Capsules conductrices thermiquement comprenant un matériau
à changement de phase
La présente invention vise à proposer à titre principal des capsules conductrices thermiquement comprenant un matériau à changement de phase (MCP). De telles capsules sont notamment utiles pour augmenter la conductivité thermique et la capacité thermique de matériaux caloporteurs ou encore de fluides thermiques et plus particulièrement, des huiles polyaromatiques utilisées dans le solaire thermique à concentration.
Par « matériau à changement de phase » au sens de l'invention on entend un matériau capable d'absorber ou de libérer une grande quantité d'énergie sous forme de chaleur latente lors d'une transition de phase liquide-solide, sur une gamme de température étroite.
Les MCP peuvent être de nature organique aussi bien qu'inorganique. En ce qui concerne les MCP organiques il s'agit principalement de paraffines ou de sucres. Quant aux MCP inorganiques, ce sont généralement des sels, des métaux ou des alliages.
D'une manière générale, les MCP sont employés dans des applications où il est souhaité mettre à profit leur propriété de stockage d'énergie due à leur chaleur latente de fusion. Des MCP à bas point de fusion peuvent notamment être utilisés pour améliorer l'isolation thermique des bâtiments alors que des MCP à haut point de fusion trouvent une application dans le domaine du solaire thermique à haute température.
Pour ce qui est du domaine du solaire thermique à haute température, il y est généralement fait usage à titre de fluide thermique, d'huiles aromatiques ou encore polyaromatiques. Toutefois, la température maximale d'utilisation de ces huiles est de l'ordre de 350°C. En effet, au-delà de cette température, une huile polyaromatique est généralement dégradée et il est alors nécessaire de la renouveler. Or, ce type d'huile est coûteux. Un moyen connu pour s'affranchir de cette dégradation est d'en améliorer les propriétés conductrices en y ajoutant précisément un MCP.
Dans le domaine plus spécifique du solaire thermique à haute température, les MCP les plus considérés sont les sels organiques et les métaux ainsi que les alliages. Ces derniers peuvent notamment se présenter sous la forme de silos de stockage par exemple de sels fondus qui permettent de maintenir en fonctionnement les centrales pendant la nuit et les jours de faibles luminosités.
Toutefois, lorsque l'on introduit des particules de MCP en tant que telles, c'est-à-dire sous une forme directement dispersée dans un matériau caloporteur dont on cherche à moduler la capacité thermique, un phénomène d'agglomération de ces particules peut survenir au cours des différents cycles. Ce phénomène d'agglomération se pose tout particulièrement dans une huile aromatique qui est un fluide apolaire et donc non propice à la stabilisation d'une dispersion de particules via des interactions électrostatiques. Pour des raisons évidentes, ce phénomène est préjudiciable dans la mesure où il provoque une perte d'une partie de la chaleur stockée.
Pour pallier ce défaut, des microcapsules contenant les MCP et dont la coquille possède une résistance améliorée, notamment à la température ont déjà été développées. A titre représentatif de ces microparticules, peuvent notamment être cités les systèmes mélamine-formaldéhyde aptes à manifester une stabilité prolongée dans le temps et à des températures élevées [1, 2, 3].
Malheureusement cette alternative n'est pas totalement satisfaisante. Il est notamment constaté une perte d'une partie de l'énergie stockée par le MCP au niveau de la coquille formant la capsule.
En conséquence, il demeure un besoin de développer des capsules à faible coût de fabrication, dont la coquille manifeste une bonne conductivité thermique pour assurer le transfert du flux thermique à cœur, tout en conservant l'étanchéité. En effet, dans l'hypothèse où le MCP encapsulé posséderait un pouvoir oxydant au regard d'un matériau caloporteur comme par exemple une huile, il est impératif de prévenir toute fuite potentielle de ce MCP.
Il demeure aussi un besoin de disposer de capsules dont la coquille est dotée d'une résistance suffisante aux contraintes mécaniques dues à la dilatation thermique du MCP et qui par ailleurs ne constitue qu'une proportion en poids relativement faible par rapport au poids de la capsule.
Enfin, dans le cas particulier du solaire thermique à concentration qui utilise principalement des huiles polyaromatiques à titre de fluides conducteurs thermiques, il serait particulièrement avantageux que la capsule soit compatible avec l'encapsulation d'un MCP présentant simultanément une forte chaleur latente de fusion, une conductivité thermique supérieure ou égale à celle de l'huile et une densité la plus proche possible de l'huile afin de garantir une stabilité au mélange huile-capsules.
La présente invention vise précisément à répondre à ces besoins.
Ainsi, selon un de ses aspects, la présente invention a pour objet une capsule à structure cœur-coquille, conductrice thermiquement et dont le cœur, entouré d'une coquille étanche et mono- ou multi-couche(s), est chargé en au moins un matériau à changement de phase (MCP), caractérisée en ce que ladite capsule contient en outre au moins au niveau de sa coquille, des particules d'au moins un matériau conducteur annexe, lesdites particules dudit matériau conducteur annexe étant dotées d'une conductivité thermique supérieure à 100 W/m/K.
Les inventeurs ont ainsi constaté que l'incorporation d'un matériau conducteur au niveau de la coquille délimitant la cavité contenant le MCP permet contre toute attente d'améliorer le transfert de chaleur entre le MCP et le milieu contenant les capsules, et ce, sans altérer la résistance de la coquille aux contraintes mécaniques dues à la dilatation thermique du MCP. Ces deux aspects sont respectivement illustrés dans les exemples 5 et 7 ci-après.
Manifestement, les particules du matériau conducteur annexe sont aptes à établir des ponts thermiques entre ledit MCP et le milieu dédié à contenir ladite capsule.
Selon un mode réalisation particulier de l'invention, ladite capsule possède une coquille bi-couche. Plus particulièrement, dans ce mode de réalisation de capsule à coquille bi-couche, la couche au contact du cœur de ladite capsule comprend au moins de la silice et la couche externe de ladite capsule comprend au moins un polymère thermodurcissable.
