Description
Titre : Procédé de fabrication de polyéthercétonecétone
Domaine technique
L'invention concerne le domaine des polyéthercétonecétones.
Plus particulièrement, l'invention concerne un procédé de fabrication de polyéthercétonecétone par polymérisation précipitante, mis en œuvre par voie électrophile.
L’invention concerne également le polymère susceptible d’être obtenu par ce procédé.
Art antérieur
Il est connu, notamment de US 3,791 ,890, un procédé de fabrication électrophile de polyétheréthercétone à partir d’un mélange de chlorure d’isophtaloyle et de chlorure de téréphthaloyle (chlorures d’acyle), mis à réagir avec du diphényléther (éther aromatique), en présence de chlorure d’aluminium (acide de Lewis), et utilisant l’ortho-dichlorobenzène comme solvant de réaction.
L’exemple 3 de US 3,791 ,890 décrit la préparation d’un pré-mélange comprenant les chlorures d’acyle, le diphényléther et le chlorure d’aluminium dans une faible quantité d’ortho-dichlorobenzène (350 mL) à une température d’environ -5°C. La réaction est ensuite initiée par dispersion de ce pré-mélange dans une grande quantité d’ortho-dichlorobenzène (1250 mL) préchauffée à 100°C.
Cette séquence de préparation premièrement d’un pré-mélange à froid puis d’une dispersion du pré-mélange dans du solvant de réaction préchauffé permet d’effectuer une montée en température du mélange réactionnel extrêmement rapide. Bien que les mécanismes ayant lieu dans le milieu réactionnel ne sont pas entièrement compris, le document US 3,791 ,890 indique que cela permet de : séparer les particules de polymère en cours de formation, faciliter la réaction de polymérisation, et empêcher la coagulation des particules en une masse gélatineuse caractéristique de cette réaction de polymérisation.
Il est également connu, notamment de l’exemple 3 de US 4,816,556 que la séquence de préparation d’un pré-mélange à froid puis de la dispersion de ce
dernier dans du solvant de réaction préchauffé peut aussi être mise en œuvre dans un procédé par voie électrophile alternatif de fabrication de polyétheréthercétone, dans lequel du 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène (éther aromatique) est mis à réagir avec un chlorure d’acyle, en présence de chlorure d’aluminium, et utilisant l’ortho-dichlorobenzène comme solvant de réaction.
En outre, l’exemple 3 de US 4,816,556 inclut l’utilisation de chlorure de benzoyle permettant de contrôler le poids moléculaire du polymère obtenu.
En pratique, les procédés des deux documents de brevets ci-dessus ne se sont pas révélés totalement efficaces et n’empêchent que partiellement le dépôt d’une masse gélatineuse au cours de la polymérisation sur les parois du réacteur et sur le système d’agitation, ce qui entraîne plusieurs désavantages.
Premièrement, cela provoque une diminution du rendement du procédé puisque ce gel est difficilement récupérable. Deuxièmement, cela rend le contrôle de la réaction de polymérisation plus compliqué puisque cela peut entraîner une dérive de la stœchiométrie des réactifs. Troisièmement, l’encrassement des parois diminue l’efficacité du transfert thermique entre les moyens de contrôle de température du réacteur et le milieu réactionnel, rendant le contrôle de la température au sein du réacteur plus compliqué. Quatrièmement, cela nécessite de mettre un œuvre un nettoyage souvent fastidieux du réacteur ce qui entraîne une diminution de la productivité des installations tout en générant des effluents liquides et solides à recycler et/ou détruire.
En outre, l’augmentation brusque de la température du milieu réactionnel implique un mauvais contrôle, au moins temporaire, de cette dernière, ce qui rend difficile une bonne répétabilité du procédé.
De plus, comme démontré en partie expérimentale de la présente demande, le polymère obtenu à l’aide de procédés selon les deux documents de brevets ci- dessus, se présente sous forme de grosses particules de tailles assez hétérogènes, ce qui rend notamment les étapes de purification plus compliquées à mettre en œuvre.
Enfin, comme démontré en partie expérimentale de la présente demande, le procédé selon les deux documents de brevets ci-dessus ne permet pas d’obtenir une bonne intégration de l’agent limiteur de chaîne en fin des chaînes polymériques pour une viscosité de polymère donnée.
Il est aussi connu, notamment de WO 9 523 821 , l’ajout d’un dispersant du polymère permettant d’éviter la coagulation d’un produit polymérique collant.
Ce document explique que le produit polymérique collant est en fait dû au complexe formé par un polymère de faible poids moléculaire avec l’acide de Lewis formé au début de la réaction de polymérisation et qui précipite sous forme d’un gel qui recouvre les parois du réacteur et de l'agitateur.
Parmi les dispersants, le document de brevet désigne par exemple des composés ayant comme groupe pendant une fraction de formule :
Il est encore connu, notamment de US20120263953, l’utilisation d’agents de contrôle agissant comme dispersants, et notamment l’utilisation d’acide benzoïque et de ses dérivés.
L’ajout d’un dispersant présente néanmoins plusieurs désavantages. L’utilisation de certains dispersants, notamment ceux possédant une fraction de formule (0) comme illustrée ci-dessus, entraîne une surconsommation de l’acide de Lewis dans le procédé, ce dernier formant également un complexe avec le dispersant. En outre, cela complique la gestion des effluents du procédé, et notamment l’exploitation/recyclage de l’effluent contenant l’acide de Lewis. Enfin, le dispersant ne peut totalement être éliminé du polymère fabriqué et peut avoir un effet néfaste pour la stabilité thermique du polymère.
Pour finir, toujours dans le but d’éviter le phénomène de coagulation et d’encrassement du réacteur, le document EP 3 712 193 propose un procédé dans lequel un gaz inerte, notamment du diazote, est insufflé au sein du milieu réactionnel pendant la réaction de polymérisation. Ceci peut dans certains cas être préjudiciable à un contrôle fin de la température dans le milieu réactionnel et donc à la bonne répétabilité du procédé.
Ainsi, il existe actuellement un besoin d’améliorer le procédé de fabrication de polyéthercétonecétone afin de limiter encore davantage l’encrassement provoqué par, selon les connaissances actuelles, la coagulation de complexe oligomère-
acide de Lewis. Il existe également un besoin de fournir un procédé de fabrication plus simple et/ou ayant une bonne répétabilité et/ou ayant un meilleur rendement et/ou étant plus efficace.
La présente invention propose un tel procédé palliant préférentiellement un ou plusieurs désavantages des procédés selon l’art antérieur, ainsi que des polymères susceptibles d’être obtenus par ce procédé.
Objectifs de l’invention
Un objectif de l’invention est, au moins selon certains modes de réalisation, de proposer un procédé simple de mise en œuvre et permettant de limiter efficacement l’encrassement du réacteur de polymérisation.
Un autre objectif de l’invention est, au moins selon certains modes de réalisation, d’augmenter le rendement du procédé de fabrication de polyéthercétonecétone.
Un autre objectif de l’invention est, au moins selon certains modes de réalisation, d’augmenter l’efficacité du procédé de fabrication de polyéthercétonecétone, notamment permettant un nettoyage moins fréquent du réacteur.
Un autre objectif de l’invention est, au moins selon certains modes de réalisation, de proposer un procédé autorisant un contrôle optimal des paramètres de réaction, notamment de la température à l’intérieur du réacteur.
Un autre objectif de l’invention est, au moins selon certains modes de réalisation, de proposer un procédé autorisant un contrôle optimal du degré de polymérisation, ce qui est mesuré indirectement mais de manière usuelle par l’évaluation de la viscosité du polymère fabriqué.
Un autre objectif de l’invention est, au moins selon certains modes de réalisation, de proposer un procédé autorisant un contrôle optimal de la chimie des fins de chaîne du polymère fabriqué.
Un autre objectif de l’invention est, au moins selon certains modes de réalisation d’obtenir des particules de polymère de taille plus homogène et/ou de plus faible taille.
Résumé de l'invention
L’invention concerne un procédé de fabrication d'un polyéthercétonecétone comprenant :
- la mise en contact d'un éther aromatique ou d’un mélange d’éthers aromatiques, comprenant au moins 50% en moles de 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène, de 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène ou de leur mélange, par rapport au nombre total de moles en éther(s) aromatique(s), avec un chlorure d’acyle ou un mélange de chlorures d'acyle, et un acide de Lewis, dans tout ou partie d’un solvant de réaction, de sorte à former un mélange réactionnel. Le 1 ,3-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène et/ou le 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène sont essentiellement non solubilisés dans le solvant de réaction à la fin de l’étape de mise en contact ; et,
- la polymérisation du mélange réactionnel, la polymérisation étant mise en œuvre, au moins en partie, à une température Tp supérieure ou égale à 50 °C. Le procédé est caractérisé en ce qu'il comprend une étape progressive de chauffage du mélange réactionnel jusqu’à atteindre une accélération de la réaction de polymérisation, l’étape progressive de chauffage étant mise en œuvre à une vitesse moyenne de chauffe choisie dans une gamme allant de 0,65°C/minute à 2,5°C/minute.
Parmi les espèces chimiques introduites au cours du procédé, notamment pendant l’étape de mise en contact et/ou pendant la polymérisation, et/ou pendant l’étape progressive de chauffage, un ou plusieurs agents limiteur de chaîne peuvent optionnellement être ajoutés.
Selon certains modes de réalisation, le ou, le cas échéant, les chlorures d'acyles sont choisis dans le groupe constitué de : chlorure de téréphtaloyle, chlorure d'isophtaloyle, chlorure de phtaloyle, phosgène, dichlorure d'adipoyle, chlorure de tétrabromophtaloyle, et des composés ayant pour formule chimique :
dans lesquelles a est un nombre entier allant de 0 to 3; V est choisi parmi -O-, -S-, -(CF2)q-, -(CH2)q-, or -C((CH3)2)-; Z est choisi parmi : -C(O)-, -SO2-, -C(O)-C6H4-C(O)-, -O-(CF2)q-O-, -S-, -(CF2)q-, -(CH2)q-, ou C-(CH3)2-; et dans lequel q est un nombre entier allant de 1 à 20. Selon certains modes de réalisation, un mélange d’éthers aromatiques est utilisé. Ce mélange comprend en plus d’un éther aromatique choisi parmi le groupe constitué de : 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène , 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène, ou leur mélange, au moins un autre éther aromatique choisi parmi le groupe constitué de : diphényléther, 4,4’-diphénoxybenzophénone, 3,3’-diphénoxybenzophénone, 3,4’- diphénoxybenzophénone, les produits de la réaction par substitution électrophile de Friedel-Crafts de deux molécules, notamment deux mêmes molécules, choisies parmi : diphényl éther, 4,4’-diphénoxybenzophénone, 3,3’-diphénoxybenzophénone, 3,4’- diphénoxybenzophénone avec une molécule de chlorure d’acyle choisie parmi : le chlorure de phtaloyle, le phosgène, le dichlorure d'adipoyle, et les composés ayant pour formule chimique :
dans lesquelles : a un nombre entier allant de 0 to 3 ;
V est choisi parmi : -O-, -S-, -(CF2)q-, -(CH2)q-, or -C((CH3)2)-; Z est choisi parmi : -C(O)-, -SO2-, -C(O)-C6H4-C(O)-, -O-(CF2)q-O-, -S-, -(CF2)q- -(CH2)q-, ou C-(CH3)2-; et dans lequel q est un nombre entier allant de 1 à 20 ; et, les produits de la réaction par substitution électrophile de Friedel-Crafts de deux molécules, notamment deux mêmes molécules, choisies parmi : 4,4’- diphénoxybenzophénone, 3,3’-diphénoxybenzophénone, et 3,4’- diphénoxybenzophénone avec une molécule de chlorure d’acyle choisie parmi : chlorure de téréphtaloyle et chlorure d'isophtaloyle.
Selon certains modes de réalisation, le solvant de réaction est choisi dans le groupe constitué de : ortho-dichlorobenzène, 1 ,2,4-trichlorobenzène, 1 ,2,3- trichlorobenzène, ortho-difluorobenzène, et leurs mélanges.
Selon certains modes de réalisation, l'acide de Lewis est choisi dans le groupe constitué de : trichlorure d'aluminium, tribromure d'aluminium, pentachlorure d'antimoine, pentafluorure d'antimoine, trichlorure d'indium, trichlorure de gallium, trichlorure de bore, trifluorure de bore, chlorure de zinc, chlorure ferrique, chlorure
stannique, tétrachlorure de titane, pentachlorure de molybdène, et leurs mélanges.
