DISPOSITIF DE MOBILISATION ET DE REHABILITATION D ' UN MEMBRE SUPERIEUR D ' UN PATIENT
Domaine technique [0001] L'invention se rapporte au domaine des robots de mobilisation et de revalidation. Plus particulièrement, l'invention se rapporte à un dispositif de mobilisation et de réhabilitation d'un membre supérieur d'un patient, ainsi qu'à un procédé d'assemblage d'un tel dispositif. Description de l'état de la technique [0002] Parmi les problèmes moteurs engendrés par l'hémiplégie, la perte de mobilité des membres supérieurs est tout aussi pénalisante que celle des membres inférieurs. Il suffit de penser aux nombreux gestes quotidiens qui font intervenir les deux bras (pour s'habiller, se nourrir, pratiquer divers loisirs, ...). Le recouvrement de cette motricité, classiquement pratiquée par un thérapeute, peut être accéléré par le biais d'un système robotisé comme l'ont déjà montré diverses études cliniques. Toutefois, en plus des performances «robotiques» d'un dispositif donné (c'est-à-dire: espace de travail, mobilité, type de trajectoires, ...), d'autres critères « de plus haut niveau » sont à prendre en considération dans l'élaboration d'un tel dispositif. Ils sont liés aux aspects cliniques bien sûr mais aussi aux côtés pratiques, voire ludiques pour le patient.
[0003] On connaît des systèmes dans lesquels seule la main du patient est contrôlée directement, le bras et l'avant bras n'étant guidés qu'indirectement. Un exemple d'un tel dispositif est décrit dans US5446213 qui fournit des mouvements suivant deux degrés de liberté à la main du patient.
Forces et mouvements sont transférés au travers d'une poignée montée sur le robot et agrippée par le patient. Ce dispositif est conçu de manière à présenter, grâce à une faible inertie et peu de frottement, un comportement réversible au niveau de sa partie distale. Des capteurs de force et de position sont utilisés pour informer les régulateurs. Un module à trois degrés de liberté peut être monté sur l'extrémité du dispositif plan, fournissant ainsi trois degrés de liberté
actifs en plus au poignet. Des instructions visuelles concernant le mouvement sont données au travers d'un écran d'ordinateur. Cependant, seule la main du patient étant mobilisée par le dispositif, aucun contrôle de la position du bras n'est assuré au cours des exercices. Il s'ensuit un risque important de blessures articulaires.
[0004] À la différence des robots externes discutés au paragraphe précédent, on connaît également des exosquelettes, qui permettent de mobiliser spécifiquement chacune des articulations d'un membre du patient. Dans ces dispositifs, il est important d'aligner les axes de rotation du robot et les axes biomécaniques du patient. La Fig.1 représente un tel exosquelette dans lequel les trois rotations articulaires et les deux rotations segmentaires sont réalisées: le complexe articulaire de l'épaule 100, la rotation humérale 200, le complexe articulaire du coude 300, la rotation ulnaire 400 et le complexe articulaire du poignet 500. [0005] On connaît par WO2006/058442 un « Système et un Procédé pour une Thérapie du Bras Coopérative et un Module de Rotation utilisé à cette fin ». A la différence du dispositif décrit dans US5446213, ce système comporte un exosquelette, c'est-à-dire un squelette externe accompagnant chacun des segments d'un membre du patient. Un exosquelette permet de mobiliser chaque articulation de manière définie et contrôlée. Dans un tel exosquelette, les axes de rotation de l'exosquelette et les axes de rotation physiologiques correspondants du patient doivent se superposer exactement. En effet, dans le cas contraire, le robot risque de forcer inutilement sur les articulations du patient. Au départ d'un bâti fixe, une succession d'actionneurs et de coques ou manchettes englobant une portion d'un membre d'un patient permet de mobiliser chacune des articulations du patient. Le but de ce document WO2006/058442 est de fournir un appareil dans lequel un plus grand nombre de degrés de libertés peuvent être exploités et soutenus que dans les systèmes antérieurs. Le dispositif décrit comporte 5 degrés de liberté motorisés : il permet la flexion/extension du coude et les mouvements de l'épaule suivant trois degrés de liberté en rotation. Ce dispositif présente cependant de nombreux inconvénients : dans ce dispositif, les rotations humérales et ulnaires sont réalisées au moyen de demi cylindres externe et interne concentriques en rotation relative (16 et 17 pour la rotation humérale, et
20 et 21 pour la rotation ulnaire, respectivement) agissant au moyen de tringles (18 et 19) sur une coque de coude. Ces mécanismes sont lourds et compliqués. Du plus, ils ne garantissent pas que l'axe de rotation mécanique, défini par l'axe des deux cylindres, coïncide avec l'axe de rotation physiologique du patient. Lors de l'utilisation de ce dispositif, le patient doit se trouver dans une position prédéfinie par rapport au bâti 2 de l'appareil, l'épaule du patient, ou plus précisément le point de rotation de son articulation humérale, doit se trouver sous le premier entraînement 25. Le patient n'a pas de liberté quant à sa position, assise, debout ou couchée. Enfin, ce dispositif ne permet pas les mouvements du poignet. De plus, il est complexe, lourd et difficile à mettre en œuvre.