La présente invention vise également un procédé de préparation d'une telle capsule à coquille bi-couche et comprenant au moins les étapes consistant à :
(i) mettre en contact au moins une solution de MCP avec au moins un précurseur de silice, notamment un alcoxysilane, de préférence choisi parmi le 3- aminopropyl-triéthoxysilane (APTES), le triméthoxyphénylsilane (TMPS), Γ orthosilicate de tétraéthyle (TEOS), l'orthosilicate de tétraméthyle (TMOS) et leurs mélanges, et un milieu aqueux,
(ii) exposer le mélange obtenu à l'étape (i) à des conditions propices à la polymérisation du précurseur de silice pour encapsuler ledit MCP,
(iii) mettre en contact la capsule obtenue à l'étape (ii) avec au moins un précurseur de polymère thermodurcissable en présence de particules d'au moins un matériau conducteur annexe, et
(iv) exposer le mélange obtenu à l'étape (iii) à des conditions propices à la polymérisation du ou des précurseur(s) de polymère thermodurcissable.
Selon un autre de ses aspects, la présente invention a pour objet l'utilisation de capsules selon l'invention dans un matériau caloporteur pour en moduler la capacité thermique.
La présente invention vise également un fluide thermique comprenant des capsules selon l'invention.
L'invention a également pour objet une particule inorganique conductrice thermiquement, encapsulant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal.
La présente invention vise également l'utilisation de telles particules pour la fabrication d'une capsule selon l'invention.
Selon encore un autre de ses aspects la présente invention a pour objet une particule, à base d'au moins un matériau organique ou inorganique et contenant au moins un MCP aromatique de température de fusion allant de 120 à 300°C, en particulier de 150 à 270°C et de chaleur latente de fusion supérieure à 100 J/g.
La présente invention vise également l'utilisation de telles particules pour la fabrication d'une capsule selon l'invention.
Elle a également pour objet l'utilisation de telles particules dans un matériau caloporteur pour en moduler la capacité thermique.
Capsule
Au sens de l'invention, le terme capsule entend définir une architecture cœur- coquille. La coquille mono- ou multi-couche formée d'au moins un matériau organique ou inorganique isole de l'extérieur le ou les MCP contenu(s) dans le cœur.
Selon un des aspects de la présente invention ladite capsule contient en outre au moins au niveau de sa coquille, des particules d'au moins un matériau conducteur annexe qui avantageusement s'avèrent aptes à former des ponts thermiques entre ledit MCP et le milieu dédié à contenir ladite capsule.
Pour des raisons de clarté, on appellera capsule dans le texte qui suit une entité à architecture cœur-coquille contenant un MCP en son cœur et comportant au niveau de sa coquille lesdites particules d'un matériau conducteur annexe. Les entités ne présentant pas l'ensemble de ces caractéristiques seront désignées sous le nom de particules.
Une capsule selon l'invention peut être aussi bien à l'échelle micrométrique que nanométrique et de préférence est à l'échelle nanométrique. En particulier, elle peut présenter une taille allant de 30 nm à 1 μιη et de préférence de 50 à 300 nm.
Comme précisé ci-dessus, les capsules selon l'invention possèdent une résistance suffisante aux contraintes mécaniques dues à la dilatation thermique du MCP au cours des cycles de chauffage/refroidissement.
Avantageusement, elles sont en outre résistantes à une température supérieure à 300°C, de préférence supérieure à 315°C et inférieure à 350°C.
La résistance peut notamment être évaluée à l'aide de plusieurs cycles fusion- cristallisation par calorimétrie différentielle à balayage (DSC) comme détaillé dans les exemples. a) Cœur
Comme précisé précédemment, une capsule selon l'invention comprend en son cœur au moins un matériau à changement de phase dit encore MCP.
Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, le MCP présente une température de fusion allant de 120 à 300°C, en particulier de 150 à 270°C.
Avantageusement, un MCP convenant à l'invention peut présenter une chaleur latente de fusion au moins égale à 100 J/g, de préférence allant de 100 à 200 J/g, en particulier allant de 130 à 170 J/g.
De même, un MCP selon l'invention est avantageusement doté d'une conductivité thermique allant de 0,2 à 80 W/m/K, de préférence de 0,4 à 20 W/m/K, en particulier de 0,6 à 10 W/m/K.
Généralement, le choix du MCP est également ajusté au regard de la nature du matériau caloporteur considéré.
Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, ce MCP est de nature organique, de préférence, ce MCP est un composé aromatique.
En effet, comme mentionné ci-dessus, un MCP convenable s'avère posséder simultanément une forte chaleur latente de fusion, une conductivité thermique supérieure ou égale à celle de l'huile et une densité proche de celle d'une huile aromatique.
A titre illustratif des MCP aromatiques convenant à l'invention, peuvent notamment être cités les dianhydride pyromellitique, dianhydride tétracarboxylique naphtalène, dianhydride tétracarboxylique pérylène, anthracène et leurs mélanges, et en particulier Γ anthracène.
L' anthracène convient parfaitement à la présente invention puisqu'il possède un point de fusion de 220°C et une chaleur latente de fusion de 160 J/g.
Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, ladite capsule comprend une teneur allant de 10 à 85 %, de préférence de 50 à 80 %, en particulier de 70 à 80 % en poids de MCP par rapport au poids total de ladite capsule.
Avantageusement, le MCP présent au cœur d'une capsule selon l'invention n'est pas organisé lui-même sous la forme de capsules de taille moindre, éventuellement agglomérées entre elles par exemple à l'aide d'un liant. Lorsqu'il est à l'état solide, il se présente de préférence sous la forme de particules de MCP, dénuées d'une architecture cœur-coquille.
Ce MCP est préservé de tout contact avec l'extérieur via une coquille étanche et mono- ou multi-couche(s). b) Coquille
Avantageusement, la coquille d'une capsule selon l'invention présente une épaisseur inférieure ou égale à 50 nm, de préférence inférieure ou égale à 10 nm, en particulier ladite coquille présente une épaisseur allant de 5 à 10 nm.
