Procédé d'assemblage de panneaux
La présente demande concerne un procédé d'assemblage de panneaux isolants, notamment pour fabriquer des constructions temporaires. Ce système permet d'obtenir facilement une liaison articulée et étanche entre panneaux. Dans le cadre de l'aide humanitaire et des loisirs notamment, il est souvent nécessaire de disposer d'abris, sanitaires, écoles, habitats... et autres constructions pour un usage temporaire plus ou moins long (de l'ordre des semaines, mois voire années). A cet effet, il est connu d'utiliser des kits ou colis de pièces détachées comprenant notamment des panneaux isolants permettant d'ériger rapidement et facilement de telles constructions par assemblage desdits panneaux. Toutefois, un problème souvent rencontré avec les solutions de l'art antérieur est celui de l'étanchéité de ces constructions. Une solution connue à ce problème consiste en l'utilisation de joints d'étanchéité mais cette solution est souvent onéreuse et pas toujours fiable, les joints pouvant se détériorer en cours d'utilisation, de nettoyage... Une autre solution est celle décrite dans la demande FR 03.13139. Dans celle-ci, une système d'assemblage étanche est proposé qui consiste à utiliser des membranes dépassant ou rapportées par soudage ou collage sur les panneaux, ce qui permet de plier les panneaux entre eux et de réaliser une sorte de « tente » pré-assemblée. Toutefois, la soudure ou le collage de ces membranes est une opération de durée non négligeable et donc, coûteuse en termes de main d'oeuvre. En outre, l'angle de pliage des jonctions obtenues est souvent limité à 90° au plus. La présente demande vise à résoudre ce problème en proposant un procédé d'assemblage menant à un résultat (une construction ou du moins : un assemblage d'au moins 2 panneaux) tout aussi étanche, mais étant beaucoup plus rapide et facile à mettre en œuvre, et permettant d'obtenir un angle de pliage de o à 180°. La présente demande concerne dès lors un procédé pour l'assemblage d'au moins deux panneaux consistant à munir un côté de chaque panneau d'un profilé, et à fixer une membrane souple entre les deux profilés.
Les panneaux utilisés dans le cadre de l'invention sont de préférence des panneaux isolants c.à.d. principalement (majoritairement en poids) à base de matière(s) isolante(s) telle(s) que bois, matières plastiques... ce qui n'exclut pas qu'une partie de ces panneaux soit à base d'une matière non isolante tel qu'un métal par exemple. Toutefois, de manière préférée, les panneaux sont principalement à base de matière plastique. De manière tout particulièrement préférée, les panneaux sont des panneaux multicouches ayant une âme de matière plastique expansée comprise entre 2 couches de matière non expansée qui peut être une matière plastique, du bois et/ou un métal. De préférence, les couches externes sont soit toutes deux à base de matière plastique non expansée, soit l'une est à base de matière plastique non expansée et l'autre à base d'un métal tel que l'acier, P-duminium... Alternativement, la couche de matière plastique peut être remplacée par une structure en nids d'abeilles ou par tout autre profilé creux de géométrie appropriée. Par matière plastique « expansée », on entend une matière plastique dont la densité a été diminuée par l'ajout d'additifs connus sous le nom d'« agents moussants ». De tels additifs sont bien connus dans le métier de la plasturgie. Ils peuvent être de divers types regroupés souvent en deux familles : agents moussants chimiques et agents moussants physiques. On peut aussi les mélanger. Des renseignements peuvent être trouvés à ce sujet dans de nombreux ouvrages techniques. Les réductions de densité varient fortement selon l'agent moussant et la quantité utilisée. Une matière plastique dont la densité a été réduite de plus de 5 %, voire de plus de 10 %, par rapport à sa valeur sans agents moussants, pour des conditions de pression et température identiques, convient bien. Par matière plastique « non expansée », on entend une matière plastique dont la densité est proche de sa valeur sans agents moussants, pour des conditions de pression et température identiques. Elle peut contenir ou non des agents moussants. Dans le cas où elle en comprend, il faut que ce soit en petite quantité ou que l'action de l'agent moussant ait été empêchée, par exemple par application de pression. Une matière plastique dont la densité a été réduite de moins de 5 % , éventuellement de moins de 10 %, par rapport à sa valeur sans agents moussants et pour des conditions de pression et température identiques, convient bien. De nombreuses matières plastiques sont actuellement disponibles pour former des mousses : polyéthylène, polypropylène, polyfluorure de vinylidène,