[0006] On connaît par EP2070492 un « Dispositif d'aide au mouvement et un système de maintenance/gestion du dispositif d'aide au mouvement ». La Fig. 1 de ce document représente à titre exemplatif un dispositif pour la réhabilitation du bras droit d'un patient. Ce dispositif comporte une partie
« épaule » (référence 5 de la fig. 1 de ce document), une partie « bras » (référence 3), une partie « coude » (référence 6) et une partie « avant-bras » (référence 4). Cependant, rien n'est prévu dans ce dispositif pour permettre de réhabiliter tout ou partie du membre supérieur, par exemple l'épaule, le coude ou le poignet. Ce dispositif est en effet conçu comme un dispositif unitaire. Bien qu'il soit en principe possible de désassembler les parties de ce dispositif (voir par exemple la fig. 2 et le paragraphe 26 de ce document), un tel démontage n'est pas aisé. De plus, rien n'est prévu pour assurer la terminaison et la liaison au membre d'une partie ou d'un groupe de parties sélectionnées. [0007] Dans le cas particulier de l'hémiplégie, la vitesse de récupération motrice du membre supérieur est variable de l'extrémité proximale à l'extrémité distale. En effet, les articulations proximales récupèrent plus vite que les articulations distales. Il est donc intéressant de pouvoir d'abord rééduquer le membre en entier dans un premier stade de la rééducation. A un stade ultérieur, il peut être intéressant de cibler le travail sur les seules articulations qui nécessitent encore une aide robotisée, par exemple sur l'avant-bras et enfin sur le poignet alors que le patient a déjà récupéré une mobilité suffisante de l'épaule et du coude. Il existe donc un besoin pour un appareil permettant de mobiliser un nombre sélectionné d'articulations d'un membre du patient.
Pour d'autres pathologies, tel un traumatisme du coude, un dispositif assurant la mobilisation d'un seul mouvement peut s'avérer nécessaire. Il existe donc un besoin pour un dispositif de revalidation qui laisse au thérapeute le choix des articulations qui nécessitent une assistance robotisée, et ce, en fonction de l'avancement du patient dans sa rééducation et du type d'exercice à réaliser.
Cependant, la réalisation d'un dispositif présentant ces caractéristiques présente diverses difficultés. Tout d'abord, le problème du poids : alors que dans les exosquelettes connus tel celui décrit dans WO2006/058442, le poids de la structure peut être reporté depuis la partie distale jusqu'à la partie proximale et au bâti fixe qui la supporte au travers de la structure elle-même et de ses actionneurs, il n'en va plus de même si l'on souhaite pouvoir sélectionner les articulations à mobiliser, par exemple uniquement les articulations distales. En effet, il peut être souhaitable de pouvoir équiper le patient avec un dispositif de mobilisation d'une articulation particulière, par exemple distale, sans que celui-ci ne soit relié à un bâti fixe via une structure qui en supporte le poids. En effet, en l'absence de composants proximaux permettant de reprendre le poids des composants distaux, ces derniers doivent être supportés par le patient lui-même. Ensuite, le problème de l'interconnectabilité : pour pouvoir fournir au patient avec une assistance robotisée pour n'importe quelle combinaison de ses articulations, la possibilité d'interconnecter et combiner les divers composants du dispositif devient une question critique, tant du point de vue ergonomique, de facilité d'utilisation, que du point de vue du poids ou de la reprise des diverses forces de réaction [0008] II existe donc un besoin pour un dispositif de mobilisation et de revalidation qui présente une bonne adaptabilité morphologique et qui permette de choisir quelles parties (épaule, coude, poignet) du membre supérieur sont mobilisées
Résumé de l'invention [0009] Suivant un premier aspect, l'invention se rapporte à un dispositif de mobilisation et de réhabilitation d'un membre supérieur d'un patient qui peut être constitué par assemblage d'au moins deux éléments adjacents choisis parmi un ensemble comprenant un module épaule (ShouldeRO), un module bras (ROThum), un module coude (elBOT), un module avant-bras (ROTuIn), un module poignet (wristIC), un dispositif de maintien dorsal, une
coque de coude CC et une coque de main, chacun des éléments de l'ensemble étant adapté pour être solidarisé à au moins un autre élément adjacent de l'ensemble, au moins un assemblage d'un premier élément avec un second élément étant réalisable par engagement d'une pièce mâle solidaire du premier élément dans une ouverture d'une pièce femelle solidaire du second élément suivant une direction d'engagement qui ne reprend aucun effort quand le dispositif est en fonctionnement, et verrouillage de ladite pièce mâle dans ladite pièce femelle (610) par des moyens déverrouillables sous l'effet d'une traction suivant une direction opposée à ladite direction d'engagement. [0010] Dans une première variante des moyens déverrouillables, la pièce mâle comporte une encoche et la pièce femelle est munie d'un clip à ressort, de sorte que lors de l'assemblage, le clip à ressort s'engage dans l'encoche, la pièce mâle étant ainsi maintenue en place mais pouvant être libéré par ladite traction. [0011] Dans une seconde variante des moyens déverrouillables, la pièce mâle comporte une gorge fraisée et l'ouverture est munie d'un poussoir à ressort, de sorte que lors de l'assemblage, la bille du poussoir à ressort s'engage dans la gorge fraisée, la pièce mâle étant ainsi maintenue en place mais pouvant être libérée par ladite traction. [0012] Dans une seconde variante des moyens déverrouillables, la pièce mâle comporte à son extrémité un matériau ferromagnétique, et le fond de I' ouverture est muni d'un aimant, de sorte que la pièce mâle soit ainsi maintenue en place mais puisse être libéré par ladite traction.
[0013] Suivant un second aspect, l'invention se rapporte à un dispositif de mobilisation et de réhabilitation d'un membre supérieur d'un patient qui comporte au moins un module choisi parmi l'ensemble précité. Chacun de ces modules est adapté pour être solidarisé à une portion du membre supérieur du patient et/ou à au moins un autre module de l'ensemble.
[0014] Le module épaule peut comporter une structure polyarticulée comportant une succession des bagues, agencées parallèlement l'une à l'autre le long d'un axe et articulées l'une à l'autre par des charnières. [0015] Cette structure polyarticulée peut comporter des câbles
mécaniques circulant dans des gaines, une paire de câbles commandant la rotation d'une bague par rapport à la bagues précédente dans la succession de bagues.