Selon certains modes de réalisation, au moins un agent limiteur de chaîne est ajouté au cours du procédé.
L’agent limiteur de chaîne peut être un agent limiteur de chaîne nucléophile. Ce dernier est préférentiellement choisi parmi les composés de formule chimique suivante :
dans laquelle :
Xi représente une liaison covalente, -O-, ou -S-, et
X2 représente, CeHsCO, ou C6H5SO2; et,
dans laquelle :
X3 représente un atome d’halogène, un groupe alkyle, ou un groupe alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone;
Alternativement, ou en complément, l’agent limiteur de chaîne peut être un agent limiteur de chaîne électrophile. Ce dernier est préférentiellement choisi parmi les composés de formule suivante :
dans lesquelles :
X4 représente un atome d’hydrogène, un atome d’halogène, un groupe alkyle ou alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone, un groupe nitro, CeHsCO ou C6H5SO2 ; ou de formule :
(XVIII), dans lesquelles :
Xn représente n groupements, n étant un entier choisi entre 2 et 5, chaque groupement étant indépendamment choisi parmi : un atome d’halogène, un groupe alkyle ou alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone, un groupe nitro, CeHsCO ou C6H5SO2.
Selon certains modes de réalisation, le ratio molaire en éther(s) aromatique(s) par rapport au(x) solvant(s) de réaction ayant été introduits au total dans le mélange réactionnel à la fin de la polymérisation est de : 0,005 à 0,030, préférentiellement de : 0,008 à 0,025, et de manière extrêmement préférée de : 0,010 à 0,022.
Selon certains modes de réalisation, un excès d’éther(s) aromatique(s) est mis à réagir avec le(s) chlorure(s) d'acyle. De manière avantageuse, le ratio molaire en éther(s) aromatique(s) par rapport au(x) chlorure(s) d'acyle ayant été introduits au total dans le mélange réactionnel à la fin de l’étape de mise en contact étant préférentiellement de : 1 ,001 à 1 ,1.
Selon certains modes de réalisation, le ratio molaire en acide(s) de Lewis par rapport au(x) éther(s) aromatique(s) ayant été introduits au total dans le mélange
réactionnel à la fin de l’étape de mise en contact est de : 5,0 à 7,0 et préférentiellement de : 5,5 à 6,5.
Selon certains modes de réalisation, le mélange réactionnel est maintenu au cours de l’étape de mise en contact à une température To inférieure ou égale à 5°C, préférentiellement inférieure ou égale à 0°C, et de manière davantage préférée inférieure ou égale à -5°C.
Selon certains modes de réalisation, la température Tp est inférieure ou égale à 120°C; et préférentiellement inférieure ou égale à 100°C.
Selon certains modes de réalisation, l’étape progressive de chauffage et la polymérisation sont mises en œuvre sous agitation, préférentiellement à l'aide d’un moyen d’agitation comprenant au moins un mobile à double flux.
Selon certains modes de réalisation, un mélange d’éthers aromatiques est utilisé pour mettre en œuvre le procédé. Ce mélange d’éthers aromatiques est constitué d’un éther aromatique choisi parmi : 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène, 1 ,3- bis(4-phénoxybenzoyl)benzène ou leur mélange; et d’un autre éther aromatique choisi parmi : diphényléther, 4,4’-diphénoxybenzophénone, ou leur mélange. Le mélange d’éthers aromatiques comprend jusqu’à 20% en moles, préférentiellement jusqu’à 10% en moles, et de manière davantage préférée jusqu’à 5% en moles dudit autre éther aromatique, par rapport au nombre total de moles d’éthers aromatiques.
Selon certains modes de réalisation, l’éther aromatique ou le cas échéant le mélange d’éthers aromatiques est constitué, ou est respectivement essentiellement constitué, de 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène.
Selon certains modes de réalisation, le ou les chlorures d’acyles sont choisis dans le groupe constitué de chlorure d'isophtaloyle, chlorure de téréphtaloyle, et leur mélange.
Selon certains modes de réalisation, l'acide de Lewis est le trichlorure d'aluminium.
Selon certains modes de réalisation, le solvant de réaction est l'ortho- dichlorobenzène.
Selon certains modes de réalisation, un agent limiteur de chaîne est ajouté au cours du procédé. Cet agent limiteur de chaîne peut être le chlorure de benzoyle, le chlorure de p-fluorobenzoyle, le chlorure de 3,5 difluorobenzène, ou leur
mélange. Cet agent limiteur de chaîne peut notamment être le chlorure de benzoyle, le chlorure de p-fluorobenzoyle, ou leur mélange.
Selon certains modes de réalisation, l’étape progressive de chauffage est mise en œuvre à une vitesse moyenne de chauffe allant de 0,70°C/minute à 2,2°C/minute, préférentiellement à une vitesse moyenne de chauffe allant 0,75°C/minute à 2,0°C/minute, et de manière davantage préférée à une vitesse moyenne de chauffe allant de 0,8°C/min à 1 ,8°C/min.
Selon certains modes de réalisation, une fraction massique de solvant de réaction au moins égale à 0,15 est introduite avant la fin de l’étape de mise en contact, la fraction massique étant calculée en divisant le poids de solvant de réaction ayant été introduit à la fin de l’étape de mise en contact par rapport au poids total de solvant de réaction ayant été introduit à la fin de la polymérisation.
La présente invention concerne également un polyéthercétonecétone ayant des fins de chaînes contrôlées par un limiteur de chaîne, vérifiant l’inégalité suivante : IV *FDC(LDC) > LIM; (eq.1 ) dans laquelle :
IV représente la viscosité inhérente du polymère, exprimée en dl/g, telle que mesurée selon la norme ISO 307-2009 appliquée au PEKK ;
FDC(LDC) représente la concentration molaire du groupement issu du limiteur de chaîne par rapport au poids total du polymère, exprimée en micro équivalent de limiteur de chaine par gramme de polymère ;
LIM est un nombre égal à au moins 40.
Ce polymère est susceptible d’être obtenu par un procédé par voie électrophile, notamment par le procédé par voie électrophile selon l’invention.
Selon certains modes de réalisation, le limiteur de chaîne est un agent limiteur de chaîne nucléophile choisi parmi les composés de formule chimique suivante :
dans laquelle :
Xi représente une liaison covalente, -O-, ou -S- ; et
X2 représente, CeHsCO, ou C6H5SO2 ; et,
dans laquelle :
X3 représente un atome d’halogène, un groupe alkyle ou un groupe alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone ; ou, le limiteur de chaîne est un agent limiteur de chaîne électrophile choisi parmi les composés de formule suivante :
dans lesquelles :
X4 représente un atome d’hydrogène, un atome d’halogène, un groupe alkyle ou alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone, un groupe nitro, CeHsCO ou C6H5SO2 ; et,
(XVII),
(XVIII), dans lesquelles :
Xn représente n groupements, n étant un entier choisi entre 2 et 5, chaque groupement étant indépendamment choisi parmi : un atome d’halogène, un groupe alkyle ou alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone, un groupe nitro, CeHsCO OU C6H5SO2.
Selon certains modes de réalisation, le limiteur de chaîne est le chlorure de benzoyle, le chlorure de p-fluorobenzoyle, le chlorure de 3,5-difluoro benzoyle, ou leur mélange.
Selon certains modes de réalisation, le limiteur de chaîne est le chlorure de benzoyle, le chlorure de p-fluorobenzoyle, ou leur mélange.
Selon certains modes de réalisation, le polyéthercétonecétone a une viscosité inhérente supérieure ou égale à 0,4 dl/g, préférentiellement supérieure ou égale à 0,5 dl/g, préférentiellement supérieure ou égale à 0,6 dl/g et de manière davantage préférée supérieure ou égale à 0,7 dl/g, la viscosité inhérente étant mesurée à une concentration de 0,0005 g/mL dans une solution d’acide sulfurique à 96,00% à 25°C à l’aide d’un viscosimètre de type Ubbelohde à niveau suspendu selon la norme ISO 307-2009.
Alternativement, ou de manière complémentaire, le polyéthercétonecétone a une viscosité inhérente inférieure ou égale à 2 dl/g, et préférentiellement inférieure ou égale à 1 ,5 dL/g.
Selon certains modes de réalisation, le polyéthercétonecétone a une viscosité inhérente allant de 0,98 dl/g à 1 ,4 dL/g.
Selon certains modes de réalisation, le polyéthercétonecétone ne comprend pas d’agent dispersant.
Selon certains modes de réalisation, le polyéthercétonecétone selon l’invention se présente sous forme d’une poudre caractérisée en ce que la proportion massique en particules de taille strictement supérieure à 630 micromètres est inférieure ou égale à 25%, préférentiellement inférieure ou égale à 15%, et plus
préférentiellement inférieure ou égale à 10%, telle qu’obtenue par tamisage à l’aide d’un tamis de maille égale à 630 micromètres.
Selon certains modes de réalisation, le polyéthercétonecétone selon l’invention se présente sous forme d’une poudre caractérisée en ce que la proportion massique en particules de taille strictement supérieure à 450 micromètres est inférieure ou égale à 75%, préférentiellement inférieure ou égale à 50%, plus préférentiellement inférieure ou égale à 25%, plus préférentiellement encore inférieure ou égale à 20%, et de manière la plus préférée inférieure ou égale à 16%, telle qu’obtenue par tamisage à l’aide d’un tamis de maille égale à 450 micromètres.
Selon certains modes de réalisation, la poudre de polyéthercétonecétone a une densité tassée, telle que mesurée dans les exemples, supérieure ou égale à 200 kg/m3
Selon certains modes de réalisation, la poudre de polyéthercétonecétone a une surface spécifique BET est inférieure ou égale à 4 m2/g.
Description détaillée de l’invention
Les polyéthercétonecétones, également appelés PEKK, préparés selon le procédé de l'invention comprennent au moins 25% en moles, par rapport au nombre total de moles des motifs de répétition du polymère, d'un motif de répétition choisi dans le groupe constitué de :
encore désigné sous le nom de motif isophtalique ou par l’initiale « I » ;
(H), encore désigné sous le nom de motif téréphtalique ou par l’initiale « T » ; et, leur mélange.
Les polyéthercétonecétones fabriqués selon l’invention peuvent comprendre au moins 30% en moles, ou au moins 40% en moles, ou au moins 50% en moles, ou au moins 60% en moles, ou au moins 70% en moles, ou au moins 80% en moles, ou au moins 90% en moles, ou 100% des motifs de répétition de formule (I) et/ou de formule (II) par rapport au nombre total de moles des motifs de répétition du polymère.
Selon les modes de réalisation où le polyéthercétonecétone comprend des motifs de répétition de formule (I) et de formule (II), ces motifs sont considérés dans leur ensemble par rapport au nombre total de moles des motifs de répétition du polymère.
Selon certains modes de réalisation, les polyéthercétonecétones selon l’invention sont essentiellement constitués, c’est-à-dire comprennent au moins 95% en moles, préférentiellement au moins 98% en moles, des motifs de répétition de formule (I) et/ou de formule (II), considérés le cas échéant dans leur ensemble, par rapport au nombre total de moles des motifs de répétition du polymère.
Selon certains modes de réalisation, les polyéthercétonecétones selon l’invention sont essentiellement constitués, ou constitués, d’unités de répétition de formule (I) et/ou de formule (II), la proportion en motifs de formule (II) par rapport aux motifs de formule (I), notée rapport T:l étant de 50:50 à 100:0. Notamment le rapport T:l peut être de 50:50 à 55:45, ou de 55:45 à 65:35, ou de 65:35 à 75:25, ou de 75:25 à 85:15, ou de 85:15 à 95:5, 95:5 à 100 :0. Selon certains modes de réalisation, les polyéthercétonecétones sont constitués d’unités de répétition de formule (I) et de formule (II), la proportion en motifs de formule (II) par rapport aux motifs de formule (I), notée rapport T:l étant de 55:45 à 95 :5.
Selon certains modes de réalisation, les polyéthercétonecétones selon l’invention sont essentiellement constitués, ou constitués, d’unités de répétition (I) et/ou (II), avec un rapport T: I de 0:100 à 50:50. Notamment le rapport T: I peut être de 0:100 à 5:95, ou de 5:95 à 10:90, ou de 10:90 à 20:80, ou de 20:80 à 30:70, ou de 30:70 à 40 :60, ou de 40 :60 à 50:50.
