DESCRIPTION
TITRE : Procédé de détermination de paramètres spécifiques à la coloration personnalisée de poils d’un individu donné
La présente invention concerne un procédé de détermination d’au moins un paramètre spécifique à la coloration personnalisée de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné. La présente invention se rapporte aussi à un procédé de formulation d’une composition cosmétique spécifique à la coloration personnalisée de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné. La présente invention se rapporte, en outre, à un procédé de coloration personnalisée de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné. La présente invention se rapporte, également, à un procédé de détermination d’un paramètre non-colorimétrique caractéristique de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné. La présente invention se rapporte, en outre, à un dispositif de détermination et un système de formulation associé.
De tels procédés sont notamment destinés à être mis en oeuvre en association avec un procédé et un système de décoloration / coloration capillaire tel que décrit dans le document EP 0 443 741.
Un objectif de l’industrie cosmétique est d’améliorer l’expérience vécue par ses consommateurs. Il existe en particulier une forte tendance à proposer des produits toujours plus adaptés aux besoins et aux caractéristiques spécifiques de l’utilisateur. Cette tendance est appelée de manière générale « personnalisation ».
La personnalisation de produits et services cosmétiques peut concerner n’importe quelle partie du corps humain mais revêt un intérêt tout particulier pour les parties corporelles exposées, telles que le visage (produits de maquillage ou de soin, notamment des fonds de teint) et les cheveux (produits de soin ou de coloration par exemple).
Il est ainsi connu de recommander des fonds de teint adaptés en fonction d’une ou plusieurs caractéristiques de la peau d’un utilisateur (par exemple « Le Teint Particulier » ® proposé par LANCÔME®). Il est également connu de proposer des produits capillaires personnalisés dont la composition est déterminée à partir de différentes propriétés des cheveux de l’utilisateur (voir par exemple, le document EP 0 443 741 précité, ainsi que les documents WO 2004/002300 A2 and US 9 316 580 B).
La notion de personnalisation va au-delà du simple fait d’offrir une gamme de produits plus ou moins large correspondant chacun à une catégorie d’utilisateur, une
difficulté étant souvent de pouvoir recommander le produit le plus adapté à l’utilisateur en fonction de caractéristiques spécifiques individuelles.
Comme décrit dans les documents précédemment cités, la notion de personnalisation comprend de manière générale une première étape d’analyse visant à obtenir une ou plusieurs données spécifiques à l’utilisateur concerné, ces données étant ensuite utilisées pour déterminer un traitement adapté et/ou un ou plusieurs produits appropriés destinés à être appliqués sur la partie corporelle concernée de l’utilisateur.
Jusqu’à récemment, l’étape d’analyse était souvent réalisée manuellement ou visuellement par un expert tel qu’un coiffeur ou un conseiller beauté (en anglais « beauty adviser »). Il est notamment connu de faire remplir à l’utilisateur un questionnaire dont les réponses pourront être utilisées pour lui conseiller le produit supposé être le plus adapté (voir notamment le document US 2014/0216492 A). Il apparaît évident qu’une telle technique est hautement incertaine et manque de précision.
Dans le but d’améliorer la pertinence et la fiabilité de la recommandation de produits, une ou plusieurs étapes peuvent être réalisées en utilisant des outils ou appareils et même être automatisées.
Ainsi, tout ou parties des caractéristiques initiales spécifiques à l’utilisateur peuvent être obtenues par des mesures objectives en utilisant un appareil de mesure approprié (généralement appelé « reader » en anglais ou lecteur en français). Un exemple d’un tel appareil est l’appareil CAPSURE commercialisé par la société X-RITE, cet appareil étant conçu pour retourner un code couleur représentatif de la couleur du matériau mesuré, par exemple, la peau d’un utilisateur (voir notamment le document US 2010/0328667 A bien que ce document ne vise pas explicitement la peau ou les surfaces kératiniques).
Les données caractéristiques obtenues (éventuellement avec d’autres données complémentaires) sont ensuite envoyées à une unité de calcul configurée pour déterminer le produit le plus adapté en fonction d’au moins un ensemble de règles, aussi appelées règles d’application.
Dans le cas de fonds de teint ou de produits de coloration capillaires, les règles d’application peuvent ainsi consister généralement en une base de données enregistrant un ensemble de produits ou de compositions, ainsi que leur rendu colorimétrique selon la teinte de peau sur laquelle ils sont appliqués. Ainsi, à partir de la couleur de peau initiale d’un individu et de la teinte finale souhaitée, un logiciel peut identifier au moins une composition supposément adaptée (voir par exemple les documents US 5 478 238 ou US 9 519 927 décrivant des méthodes pour trouver un produit de fond de teint adapté).
Alternativement, ou de manière complémentaire, les règles d’application peuvent utiliser un ou plusieurs modèles de rendu colorimétrique comprenant une ou plusieurs formules mathématiques. On pourra notamment citer le logiciel «Color iMatch »® commercialisé par la société X-RITE et permettant de formuler notamment des compositions de peintures.
On peut également citer la relation de Kubelka-Munk qui permet de prévoir la couleur d’un mélange de colorants à partir des paramètres d'absorption et de diffusion spectrale de chacun des composants. Une approche itérative, notamment en association avec des compositions de référence préenregistrées, permet d’obtenir une composition permettant normalement d’obtenir la couleur finale souhaitée.
Le traitement ou produit déterminé en accord avec les données personnelles recueillies peut être un produit fini déjà formulé et sélectionné dans un catalogue ou une base de données (voir par exemple les documents US 5 478 238 et US 9 519 927 précités) ou un produit personnalisé dont la composition elle-même a été déterminée à partir des caractéristiques individuelles obtenues.
Le produit peut alors être acheté ou commandé par la personne. Dans le cas d’un produit personnalisé (en anglais « custom-made »), ledit produit peut être fabriqué directement sur le point de vente (boutique ou salon par exemple) par un dispositif capable de mélanger des composants conformément à la composition personnalisée déterminée, et distribuer ladite composition. Le produit personnalisé peut également être commandé par l’utilisateur et livré ultérieurement.
Pour un exemple complet d’un tel système, on pourra se référer au document US 9 316 580 B précité qui décrit une méthode pour réaliser un traitement personnalisé des cheveux d’un utilisateur comprenant une étape de diagnostic utilisant un appareil de mesure optique configuré pour acquérir le spectre des cheveux, ce spectre étant ensuite utilisé pour calculer une composition adaptée, la composition étant ensuite fabriquée et distribuée par un dispositif correspondant. On pourra aussi se référer au document WO 201 1/024160 A.
Comme mentionné ci-dessus, obtenir des données initiales fiables, objectives et pertinentes est souvent un challenge. Cela est particulièrement le cas pour les cheveux en raison de leur texture et environnement spécifique.
Malgré tout le soin apporté à la détermination des paramètres initiaux, des règles d’application et/ ou des modèles de prédiction de couleur, le résultat final obtenu sur l’individu concerné pourra s’écarter de manière plus ou moins importante du résultat final souhaité.