Cette coquille est formée d'une couche unique ou non, et comprend avantageusement au moins un matériau organique, en particulier un polymère thermodurcissable.
Ce polymère thermodurcissable peut notamment être choisi parmi une polyoléfine, notamment le polypropylène, un polyamide, une polyurée, une urée- formaldéhyde, de la mélanine-urée-formaldéhyde, un aminoplaste, un phénoplaste et leurs mélanges, et est en particulier un copolymère de mélanine-urée-formaldéhyde.
Selon un mode de réalisation particulier, la coquille comprend au moins un matériau inorganique, de préférence de la silice.
Selon une première variante de l'invention, la capsule possède une coquille mono-couche.
Des exemples de capsules convenables selon cette variante peuvent posséder une coquille comprenant de la silice ou un polymère thermodurcissable, en particulier un copolymère de mélanine-urée-formaldéhyde.
Selon une autre variante, la capsule possède une coquille bi-couche. Selon cette variante, la couche au contact du cœur de ladite capsule peut avantageusement comprendre au moins de la silice et la couche externe de ladite capsule peut comprendre au moins un polymère thermodurcissable.
Comme précisé précédemment une capsule selon l'invention comprend au moins au niveau de sa coquille, des particules d'au moins un matériau conducteur annexe.
Au sens de l'invention, le terme « annexe » de l'expression « matériau conducteur annexe » entend souligner le fait que ce matériau est distinct du ou des matériaux constitutifs de la coquille de la capsule notamment définis ci-dessus.
Ces particules dudit matériau conducteur annexe sont avantageusement dotées d'une conductivité thermique supérieure à 100 W/m/K.
La conductivité thermique peut notamment être mesurée comme indiqué dans l'article Duclaux et al, Physical Review B, 46(6), 1992, 3362-3367.
Selon un mode de réalisation particulier, la conductivité thermique dudit matériau conducteur annexe est au moins 10 fois, de préférence 100 fois, en particulier 1000 fois supérieure à la conductivité thermique dudit MCP.
Lesdites particules de matériau conducteur annexe peuvent être dotées d'une conductivité thermique allant de 100 à 300 W/m/K, de préférence de 150 à 250 W/m/K, en particulier de 175 à 225 W/m/K.
Les inventeurs ont ainsi constaté que l'incorporation d'un matériau conducteur peut être, contre toute attente, réalisée au niveau de la coquille des capsules considérées selon l'invention et que la présence des particules d'un tel matériau permet d'améliorer significativement la conductivité thermique entre le MCP contenu dans le cœur de la capsule et le fluide thermique véhiculant cette capsule. Les particules du matériau
conducteur, dispersées au sein de la coquille, figurent des ponts thermiques entre le MCP et le fluide thermique.
Par « ponts thermiques » au sens de l'invention on entend que les particules dudit matériau conducteur annexe sont suffisamment proches les unes des autres, voire en contact pour pouvoir faciliter les transferts de chaleur entre le MCP et le milieu dédié à contenir ladite capsule. Autrement dit, lesdites particules dudit matériau conducteur annexe, de par leur proximité, voire leur contact créent des ponts thermiques qui permettent d'augmenter la conductivité thermique du milieu dédié à contenir ladite capsule.
A cet effet, au moins une partie des particules du matériau conducteur annexe présentes dans la coquille peuvent être à proximité, voire en contact avec le MCP.
De la même façon, au moins une partie des particules du matériau conducteur annexe présentes dans la coquille peuvent être à proximité, voire en contact avec la face externe de ladite capsule.
Enfin, au moins une partie des particules du matériau conducteur annexe peuvent être à proximité, voire en contact d'autres particules de ce matériau conducteur.
Il est à noter que ces ponts thermiques au sens de l'invention n'altèrent pas l'étanchéité de la dite capsule.
Les particules de matériau(x) conducteur(s) selon l'invention peuvent par exemple présenter une taille allant de 0,05 μπι à 0,8 μπι, de préférence de 0, 10 μπι à 0,5 μπι, en particulier de 0,15 μπι à 0,3 μπι.
Elles peuvent être de formes variées, sphériques, allongées ou planaires. Toutefois, elles se présentent avantageusement au moins en partie sous la forme de feuillets.
Ce matériau conducteur annexe peut notamment être choisi parmi le graphène, le graphite, le nitrure de bore, notamment le nitrure de bore hexagonal, et leurs mélanges.
De préférence, ledit matériau conducteur annexe est constitué de particules de nitrure de bore.
De manière avantageuse, il est figuré par au moins des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal.
Une capsule selon l'invention, peut comprendre desdites particules de matériau conducteur annexe dans un rapport massique particules de matériau conducteur
annexe / coquille mono-couche ou bi-couche allant de de 0,5 à 10 %, de préférence, de 0,5 à 5 %, en particulier de l'ordre de 1 %.
Selon une variante de réalisation, une capsule selon l'invention, possède un cœur chargé en au moins un MCP aromatique de température de fusion allant de 120 à 300°C, de préférence de 150 à 270°C, et contient en outre au moins au niveau de sa coquille, des nanofeuillets de nitrure de bore hexagonal.
Plus particulièrement, une capsule selon l'invention peut posséder un cœur chargé en au moins un MCP aromatique de température de fusion allant de 120 à 300°C, de préférence de 150 à 270°C, qui est notamment de l'anthracène, une coquille mono- couche comprenant au moins de la silice, et contenir en outre au moins au niveau de sa coquille, des nanofeuillets de nitrure de bore hexagonal.
De même, une capsule selon l'invention peut avantageusement posséder un cœur chargé en au moins un MCP aromatique de température de fusion allant de 120 à 300°C, de préférence de 150 à 270°C, notamment de l'anthracène, une coquille mono- couche comprenant au moins un polymère thermodurcissable, en particulier un copolymère de mélanine-urée-formaldéhyde, et contenir en outre au moins au niveau de sa coquille, des nanofeuillets de nitrure de bore hexagonal.
