Utilisation d'acide alcane-sulfonique
pour la préparation d'alcool phénolique
La présente invention concerne l'utilisation d'acide alcane- sulfonique pour la préparation d'alcool phénolique. L'invention concerne également un procédé de préparation d'alcool phénolique par décomposition d'hydroperoxyde d'aryle.
La réaction de décomposition de l'hydroperoxyde de cumène en phénol et en acétone est connue depuis de nombreuses années. Cette réaction répond au schéma suivant :
hydroperoxyde phénol acétone
de cumène
Les documents US 2,757,209 et US 2,737,527 datant de 1956 divulguent ce procédé de synthèse. De manière générale, l'hydroperoxyde de cumène, ou bien le brut de la réaction d'hydroperoxydation du cumène, est mis à réagir avec un catalyseur acide à une température comprise entre 40 et 100°C. Le milieu réactionnel est ensuite refroidi puis neutralisé par une base. Le milieu est ensuite distillé afin de séparer d'abord l'acétone sur une première colonne de distillation, puis le phénol plus lourd sur une deuxième colonne, qui sont les produits recherchés. L'acide utilisé est généralement un acide fort, généralement sous forme de solution aqueuse concentrée. Les acides forts habituellement utilisés sont l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique ou l'acide phosphorique qui génèrent respectivement, après neutralisation du milieu réactionnel par une base aqueuse, des sulfates, des chlorures ou des phosphates.
Chacun de ces acides présente des inconvénients, en termes de corrosion, ou de génération d' effluents néfastes pour l ' environnement, pour ne citer que certains de ces inconvénients .
Qui plus est, la présence de ces sels (sulfates, chlorures et phosphates) s ' avère en réalité très gênante à plusieurs titres lors de la purification du phéno l, tout particulièrement lors de sa distillation ultérieure. En effet, il a pu être observé que les sulfates, chlorures et phosphates sont peu so lubles dans le mélange acétone/phénol/eau ou phéno l/eau. Cette faible so lubilité constatée peut nuire à la conduite de la distillation et la récupération du phéno l purifié dans des conditions de rendement et de pureté acceptables .
La présence de composés inso lubles dans les flux d' une installation industrielle de distillation est hautement préjudiciable en ce que ces composés inso lubles peuvent provoquer des perturbations des flux, notamment dans la co lonne de distillation elle-même et par conséquent entraîner des pertes de charge, voire des risques de co lmatage, dépôts, etc. De plus, toute perte de charge nécessite une consommation d' énergie plus importante, notamment d' opérer à une température plus élevée, ce qui a pour conséquence des dégradations et décompositions des produits, entraînant ainsi une perte de qualité du phéno l purifié et des pertes de rendement global de distillation.
Des améliorations de ce procédé ont été proposées dans l ' art antérieur.
L 'utilisation de l ' acide trichlorométhane sulfonique conduisant à une quantité d' acide utilisée moindre, à une diminution de la température de réaction et à de meilleurs rendements est décrite dans le document GB 803 ,480.
Plus récemment, l 'utilisation de base organique pour neutraliser le milieu réactionnel a été décrite dans le document US 6,201 , 157.
Le document US 2003/0088 129 décrit quant à lui, un procédé en deux étapes impliquant deux paliers de température distincts .
L 'utilisation de catalyseurs acides solides, tels que la montmorillonite, des résines échangeuses de cations, des catalyseurs
de type alumine-silice a également été envisagée dans le document JP2007-099746.
Les inventeurs ont constaté que l'utilisation d'un ou des acides alcane-sulfoniques conduisait à une nette amélioration du procédé de préparation de phénol.
Tout d'abord, comparé à l'acide sulfurique, l'acide alcane- sulfonique n'est pas déshydratant. En effet, dans le cas de la synthèse de phénol, il a été observé que la teneur en sous-produits, notamment de l'acétone, tels que l'oxyde de mésityle est moindre. De ce fait, un gain en sélectivité et en rendement est observé.
De plus, la neutralisation du milieu réactionnel entraîne la formation de sels insolubles, tels que des sulfates de sodium ou de potassium, qui nécessitent d'être éliminés généralement par filtration, avant d'effectuer la distillation. L'utilisation d'acide alcane- sulfonique présente l'avantage de conduire à la formation de sels organiques, plus solubles dans le milieu réactionnel. De ce fait, l'étape de filtration devient inutile. De plus, les risques de bouchage dus à la présence des sels sont évités. Par conséquent, sur le plan industriel, l'utilisation d'acide alcane-sulfonique permet un gain en productivité en simplifiant le procédé.