[0016] Le module bras (ROThum) peut comporter un arbre flexible, l'extrémité proximale de l'arbre étant commandée en rotation et permettant d'imposer une rotation à l'extrémité distale de cet arbre. [0017] De préférence, une glissière est agencée à l'une des extrémités de l'arbre flexible pour adapter la longueur du module bras à la position et à la morphologie d'un patient. [0018] Le module coude (elBOT) peut comporter une liaison pivot comportant une partie supérieure et une partie inférieure, la partie inférieure comportant une glissière supportant une coque apte à être fixée à la partie proximale de l'avant bras d'un patient. [0019] Le module avant-bras (ROTuIn) peut comporter un arbre flexible, l'extrémité proximale de l'arbre flexible étant commandé en rotation et permettant d'imposer une rotation à l'extrémité distale du dit arbre. [0020] De préférence, une glissière est agencée à l'une des extrémités de l'arbre flexible pour adapter la longueur du module avant-bras à la position et à la morphologie d'un patient. [0021] Le module poignet (wristIC) peut comporter une liaison pivot comportant une partie supérieure et une partie inférieure, la partie inférieure comportant une glissière supportant une coque de main apte à être fixée à la main d'un patient. [0022] Suivant un troisième aspect, l'invention se rapporte à un procédé d'assemblage d'un dispositif de mobilisation et de réhabilitation d'un membre supérieur d'un patient qui comporte d'au moins deux éléments choisis parmi l'ensemble comprenant un module épaule (ShouldeRO), un module de rotation humérale (ROThum), un module de coude (elBOT), un module avant-bras (ROTuIn) et un module de poignet (wristIC). Chacun des éléments de l'ensemble est adapté pour être solidarisé à au moins un autre élément adjacent de l'ensemble, au moins un assemblage d'un premier élément avec un second élément étant réalisable par engagement d'une pièce mâle solidaire du premier élément dans une ouverture d'une pièce femelle solidaire du second élément suivant une direction d'engagement qui ne reprend aucun
effort quand le dispositif est en fonctionnement, et verrouillage de ladite pièce mâle dans une ouverture de ladite pièce femelle par des moyens déverrouillables sous l'effet d'une traction suivant une direction opposée à ladite direction d'engagement. L'ensemble peut également comprendre un dispositif de maintien dorsal (107), une coque de coude CC et une coque de main (514).
[0023] De préférence, l'assemblage utilise l'une des trois variantes de moyens déverrouillables précitées.
Brève description des dessins [0024] La Fig.1 représente schématiquement les 3 rotations articulaires et les 2 rotations segmentaires dans un dispositif de mobilisation et de réhabilitation d'un membre supérieur d'un patient.
[0025] La Fig.2 est une vue d'ensemble d'un module épaule d'un dispositif de mobilisation et de réhabilitation suivant l'invention. [0026] Les Fig.3a, 3b, 3c sont respectivement une base, un motif, et une vue d'ensemble de la structure poly-articulée d'un module épaule d'un dispositif suivant l'invention. La Fig. 3d représente un mode d'action des câbles agissant sur un motif.
[0027] Les Fig.4 et 5 sont respectivement une vue latérale du mode de commande des câbles agissant sur un motif, et une vue en perspective d'une partie d'un dispositif de commande agissant sur l'ensemble des câbles.
[0028] La Fig.6a représente un module bras.
[0029] La Fig. 6b est une vue d'un dispositif de maintien dorsal.
[0030] La Fig.7 représente un module coude. [0031] La Fig.8 représente un module avant-bras.
[0032] Les Fig.9a et 9b représentent un module poignet.
[0033] Les Fig.10a, 10b, 10c et 10d représentent schématiquement plusieurs modes d'agencements possibles de plusieurs modules.
[0034] Les Fig.11 a, 11 b et 11 c représentent un premier mode d'assemblage de plusieurs modules entre eux au moyen d'un clip à ressort.
[0035] Les Fig.11d et 11 e représentent un deuxième mode d'assemblage de plusieurs modules entre eux au moyen d'un poussoir à ressort.
[0036] Les Fig.11f et 11g représentent un troisième mode d'assemblage
de plusieurs modules entre eux au moyen d'un aimant permanent. [0037] La Fig.12 représente un mode d'agencement du module bras, et du module avant-bras, au module coude.
[0038] La Fig.13 représente un mode d'agencement du module avant- bras au module poignet.
[0039] Les Fig.14a et 14b représentent respectivement une vue antérieure et une vue postérieure de l'assemblage d'un module bras sur un module dorsal.
Description détaillée d'un mode de réalisation de l'invention
[0040] Le dispositif de mobilisation et de réhabilitation de l'invention a la forme générale d'un exosquelette au sens où il se place le long du bras du patient, en parallèle avec sa structure anatomique. Contrairement aux exosquelettes classiques, dont la structure se déploie d'un seul tenant depuis le tronc jusqu'à la main du patient, le dispositif de l'invention est constitué par un assemblage réalisé à partir d'un ensemble comportant cinq modules indépendants et de trois accessoires de fixation. Les cinq modules prennent en charge les mouvements des trois complexes articulaires que constituent l'épaule, le coude et le poignet, ainsi que des deux rotations segmentaires que sont la rotation ulnaire et la rotation humérale. Les trois accessoires de fixation sont un dispositif de maintien dorsal, une coque de coude, et une coque de main. Les coques peuvent être réalisées par moulage, par exemple de polymère armé. On peut réaliser un échantillonnage de coques de tailles variées ou réaliser des coques spécifiquement adaptées à un patient. Chacun des cinq modules peut être utilisé isolément ou en collaboration avec un ou plusieurs autres modules. On décrit ci après tout d'abord chacun des cinq modules, tels qu'ils peuvent être utilisés isolément. On décrira ensuite les modes d'utilisation conjointe des modules. On décrira enfin les divers modes d'assemblage de modules entre eux ou avec un accessoire de fixation, qui permettent l'assemblage/désassemblage aisé d'un dispositif de mobilisation spécifique à un patient et une application déterminés.