En particulier, lorsqu’un individu souhaite colorer ses poils, notamment ses cheveux, le produit cosmétique à appliquer sur les cheveux de l’individu en vue de réaliser la coloration est usuellement choisi en fonction de la couleur initiale des cheveux de l’individu et de la couleur cible souhaitée par l’individu.
Toutefois, une fois le produit cosmétique appliqué sur les cheveux de l’individu, la couleur effectivement obtenue ne correspond généralement pas à la couleur cible.
Cela s’explique par le fait que, d’un individu à un autre, les cheveux sont de natures différentes et ont des vécus différents, notamment en termes de stress subis (colorations précédentes par exemple) ou de vieillissement. Certains paramètres susceptibles d’influencer le résultat final peuvent ainsi ne pas être mesurables / mesurés ou ne pas être directement pris en compte dans les règles d’applications et/ou le modèle de rendu colorimétrique. De telles différences impactent le rendu de la couleur une fois le produit cosmétique appliqué sur les cheveux.
Il existe donc un besoin pour un procédé et un dispositif associé permettant d’aller encore plus loin dans le degré de personnalisation, notamment dans le cas particulier de la coloration capillaire.
A cet effet, la présente description a pour objet, un procédé de détermination d’au moins un paramètre spécifique à la coloration personnalisée de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné, en fonction d’un modèle de rendu colorimétrique, le procédé comprenant une phase d’initialisation correspondant à une première coloration de poils de l’individu, la phase d’initialisation comprenant les étapes de :
- réception d’au moins une grandeur représentative d’une première couleur cible dans un espace colorimétrique,
- réception d’au moins une grandeur représentative d’une première couleur initiale dans l’espace colorimétrique, la première couleur initiale étant la couleur des poils à colorer de l’individu,
- détermination d’une composition de produit cosmétique en fonction des grandeurs représentatives de la première couleur initiale et de la première couleur cible et du modèle de rendu colorimétrique,
- application d’un produit cosmétique ayant la composition déterminée sur les poils à colorer de l’individu pour obtenir des poils colorés,
- évaluation de la couleur des poils colorés pour obtenir au moins une grandeur représentative d’une première couleur finale dans l’espace colorimétrique, et
- détermination d’au moins un paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu en fonction des grandeurs représentatives de la première couleur finale et de la première couleur cible.
Selon des modes de mise en oeuvre particuliers, le procédé de détermination comprend une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, prises isolément ou suivant toutes les combinaisons techniquement possibles :
- le procédé comprend une étape de mémorisation du paramètre de déviation colorimétrique en tant que donnée historique spécifique à l’individu donné ;
- le procédé comprend une phase de personnalisation correspondant à une deuxième coloration des poils de l’individu, la phase de personnalisation comprenant les étapes de :
- réception d’au moins une grandeur représentative d’une deuxième couleur cible dans l’espace colorimétrique,
- réception d’au moins une grandeur représentative d’une deuxième couleur initiale dans l’espace colorimétrique, la deuxième couleur initiale étant la couleur des poils à colorer de l’individu,
- détermination d’une composition de produit cosmétique en fonction des grandeurs représentatives de la deuxième couleur initiale et de la deuxième couleur cible, du modèle de rendu colorimétrique et du paramètre de déviation colorimétrique déterminé lors de la phase d’initialisation ;
- la phase de personnalisation comprend :
- une étape d’application d’un produit cosmétique ayant la composition déterminée sur les poils à colorer de l’individu pour obtenir des poils colorés, et
- une étape d’évaluation de la couleur des poils colorés pour obtenir au moins une grandeur représentative d’une deuxième couleur finale dans l’espace colorimétrique ;
- la phase de personnalisation comprend une étape d’actualisation, le cas échéant, du paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu en fonction des grandeurs représentatives de la deuxième couleur finale et de la deuxième couleur cible ;
- la phase de personnalisation est répétée pour chaque nouvelle coloration des poils de l’individu donné en fonction d’au moins le dernier paramètre de déviation colorimétrique déterminé ;
- l’intervalle de temps entre deux phases de personnalisation successives est d’au moins une semaine, de préférence au moins de trois semaines.
La présente description se rapporte aussi à un procédé de formulation d’une composition cosmétique spécifique à la coloration personnalisée de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné en fonction d’un modèle de rendu colorimétrique, le procédé comprenant les étapes de :
- réception d’au moins un paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu donné, ledit paramètre étant susceptible d’être obtenu par un procédé de détermination tel que décrit précédemment,
- réception d’au moins une grandeur représentative d’une première couleur cible dans un espace colorimétrique,
- réception d’au moins une grandeur représentative d’une première couleur initiale dans l’espace colorimétrique, la première couleur initiale étant la couleur des poils à colorer de l’individu,
- détermination d’une composition de produit cosmétique en fonction des grandeurs représentatives de la première couleur initiale et de la première couleur cible, du modèle de rendu colorimétrique et du paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu, et
- fabrication d’un produit cosmétique ayant la composition déterminée.
La présente description se rapporte, en outre, à un procédé de coloration personnalisée de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné, le procédé de coloration comprenant une étape d’application d’une composition cosmétique sur les cheveux de l’individu, la composition cosmétique ayant été formulée selon le procédé de formulation tel que décrit précédemment.
La description se rapporte, également, à un procédé de détermination d’au moins un paramètre non-colorimétrique caractéristique de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné, le procédé comprenant les étapes de :
- réception d’un paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu donné, ledit paramètre étant susceptible d’être obtenu par un procédé de détermination tel que décrit précédemment, et
- détermination d’au moins un paramètre non-colorimétrique caractéristique des poils de l’individu donné à partir du paramètre de déviation colorimétrique reçu.
Selon des modes de mise en oeuvre particuliers, le procédé de détermination comprend une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, prises isolément ou suivant toutes les combinaisons techniquement possibles :
- le ou au moins un paramètre non-colorimétrique est choisi dans le groupe constitué de : un facteur de perméabilité des poils de l’individu, un facteur de montée de chaque colorant du produit cosmétique dans les poils de l’individu, une résistance à l’oxydation des poils de l’individu et un rapport entre l’eumélanine contenues dans les poils de l’individu par la phéomélanine contenues dans les poils de l’individu.
La description se rapporte, également, à un dispositif de détermination d’au moins un paramètre spécifique à la coloration personnalisée de poils, notamment des cheveux,
d’un individu donné, en fonction d’un modèle de rendu colorimétrique, le dispositif étant configuré pour mettre en oeuvre au moins une étape d’un procédé de détermination tel que décrit précédemment, le dispositif comprenant un contrôleur comprenant :
- une interface homme-machine configurée pour mettre en oeuvre chaque étape de réception du procédé de détermination, et
- une unité de traitement configurée pour mettre en oeuvre au moins les étapes de détermination d’une composition et de détermination d’au moins un paramètre de déviation.
