PROCEDE DE MARQUAGE D'UN SUBSTRAT METALLIQUE PAR INCORPORATION DE
PARTICULES INORGANIQUES LUMINESCENTES
DOMAINE DE L'INVENTION
L'invention concerne un procédé de marquage d'un substrat métallique par intégration de particules luminescentes au sein de la couche de passivation du substrat métallique.
Ainsi la détection optique des particules luminescentes intégrées permet l'authentification et la traçabilité d'un substrat métallique, notamment dans le cadre de la lutte anti contrefaçon.
ETAT ANTERIEUR DE LA TECHNIQUE Différents procédés de marquage de substrat ont été décrits dans l'art antérieur. Ils incluent notamment, dans le domaine touchant à la décoration d'objets, l'incorporation de colorants organiques. Ces procédés permettent de décorer des objets en plastique, en papier, ou en métal. II peut également s'agir par exemple de l'incorporation de pigments au sein de la couche de passivation d'objets en aluminium.
Toutefois, tous les procédés divulgués concernent la réalisation d'un marquage visible à l'œil nu, principalement avec pour objectif de décorer un objet.
Il existe donc un besoin de développer de nouveaux procédés de marquage rendant les objets traçables et identifiables au moyen de techniques spécifiques, de manière à faciliter ainsi la lutte anti-contrefaçon. Le Demandeur a mis au point un nouveau procédé permettant d'incorporer des particules luminescentes dont la présence peut être décelée par spectrophotométrie.
EXPOSE DE L'INVENTION
L'objet de la présente invention concerne un procédé permettant le marquage d'un substrat au moyen de particules luminescentes, en particulier de particules submicroniques. Le substrat ainsi marqué est identifiable uniquement aux longueurs d'onde auxquelles émettent ou absorbent les particules. Par conséquent, dans des conditions normales d'utilisation, le marqueur n'est pas visible à l'œil nu et n'altère donc pas l'aspect visuel du substrat. Cette technique peut ainsi permettre de différencier un objet contrefait d'un objet non contrefait.
Le marqueur luminescent peut être détecté au moyen d'un détecteur approprié reconnaissant la signature de luminescence, fournissant ainsi une méthode de traçabilité et d'authentification. Le marqueur n'est révélé que sous lumière non visible, de type UV, IR, ou proche IR.
Plus précisément, la présente invention concerne un procédé de marquage d'un substrat métallique comprenant les étapes suivantes :
formation d'une couche de passivation par oxydation de la surface du substrat métallique ;
- incorporation de particules inorganiques luminescentes au sein de la couche de passivation du substrat métallique ;
colmatage de la couche de passivation.
Avant la mise en œuvre des premières étapes de ce procédé, le substrat métallique peut également être prétraité dans une solution de base concentrée (NaOH, KOH ...), éventuellement oxydante, ou peu oxydante (carbonate, silicate). Ce prétraitement permet de réaliser un décapage de la surface à traiter pour éliminer les souillures (coloration, graisse) ainsi que la couche de passivation naturelle normalement insuffisante pour assurer de bonnes propriétés anticorrosion.
En ce qui concerne le substrat métallique, il s'agit de matériaux anodisables, c'est-à- dire des matériaux dont au moins la couche supérieure peut être oxydée. La couche de passivation désigne cette couche d'oxydation.
De manière générale, le substrat métallique est un matériau pouvant former en surface une couche poreuse d'oxyde. Il peut être avantageusement choisi dans le groupe comprenant les aciers inoxydables ; l'étain ; le zinc ; le titane ; l'aluminium et ses alliages de corroyage (séries 1000 à 8000 pouvant contenir des atomes de Si, Fe, Cu, Mn, Mg, Cr, Ni, Zn ou Ti) ou de moulage (séries 20000, 40000, 50000 et 70000 pouvant contenir des atomes de B, Cr, Sn, Co, Ni, Ti, Cu, Mn, Mg, Si, Zn) ; et leurs mélanges.
Le substrat métallique est avantageusement en aluminium, ou en alliage à base d'aluminium.
Selon un mode de réalisation particulier, l'étape d'anodisation (oxydation) peut être réalisée sous courant continu, alternatif ou puisé, en particulier lorsque le substrat est en aluminium ou en alliage à base d'aluminium. Les bains d'électrolyte peuvent créer une couche poreuse d'oxyde à l'instar de l'anodisation sulfurique, chromique, phosphorique sulfurique-borique ou bien encore l'anodisation autocolorée ou encore l'anodisation en milieu alcalin. Les épaisseurs de la couche poreuse sont variables (jusqu'à une centaine de micromètres) en fonction des paramètres d'anodisation tels que la concentration d'électrolyte, la température, la densité de courant et les additifs chimiques.