La réaction de polymérisation mise en jeu est une réaction de polycondensation impliquant une substitution électrophile entre un ou plusieurs éthers aromatiques avec un ou plusieurs chlorures d'acyles, en présence d'un acide de Lewis et optionnellement d’un agent limiteur de chaîne dans un solvant de réaction. La réaction de polymérisation est en outre précipitante du fait que le polymère formé précipite dans le mélange réactionnel. Elle est enfin exothermique. Du chlorure d’hydrogène est produit au cours de la polycondensation.
Sans être lié à la théorie, les inventeurs pensent que la mise en œuvre du procédé selon l’invention, notamment la mise en contact des réactifs de sorte à former un mélange réactionnel dans lequel le 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou le 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène restent essentiellement en suspension, suivie par une étape progressive de chauffage, permet de créer un état métastable du mélange réactionnel dans lequel le 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou le 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène se trouve(nt) essentiellement en suspension. Le maintien suffisamment longtemps du 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou du 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène, considérés le cas échéant dans leur ensemble, sous forme non soluble dans le mélange réactionnel, permet que l’accélération de la réaction de polymérisation ait lieu à une température plus élevée que dans des conditions où on laisserait un équilibre thermodynamique s’établir. Ceci permet d’initier la réaction de polymérisation avec une cinétique rapide et donc de limiter la durée pendant laquelle le mélange réactionnel est essentiellement formé de chaînes polymériques de bas poids moléculaire, ces chaînes polymériques étant particulièrement aptes à coaguler et à former un gel encrassant les parois du réacteur et/ou le système d’agitation. Le procédé selon l’invention permet donc de limiter la formation de gels encrassant les parois sans avoir recours à des agents dispersants tels que décrits dans l’art antérieur, notamment dans WO 9 523 821 et dans US20120263953.
On entend par essentiellement « en suspension » ou par « essentiellement non solubilisés » le fait que le 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou le 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène, le cas échéant considérés dans leur ensemble, ont une fraction massique de moins de 2%, préférentiellement moins de 1 %, préférentiellement encore moins de 0,5%, plus préférentiellement moins de 0,25%, et de manière la plus préférée moins de 0,1 % d’espèce solubilisée dans le solvant de réaction par rapport au poids total en espèce dans le solvant de réaction à un moment donné et à une température donnée.
Le chlorure d'acyle est préférentiellement choisi dans le groupe constitué de : chlorure de téréphtaloyle, chlorure d'isophtaloyle, chlorure de phtaloyle, phosgène, dichlorure d'adipoyle, et des composés ayant pour formule :
dans lesquelles : a est un nombre entier allant de 0 to 3 ; V est choisi parmi : -O-, -S-, -(CF2)q-, -(CH2)q-, or -C((CH3)2)- ;
Z est choisi parmi : -C(O)-, -SO2-, -C(O)-C6H4-C(O)-, -O-(CF2)q-O-, -S-, -(CF2)q-, -(CH2)q-, ou C-(CH3)2- ; et dans lequel q est un nombre entier allant de 1 à 20.
Un certain nombre de mesures peuvent être prises pour garantir que le(s) chlorure(s) d’acyle utilisé(s) possède(nt) un degré de pureté satisfaisant. En effet, les chlorures d’acyle sont des espèces facilement hydrolysables et peuvent notamment contenir comme impuretés une certaine quantité d’espèces hydrolysées s’ils ne sont pas stockés et/ou manipulés dans des conditions appropriées.
En particulier, les chlorures d’acyle ne doivent être mis en contact à aucun moment avec de l'eau et/ou une atmosphère humide avant d’être introduits dans le réacteur. Il peut ainsi être avantageux de conserver les chlorures d’acyle dans un récipient étanche sans contact avec l'air ambiant, ou alternativement dans un récipient contenant de l’air sec. Avantageusement, les chlorures d’acyle peuvent être maintenus sous atmosphère d'azote sec avant d’être introduits dans le réacteur afin d’éviter tout contact avec l’air ambiant.
Les formes hydrolysées des chlorures d’acyle sont difficiles à analyser et à quantifier. Il s'est avéré qu'une méthode pratique et rapide permettant de garantir le niveau de pureté des chlorures d’acyle consistait à les dissoudre dans un solvant, notamment un solvant de réaction, par exemple l’ortho-dichlorobenzène, et à analyser la turbidité du mélange. En effet, une valeur élevée de turbidité obtenue par ce test indique une quantité élevée de contaminants insolubles, principalement les formes hydrolysées.
En conséquence, le chlorure d’acyle ou le mélange de chlorures d’acyle utilisé est préférentiellement tel que, 10 minutes après l'avoir introduit à une concentration de référence de 6,5% en poids dans du solvant de réaction anhydre, à une température de 20°C, le mélange obtenu a une turbidité de moins de 500 UTN (unité de turbidité néphtalométrique). Les valeurs de turbidité sont données en référence à un échantillon de solvant ne comprenant pas de chlorure d’acyle.
Selon certains modes de réalisation, le chlorure d’acyle ou le mélange de chlorures d’acyle utilisé est préférentiellement tel que, 10 minutes après l'avoir introduit à une concentration de référence de 6,5% en poids dans du solvant de réaction anhydre, à une température de 20°C, le mélange obtenu a une turbidité de moins 200 UTN, préférentiellement moins de 100 UTN, très préférentiellement moins de 50 UTN, et de manière davantage préférée moins de 20 UTN.
Selon des modes de réalisation où le polyéthercétonecétone est essentiellement constitué, ou constitué, des motifs de répétition de formule (I) et/ou (II), le chlorure d’acyle ou le mélange chlorures d’acyle consiste essentiellement, ou consiste en, du chlorure de téréphtaloyle, du chlorure d'isophtaloyle ou un mélange de chlorure de téréphtaloyle et de chlorure d'isophtaloyle.
L’éther aromatique est du 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène ou du 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène ou un mélange d’éthers aromatiques comprenant au moins 50% en moles d’un éther aromatique choisi parmi : le 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène de formule :
le 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène de formule :
ou leur mélange; par rapport au nombre total de moles d’éther(s) aromatique(s). Dans la cas où le mélange d’éthers aromatiques comprend un mélange de 1 ,3- bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et de 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène, le mélange d’éthers aromatiques comprend au moins 50% en moles de 1 ,3-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène et de 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène considérés dans leur ensemble par rapport au nombre total de moles d’éthers aromatiques. Selon certains modes de réalisation, l’éther aromatique ou le mélange d’éthers aromatiques comprend au moins 60%, ou au moins 70%, ou au moins 80%, ou au moins 90%, ou au moins 95% en moles de 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou de 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène, considérés le cas échéant dans leur ensemble, par rapport au nombre total de moles d’éther(s) aromatique(s).
Selon certains modes de réalisation, un mélange d’éthers aromatiques est utilisé comprenant en plus d’un éther choisi parmi du 1 ,3-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène et/ou du 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène, un autre éther aromatique choisi dans la liste constituée de : diphényl éther, 4,4’- diphénoxybenzophénone, 3,3’-diphénoxybenzophénone, 3,4’- diphénoxybenzophénone, ou le produit de la réaction par substitution électrophile de Friedel-Crafts de deux molécules, notamment deux mêmes molécules, choisies parmi : diphényl éther, 4,4’-diphénoxybenzophénone, 3,3’- diphénoxybenzophénone, 3,4’-diphénoxybenzophénone avec une molécule de chlorure d’acyle, le chlorure d’acyle étant préférablement choisi dans la liste
précédemment décrite (hormis le chlorure d’isophtaloyle ou de téréphtaloyle dans le cas du diphényléther puisque la réaction donne du 1 ,3-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène et, respectivement, du 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène).
Selon certains modes de réalisation, un mélange d’éthers aromatiques est utilisé. Il est constitué de : 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou de 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène, considérés le cas échéant dans leur ensemble, et de : diphényléther et/ou 4,4’-diphénoxybenzophénone. Le mélange peut comprendre jusqu’à 20% en moles, préférentiellement jusqu’à 10% en moles et de manière davantage préférée jusqu’à 5% en moles de diphényléther et/ou 4,4’- diphénoxybenzophénone, considérés le cas échéant dans leur ensemble, par rapport au nombre total de moles d’éthers aromatiques.
La présence de diphényléther et/ou de 4,4’-diphénoxybenzophénone en plus de : 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène permet d’augmenter le ratio des groupements éthers par rapport aux groupements cétones dans le polymère, en comparaison avec les modes de réalisation où seuls du 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou du 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyljbenzène sont utilisés.
Selon certains modes de réalisation, un mélange d’éthers aromatiques est utilisé. Il est constitué de : 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou de 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyljbenzène et de : diphényléther. Le mélange peut comprendre jusqu’à 20% en moles, préférentiellement jusqu’à 10% en moles, de manière davantage préférée jusqu’à 5% en moles, et de manière extrêmement préférée jusqu’à 1 % en moles de diphényléther par rapport au nombre total de moles d’éthers aromatiques.
Selon certains modes de réalisation, un mélange d’éthers aromatiques est utilisé. Il est constitué de 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et de 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyljbenzène.
Selon certains modes de réalisation, un mélange d’éthers aromatiques est utilisé. Il est constitué de : 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et de : diphényléther. Le mélange peut comprendre jusqu’à 20% en moles, préférentiellement jusqu’à 10% en moles, de manière davantage préférée jusqu’à 5% en moles, et de manière
extrêmement préférée jusqu’à 1 % en moles de diphényléther, par rapport au nombre total de moles d’éthers aromatiques.
Selon certains modes de réalisation, l’éther aromatique est uniquement du 1 ,4- bis(4-phénoxybenzoyl)benzène.
Selon certains modes de réalisation, un mélange d’éthers aromatiques est utilisé. Il est constitué de : 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et de : diphényléther. Le mélange peut comprendre jusqu’à 20% en moles, préférentiellement jusqu’à 10% en moles, de manière davantage préférée jusqu’à 5% en moles, et de manière extrêmement préférée jusqu’à 1 % en moles de diphényléther, par rapport au nombre total de moles d’éthers aromatiques.
Selon certains modes de réalisation, l’éther aromatique est uniquement du 1 ,3- bis(4-phénoxybenzoyl)benzène.
Selon certains modes de réalisation, l'éther aromatique est uniquement du 1 ,4- bis(4-phénoxybenzoyl)benzène. Un polyéthercétonecétone ayant un ratio T:l de 50:50 à 100:0 peut être obtenu grâce à un mélange de chlorures d’isophtaloyle et de téréphtaloyle et en ajustant le ratio chlorure d'isophtaloyle/chlorure de téréphtaloyle.
Selon certains modes de réalisation, le chlorure d'acyle est uniquement du chlorure de téréphtaloyle. Un polyéthercétonecétone ayant un ratio T:l de 50:50 à 100:0 peut être obtenu grâce à un mélange de 1 ,3-bis(4- phénoxybenzoyljbenzène et 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et en ajustant le ratio 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène / 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène.
De manière analogue, selon certains modes de réalisation, l'éther aromatique est uniquement du 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène (respectivement le chlorure d'acyle est uniquement du chlorure d’isophtaloyle). Un polyéthercétonecétone ayant un ratio T: I de 0:100 à 50:50 peut être obtenu en ajustant le ratio chlorure d'isophtaloyle/chlorure de téréphtaloyle (respectivement en ajustant le ratio 1 ,3- bis(4-phénoxybenzoyl)benzène/1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène).
L’acide de Lewis peut être choisi dans le groupe constitué de : trichlorure d'aluminium, tribromure d'aluminium, pentachlorure d'antimoine, pentafluorure d'antimoine, trichlorure d'indium, trichlorure de gallium, trichlorure de bore, trifluorure de bore, chlorure de zinc, chlorure ferrique, chlorure stannique, tétrachlorure de titane, pentachlorure de molybdène, et leurs mélanges.
Préférentiellement, un seul type d'acide de Lewis est utilisé dans la réaction de polymérisation.
Parmi les acides de Lewis cités ci-dessus, le trichlorure d'aluminium, le trichlorure de bore, le tribromure d'aluminium, le tétrachlorure de titane, le pentachlorure d'antimoine, le chlorure ferrique, le trichlorure de gallium et le pentachlorure de molybdène sont préférés.
Le trichlorure d'aluminium est particulièrement préféré.
De préférence, l'acide de Lewis est ajouté sous forme de solide. Alternativement, il peut également être ajouté sous forme de suspension ou de colloïde, à savoir sous forme de mélange hétérogène de particules solides d'acide de Lewis dans un solvant, ou sous forme de solution, à savoir sous forme de mélange homogène dans un solvant. Le solvant de la suspension/colloïde ou de la solution est avantageusement le solvant de réaction.