Une capsule selon l'invention peut également avantageusement posséder un cœur chargé en au moins un MCP aromatique de température de fusion allant de 120 à 300°C, de préférence de 150 à 270°C, notamment de l'anthracène, et une coquille bi- couche dont la couche au contact du cœur de la capsule comprend au moins de la silice et la couche externe de ladite capsule comprend au moins de la mélanine-urée-formaldéhyde, avec ladite capsule contenant en outre au moins au niveau de sa couche externe, des nanofeuillets de nitrure de bore hexagonal.
Procédé de préparation d'une capsule selon Γ invention
Comme précisé précédemment une capsule selon l'invention peut posséder une coquille mono-couche ou bi-couche.
Une capsule à coquille mono-couche conforme à l'invention, peut être obtenue par toute technique de microémulsion conventionnelle.
A titre illustratif des techniques de microémulsion susceptibles d'être considérées selon l'invention, on peut notamment citer celles décrites dans [7, 8, 9].
Une capsule à coquille bi-couche selon l'invention, peut pour sa part être obtenue selon le protocole détaillé ci-dessous.
Comme précisé précédemment ce procédé comprend au moins les étapes consistant à :
(i) mettre en contact au moins une solution de MCP avec au moins un précurseur de silice, notamment un alcoxysilane, de préférence choisi parmi le 3- aminopropyl-triéthoxysilane (APTES), le triméthoxyphénylsilane (TMPS), l'orthosilicate de tétraéthyle (TEOS), l'orthosilicate de tétraméthyle (TMOS) et leurs mélanges, et un milieu aqueux,
(ii) exposer le mélange obtenu à l'étape (i) à des conditions propices à la polymérisation du précurseur de silice pour encapsuler ledit MCP,
(iii) mettre en contact la capsule obtenue à l'étape (ii) avec au moins un précurseur de polymère thermodurcissable en présence de particules d'au moins un matériau conducteur annexe, et
(iv) exposer le mélange obtenu à l'étape (iii) à des conditions propices à la polymérisation du ou des précurseur(s) de polymère thermodurcissable.
Les alcoxysilanes pouvant être avantageusement utilisés à titre de précurseurs de silice sont l'orthosilicate de tétraéthyle (TEOS), l'orthosilicate de tétraméthyle (TMOS) et leurs mélanges.
A titre d'exemple de précurseur de polymère thermodurcissable on peut par exemple citer l'urée, la mélamine et le formaldéhyde qui après polymérisation forment un copolymère de mélanine-urée-formaldéhyde.
L'ajustement des conditions propices à la polymérisation du précurseur de silice de l'étape (ii), de même que celles de la polymérisation de précurseur(s) d'un polymère thermodurcissable relève clairement des compétences de l'homme de l'art.
Ainsi, lorsque ledit précurseur de la silice est un alcoxyde de silice, l'étape (ii) peut par exemple être effectuée en milieu basique, en particulier en ajoutant de l'ammoniaque afin de catalyser la réaction de polymérisation.
Selon un mode de réalisation particulier, le mélange MCP-précurseur de silice de l'étape (i), comprend également des particules d'un matériau conducteur.
Avantageusement, les capsules correspondantes peuvent être obtenues par une technique de microémulsion.
Dans ce cas, la solution de MCP de l'étape (i) est une solution organique, dans laquelle le solvant est par exemple du dichlorométhane, du styrène, du toluène ou leurs mélanges.
Les particules dudit matériau conducteur de l'étape (iii) et le cas échéant de l'étape (i) sont avantageusement des particules de nitrure de bore, en particulier des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal.
Selon une variante de réalisation avantageuse, ces particules de matériau(x) conducteur(s) sont mises en œuvre en étape (iii) et le cas échéant en étape (i) conjointement avec au moins un polymère possédant une température critique inférieure de solubilité allant de 30 à 100°C, de préférence de 65 à 90°C, en particulier de l'ordre de 80°C. Avantageusement, il s'agit d'un polymère hydrosoluble ayant température critique inférieure de solubilité inférieure à 80°C.
A titre représentatif et non limitatif de ces polymères à température critique de solubilité peuvent notamment être cités des copolymères de polyNipam-acrylates, de polyNipam, du polyvinylmethylether, des polyoxazolines ou de l'hydroxypropylcellulose.
Il s'agit avantageusement de polyvinylmethylether (jeffamine).
Selon ce mode de réalisation particulier de l'invention, le procédé selon l'invention peut comprendre une étape annexe de chauffage simultanée ou postérieure à l'étape (iv) à une température supérieure à la température critique inférieure de solubilité dudit polymère.
En effet, les inventeurs ont contre toute attente constaté que le chauffage du milieu réactionnel considéré en (iii) à une température supérieure à la température critique inférieure de solubilité dudit polymère permet, de manière surprenante, d'optimiser le confinement du MCP au cœur de la capsule formée simultanément.
Applications
Comme précisé ci-dessus, les capsules selon l'invention peuvent être utilisées dans tout matériau caloporteur pour en moduler, et généralement en augmenter la capacité thermique.
D'autre part, les capsules selon l'invention peuvent être utilisées dans un matériau caloporteur pour en moduler, et en particulier augmenter la conductivité thermique.
Selon un mode de réalisation particulier, ce matériau caloporteur est un fluide thermique à l'image par exemple d'une huile polyaromatique ou d'un sel fondu.
Le fluide thermique peut notamment être une huile aromatique, en particulier une huile aromatique dédiée au solaire thermique à concentration.
A titre d'exemple d'huile convenable pour le transfert de chaleur dans le solaire thermique à concentration on peut citer l'huile polyaromatique commercialisée sous le nom de Therminol 66 par Solutia Inc.
L'homme du métier est à même de déterminer le ou les MCP convenable(s) à mettre à cœur des capsules selon l'invention au regard de l'application considérée.
Ainsi, dans le cas d'un matériau caloporteur de type huile aromatique, particulièrement dédié au solaire thermique à concentration, les capsules contenant un MCP aromatique s'avèrent particulièrement avantageux.
