO2 et SO3. On connaît également par US 3,625,651 et FR 2 003 557 un procédé d'élimination de l'anhydride sulfureux du BF3 à l'aide de charbon actif à très basse température ; mais ce procédé tend à polluer le BF3 gazeux avec de l'azote. On connaît également du document EP 0 922 672 un procédé utilisant un
traitement avec H2O2 pour éliminer le carbone organique non volatil et un traitement à l'air pour purifier le BF3 gazeux qui est recyclé dans de l'acide sulfurique par lavage du flux d'air et de BF3 de sorte à recycler le tri fluorure de bore à la production de gaz BF3 comprimé.
Malgré ces procédés de purification, il y a toujours un besoin pour un procédé de production du trifluorure de bore permettant d'éliminer les impuretés volatiles telles que celles citées ci- dessus. Il y a également un besoin pour un procédé efficace et simple à mettre en oeuvre permettant d'obtenir du trifluorure de bore de haute pureté.
Résumé de l'invention
Selon un premier aspect, la présente invention fournit un procédé de production de trifluorure de bore gazeux comprenant les étapes de : a) Fourniture d'une composition A comprenant du trifluorure de bore (BF3) et un ou plusieurs composé(s) additionnel(s) volatil(s) Fl, b) Dans un réacteur contenant de l'acide sulfurique, introduction d'une solution B comprenant de l'oléum et un ou plusieurs composé(s) additionnel(s) volatil(s) F2 pour former un mélange C d'acide sulfurique de titre supérieur à 100%, avantageusement supérieur à 101%, de préférence supérieur à 102%, plus préférentiellement supérieur à 105%, en particulier supérieur à 110%, plus particulièrement supérieur à 114% c) Ajout de ladite composition A audit mélange C pour former une phase liquide L1 comprenant l'oléum, l'acide sulfurique et le trifluorure de bore et une phase gazeuse G1 comprenant lesdits un ou plusieurs composés additionnels volatils Fl et F2, d) Mise sous vide du réacteur à une pression PI comprise entre la pression de vapeur de l'acide sulfurique à la température de mise en oeuvre de l'étape d) et la pression de mise en oeuvre de l'étape c) pour éliminer la phase gazeuse G1 lesdits un ou plusieurs composés additionnels volatils Fl et F2 dudit réacteur, e) Ajout à ladite phase liquide L1 d'une solution D contenant de l'eau ou des hydrates de BF3 ou une solution aqueuse de BF3 pour produire un courant gazeux E de trifluorure de bore.
Le courant gazeux E obtenu est ainsi de haute pureté.
Selon un mode de réalisation préféré, ledit courant gazeux E est récupéré dans un container.
Selon un mode de réalisation préféré, la teneur en trifluorure de bore dans ledit courant gazeux E est supérieure à 99,9% en volume sur base du volume total du courant gazeux E.
Selon un mode de réalisation préféré, l'ajout de ladite composition A dans ledit mélange C est mis en oeuvre jusqu'à saturation de la phase liquide L1 en trifluorure de bore.
Selon un mode de réalisation préféré, ladite composition A est une composition de BF3 comprenant un ou plusieurs composés additionnels volatils Fl sélectionnés parmi le groupe consistant en H2O, N2, 02, CO2, SiF4, H2, et HCl.
Selon un mode de réalisation préféré, le(s)dit(s) un ou plusieurs composé(s) additionnel(s) volatil(s) F2 sont sélectionnés parmi le groupe consistant en SO2, SO3 libre, CO2, N2 et 02.
Selon un mode de réalisation préféré, à l'étape e), ladite solution D est ajoutée à la phase liquide L1 tant que celle-ci à un titre en acide sulfurique supérieur à 100%.
Selon un mode de réalisation préféré, ladite composition A comprend également HF et BF20H ; et en ce qu'à l'étape c) et e) HF et BF20H sont contenus dans le phase liquide Ll.
Selon un mode de réalisation préféré, le trifluorure de bore de la composition A est du BF3 gazeux BF3,xH2O, avec x=0, éventuellement en mélange avec BF20H, ou un hydrate de trifluorure de bore BF3,xH2O avec x variant entre 0,5 et 4 ou une solution aqueuse de trifluorure de bore BF3,xH2O avec x supérieur à 4 ou est issu de la réaction entre un composé de bore sélectionné parmi B(0H)3, B2O3 ou HB02 et un composé fluoré sélectionné par HF ou HS03F.
Selon un mode de réalisation préféré, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du BF3 gazeux éventuellement en mélange avec BF20H, on introduit 100% de la quantité de la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Selon un autre mode de réalisation, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du BF3,3H2O, on introduit 50% de la quantité de la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Selon un mode de réalisation préféré, ladite solution D est un hydrate de trifluorure de bore BF3,xH2O avec x de 0,5 à 4 ou de l'eau ou une solution aqueuse de BF3 ; ladite solution D étant dégazée préalablement à la mise en oeuvre de l'étape e).
Selon un mode de réalisation préféré, l'étape e) est mise en oeuvre avec une solution D dépourvue desdits composés additionnels volatils Fl.
Selon un mode de réalisation préféré, la solubilité du trifluorure de bore dans ladite phase liquide Ll est supérieure à 4% à une température comprise entre 20 et 130°C.
Selon un mode de réalisation préféré, l'étape c) et/ou l'étape d) et/ou l'étape e) est (sont) mise(s) en oeuvre à une température comprise entre 30°C et 120°C, de préférence entre 70°C et 120°C, en particulier entre 80°C et 110°C.
Selon un mode de réalisation préféré, le présent procédé est mis en oeuvre dans au moins deux réacteurs disposés en parallèle fonctionnant en décalé pour produire ledit courant gazeux E en continu.
Selon un second aspect, la présente invention fournit une composition comprenant au moins 99,99% en poids de trifluorure de bore et comprenant N2, 02 et CO2 ; la somme des teneurs massiques en N2, 02 et CO2 étant inférieure à 30 ppm, de préférence inférieure à 20 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation préféré, ladite composition du HF dans une teneur massique inférieure à 1 ppm, ou du BF20F dans une teneur massique inférieure à 1 ppm ou du SiF4 dans une teneur massique inférieure à 10 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation préféré, ladite composition est dépourvue de HF, SiF4 et BF20H. Le fait d'éliminer la totalité de ces impuretés, fréquemment présentes dans les procédés habituels de production du trifluorure de bore utilisant de l'acide sulfurique représente un avantage important de la présente invention.
Brève description des dessins
La Fig. 1 représente schématiquement une installation pour la mise en oeuvre du procédé de production de trifluorure de bore en continu selon un mode de réalisation particulier de la présente invention.
Description détaillée de l'invention
Procédé de fabrication
Selon un premier aspect de la présente invention, un procédé de production de trifluorure de bore gazeux est fourni. Ledit procédé comprend les étapes de : a) Fourniture d'une composition A comprenant du trifluorure de bore (BF3) et un ou plusieurs composé(s) additionnel(s) volatil(s) Fl, b) Dans un réacteur contenant de l'acide sulfurique, introduction d'une solution B comprenant de l'oléum et un ou plusieurs composé(s) additionnel(s) volatil(s) F2 pour former une solution C d'acide sulfurique de titre supérieur à 100%, avantageusement supérieur à 101%, de préférence supérieur à 102%, plus préférentiellement supérieur à 105%, en particulier supérieur à 110%, plus particulièrement supérieur à 114%
c) Ajout de ladite composition A audit mélange C pour former une phase liquide L1 comprenant l'oléum, l'acide sulfurique et le trifluorure de bore et une phase gazeuse G1 comprenant lesdits un ou plusieurs composés additionnels volatils Fl et F2, d) Mise sous vide du réacteur à une pression PI comprise entre la pression de vapeur de l'acide sulfurique à la température de mise en oeuvre de l'étape d) et la pression de mise en oeuvre de l'étape c) pour éliminer la phase gazeuse G1 lesdits un ou plusieurs composés additionnels volatils Fl et F2 dudit réacteur, e) Ajout à ladite phase liquide L1 d'une solution D contenant de l'eau ou des hydrates de BF3 ou une solution aqueuse de BF3 pour produire un courant gazeux E de trifluorure de bore.