Ainsi, un premier objectif de la présente invention est l'utilisation d'au moins un acide alcane-sulfonique pour la préparation d'alcool phénolique par décomposition d'hydroperoxyde d'aryle et de préférence, l'utilisation d'au moins un acide alcane-sulfonique pour la préparation d'alcool phénolique et de cétone ou d'aldéhyde par décomposition d'hydroperoxyde d'aryle.
Un autre objectif consiste à fournir un procédé amélioré de préparation d'alcool phénolique comprenant une étape de décomposition d'hydroperoxyde d'aryle en présence d'au moins un acide alcane-sulfonique.
D'autres objectifs encore apparaîtront dans l'exposé de la présente invention qui suit.
D'autre part, tout intervalle de valeurs désigné par l'expression "entre a et b" représente le domaine de valeurs allant de plus de a à
moins de b (c'est-à-dire bornes a et b exclues), tandis que tout intervalle de valeurs désigné par l'expression "de a à b" signifie le domaine de valeurs allant de a jusqu'à b (c'est-à-dire incluant les bornes a et b).
Utilisation
La présente invention concerne l'utilisation d'au moins un acide alcane-sulfonique pour la préparation d'alcool phénolique par décomposition d'hydroperoxyde d'aryle.
Hydroperoxyde d'aryle
Par hydroperoxydes d'aryle, on entend au sens de la présente invention des composés à groupements aromatiques, dont la fonction hydroperoxyde est portée par un atome de carbone positionné en position alpha du cycle aromatique.
Par aromatique, on entend des cycles aromatiques comportant de 6 à 14 atomes de carbones, de préférence de 6 à 10 atomes de carbone (bornes incluses) et typiquement phényle et naphtyle.
Les hydroperoxydes d'aryle selon la présente invention sont de préférence de formule (ou structure) générale (I) suivante :
dans laquelle
les groupes Ri et R2 désignent, indépendamment l'un de l'autre, un atome d'hydrogène, un radical alkyle en Ci à C18, de préférence en Ci à C10, de préférence encore en Ci à C6, linéaire ou ramifié, un radical aryle en C6 à C14, de préférence de en C6 à C10, et typiquement phényle et naphtyle,
les groupes R3 à R7 désignent, indépendamment les uns des autres, un atome d'hydrogène, un radical alkyle en Ci à C18, de
préférence en Ci à C10, de préférence encore en Ci à C6, linéaire ou ramifié, un atome d'halogène, notamment fluor, chlore, brome et iode, un radical -N02, un radical -CN, un radical alkyle substitué par un ou plusieurs atomes d'halogène, un radical aryle en C6 à C12,
deux groupes R3 à R7 adjacents peuvent former ensemble un ou plusieurs cycles aliphatiques ou aromatiques.
Par exemple, R3 et R4 peuvent former ensemble un cycle aromatique à 6 atomes de carbone conduisant alors à un hydroperoxyde de naphtalène. R3 et R4 peuvent également former ensemble un bicycle aromatique à 12 atomes de carbone conduisant alors à un hydroperoxyde d'anthracène.
De préférence, les groupes Ri et R2 sont choisis parmi un atome d'hydrogène, un méthyle, un éthyle, un n-propyle, un iso-propyle, un n-butyle, un iso-butyle, un tert-butyle.
De préférence, les groupes R3 à R7 sont choisis parmi un atome d'hydrogène, un méthyle, un éthyle, un n-propyle, un iso-propyle, un n-butyle, un iso-butyle, un tert-butyle, un atome de chlore, un atome de fluor, un atome de brome, un radical phényle.
Selon un mode de réalisation préféré, le groupe Ri dans le composé de formule (I) ne représente pas l'atome d'hydrogène.
Selon un autre mode de réalisation préféré, le groupe R2 dans le composé de formule (I) ne représente pas l'atome d'hydrogène.
Selon encore un autre mode de réalisation préféré, les groupes Ri et R2 dans le composé de formule (I) ne désignent pas un atome d'hydrogène.
De préférence, l'hydroperoxyde d'aryle est choisi parmi l'hydroperoxyde de cumyle, l'hydroperoxyde de butylbenzène, l'hydroperoxyde de d'éthylisopropylbenzène, l'hydroperoxyde de (propyl)naphtalène, l'hydroperoxyde de diisopropylbenzène, l'hydroperoxyde sec-butylbenzène, l'hydroperoxyde para-éthyl-iso- propylbenzène et l'hydroperoxyde de α-z'so-propylnaphtalène, de préférence l'hydroperoxyde de cumyle.