polyuréthane. La mousse de polyuréthane est préférée pour ses qualités d'adhérence sur de nombreux supports (matières plastique, métaux, bois,...), sa facilité de mise en œuvre et son coût modéré. Les couches de matière non expansée peuvent être réalisées en polyéthylène, polypropylène ou PNC (chlorure de polyvinyle), pour ne citer que des polymères dits de commodité. Le PNC est néanmoins préféré, vu son usage très répandu, notamment dans le secteur du bâtiment, pour lequel des grades résistant bien aux intempéries et aux rayonnements solaires existent. On pourra selon les cas utiliser du PNC souple ou rigide. On pourra également de manière très avantageuse combiner ces deux matières, une couche non expansée étant réalisée en PNC souple, l'autre en PNC rigide. L'utilisation de PNC souple en couche extérieure (la couche qui est soumise aux intempéries) permet de profiter des possibilités de rénovation offertes par les membranes en PNC souple. Lors d'une rénovation on ne devra pas remplacer tout le panneau. H suffira de le recouvrir par les techniques bien connues pour ces produits d'une nouvelle couche de membrane. La couche de PNC rigide, placée du côté intérieur du panneau assurera la bonne rigidité du panneau. Enfin, le fait de choisir comme couche externe non expansée une couche de PNC souple permet d'utiliser un prolongement de celle-ci comme membrane de liaison entre panneaux adjacents à assembler. De bons résultats sont obtenus avec des panneaux isolants ayant une âme en matière plastique expansée à base de polyuréthane et deux couches de matière plastique non expansée à base de PNC. Selon un mode d'exécution préféré, les panneaux isolants sont des panneaux multicouches ayant une âme en matière plastique expansée à base de polyuréthane et deux couches de matière plastique non expansée à base de PNC souple sur la face externe et de PNC rigide sur la face externe, la couche de PNC souple débordant de la couche de matière plastique expansée et de la couche de PNC rigide de manière à fournir la membrane et à pouvoir être fixée mécaniquement, par débordement, sur un panneau adjacent. Cette fixation mécanique peut se faire par collage, soudure, rivetage, vissage.... Selon un autre mode d'exécution préféré, les panneaux ont une âme cellulaire comprenant une structure en nid d'abeilles ou alvéolaire (toiles perpendiculaires en PNC reliant les parois extérieures) à base de PNC remplie ou non de mousse de PUR et deux couches externes de PNC. Une variante qui donne de bons résultats en terme d'adhérence des couches externes sur la
mousse, est celle selon laquelle les deux couches externes sont solidaires d'un nid d'abeilles en PNC rempli de mousse de PUR et sont séparées par une couche de mousse exempte de nid d'abeilles. Une telle structure fait l'objet de la demande FR 05.03197 au nom de la demanderesse, dont le contenu est incorporé par référence dans la présente demande. Selon les cas, un adhésif pourra être nécessaire par assurer l'adhésion entre les différentes couches du panneau et/ou la membrane, le cas échéant. Il pourra constituer une couche séparée entre les couches expansées et non expansées ou bien être partie intégrante de ces dernières. Les couches non expansées du panneau selon cette variante de l'invention pourront être ou non renforcées par toutes techniques bien connues (par exemple fibres ou tissus de verre, de polyester, ...). Elles pourront comprendre tout type d'additifs bien connus en plasturgie pour améliorer certaines propriétés (telles la résistance aux chocs, la tenue au feu, ...). Elles pourront également avoir subi un traitement de surface ou même avoir été enduites ou recouvertes de couches extérieures, par exemple de couches minces