Etape a)
Le trifluorure de bore contenu dans la composition A peut avoir différentes provenances. Le trifluorure de bore peut être du BF3 gazeux BF3,xH2O avec x = 0 impur ou de grade technique. Par exemple, le BF3 gazeux contenu dans la composition A peut-être du BF3 ayant une pureté inférieure à 99,5%, c'est-à-dire que la composition de BF3 utilisée pour former la composition A comprend moins de 99,5% en poids de BF3 sur base du poids total de ladite composition. Le BF3 peut éventuellement être en mélange avec BF20H. Le trifluorure de bore contenu dans la composition A peut être un hydrate de trifluorure de bore, tel que le BF3,xH2O avec x variant entre 0,5 et 4. Le trifluorure de bore contenu dans la composition A peut être issu de la réaction entre un composé de bore sélectionné parmi B(OH)3, B2O3 ou HBO2 et un composé fluoré sélectionné par HF ou HS03F. Le trifluorure de bore contenu dans la composition A peut être une solution aqueuse de trifluorure de bore BF3,xH2O avec x supérieur à 4.
Ainsi, la teneur en BF3 dans ladite composition A peut être de 30% à 99,5% en poids sur base du poids total de la composition A. De préférence, la teneur en BF3 dans ladite composition A peut être de 45% à 99,5% en poids sur base du poids total de la composition A.
Comme mentionné ci-dessus, ladite composition A comprend, outre le trifluorure de bore, un ou plusieurs composé(s) additionnel(s) volatil(s) Fl. Ledit un ou plusieurs composé(s) additionnel(s) volatil(s) F est (sont) sélectionné(s) parmi le groupe consistant en H2O, N2, 02, CO2, SiF4, H2 et HCL De préférence, la teneur molaire totale en composés additionnels volatils Fl est supérieure à 0,1%, plus préférentiellement supérieure à 0,2%, en particulier supérieure à 0,3% sur base de la composition totale A. Ladite composition A peut donc comprendre un, deux,
trois, quatre, cinq, six, sept, huit ou l'ensemble des composés additionnels volatils Fl tels que mentionnés ci-dessus.
En particulier, si elle en contient, ladite composition A peut comprendre de 10 ppm à 70 % en poids, de préférence de 100 ppm à 55% en poids de H2O sur base du poids total de la composition totale A. La teneur en eau dans ladite composition A varie largement dans la gamme mentionnée ici en fonction du BF3 utilisé pour former ladite composition A. Ainsi, si de l'hydrate de trifluorure de bore est utilisé pour former la composition A, la teneur massique en eau dans celle-ci sera plus particulièrement comprise entre 34% et 65% sur base du poids total de la composition A. Si un grade plus pur est utilisé pour former la composition A, par exemple du trifluorure de bore ayant une pureté entre 98% et 99,5%, alors la teneur massique en eau dans celle-ci sera plus particulièrement comprise entre 10 ppm et 1 %, de préférence compris entre 10 ppm et 1000 ppm sur base du poids total de la composition A.
En particulier, si elle en contient, ladite composition A peut comprendre de 10 ppm à 5 %, de préférence de 100 ppm à 1% en mole de N2 sur base de la composition totale.
En particulier, si elle en contient, ladite composition A peut comprendre de 10 ppm à 1 % en mole, de préférence de 100 ppm à 0,5% en mole de 02 sur base de la composition totale.
En particulier, si elle en contient, ladite composition A peut comprendre de 10 ppm à 0,5 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,1% de CO2 sur base de la composition totale.
En particulier, si elle en contient, ladite composition A peut comprendre de 10 ppm à 0,5 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,1% en mole de SiF4 sur base de la composition totale.
En particulier, si elle en contient, ladite composition A peut comprendre de 10 ppm à 1 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole, de H2 sur base de la composition totale.
En particulier, si elle en contient, ladite composition A peut comprendre de 10 ppm à 2 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole de HCl sur base de la composition totale.
Ainsi ladite composition A peut donc comprendre : de 30% à 99,5% en poids, de préférence de 45% à 99,5% en poids sur base du poids total de la composition A ; et de 10 ppm à 70 % en poids, de préférence de 100 ppm à 55% en poids de H2O sur base du poids total de la composition totale A ; et/ou de 10 ppm à 5 %, de préférence de 100 ppm à 1% en mole de N2 sur base de la composition totale ; et/ou de 10 ppm à 1 % en mole, de préférence de 100 ppm à 0,5% en mole de 02 sur base de la composition totale ; et/ou
de 10 ppm à 0,5 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,1% de C02 sur base de la composition totale ; et/ou de 10 ppm à 0,5 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,1% en mole de SiF4 sur base de la composition totale ; et/ou de 10 ppm à 1 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole, de H2 sur base de la composition totale ; et/ou de 10 ppm à 2 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole de HCl sur base de la composition totale ;
La teneur molaire totale en composés additionnels volatils Fl étant supérieure à 0.04%, de préférence à 0,1%, de préférence supérieure à 0,2%, en particulier supérieure à 0,3%.
Outre les composés mentionnés ci-dessus, ladite composition A peut également comprendre des composés tels que HF et BF20H. Si elle en contient, ladite composition A peut comprendre de 10 ppm à 2% de BF20H, de préférence de 1000 ppm à 1% en mole sur base de la composition totale.
Etape b)
L'étape b) du présent procédé consiste à introduire, dans un réacteur contenant de l'acide sulfurique, une solution B contenant de l'oléum. De préférence, la solution B est de l'oléum à une concentration de 1% à 65%, plus préférentiellement de 10% à 65%, en particulier de 40% à 65%. L'oléum est un mélange de H2SO4 et SO3 sous la forme H2S2O7 (réaction équilibrée). On exprime la teneur en SO3 dans l’oléum en pourcentage de SO3 ajouté ou en pourcentage de H2SO4 équivalent si on ajoutait la quantité d’eau nécessaire : les concentrations usuelles sont l’oléum à 40 % (correspondant à 109 % H2SO4) et l’oléum à 65 % (correspondant à 114,6 % H2SO4) ; H2S2O7 pur est un solide fondant à 35 °C. Par exemple, de l'oléum à 65% correspond à 65 g de S03 pour 100 g et il faudrait rajouter pour neutraliser le SO3 14,6 g d’eau soit 100 + 14,6 = 114,6, i.e. un acide sulfurique de titre de 114,6.
De préférence, la solution C ainsi formée à un titre en acide sulfurique supérieur à 100%, avantageusement supérieur à 101%, de préférence supérieur à 102%, plus préférentiellement supérieur à 103%, en particulier supérieur à 104%, plus particulièrement supérieur à 105%. Avantageusement, la solution C ainsi formée à un titre en acide sulfurique supérieur à 106%, de préférence supérieur à 107%, plus préférentiellement supérieur à 108%, en particulier supérieur à 109%, plus particulièrement supérieur à 110%, de manière privilégiée supérieur à 111%, de
manière avantageusement privilégiée supérieur à 112%, de manière préférentiellement privilégiée supérieur à 113%, de manière plus préférentiellement privilégiée supérieur à 114%. De l'acide sulfurique de titre supérieur à 100% correspond à de l'acide sulfurique anhydre (dépourvu d'eau) comprenant du SO3. En effet, le SO3 présent dans l'acide sulfurique sera hydrolysé en H2SO4 en présence d'eau et permettra à l'acide sulfurique de rester anhydre tant que du SO3 sera présent dans celui-ci.