L'étape d'oxydation peut être alternativement réalisée par immersion du substrat métallique dans une solution acide fort, de préférence une solution aqueuse comprenant au moins un des composants choisis dans le groupe comprenant HC1, FÎNO3, H2SO4 ou leurs mélanges. Dans ce cas, outre la création de la couche poreuse, un décapage de la surface du substrat est simultanément réalisé.
Le colmatage est l'étape qui permet de fermer les pores de la couche poreuse et ainsi apporter les propriétés de résistance à la corrosion. Pour l'aluminium, de nombreux procédés existent. Généralement, ces procédés mettent en œuvre de l'eau sous forme liquide ou sous forme vapeur. Par conséquent, ils peuvent être réalisés à différentes températures. En outre, l'ajout d'additifs permet de modifier les cinétiques de fermetures des pores.
S 'agissant des particules inorganiques luminescentes, elles peuvent être avantageusement choisies dans le groupe comprenant les particules à base, et avantageusement constituées, d'oxyde métallique ; de sesquioxyde métallique ; d'oxyfluorure métallique ; de vanadate métallique ; de fluorure métallique, et leurs mélanges.
Il peut notamment s'agir de particules choisies dans le groupe comprenant Y2O3 ; YVO4 ; Gd203 ; Gd202S ; LaF3 ; et leurs mélanges. Les particules sont avantageusement dopées par un ou plusieurs centres actifs de la famille des lanthanides ou bien de la famille des éléments de transition.
En outre, les particules inorganiques luminescentes peuvent être utilisées en mélanges pour créer un code optique luminescent.
De manière avantageuse, les particules inorganiques luminescentes sont dopées avec des ions de la famille des lanthanides, avantageusement de l'europium. L'intensité de la luminescence dépend du taux de dopage et peut passer par un maximum. Ainsi, le dopage de ces particules peut varier de 0,5 à 50 % par rapport au nombre de moles de métal constituant les particules, plus avantageusement de 1 à 5 %.
Plusieurs marqueurs, c'est à dire plusieurs types de particules luminescentes peuvent être utilisées pour marquer le substrat. Dans ce cas, la quantité de chaque type de particules incorporées peut être différente. En outre, chaque type de particules peut avoir sa propre signature. En d'autres termes, l'authentification du substrat peut nécessiter la détection de plusieurs particules à différentes longueurs d'ondes.
Ainsi, en faisant varier la proportion de chacun des différents marqueurs, plusieurs codes optiques peuvent être créés eu égard à l'intensité relatives des signaux de luminescence.
Selon un mode de réalisation particulier, les particules peuvent comprendre au sein d'une même particule différentes signatures optiques détectables à différentes longueurs d'onde. Il s'agit alors de particules diptyques ou triptyques par exemple.
Il est particulièrement avantageux d'utiliser des particules inorganiques eu égard à leur plus grande résistance aux phénomènes de photoblanchiment qui dégradent la luminescence des marqueurs organiques. En outre, les solutions de marquage mises en œuvre dans ce procédé présentent une durée de vie supérieure à celles contenant des marqueurs organiques.
De manière générale, les particules peuvent présenter une forme sphérique, cubique, cylindrique, parallélépipédique. On définit la taille des particules par leur dimension moyenne la plus importante, c'est- à-dire par leur diamètre lorsqu'elles sont de forme sphérique, leur longueur moyenne lorsqu'elles sont de forme de bâtonnets.
Ainsi, dans le cadre de l'invention, les particules luminescentes sont des particules dont la taille moyenne est avantageusement comprise entre 4 et 1000 nanomètres.
Selon un mode de réalisation préféré, les particules sont des nanoparticules.
La taille moyenne des nanoparticules est de manière avantageuse comprise entre 4 et 100 nanomètres, plus avantageusement encore entre 20 et 50 nanomètres.
En outre, les particules, et plus avantageusement les nanoparticules, peuvent être encapsulées (enrobées), notamment dans une matrice de polysiloxane ou d'oxyde de silicium. La nouvelle surface de polysiloxane ou de silice peut alors être fonctionnalisée avec des agents de couplage organosilane, tels que des alkoxysilanes substitués comme l'aminopropyltriéthoxysilane ou des dérivés de la même famille. La formation de la surface de polysiloxane ou la fonctionnalisation de cette surface permet d'améliorer la dispersion dans le solvant et la stabilité des particules dans les dispersions. Par ailleurs, ces modifications de surface des particules peuvent affecter le caractère hydrophile/hydrophobe des particules et ainsi modifier l'affinité et la diffusivité des particules inorganiques luminescente au sein de la couche de passivation. Une meilleure homogénéité de la répartition des particules luminescentes peut ainsi être obtenue. Lorsque les particules sont enrobées, leur taille moyenne reste également comprise dans les fourchettes de taille mentionnées ci-avant. De manière générale, l'enrobage augmente la taille moyenne des particules de l'ordre de 5 à 15 nanomètres.