Les MCP de type aromatique notamment comme par exemple le dianhydride pyromellitique, le dianhydride tétracarboxylique naphtalène, le dianhydride tétracarboxylique pérylène, l'anthracène ou leurs mélanges, et en particulier l'anthracène, sont alors tout particulièrement appropriés.
La quantité de capsules conformes à l'invention à utiliser dépend du matériau caloporteur considéré et de son utilisation.
Avantageusement, les capsules selon l'invention peuvent être présentes dans un fluide thermique, en particulier une huile aromatique dédiée au solaire thermique à concentration dans une fraction volumique allant de 0,5 à 10 %, en particulier allant de 1 à 8 %, de préférence de 2 à 5 %.
La présente invention concerne également un fluide thermique comprenant des capsules selon l'invention.
Selon encore un autre de ses aspects, la présente invention vise également une particule inorganique conductrice thermiquement, encapsulant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal.
De telles particules peuvent avantageusement présenter une conductivité thermique supérieure à 0, 1 W/m/K, de préférence, supérieure à 0,4 W/m/K, en particulier supérieure à 1 W/m/K.
Avantageusement, une telle particule est formée à partir de silice.
Selon une variante de réalisation lesdits nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal sont dispersés dans ledit matériau inorganique formant ladite particule.
Selon un autre variante, ladite particule présente une architecture cœur- coquille, dans laquelle lesdits nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal sont présents au moins en périphérie de ladite particule.
De telles particules peuvent par exemple être obtenues par microémulsion, une technique micellaire inverse ou encore, une technique sol-gel.
Ces particules inorganiques peuvent notamment être utilisées pour la fabrication d'une capsule conforme à l'invention.
Selon encore un autre de ses aspects, la présente invention vise une particule, à base d'au moins un matériau organique ou inorganique encapsulant au moins un MCP aromatique de température de fusion allant de 120 à 300°C, en particulier de 150 à 270°C et de chaleur latente de fusion supérieure à 100 J/g.
Selon une première variante de réalisation, une telle particule peut être formée à partir d'au moins un matériau inorganique, en particulier de la silice.
Selon une autre variante de réalisation, une telle particule peut être formée à partir d'au moins un matériau organique, en particulier d'au moins un polymère thermodurcissable choisi parmi le polypropylène, une polyoléfine, un polyamide, une polyurée, une urée-formaldéhyde, de la mélanine-urée-formaldéhyde, un aminoplaste, un phénoplaste et leurs mélanges, de préférence de la mélanine-urée-formaldéhyde.
Avantageusement, le MCP est choisi parmi les dianhydride pyromellitique, dianhydride tétracarboxylique naphtalène, dianhydride tétracarboxylique pérylène, anthracène et leurs mélanges, et est en particulier de l'anthracène.
Une telle particule peut par exemple être constituée de silice et véhiculer de l'anthracène ou être constituée de mélanine-urée-formaldéhyde et véhiculer de l'anthracène.
De façon avantageuse, ce type de particule conforme à l'invention présente une architecture cœur-coquille, dans laquelle le MCP est concentré dans le cœur.
Par exemple, elle peut être constituée d'une coquille à base de silice enrobant un cœur comprenant de l'anthracène ou encore d'une coquille à base de mélanine-urée- formaldéhyde et enrobant un cœur comprenant de l'anthracène.
Ce type de particule peut être obtenu par une technique de microémulsion.
Les particules encapsulant au moins un MCP selon l'invention peuvent notamment être utilisées pour la fabrication d'une capsule conforme à l'invention.
Elles peuvent également être mises en œuvre dans un matériau caloporteur pour en moduler et généralement en augmenter la capacité thermique.
Sauf mention contraire, l'expression « comportant/comprenant un(e) » doit être comprise comme « comportant/comprenant au moins un(e) ».
Sauf mention contraire, l'expression « compris(e) entre ... et ... » doit s'entendre comme bornes inclues.
Sauf mention contraire, l'expression « allant de ... à ... » doit s'entendre comme bornes inclues.
Les exemples et figures qui suivent sont présentés à titre illustratif et non limitatif du domaine de l'invention.
Figure 1 : Visualisation d'une nanoparticule de silice incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal obtenue par une technique micellaire inverse par microscopie électronique à balayage (MEB).
Figure 2 : Visualisation de nanoparticules de silice incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal obtenues par une technique sol-gel par microscopie électronique à balayage (MEB).
Figure 3 : Visualisation d'une nanoparticule de silice incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal obtenue par une technique de microémulsion par microscopie électronique en transmission (TEM).
Figure 4 : Analyse dispersive en énergie (EDX) du spectre de rayonnement X de nanoparticules de silice incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal obtenues par une technique de microémulsion.
Figure 5 : Visualisation d'une nanoparticule à coquille de mélamine-urée- formaldéhyde encapsulant de l'anthracène par microscopie électronique à balayage (MEB).
Figure 6 : Visualisation d'une capsule à structure cœur-coquille, à coquille de silice incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal et contenant de l'anthracène à cœur par microscopie électronique en transmission (TEM).
Figure 7 : Analyse dispersive en énergie (EDX) du spectre de rayonnement X de capsules à structure cœur-coquille, à coquille de mélamine-urée-formaldéhyde incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal et contenant de l'anthracène à cœur.
Figure 8 : Visualisation d'une capsule à structure cœur-coquille, à coquille de mélamine-urée-formaldéhyde incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal et contenant de l'anthracène à cœur par microscopie électronique en transmission (TEM).
Matériel et méthodes
Dans les exemples qui suivent :
- Le matériau conducteur annexe considéré est figuré par des nanofeuillets de nitrure de bore exfoliés commercialisés par Momentive.
- La taille des particules ou des capsules est mesurée par microscopie électronique en transmission (TEM) ou par microscopie électronique à balayage (MEB). Le TEM est un FEI Technai OSIRIS (SDD Technology with Silicon drift detector) et le MEB est un LEO 1550 VP Field Emission
SEM équipé d'une sonde Oxford EDS.