La description se rapporte, en outre, à un système de formulation d’une composition cosmétique spécifique à la coloration personnalisée de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné, le système étant configuré pour mettre en oeuvre un procédé de formulation tel que décrit précédemment, le système comprenant une pluralité de mélanges cosmétiques fonctionnels stockés dans des contenants séparés, les mélanges cosmétiques fonctionnels étant propres à être combinés les uns aux autres pour former la composition cosmétique déterminée, le système étant configuré pour distribuer au moins deux mélanges cosmétiques fonctionnels, chacun dans une proportion et/ou une quantité déterminée.
D’autres caractéristiques et avantages de l’invention apparaîtront à la lecture de la description qui suit, de modes de réalisation de l’invention, donnée à titre d’exemple uniquement et en référence aux dessins qui sont :
[Fig 1], la figure 1 est une vue schématique du principe d’un procédé de détermination d’un paramètre spécifique à la coloration personnalisée des cheveux d’un individu donné,
[Fig 2], la figure 2 est une autre vue schématique du principe d’un procédé de détermination d’un paramètre spécifique à la coloration personnalisée des cheveux d’un individu donné,
[Fig 3], la figure 3 est encore une autre vue schématique du principe d’un procédé de détermination d’un paramètre spécifique à la coloration personnalisée des cheveux d’un individu donné,
[Fig 4], la figure 4 est une vue schématique d’un dispositif de détermination,
[Fig 5], la figure 5 est une vue schématique d’un système de formulation,
[Fig 6], la figure 6 est un organigramme d’un exemple de mise en oeuvre d’un procédé de détermination d’un paramètre spécifique à la coloration personnalisée des poils d’un individu donné, et
[Fig 7], la figure 7 est un organigramme d’un exemple de mise en œuvre d’un procédé de formulation d’une composition cosmétique spécifique à la coloration personnalisée des poils d’un individu donné.
Dans la suite de la description, le terme « poils » désigne tous les types de poils d’un individu quel que soit leur implantation sur la surface corporelle de l’individu. Les poils englobent le système pileux et capillaire de l’individu. Les cheveux et les sourcils sont des exemples de poils. La présente demande vise toutefois plus particulièrement les cheveux.
De manière générale, le terme « produit cosmétique » désigne toute substance ou mélange destiné à être mis en contact avec les parties superficielles du corps humain (épiderme, système pileux et capillaire, ongles, lèvres et organes génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles.
Par exemple, le produit cosmétique est une formule de coloration, aussi appelée « coloration », destinée à être mise en contact de poils d’un individu, tels que des cheveux, pour les colorer. Une telle coloration est permanente ou temporaire. La présente demande vise en particulier les colorations d’oxydation dites permanentes.
Le terme « couleur » pour un produit cosmétique désigne la couleur apparente ou le rendu de la couleur une fois le produit cosmétique appliqué sur les poils d’un individu de référence ou sur un modèle de poils. Etant donné les différences de nature et de vécu des poils d’un individu à un autre, le rendu de la couleur peut varier une fois le produit cosmétique appliqué sur les poils d’un individu donné par rapport au rendu obtenu pour l’individu de référence ou le modèle de poils.
Le principe général de l’invention qui sera développé dans la suite de la description est illustré par les figures 1 à 3 dans le cas des cheveux.
En particulier, la figure 1 illustre un individu donné ayant une couleur initiale C, de cheveux et souhaitant, après application d’une composition cosmétique F0, obtenir une couleur cible Cc, différente de la couleur initiale Ci. L’enjeu consiste à déterminer la composition F0 de produit cosmétique la plus adaptée à l’individu donné en vue d’obtenir, après coloration, une couleur finale Cf au plus proche de la couleur cible Cc. Par le terme « au plus proche », il est entendu que l’écart colorimétrique souhaité entre la couleur finale Cf et la couleur cible Cc dans l’espace colorimétrique CIE L*a*b est le plus faible possible, et notamment inférieur à 3, voire inférieur à 1.
La composition cosmétique F0 est obtenue via un ensemble de règles d’applications mettant en œuvre un ou des modèles de rendu colorimétrique permettant
de déterminer la composition de produit cosmétique supposément la plus adaptée à l’obtention de la couleur cible Cc partant de la couleur initiale Ci. Plus précisément, le ou les modèles de rendu colorimétrique permettent d’obtenir une couleur finale Cf en fonction de la couleur cible Cc et de la couleur initiale Ci. Les règles d’application permettent d’obtenir une composition de produit cosmétique correspondant à la couleur finale Cf déterminée. Le procédé présenté dans la suite de la description vise à personnaliser le modèle de rendu colorimétrique pour chaque individu au fil des colorations successives.
En fonction de la composition cosmétique F0 déterminée, un professionnel tel qu’un coiffeur, effectue le cas échéant des mélanges de compositions cosmétiques pour obtenir la composition cosmétique F0 déterminée. La composition cosmétique F0 déterminée sera ainsi obtenue par une règle d’application spécifique. La règle d’application est néanmoins spécifique à la couleur finale souhaitée mais non pas à un individu donné.
En particulier, la figure 1 décrit l’utilisation de modèles de rendu colorimétrique M1 et M2 pour déterminer la composition de produit cosmétique supposément la plus adaptée à l’obtention de la couleur cible Cc, éventuellement en calculant une couleur intermédiaire Cmt. De telles modèles sont, par exemples, basés sur des modèles optiques tels que le modèle de Kubelka-Munk et des modèles chimiques ou encore des modèles statistiques. Les modèles de rendu colorimétrique M1 , M2 peuvent également comprendre un ensemble d’essais vivo et / ou vitro regroupés dans une base de données et permettant de réaliser des correspondances entre la couleur initiale et la couleur cible, les règles d’application assurant la correspondance entre la couleur cible et la composition
Comme illustré sur la figure 1 pour le modèle de rendu colorimétrique M2, de telles modélisations peuvent être adaptées pour prendre en compte certaines déviations AEmèche (aussi appelées point pivots sur échantillons) entre, d’une part, la couleur prédite par le modèle et, d’une part, la couleur expérimentale obtenue une fois la coloration appliquée sur des échantillons de mèches de cheveux. De telles modélisations permettent, également, de prendre en compte, les déviations AEt&e (aussi appelées point pivot sur tête) entre, d’une part, la couleur finale obtenue expérimentalement sur des échantillons de mèches de cheveux et, d’autre part, la couleur finale obtenue expérimentalement une fois la coloration appliquée sur des modèles de chevelure (intégralité de la chevelure).