Selon certaines variantes, l'acide de Lewis est ajouté sous une forme particulaire, telle que sous forme de poudre (ayant, par exemple, un Dv80 de moins de 1 mm et de préférence un Dv50 inférieur à 0,5 mm). Les paramètres Dv80 et Dv50 sont respectivement les tailles de particules aux 80ème et 50ème centiles (en volume) de la distribution granulométrique cumulée des particules d'acide de Lewis. Ces paramètres peuvent notamment être déterminés par tamisage.
L'acide de Lewis utilisé dans le procédé selon l'invention a de préférence un degré de pureté tel qu'il comprend moins de 0,1 % en poids de matière insoluble, et plus préférentiellement moins de 0,05 % en poids de matière insoluble, tel que mesuré par gravimétrie, lorsqu'il est introduit sous agitation dans de l’eau à une concentration de 11 % en poids à 20°C et sensiblement dissous.
Le solvant de réaction peut être choisi dans le groupe constitué de : ortho- dichlorobenzène, 1 ,2,4-trichlorobenzène, 1 ,2,3-trichlorobenzène, ortho- difluorobenzène, et leurs mélanges.
Parmi les solvants de réaction cités ci-dessus, l'ortho-dichlorobenzène, le trichlorobenzène, le 1 ,2,3-trichlorobenzene, et l'ortho-difluorobenzene sont préférés. L'ortho-dichlorobenzène est particulièrement préféré.
Le solvant de réaction contient de préférence moins de 500 ppm en poids d'eau afin de limiter la réaction d’hydrolyse du chlorure d’acyle ou du mélange de chlorures d’acyle. Avantageusement le solvant de réaction contient moins de 250
ppm en poids d'eau, de préférence moins de 150 ppm en poids d'eau, plus préférentiellement moins de 100 ppm en poids d'eau, et plus préférentiellement encore moins de 50 ppm en poids d'eau.
Dans des variantes préférées, l’éther aromatique ou le mélange d’éthers aromatiques contient également de préférence moins de 500 ppm en poids d'eau afin de limiter la réaction d’hydrolyse du chlorure d’acyle ou du mélange de chlorures d’acyle. Les mêmes plages de valeurs préférées que pour le solvant de réaction s’appliquent mutatis mutandis à l’éther aromatique ou au mélange d’éthers aromatiques.
Dans des variantes encore préférées, le solvant de réaction et l’éther aromatique ou le mélange d’éthers aromatiques comprennent en totalité moins de 500 ppm en poids d'eau afin de limiter la réaction d’hydrolyse du chlorure d’acyle ou du mélange de chlorures d’acyle. Les mêmes plages de valeurs préférées que pour le solvant de réaction s’appliquent mutatis mutandis au solvant de réaction et à l’éther aromatique ou au mélange d’éthers aromatiques, considérés dans leur ensemble.
Afin de garantir l’absence de traces d’eau dans le réacteur, le procédé comprend avantageusement une étape préliminaire de séchage, c'est-à-dire de réduction de la teneur en eau, du solvant de réaction et/ou de : l’éther aromatique ou du mélange d’éthers aromatiques, avant leur mise en contact avec le chlorure d’acyle ou avec le mélange de chlorures d’acyle. Des moyens de mise en œuvre de cette étape préliminaire de séchage incluent par exemple une distillation des composés chimiques, ou leur mise en contact avec un tamis moléculaire ou encore leur mise en contact avec un agent déshydratant tel que du chlorure d’aluminium en faible quantité.
L’utilisation d’un ou plusieurs agents limiteur de chaîne dans le milieu réactionnel est optionnelle. Leur ajout permet un meilleur contrôle du degré de polymérisation et donc de la viscosité du polymère à fabriquer. Il permet également un meilleur contrôle des fins de chaînes du polymère, et le cas échéant, permet d’assurer une meilleure stabilité, notamment une meilleure stabilité thermique, du polymère.
Un avantage supplémentaire du procédé selon l’invention par rapport aux procédés de l’art antérieur, notamment par rapport à ceux comprenant la préparation d’un pré-mélange à froid et une dispersion de ce pré-mélange dans
du solvant de réaction préchauffé, est qu’il permet d’obtenir un polymère ayant une proportion en fin de chaînes polymériques issues de l’agent limiteur de chaîne plus élevée pour une viscosité donnée.
Deux types d’agents limiteur de chaîne peuvent être utilisés : un agent limiteur de chaîne nucléophile ou un agent limiteur de chaîne électrophile.
Selon certains modes de réalisation, l’agent limiteur de chaîne est un agent limiteur de chaîne nucléophile. L’agent limiteur de chaîne nucléophile peut notamment être choisi parmi les composés de formule chimique suivante :
dans laquelle :
Xi représente : une liaison covalente, -O-, ou -S- ; et
X2 représente, CeHsCO, ou C6H5SO2 ; ou de formule chimique suivante :
dans laquelle :
X3 est un halogène, un groupe alkyle ou un groupe alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone.
Préférentiellement, l’agent limiteur de chaîne nucléophile est choisi parmi le groupe constitué de : 4-phénoxybenzophénone, 4-phénoxydiphénylsulfone, anisole, fluorobenzène, chlorobenzène, biphényle, toluène, et leur mélange.
Un agent limiteur de chaîne nucléophile particulièrement avantageux est la 4- phénoxybenzophénone.
Selon certains modes de réalisation, l’agent limiteur de chaîne est un agent limiteur de chaîne électrophile. L’agent limiteur de chaîne électrophile peut notamment être choisi parmi les composés de formule suivante :
dans lesquelles : X4 représente : un atome d’hydrogène, un atome d’halogène, un groupe alkyle ou alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone, un groupe nitro, CeHsCO ou C6H5SO2 ; ou de formule suivante :
(XVIII), dans lesquelles : Xn représente n groupements, n étant un entier choisi entre 2 et 5, chaque groupement étant indépendamment choisi parmi : un atome d’halogène, un groupe alkyle ou alcoxy ayant 1 à 10 atomes de carbone, un groupe nitro, CeHsCO ou C6H5SO2. Préférentiellement, l’agent limiteur de chaîne électrophile est choisi parmi le groupe constitué de : le chlorure de benzoyle, le chlorure d’acétyle, le chlorure de 3,5-dichlorobenzoyle, le chlorure de 3,5-difluoro benzoyle, le chlorure de p- fluorobenzoyle, le chlorure de p-chlorobenzoyle, le chlorure de p- méthoxybenzoyle, le chlorure de benzène sulfonyle, le chlorure de p-
chlorobenzène sulfonyle, le chlorure de p-méthylbenzène sulfonyle, le chlorure de 4-benzoyl-benzoyle, et leur mélange.
De manière avantageuse, l’agent limiteur de chaine est un agent limiteur de chaîne électrophile, choisi parmi le chlorure de benzoyle, le chlorure de p- fluorobenzoyle, le chlorure de 3,5-difluoro benzoyle, ou leur mélange. Ces agents limiteurs de chaîne sont faciles à doser puisqu’il se présentent sous forme liquide à température ambiante, ont un faible coût de revient et permettent d’assurer une bonne stabilité thermique au polymère.
Selon certains modes de réalisation, un agent limiteur de chaine étant le chlorure de benzoyle est utilisé.
Selon certains modes de réalisation, un agent limiteur de chaine étant le chlorure de p-fluorobenzoyle est utilisé.
Selon certains modes de réalisation, un agent limiteur de chaîne étant le chlorure de 3,5-difluoro benzoyle est utilisé.
L’utilisation d’agent dispersant dans le milieu réactionnel est optionnelle. Le procédé selon l’invention permet généralement de s’affranchir de l’utilisation de tels agents puisqu’il permet de minimiser efficacement l’encrassement au sein du réacteur par un contrôle accru de la thermique au sein du réacteur.
Selon des modes de réalisation préférés, aucun agent dispersant n’est ajouté au milieu réactionnel. Ceci présente notamment plusieurs avantages : cela évite une surconsommation de l’acide de Lewis introduit et/ou facilite la valorisation des effluents du procédé, notamment de l’effluent contenant l’acide de Lewis.
La réaction de polymérisation étant une polycondensation, l’éther aromatique ou le mélange d’éthers aromatiques est introduit dans le mélange réactionnel dans des conditions sensiblement stoechiométriques par rapport au chlorure d’acyle ou au mélange de chlorures d’acyle.
La proportion molaire d’éther(s) aromatique(s) par rapport au(x) chlorure(s) d’acyle ayant été introduits au total dans le mélange réactionnel à la fin de l’étape de mise en contact est préférentiellement de 0,9 : 1 ,1 à 1 ,1 :0,9.
Selon des modes de réalisation avantageux, le(s) éther(s) aromatique(s) est/sont introduit(s) en excès par rapport au(x) chlorure(s) d’acyle, préférentiellement avec un ratio molaire en éther(s) aromatique(s) par rapport au(x) chlorure(s) d’acyle de 1 ,001 à 1 ,1. Dans ces modes de réalisation, si un agent limiteur de chaîne est
utilisé, c’est préférentiellement un agent limiteur de chaîne électrophile, par exemple, et de manière avantageuse, du chlorure de benzoyle ou du chlorure de p-fluorobenzoyle ou du chlorure de 3,5-difluoro benzoyle.
Le ratio molaire en éther(s) aromatique(s) par rapport au(x) solvant(s) de réaction ayant été introduits au total dans le mélange réactionnel à la fin de la polymérisation est préférentiellement au moins égal à 0,005, très préférentiellement supérieur ou égal à 0,008, et de manière davantage préférée supérieure ou égale à 0,010.
Comme détaillé par la suite, le procédé selon l’invention permet d’obtenir des particules de polymère d’une taille généralement plus faible et avec une distribution généralement plus homogène que les procédés de l’art antérieur comprenant la préparation d’un pré-mélange à froid puis une dispersion de ce pré-mélange dans du solvant de réaction préchauffé. Une suspension plus compacte de particules de polymère dans le solvant de réaction peut ainsi être obtenue, ce qui autorise une mise en œuvre du procédé dans une quantité généralement plus faible de solvant de réaction.
Ainsi, selon certains modes de réalisation, le ratio molaire en éther(s) aromatique(s) par rapport au(x) solvant(s) de réaction ayant été introduits au total dans le mélange réactionnel à la fin de la polymérisation est supérieur ou égal à 0,010, ou supérieur ou égal à 0,011 , ou supérieur ou égal à 0,012, ou supérieur ou égal à 0,013, ou supérieur ou égal à 0,014, ou supérieur ou égal à 0,015, ou supérieur ou égal à 0,016, ou supérieur ou égal à 0,17.
A contrario, étant donné que moins le mélange réactionnel contient de solvant, plus il sera apte à former des encrassements au cours de la polymérisation, surtout en absence d’agent dispersant, le ratio molaire en éther(s) aromatique(s) par rapport au(x) solvant(s) de réaction ayant été introduits au total dans le mélange réactionnel à la fin de la polymérisation est préférentiellement inférieur ou égal à 0,030, très préférentiellement inférieur ou égal à 0,025 et de manière extrêmement préférée inférieur ou égal à 0,022.
Ainsi, selon certains modes de réalisation, le ratio molaire en éther(s) aromatique(s) par rapport au(x) solvant(s) de réaction introduit(s) au total dans le mélange réactionnel est de 0,005 à 0,030, préférentiellement de de 0,008 à 0,025, et de manière extrêmement préférée de 0,010 à 0,022. Le ratio molaire en éther(s)
aromatique(s) par rapport au(x) solvant(s) de réaction introduit(s) au total dans le mélange réactionnel peut notamment être de 0,011 à 0,022, de 0,012 à 0,022, de 0,013 à 0,022, de 0,014 à 0,022, de 0,015 à 0,022, de 0,016 à 0,022, ou de 0,017 à 0,022.
Le ratio molaire en acide de Lewis par rapport au(x) éther(s) aromatique(s) ayant été introduits au total dans le mélange réactionnel à la fin de l’étape de mise en contact est préférentiellement de 5,0 à 7,0, et très préférentiellement de 5,5 à 6,5. Le procédé selon l'invention comprend une mise en contact des composés chimiques pour la réaction de polymérisation. Cette étape comprend notamment la mise en contact des réactifs : éther(s) aromatique(s), chlorure(s) d’acyle, et acide de Lewis, dans tout ou partie du solvant de réaction. Ces différents composés peuvent en théorie être mélangés les uns aux autres dans n’importe quel ordre que ce soit, de telle sorte à ce qu’à la fin de l’étape de mise en contact le 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou le 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyl)benzène, considérés le cas échéant dans leur ensemble, soient essentiellement non solubilisés dans le solvant de réaction.