Le cas échéant, la dimension submicronique des nanoparticules permet notamment de faciliter leur incorporation dans la couche de passivation du substrat métallique.
Cette étape concernant l'incorporation des particules au sein du substrat métallique peut être avantageusement réalisée par trempage du substrat dans une suspension colloïdale des particules inorganiques luminescentes.
Le substrat métallique peut être immergé, trempé, pendant une durée avantageusement comprise entre 5 et 120 minutes dans la suspension colloïdale, plus avantageusement encore entre 10 et 60 minutes.
Lors de cette étape, la suspension colloïdale est préférentiellement à une température pouvant être comprise entre 90 et 100 °C, plus avantageusement encore entre 96 et 99°C.
De manière générale, la suspension colloïdale présente une concentration en particules pouvant être comprise entre 0,01 et 10 g/L, plus avantageusement entre 0,01 et 1 g/L.
En outre, la suspension colloïdale est avantageusement une suspension d'au moins un type de particules inorganiques luminescentes dans un liquide organique et/ou aqueux.
De manière avantageuse, il s'agit d'une suspension en milieu aqueux comprenant avantageusement au moins 90% d'eau en volume pour au plus 10% d'un solvant organique miscible à l'eau, tel que par exemple un alcool (glycol, propanol).
De préférence encore, il s'agit d'une suspension dans un liquide constitué à 100% d'eau.
La suspension colloïdale peut également comprendre au moins un additif choisi dans le groupe comprenant les tensioactifs, les agents dispersants, et leurs mélanges.
L'incorporation du marqueur luminescent est mise en œuvre par diffusion dans la couche de passivation du substrat métallique, après anodisation (oxydation), alors que la porosité de la couche de passivation est ouverte. Ce n'est que lors de l'étape de colmatage que la couche de passivation se referme et immobilise les particules.
Le marqueur est ainsi piégé dans la couche de passivation du substrat métallique et ne peut pas être enlevé sans que la couche de passivation soit détruite.
Selon un mode de réalisation particulier, l'étape d'incorporation des particules luminescentes peut être mise en œuvre dans les bains de teinture (colorants organiques ou inorganiques) généralement utilisés dans les procédés de traitement anti-corrosion de substrats métalliques, telles que les pièces d'aluminium par exemple.
Ainsi, selon ce mode de réalisation, le marquage mis en œuvre ne modifie pas les procédés de fabrication du substrat métallique.
De manière générale, l'étape de colmatage de la couche de passivation est avantageusement réalisée simultanément à l'étape d'incorporation des particules inorganiques luminescentes.
Plusieurs bains de colmatage peuvent également être utilisés. Alors que le premier bain de colmatage correspond au bain utilisé pour incorporer les particules, les bains de colmatage secondaires peuvent être dépourvus de particules. Il peut notamment s'agir d'un bain d'eau à une température comprise entre 30 et 99 °C. Le substrat peut ainsi être trempé pendant 10 à 60 minutes dans les bains de colmatage secondaires.
Après l'étape de colmatage, le substrat métallique est séché. Il peut également être rincé à avec de l'eau à température ambiante avant d'être séché. En outre, selon un autre mode de réalisation particulier, la surface du marqueur, c'est à dire des particules, peut être fonctionnalisée de manière à améliorer l'affinité chimique avec la couche de passivation et diminuer ainsi la désorption du marqueur lors de l'immersion dans le bain de colmatage. L'objet de la présente invention concerne également le substrat métallique susceptible d'être obtenu selon le procédé décrit ci-avant.
L'invention et les avantages qui en découlent ressortiront mieux des exemples suivants donnés afin d'illustrer l'invention et non de manière limitative.
EXEMPLES DE REALISATION DE L'INVENTION
Pour les exemples décrits ci-dessous, les solutions de marqueurs utilisées sont des suspensions aqueuses de nanoparticules de vanadate mixtes d'yttrium dopées europium (5%) (5% molaire en substitution de l'ion yttrium). Selon les exemples, ces nanoparticules peuvent être encapsulées ou non par une couche de polysiloxane ou d'oxyde de silicium. La concentration des suspensions de nanoparticules mises en œuvre est de 0,01 ; 0.1 ou 1 g/L en (YV04 : Eu) dans l'eau. Les nanoparticules dans cet exemple sont de forme quasi-sphérique et ont une taille de 20 nanomètres de diamètre pour les nanoparticules non-enrobées, et de 30 nanomètres pour les nanoparticules enrobées.