Comme visible sur la figure 2, le point pivot sur tête AEt&e est un paramètre qui dépend des cheveux de l’individu (nature et vécu). Les procédés décrits dans ce qui suit visent à personnaliser le point pivot sur tête de sorte à appliquer une correction différente pour chaque individu au fil des colorations. Initialement, lors de la première coloration des
cheveux de l’individu, le point pivot sur tête est pris en compte dans le ou les modèles de rendu colorimétrique sur la base de celui d’un individu de référence. Les flèches en pointillés illustrent la couleur (couleur cible) visée par le modèle de rendu colorimétrique et réalisée par mélange de compositions selon des règles d’application RA1 . Les flèches en traits pleins illustrent la couleur effectivement obtenue (couleur finale). Ainsi, lors de la première coloration, la couleur finale Cn obtenue est différente de la couleur cible Cc d’une déviation correspondant au point pivot sur tête spécifique à l’individu AEmdividu (point pivot individuel). Lors de la coloration suivante, la déviation AEmdividu obtenue lors de la première coloration est prise en compte dans le modèle de rendu colorimétrique, ce qui permet d’obtenir via de nouvelles règles d’application RA2 une couleur finale Cf2 plus proche de la couleur cible Cc que la couleur finale Cn obtenue précédemment.
La figure 3 illustre que le point pivot individuel AEindividu est mis à jour au cours des colorations successives pour correspondre à une composition cosmétique permettant de se rapprocher de plus en plus de la couleur cible.
Des dispositifs, systèmes et procédés illustrant un tel principe vont à présent être décrits.
Un dispositif 10 de détermination de paramètres spécifiques à la coloration personnalisée des poils d’un individu donné est illustré par la figure 4.
Le dispositif 10 comporte un contrôleur 14 et, optionnellement, une unité de mesure colorimétrique 15 et une unité de fabrication 16.
Le contrôleur 14 est propre à interagir avec un produit programme d’ordinateur 18. L’interaction du produit programme d’ordinateur 18 avec le contrôleur 14 permet de mettre en oeuvre un procédé de détermination d’au moins un paramètre spécifique à la coloration personnalisée des poils d’un individu donné. Avantageusement, le dispositif 10 est, également, configuré pour déterminer au moins un paramètre non-colorimétrique caractéristique de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné, comme cela sera décrit dans la suite de la description.
Le contrôleur 14 est un ordinateur. Plus généralement, le contrôleur 14 est un calculateur électronique propre à manipuler et/ou transformer des données représentées comme des quantités électroniques ou physiques dans des registres du contrôleur 14 et/ou des mémoires en d’autres données similaires correspondant à des données physiques dans des mémoires, des registres ou d’autres types de dispositifs d’affichage, de transmission ou de mémorisation.
Le contrôleur 14 comporte un processeur 20 comprenant une unité de traitement 22, des mémoires 24, et un lecteur 26 de support d’informations. Dans l’exemple illustré par la figure 4, le contrôleur 14 comprend, également, une interface
homme-machine 27 comprenant, par exemple, un clavier 28 et/ou une interface tactile et une unité d’affichage 30.
Le produit programme d’ordinateur 18 comporte un support lisible d’informations. Un support lisible d’informations est un support lisible par le contrôleur 14, usuellement par l’unité de traitement 22 du contrôleur 14. Le support lisible d’informations est un médium adapté à mémoriser des instructions électroniques et capable d’être couplé à un bus d’un système informatique.
A titre d’exemple, le support lisible d’informations est une disquette ou disque souple (de la dénomination anglaise de « floppy disk »), un disque optique, un CD-ROM, un disque magnéto-optique, une mémoire ROM, une mémoire RAM, une mémoire EPROM, une mémoire EEPROM, une carte magnétique ou une carte optique.
Sur le support lisible d’informations est mémorisé un programme d’ordinateur comprenant des instructions de programme. Le programme d’ordinateur est chargeable sur l’unité de traitement de données 22 et est adapté pour entraîner la mise en oeuvre d’au moins l’une des étapes d’un procédé de détermination d’au moins un paramètre spécifique à la coloration personnalisée de poils d’un individu donné, dont un exemple sera donné dans la suite de la description. Avantageusement, le programme d’ordinateur est, également, adapté pour entraîner la mise en oeuvre d’un procédé de détermination d’au moins un paramètre non-colorimétrique caractéristique des poils d’un individu donné, comme cela sera décrit dans la suite de la description.
L’unité de mesure colorimétrique 15 est propre à mesurer la couleur des poils de l’individu.
L’unité de mesure colorimétrique 15 est, par exemple, un spectro-colorimètre.
Selon un mode de réalisation, l’unité de mesure colorimétrique 15 comprend un capteur de mesure propre à prendre des images de zones des poils de l’individu et un outil d’analyse permettant d’extraire des mesures colorimétriques à partir des images obtenues.
Alternativement ou de manière complémentaire, l’unité de mesure colorimétrique 15 peut également être une unité permettant une entrée manuelle de la couleur par l’individu et/ou son coiffeur, notamment à partir d’une échelle colorimétrique représentée en particulier sur un écran, notamment tactile. L’utilisateur sélectionne à l’écran la couleur des poils de l’individu, la valeur de ladite couleur étant transmise à l’unité de traitement 14.
De manière générale, l’unité de mesure colorimétrique 15 peut être toute unité permettant d’obtenir une information colorimétrique.
L’unité de fabrication 16 est propre à fabriquer un produit cosmétique à partir d’une composition donnée.
Un système 40 de formulation d’une composition cosmétique spécifique à la coloration personnalisée de poils d’un individu donné est illustré par la figure 5.
Le système 40 comprend un contrôleur 44 une unité de fabrication 46.
Le contrôleur 44 est propre à interagir avec un produit programme d’ordinateur 48. L’interaction du produit programme d’ordinateur 48 avec le contrôleur 44 et l’unité de fabrication 46 permet de mettre en oeuvre un procédé de formulation d’une composition cosmétique spécifique à la coloration personnalisée de poils d’un individu donné.
Le contrôleur 44 est un ordinateur. Plus généralement, le contrôleur 44 est un calculateur électronique propre à manipuler et/ou transformer des données représentées comme des quantités électroniques ou physiques dans des registres du contrôleur 44 et/ou des mémoires en d’autres données similaires correspondant à des données physiques dans des mémoires, des registres ou d’autres types de dispositifs d’affichage, de transmission ou de mémorisation.
Le contrôleur 44 comporte un processeur 50 comprenant une unité de traitement 52, des mémoires 54, et un lecteur 56 de support d’informations. Dans l’exemple illustré par la figure 5, le contrôleur 44 comprend, également, une interface homme-machine 57 comprenant, par exemple, un clavier 58 et/ou une interface tactile et une unité d’affichage 60.
Le produit programme d’ordinateur 48 comporte un support lisible d’informations. Un support lisible d’informations est un support lisible par le contrôleur 44, usuellement par l’unité de traitement 52 du contrôleur 44. Le support lisible d’informations est un médium adapté à mémoriser des instructions électroniques et capable d’être couplé à un bus d’un système informatique.
A titre d’exemple, le support lisible d’informations est une disquette ou disque souple (de la dénomination anglaise de « floppy disk »), un disque optique, un CD-ROM, un disque magnéto-optique, une mémoire ROM, une mémoire RAM, une mémoire EPROM, une mémoire EEPROM, une carte magnétique ou une carte optique.