On parle au sens de l’invention de « mélange réactionnel », à partir du moment où tout ou partie d’éther(s) aromatique(s), tout ou partie de chlorure(s) d’acyle et tout ou partie de l’acide de Lewis sont mis en contact dans tout ou partie du solvant. Autrement dit, le « mélange réactionnel » commence à exister au moment où une polymérisation pourrait être initiée, c’est-à-dire quand tout ou partie d’éther(s) aromatique(s), tout ou partie de chlorure(s) d’acyle et tout ou partie de l’acide de Lewis ont été mis en contact.
L’étape de mise en contact prend fin quand l’ensemble de l’éther aromatique ou du mélange d’éthers aromatiques, du chlorure d’acyle ou du mélange de chlorures d’acyle et de l’acide de Lewis ont été mis en contact. Ainsi, le mélange réactionnel en fin d’étape de mise en contact comprend la totalité de l’éther aromatique ou du mélange d’éthers aromatiques, la totalité du chlorure d’acyle ou du mélange de chlorures d’acyle, la totalité de l’acide de Lewis, tout ou partie du solvant de réaction, et optionnellement tout ou partie du limiteur de chaîne ou du mélange de limiteurs de chaîne.
Selon certains modes de réalisation avantageux, le mélange réactionnel est maintenu à une température To au cours de l’étape de mise en contact des
composés, de telle sorte à s’assurer que le 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou le 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène, considérés le cas échéant dans leur ensemble, soient essentiellement non solubilisés dans le solvant de réaction à la fin de l’étape de mise en contact.
La température To est avantageusement inférieure ou égale à 5°C. Elle est préférentiellement inférieure ou égale à 0°C, et très préférentiellement inférieure ou égale à -5°C.
Selon certains modes de réalisation, la totalité du solvant de réaction est introduite au cours de l’étape de mise en contact. Ceci est notamment le cas quand le solvant de réaction ne joue pas de rôle direct pour chauffer le mélange réactionnel jusqu’à atteindre la température TP.
Selon d’autres modes de réalisation, une partie seulement du solvant de réaction est introduite au cours de l’étape de mise en contact, l’autre partie du solvant pouvant être, entre autres, ajoutée juste après la fin de la mise en contact et avant, ou au début, de l’étape progressive de chauffage. Alternativement, ou en complément, l’autre partie du solvant peut être ajoutée au cours de l’étape progressive de chauffage pour contribuer directement à la mise en œuvre de cette étape. Autrement dit, du solvant de réaction préchauffé à une température supérieure à la température du mélange réactionnel peut être ajoutée à ce dernier de sorte à en augmenter la température.
Selon certains modes de réalisation, une fraction massique de 0,15 à 0,95 de solvant peut être introduite avant la fin de l’étape de mise en contact.
Selon certains modes de réalisation, une fraction massique de 0,15 à 0,25, ou de 0,25 à 0,40, ou de 0,40 à 0,55, ou de 0,55 à 0,70, ou de 0,70 à 0,85, ou de 0,85 à 0,95 du solvant de réaction peut être introduite avant la fin de l’étape de mise en contact.
Selon des modes de réalisation avantageux, de 0,15 à 0,55, et préférentiellement de 0,25 à 0,40, du solvant de réaction est introduite avant la fin de l’étape de mise en contact. Ces modes de réalisation permettent notamment de s’assurer que le 1 ,3-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène et/ou le 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyl)benzène, considérés dans leur ensemble, sont bien essentiellement sous forme d’une suspension à la fin de l’étape de mise en contact.
Selon des modes de réalisation avantageux, les différents composés, notamment les réactifs, peuvent être ajoutés en deux phases.
Dans une première phase, deux des réactifs sont mélangés en totalité. Dans une seconde phase, le troisième réactif est ajouté en totalité au mélange précédemment obtenu. Le milieu peut alors être maintenu à une température inférieure ou égale à To entre au plus tard le début de la deuxième phase où le troisième réactif commence à être ajouté et la fin de la deuxième phase où le troisième réactif finit d’être ajouté.
Selon un premier mode de réalisation, ladite première phase comprend la préparation d’un mélange comprenant la totalité de l’éther aromatique ou du mélange d’éthers aromatiques avec la totalité du chlorure d’acyle ou du mélange de chlorures d’acyle, dans tout ou partie du solvant de réaction. La deuxième phase comprend l’ajout de la totalité de l’acide de Lewis au mélange obtenu à la première phase.
Selon un deuxième mode de réalisation, ladite première phase comprend la préparation d’un mélange comprenant la totalité du chlorure d’acyle ou du mélange de chlorures d’acyle avec la totalité de l’acide de Lewis, dans tout ou partie du solvant de réaction. La deuxième phase comprend l’ajout de la totalité de l’éther aromatique ou du mélange d’éthers aromatiques au mélange obtenu à la première phase.
La section ci-dessous présente de manière détaillée ces deux modes de réalisation particulièrement avantageux de mise en œuvre de l’étape de mise en contact des composés chimiques dans un réacteur. Le procédé selon l’invention ne se limite aucunement à ces modes de réalisation donnés à titre illustratif.
Le premier mode de réalisation avantageux peut être mis en œuvre selon la séquence suivante :
Premièrement, une partie ou la totalité du solvant de réaction est introduite dans le réacteur. Deuxièmement, l’éther aromatique ou le mélange d’éthers aromatiques est ajouté et dispersé au sein du solvant de réaction dans le réacteur sous agitation. Troisièmement, afin de garantir l’absence de traces d’eau dans le réacteur, une distillation est mise en œuvre ainsi qu’un inertage du ciel du réacteur à l’azote. De manière alternative ou en complément, un agent déshydratant, et notamment du chlorure d’aluminium en faible quantité peut être ajouté de manière
à éliminer les dernières traces d’eau. La réaction du chlorure d’aluminium avec l’eau forme un hydroxyde d’aluminium et du chlorure d’hydrogène (selon cette alternative, le milieu contient dès cette étape du chlorure d’aluminium en très faible quantité, voire à l’état de traces). Quatrièmement, le chlorure d’acyle ou le mélange de chlorures d’acyle est introduit dans le réacteur sous agitation. Cinquièmement, l’acide de Lewis est introduit sous agitation. La complexation de l’acide de Lewis au(x) chlorure(s) d’acyle étant une réaction exothermique, l’acide de Lewis est ajouté de manière suffisamment lente dans le réacteur de sorte à pouvoir maintenir le mélange réactionnel à une température inférieure ou égale à 5°C. L’étape d’ajout de l’acide de Lewis peut généralement durer de 15 minutes à 12 heures. A l’échelle industrielle, l’étape d’ajout de l’acide de Lewis dure préférentiellement de 25 minutes à 6 heures, et de manière davantage préférée de 30 minutes à 4 heures.
Une fois l’ensemble de l’acide de Lewis totalement introduit, une étape optionnelle d’homogénéisation du mélange réactionnel à une température inférieure ou égale à To peut être observée, le cas échéant. Cette étape optionnelle d’homogénéisation peut durer préférentiellement moins de 15 minutes, ou moins de 10 minutes, ou moins de 5 minutes.
Le deuxième mode de réalisation avantageux peut être mis en œuvre selon la séquence suivante :
Premièrement, une partie ou la totalité du solvant de réaction est introduite dans le réacteur. Deuxièmement, afin de garantir l’absence de traces d’eau dans le réacteur, une distillation est mise en œuvre ainsi qu’un inertage du ciel du réacteur à l’azote. De manière alternative ou en complément, un agent déshydratant, et notamment du chlorure d’aluminium en faible quantité peut être ajouté de manière à éliminer les dernières traces d’eau. La réaction du chlorure d’aluminium avec l’eau forme un hydroxyde d’aluminium et du chlorure d’hydrogène (selon cette alternative, le milieu contient dès cette étape du chlorure d’aluminium en très faible quantité).
Troisièmement, le chlorure d’acyle ou le mélange de chlorures d’acyle est introduit dans le réacteur sous agitation. Quatrièmement, l’acide de Lewis est introduit sous agitation. La complexation de l’acide de Lewis au(x) chlorure(s) d’acyle étant une réaction exothermique, l’acide de Lewis est ajouté de manière suffisamment
lente dans le réacteur de sorte à pouvoir maintenir le mélange réactionnel à une température inférieure ou égale à 5°C. L’étape d’ajout de l’acide de Lewis peut généralement durer de 15 minutes à 12 heures. A l’échelle industrielle, l’étape d’ajout de l’acide de Lewis dure préférentiellement de 25 minutes à 6 heures, et de manière davantage préférée de 30 minutes à 4 heures.
Cinquièmement, une fois l’ensemble de l’acide de Lewis totalement introduit, l’éther aromatique ou le mélange d’éthers aromatiques est introduit de sorte à former le mélange réactionnel.
Une étape optionnelle d’homogénéisation du mélange réactionnel peut être observée, le cas échéant. Cette étape optionnelle d’homogénéisation peut durer préférentiellement moins de 15 minutes, ou moins de 10 minutes, ou moins de 5 minutes.
Le procédé selon l’invention comprend également la polymérisation du mélange réactionnel, la polymérisation étant mise en œuvre, au moins en partie, à une température Tp supérieure ou égale à 50°C. Une température de polymérisation suffisamment élevée permet une cinétique rapide de la réaction de polymérisation. Selon certains modes de réalisation, la température Tp est supérieure ou égale à 55°C, ou supérieure ou égale à 60°C, ou supérieure ou égale à 65°C, ou supérieure ou égale à 70°C, ou supérieure ou égale à 75°C, ou supérieure ou égale à 80°C, ou supérieure ou égale à 85°C.
La température Tp est généralement inférieure ou égale à 120°C afin de minimiser des réactions parasites concurrentes à la réaction de polymérisation. Préférentiellement, la température Tp est inférieure ou égale à 100°C. La température Tp peut notamment être inférieure ou égale à 95°C.
Avantageusement, la température Tp peut être choisie dans une gamme allant de 50°C à 65°C, ou de 65°C à 70°C, ou de 70°C à 75°C, ou de 75°C à 80°C, ou de 80°C à 85°C, ou de 85°C à 90°C, ou de 90°C à 95°C, ou de 95°C à 100°C, ou encore de 100°C à 120°C.
Le mélange réactionnel est maintenu, de préférence sous agitation, pendant un certain temps, à la température Tp jusqu’à obtenir le degré de polymérisation souhaité. La durée du maintien du mélange réactionnel à la température Tp est d’autant plus courte que Tp est élevée. Cette durée est généralement de 1 minute
à 300 minutes, préférentiellement de 5 minutes à 180 minutes, et de manière extrêmement préférée de 10 minutes à 100 minutes.
Une fois que la réaction a été achevée au degré de polymérisation souhaité, le mélange de départ est désigné comme un mélange de produits.
L’invention se caractérise par le fait que le procédé comprend une étape progressive de chauffage du mélange réactionnel jusqu’à une accélération de la réaction de polymérisation, l’étape progressive de chauffage étant mise en œuvre à une vitesse moyenne de chauffe choisie dans une gamme allant de 0,65°C/minute à 2,5°C/minute.
L’étape progressive de chauffage est préférentiellement mise en œuvre à une vitesse moyenne de chauffe allant de 0,70°C/minute à 2,2°C/minute, préférentiellement à une vitesse moyenne de chauffe allant de 0,75°C/minute à 2,0°C/minute, et de manière davantage préférée à une vitesse moyenne de chauffe allant de 0,8°C/min à 1 ,8°C/min.
L’étape progressive de chauffage est mise en œuvre entre une température initiale Ti et une température finale Tf, les températures Ti et Tf étant telles que : To Ti < Tf < TP.
Selon certains modes de réalisation, To Ti < To+3O°C, ou To T < To+2O°C, ou To < T < To+15°C.
Selon certains modes de réalisation, TP-45 < Tf < TP, ou TP-35 < Tf < TP, ou TP-25 < Tf — TP, ou TP-15 < Tf — TP, ou TP-10 < Tf TP.
Selon certains modes de réalisation, Tf-Ti > 25° C, Tf- > 30°C, ou Tf- > 35°C, ou Tf-Ti > 40°C.
Selon des modes de réalisation particuliers, l’étape progressive de chauffage peut être mise en œuvre entre To et TP.