Les modules utilisés isolément
[0041] Chacun des modules décrits ci-dessous peut être utilisé isolément. Le module épaule: ShouldeRO
[0042] Le module permettant l'antépulsion, la rétropulsion, l'abduction et l'adduction du bras, ci après appelé « module épaule » (ShouldeRO) 105 représenté à la Fig.2 est une structure polyarticulée qui gère les deux degrés de liberté du complexe articulaire de l'épaule. La structure mécanique de ce module 105 comporte une base106 ancrée au torse du patient, à proximité de son omoplate. Cet ancrage peut être réalisé au moyen d'un dispositif de maintien dorsal 107 discuté ci-après. La base 106 est représentée à la Fig.3a. Elle peut être fixée au dispositif de maintien dorsal 107 par boulonnage. Une succession de motifs identiques, dont un exemplaire est représenté à la Fig.3b, sont composés chacun de deux bagues 108 et 108'. Deux charnières 109 et
109' permettent d'articuler la bague 108 en rotation autour d'un axe A-A' et deux charnières 109" et 109'" permettent d'articuler la bague 108' par rapport à la bague 108 en rotation autour d'un axe B-B' perpendiculaire à l'axe A-A'. Chacune des paires de charnières donnant un degré de liberté d'environ 35°, on a déterminé qu'un dispositif comme illustré à la Fig.3c comportant 3 motifs successifs, soit six paires de charnières, permettait d'obtenir l'amplitude de mouvement souhaitée. Des câbles mécaniques 110 circulant dans des gaines 112, 112' passent dans des ouvertures 111 pratiquées dans les bagues. Le mouvement entre deux bagues 108, 108' représenté à la Fig.3d est créé en tirant sur l'un de ces câbles 110, le mouvement en sens inverse étant obtenu en tirant sur l'autre câble 110'.
[0043] L'actionnement d'une telle structure pose cependant une série de problèmes particuliers. En se référant à la Fig.3d, on remarquera que pour une rotation d'angle Δθ de la charnière 109, la diminution de longueur ΔLi de la portion de câble 110 entre les bagues 108 et 108' est plus importante que l'allongement correspondant ΔL2 du câble 110'. Les deux allongements ΔLi et ΔL2 évoluent de façon non linéaire en fonction de l'angle de rotation Δθ. Les déplacements à imposer aux deux câbles 110,110' évoluent dans un rapport
non constant. Or il est important que dans une paire de câbles correspondants 110, 110', les deux câbles soient en permanence sous tension. Le nombre de câbles mécaniques pour commander les deux degrés de liberté d'un motif est de quatre. Pour les trois motifs identiques successifs, nous obtenons donc un total de douze câbles et gaines à faire passer à l'intérieur de la structure et à actionner. Une solution technique consisterait à prévoir un actionneur pour chacun des câbles, ledit actionneur étant commandé suivant une loi qui respecte les contraintes précitées. Cette solution nécessiterait cependant un grand nombre d'actionneurs, ce qui nuirait à la portabilité et à au coût du dispositif. Pour éviter cela, la demanderesse a conçu un mécanisme de commande inversée, représenté schématiquement à la Fig.4. Dans celui-ci, un levier de commande 113 et un bâti fixe 114 sont articulés par des charnières pour reproduire fidèlement l'agencement des deux bagues 108, 108' et charnières 109, 109'à commander. Les dimensions en sont identiques. Des tringles rigides 115, 115' sont fixées au levier de commande 113 et traversent par glissement le bâti fixe 114. Les extrémités des tringles 115 et 115' sont fixées aux extrémités proximales des gaines des câbles 112 et 112'. Les extrémités proximales des câbles 110, 110' sont fixées au bâti 114, à proximité des points de traversées des tiges 155 et 115' dans le bâti 114. Les gaines 112, 112' sont croisées comme indiqué sur la Fig.4. La longueur du câble 110, représentée en trait interrompu sur la figure, étant fixe, et égale à la longueur de la gaine 112 et de la tringle 115, représentée en trait pointillée, on conçoit que lors d'une rotation Δθ du levier de commande 113, l'allongement de la portion de tringle entre le levier de commande 113 et le bâti fixe 114 est égal à l'allongement de la portion de câble 110 entre les bagues 108 et 108. Ceci vaut également, mutatis mutandis, pour le câble 110' et la tringle 115'. Ce mécanisme réalise donc une commande respectant la contrainte de tension permanente des deux câbles 110 et 110' au moyen d'un seul organe de commande 113. [0044] Pour réaliser l'actionnement des trois motifs successifs de la structure poly-articulée, on peut simplement grouper par trois les câbles agissant dans le même sens suivant le même axe A-A' et B-B' sur deux leviers de commande 113 et 113', comme représenté à la Fig.5. Ces deux leviers de commande 113 et 113' peuvent alors être commandés à leur tour par deux
vérins électriques, pneumatiques ou hydrauliques 116 et 116'. Dans cet agencement, un même angle de rotation est imposé à chacun des trois motifs successifs de la structure. La structure prend donc une courbure constante déterminée par la position des vérins 116 et 116'. [0045] En référence à la Fig.2, l'extrémité distale du module épaule 105
ShouldeRO comporte une coque de bras 120 qui peut être fixée à l'extrémité distale du bras du patient, au dessus du coude, par l'intermédiaire d'une liaison prismatique (glissière) 121 et d'un joint de cardan 122 permettant de reprendre la variation de position et d'angle de l'extrémité distale du module épaule 105 en fonction des positions du bras du patient. La rail 123 de la glissière 121 peut être fixé à la coque 120 par des vis ou des boulons, cependant, comme le degré de liberté de translation dans la direction indiquée par la flèche A ne reprend pas d'effort en fonctionnement, la fixation peut avantageusement être réalisée par l'un des modes d'assemblages aisés décrits ci-après comprenant deux pièces mâles solidarisées au rail, et deux pièces femelles solidaires de la coque 120, s'engageant dans le sens de la flèche A ou dans le sens opposé. [0046] À l'extrémité distale de la structure est disposé un corps d'épreuve 130 sur lequel deux ponts de mesures constitués de jauges extensométriques sont appliqués. Les signaux transmis permettent de déduire la force selon l'axe y (Fy) et la force selon l'axe z (Fz). Connaissant le modèle géométrique du robot, on en déduit les couples articulaires. Ces signaux sont transmis à un contrôleur qui commande et contrôle le processus de réhabilitation. Le module épaule décrit permet d'obtenir des angles de rotation de la structure polyarticulée de +105° à -105 dans les deux directions de l'espace, tout en appliquant un couple de 50Nm.