Ladite solution B peut contenir également un ou plusieurs composés volatils F2 sélectionnés parmi le groupe consistant en SO2, SO3 libre, CO2, N2 et 02. Le terme SO3 libre correspond à du SO3 présent dans l'oléum mais qui n'est pas en équilibre avec H2S2O7.En particulier, si elle en contient, ladite solution B peut comprendre de 10 ppm à 5 %, de préférence de 100 ppm à 1% en mole de N2 sur base de la solution totale.
En particulier, si elle en contient, ladite solution B peut comprendre de 10 ppm à 1 %, de préférence de 100 ppm à 0,5% en mole de 02 sur base de la solution totale.
En particulier, si elle en contient, ladite solution B peut comprendre de 10 ppm à 0,5 %, de préférence de 10 ppm à 0,1% en mole de CO2 sur base de la solution totale.
En particulier, si elle en contient, ladite solution B peut comprendre de 10 ppm à 1 %, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole de SO2 sur base de la solution totale.
En particulier, si elle en contient, ladite solution B peut comprendre de 10 ppm à 1 %, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole de SO3 libre sur base de la solution totale.
Ladite solution B peut contenir au moins un, deux, trois, quatre ou l'ensemble desdits un ou plusieurs composés additionnels volatils F2. De préférence, ladite solution B comprend au moins SO3 libre et SO2. En particulier, ladite solution B comprend l'ensemble des composés additionnels volatils F2.
Ainsi, de préférence, ladite solution B peut donc comprendre : de 10 ppm à 5 %, de préférence de 100 ppm à 1% en mole de N2 sur base de la solution totale ; et/ou de 10 ppm à 1 % en mole, de préférence de 100 ppm à 0,5% en mole de 02 sur base de la solution totale ; et/ou de 10 ppm à 0,5 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,1% de CO2 sur base de la solution totale ; et/ou de 10 ppm à 1 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole de SO2 sur base de la solution totale ;
de 10 ppm à 5 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole, de S03 libre sur base de la solution totale.
Après la mise en oeuvre de l'étape b), lesdits composés additionnels volatils F2 sont contenus dans ledit mélange C. Ledit mélange C peut contenir également un ou plusieurs composés volatils F2 sélectionnés parmi le groupe consistant en SO2, SO3 libre, CO2, N2 et 02. En particulier, si elle en contient, ledit mélange C peut comprendre de 10 ppm à 5 %, de préférence de 100 ppm à 1% en mole de N2 sur base de la solution totale.
En particulier, si elle en contient, ledit mélange C peut comprendre de 10 ppm à 1 %, de préférence de 100 ppm à 0,5% en mole de 02 sur base de la solution totale.
En particulier, si elle en contient, ledit mélange C peut comprendre de 10 ppm à 0,5 %, de préférence de 10 ppm à 0,1% en mole de CO2 sur base de la solution totale.
En particulier, si elle en contient, ledit mélange C peut comprendre de 10 ppm à 1 %, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole de SO2 sur base de la solution totale.
En particulier, si elle en contient, ledit mélange C peut comprendre de 10 ppm à 1 %, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole de SO3 libre sur base de la solution totale.
Ledit mélange C peut contenir au moins un, deux, trois, quatre ou l'ensemble desdits un ou plusieurs composés additionnels volatils F2. De préférence, ledit mélange C comprend au moins SO3 libre et SO2. En particulier, ledit mélange C comprend l'ensemble des composés additionnels volatils F2.
Ainsi, ledit mélange C à un titre en acide sulfurique supérieur à 100%, avantageusement supérieur à 101%, de préférence supérieur à 102%, plus préférentiellement supérieur à 103%, en particulier supérieur à 104%, plus particulièrement supérieur à 105%. Avantageusement, la solution C ainsi formée à un titre en acide sulfurique supérieur à 106%, de préférence supérieur à 107%, plus préférentiellement supérieur à 108%, en particulier supérieur à 109%, plus particulièrement supérieur à 110%, de manière privilégiée supérieur à 111%, de manière avantageusement privilégiée supérieur à 112%, de manière préférentiellement privilégiée supérieur à 113%, de manière plus préférentiellement privilégiée supérieur à 114% et comprend : de 10 ppm à 5 %, de préférence de 100 ppm à 1% en mole de N2 sur base de la solution totale ; et/ou de 10 ppm à 1 % en mole, de préférence de 100 ppm à 0,5% en mole de 02 sur base de la solution totale ; et/ou
de 10 ppm à 0,5 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,1% de C02 sur base de la solution totale ; et/ou de 10 ppm à 1 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole de SO2 sur base de la solution totale ; de 10 ppm à 5 % en mole, de préférence de 10 ppm à 0,5% en mole, de SO3 libre sur base de la solution totale.
La température et la pression ne sont pas des paramètres critiques pour la mise en oeuvre de l'étape b). Cependant, l'étape b) est généralement mise en oeuvre à une température de 10°C à 50°C, de préférence l'étape b) est mise en oeuvre à température ambiante. La mise en oeuvre de l'étape b) aux températures mentionnées ici évite la décomposition de l'oléum et un dégagement de SO3 potentiellement dangereux. De préférence, l'étape b) est mise en oeuvre à pression atmosphérique.
Ledit réacteur peut contenir de l'air avant l'introduction de la solution B dans l'acide sulfurique. Alternativement, ledit réacteur peut être mis sous vide avant l'introduction de la solution B ou de l'acide sulfurique pour éliminer l'oxygène ou l'azote présent.
Etape c)
Dans une étape subséquente à l'étape b), l'étape c) est mise en oeuvre. L'étape c) du présent procédé consiste en l'ajout de ladite composition A audit mélange C produit à l'étape b). L'étape c) permet de former une phase liquide L1 comprenant l'oléum, l'acide sulfurique et le trifluorure de bore. L'étape c) aboutit également à la formation d'une phase gazeuse G1 comprenant lesdits un ou plusieurs composés additionnels volatils Fl et F2.
La mise en oeuvre de l'étape c) subséquemment à l'étape b) permet d'augmenter la solubilité du BF3 dans la phase liquide L1 par rapport à une mise en oeuvre simultanée des étapes b) et c). La phase liquide L1 est de préférence agitée pour favoriser le mélange entre A et C.
Lorsque ladite composition A comprend HF et BF20H, ces deux composés sont présents dans ladite phase liquide L1 lors de la mise en oeuvre de l'étape c).
De préférence, on peut ajouter n'importe quelle quantité de composition A audit mélange C tant que ladite composition A se solubilise dans la phase liquide L1 ainsi formée et que tous les composés additionnels volatils Fl et F2 se retrouvent dans la phase gazeuse Gl.
En particulier, pour optimiser la productivité et l'efficacité du présent procédé, l'addition de ladite composition A audit mélange C est mise en oeuvre tant que le trifluorure de bore se dissous dans la phase liquide Ll. Ladite composition A est donc ajoutée jusqu'à saturation de la
phase liquide LI en trifluorure de bore. Ainsi, l'addition de ladite composition A audit mélange C est mise en oeuvre tant que le titre en acide sulfurique dudit mélange C est supérieur à 100%. La quantité maximale de trifluorure de bore pouvant être dissoute dans la phase liquide L1 peut être facilement déterminée par des techniques usuelles à portée de l'homme du métier. La quantité de trifluorure de bore susceptible de se dissoudre dans la phase liquide L1 issue du mélange entre la composition A et le mélange C peut être calculée préalablement à la mise en oeuvre du procédé. Il suffit, par exemple, de mélanger la composition A audit mélange C dans les mêmes proportions et dans les mêmes conditions opérationnelles jusqu'à la détection de trifluorure de bore gazeux. Cette détection peut être mise en oeuvre par Infrarouge de Raman selon les techniques usuelles dans le domaine technique ou par mesure avec un manomètre d'une brusque élévation de pression dans le réacteur dû au dégagement de trifluorure de bore gazeux.