L’accélération de la réaction de polymérisation est caractéristique du procédé selon l’invention. Elle a lieu autour d’une température T*, qui elle-même dépend, au-moins en partie, de la mise en œuvre de l’étape progressive de chauffage elle- même.
La température T* peut être évaluée par le fait que l’accélération de la polymérisation est marquée par une augmentation soudaine de la production de chlorure d’hydrogène.
Alternativement, la température T* peut être évaluée par le fait que l’accélération de la polymérisation est marquée par une augmentation soudaine du flux de chaleur émis par le mélange réactionnel.
Pour illustrer ce dernier point, la Figure 1 représente la température de la double enveloppe (ligne en pointillés) pour un réacteur double enveloppe, tel celui utilisé pour la mise en œuvre des exemples, ainsi que la température du mélange réactionnel au sein du réacteur (courbe pleine), en fonction du temps.
Une rampe de température est imposée en consigne de sorte à obtenir une rampe de températures au sein du réacteur allant d’une température Ti à une température Tf.
La température T* correspond à la température à laquelle la température du mélange réactionnel augmente plus rapidement que la température imposée par les moyens de contrôle de la température du réacteur, obligeant le réacteur à refroidir temporairement le mélange réactionnel.
Une conséquence de l’accélération de la polymérisation est l’augmentation très rapide de la viscosité du mélange réactionnel peu après avoir atteint la température T*
Il est estimé que la température T* généralement observable pour les procédés selon l’invention est entre 20°C et 80°C. La température T* peut notamment être de 20°C à 25°C, ou de 25°C à 35°C, ou de 35°C à 45°C ou de 45°C à 55°C, ou de 55°C à 65°C, ou de 65°C à 75°C, ou de 75°C à 80°C.
Selon certains modes de réalisation, Ti < T*-10°C, préférentiellement Ti < T*- 20°C, et de manière extrêmement préférée Ti < T*-25°C.
Selon certains modes de réalisation, T*+5°C < Tp, préférentiellement T*+10°C < Tp, et de manière extrêmement préférée T*+15°C < Tp.
Selon certains modes de réalisation, l’étape progressive de chauffage peut être mise en œuvre grâce à une succession de paliers de températures, la différence de température entre chaque palier n’excédant pas 15°C, et préférentiellement n’excédant pas 10°C, et très préférentiellement n’excédant pas 5°C. Des paliers successifs peuvent être obtenu par ajout successifs d’une faible fraction en solvant de réaction préchauffé.
Selon certains modes de réalisation, l’étape progressive de chauffage est mise en œuvre avec une ou plusieurs rampes de températures à une vitesse de chauffe
allant de 0,65°C/minute à 2,5°C/minute, préférentiellement avec une vitesse de chauffe allant de 0,70°C/minute à 2,2°C/minute, préférentiellement avec une vitesse de chauffe allant de 0,75°C/minute à 2,0°C/minute, et de manière davantage préférée avec une vitesse de chauffe allant de 0,8°C/min à 1 ,8°C/min. De telles rampes en températures peuvent être obtenues grâce à des moyens de chauffage intégrés au réacteur, à l’ajout d’une fraction du solvant de réaction préchauffé, ou une combinaison de ces deux moyens.
Selon certains modes de réalisation, le solvant de réaction peut être préchauffé à une température pouvant être supérieure à la température Tp et être ajouté au mélange réactionnel, de manière continue ou non.
Selon certains modes de réalisation, l’étape progressive de chauffage est mise en œuvre avec une seule rampe de températures à une vitesse de chauffe allant de 0,65°C/minute à 2,5°C/minute, préférentiellement avec une vitesse de chauffe allant de 0,70°C/minute à 2,2°C/minute, préférentiellement avec une vitesse de chauffe allant de 0,75°C/minute à 2,0°C/minute, et de manière davantage préférée avec une vitesse de chauffe allant de 0,8°C/min à 1 ,8°C/min, entre Ti et Tf.
Selon des modes de réalisation particuliers, l’étape progressive de chauffage peut être mise en œuvre avec une seule rampe de températures entre -5°C et 120°C, ou entre -5°C et 100°C, ou entre -5°C et 95°C, ou entre -5°C et 90°C, ou entre - 5°C et 85°C, ou entre -5°C et 80°C, ou entre -5°C et 75°C, ou entre -5°C et 70°C, ou entre -5°C et 65°C, ou entre -5°C et 60°C, ou entre -5°C et 55°C, ou entre - 5°C et 50°C, ou entre 5°C et 120°C, ou entre 5°C et 100°C, ou entre 5°C et 95°C, ou entre 5°C et 90°C, ou entre 5°C et 85°C, ou entre 5°C et 80°C, ou entre 5°C et 75°C, ou entre 5°C et 70°C, ou entre 5°C et 65°C, ou entre 5°C et 60°C, ou entre 5°C et 55°C, ou entre 5°C et 50°C, ou entre 15°C et 120°C, ou entre 15°C et 100°C, ou entre 15°C et 95°C, ou entre 15°C et 90°C, ou entre 15°C et 85°C, ou entre 15°C et 80°C, ou entre 15°C et 75°C, ou entre 15°C et 70°C, ou entre 15°C et 65°C, ou entre 15°C et 60°C, ou entre 15°C et 55°C, ou entre 15°C et 50°C, ou entre 25°C et 120°C, ou entre 25°C et 100°C, ou entre 25°C et 95°C, ou entre 25°C et 90°C, ou entre 25°C et 85°C, ou entre 25°C et 80°C, ou entre 25°C et 75°C, ou entre 25°C et 70°C, ou entre 25°C et 65°C, ou entre 25°C et 60°C, ou entre 25°C et 55°C, ou entre 25°C et 50°C.
Selon certains modes de réalisation, l’étape progressive de chauffage peut être mise en œuvre par une combinaison de paliers de températures, et de rampes de température par les moyens précités.
Dans les modes de réalisation où un agent limiteur de chaîne est utilisé, celui-ci peut être introduit avant ou au cours de la polymérisation.
Il peut être introduit en totalité en une fois, ou de manière fractionnée.
Avantageusement, l’agent limiteur de chaîne est introduit dans sa totalité avant d’atteindre la température T* Préférentiellement encore, l’agent limiteur de chaîne est introduit dans sa totalité avant la mise en œuvre de l’étape progressive de chauffage.
Selon certains modes de réalisation, l’agent limiteur de chaîne peut être introduit dans sa totalité au cours de la mise en contact des réactifs.
Notamment, dans les deux modes de réalisation de mise en contact des réactifs décrits de manière détaillée plus haut, l’agent limiteur de chaîne peut avantageusement être introduit avant l’introduction du dernier réactif.
Selon des modes de réalisation avantageux, le chlorure d’hydrogène produit au cours de la réaction de polymérisation est extrait du réacteur pendant la polymérisation de sorte à favoriser la réaction de polymérisation. A cette fin, tout ou partie de la polymérisation peut être mise en œuvre sous pression réduite, à une pression absolue inférieure ou égale à 900 mbar, ou inférieure ou égale à 800 mbar, ou inférieure ou égale à 700 mbar, ou inférieure ou égale à 600 mbar, ou inférieure ou égale à 500 mbar, ou inférieure ou égale à 400 mbar, ou inférieure ou égale à 300 mbar, ou inférieure ou égale à 200 mbar, ou inférieure ou égale à 100 mbar. Alternativement, ou en complément, un bullage d’un gaz inerte, par exemple de l’hélium, de l’argon de du diazote, est mis en œuvre dans le mélange réactionnel. Cette méthode n’est néanmoins pas préférée puisqu’elle crée des turbulences additionnelles dans le mélange réactionnel et rend le contrôle de la température au sein du réacteur plus difficile à contrôler.
Le procédé peut être opéré dans un réacteur ou une succession de plusieurs réacteurs.
Selon certains modes de réalisation, la mise en contact, l’étape progressive de chauffage et la polymérisation sont mises en œuvre dans un seul réacteur.
Selon certains modes de réalisation, la mise en contact est mise en œuvre dans un premier réacteur et l’étape progressive de chauffage ainsi que la polymérisation sont mises en œuvre dans un deuxième réacteur.
Des réacteurs utilisables pour mettre en œuvre la présente invention peuvent par exemple être des réacteurs en verre, des réacteurs émaillés ou des réacteurs ayant une métallurgie résistante à la corrosion.
Les réacteurs disposent préférentiellement de moyens de contrôle de la température et de moyens de mesure de la température en leur intérieur. Les réacteurs peuvent notamment comprendre un ou plusieurs capteurs de températures en leur sein et être configurés pour refroidir et/ou chauffer le milieu réactionnel.
Les réacteurs utilisables pour mettre en œuvre la présente invention sont de préférence pourvus d'un dispositif d'agitation tel qu'un agitateur mécanique (qui peut, par exemple, comprendre un ou plusieurs mobiles d’agitation) ou une boucle de recirculation avec une pompe. Le mélange réactionnel est préférentiellement mis sous agitation au cours de la mise en contact des réactifs, de l’étape progressive de chauffage et de la polymérisation pour permettre une bonne homogénéisation des composés chimiques ainsi qu’un transfert thermique homogène au sein du mélange réactionnel.
Le réacteur utilisable pour mettre en œuvre l’étape progressive de chauffage et la polymérisation comprend avantageusement un système d’agitation à double flux permettant de maintenir le mélange réactionnel en mouvement, notamment au niveau des parois latérales du réacteur, ainsi qu’une turbine de fond de cuve permettant de maintenir le mélange réactionnel en mouvement, notamment au niveau de la paroi de fin de cuve, et évitant ainsi un encrassement accéléré du réacteur.
Après que la réaction de polymérisation a été achevée au degré de polymérisation souhaité, le procédé de l'invention peut comprendre une purification du polyéthercétonecétone à partir du mélange de produits, d’une manière connue en soi. Ceci a par exemple déjà été décrit dans le document EP3655458.
Cette purification permet en particulier de séparer le solvant, le catalyseur, les réactifs n'ayant pas réagi, ainsi que d’éventuels sous-produits de réaction du polymère en tant que tel.
En particulier, la purification comprend généralement une étape de mise en contact du mélange de produits avec un solvant protique, de manière à récupérer une première phase comprenant l'acide de Lewis et une seconde phase comprenant le polyéthercétonecétone.
Le solvant protique peut être une solution aqueuse. La solution aqueuse peut être simplement de l'eau. Alternativement, la solution aqueuse peut être une solution acide, telle qu'une solution d'acide chlorhydrique. De préférence, le pH de la solution aqueuse n'est pas supérieur à 3, ou pas supérieur à 2. La dissociation du complexe polyéthercétonecétone-acide de Lewis est plus efficace lorsqu'une solution acide est utilisée.
On peut également utiliser des mélanges de solvants, comme un solvant aqueux- organique, par exemple une solution aqueuse mélangée à du méthanol, de l'éthanol, de l'isopropanol ou de l'acide acétique. Préférentiellement, un mélange d’une solution aqueuse et d’un alcool, notamment du méthanol, de l'éthanol, ou de l'isopropanol, comprenant 95 à 60 % en poids, de préférence 80 à 95 % en poids d'alcool, est utilisé.
La mise en contact du mélange de produits avec le solvant protique permet d’obtenir une première phase (contenant le solvant protique) et une seconde phase (contenant le solvant de réaction). L’acide de Lewis est principalement présent sous forme dissoute dans la première phase tandis que le polyéthercétonecétone est principalement présent sous forme précipitée dans la seconde phase.
Le polyéthercétonecétone peut ensuite être récupéré par une séparation solide/liquide de la seconde phase. De manière avantageuse, la séparation solide/liquide est mise en œuvre par filtration centrifuge.
La teneur en matière solide sèche en produit brut de polyéthercétonecétone à l'issue de l'étape de séparation solide / liquide est de préférence comprise entre 10 % en poids et 90 % en poids, de préférence encore entre 20% et 80 % en poids et de manière davantage préférée entre 30% et 60 % en poids.
Les effluents liquides, contenant la première phase et la deuxième phase, peuvent éventuellement être séparés de manière à être récupérés séparément, de préférence par décantation, pour être éventuellement réutilisée. Un agent tensioactif peut être ajouté afin de faciliter la séparation des phases. Quand
l’acide de Lewis est le trichlorure d’aluminium, la première phase en contient avantageusement en proportions adaptées de telle sorte à ce qu’elle puisse être directement recyclée par utilisation dans un procédé de traitement des eaux / floculation de boues.
Selon des modes de réalisation préférés, le produit brut de polyéthercétonecétone à l'issue de l'étape de séparation solide / liquide précédente peut être encore davantage purifié par lavage avec un ou plusieurs solvants protiques.