Le module bras: ROTh u m
[0047] En référence à la Fig.6a, le module de rotation humérale, ci après appelé « module bras » ROThum 205 permet d'effectuer le mouvement de rotation interne/externe du bras, encore appelée rotation humérale. La structure mécanique comporte un arbre flexible 206. Un arbre flexible est un arbre de transmission capable de transmettre un couple de torsion tout en présentant une flexibilité qui permet à ses deux extrémités d'opérer dans des orientations non alignées et/ou décalées et de prendre une courbure plane ou
complexe. Un arbre flexible comporte le plus souvent un ressort hélicoïdal. Pour pouvoir transmettre un couple dans les deux sens de rotation de l'arbre, il comporte également un second ressort hélicoïdal, concentrique au premier, et de pas inversé. Enfin, une gaine libre par rapport aux ressorts protège l'ensemble et son environnement. Le module bras 205 comporte une base 207 dans laquelle l'arbre est maintenu avec un degré de liberté de rotation. Cette base 207 peut coulisser dans une glissière 212. La glissière 212 peut être solidarisée à un dispositif de maintien dorsal par des vis ou des boulons. Cependant, comme le degré de liberté de translation dans la direction indiquée par la flèche B ne reprend pas d'effort en fonctionnement, la fixation peut avantageusement être réalisée par l'un des modes d'assemblages aisés décrits ci-après, comprenant deux pièces mâles solidarisées à la glissière 212, et deux pièces femelles solidaires du dispositif de maintien dorsal 107. Une poulie 208 est montée sur l'extrémité proximale de l'arbre 206. Des câbles 210 et 210' circulant dans des gaines agissant sur cette poulie 208 permettent d'imprimer une rotation dans les deux sens à l'extrémité distale 209 de l'arbre flexible 206. Les câbles peuvent être commandés par un moteur électrique installé dans le bâti fixe 114. [0048] L'arbre flexible 206 est placé le long de la partie inférieure du bras du patient. L'extrémité distale de l'arbre se fixe soit au module coude elBOT, soit à une coque de coude CC, qui englobe une portion du bras et de l'avant bras du patient, au moyen de l'un des modes d'assemblages aisés décrits ci- après, comprenant une pièce mâle 215 solidaire de l'extrémité de l'arbre flexible, et une pièce femelle solidaire du module coude elBOT ou de la coque de coude CC. L'assemblage est réalisé par engagement dans la direction de la flèche C, qui ne reprend pas d'effort en fonctionnement. L'adaptabilité morphologique d'un patient à l'autre est garantie par la glissière 212 à guidage linéaire assurant un ajustement de la position du point d'ancrage de l'extrémité proximale de l'arbre 206 par glissement du bloc d'entraînement 214 dans la glissière 212. Cette glissière pourrait en variante également être adaptée à l'extrémité distale de l'arbre 206. Lors d'une rotation de l'arbre 206 imposée par le moteur électrique, une rotation humérale est imposée au bras du patient. Lors de cette rotation, l'arbre peut, grâce à sa flexibilité, épouser le bras du patient. La glissière 212 permet d'obtenir l'ajustement en longueur nécessaire,
tant lors d'une rotation appliquée à un patient donné que pour l'adaptation à des patients de taille différentes.
[0049] Le module bras 205 permet de mesurer et transmettre le couple et l'angle de rotation humérale. La mesure de couple peut être obtenue soit en mesurant le courant dans le moteur soit en plaçant un pont de mesure constitué de jauges extensométriques directement sur l'arbre flexible pour mesurer le couple de torsion transmis par l'arbre flexible ou sur un corps d'épreuve réalisé dans le support du bloc d'entraînement 214 pour mesurer le couple de réaction. La mesure de la position angulaire du bras est directement obtenue au moyen d'un codeur incrémental dont est équipé le moteur.
[0050] Le module bras 205 permet d'obtenir des angles de rotation de
95° pour la rotation interne et de 90° pour la rotation externe et ce, en assurant un couple de 26 Nm. L'utilisation d'un arbre flexible, en particulier en combinaison avec une glissière, permet de réaliser une rotation segmentaire dans un exosquelette, tout en respectant des contraintes de poids, d'encombrement, et d'adaptabilité à la morphologie du patient. [0051] Tant le module épaule 105 que le module bras 205 peuvent être ancrés au torse du patient au moyen d'un dispositif de maintien dorsal 107 représenté à la Fig.6b qui se porte comme un sac à dos et dispose d'un serrage ventral. Des sangles, non représentées à la Fig.θb, sont utilisées pour le serrage ventral et le support dorsal. Des plaques 140 et 140' permettent la fixation de la base 106 du module épaule 105 tant pour le bras droit que pour le bras gauche du patient. De même, des plaques 145 et 145' permettent la fixation de la glissière 212 du module bras 205.
Le module coude: elBOT
[0052] Le module de flexion et extension du coude, ci après appelé
« module coude » elBOT 305 est représenté à la Fig.7. La liaison pivot comporte une partie supérieure 306, qui peut être fixé par une coque 320 sur la partie distale du bras du patient, articulée à une partie inférieure 307 qui peut être fixée par une coque 314 à la partie proximale de l'avant bras du patient. Les coques 320 et 314 peuvent être fixées de manière quasi-permanente par des vis ou des boulons, aux parties supérieures 306 et inférieures 307,
respectivement. Cependant, comme le degré de liberté de translation dans la direction indiquée par la flèche D ne reprend pas d'effort en fonctionnement, la fixation peut avantageusement être réalisée par l'un des modes d'assemblages aisés décrits ci-après, comprenant deux pièces mâles solidarisées à la partie supérieure 306, et deux pièces femelles solidaires de la coque 320. De même, le degré de liberté de translation dans la direction indiquée par la flèche E ne reprenant pas d'effort en fonctionnement, la fixation peut avantageusement être réalisée par l'un des modes d'assemblages aisés décrits ci-après, comprenant une pièce mâle solidarisées à la glissière 312 orientée dans le sens de la flèche E ou dans le sens opposé, et une pièce femelle solidaire de la coque 314.