De ce fait, la décomposition en milieu acide de cet hydroperoxyde d'aryle de formule (I) permet de conduire à la
formation d ' alcool phéno lique et de cétone ou d' aldéhyde selon nature des groupes Ri et R2 et selon le schéma réactionnel suivant :
les groupes Ri à R7 étant identiques à ceux décrits ci-dessus .
Ainsi, par alcool phéno lique, on entend au sens de la présente invention le phénol et des phénols porteurs des substituants R3 à R7.
Le composé de structure R2C(=0)Ri est dénommé dans la suite du texte le co-produit. Il peut être une cétone ou un aldéhyde selon que Ri et/ou R2 représente(nt) un atome d' hydrogène.
De préférence, l ' hydroperoxyde de cumyle est utilisé. S a décomposition en milieu acide permet de conduire à la formation de phéno l et d' acétone.
Acide alcane-sulfonique
La décomposition de l ' hydroperoxyde d' aryle en alcoo l phéno lique est le plus souvent réalisée en milieu acide, ou tout au moins en présence d' acide(s), et préférentiellement en présence d' une so lution aqueuse d' au moins un acide alcane-sulfonique.
Dans la présente invention, on entend par acide alcane- sulfonique les acides de formule générale (II) suivante :
(II) R-S03H,
dans laquelle le groupe R représente une chaîne hydrocarbonée saturée ou non, linéaire ou ramifiée comportant de 1 à 6 et de préférence de 1 à 4 atomes de carbone.
On préfère les composés de formule (II) pour lesquels R représente une chaîne hydrocarbonée saturée, linéaire ou ramifiée comportant de 1 à 6, et de préférence de 1 à 4 atomes de carbone.
Les acides alcane-sulfoniques utilisables dans le cadre de la présente invention sont de manière tout particulièrement préférée,
choisis parmi l'acide méthane-sulfonique, l'acide éthane-sulfonique, l'acide n-propane-sulfonique, l'acide iso-propane-sulfonique, l'acide n-butane-sulfonique, l'acide iso-butane-sulfonique, l'acide sec-butane- sulfonique, l'acide tert-butane-sulfonique, et les mélanges de deux ou plusieurs d'entre eux en toutes proportions. Les pKa des acides alcane- sulfoniques sont tous inférieurs à zéro.
Selon un mode de réalisation tout particulièrement préféré, l'acide alcane-sulfonique utilisé dans le cadre de la présente invention est l'acide méthane-sulfonique ou l'acide éthane-sulfonique, de manière tout à fait préférée l'acide utilisé est l'acide méthane- sulfonique de formule CH3SO3H.
Tout type de formulation comprenant au moins un acide alcane- sulfonique peut convenir. Il est possible d'utiliser au moins un acide alcane-sulfonique sous forme anhydre ou sous forme de solution aqueuse. En règle générale, la formulation comprend de 1% à 100% en poids d'acide(s) alcane-sulfonique(s), préférentiellement de 1 à 99% en poids, plus préférentiellement de 1% à 95% en poids, en général de 5% à 95% en poids et plus généralement de 5% à 90% en poids, en particulier de 10% à 80% en poids d'acide alcane-sulfonique, et plus particulièrement de 15% à 75% en poids, le complément à 100% étant généralement constitué d'eau. Il va sans dire que lorsque la formulation comprend 100% en poids d'acide(s) alcane-sulfonique(s), on entend que le ou les acides alcane-sulfoniques sont utilisés purs, plus précisément sont utilisés seuls, sans ajout d'autres composants de formulation.
La formulation comprend également la présence éventuelle d'un ou plusieurs additifs bien connus de l'homme du métier et à titre d'exemples non limitatifs choisis parmi, les solvants, agents hydrotropes ou solubilisants, biocides, désinfectants, agents rhéologiques, conservateurs, tensio-actifs, acides organiques ou minéraux (par exemple sulfurique, phosphorique, nitrique, sulfamique, acétique, citrique, formique, actique, glycolique, oxalique et autres), agents moussants, antimoussants, anti-gels (par exemple éthylèneglycol, propylèneglycol, et autres), colorants, parfums,
additifs anti-corrosion, protecteurs U.V et autres additifs connus de l'homme du métier, seuls ou en mélange de deux ou plusieurs d'entre eux en toutes proportions.