La solution d'acide utilisée pour oxyder le substrat métallique est constituée d'un mélange 2/1 v/v HCI/HNO3 concentrés.
Le substrat métallique utilisé est une lamelle d'aluminium de 5 mm de largeur, 3 cm de longueur, et de 0,08 mm d'épaisseur.
AJ Influence de l'étape d'oxydation
Exemple 1 :
Une lamelle d'aluminium est plongée dans la solution acide. Après 10 à 30 secondes et après dégagement gazeux, la lamelle est rincée à l'aide d'eau MQ (MilliQ résistivité >18 ΜΩ) et plongée dans la solution de nanoparticules pendant un durée comprise entre 30 minutes et lheure, à température ambiante.
Un dépôt luminescent après séchage est présent sur toute la lamelle mais la couverture n'est pas homogène.
Dans les exemples suivants, la concentration en nanoparticules (enrobées ou non) dans les suspensions est de lg/L en YV04 : Eu dans l'eau.
Contre-exemple 1 :
Une lamelle d'aluminium est plongée dans une suspension de nanoparticules à température ambiante. Lors du retrait de la lamelle, cette dernière présente à sa surface des gouttes de la suspension de nanoparticules. Ces gouttes demeurent sous forme de gouttes et ne « mouillent » pas le métal. Après l'étape de rinçage, le substrat métallique ne comprend plus de nanoparticules luminescentes.
Exemple 2 :
Une lamelle d'aluminium est plongée dans la solution acide. Après 10 à 30 secondes et après dégagement gazeux, la lamelle est rincée avec de l'eau MQ et plongée pendant 30 minutes dans la solution de nanoparticules (YV04 : Eu enrobées préalablement par une couche de polysiloxane ou d'oxyde de silicium) chauffée à 99°C. La lamelle est ensuite égouttée et séchée à l'air.
Une forte luminescence est visible et le dépôt après séchage est résistant à l'abrasion. Les tests d'abrasion ont été réalisés par frottement du substrat métallique à l'aide d'un chiffon imbibé d'eau et/ou d'éthanol, une fois la lamelle refroidie.
Exemple 3 :
Une lamelle d'aluminium est plongée dans la solution acide. Après 10 à 30 secondes et après dégagement gazeux, la lamelle est rincée à l'aide d'eau MQ et plongée pendant 30 minutes dans la solution de nanoparticules (YV04 : Eu non enrobées) chauffée à 99°C. La lamelle est égouttée et séchée à l'air.
La luminescence est faible voire inexistante.
Tableau 1 : influence de l'étape d'oxydation
Tamb = Température ambiante, 25°C
np = nanoparticules
Les tests de résistance à l'abrasion ont été réalisés par frottements du substrat métallique à l'aide d'un chiffon imbibé d'eau et/ou d'éthanol une fois la lamelle refroidie.
Ces exemples montrent qu'il est nécessaire de traiter le substrat métallique par une étape d'oxydation (traitement acide), et qu'il est avantageux d'utiliser des nanoparticules enrobées par une couche de polysiloxane ou d'oxyde de silicium. En outre, l'étape de colmatage est avantageusement réalisée à une température supérieure à la température ambiante.
B/ Influence du nombre de bains de colmatage
Dans les exemples suivants, la concentration en nanoparticules (enrobées ou non) dans les suspensions est de lg/L en YV04 : Eu dans l'eau.
Dans les exemples du tableau 2, une lamelle d'aluminium est plongée dans la solution acide. Après 10 à 30 secondes et après dégagement gazeux, la lamelle est rincée à l'aide d'eau MQ. Elle est alors plongée dans une première solution de colmatage, rincée puis le cas échéant, plongée dans une seconde solution de colmatage. La nature du bain de colmatage, le temps d'immersion et la température des bains sont indiqués dans le tableau 2.
La luminescence et la couverture sont observées après séchage à l'air libre des lamelles.