Selon un mode de réalisation préféré, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du BF3 gazeux éventuellement en mélange avec BF2OH, on introduit 100% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
On peut également ajouter moins que la quantité maximale susceptible de se dissoudre dans le mélange C. De préférence, on peut ajouter au moins 95%, en particulier au moins 99% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c), sans atteindre ou dépasser les 100%. Si on introduit plus de 100% de la quantité maximale, du BF3 gazeux sera présent dans la phase gazeuse G1 en sus des composés additionnels volatils Fl et F2. La concentration en BF3 dans la phase gazeuse G1 serait dans ce cas très faible. Cette phase gazeuse G1 pourrait être recyclé à l'étape a) pour ne pas perdre du BF3.
Ceci est particulièrement mis en oeuvre lorsque le trifluorure de bore contenu dans la composition A n'est pas du trifluorure de bore gazeux, plus particulièrement lorsque le trifluorure de bore est un hydrate (liquide éventuellement en solution aqueuse). En effet, une partie de l'oléum réagira avec l'eau provenant du trifluorure de bore.
Selon un autre mode de réalisation, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du (BF3)2,H2O, on introduit 14% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Selon un autre mode de réalisation, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du
BF3,H2O, on introduit 25% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Selon un autre mode de réalisation, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du BF3,1,5H2O, on introduit 33% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Selon un autre mode de réalisation, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du BF3,2H2O, on introduit 40% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Selon un autre mode de réalisation, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du BF3,3H2O, on introduit 50% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Selon un autre mode de réalisation, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du BF3,4H2O + 2H2O, on introduit 67% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Selon un autre mode de réalisation, lorsque le trifluorure de bore de la composition A est du BF3,4H2O + 5H2O, on introduit 75% de la quantité de BF3 contenue dans la composition A susceptible de se dissoudre dans le mélange C dans les conditions de mise en oeuvre de l'étape c).
Le trifluorure de bore (BF3)2,H2O, BF3,H2O, BF3,1,5H2O, BF3,2H2O, BF3,3H2O est un hydrate liquide. Le trifluorure de bore, BF3,4H2O + 2H2O et BF3,4H2O + 5 H2O est un hydrate liquide en solution aqueuse.
De préférence, l'étape c) est mise en oeuvre à une température comprise entre 30°C et 120°C, de préférence entre 70°C et 120°C, en particulier entre 80°C et 110°C.
L'étape c) permet de solubiliser une quantité importante de trifluorure de bore dans la phase liquide Ll. Il a été démontré par la présente invention que l'ajout de la composition A dans le mélange C permettait de solubiliser plus de BF3 dans la phase liquide Ll que dans de l'acide sulfurique seul. Par exemple, à une température comprise entre 70°C et 120°C, la solubilité du BF3 dans l'acide sulfurique est entre 0,9% et 1,7%. En mettant en oeuvre le présent procédé, et particulièrement en mettant en oeuvre l'étape c) subséquemment à l'étape b), la solubilité du trifluorure de bore dans la phase liquide Ll est supérieure à 4%, de préférence supérieure à 4,5%. Ceci représente une augmentation conséquente démontrant l'efficacité du présent procédé pour stocker le BF3 dans la phase liquide Ll tant que l'étape e) n'est pas mise en oeuvre.
En outre, lors de la mise en oeuvre de l'étape c), il a été observé la formation de HS03F dans la phase liquide Ll.
L'étape c) peut être mise en oeuvre dans une large gamme de pression, avantageusement entre 0,5 bar et 5 bars, de préférence entre 0,9 bar et 1,5 bars, en particulier à la pression atmosphérique.
Etape d)
Dans le présent procédé, l'étape d) consiste en la mise sous vide du réacteur. Cette étape permet d'éliminer lesdits un ou plusieurs composés additionnels volatils F tels que définis ci-dessus et contenus dans ladite phase gazeuse Gl.
L'étape d) est mise en oeuvre de sorte à soutirer la phase gazeuse Gl tout en maintenant la phase liquide Ll dans le réacteur. Ainsi, le trifluorure de bore contenu dans la phase liquide Ll est séparé des composés additionnels volatils Fl et F2. Les composés HF et BF2OH restent également dans la phase liquide Ll au cours de cette étape d) mais seront séparés du trifluorure de bore lors de l'étape suivante e), comme expliqué ci-après.
En particulier, cette étape d) permet d'éliminer le dioxyde de soufre (SO2) sans utiliser de charbon actif qui a l'inconvénient de se dégrader par attrition et l'inconvénient d'ajouter de l'azote dans le gaz de BF3 à cause de leur régénération en présence d'azote. De manière surprenante, l'entièreté du SO2 présent initialement dans la composition A est éliminé grâce à la mise en oeuvre de l'étape d).
De préférence, la pression PI à appliquer pour la mise en oeuvre de l'étape d) est inférieure à la pression atmosphérique. En particulier, la pression à appliquer pour la mise sous vide dudit réacteur est choisie de sorte à permettre l'élimination de la phase gazeuse Gl tout en évitant l'évaporation de la phase liquide Ll contenant notamment le trifluorure de bore, l'acide sulfurique, l'oléum, HF et BF2OH. Ainsi, la pression PI pour la mise en oeuvre de l'étape d) est de préférence comprise entre la pression de vapeur de l'acide sulfurique à la température de mise en oeuvre de l'étape d) et la pression de mise en oeuvre de l'étape c). De préférence, a pression PI pour la mise en oeuvre de l'étape d) est de préférence comprise entre la pression de vapeur de l'acide sulfurique à la température de mise en oeuvre de l'étape d) et la pression atmosphérique. La pression de vapeur de l'acide sulfurique est déterminée préalablement en fonction de la température à laquelle l'étape d) est mise en oeuvre.
De préférence, l'étape d) est mise en oeuvre à une température comprise entre 30°C et 120°C, de préférence entre 70°C et 120°C, en particulier entre 80°C et 110°C.
Ainsi, à une température comprise entre 30°C et 120°C, de préférence entre 70°C et 120°C, en particulier entre 80°C et 110°C, la pression de vapeur de l'acide sulfurique est comprise entre 0,01 Pa et 1 mbar, de préférence entre 0,5 Pa et 1 mbar.
Selon un mode de réalisation préféré, et afin d'optimiser l'élimination des composés additionnels volatils Fl et F2, la phase liquide L1 peut subir une recirculation du pied du réacteur au couvercle du réacteur. Ainsi la phase liquide L1 est transportée du pied du réacteur vers le couvercle par une boucle de recirculation de façon à parfaire l'élimination des composés additionnels volatils Fl et F2 par l'arrosage pulvérisé de la phase liquide L1 dans le ciel du réacteur, soumis à la pression PI définie ci-dessus. Comme indiqué ci-dessus, la pression est très faible.
L'étape d) est de préférence arrêtée lorsque toute la phase gazeuse G1 est éliminée du réacteur. Ceci peut être facilement détecté à l'aide de techniques connues dans l'art, par exemple un capteur de détection de gaz disposé à la sortie du réacteur.
Etape e)
Selon le présent procédé, l'étape e) consiste en l'ajout à ladite phase liquide Ll, contenue dans le réacteur, d'une solution D contenant de l'eau ou des hydrates de BF3 ou une solution aqueuse de BF3 pour produire un courant gazeux E de trifluorure de bore.
L'ajout de la solution D à la phase liquide Ll permet de libérer le trifluorure de bore dissout dans celle-ci, tout en maintenant les composés HF et BF2OH dans ladite phase liquide Ll.
Le présent procédé permet donc par la mise en oeuvre des étapes d) et e) d'éliminer de nombreuses impuretés initialement présentes dans la composition A. Le présent procédé présente l'avantage de pouvoir être facilement mis en oeuvre. L'analyse de courant gazeux E montre l'absence de HF et BF2OH dans ledit courant. Ainsi, l'étape e) permet de produire un trifluorure de bore de haute pureté. Selon un mode de réalisation préféré, la teneur en trifluorure de bore dans ledit courant gazeux E est supérieure à 99,9% en volume, en particulier supérieure à 99,99% en volume sur base du volume total du courant gazeux E. De préférence, ledit courant E est dépourvu de HF et de BF2OH.