protectrices, en particulier de protections contre les rayonnements solaires. Ces couches minces pourront aussi avoir un but décoratif (de parement). Les panneaux selon l'invention présentent généralement une épaisseur de l'ordre de plusieurs mm, voire de l'ordre des cm, selon la solidité/durée souhaitée pour la construction à laquelle ils sont destinés. Les panneaux isolants utilisés dans le procédé selon l'invention ont un profilé fixé sur au moins un de leurs côtés. Par « profilé », on entend désigner une pièce généralement en matière plastique ou en métal, dont la forme est appropriée pour être fixée d'un côté, sur un panneau isolant (et de préférence, sur tout un côté de celui-ci) et de l'autre côté, à une membrane de jonction. Un profilé creux, dans lequel le panneau est inséré et puis, fixé mécaniquement (par collage, soudure, rivetage, clipsage...) convient bien. Ce profilé est de préférence en PNC ou en aluminium. Quant à la membrane de jonction, elle est de préférence en matière plastique également et de manière tout particulièrement préférée, en PNC souple. Par « membrane », on entend aussi bien une feuille, qu'une plaque ou même, qu'un profilé, à condition qu'il s'agisse d'un objet substantiellement mince et souple. Cette membrane peut être lisse (auquel cas le profilé sera de préférence muni de lèvres aptes à être clipsées de manière étanche sur cette membrane). De préférence toutefois, elle comprend en au moins une de ses extrémités (bords
latéraux), un relief apte à coopérer avec un relief complémentaire sur le profilé des panneaux, pour obtenir une liaison étanche. Une forme de relief qui convient bien est celle d'un jonc solidaire d'un des bords de la membrane, et coopérant avec une gorge solidaire du profilé. Par « jonc », on entend désigner une sorte de câble/fil plein, de forme allongée et généralement cylindrique (ce qui n'exclut pas la présence d'excroissances ou de creux, rainures, bosses...). Ces jonc peuvent être moulés d'une pièce avec la membrane ou constituer (ou faire partie de) une pièce séparée, solidarisée à la membrane par soudure. De préférence, les joncs sont soit moulés d'une pièce avec la membrane, soit solidaires d'un profilé (qui peut être une simple bande extradée) qui est soudé à la membrane. Selon cette variante, la jonction membrane/profilé peut se faire en clipsant ou en glissant les joncs dans une gorge prévue à cet effet dans les profilés. La méthode selon l'invention peut servir à réaliser des assemblages/constructions quelconques, mais de par sa rapidité de montage et de démontage, convient bien dans le cadre de la fabrication de constructions temporaires. Par « construction temporaire », on entend une construction ayant une durée de vie limitée, inférieure à celles des constructions maçonnées (en briques, béton...) mais qui peut atteindre plusieurs années malgré tout. La présente invention concerne également un kit pour la fabrication de constructions temporaires, et comprenant : des panneaux ayant un profilé muni d'une gorge fixé sur au moins un de leurs côtés ; des membranes ayant un jonc solidaire d'au moins un de leurs côtés, le jonc des membranes étant apte à être clipsé ou glissé dans la gorge du profilé des panneaux. Par « clipsé », on entend en fait inséré avec déformation d'au moins une des pièces (généralement, la gorge du profilé) tandis que par « glissé », on entend inséré sans déformation comme c'est la cas par exemple lorsque la gorge est en fait un cylindre fermé, creux, dans lequel le jonc ne peut être inséré que en étant glissé par l'une des extrémités. Les matières constitutives des éléments de ce kit (panneaux, profilés, membranes) sont de préférence telles que décrites précédemment. Les membranes comprennent de préférence un relief (jonc) sur deux de leurs côtés opposés.
L'invention est illustrée de manière schématique et non limitative par la figure 1. On y voit deux panneaux (4, 4') assemblés conformément à l'invention et de manière à assurer un pliage angulaire de 0 à 180° entre eux. L'assemblage est réalisé à l'aide d'une membrane souple (2) comprenant en ses deux extrémités, un jonc circulaire extradé (3) permettant la liaison à des profilés rigides (1, l') solidaires des panneaux (4, 4').