Une poulie 308, solidaire de la partie inférieure 307, est entraînée en rotation par un moteur électrique déporté, entraîné par des câbles 310 et 310' circulant dans des gaines. Une glissière 312, placée entre la partie inférieure 307 du module coude 305 elBOT et la coque 314 fixée à la partie proximale de l'avant bras du patient, permet de reprendre les défauts de coaxialité entre l'axe de la liaison pivot du module coude et l'axe de l'articulation du coude du patient. [0053] Le module coude permet de mesurer et transmettre le couple et la position angulaire. Le couple est obtenu par un capteur de force constitué de jauges extensométriques placées en demi-pont sous le rail de la glissière. La mesure de position angulaire est obtenue au moyen d'un codeur incrémental équipant le moteur. Le module coude permet de faire faire à l'articulation transversale du coude des mouvements de flexion/extension sur une amplitude de 145° et ce, avec un couple de 30 Nm.
Rotation ulnaire: ROTuIn
[0054] Le module de rotation ulnaire permettant la pronation et la supination ci après appelé « module avant-bras » ROTuIn 405 représenté à la Fig.8 permet d'effectuer le mouvement de pronosupination de l'avant-bras, encore appelée rotation ulnaire. La structure mécanique de ce module est constituée, comme pour le module bras, d'un arbre flexible 406 permettant de transmettre des efforts de torsion dans les deux directions. Cet arbre vient se placer le long de l'avant-bras et est actionné par un moteur électrique 408 en prise directe. L'actionnement pourrait cependant être déporté via une
transmission par câbles mécaniques, comme pour le module bras, ou encore, par un autre arbre flexible. Le module avant-bras 405 utilisé seul est fixé à son extrémité proximale à une coque de coude CC ou une coque 314 placée sur l'extrémité proximale de l'avant bras du patient, et à son extrémité distale à une coque 514 (non représentée) fixée sur la main du patient du patient. Il peut également être assemblé à la coque 314 du module elBOT ou à la partie supérieure 506 de la liaison pivot du module poignet wristIC Les modes d'assemblage au moyen de fixations aisées du module ROTuIn sont en tous points semblables à ceux du module ROThum. Une glissière 412 placée entre l'extrémité proximale de l'arbre flexible 406 et la coque de coude CC ou la coque 314 placée sur l'extrémité proximale de l'avant bras du patient permet d'adapter la longueur du module avant-bras à la morphologie des patients, et lors de la rotation. [0055] Le module avant bras permet de mesurer et transmettre le couple et la position angulaire segmentaire. En ce qui concerne la mesure de couple, celle-ci peut être obtenue soit en mesurant le courant dans le moteur soit en plaçant un pont de mesure constitué de jauges extensométriques directement sur l'arbre flexible pour mesurer le couple de torsion transmis par l'arbre flexible, ou sur un corps d'épreuve réalisé dans le support du bloc d'entraînement pour mesurer le couple de réaction. La mesure de la position angulaire du bras est directement obtenue au moyen d'un codeur incrémental dont est équipé le moteur.
[0056] Les amplitudes maximales atteintes s'élèvent à 85° pour la pronation et 90° pour la supination et ce, en assurant un couple de 5 Nm.
Module poignet: wristIC
[0057] Le module poignet wristIC 505 est représenté aux Figs.9a et 9b.
La liaison pivot de ce module comporte une partie supérieure 506, qui comporte une coque 513 qui peut être fixée sur la partie distale de l'avant-bras du patient. Cette coque 513 est fixée par boulonnage.
La partie supérieure 506 est articulée à une partie inférieure 507 qui comporte une glissière 512 qui peut être fixée à une coque de main CM 514 fixée à la main du patient.
La coque de main 514 peut être fixée par à la glissière 512. Cependant, comme le degré de liberté dans le sens de la flèche F ne reprend aucun effort, l'assemblage peut être réalisé par une pièce mâle solidaire de la glissière 512 s'engageant dans une pièce femelle solidaire de la coque 514, dans le sens de cette flèche, ou dans le sens opposé.
Un moteur électrique 508, solidaire de la partie supérieure 506 entraîne une vis sans fin 509, elle-même entraînant une roue dentée 510 solidaire du partie inférieure 507. L'axe de la liaison pivot se superpose à l'axe de l'articulation transversale du poignet Au vu du bras de levier apparent entre l'articulation biomécanique et le module poignet 505 wristIC, un mouvement de translation et un mouvement de rotation, tous deux passifs, doivent exister pour pouvoir garantir un déplacement angulaire entre la main et l'avant-bras. C'est pour cette raison qu'une glissière 512 munie d'un chariot à charnière 515 s'insère dans la seconde partie de la charnière. La coque 513 se fixe sur la face externe de la partie distale de l'avant-bras du patient par l'intermédiaire d'un système de sangles avec fermetures scratch (Velcro®). [0058] Le module poignet permet de mesurer et transmettre le couple et la position articulaire. En ce qui concerne la mesure de couple, elle est obtenue via la mise en oeuvre d'un capteur de force constitué de jauges extensométriques placée en demi-pont sur le rail 507 de la glissière 512 placée sur la partie proximale de la main. La mesure de la position angulaire du poignet est directement obtenue au moyen d'un codeur incrémental dont est équipé le moteur. Le module poignet permet de faire faire à l'articulation transversale du poignet des mouvements de flexion/extension sur une amplitude de 145° et ce, avec un couple de 3 Nm.