Ledit courant gazeux E est retiré du réacteur pour être récupéré dans un container.
Selon un mode de réalisation préféré, ladite solution D est un hydrate de trifluorure de bore BF3,xH2O avec x de 0,5 à 4 ou une solution de trifluorure de bore avec x supérieur à 4 ou de l'eau, de préférence l'hydrate de trifluorure de bore est de formule BF3,xH2O avec x de 2,5 à 3,1 de préférence entre 2,9 et 3,1, de préférence entre 3 et 3,1.
Selon un mode de réalisation préféré, ladite solution D est dégazée sous vide préalablement à la mise en oeuvre de l'étape e). Selon un mode de réalisation préféré, ladite solution D est un hydrate de trifluorure de bore BF3,xH2O avec x de 0,5 à 4, plus particulièrement obtenu selon le procédé décrit dans la demande de brevet WO 2013/050690. Lorsque la solution D contient du BF3 (sous forme d'hydrates ou d'une solution aqueuse), celui-ci est également libéré dans le courant gazeux E après contact avec la phase liquide Ll.
Avantageusement, ladite solution D contient une teneur massique de moins de 5 ppm dans chacun des composés additionnels volatils suivants : N2, 02, CO2, SiF4, HCl, H2. De préférence, ladite solution D est dépourvue de composés additionnels volatils N2, 02, CO2, SiF4, HCl, H2. Ceci permet de ne pas contaminer le courant gazeux E de trifluorure de bore de haute pureté. Selon un mode de réalisation préféré, à l'étape e), ladite solution D est ajoutée à la phase liquide Ll tant que celle-ci à un titre en acide sulfurique supérieur à 100%. Le titre en acide sulfurique peut être suivi en ligne à l'aide d'un appareillage de spectroscopie infrarouge de Raman selon les techniques usuelles. Le titre en acide sulfurique est notamment suivi par la mesure d'une bande d'intensité à 835 cm-1 qui diminue au cours de la mise en oeuvre de l'étape e). Cette bande correspond au composé HS03F qui s'est formé au cours de l'étape c) et qui est consommé au cours de l'étape e). Cette mesure peut être complétée par la mesure de pics à 913 cm-1 et 1162 cm-1 dont l'intensité augmente au cours de la mise en oeuvre de l'étape e) en évitant d'aller en milieu acide sulfurique inférieur à 100% caractérisé par l'apparition d'une bande typique du HS04- située à 1043 cm-1.
De préférence, ladite solution D est ajoutée de sorte à maintenir, dans ladite phase liquide Ll, au moins 0,05 mole de SO3 par mole de bore, en particulier au moins 0,025 mole de SO3 par mole de bore, plus particulièrement au moins 0,01 mole de SO3 par mole de bore.
Selon un mode de réalisation particulier, préalablement à l'ajout de ladite solution D à la phase liquide Ll, de l'acide fluorosulfonique HS03F peut être ajouté à la phase liquide Ll. L'acide fluorosulfonique agit comme un agent séquestrant du BF20H. Ainsi, l'ajout de l'acide fluorosulfonique permet de favoriser le maintien du BF20H dans la phase liquide Ll au cours de l'étape d) et d'améliorer la séparation entre le trifluorure de bore et le BF20H.
Selon un mode de réalisation préféré, l'étape e) est mise en oeuvre à une température comprise entre 30°C et 120°C, de préférence entre 70°C et 120°C, en particulier entre 80°C et 110°C.
Selon un mode de réalisation préféré, la teneur en trifluorure de bore dans ledit courant gazeux E est supérieure à 99,9% en volume, en particulier supérieure à 99,99% en volume, sur base du volume total du courant gazeux E.
Après avoir extrait le courant gazeux E contenant le trifluorure de bore, le milieu réactionnel restant dans le réacteur peut être vidangé, partiellement ou totalement. La vidange du milieu réactionnel permet d'éliminer l'HF présent sous forme HS03F ou le BF20H présent dans celui- ci. Le milieu réactionnel restant dans le réacteur contient alors de l'acide sulfurique et de l'oléum en quantité plus faible. L'élimination du BF20H et de l'HF permet d'éviter une accumulation de ceux-ci dans le réacteur. Un nouveau cycle fabrication peut alors être mis en oeuvre en recommençant les étapes a) à e). Cette partie de l'acide sulfurique contenant peu d'oléum sous-produit au cours de la mise en oeuvre du procédé peut être vidangé pour être utilisé dans d'autres applications après hydrolyse avec de l'eau puis strippé à l'air du bore et du fluor qu'il contient pour former de l'acide sulfurique 98% ou 94 %, deux grades commerciaux très demandés (voir par exemple le brevet EP0115719).
Après la mise en oeuvre de l'étape e), le procédé selon la présente invention peut être répété. De l'oléum est ainsi ajouté au milieu réactionnel restant dans le réacteur, après l'avoir préalablement partiellement vidangé pour engager un nouveau cycle.
Le présent procédé peut être mis en oeuvre de manière continue ou discontinue.
Selon un mode de réalisation préféré, le présent procédé est mis en oeuvre dans au moins deux réacteurs disposés en parallèle fonctionnant en décalé pour produire ledit courant gazeux E en continu.
La Fig. 1 représente schématiquement une installation selon un mode de réalisation particulier de la présente invention. Dans ce mode de réalisation, deux réacteurs 3a et 3b sont disposés en parallèle pour mettre en oeuvre le présent procédé en continu. Le réacteur 3a contient de l'acide sulfurique et est alimenté par la solution B contenant de l'oléum par l'intermédiaire de la conduite 4a et la vanne 3 pour former le mélange C. Comme mentionné dans la présente demande, la solution B comprend du trifluorure de bore et un ou plusieurs composés additionnels volatils F2. La vanne 3 permet d'orienter l'alimentation de la solution B vers le réacteur 3a (par la conduite 4a) ou le réacteur 3b (par la conduite 4b). Une fois le réacteur 3a alimenté en solution, la composition A est ajoutée dans le réacteur 3a par l'intermédiaire de la conduite la et la vanne 2. Comme mentionné dans la présente demande, la composition A comprend du trifluorure de bore et un ou plusieurs composés additionnels volatils Fl. La vanne 2 permet d'orienter l'alimentation de la composition Avers le réacteur 3a (par la conduite la) ou le réacteur 3b (par la conduite lb). Comme mentionné dans la présente demande, l'ajout de la composition A au mélange C permet la formation d'une phase liquide L1 et d'une phase gazeuse Gl. Le réacteur est ensuite mis sous vide pour extraire la phase gazeuse G1 du réacteur
3a à l'aide de la pompe 8 via la conduite 7a et 15b. La phase gazeuse G1 contenant les composés additionnels volatils Fl et F2 est envoyée vers un dispositif de traitement 10 via les conduites 7a et 15b et les vannes 9 et 15. De préférence, le dispositif de traitement 10 permet le lavage sur colonne à eau pour dissoudre le SO2 et le BF3 gazeux éventuel ou les traces de BF3 éventuel pour en éviter leur rejet dans l'atmosphère, ceux-ci étant irritant pour les voies respiratoires.