Sur le support lisible d’informations est mémorisé un programme d’ordinateur comprenant des instructions de programme. Le programme d’ordinateur est chargeable sur l’unité de traitement de données 52 et est adapté pour entraîner la mise en oeuvre d’au moins l’une des étapes d’un procédé de formulation d’une composition cosmétique, dont un exemple sera donné dans la suite de la description.
L’unité de fabrication 46 comprend, avantageusement, une pluralité de mélanges cosmétiques fonctionnels stockés dans des contenants séparés. Les mélanges
cosmétiques fonctionnels sont, par exemple, des composants pour coloration capillaire intégrant notamment des pigments. Les mélanges sont propres à être combinés entre eux pour former un produit cosmétique ayant une composition déterminée.
Le système 40 est configuré pour distribuer et mélanger au moins deux mélanges cosmétiques, chacun dans une proportion et/ou une quantité déterminée pour obtenir une composition cosmétique déterminée.
Dans un exemple de mode de réalisation, le système 40 et le dispositif 10 sont intégrés dans une même machine, de sorte que l’unité de fabrication 16 du dispositif 10 est confondue avec l’unité de fabrication 46 du système 40 et/ou le contrôleur 14 du dispositif 10 est confondu avec le contrôleur 44 du système 40.
Un exemple de fonctionnement du dispositif de détermination 10 est maintenant décrit en référence à l’organigramme de la figure 6.
Dans l’exemple illustré par la figure 6, le procédé de détermination comprend deux phases : une phase d’initialisation 100 correspondant à une première coloration des poils d’un individu donné et une phase de personnalisation 200 correspondant à une deuxième coloration des poils de l’individu donné et utilisant un paramètre de déviation colorimétrique individuel déterminé lors de la phase d’initialisation.
La phase de personnalisation 200 est, avantageusement, répétée pour chaque nouvelle coloration des poils de l’individu donné. L’intervalle de temps entre deux phases de personnalisation successives est avantageusement d’au moins une semaine, de préférence d’au moins trois semaines, voire d’au moins six semaines.
La phase d’initialisation 100 comporte une étape 1 10 de réception d’au moins une grandeur représentative d’une première couleur cible dans un espace colorimétrique. L’étape de réception 1 10 est mise en oeuvre via l’interface homme-machine 27 du contrôleur 14.
La première couleur cible est la couleur de la coloration souhaitée pour les poils à colorer de l’individu, c’est-à-dire le rendu colorimétrique souhaité après application d’un produit cosmétique sur les poils de l’individu.
La première couleur cible est typiquement une couleur choisie par l’individu, éventuellement sur les conseils d’un professionnel, tel qu’un coiffeur. La première couleur cible est, par exemple, choisie au moyen d’une échelle de teintes.
Dans la suite de la description, les valeurs colorimétriques sont présentées dans l’espace colorimétrique CIE L*a*b*.
L’espace colorimétrique CIE L*a*b*, souvent abrégé CIELAB, est un espace colorimétrique pour les couleurs de surface défini par la Commission internationale de l'éclairage (CIE) en 1976. Fondé sur les évaluations du système CIE XYZ, il en
abandonne la linéarité afin de figurer plus fidèlement les écarts entre les couleurs perçues par la vision humaine. Dans ce modèle, trois grandeurs caractérisent les couleurs, la clarté L*, qui dérive de la luminance (Y) de l'évaluation XYZ, et deux paramètres a* et b*, qui expriment l'écart de la couleur par rapport à celle d'une surface grise de même clarté, comme la chrominance. La définition d'une surface grise, non colorée, achromatique, implique d'indiquer explicitement la composition de la lumière qui éclaire la surface colorée. Cet illuminant est souvent la lumière du jour qui correspond à l’étalon normalisée D65.
Toute autre espace colorimétrique est envisageable.
De manière plus générale, toutes représentations permettant d’associer des spectres seraient également utilisables dans ce contexte.
Pour la suite, il est supposé que les données reçues sont des valeurs colorimétriques.
Dans le cas où les données reçues ne sont pas des valeurs colorimétriques, une étape de conversion est mise en oeuvre au cours de chaque étape de réception de grandeurs représentatives de couleurs.
La phase d’initialisation 100 comporte une étape 120 de réception d’au moins une grandeur représentative d’une première couleur initiale dans l’espace colorimétrique. L’étape de réception 1 10 est mise en oeuvre via l’interface homme-machine 27 du contrôleur 14.
La première couleur initiale est avantageusement différente de la première couleur cible.
En variante, par exemple pour masquer des cheveux blancs, la première couleur initiale est identique à la première couleur cible.
Préférentiellement, la première couleur initiale est la couleur actuelle des poils à colorer de l’individu, c’est-à-dire la couleur des poils de l’individu à l’instant de la première coloration, mais avant l’application d’un produit cosmétique ayant une fonction de coloration.
La première couleur initiale est, typiquement, obtenue par une mesure effectuée par un capteur, tel qu’un spectro-colorimètre. Les mesures sont, par exemple, des mesures colorimétriques effectuées sur une ou plusieurs zones de poils de l’individu. Par exemple, de telles mesures colorimétriques sont effectuées par un professionnel, tel qu’un coiffeur. Comme indiqué précédemment, la grandeur représentative de la couleur initiale peut ainsi être reçue directement ou indirectement d’un appareil de mesure colorimétrique et/ou être entrée ou validée manuellement par l’utilisateur ou son coiffeur.
A titre d’illustration, le professionnel utilise un spectromètre portable ou l’unité de mesure 15 du dispositif 10.
Selon un mode de réalisation, le professionnel effectue des mesures sur un nombre de zones de poils supérieur ou égal à trois. Dans le cas des cheveux, cela permet de prendre en compte les variations de couleur des cheveux (typiquement les pointes des cheveux sont souvent plus claires que les racines, ainsi que les cheveux blancs).
Selon un autre mode de réalisation, le professionnel effectue des mesures sur une seule zone de poils, correspondant, par exemple, au crâne de l’individu.
La phase d’initialisation 100 comprend une étape 130 de détermination d’une composition de produit cosmétique en fonction des grandeurs représentatives de la première couleur initiale et de la première couleur cible et d’un modèle de rendu colorimétrique, éventuellement associé à des règles d’application.
L’étape de détermination 130 est mise en oeuvre par le contrôleur 14 en interaction avec le produit programme d’ordinateur 18, c’est-à-dire est mise en oeuvre par ordinateur.
Le modèle de rendu colorimétrique et/ou les règles d’application sont, par exemple, mémorisé dans la mémoire 24 du contrôleur 14 ou sur un serveur accessible par le dispositif de détermination 10.
Typiquement, le modèle de rendu colorimétrique est un modèle générique qui n’est pas personnalisé pour l’individu donné.