La formulation est par exemple une formulation aqueuse qui peut être préparée sous forme de mélange concentré qui est dilué par l'utilisateur final. En variante, la formulation peut également être une formulation prête à l'emploi, c'est-à-dire qu'elle ne nécessite pas d'être diluée. On peut par exemple utiliser de l'acide méthane- sulfonique en solution aqueuse commercialisée par la société Arkema, par exemple une solution aqueuse d'acide méthane-sulfonique à 70% en poids dans l'eau, ou encore de l'acide méthane-sulfonique anhydre ou AMSA, acronyme pour « anhydrous méthane sulphonic acid » en langue anglaise.
Selon un mode de réalisation préféré, la présente invention concerne l'utilisation, pour la préparation de phénol par décomposition d'hydroperoxyde de cumyle en présence de l'acide méthane-sulfonique (AMS) en toutes concentrations possibles, allant de l'AMSA (AMS anhydre) à des concentrations de l'ordre de 5% en poids d'AMS dans l'eau, et notamment les solutions aqueuses d'AMS à 70% en poids dans l'eau, commercialisées par la société ARKEMA.
Il est bien entendu possible d'utiliser un mélange d'au moins un acide alcane-sulfonique de formule (II), telle qu'elle vient d'être définie, en association avec un ou plusieurs acides (organiques et/ou minéraux), en toutes proportions.
On préfère toutefois utiliser un acide alcane-sulfonique ou bien un mélange d'acides alcane-sulfoniques seul(s).
Procédé
L'invention porte également sur un procédé de préparation d'alcool phénolique, comprenant une étape de décomposition d'hydroperoxyde d'aryle en présence d'acide alcane-sulfonique.
Plus particulièrement, le procédé selon l'invention comprend les étapes suivantes :
-mise en réaction d'hydroperoxyde d'aryle en présence d'au moins un acide alcane-sulfonique,
-neutralisation du milieu réactionnel,
-séparation par distillation du co-produit, c'est-à-dire la cétone ou l'aldéhyde, puis
-séparation par distillation de l'alcool phénolique.
Le réactif du procédé selon l'invention est l'hydroperoxyde d'aryle, tel que décrit ci-dessus et plus particulièrement, l'hydroperoxyde de cumyle.
Il peut être utilisé pur. Il peut également être présent au sein d'un brut de réaction de peroxydation.
Par exemple, pour le cas de l'hydroperoxyde de cumyle, le brut de réaction de l'étape d'hydroperoxydation peut comprendre des dérivés benzéniques, tels que le cumène, le diméthylphénylcarbinol, le dicumyle, le peroxyde de dicumyle, l'acétophénone.
Le catalyseur acide comprend au moins un acide alcane- sulfonique tel que décrit ci-dessus et avantageusement l'acide méthane-sulfonique. Il peut être utilisé pur ou en solution aqueuse.
De préférence, la teneur en acide(s) alcane-sulfonique(s) est comprise entre 100 ppm et, 50 000 ppm plus particulièrement entre 200 et 8000 ppm par rapport au(x) peroxyde(s) d'aryle introduit(s).
La quantité d'acide(s) alcane-sulfonique(s) introduite dans le brut réactionnel peut donc varier en fonction du réactif présent, à savoir l'hydroperoxyde d'aryle pur ou bien le brut réactionnel de l'hydroperoxydation. L'homme du métier saura adapter la quantité d'acide(s) alcane-sulfonique(s) à ajouter au brut réactionnel en fonction également de la concentration dudit ou desdits acides. Selon un mode de réalisation, l'acide est introduit soit dans le flux de l'hydroperoxyde d'aryle, soit dans le flux de solvant, lequel solvant étant de manière générale ajouté comme diluant, car la réaction est très exothermique. Cette réaction est généralement, et le plus souvent, réalisée en phase liquide.
Le solvant de réaction peut être tout solvant organique ou mélange de solvants organiques, éventuellement avec de l'eau (solvants hydro-organiques) connus de l'homme du métier et adaptés à ce type de réaction, et en particulier un ou plusieurs solvant(s)
organique(s) polaire(s), protique(s) ou aprotique(s), de préférence polaire(s) et aprotique(s) . Les cétones, et en particulier l ' acétone (diméthylcétone), sont tout particulièrement appropriées pour la conduite du procédé selon la présente invention.
La température de réaction est généralement comprise entre
50°C et 150°C . L ' homme du métier saura adapter la température de réaction en fonction des réactifs présents, de la teneur en catalyseur et de la concentration des réactifs dans le milieu.