- La nature des atomes constitutifs des particules ou capsules est caractérisée par une analyse dispersive en énergie (EDX) du spectre de rayonnement X
- La présence d'anthracène dans les particules et capsules réalisées selon l'invention est caractérisée :
o par spectrométrie de photoluminescence en émission et en excitation à l'aide de l'appareil suivant : Fluorolog 3 de Horiba Jobin Yvon.
Pour ces analyses, des pastilles des différents échantillons ont été réalisées.
o par calorimétrie différentielle à balayage (DSC) sur un appareil Labsys™ Evo de Setaram (le thermogramme de l'anthracène se caractérise par un pic exothermique de cristallisation vers 200°C et un pic endothermique de fusion vers 220°C).
- La résistance des particules à haute température est évaluée par DSC. Pour ce faire, 5 cycles ont été réalisés selon le même mode opératoire que celui explicité ci-dessous pour mesurer les chaleurs latentes de fusion et de cristallisation, la température maximum étant toutefois de 350°C pour chaque cycle.
- Les chaleurs latentes de fusion et de cristallisation ont été mesurées par DSC selon le protocole suivant :
o chauffage de 30°C à 150°C (10°C/min) sous flux d'azote (30 mL/min) pour désorber les molécules présentes en surface de l'échantillon
o refroidissement à 30°C (10°C/min)
o attente de 5 min à 30°C
o ensuite 5 cycles chauffage jusqu'à 280°C, palier de 10 min à cette température et refroidissement jusqu'à 30°C (rampes de 10°C/min dans chaque cas).
Exemple 1 : Préparation de nanoparticules de silice incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal a) Par une technique micellaire inverse
Les nanoparticules ont été préparées en utilisant la méthode de microémulsion inverse [4].
Dans un ballon de 100 mL, les produits chimiques suivants ont été ajoutés dans l'ordre : le tensioactif triton X100 (4,2 mL), le co-tensioactif n-hexanol (4, 1 mL), le solvant organique cyclohexane (19 mL). La solution est alors agitée à température ambiante pendant 15 minutes. Les nanofeuillets de nitrure de bore exfolié dans de l'eau
distillée (300 μΐ., solution à 0,01 % massique de nitrure de bore) ainsi que de l'ammoniaque à 28 % (125 μΐ.) sont ensuite additionnés à la solution. L'émulsion formée est agitée pendant 15 minutes. Les alcoxydes de silicium 3-aminopropyl-triéthoxysilane (APTES) (1,5 μί) et tétraéthoxysilane (TEOS) (123,75 μΕ) sont ajoutés simultanément ou non dans cette émulsion. La réaction est alors agitée pendant 24 heures à température ambiante. Enfin, l'émulsion est déstabilisée par l'ajout d'éthanol (45 mL). Les nanoparticules sont rincées trois fois à l'éthanol et une fois à l'eau. Chaque lavage est suivi d'une centrifugation à 8 000 rpm pendant 10 min pour sédimenter les nanoparticules. Les nanoparticules de silice obtenues, et dispersées dans l'eau (5 mL) par vortex, sont dialysées dans de l'eau distillée pendant trois jours.
La figure 1 rend compte de la taille des particules obtenues qui est autour de
300 nm. b) Par une technique sol-gel
Les nanoparticules ont été synthétisées par voie sol-gel selon le principe de Stôber [5]. Cette méthode est basée sur l'hydrolyse suivie par la condensation du TEOS. Ces réactions ont lieu en solution aqueuse d'ammoniaque à 28 % et d'alcool (éthanol) où l'ammoniaque sert de catalyseur pour les deux réactions du TEOS (hydrolyse et condensation).
Une solution de nanofeuillets de nitrure de bore exfolié dans de l'eau distillée (5,40 mL de solution à 0,01 % massique de nitrure de bore,) est introduite dans un ballon (régulé en température à 25°C), suivie d'une solution d'ammoniaque (34 μΕ). Après 10 minutes d'agitation, 50 mL d'éthanol est introduit. Après stabilisation du mélange réactionnel (10 min), 5,02 mL de la solution de TEOS est introduit. La solution obtenue est alors agitée pendant 3 heures à 25°C. Les nanoparticules sont rincées trois fois à l'éthanol et une fois à l'eau. Chaque lavage est suivi d'une centrifugation à 8 000 rpm pendant 10 minutes pour sédimenter les nanoparticules. Les nanoparticules de silice obtenues, et dispersées dans l'eau (5 mL) par vortex, sont dialysées dans de l'eau distillée pendant trois jours.
La figure 2 rend compte de la taille des particules obtenues qui est autour de
200 nm.
c) Par une technique de microémulsion
La méthode de microémulsion (huile dans eau) a été utilisée pour la synthèse de particules cœur-coquille dont le cœur est le nitrure de bore exfolié dans du 0-(2- aminopropyl)-0'-(2-methoxyethyl) propylène glycol (Jeffamine 600) et dont la coquille de silice est produite par hydrolyse et condensation du précurseur de silice triméthoxyphénylsilane (TMPS).
Le mode opératoire est le suivant : 2,5 mL de solution de dodécyle sulfate de sodium (SDS) dans de l'eau distillée (0,5 % massique), et 2,5 mL de solution d'alcool polyvinylique (PVA) dans de l'eau distillée (6,3 % massique) sont ajoutés dans le bêcher de réaction à 37,5 mL d'eau distillée sous agitation. Après stabilisation du mélange, la solution de nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore/Jeffamine 600 (3,75 mL à 0,03 % de massique de nitrure de bore) est ensuite additionnée. Après 10 minutes d'agitation à température ambiante, l'alcoxyde de silice TMPS (547 μL), et la solution d'ammoniaque à 28 % (115 μL) sont ajoutés au mélange. Après 3 heures de réaction, les particules sont récupérées et lavées à l'éthanol, à l'aide de centrifugations successives à 8 000 rpm pendant 10 minutes. Elles sont ensuite dialysées pendant 3 jours dans de l'eau distillée.
La figure 3 rend compte de la taille des particules obtenues qui est autour de
250 nm.