Dès que la phase gazeuse G1 a été extraite, la vanne 9 est fermée, la vanne 15 est tournée mettant en communication 7a avec 15a. La solution D est ajoutée au réacteur 3a par l'intermédiaire de la conduite 5a et la vanne 6. De préférence, la solution D est une solution d'hydrate de trifluorure de bore BF3,3H2O de haute pureté, i.e. dépourvue de composés additionnels volatils Fl et F2. L'ajout de la solution permet de former un courant gazeux E de trifluorure de bore. Le trifluorure de bore piégé dans la phase liquide L1 est ainsi libéré sous une forme gazeuse de haute pureté. Du trifluorure de bore issu de la solution D est également libéré sous forme gazeuse après contact avec la phase liquide Ll. Le courant gazeux E est récupéré dans un container 11 par l'intermédiaire des conduites 7a, et 15a. Optionnellement, un compresseur peut être utilisé pour comprimer le courant gazeux E dans le container 11. La vanne 15 est fermée et commutée de sorte à connecter la conduite 7b vers le dispositif 11 après avoir mis sous vide un court instant pour éliminer la phase gazeuse Gl. En effet, les mêmes opérations sont effectuées en décalé dans le réacteur 3a et le réacteur 3b. De préférence, le réacteur 3a est chargé avec les matériaux de départ pour la mise en oeuvre des étapes a) à c) du présent procédé pendant que les étapes d) à e) sont mises en oeuvre dans le réacteur 3b. Ainsi, la production du BF3 gazeux est réalisée en continu.
Le milieu réactionnel du réacteur contenant de l'acide sulfurique et de l'oléum peut être vidangé partiellement en laissant une partie dans le pied de réacteur ou totalement pour traitement ou utilisation ultérieure dans un dispositif 12. Le milieu réactionnel est dirigé vers le dispositif 12 par la conduite 14a et la vanne 13. Le dispositif 12 est un stockage temporaire d'acide sulfurique sous-produit provenant du déversement rapide du réacteur 3a. Le dispositif 12 alimente en continu une colonne de lavage à l'acide sulfurique strippée à l'air pour en enlever le bore et le fluor après avoir détruit préalablement le reste d'oléum avec ajout d'eau. L'acide sulfurique de titre supérieur à 100% peut donc être retraité selon la demande de brevet pour récupérer du BF3 gaz de qualité technique et permettre la valorisation de l'acide sulfurique sous-produit comme matière première commerciale d'autres industries selon brevet EP 0115719.
Par précaution, lorsque le dispositif 12 est une colonne de lavage, la hauteur barométrique entre les fonds des réacteurs 3a ou 3b et le bas de la colonne de lavage 12 est calculée pour éviter
tout retour d'acide sulfurique par dépression existante dans les réacteurs 3a ou 3b. Cette hauteur se calcule selon P= p*g*h avec P pression de 1,01325 bar absolu ou 101325 Pa (Pa en kg m-1 s“2), p la masse volumique de l'acide sulfurique de 1840 Kg m "3, g la force de gravité de
9,81 m S . On peut ainsi en déduire la hauteur minimale h en mètre souhaitable entre le point en hauteur qui est le fond des réacteurs 3a ou 3b qui le différencie du point bas au niveau du liquide niveau bas du stockage temporaire 12.
Le présent procédé permet de séparer des gaz comme l'azote et l'oxygène du trifluorure de bore beaucoup plus facilement que des procédés de distillation cryogénique et cela à moindre coût et aussi d'éliminer les oxydes de soufre, notamment le dioxyde de soufre SO2, sans utiliser de charbon actif qui a l'inconvénient de libérer de fines particules de charbon dans les colonnes d'adsorption à cause des forces d'attritions exercées sur les grains de charbon. Les fines particules ainsi présentes dans les lignes de production polluent le récipient de stockage contenant le BF3 gazeux. De plus, la mise en oeuvre du présent procédé évite la présence d'hydrate de BF3, de BF2OH et ou d'HF dans le BF3 gaz en s'assurant d'avoir un titre en acide sulfurique supérieur à 100% se déversant dans le dispositif 12 par les lignes 14a ou 14b. De plus, le procédé permet d'éliminer, de par sa conception, d'éventuelles traces d'autres polluants gazeux moins fréquent comme le dioxyde de carbone CO2, ou fréquent comme le tétrafluorure de silicium non souhaités dans les trifluorure de bore à destination des industries de dopages du silicium électronique.
Composition
Selon un second aspect de la présente invention, une composition est fournie. La composition comprend au moins 99,99% en poids de trifluorure de bore sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend N2 dans une teneur massique de 1 ppm à 10 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend 02 dans une teneur massique de 1 ppm à 10 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend CO2 dans une teneur massique de 1 ppm à 10 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend N2, 02 et CO2 ; la somme des teneurs massiques en N2, 02 et CO2 étant inférieure à 30 ppm, de préférence inférieure à 20 ppm sur base du poids total de la composition.
Ladite composition peut comprendre de faibles quantités de HF, SiF4 ou BF20H.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend HF dans une teneur massique de 1 ppb à 1 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend BF20H dans une teneur massique de 1 ppb à 1 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend SiF4 dans une teneur massique de 1 ppm à 10 ppm sur base du poids total de la composition.
Plus particulièrement, ladite composition comprend l'un des composés suivants : HF, SiF4 ou BF20H dans une teneur massique inférieure à 1 ppm pour l'HF, inférieure à 1 ppm pour le BF20H ou inférieure à 10 ppm pour SiF4 sur base du poids total de la composition.
De manière privilégiée, ladite composition est dépourvue de HF ou de SiF4 ou de BF20H. De manière plus privilégiée, ladite composition est dépourvue de HF, de SiF4 et de BF20H.
Selon un mode de réalisation préféré, ladite composition comprend au moins 99,99% en poids de trifluorure de bore et de 1 ppb à 1 ppm de HF, de 1 ppb à 1 ppm de BF20H, de 1 ppb à 1 ppm de HCl, de 1 ppm à 10 ppm de SiF4, de 1 ppm à 10 ppm de 02, de 1 ppm à 10 ppm de N2, de 1 ppm à 10 ppm de CO2 sur base du poids total de la composition.
Ladite composition peut éventuellement comprendre des traces de SO2, SO3 ou H2.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend SO2 dans une teneur massique de 1 ppm à 10 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend SO3 dans une teneur massique de 1 ppm à 10 ppm sur base du poids total de la composition.
Selon un mode de réalisation particulier, ladite composition comprend H2 dans une teneur massique de 1 ppm à 10 ppm sur base du poids total de la composition.
Exemples
Exemple 1 (comparatif - addition d'oléum et de BF3 simultanée)
Dans un réacteur d'une contenance de 1 litre, équipé d'un agitateur sur moteur et avec l'arbre d'agitateur passant un presse-étoupe et équipé des pales d'agitation en bout d'axe, il a été introduit en pied de cuve 510 g d'acide sulfurique à 99,8 % dont 0,2% d'eau.
Le réacteur est muni d'un couvercle étanche relié à l'agitateur et à deux pompes péristaltiques, la première étant destinée à alimenter le réacteur avec un trihydrate de trifluorure de bore BF3,3 H2O titrant 55,7% en masse de BF3 (donc 44,3 % en eau). La seconde pompe péristaltique est destinée à alimenter le réacteur avec de l'oléum contenant 65% en masse de trioxyde de soufre SO3. La sortie du réacteur est équipée d'un flacon laveur mis sur balance, flacon raccordé à un tuyau souple en caoutchouc fluorés ou tube flexible en polymère de PFA. Le flacon laveur contient de la potasse qui peut ensuite être dosée pour en analyser le bore et le fluor pour faire redondance avec la masse pesée par absorption du BF3 gaz dans une solution basique. Les mesures par l'une ou l'autre des méthodes conduisent à des résultats concordants. Les méthodes d'analyses de l'hydrate de trifluorure de bore peuvent être effectuées par analyse chimique selon le protocole décrit dans Wassmer Journal of the American Chemical Society, 1951,73 :409-416 ou plus simplement déductible par une courbe de densité fonction de la teneur en BF3 de la solution aqueuse suffisent à s'assurer du titre massique en BF3 de l'hydrate de trifluorure de bore.