De même, la durée de la réaction dépendra des paramètres précités .
Selon un mode de réalisation, l' hydroperoxyde d ' aryle, pur ou au sein du brut de réaction est mis à réagir, éventuellement mais de préférence dans un milieu so lvant, avec au moins un acide alcane- sulfonique, tel que décrit précédemment.
Le procédé comprend ensuite une étape de neutralisation du milieu réactionnel.
La neutralisation de la phase acide n' est pas sans conséquences sur la nature du milieu qui est destiné à être distillé. En effet lors de cette étape de neutralisation, les espèces acides sont neutralisées sous forme de sels .
Les inventeurs ont découvert de manière surprenante que les différents sels de métaux alcalins et/ou alcalino-terreux, présents dans cette phase ainsi neutralisée et destinée à être distillée, sont plus so lubles dans le mélange phéno l/cétone/eau ou phéno l/eau, lorsque la neutralisation a été effectuée sur un milieu préalablement acidifié à l ' aide d' au moins un acide alcane-sulfonique, en particulier l ' acide méthane-sulfonique, alors que les mêmes sels sont moins so lubles lorsque l ' acidification a été effectuée avec d' autres acides, notamment acides minéraux forts couramment utilisés dans le domaine, tels que les acides sulfurique, chlorhydrique ou phosphorique.
En outre, les sels précités sous forme d ' alcane-sulfonates, de préférence méthane-sulfonates, se sont montrés plus so lubles que les sulfates, chlorures et autres phosphates, dans le mélange phéno l/cétone
(ou aldéhyde)/eau ou phéno l/eau (une fois la cétone ou l ' aldéhyde distillé) .
Ceci est d' autant plus remarquable que les opérations de distillation sont très sensibles aux impuretés solides présentes dans les installations de distillation et notamment dans le bouilleur (ou pied) de distillation mais aussi dans les co lonnes de distillation. Or, les gradients de concentration phéno l/cétone/eau (ou phéno l/eau) et les températures varient le long des colonnes de distillation.
L ' acidification par au moins un acide alcane-sulfonique, et de préférence par l ' acide méthane-sulfonique, offre l ' avantage d' une meilleure so lubilité des sels, notamment des sels de sodium et/ou potassium présents dans le mélange phénol/cétone/eau (ou phénol/eau) .
Cet avantage de l ' acide alcane-sulfonique par rapport aux autres acides forts utilisés couramment, permet ainsi d ' éviter la formation de dépôts de so lides qui peuvent provoquer des perturbations des flux, notamment dans la colonne de distillation elle- même et par conséquent entraîner des pertes de charge, voire des risques de colmatage, dépôts, etc.
En outre, cette plus grande so lubilité des sels d' acides alcane- sulfonique dans la phase comprenant le phénol, et notamment dans le bouilleur, en pied de co lonne, permet de poursuivre l ' opération de distillation jusqu' à un degré plus avancé, et ainsi améliorer encore le rendement de distillation. Un autre avantage lié à une meilleure so lubilité des sels dans le phéno l est la réduction du risque de co lmatage dans le bas de la co lonne, là où les mélanges phéno l/eau sont les plus concentrés en phéno l. Le rendement global de la distillation se trouve ainsi grandement amélioré.
La plus grande solubilité des sels dans le milieu à distiller peut également permettre d' envisager une diminution sensible du nombre de plateaux théoriques de la co lonne, et par conséquent la hauteur physique de la co lonne, de même que réduire substantiellement la quantité d' énergie utilisée pour la distillation totale de l ' alcool phéno lique.
Un autre avantage encore, lié à l ' acidification par au moins un acide alcane-sulfonique du brut réactionnel contenant l' alcool phéno lique, réside dans le fait que les dépôts de solides sont moins importants et par conséquent les périodes d' arrêt pour nettoyage des installations de distillation sont plus espacées dans le temps .
Un autre avantage encore est que les alcane-sulfonates et plus particulièrement les méthane-sulfonates, sont très solubles en milieu aqueux et sont bio dégradables. Les installations sont par conséquent plus faciles à nettoyer, et de ce fait nécessitent des vo lumes d ' eau beaucoup plus réduits, et les effluents de nettoyage sont plus respectueux de l ' environnement.