Les particules obtenues selon ce protocole ont été caractérisées par analyse dispersive en énergie (EDX) du spectre de rayonnement X qui est illustrée en figure 4. Au regard de cette figure, il apparaît clairement que les nanoparticules obtenues comprennent du silicium, de l'oxygène, de l'azote, du carbone et du bore.
A l'issue de chaque mode a), b) ou c), la résistance à la chaleur de ces particules a été vérifiée par DSC selon le protocole décrit dans le paragraphe portant sur les méthodes. Pour chacun des modes, les particules obtenues dans cet exemple résistent à une température de 345-350°C pendant de nombreux cycles.
Exemple 2 : Préparation de nanoparticules inorganiques encapsulant un matériau à changement de phase (MCP)
L'encapsulation de l'anthracène est réalisée en utilisant les conditions suivantes par une technique de microémulsion : dans le bêcher de réaction contenant 75 mL d'eau distillée sont ajoutés 15 mL de solution de SDS (0,5 % massique), et 15 mL
de solution de PVA (6,3 % massique) sous agitation. Dans un même temps, l'anthracène est dissout dans 15 mL de dichlorométhane. Cette dernière solution est ensuite déversée dans le bêcher de réaction. Après 10 minutes d'agitation à température ambiante, l'alcoxyde de silice TMPS, puis la solution d'ammoniaque à 28 % (230 μL) sont ajoutés au mélange. Après 3 heures de réaction, les particules sont récupérées et lavées à l'éthanol (à l'aide de centrifugations successives de 10 minutes à 8 000 rpm). Elles sont ensuite dialysées pendant 3 jours dans de l'eau distillée.
Les particules obtenues ont été mesurées selon le protocole décrit dans le paragraphe portant sur les méthodes, et mesurent environ 200 nm.
La présence d'anthracène a été mise en évidence dans les particules obtenues par comparaison des spectres de photoluminescence en émission et en excitation de l'anthracène avec ceux desdites particules obtenues selon le protocole mentionné ci- dessus. Exemple 3 : Préparation de nanoparticules à coquille organique encapsulant un matériau à changement de phase (MCP)
Ces nanoparticules ont été obtenues par une technique de microémulsion. De l'urée (0,3 g) est dissoute dans 15 mL d'eau distillée à température ambiante sous agitation, avec un moteur (100 rpm), pendant 5 minutes. Dans un même temps, de l'anthracène (410 mg) est dissout dans du dichlorométhane (15 mL). Ensuite, une solution de mélamineformaldéhyde (35 mL d'eau distillée, 1,905 g de mélamine et 1,296 g de formaldéhyde), 15 mL de solution de SDS à 0,5 % massique dans de l'eau distillée, et 15 mL solution de PVA à 6,3 % massique dans de l'eau distillée sont ajoutés dans le bêcher réactionnel, sous agitation à 300 rpm. Avant d'y ajouter lentement les 15 mL de solution d'anthracène, la vitesse d'agitation est augmentée à 500 rpm. Cette étape d'agitation dure 10 minutes, à température ambiante, pour produire une émulsion stable, puis la solution est chauffée jusqu'à 86°C. La réaction est maintenue pendant 180 minutes sous agitation continue avec un ajout de 10 mL d'eau distillée toutes les 60 minutes pour remplacer la quantité de l'eau évaporée. Après 3 heures de réaction, les particules sont récupérées et lavées à l'éthanol (à l'aide de centrifugations successives de 10 min à 8 000 rpm). Elles sont ensuite dialysées pendant 3 jours dans de l'eau distillée.
La figure 5 rend compte de la taille des particules obtenues qui est autour de
600 nm.
La présence d'anthracène a été mise en évidence dans les particules obtenues par comparaison des spectres de photoluminescence en émission et en excitation de l'anthracène avec ceux desdites particules obtenues selon le protocole mentionné ci- dessus.
Elle a été confirmée par comparaison des thermogrammes obtenus par analyse DSC de l'anthracène avec ceux desdites particules obtenues selon le protocole mentionné ci-dessus.
Exemple 4 : Préparation de capsules à structure cœur-coquille, à coquille inorganique incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal et contenant un MCP à cœur
Les capsules sont obtenues en utilisant les conditions suivantes par une technique de microémulsion : 2,5 mL de solution de SDS (0,5 % massique), et 2,5 mL solution de PVA (6,3 % massique) sont ajoutés dans le bêcher de réaction à 37,5 mL d'eau distillée sous agitation. En parallèle, la solution de nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore/Jeffamine (3,75 mL à 0,03 % massique de nitrure de bore) est mélangée à 3,75 mL de dichlorométhane et 410 mg d'anthracène. Après 10 minutes d'agitation à température ambiante, l'alcoxyde de silice TMPS (547 μΕ) et 115 μΕ d'une solution d'ammoniaque sont ajoutés au mélange. Après 3 heures de réaction, les particules sont récupérées et lavées à l'éthanol (à l'aide de centrifugations successives (8 000 rpm) d'une durée de 10 minutes). Elles sont ensuite dialysées pendant 3 jours dans de l'eau distillée.
La figure 6 rend compte de la taille des particules obtenues qui est autour de 150 nm. Cette figure permet aussi de rendre compte de la structure cœur-coquille de la capsule.
Les particules obtenues présentent un rapport molaire cœur/coquille de 0,39/1.