Les modules utilisés conjointement
[0059] Les cinq modules précédemment décrits peuvent être utilisés isolément, on conjointement, selon toutes les combinaisons possibles. [0060] Dans chacune de ces combinaisons, le module épaule 105
ShouldeRO se fixe à son extrémité proximale sur le dispositif de maintien dorsal 107 et à son extrémité distale sur la coque 120 sur la partie distale du bras du patient. L'utilisation de ce module est donc alors indépendante. En
variante, le module épaule peut être assemblé au module coude ou à une coque de coude CC, en l'absence du module bras. Dans ce cas cependant, le mouvement de rotation interne/externe du bras n'est pas possible. [0061] Dans chacune de ces combinaisons également, le module bras 205 ROThum se fixe toujours à son extrémité proximale sur le dispositif de maintien dorsal 107 tandis qu'à son extrémité distale :
• s'il est utilisé avec le module coude 305 elBOT, il se fixe sur ce dernier;
• s'il est utilisé avec le module avant-bras 405 ROTuIn sans le module coude 305 elBOT, il se fixe sur une coque de coude (CC) qui englobe tout le coude.
En dehors de cela, son utilisation est indépendante. [0062] Le module coude 305 elBOT reçoit à son extrémité proximale,
• s'il est utilisé avec le module épaule 105 ShouldeRO sans le module bras 205 ROThum, il reçoit la fixation du module épaule 105
ShouldeRO;
• s'il est utilisé avec le module bras 205 ROThum avec ou sans le module épaule 105 ShouldeRO, il reçoit la fixation du module bras 205 ROThum; • Sinon, son utilisation est indépendante.
Tandis qu'à son extrémité distale il reçoit:
• s'il est utilisé avec le module avant-bras 505 ROTuIn, la fixation de ce dernier;
• sinon, son utilisation est indépendante. [0063] Le module avant-bras 405 ROTuIn se fixe à son extrémité proximale:
• s'il est utilisé avec le module coude 305 elBOT, il se fixe sur ce dernier;
• sinon, son utilisation est indépendante. Tandis qu'à son extrémité distale:
• s'il est utilisé avec le module poignet 505 wristIC, il se fixe sur ce dernier;
• sinon, son utilisation est indépendante.
[0064] Le module poignet 505 wristIC reçoit à son extrémité proximale:
• si utilisé avec ROTuIn, il reçoit la fixation de ce dernier;
• sinon, son utilisation est indépendante.
On décrit ci-après quelques modes de combinaisons préférés.
[0065] La Fig.iOa représente schématiquement l'agencement des cinq modules utilisés conjointement. Le module épaule 105 ShouldeRO est agencé à la coque de bras 120. Des variantes dans lesquelles le module elBOT est remplacé par une coque de coude CC et/ou le module poignet wristIC est remplacé par une coque de main CM sont également représentées. Les modules adjacents sont reliés par un trait.
[0066] La Fig.lOb représente schématiquement l'utilisation du module shouldRO isolément. [0067] La Fig.iOc représente schématiquement l'utilisation du module ROThum en combinaison avec le module elBOT ou la coque de coude CC.
[0068] La Fig.iOd représente schématiquement l'utilisation du module elBOT ou de la coque de coude CC en combinaison avec le module wristIC ou la coque de main CM. Cette combinaison peut être utilisée par exemple à un stade final de la rééducation ou seuls l'avant-bras et le poignet doivent être exercés.
Les modes d'assemblage des modules et des coques
[0069] Comme exposé ci-dessus, certains assemblages ne doivent pas reprendre d'efforts suivant les 6 degrés de liberté. De plus, les coques ou autres supports, tel que le module de support dorsal, sur lesquels ils viennent se fixer ne sont pas propres à ces modules. Il est donc possible et avantageux d'utiliser un dispositif de fixation permettant de solidariser ou désolidariser les modules et les accessoires de fixation. En effet, dans presque tous les cas, il subsiste, au niveau de la fixation, au moins un degré de liberté en translation qui ne reprend aucun effort en fonctionnement. Ce dernier est alors utilisé pour engager ou désengager, à la main, une fixation bloquant tout ou partie des 5 degrés de liberté restant. Afin d'éviter qu'elle ne se désengage suite aux mouvements effectués durant les exercices ou sous l'effet de la gravité, cette
fixation possède, en fin de course et suivant le degré de liberté d'engagement, un système de verrouillage automatique pouvant être enclenché et déclenché par l'action d'une force humaine modérée.
Le blocage des degrés de liberté devant transmettre les efforts peut être obtenu en taillant dans chacune des deux pièces constituant la fixation deux volumes identiques définis par l'extrusion d'une surface quelconque dans la direction correspondant au degré de liberté d'engagement de la fixation, l'un en positif, définissant la partie mâle de la fixation, et l'autre en négatif, définissant la partie femelle de la fixation. Si la surface d'extrusion est circulaire, la fixation ne contraint pas/laisse libre le degré de liberté en rotation autour de l'axe du cylindre ainsi formé. Dans tous les autres cas, le mode d'assemblage bloque l'ensemble des 5 degré de libertés, ce qui est nécessaire par exemple pour la fixation de l'extrémité proximale du module ROThum. Pour toutes les fixations, hormis la fixation proximale du module ROThum, on préfère une réalisation basée sur une surface d'extrusion circulaire, non seulement parce que les axes et les trous résultants de l'extrusion peuvent être obtenus très facilement à partir des moyens de fabrication conventionnels, mais aussi parce que le fait de laisser 1 degré de liberté non contraint en rotation est de nature à faciliter l'engagement de la partie mâle de la fixation dans la partie femelle.
Pour la fixation proximale du module ROThum, qui nécessite de bloquer 5 degré de libertés, on réalise une surface d'extrusion formée de deux ou plusieurs cercles de sorte qu'elle puisse être réalisée à partir de simples axes et trous, comme la fixation précédente. Dans tous les cas, il est avantageux de profiler l'extrémité de la partie mâle et l'entrée de la partie femelle afin de faciliter l'engagement de l'un dans l'autre. [0070] Le verrouillage de la fixation peut être obtenu par des moyens actifs (pneumatiques, hydrauliques, électriques, thermiques, ...) ou passifs (mécaniques, magnétiques, ...). Etant donné les forces que doit supporter la fixation dans sa direction d'engagement, on peut parfaitement se limiter à des moyens passifs ne nécessitant d'autre action que l'application d'une force suffisante dans la direction d'engagement.