Le solvant protique à ce stade est de préférence l'eau ou une solution aqueuse. Toutefois, dans d'autres variantes, le solvant protique à ce stade peut aussi être un solvant organique, éventuellement mélangé à de l'eau. Les alcools aliphatiques linéaires ou ramifiés tels que le méthanol, l'éthanol et l'isopropanol sont des solvants organiques particulièrement préférés. Ces solvants organiques peuvent éventuellement être mélangés à les uns avec les autres et/ou avec de l'eau.
Après l'étape de lavage ou concomitamment à l'étape de lavage, une autre étape de séparation solide / liquide peut être réalisée.
Selon un mode de réalisation avantageux, on utilise un dispositif de filtration centrifuge, de sorte que le lavage et la séparation solide/liquide puissent être réalisés de manière concomitante dans le dispositif, sans remise en suspension du produit.
Après la dernière séparation solide / liquide, le solide récupéré est avantageusement séché.
L'étape de séchage peut être réalisée de manière classique, par exemple à une température allant de 100°C à 280°C, et sous pression atmosphérique ou, de préférence, sous pression réduite, par exemple à une pression de 30 mbar. Après séchage, le polyléthercétonecétone a généralement une proportion en solvant de réaction inférieure ou égale à 50 ppm, préférentiellement inférieure ou égale à 25 ppm, et de manière davantage préférée inférieure ou égale à 15 ppm en poids, par rapport au poids de polymère.
Le polymère fabriqué selon le procédé de l’invention a généralement une viscosité inhérente, mesurée à une concentration de 0,0005 g/mL dans une solution d’acide sulfurique à 96,00% (fraction massique) à 25°C à l’aide d’un viscosimètre de type Ubbelohde à niveau suspendu (diamètre intérieur du capillaire de 1 ,03
mm) selon la norme ISO 307-2009 appliquée au PEKK, de 0,4 à 2,0 dL/g, et préférentiellement de 0,7 à 1 ,5 dL/g.
Selon certains modes de réalisation, le polyéthercétonecétone a une viscosité inhérente de 0,4 à 0,5 dL/g, ou de 0,5 à 0,6 dL/g, ou de 0,6 à 0,7 dL/g, ou de 0,7 à 0,8 dL/g, ou de 0,8 à 0,9 dL/g, ou de 0,9 à 1 ,0 dL/g, ou de 1 ,0 dL/g à 1 ,1 dL/g, ou de 1 ,1 à 1 ,2 dL/g, ou de 1 ,2 à 1 ,3 dL/g, ou de 1 ,3 à 1 ,4 dL/g, ou de 1 ,4 à 1 ,5 dL/g.
Selon des modes de réalisation particuliers, le polyéthercétonecétone a une viscosité inhérente de 0,98 dL/g à 1 ,4 dL/g.
Le polyéthercétonecétone fabriqué selon l’invention a pour avantage de ne pas contenir d’agent(s) dispersant(s), notamment ceux décrits WO 9 523 821 et dans US 20120263953, sous forme d’impureté(s).
Le polyéthercétonecétone selon l’invention ne comprend donc pas d’acide benzoïque ou l’un de ses dérivés, utilisé comme dispersant, tel que décrit dans US 20120263953. Le polyéthercétonecétone ne contient notamment pas l’un des composés suivants : acide benzoïque, acide méthylbenzoïque, sodium benzoate, benzoate de magnésium, benzoate d'aluminium, méthyl benzoate et acide benzène sulfonique. Le polyéthercétonecétone ne contient en particulier pas d’acide benzoïque.
Le polyéthercétonecétone selon l’invention ne comprend donc pas non plus d’autre polymère, utilisé comme dispersant, tels les polymères décrits dans WO 9 523 821 . Le polyéthercétonecétone ne contient notamment pas de copolymères de composés vinyliques aliphatiques et N-vinyl pyrolidone,
Dans les modes de réalisation où un agent limiteur de chaîne est utilisé dans le procédé de fabrication du polyéthercétonecétone, par exemple le chlorure de benzoyle, le chlorure de p-fluorobenzoyle, ou encore le chlorure de 3,5-difluoro benzoyle, le polyéthercétonecétone a, pour une viscosité donnée, une proportion élevée en fin de chaînes issues de l’agent limiteur, par rapport aux polymères de l’art antérieur.
Le polyéthercétonecétone vérifie préférentiellement l’inégalité suivante :
IV *FDC(LDC) > LIM; dans laquelle :
IV représente la viscosité inhérente du polyéthercétonecétone telle que mesurée
selon la norme ISO 307-2009 et exprimée en dL/g,
FDC(LDC) représente la concentration molaire du groupement issu du limiteur de chaîne par rapport au poids total du polymère, exprimée en micro équivalent de limiteur par gramme de polymère, et
LIM est une valeur limite, égale à au moins 40.
Selon certains modes de réalisation la valeur de LIM est égale à 40, ou égale à 41 , ou égale à 42, ou égale à 43, ou égale à 44, ou égale à 45, ou égale à 46, ou égale à 47, ou égale à 48, ou égale à 49, ou égale à 50.
Le polyéthercétonecétone obtenu selon le procédé de l’invention se présente généralement sous forme d’écailles de taille assez homogène. Notamment, et de manière avantageuse, le polymère présente peu d’écailles de grande taille. Ceci est notamment avantageux pour mettre en œuvre la purification de manière facilitée. En effet, l’extraction du chlorure d’aluminium et/ou d’impuretés issues de la polymérisation est plus simple et plus efficace à mettre en œuvre sur des particules de taille réduite. En outre, le séchage peut également être mis en œuvre de manière plus rapide.
Selon certains modes de réalisation, les écailles de polyéthercétonecétone forment une poudre pour laquelle la proportion massique en particules de taille strictement supérieure à 630 micromètres est inférieure ou égal à 25%, préférentiellement inférieure ou égal à 15%, et plus préférentiellement inférieure ou égal à 10%, par rapport au poids total de poudre, telle qu’obtenue par tamisage à l’aide d’un tamis de maille égale à 630 micromètres.
Selon certains modes de réalisation, les écailles de polyéthercétonecétone forment une poudre grossière pour laquelle la proportion massique en particules de taille strictement supérieure à 450 micromètres est inférieure ou égale à 75%, préférentiellement inférieure ou égal à 50%, plus préférentiellement inférieure ou égal à 25%, plus préférentiellement encore inférieure ou égal à 20%, et de manière la plus préférée inférieure ou égale à 16%, par rapport au poids total de poudre, telle qu’obtenue par tamisage à l’aide d’un tamis de maille égale à 630 micromètres.
Selon certains modes de réalisation, les écailles de polyéthercétonecétone, formant une poudre grossière, ont une densité tassée, telle que mesurée dans les exemples, supérieure ou égale à 200 kg/m3. Une densité tassée suffisamment
élevée présente plusieurs avantages selon les utilisations envisagées. En granulation, cela permet de diminuer la quantité d’air introduite dans l’extrudeuse et d’améliorer la stabilité en fondu du polymère. En frittage laser, cela permet après broyage en une poudre fine, d’améliorer la cohésion du lit de poudres. La densité tassée reste généralement inférieure à 400 kg/m3. Elle peut notamment être inférieure à 350 kg/m3 , ou encore inférieure ou égale à 300 kg/m3.
En outre, selon certains modes de réalisation, les écailles de polyéthercétonecétone, formant une poudre grossière, ont une surface spécifique BET inférieure ou égale à 4 m2/g. La surface spécifique peut notamment être inférieure ou égale à 3 m2/g, ou inférieure ou égale à 2,5 m2/g. Elle reste généralement supérieure à 0,1 m2/g. Elle peut notamment être supérieure ou égale à 1 m2/g.
Exemples
Exemple 1
Un réacteur (R2) double enveloppe équipé d’une agitation comprenant « 2 mobiles superposés double flux » et d’un système d’inertage sous un flux d’azote dans le ciel a été utilisé.
De l'ortho-dichlorobenzène et du 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyle)benzène ont d'abord été ajoutés sous agitation dans le réacteur R2 dans une proportion massique 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyle)benzène/ortho-dichlorobenzène égale à 0,041.
Une distillation sous vide dynamique (90°C, 150 mbar) ainsi qu’un inertage à l’azote ont été mis en œuvre afin d'éliminer toute trace d’eau résiduelle dans le réacteur.
Un mélange de chlorures de téréphtaloyle et d'isophtaloyle, dans une proportion molaire chlorure de téréphtaloyle par rapport à chlorure d’isophtaloyle égale à 0,45, a ensuite été ajouté sous agitation au milieu réactionnel de sorte à être en quantité sensiblement équimolaire, mais en léger défaut par rapport au 1 , 4-bis(4- phénoxybenzoylejbenzène. La proportion molaire en 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoylejbenzène par rapport par rapport au mélange de chlorures de téréphtaloyle et d'isophtaloyle est égal à 1 ,03.
Du chlorure de benzoyle a également été ajouté sous agitation en tant que limiteur de chaîne dans une proportion molaire par rapport au 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyle)benzène égale à 0,042.
Le milieu réactionnel dans le réacteur R2 a ensuite été refroidi à -5°C. Du trichlorure d'aluminium solide a été ajouté lentement, en environ 45 minutes, dans le milieu réactionnel sous agitation pour former un mélange réactionnel, la température du mélange réactionnel étant maintenue à une température autour de -5°C tout au long de l’étape d’ajout. La proportion molaire en trichlorure d’aluminium par rapport au 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyle)benzène est égal à 6,3.
Une fois tout le trichlorure d’aluminium ajouté, la température dans le réacteur R2 a été augmentée progressivement selon une rampe de températures de 0,8°C/min jusqu’à atteindre une température du mélange réactionnel égale à 90°C. Le mélange réactionnel a ensuite été maintenu à la température de 90°C pendant une durée de 30 minutes.
Le mélange de produits a ensuite été refroidi à une température inférieure ou égale à 50°C. Il a été purifié par mélange avec une solution aqueuse d’acide chlorhydrique ayant un pH < 3 et séparation solide/liquide à l’aide d’un filtre. Le polymère brut a ensuite été lavé trois fois par remise en suspension puis filtration, les solutions de lavage successivement utilisées étant du méthanol, une solution d’acide chlorhydrique et de l’eau.
Le polymère purifié a enfin été séché à 180°C pendant 48h sous vide (30 mbar).
Exemple 2
L’exemple 2 correspond à une expérience dans les mêmes conditions que celles de l’exemple 1 , sauf que le chlorure de benzoyle a été ajouté dans une proportion molaire par rapport au 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyle)benzène égale à 0,029 et qu’une rampe de températures à 1 °C/min a été mise en œuvre pour amener le mélange réactionnel jusqu’à la température finale de polymérisation de 90°C.
Exemple 3
L’exemple 3 correspond à une expérience dans les mêmes conditions que
celles de l’exemple 1 , sauf qu’une rampe de températures à 1 ,5°C/min a été mise en œuvre.
Exemple 4
L’exemple 4 correspond à une expérience dans les mêmes conditions que celles de l’exemple 2, sauf qu’une rampe de températures à 1 ,5°C/min a été mise en œuvre.
Exemple 5
L’exemple 5 correspond à une expérience dans les mêmes conditions que celles de l’exemple 3, sauf que la proportion massique 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyle)benzène/ortho-dichlorobenzène est égale à 0,056 et le chlorure de benzoyle a été ajouté dans une proportion molaire par rapport au 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyle)benzène égale à 0,049.
Exemple 6
L’exemple 6 correspond à une expérience dans des conditions analogues à celles de l’exemple 1 , sauf qu’une rampe de températures à 0,75°C/min a été mise en œuvre.
En outre, le solvant de réaction a été ajouté de manière fractionnée en deux fois. La première fraction (environ 66%) a été introduite avec le 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyle)benzène et avec les chlorures d’acide puis a été refroidie à - 5°C, avant de procéder à l’introduction du trichlorure d’aluminium. Une fois que tout le trichlorure d’aluminium a été ajouté, la deuxième fraction de solvant (environ 33%) préchauffée à 125°C a été ajoutée en continu lors de la mise en œuvre de la rampe de température.
Exemple comparatif 1
L’exemple comparatif 1 correspond à une expérience dans les mêmes conditions que celles de l’exemple 1 sauf qu’une rampe de températures à 0,6°C/min a été mise en œuvre.