Le modèle de rendu colorimétrique est, par exemple, une fonction de correspondance qui, à partir d’une couleur cible et d’une couleur initiale, associe une couleur de produit cosmétique (couleur finale). Cela signifie que l’image par le modèle de rendu colorimétrique d’une couleur cible et d’une couleur initiale de l’individu est une couleur de produit cosmétique. La couleur de produit cosmétique déterminée est telle que son application sur les poils de l’individu permet d’obtenir un rendu conforme à la couleur cible. Les règles d’application permettent de déterminer une composition de produit cosmétique permettant d’obtenir la couleur finale déterminée.
Le modèle de rendu colorimétrique est, par exemple, obtenu à partir du modèle de Kubelka-Munk qui permet de prévoir la couleur d’un mélange de pigments appliqué sur une surface colorée à partir des paramètres d'absorption et de diffusion spectrale de chacun des pigments. Les règles d’application mettent, par exemple, en oeuvre une approche itérative, notamment en association avec des compositions de référence préenregistrées, pour obtenir une composition permettant normalement d’obtenir la couleur cible souhaitée (sans toutefois prendre en compte les variations spécifiques à l’individu donné).
Il est à noter que le modèle de Kubelka-Munk est un modèle qui s’applique dans un milieu uniforme, continu, et en régime principal diffusif, tels que des peintures ou fonds de teint, mais qui n’est pas usuel pour les produits de coloration, notamment capillaires. En effet, les produits de coloration comprennent des colorants qui une fois appliqués sur les cheveux pénètrent dans la fibre du cheveu, ce qui n’est pas le cas des produits appliqués en couches, tels que le fond de teint. De plus l’ensemble des fibres colorées ne forme pas un milieu homogène et continue. Aussi, l’utilisation du modèle de Kubelka- Munk dans le cas de la coloration capillaire apparaît spécifique. Le besoin de correction personnalisée en est d’autant plus important.
Le modèle de Kubelka-Munk est un exemple particulier de modèle colorimétrique et l’homme du métier comprendra que tout autre modèle colorimétrique peut être utilisé pour déterminer la composition du produit cosmétique correspondant à la première couleur initiale et à la première couleur cible.
Avantageusement, le modèle de rendu colorimétrique intègre des valeurs moyennes de point pivot sur échantillons et de points pivots sur tête. En revanche, de tels points pivots ne sont pas personnalisés pour l’individu donné.
Le modèle de rendu colorimétrique étant un modèle usuel pour l’homme du métier et pouvant relever de son savoir-faire, il ne sera pas plus détaillé dans la présente description.
Dans un mode de réalisation, un produit cosmétique ayant la composition déterminée est sélectionné parmi un ensemble de produits cosmétiques. Par exemple, le produit cosmétique sélectionné est le produit cosmétique dont la couleur est la plus proche de la couleur obtenue en sortie du modèle de rendu colorimétrique.
Dans un autre mode de réalisation, la composition cosmétique déterminée est fabriquée en fonction de la couleur obtenue en sortie du modèle de rendu colorimétrique et de règles d’application, par exemple, via l’unité de fabrication 16. Les règles d’application permettent alors de déterminer des mélanges de compositions cosmétiques permettant l’obtention de la couche colonelle déterminée pour avoir, après application, le rendu colorimétrique souhaité.
Le procédé de détermination comprend une étape 140 d’application du produit cosmétique ayant la composition déterminée sur les poils de l’individu pour obtenir des poils colorés.
L’étape d’application 140 est, par exemple, réalisée par un professionnel, tel qu’un coiffeur. En variante, l’étape d’application 140 est réalisée par l’individu lui-même.
Dans un mode de réalisation, lorsque les poils sont des cheveux, l’intégralité de la chevelure de l’individu est recouverte de produit cosmétique, ce qui permet d’obtenir une coloration uniforme.
Dans un autre mode de réalisation, lorsque les poils sont des cheveux, seule une partie de la chevelure est recouverte de produit cosmétique, ce qui permet d’obtenir une chevelure de différentes couleurs.
La phase d’initialisation 100 comprend une étape 150 d’évaluation de la couleur des poils colorés pour obtenir au moins une grandeur représentative d’une première couleur finale. La première couleur finale est donc la couleur des poils de l’individu après application du produit cosmétique sur les poils, une fois le processus de coloration terminé.
Typiquement, l’évaluation est effectuée à l’issue de la coloration, c’est-à-dire au moins après un temps d’imprégnation du produit cosmétique sur les poils, suivi du rinçage des poils en vue de retirer le produit cosmétique.
L’étape d’évaluation 150 est, par exemple, mise en oeuvre par l’unité de mesure colorimétrique 15.
En variante, l’étape d’évaluation 150 est effectuée manuellement, par l’individu lui- même ou par un spécialiste, par comparaison de la couleur des poils colorés avec une échelle de teintes.
La phase d’initialisation 100 comprend une étape 160 de détermination, en fonction des grandeurs représentatives de la première couleur finale et de la première couleur cible, d’au moins un paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu.
L’étape de détermination 160 est mise en oeuvre par le contrôleur 14 en interaction avec le produit programme d’ordinateur 18, c’est-à-dire est mise en oeuvre par ordinateur.
Le paramètre de déviation colorimétrique est une composante permettant de remonter au point pivot de l’individu.
Le paramètre de déviation colorimétrique est utilisé pour modifier le modèle de rendu colorimétrique, par exemple, en ajoutant des pondérations ou des corrections. Cela permet notamment de déterminer lors d’une coloration ultérieure, un produit cosmétique dont le rendu devrait être plus adapté aux poils spécifiques de l’individu donné.
Le paramètre de déviation colorimétrique est fonction d’au moins une grandeur représentative de l’espace colorimétrique. Par exemple, dans l’espace CIE L*a*b, le paramètre de déviation est fonction d’au moins l’un de la clarté L, du paramètre a* et du paramètre b*.
Avantageusement, le paramètre de déviation colorimétrique prend en compte l’intégralité des grandeurs représentatives de l’espace colorimétrique, c’est-à-dire la
clarté L, le paramètre a* et le paramètre b* pour l’espace CIE L*a*b. Le paramètre de déviation colorimétrique est, par exemple, obtenu au moyen de l’expression (1 ) suivante :
Où :
• DE désigne le paramètre de déviation colorimétrique, aussi appelé erreur ou écart, entre la première couleur cible et la première couleur finale,
• ÛL* est la différence entre la clarté de la première couleur cible et la clarté de la première couleur finale dans l’espace CIE L*a*b,
• Da* est la différence entre le paramètre a* de la première couleur cible et le paramètre a* de la première couleur finale dans l’espace CIE L*a*b, et
• Dά* est la différence entre le paramètre b* de la première couleur cible et le paramètre b* de la première couleur finale dans l’espace CIE L*a*b.