Exemple 5 : Préparation de capsules à structure cœur-coquille, à coquille organique incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal et contenant un MCP à cœur
Les capsules sont obtenues en utilisant les conditions suivantes par une technique de microémulsion : de l'urée (0,3 g) est dissoute dans 15 mL d'eau distillée à température ambiante sous agitation, avec un moteur (100 rpm), pendant 5 minutes. Dans un même temps, l'anthracène (410 mg) est dissout dans du dichlorométhane (15 mL) et est mélangé à une solution de nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore/Jeffamine (5 mL à 0,03 % massique de nitrure de bore). Ensuite, la solution de mélamine-formaldéhyde (35 mL d'eau distillée), 1,905 g de mélamine et 1,296 g de formaldéhyde), 15 mL de solution de SDS à 0,5 % massique, et 15 mL solution de PVA à 6,3 % massique sont ajoutés dans le bêcher de réaction, sous agitation à 300 rpm. Avant d'y ajouter lentement la solution d'anthracène, la vitesse d'agitation est augmentée à 500 rpm. Cette étape d'agitation dure 10 minutes à température ambiante pour produire l'émulsion stable, avant que la température soit montée jusqu'à 86°C. La réaction est maintenue pendant 180 minutes sous agitation continue avec un ajout de 10 mL d'eau distillée toutes les 60 minutes pour remplacer la quantité de l'eau évaporée. Les nanoparticules sont rincées trois fois à l'éthanol et une fois à l'eau. Chaque lavage est suivi d'une centrifugation à 8 000 rpm pendant 10 minutes pour sédimenter les nanoparticules. Les nanoparticules obtenues sont dialysées pendant trois jours dans l'eau distillée.
Les capsules obtenues présentent donc une coquille de mélanine-urée- formaldéhyde avec un ratio molaire 3/1/8,5. Elles présentent un rapport massique cœur/coquille de 0, 1/1.
Les capsules obtenues selon ce protocole ont été caractérisées par analyse dispersive en énergie (EDX) du spectre de rayonnement X qui est illustrée en figure 7. Au regard de cette figure, il apparaît clairement que les capsules obtenues comprennent du silicium, de l'oxygène, de l'azote et du carbone, la caractérisation de l'azote témoignant de celle du bore.
La figure 8 rend compte de la taille des particules obtenues qui est environ entre 100 de 250 nm.
La résistance à la chaleur de ces capsules a été testée en leur faisant subir 5 cycles de DSC suivant le protocole décrit dans le paragraphe portant sur les méthodes.
Les thermogrammes obtenus sont identiques au cours des 5 cycles, ce qui montre une bonne stabilité des capsules obtenues vis-à-vis de la chaleur.
Exemple 6 : Préparation de capsules à structure cœur-coquille, à coquille bicouche incorporant des nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore hexagonal et contenant un MCP à cœur
L'encapsulation du matériau à changement de phase organique, l'anthracène, est réalisée en utilisant les conditions suivantes par une technique de microémulsion: 15 mL de solution de SDS (0,5 % massique), et 15 mL solution de PVA (6,3 % massique) sont ajoutés dans le bêcher de réaction à 75 mL d'eau distillée, sous agitation. Dans un même temps, l'anthracène est dissout dans 15 mL de dichlorométhane et est mélangé à une solution de nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore/Jeffamine (3,75 mL à 0,03 % de massique de nitrure de bore). Cette dernière solution est ensuite déversée dans le bêcher de réaction. Après 10 minutes d'agitation à température ambiante, 1, 15 g d'alcoxyde de silice TMPS, puis la solution d'ammoniaque à 28 % (230 μΕ) sont ajoutés au mélange.
Pendant ce temps, de l'urée (0,3 g) est dissoute dans 15 mL d'eau distillée à température ambiante sous agitation, avec un moteur (100 rpm), pendant 5 minutes.
Après 3 heures de réaction, la solution d'urée, une solution de mélamine- formaldéhyde (35 mL d'eau distillée, 1,905 g de mélamine et 1,296 g de formaldéhyde), ainsi que 5 mL d'une solution de nanofeuillets exfoliés de nitrure de bore/jeffamine à 0,03 % massique de nitrure de bore, sont ajoutées dans le bêcher réactionnel, sous agitation à 500 rpm. Cette étape d'agitation dure 10 minutes, à température ambiante, puis la solution est chauffée jusqu'à 86°C. La réaction est maintenue pendant 180 minutes sous agitation continue avec un ajout de 10 mL d'eau distillée toutes les 60 minutes pour remplacer la quantité de l'eau évaporée.
Après ces 3 heures de réaction, les particules sont récupérées et lavées à l'éthanol (à l'aide de centrifugations successives de 10 min à 8 000 rpm). Elles sont ensuite dialysées pendant 3 jours dans de l'eau distillée.
Exemple 7 : Comparaison des chaleurs latentes de fusion et de cristallisation entre les particules obtenues à l'exemple 3 et les capsules obtenues à l'exemple 5
Les capsules obtenues à l'exemple 5 diffèrent des particules obtenues à l'exemple 3 uniquement de par le fait qu'elles comprennent des nanofeuillets de nitrure de bore exfoliés.
Les chaleurs latentes de fusion et de cristallisation ont été mesurées par DSC selon le protocole décrit dans le paragraphe portant sur les méthodes.
Les mesures ont été prises au bout d'un et de deux cycles.
Ce tableau met en exergue le fait que la présence de nitrure de bore dans les particules augmente très nettement les chaleurs latentes (de 80 à 180 %), que ce soit celle de fusion ou celle de cristallisation. D'après ces résultats il apparaît très clairement que le nitrure de bore forme des ponts thermiques entre le MCP et le milieu dédié à contenir les particules.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[1] Influence of température on the déformation behaviors of melamine- formaldehyde microcapsules containing phase change material Jun-Feng Su, Xin-Yu Wang, Hua Dong, Materials Letters, 84 (2012), 158-161.
[2] Production of Melamine-Formaldehyde PCM Microcapsules with Ammonia Scavenger used for Residual Formaldehyde Réduction, Bostjan Sumiga, Emil Knez, Margareta Vrtacnik, Vesna Ferk Savec, Marica Staresinic and Bojana Boh, Acta Chim. Slov., 2011, 58, 14-25.
[3] Review on microencapsulated phase change materials (MEPCMs): Fabrication, characterization and applications, C.Y. Zhao, G.H. Zhang, Renewable and Sustainable Energy Reviews, 15 (2011), 3813-3832.
[4] J. Langmuir, 2004, 20, 8336-8342.
[5] J. of Coïïoid and Interface Science, 1968, 26, 62-69.