Exemple comparatif 2
L’exemple comparatif 2 correspond à une expérience dans les mêmes conditions que celles de l’exemple 1 sauf qu’une rampe de température à 3,0°C/min a été mise en œuvre et le chlorure de benzoyle a été ajouté dans une proportion molaire par rapport au 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyle)benzène égale à 0,049.
Exemple comparatif 3
L’exemple comparatif 3 correspond à une expérience dans les mêmes conditions que celles de l’exemple 3 sauf que le milieu réactionnel a été refroidi et maintenu à une température de 7°C pour l’étape de mise en contact avec le trichlorure d’aluminium.
Exemple comparatif 4
Deux réacteurs double enveloppe (R1 ) et (R2) équipés de système d'agitation et d’un système d’inertage sous un flux d’azote dans le ciel ont été utilisés.
Le 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoyle)benzène, l’ortho-dichlorobenzène, les chlorures de téréphtaloyle et d’isophtaloyle, le trichlorure d’aluminium et le chlorure de benzoyle ont été introduits dans le milieu réactionnel en même proportion que dans l’exemple 2 mais selon un procédé correspondant aux procédés de l’art antérieur consistant à disperser un pré-mélange froid dans du solvant de réaction préchauffé.
Une fraction S = 0,31 de l'ortho-dichlorobenzène (fraction molaire d’ortho- dichlorobenzene exprimée par rapport à la quantité totale d’ortho- dichlorobenzène utilisée pour la réaction de polymérisation) et le 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoyle)benzène ont d'abord été ajoutés sous agitation dans le réacteur R1.
Une distillation sous vide dynamique ainsi qu’un inertage à l’azote ont été mis en œuvre afin d'éliminer toute trace d’eau résiduelle dans le milieu réactionnel.
Le mélange de chlorures de téréphtaloyle et d’isophtaloyle et le chlorure de benzoyl ont ensuite été ajoutés sous agitation.
Le milieu réactionnel dans le réacteur R1 a ensuite été refroidi à -5°C. Du trichlorure d'aluminium a été ajouté dans le milieu réactionnel sous agitation, pour
former le mélange réactionnel, la température du mélange réactionnel étant maintenue à une température autour de -5°C tout au long de l’étape d’ajout.
Une fois tout le trichlorure d’aluminium ajouté, le contenu du réacteur R1 a été transféré dans le réacteur R2 sous agitation comprenant une fraction 1 -S = 0,69 d'ortho-dichlorobenzène porté et maintenu à une température de 85°C. Le mélange réactionnel a ensuite été maintenu à cette température pendant une heure.
Le même processus de purification du mélange de produits que dans l’exemple 1 a ensuite été mis en œuvre.
Exemple comparatif 5
L’exemple comparatif 5 correspond à une expérience dans les mêmes conditions que celles de l’exemple comparatif 4, sauf que le chlorure de benzoyle a été ajouté dans une proportion molaire par rapport au 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoylejbenzène égale à 0,035.
Résultats
Le rendement de chaque procédé a été calculé selon la formule suivante :
R (%) = 100 * rripoiymère / [0,996 rriEKKE + 0,651 (rriTci+ mici) +0,748 rriBzci ]; dans laquelle : rripoiymère est la masse de polymère récupérée à la fin du procédé; rriEKKE, rm-ci, mici. et rriBzci sont les masses respectivement en 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoylejbenzène, en chlorure de téréphtaloyle, en chlorure d’isophtaloyle et en chlorure de benzoyle introduites dans le mélange réactionnel. Dans les différentes expériences ci-dessus, le polymère a été obtenu sous forme d’écailles poreuses. Elles ont été caractérisées par mesure de viscosité, par évaluation de la quantité en fins de chaînes benzoyle, par analyse par tamisage de leur distribution granulométrique, par mesure de leur densité tassée et par mesure de leur surface spécifique.
Leur viscosité inhérente (IV), exprimée en dl/g, a été mesurée à une concentration de 0,0005 g/mL dans une solution d’acide sulfurique à 96,00% (fraction massique) à 25°C à l’aide d’un viscosimètre de type Ubbelohde à niveau suspendu (diamètre
intérieur du capillaire de 1 ,03 mm), selon la norme ISO 307-2009 appliquée au PEKK.
La concentration molaire en fins de chaînes benzoyle (FDCBZ), exprimée en microéquivalent de fin de chaîne benzoyle par gramme de polymère, a pu être déterminée par méthode RMN. L’analyse a été faite par RMN du proton (Avance 400 III HD, Avance 400 NEO). Les échantillons ont été solubilisés à température ambiante dans du dichlorométhane-d2, avec ajout d’acide trifluoroacétique-d. L’ensemble des raies observées entre 8.8 ppm et 6.8 ppm correspond aux protons des motifs du polyéthercétonecétone. A 7.58 ppm, il est mis en évidence une raie attribuable aux protons b de la fin de chaîne benzoyle. A partir de l’intégration de l’ensemble des raies du spectre et de l’intégration de la raie à 7.58 ppm, il est possible de déterminer la teneur en fin de chaîne benzoyle du polymère.
La distribution granulométrique des écailles, et notamment la proportion en écailles de taille strictement supérieure à 450 micromètres (%>450pm) et la proportion en écailles de taille strictement supérieure à 630 micromètres (%>630pm) a été évaluée par tamisage. Plus précisément, une tamiseuse vibrante AS200 digit CA® commercialisée par la société Retsch a été utilisée avec un tamis de diamètre 200 mm et des mailles adaptées aux tailles mesurées (450 pm pour mesurer la proportion en écailles de taille strictement supérieure à 450 micromètres et 630 pm pour mesurer la proportion en écailles de taille strictement supérieure à 630 micromètres). Le produit à tamiser a été placé sur le tamis supérieur (environ 60g) et la machine a été réglée pour avoir une amplitude de 2mm en mode intermittent activé (10s).
Le temps de tamisage a été déterminé comme suit : le tamisage est activé pour une durée de 5mn à l’issue de laquelle le tamis et le réceptacle recevant les particules traversant le tamis sont pesés. L’ensemble est remis sur le tamis pour une durée de 5mn. Si la masse du tamis n’évolue pas, le tamisage est alors terminé. Dans le cas contraire, le tamisage est renouvelé jusqu’à ce que les masses pesées soient stables.
La densité tassée a été mesurée selon la norme ISO 1068-1975(F), adaptée de la façon suivante.
- Conditionner la poudre pendant 24 heures à 23°C et 50%HR ;
-Introduire un volume de poudre (écailles) dans une éprouvette de précision en verre de 250 ml graduée;
-Niveler si nécessaire la surface libre de la poudre sans la tasser et noter le volume V0;
- Peser l'éprouvette avec la poudre avec une balance de précision à 0.1 g dont la tare a été précédemment éffectuee;
- Placer l'éprouvette sur le plateau de l'appareil de tassement de type STAV 2003; - Tasser avec 1250 chutes, noter le volume V1 ;
- Tasser avec 1250 chutes, noter le volume V2;
- Répéter l'opération de tassement jusqu'à obtenir deux volumes Vi équivalents.
- Noter Vf correspondant aux volumes Vi identiques. La densité tassée est la masse de poudre introduite divisée par Vf. Elle s'exprime en kg/m3.
La surface spécifique (Specific Surface Area, SSA) désigne le rapport de la superficie de la surface réelle d'une poudre et de la quantité de matière de cette poudre. Elle est exprimée en m2/g. Elle a été mesurée par : dégazage, adsorption de diazote gazeux sur la poudre (écailles), puis déterminée à l’aide de l’équation de Brunauer-Emmett-Tellery (BET) selon la norme ISO 9277:2022.
L’ensemble des résultats est regroupé dans les tableaux ci-dessous :
Tableau 1 - « ND » signifie que la mesure n’a pas été réalisée.
Tableau 2
La comparaison des exemples 1 à 5 par rapport aux exemples comparatifs 4 et 5, montre que le procédé selon l’invention permet d’obtenir un polyéthercétonecétone avec un meilleur rendement (tableau 1 ), en comparaison
avec le procédé de l’art antérieur consistant à préparer un pré-mélange à froid et à le disperser dans du solvant préchauffé. Le procédé permet notamment d’obtenir un polymère ayant une viscosité élevée et intégrant en même temps une quantité élevée d’agent limiteur de chaîne comme fonction chimique de fin de chaîne. Le procédé permet également d’obtenir des écailles de plus petite taille.
La comparaison des exemples 1 à 5 par rapport aux exemples comparatifs 1 et 2, montre la sélection nécessaire concernant la vitesse moyenne de chauffe pour l’étape progressive de chauffage. En effet, de mauvais rendements sont obtenus si la vitesse moyenne de chauffe est trop lente ou trop rapide au cours de l’étape progressive de chauffage. Ces mauvais rendements sont même inférieurs à ceux obtenus par le procédé de l’art antérieur consistant à préparer un pré-mélange réactionnel à froid et à le disperser dans du solvant préchauffé (voir exemples comparatifs 4 et 5).
La comparaison des exemples 1 et 3 par rapport à l’exemple comparatif 3, montre que dans le cas où la durée de mise en contact des réactifs est suffisamment longue, le 1 ,4-bis(4-phénoxybenzoylbenzène) étant par ailleurs introduit dans la totalité du solvant de réaction, une température de mise en contact suffisamment basse est nécessaire de sorte à permettre à ce que le 1 ,4-bis(4- phénoxybenzoylbenzène) reste en suspension dans le mélange réactionnel suffisamment longtemps, de sorte à permettre une accélération de la réaction de polymérisation tardive, et in fine une augmentation du rendement du procédé.
La comparaison de l’exemple 5 par rapport à l’exemple 3 montre que le procédé selon l’invention peut être mis en œuvre à une concentration des composés chimiques dans le solvant de réaction plus élevée.
La comparaison de l’exemple 4 par rapport à l’exemple comparatif 4 montre que pour une concentration molaire en fin de chaine benzoyle ajoutée au mélange réactionnel, le procédé selon l’invention permet d’obtenir un polymère ayant une viscosité plus élevée, le procédé de l’art antérieur consistant à préparer un prémélange réactionnel à froid et à le disperser dans du solvant préchauffé. Par
ailleurs, la comparaison montre que pour une concentration molaire en fin de chaine benzoyle ajoutée au mélange réactionnel, le procédé selon l’invention permet d’obtenir un polymère ayant une plus forte proportion en fin de chaîne issue de l’agent limiteur de chaîne.
La comparaison de l’exemple 6 par rapport à l’exemple 1 , montre que le solvant de réaction peut être introduit en totalité lors de la mise en contact des réactifs, ou bien au contraire de manière fractionnée, une partie du solvant de réaction pouvant avantageusement être utilisée pour mettre en œuvre l’étape progressive de chauffage.
La comparaison des exemples 1 à 6 par rapport aux exemples comparatifs 1 et 2, montre que plus la rampe de température est élevée, plus la densité tassée des écailles obtenue est faible (tableau 2). Par ailleurs, la comparaison des exemples 1 à 6 , par rapport aux exemples comparatifs 3 et 5 montre que la densité tassée est plus élevée pour la poudre grossière selon l’invention par rapport à des poudres obtenues par introduction de pré-mélange froid dans du solvant de réaction chaud.
La comparaison de l’exemple 4 par rapport à l’exemple comparatif 4 montre que les écailles obtenues selon le procédé de l’invention ont une surface spécifique plus faible (tableau 2).
La viscosité complexe initiale (premier point de mesure après mise en place de l’échantillon et stabilisation de la température du four après 5 minutes), à 380°C, 1 Hz, sous diazote, a été mesurée pour :
■ un polyéthercétonecétone fabriqué selon US 20120263953 en utilisant comme agent dispersant de l’acide benzoïque, ayant un ratio T/l de 70/30, une viscosité inhérente de 1 ,13 dl/g, et une proportion massique en acide benzoïque résiduel de 0,6% en poids par rapport au poids de polymère (chromatographie en phase gazeuse),
■ le polyéthercétonecétone selon l’exemple 4, ayant également une viscosité inhérente de 1 ,13 dl/g.
Le polyéthercétonecétone fabriqué par un procédé utilisant l’acide benzoïque comme agent dispersant a une viscosité complexe initiale de 5380 Pa.s.
Le polyéthercétonecétone selon l’exemple 4 a une viscosité complexe initiale de 1320 Pa.s. Ceci montre que l’utilisation d’un agent dispersant dans le procédé de fabrication du polyéthercétonecétone et/ou sa présence résiduelle dans le polyéthercétonecétone ainsi fabriqué, a des conséquences néfastes sur la stabilité thermique du polymère. En effet, ceci montre une augmentation de viscosité rapide lorsque le polymère est fondu.