Cette neutralisation met en œuvre des substances basiques. De préférence, les bases utilisées sont des espèces minérales inertes vis-à- vis des espèces en présence dans le milieu réactionnel. Plus particulièrement, les bases sont choisies parmi les hydroxydes de métaux alcalins ou alcalino-terreux, comme l 'hydroxyde de sodium ou de potassium, les carbonates de métaux alcalins ou alcalino-terreux. Ces bases sont le plus souvent et avantageusement utilisées en solution aqueuse. De préférence, l ' hydroxyde de sodium est utilisé.
Dans les cas où des sels inso lubles sont présents, une étape de filtration peut être envisagée, bien que ceci ne représente pas une variante préférée du procédé de l' invention. Ces inso lubles peuvent notamment provenir du brut de réaction d' hydroperoxydation.
De préférence, une étape de décantation est mise en œuvre afin de séparer la phase aqueuse provenant de la so lution de neutralisation et de phase organique contenant les espèces à purifier.
L ' alcoo l phéno lique présent dans le milieu réactionnel neutralisé est ensuite séparé de l ' eau résiduelle et du co-produit. Cette séparation peut être effectuée selon toute méthode connue de l' homme du métier et, de préférence, par distillation. Lors de cette opération de distillation, le co-produit est tout d' abord distillé, puis l ' eau, et enfin l' alcool phéno lique.
La distillation de l' alcool phéno lique est généralement opérée sous pression réduite, généralement sous vide (par exemple à 280 mm
Hg, soit 37,33 kPa) avec bouilleur à 170°C et distillation du phéno l vers 150 °C .
Ce procédé est caractérisé par le fait qu'il met en œuvre au moins un acide alcane-sulfonique et de préférence encore l ' acide méthane-sulfonique. L 'utilisation de cet acide présente l' avantage d' être moins corrosif, biodégradable, respectueux de l ' environnement, et présente également l ' avantage de so lubiliser les sels présents dans le milieu réactionnel permettant la conduite de la distillation finale de l ' alcool phéno lique dans des conditions plus économiques, comme cela a été expliqué plus haut dans la description.
De préférence, le procédé selon l' invention comprend les étapes suivantes :
- mise en réaction d' hydroperoxyde de cumyle en présence d' au moins un acide alcane-sulfonique, de préférence d' acide méthane sulfonique,
- neutralisation du milieu réactionnel,
- séparation par distillation de l ' acétone, puis
- séparation par distillation du phéno l. Les exemp les suivants illustrent la présente invention sans toutefois en limiter sa portée définie par les revendications qui suivent.
EXEMPLES : Comparaison des solubilités
Dans un trico l de 50 mL muni d'un réfrigérant, d'un thermomètre et d'un agitateur magnétique, on introduit 25 g de solvant à tester. On amène le so lvant à la température désirée et on ajoute ensuite par portions le sel d'acide alcane-sulfonique jusqu'à apparition de trouble signifiant la saturation du milieu.
La so lubilité est calculée de la manière suivante :
% solubilité sel = m/(m+M) x 1 00
avec m = masse de sel dissous, M = masse de solvant
Les résultats figurent dans les tableaux ci-dessous.
1 . Solubilité des sels dans un mélange en poids : phénol/acétone/eau (50/50/5) :
Une première mesure est effectuée à 20°C à pression atmosphérique, puis une seconde mesure est effectuée à 60°C . Le point à 60°C permet d' évaluer la so lubilité des espèces dans le bouilleur au cours de la distillation de l ' acétone.
1 . 1 Sels de potassium
Tableau 1
Dans ce mélange, à 20°C et à 60°C, le méthanesulfonate de potassium est plus de 6,7 fois plus so luble que le sulfate de potassium.
1 .2 Sels de sodium
Tableau 2
Dans ce mélange, à 60°C, le méthanesulfonate de sodium est plus de 2,4 fois plus soluble que le sulfate de sodium.
2. Solubilité des sels dans un mélange en poids : phénol/eau (95/5) :
Une première mesure est effectuée à 55 °C à pression atmosphérique, puis une seconde mesure est effectuée à 100°C . Le point à 100° C permet d' évaluer la so lubilité des espèces dans le bouilleur au cours de la distillation de l ' eau.
2. 1 Sels de potassium
Tableau 3
Dans ce mélange, à 20°C et à 60°C, le méthanesulfonate de potassium est respectivement 15 et 8 fois plus soluble que le sulfate de potassium.
2.2 Sels de sodium
Tableau 4
Dans ce mélange, à 20°C et à 60°C, le méthanesulfonate de sodium est plus de 2 fois plus soluble que le sulfate de sodium.