Dans un mode de réalisation, le paramètre de déviation colorimétrique est obtenu en prenant en compte des déviations colorimétriques entre une couleur cible et une couleur finale obtenues pour l’individu donné lors de colorations antérieures. Dans ce cas, le paramètre de déviation colorimétrique est, par exemple, une déviation cumulée résultant de la moyenne des déviations antérieures et de la déviation actuelle entre la première couleur cible et la première couleur finale.
Selon un autre mode de réalisation, le paramètre de déviation colorimétrique est obtenu en prenant en compte des déviations colorimétriques entre une couleur cible et une couleur finale obtenues pour un panel d’individus. Par exemple, le paramètre de déviation colorimétrique est l’écart entre, d’une part, une déviation colorimétrique entre la première couleur cible et la première couleur finale obtenue pour l’individu donné, et d’autre part, une déviation correspondante résultant de la moyenne des déviations obtenues pour un ensemble d’individus, après application sur les poils des individus d’un produit cosmétique visant à obtenir la couleur cible correspondante. Le modèle de rendu colorimétrique forme, par exemple, un modèle d’apprentissage dont la base de données est mise à jour au moyen du paramètre de déviation déterminé pour l’individu donné. Ce mode de réalisation vise à mettre en avant le décalage entre la couleur finale obtenue pour l’individu et la couleur finale moyenne obtenue pour un ensemble d’individus. Les caractéristiques spécifiques de l’individu donné sont, ainsi, modélisées relativement à un individu de référence.
Avantageusement, la phase d’initialisation 100 comprend une étape 170 de mémorisation de chaque paramètre déterminé en tant que donnée historique spécifique à l’individu donné.
Avantageusement, chaque paramètre déterminé est mémorisé dans un fichier, notamment un fichier informatique, spécifique à l’individu donné. Le fichier spécifique à l’individu, est par exemple, mémorisé dans une mémoire 24 du dispositif de détermination 10 ou sur un serveur accessible par le dispositif de détermination 10. Ainsi, les informations contenues dans le fichier informatique sont facilement accessibles lors d’une coloration ultérieure de l’individu donné.
Optionnellement, en fonction des paramètres déterminés, la phase d’initialisation 100 comprend une étape de diagnostic et de conseil. Lors de cette étape, un professionnel va, par exemple, en fonction des paramètres déterminés, conseiller différents produits pour entretenir les poils colorés de l’individu donné.
La phase de personnalisation 200, aussi appelée phase d’ajustement ou d’individualisation, correspond à une deuxième coloration des poils de l’individu donné.
La phase de personnalisation 200 comporte une étape 210 de réception d’au moins une grandeur représentative d’une deuxième couleur cible dans l’espace colorimétrique.
L’étape de réception 210 est, par exemple, identique à l’étape de réception 1 10 de la phase d’initialisation 100 en remplaçant la première couleur cible par la deuxième couleur cible.
Avantageusement, l’écart colorimétrique entre la deuxième couleur cible et la première couleur cible dans l’espace colorimétrique CIE L*a*b est inférieur à 4, de préférence inférieur à 3, voire inférieur à 1. Ainsi, les couleurs cibles sont relativement proches, ce qui permet, en fonction des paramètres obtenus lors de la phase précédente, d’obtenir de meilleurs résultats en termes de rendu de couleur.
La phase de personnalisation 200 comporte une étape 220 de réception d’au moins une grandeur représentative d’une deuxième couleur initiale dans l’espace colorimétrique.
L’étape de réception 220 est, par exemple, identique à l’étape de réception 120 de la phase d’initialisation 100 en remplaçant la première couleur initiale par la deuxième couleur initiale.
La phase de personnalisation 200 comprend une étape 230 de détermination d’une composition de produit cosmétique en fonction des grandeurs représentatives de la deuxième couleur initiale et de la deuxième couleur cible, du modèle de rendu colorimétrique, éventuellement associé à des règles d’application, et du ou des paramètres obtenus lors de la phase précédente (phase d’initialisation), par exemple, le ou les paramètres mémorisés dans le fichier spécifique à l’individu donné.
L’étape de détermination 230 est mise en oeuvre par le contrôleur 14 en interaction avec le produit programme d’ordinateur 18, c’est-à-dire est mise en oeuvre par ordinateur.
L’étape de détermination 230 est, par exemple, identique à l’étape de détermination 130 de la phase d’initialisation 100 en remplaçant la première couleur initiale par la deuxième couleur initiale, la première couleur cible par la deuxième couleur cible, et le modèle de rendu colorimétrique par le modèle de rendu colorimétrique modifié en fonction du ou des paramètres obtenus lors de la phase précédente (phase d’initialisation). Ainsi, lors de l’étape de détermination 230, le modèle de rendu colorimétrique est personnalisé à partir de paramètres spécifiques à l’individu donné.
La phase de personnalisation 200 comprend, optionnellement, une étape 240 d’application d’un produit cosmétique ayant la composition déterminée sur les poils à colorer de l’individu pour obtenir des poils colorés.
L’étape d’application 240 est, par exemple, identique à l’étape d’application 140 de la phase d’initialisation 100.
La phase de personnalisation 200 comprend, optionnellement, une étape 250 d’évaluation de la couleur des poils colorés pour obtenir au moins une grandeur représentative d’une deuxième couleur finale dans l’espace colorimétrique.
L’étape d’évaluation 250 est, par exemple, identique à l’étape d’évaluation 150 de la phase d’initialisation 100.
La phase de personnalisation 200 comprend, optionnellement, une étape 260 d’actualisation du paramètre de déviation colorimétrique déterminé lors de la phase d’initialisation en fonction des grandeurs représentatives de la deuxième couleur finale et de la deuxième couleur cible.
L’étape d’actualisation 260 comprend par exemple une étape de détermination d’au moins un paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu donné, en fonction des grandeurs représentatives de la deuxième couleur finale et de la deuxième couleur cible. Un telle étape de détermination est, par exemple, identique à l’étape de détermination 160 de la phase d’initialisation 100 en remplaçant la première couleur initiale par la deuxième couleur initiale, la première couleur cible par la deuxième couleur cible, et le modèle de rendu colorimétrique par le modèle de rendu colorimétrique modifié en fonction du ou des paramètres obtenus lors de la phase précédente (phase d’initialisation).
La phase de personnalisation 200 comprend, optionnellement, une étape 270 de mémorisation du paramètre de déviation colorimétrique déterminé, par exemple en tant que nouvelle donnée historique ou en remplacement de la ou des données historiques précédentes. L’ensemble des données historiques forme un historique spécifique à l’individu donné.
Dans un autre exemple, l’étape 270 de mémorisation consiste en une mise à jour du fichier spécifique de l’individu en fonction des nouveaux paramètres déterminés. Le paramètre nouvellement déterminé est, par exemple, ajouté au fichier ou vient remplacer un ou des paramètres déjà mémorisés dans le fichier. Eventuellement, des calculs tels que des moyennes de paramètres mémorisés peuvent également être mémorisés dans le fichier.