Le réacteur a été alimenté par 175 g de trihydrate de BF3 avec 530 g d'oléum en 80 minutes, il s'est dégagé régulièrement et proportionnellement environ 90 g de BF3 gaz en 80 minutes par réglages simultanés d'un débit de trihydrate de trifluorure de bore de 175g/80 minutes soit 2,2 g BF3,3H2O/min avec un débit concomitant d'oléum de 530g en 80 minutes soit 6,62g S03/min. La température du réacteur a été augmentée par chauffage avec la double enveloppe du réacteur de 85°C vers 105°C pour sortir davantage le BF3 gazeux dissout de l'acide sulfurique. L'huile de la double enveloppe est maintenue vers 80°C pendant toute la formation du trifluorure de bore gazeux, puis chauffée après les 100 minutes vers 110°C.
Les 20 premières minutes de démarrage de l'essai permettent de chauffer l'acide sulfurique à la température de réaction voulue, la partie réactionnelle démarrant à t = 20 minutes avec le démarrage de l'introduction du trihydrate de trifluorure de bore et de l'oléum simultanément. Les résultats sont présentés dans le tableau 1 ci-dessous.
[Tableau 1]
Le rendement de production au temps de 96 minutes est d =(84)/(175*0,557)=86%. Les rendements ne peuvent jamais approcher les 100% car la destruction de l'eau du trihydrate par l'oléum génère de l'acide sulfurique que le BF3 gaz se doit de saturer en gaz BF3 avant qu'il puisse commencer à sortir du milieu de la réaction.
Le BF3 gazeux récupéré a des teneurs en sous-produits de 550 ppm en SO2/SO3 (déterminée par une méthode d'analyse totale du soufre), 30 ppm en CO2 (mesuré par analyseur carbone organique et minéral sur Shimadzu TOC), 125 ppm en SiF4 (mesuré par dosage colorimétrique avec le molybdate d'ammonium réagissant avec la silice pour donner un complexe jaune dosé à la longueur d'onde UV/visible de 810 nm), 80 ppm en HF (mesuré par infrarouge haute résolution). La somme des teneurs massiques en N2, 02, CO2, SiF4 est de 0,07%. Du BF20H est détecté par infrarouge de haute résolution démontrant sa présence par doublet de pics entre 1000 et 1100 cm-1. Le trifluorure de bore ainsi obtenu titre au mieux à 99,5 % sans compter la présence importante de BF20H qui diminue le titre en BF3 annoncé ci-dessus.
A la fin de l'essai, le réacteur peut être vidangé totalement ou partiellement par la vanne de fond de réacteur.
Exemple 2 (selon la présente invention - Addition d'une solution de BF3.3H2O après l'addition préalable d'oléum dans le réacteur)
Dans un réacteur double enveloppe identique à celui de l'exemple 1 et équipé d'une lentille connectée à la fibre optique d'un analyseur d'infrarouge de Raman, il a été introduit 510 g d'acide sulfurique identique à celui utilisé à l'exemple 1. Il a été ensuite introduit dans le pied de cuve d'acide sulfurique 530 g d'oléum à 65 % en SO3 puis mélangé avec l'agitation mécanique avant d'introduire du trihydrate de trifluorure de bore. Le trihydrate de tri fluorure de bore alimentait le réacteur par pompe péristaltique à un débit de 2,3 g BF3,3H2O/min en démarrant l'addition vers 20 minutes lorsque la température est montée par bain thermostaté pour avoir 80°C dans le réacteur. L'introduction du trihydrate de trifluorure de bore a été arrêtée au temps de 55 minutes en ayant commencé de l'introduire au temps de 21 minutes au débit de 2.3g/h, soit 80 g. La quantité de BF3 dissoute dans la phase liquide constituée d'acide sulfurique et d'oléum à T = 55 minutes est plus élevée comparée à celle obtenue dans l'exemple 1. En effet, la solubilité de BF3 gaz dissout dans le milieu réactionnel à T = 55 minutes est 4,9% à 88,5°C. Le milieu réactionnel contenait à T = 55 minutes 4,9% de BF3 gaz dissout dans un oléum à 15,3%.
Pour rappel, des mesures de solubilités de BF3 gaz dans l'acide sulfurique concentré montre une solubilité en BF3 gaz de 3.5% à 20°C, de 1.7% à 70°C et de 0.9% à 120°C, solubilités très
inférieures à celles de 4,9% obtenues ci-dessus vers 88,5°C. Le fait d'ajouter l'oléum dans le milieu réactionnel avant le trifluorure de bore à purifier (i.e. mise en oeuvre des étapes b) et c) du présent procédé) a un fort impact sur l'augmentation de solubilité du trifluorure de bore.
Le vide a été fait dans le réacteur pendant 10 minutes conformément à l'étape d) du présent procédé à une température d'environ 80°C jusqu'à ce qu'il ne soit plus détecté de gaz passant dans la pompe à vide, en se tenant à la pression de vapeur de l'acide sulfurique à 80°C comme seuil de vide bas.
Des gaz, tels que N2, CO2, SO2, 02, SiF4 ont été éliminés conduisant à purifier le BF3 dissout dans la phase liquide L1 de ces composés volatils y compris la totalité du SO2 de l'oléum malgré son excès dans le milieu réactionnel au moment de faire le vide et cela sans évaporer d'oléum. La mise sous vide a été stoppée. On a ensuite introduit le reste du trihydrate de trifluorure de bore, 94g, au débit de 2.3 g/h pendant 41 minutes, BF3,3H2O préalablement dégazé sous vide et chauffé à 70°C de sorte à éviter la présence d'impuretés gazeuses tel que dioxyde de carbone, oxygène, azote et tétrafluorure de silicium. Le temps de décompte des 10 minutes sous vide n'a pas été reporté dans le tableau de sorte que la reprise d'alimentation du tri hydrate de tri fluorure de bore est redémarré à 55 minutes jusqu'à 96 minutes. Entre 96 et 201 minutes une surchauffe de du liquide L1 permet de récupérer un peu de BF3 gaz supplémentaire. Du BF3 sous forme gazeuse est ainsi libéré dans le réacteur et récupéré dans une bouteille de stockage. Le tableau 2 ci-dessous reprend les données obtenues lors de cet essai.
[Tableau 2]
Le rendement de production est de 90% au temps de 96 minutes. Le BF3 gazeux récupéré à une teneur massique inférieure à 10 ppm en SO2/SO3 (déterminée par une méthode d'analyse totale du soufre), inférieure à 10 ppm en CO2 (mesurée par analyseur carbone organique et minéral sur Shimadzu TOC en limite de quantification), inférieure à 5 ppm en Si F4 (par dosage infrarouge haute résolution a transformée de Fourrier), inférieure à 1 ppm de HF (mesurée par infrarouge haute résolution). La somme des teneurs massiques en N2, 02, CO2 et SiF4 est de 0,0025%. Le BF20H n'est pas détecté. Le trifluorure de bore obtenu selon cet exemple titre à 99,995%. Comme mentionné ci-dessus, le SiF4 est quantifiable par infrarouge haute résolution compte tenu de l'absence de BF20H dans le BF3 récupéré.
Si du BF3 est encore dissout dans la phase liquide Ll, celui-ci peut être récupéré après la vidange du réacteur par une étape de stripage à haute température puis être recyclé soit sous forme de
BF3 gaz, d'hydrate de BF3 ou d'une solution de BF3, soit sous forme dissoute dans l'acide sulfurique.
Exemple 3 (selon la présente invention - Procédé mis en oeuyre dans deux réacteurs en parallèle)
Dans cet exemple, le présent procédé a été mis en oeuvre dans deux réacteurs placés en parallèle et décalés en terme de cycle de fonctionnement de manière à assurer une production de trifluorure de bore très pur de façon continue.