Tableau 2 : Influence du nombre de bains de colmatage
Nano1er Température 2„d Température
Exemple Luminescence Observations particules colmatage Temps colmatage Temps
Non T. amb 99°C
Exemple 4 Particules H20 Non
enrobées 30 minutes 30 minutes
répartition
Non 99°C
Exemple 5 Particules Oui, léger
enrobées 30 minutes des np pas homogène
Non T amb
Exemple 6 Particules Non
enrobées 30 minutes
Contre- 99°C
H20 Non
exemple 2 30 minutes
T. amb 99°C
Exemple 7 Enrobées Particules H20 Non
30 minutes 30 minutes
répartition
99°C
Exemple 8 Enrobées Particules Oui
30 minutes des np pas homogène
T amb
Exemple 9 Enrobées Particules Non
30 minutes
Contre- 99°C
H20 Non
exemple 3 30 minutes
Dans les exemples du tableau 3, les lames sont plongées successivement dans un bain de pré-colmatage à 50°C contenant les nanoparticules, puis dans un bain d'eau à 99°C. Ces lames sont rincées ou non entre les deux bains. Cette méthode de colmatage en deux étapes est couramment mise en œuvre dans l'art antérieur concernant l'introduction de marqueurs organiques lors du traitement de surface de l'aluminium.
Tableau 3 : Influence du nombre de bains de colmatage
Contrairement aux colorants organiques de l'art antérieur, le mode opératoire consistant à utiliser un pré-bain de colmatage contenant les marqueurs ne semble pas adapté aux nanoparticules. Les marqueurs sont vraisemblablement re largués lors du colmatage final à chaud. Cl Influence du temps d'immersion dans le bain de colmatage
Le temps nécessaire pour effectuer le colmatage d'un substrat en aluminium est généralement de l'ordre de 2 min/micromètre d'oxyde. Pour les exemples détaillés ci-dessous, les concentrations en nanoparticules sont de 1 g/L et la température du bain de colmatage est fixée à 99°C. Les nanoparticules utilisées sont enrobées ou non d'une couche de polysiloxane.
Pour chacun des exemples du tableau 4, deux lames sont traitées, l'une est rincée à l'eau distillée juste après la sortie du bain de colmatage et avant le séchage (A ), l'autre est simplement laissée sécher à l'air ambiant (SR).
Tableau 4 : Influence du temps d'immersion dans le bain de colmatage
Contrairement aux exemples 1 et 2 du tableau 1 , les rinçages des exemples du tableau 4 sont effectués directement après la sortie du bain de colmatage, soit quand la lamelle est encore chaude. Cette différence de température du métal ainsi que le temps de séchage des solutions peuvent expliquer la disparité entre les deux séries de manipulations. Ces exemples montrent l'importance de l'étape d'oxydation notamment par traitement acide du substrat.
Après l'étape de colmatage, le substrat métallique peut être séché sans rinçage préalable ou après un rinçage à froid.
Une durée de colmatage de 30 minutes est suffisante mais une prolongation de l'immersion ne nuit pas à l'aspect du dépôt.
D/ Influence de la taille des luminophores
L'objectif de cette série de manipulations est de confirmer l'influence de la taille des particules sur l'intégration des marqueurs lors de l'étape de colmatage.
Les particules micrométriques de vanadate d'yttrium dopées europium sont des particules commerciales (Phosphor Technology QHK 63/ FF-U1) sans forme spécifique et ayant une taille moyenne de 2 micromètres.
Les contre exemples 4 à 6 concernent la mise en œuvre de ces particules micrométriques.
Les concentrations en particules sont de lg/L, le solvant est de l'eau et la température du bain de colmatage est de 99 °C.
Pour chacun des exemples du tableau 5, l'une des lames est rincée à l'eau distillée juste après la sortie du bain de colmatage et avant le séchage (AR), l'autre est simplement laissée sécher à l'air ambiant (SR).
Tableau 5 : Influence de la taille des luminophores
La dispersion de particules micrométriques est préparée par addition de billes de verres présentant un diamètre de 4 mm dans un mélange sous agitation de particules micrométriques dans de l'eau. Après 24 heures d'agitation, la suspension est blanche et les particules sédimentent rapidement si une agitation n'est pas maintenue dans le flacon de colmatage. Les billes de verre permettent l'attrition par cisaillement des particules micrométriques et favorisent ainsi leur mise en suspension dans la phase aqueuse par désagglomération des grains de poudre, sans pour autant modifier la taille des particules unitaires.
Sur les lamelles traitées avec des particules micrométriques, un léger voile blanc apparaît après séchage. Le marquage n'est pas « invisible» à l'œil contrairement aux exemples concernant l'utilisation de particules présentant une taille moyenne inférieure à 1000 nanomètres.
Ainsi, la taille du marqueur luminescent présentant une taille moyenne inférieure à 1000 nanomètres est en accord les tailles de porosité de la couche de passivation du substrat métallique. En effet, un marqueur micrométrique reste à la surface du substrat et ne peut être que partiellement ou pas piégé lors de l'étape de colmatage de la porosité.