Dans encore un autre exemple, le paramètre nouvellement déterminé est mémorisé dans la base d’apprentissage du modèle de rendu colorimétrique.
Avantageusement, les étapes de la phase de personnalisation 200 sont ensuite répétées pour chaque nouvelle coloration des poils de l’individu donné, la première couleur cible correspondant alors à la deuxième couleur cible précédente, la deuxième couleur cible correspondant alors à la nouvelle deuxième couleur cible et le paramètre de déviation colorimétrique considéré étant le paramètre de déviation colorimétrique obtenu lors de la phase précédente de personnalisation ou un ensemble de paramètres de déviation colorimétrique obtenus précédemment dont le dernier paramètre de déviation colorimétrique obtenu.
Ainsi, le procédé de détermination, par la détermination de paramètres de déviation, permet de prendre en compte l’historique de l’individu donné pour modifier de manière appropriée le modèle de rendu colorimétrique, et obtenir ainsi une coloration personnalisée. Cela permet d’obtenir un rendu de couleur plus fiable pour l’individu effectuant une coloration. Les phases de personnalisation ultérieures bénéficient de cette personnalisation.
Avantageusement, le dispositif 10 est également configuré pour mettre en oeuvre un procédé de détermination d’au moins un paramètre non-colorimétrique caractéristique de poils, notamment des cheveux, d’un individu donné.
Le ou chaque paramètre non-colorimétrique est un paramètre caractérisant les poils de l’individu et qui ne s’exprime pas sous la forme d’une valeur colorimétrique.
Avantageusement, le ou au moins un paramètre non-colorimétrique est choisi dans le groupe constitué de : un facteur de perméabilité des poils de l’individu, un facteur de montée de chaque colorant du produit cosmétique dans les poils de l’individu, une résistance à l’oxydation des poils de l’individu et un rapport entre l’eumélanine contenues dans les poils de l’individu par la phéomélanine contenues dans les poils de l’individu.
Le procédé de détermination d’un paramètre non-colorimétrique comprend une étape de réception d’un paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu donné. Le paramètre de déviation colorimétrique est, par exemple, obtenu via un procédé de détermination d’un paramètre de déviation tel que décrit précédemment.
Le procédé de détermination comprend une étape de détermination d’au moins un paramètre non-colorimétrique caractéristique des poils de l’individu donné en fonction du paramètre de déviation colorimétrique reçu. Les paramètres non-colorimétriques sont, par exemples, obtenus par une méthode d’apprentissage (en anglais « machine learning »).
La détermination de paramètres non-colorimétriques permet d’obtenir des informations sur des propriétés des cheveux, et ainsi d’adapter les soins apportés aux cheveux ou le type de produit cosmétique à appliquer sur les cheveux pour les colorer.
A titre d’exemple, une couleur obtenue plus foncée sur l’individu donné par rapport à un individu de référence peut provenir d’une porosité supérieure des poils de l’individu donné.
Selon un mode de réalisation, au moins un paramètre non-colorimétrique déterminé est utilisé pour déterminer des modifications du modèle de rendu colorimétrique, par exemple, par l’application de pondération ou de corrections.
La prise en compte de paramètres non-colorimétriques spécifiques à l’individu donné pour modifier le modèle de rendu colorimétrique utilisé dans le procédé de détermination précédent permet de mieux adapter le modèle de rendu colorimétrique aux caractéristiques spécifiques des poils de l’individu donné. Ainsi, il est possible de personnaliser le modèle de rendu colorimétrique en fonction de la nature des poils de l’individu, de l’historique des poils de l’individu, ainsi que des caractéristiques d’application du produit cosmétique. Les caractéristiques d’application sont, par exemple, la quantité de produit cosmétique appliquée sur les poils de l’individu, la durée de pause du produit cosmétique sur les poils de l’individu ou plus généralement sont dues aux gestes du professionnel effectuant la coloration des poils de l’individu.
Un exemple de fonctionnement du système 40 est maintenant décrit en référence à l’organigramme de la figure 7 qui illustre les étapes d’un procédé de formulation.
Le procédé de formulation comprend une étape 300 de réception d’au moins un paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu donné. L’étape de réception 300 est mise en oeuvre via l’interface homme-machine 57 du contrôleur 44.
Le paramètre de déviation colorimétrique est, par exemple, obtenu après mise en oeuvre d’un procédé de détermination tel que décrit précédemment.
Le procédé de formulation comprend une étape 310 de réception d’au moins une grandeur représentative d’une première couleur cible dans un espace colorimétrique. L’étape de réception 310 est mise en oeuvre via l’interface homme-machine 57 du contrôleur 44.
L’étape de réception 310 est, par exemple, identique à l’étape de réception 1 10 du procédé de détermination décrit précédemment.
Le procédé de formulation comprend aussi une étape 320 de réception d’au moins une grandeur représentative d’une première couleur initiale dans l’espace colorimétrique, la première couleur initiale étant la couleur des poils à colorer de l’individu. L’étape de réception 320 est mise en oeuvre via l’interface homme-machine 57 du contrôleur 44.
L’étape de réception 320 est, par exemple, identique à l’étape de réception 120 du procédé de détermination décrit précédemment.
Le procédé de formulation comprend une étape 330 de détermination d’une composition de produit cosmétique en fonction des grandeurs représentatives de la première couleur initiale et de la première couleur cible, du modèle de rendu colorimétrique, éventuellement associé à des règles d’application, et du paramètre de déviation colorimétrique spécifique à l’individu.
L’étape de détermination 330 est mise en oeuvre par le contrôleur 44 en interaction avec le produit programme d’ordinateur 48, c’est-à-dire est mise en oeuvre par ordinateur.
L’étape de détermination 330 est, par exemple, identique à l’étape de détermination 230 du procédé de détermination tel que décrit précédemment.
Le procédé de formulation comprend alors une étape 340 de fabrication d’un produit cosmétique ayant la composition déterminée.
L’étape de fabrication 340 est mise en oeuvre par l’unité de fabrication 46. Par exemple, l’unité de fabrication 46 distribue et mélange (éventuellement sur la base de règles d’application) au moins deux des mélanges cosmétiques fonctionnels stockés dans les contenants dans une proportion et/ou une quantité permettant d’obtenir la composition déterminée.
Ainsi, le procédé de formulation permet de formuler une composition spécifique à la coloration des poils d’un individu donné. Les poils de l’individu sont, ensuite, colorés avec la composition formulée. L’historique de l’individu est pris en compte via le paramètre de déviation pour que le rendu de la couleur soit amélioré. Un tel procédé de formulation permet donc d’améliorer la satisfaction du consommateur.
Bien que la description donne des exemples spécifiques pour les cheveux d’un individu, l’homme du métier comprendra que la présente description s’applique à tous types de poils.
L’homme du métier comprendra que les modes de réalisation précédemment décrits peuvent être combinés pour former de nouveaux modes de réalisation pourvu qu’ils soient compatibles techniquement.