Un premier réacteur RI a été déchargé en fin de son cycle de production antérieur de son acide sulfurique 100% ou 102% en 20 minutes, puis comme à l'exemple 2, il a été chargé de nouveau sur le pied de réacteur de l'oléum 65% en 20 minutes. Un débit de trihydrate de BF3 plus élevé que pendant l'exemple 2, soit 4,4g/h, est chargé sur le réacteur en 20 minutes au lieu de 40 minutes. La pompe péristaltique PI d'injection de trihydrate de BF3 est arrêtée, le vide est fait pendant 10 minutes pour enlever tous les gaz (SO2, N2, 02, CO2, Si F4... ). A t = 70 min, le vide a été fermé par une vanne laissant le réacteur fermé sur lui-même, puis le circuit de remplissage des bouteilles de BF3 gaz a été ouvert. Il a été attendu avant de lancer la production de BF3 gaz de sorte que le second réacteur R2, en parallèle ait fini son cycle. Au temps de 7 minutes sur les 10 minutes disponibles, le réacteur R2 est fermé avec sa pompe P2 de trihydrate de trifluorure de bore arrêtée puis et simultanément le réacteur RI est ouvert sur l'amont du circuit de compresseur de sorte à ne pas arrêter la production de BF3 gazeux pur en démarrant de façon synchronisé la pompe PI de trihydrate de BF3. On a remis en route la pompe PI d'ajout du trihydrate de BF3 pour commencer à produire du BF3 gaz entre 70 minutes et 150 minutes au débit de 1.1 g/h.
La production de BF3 gaz est arrêtée à 77 minutes par arrêt d'ajout de la pompe péristaltique Pl de BF3 trihydrate de sorte à éviter d'entrer dans le domaine d'un acide sulfurique titrant moins de 100% en acide sulfurique. La pompe PI est arrêtée au temps de 141 minutes.
Les valeurs indiquées dans le tableau de 141 à 200 minutes sont celles du même essai témoin qui aurait été poursuivi au-delà de 141 minutes pour information.
Les résultats sont repris au tableau 3 ci-dessous.
[Tableau 3]
Le BF3 gazeux obtenu dans cet exemple, à 141 minutes, a une pureté de 99,9% et est dépourvu de HF, SiF4 et BF20H. L'absence de ces trois composés a été confirmée par analyse infrarouge (absence des bandes caractéristiques de ces trois produits dans le spectre de BF3 gazeux).
Exemple 4 (selon la présente invention)
L'exemple 4 a été mis en oeuvre dans les mêmes conditions que l'exemple 2 mais en partant de BF3 gazeux de grade technique et en utilisant de l'eau pour libérer le BF3 gazeux présent dans la phase liquide Ll.
Il a été introduit 510 g d'acide sulfurique et 265 g d'oléum à 65 % en SO3. Le mélange ainsi formé est mélangé sous l'agitation. Cela diffère aussi de l'exemple 1 comparatif en ce que la totalité de l'oléum est ajouté en une seule fois dans le réacteur dans l'acide sulfurique dès le départ avant d'ajouter les fluorures de bore progressivement. II a été ensuite introduit 49g du trifluorure de bore de qualité industrielle technique impur titrant au maximum 99.5% en BF3 gaz, contenant N2, SiF4, BF2OH, CO2, 02, HCl, H2 et HF et quelques poussières de charbon actif. L'introduction a été faite dans la phase liquide issue du mélange entre l'acide sulfurique et l'oléum, avec un système de fiole de garde autovidangeable dans le réacteur empêchant le milieu réactionnel de remonter jusqu'au manodétendeur. La température a été maintenue à 30°C par un bain thermostaté refroidissant le montage et le milieu réactionnel. L'introduction de BF3 gaz est alors arrêtée. Le réacteur est mis en communication avec une pompe à vide pour éliminer les gaz présents dans le ciel du réacteur G1 tels que N2, 02, SIF4, HCl, CO2, H2 et SO2. Le vide a été arrêté au bout des 10 minutes, puis de l'eau a été introduite progressivement. Le milieu réactionnel a été maintenu vers 30°C. L'eau introduite (35g) a été préalablement distillée et dégazée sous vide vers 30°C. L'introduction a été effectuée dans le bas du milieu réactionnel, vers la pale d'agitation produisant une formation de trifluorure de bore sous forme gazeuse. Le trifluorure de bore a été stocké dans une bouteille.
A la fin de l'introduction de l'eau, une analyse de Raman montre l'absence du pic à 1050 cm-1 de la vibration S(=O)3 de l'ion HSO4- confirmant un titre en H2SO4 supérieur ou égal à 100%. La température a été augmentée progressivement jusqu'à 90°C pour libérer du BF3 gazeux de la phase liquide Ll. Le milieu réactionnel contient de faibles quantités de HS03F, du HF et BF20H. L'acide sulfurique obtenu en fin de réaction contient encore un peu d'oléum, ajouté au départ et transformé sous une forme devenue non volatile, et de BF3. Celui-ci a été vidangé partiellement pour laisser 510 g en pied de réacteur apte à recevoir une nouvelle charge d'oléum
de 255g à 65% en S03 qui permettra de démarrer un second cycle d'absorption de BF3 gaz qualité technique impur.
L'analyse du gaz contenu dans la bouteille montre une teneur massique en BF3 supérieure à 99,99%. Une analyse infrarouge par transformée de fourier dans la plage du nombre d'onde de 1000 à 1050 cm-1 ne permet pas de déceler dans ce BF3 gaz du SiF4. De même dans la région 3950 à 4150 cm-1, il n'est pas détecté de fluorure d'hydrogène. Le BF2OH ayant un doublet spectral dans la régions 950 à 1100 cm-1 et un autre dans la région 3700 à 3800 cm-1 a aussi disparu du spectre infrarouge alors que cette espèce coproduite dans un procédé traditionnel est présente dans le trifluorure de bore technique.
Exemple 5 (selon la présente invention)
Un BF3 hydrate isotope du bore 11 de formule suivante 1:LBF3,3H2O est fabriqué selon l'exemple 2 du brevet FR2981060 en utilisant l'acide borique 1:LB(OH)3 enrichi en bore 11 à plus de 99% sous forme de solution aqueuse de 1:LB(OH)3 mis en réaction avec l'acide fluorhydrique à 35% en masse dans cette solution aqueuse. Le 1:LBF3,3H2O, concentré par évaporation, est ensuite mis en oeuvre selon l'exemple 2 de la présente demande en se substituant au trihydrate de trifluorure de bore ayant dans l'exemple 2 un ratio naturel d'isotopes 10/11 du bore trouvé dans la nature.
Le trifluorure de bore titrant environ 59.3% en UBF3 (175g) est ajouté dans 510 g d'acide sulfurique de titre dosé à 100% contenant également 530 g d'oléum à 65 % en SO3 mélangé avec l'agitation avant d'introduire ce trihydrate de trifluorure de bore isotope 11 : nB. L'injection de 80g de trihydrate de 1:LBF3 est arrêtée puis le vide fait pendant 10 minutes pour éliminer tous les gaz avant de reprendre la suite de l'addition des 85 g pour atteindre les 165g de trihydrate de trifluorure de bore. Le trifluorure de bore gazeux dégagé nBF3 est très pur et reste enrichi en bore 11. Il est stocké dans une bouteille propre pour les applications de dopage par implémentation du silicium monocristallin pour semi-conducteurs. Le 1:LBF3 gazeux obtenu dans cet exemple à une pureté de 99,99% et est dépourvu de HF, SiF4 et 1:LBF2OH. Le 1:LBF3 gazeux obtenu dans cet exemple à une pureté de 99,99% peut servir de matière première pour fabriquer les hydrures de bore que l'on nomme borane servant dans la même application d'implémentation du silicium, par exemple Le 1:LBF3 gazeux sert de matière première pour fabriquer le 1:LB2H6.
L'acide sulfurique vidangé contient encore de l'oléum, du 1:LBF2OH et de l'HF sous forme HSO3F car il n'a été introduit que 165 g de tri hydrate de trifluorure de bore en place et lieu des 175 g nécessaire à la destruction totale de l'oléum par l'eau du tri hydrate de BF3.