[0071] Parmi les nombreux modes d'assemblages possibles, trois
modes de réalisation préférés sont décrits ci-après.
[0072] Le premier mode d'assemblage, représenté aux figs. 11 a, 11 b, et
11 c, utilise un système de clip à ressort. La pièce mâle 600 est engagée dans une direction représentée par la flèche G dans une ouverture de la pièce femelle 610. Le clip à ressort 620 est une pièce réalisée dans de la tôle d'acier à haute limite élastique et profilée de telle manière à pouvoir s'engager en se déformant de manière élastique sur la pièce mâle 600 et à maintenir celle-ci par serrage. Monté à l'intérieur de la pièce femelle 620, ce système de clip peut servir à bloquer la pièce moyennant une encoche 605 de la pièce mâle 600 adaptée au profil du clip à ressort 620. La forme exacte donnée au profil de la pièce mâle 600 ainsi que la raideur et le profil du clip à ressort 620 déterminent la force nécessaire à l'enclenchement et au déclenchement du système de blocage. [0073] Le second mode d'assemblage, représenté aux figs. 11 d et 11e, utilise un système de poussoir à ressort 615. Le poussoir à ressort 615 est un composant mécanique comportant une bille mise en charge à l'aide d'un ressort. L'ensemble ainsi formé est généralement placé dans une enceinte de forme cylindrique destinée à maintenir la bille en butée et le ressort en précontrainte. Ce système permet d'appliquer, au travers de la bille, une force sur une autre pièce tout en acceptant un certain débattement de la bille dans l'axe du ressort. L'effet de blocage recherché peut ici être obtenu en logeant le poussoir à ressort dans l'ouverture de la pièce femelle 610 de la fixation, perpendiculairement à la direction d'engagement représentée par la flèche G, et en profilant correctement la pièce mâle 600 pour d'abord permettre à la bille d'être d'abord repoussée contre le ressort et ensuite relâchée dans une encoche 605. La forme exacte donnée au profil de la pièce mâle 600 ainsi que la raideur et le niveau de précontrainte du ressort déterminent la force nécessaire à l'enclenchement et au déclenchement de ce système de blocage. [0074] Le troisième mode d'assemblage, représenté aux figs. 11 f et 11g, utilise des aimants permanents. Les aimants permanents ont la faculté d'exercer une force d'attraction sur des pièces ferromagnétiques. Cette force a la particularité d'être d'autant plus intense que l'aimant et la pièce ferromagnétique sont proches l'un de l'autre. En réalisant la partie mâle de la fixation, ou à tout le moins son extrémité, dans un matériau ferromagnétique
601 et en plaçant, face à celle-ci, un aimant permanent 602 fixé sur la partie femelle, une force de maintien sera obtenue une fois la fixation complètement engagée. Inversement, l'aimant 602 peut être fixé à l'extrémité de la partie mâle 600 et le matériau ferromagnétique 601 peut être disposé dans la partie femelle. La taille et la forme donnée à la pièce ferromagnétique 601 et à l'aimant permanent 602, ainsi que les caractéristiques magnétiques de ces matériaux, détermineront la force nécessaire au déclenchement du système de blocage.
[0075] Un module peut comporter plusieurs pièces femelles ou ouvertures 610, disposées à diverses positions, de manière à permettre une liberté de choix d'agencement. Par exemple la partie supérieure 306 du module elBOT comporte plusieurs ouvertures 610, de même que les plaques 140, 145 du module de maintien dorsal [0076] La combinaison d'un dispositif de blocage et d'un dispositif de verrouillage, tels que ceux décrits ci-dessus, permet donc d'obtenir des systèmes de fixation rapides (car pouvant être engagées et désengagées sans outils, par la simple action d'une force dans le sens d'engagement de la fixation) capables de transmettre les efforts requis par les deux modules ROThum et ROTuIn, tant au niveau proximal qu'au niveau distal. En pratique, une partie de la fixation sera solidarisée à une extrémité d'un module alors que l'autre partie sera solidarisée sur le support auquel devra se fixer l'extrémité du module. Le choix de placer la partie mâle de la fixation sur le module et la partie femelle sur le support ou l'inverse est laissé ouvert. En fonction du module, ROThum et ROTuIn, et des autres modules utilisés en combinaison, ce support pourra être une simple coque de coude ou de poignet, le harnachement dorsal, ou encore, l'un des modules elBOT et wristIC . La manière de solidariser les parties mâles et femelles de la fixation sur les modules et les supports est laissée libre. Celle-ci peut, mais ne doit pas, être définitive. La manière d'orienter les parties mâle et femelle de la fixation sur les modules et les supports est importante car le degré de liberté d'engagement ne doit pas correspondre à l'un des degrés de libertés suivant lequel doit être transmis un effort. Sur ce point, les figures 12 et 13 respectent cette contrainte. Si cette condition n'était pas respectée, la fixation pourrait se désengager en cours de fonctionnement.
[0077] La Fig.12 représente le mode d'agencement du module bras 205, et du module avant-bras 305, au module coude 205. La pièce mâle 600 du module bras 205 peut s'agencer dans l'une des pièces femelle ou ouvertures 610 pratiquées dans la partie supérieure 306 du module coude elBOT. La pièce mâle 600' du module avant-bras ROTuIn 405 peut s'agencer dans l'une des ouvertures 610' pratiquées dans la partie inférieure 307 du module coude elBOT.
[0078] La Fig.13 représente le mode d'agencement du module avant- bras 405 au module poignet 505 wristIC. La pièce mâle 600 du module avant- bras ROTuIn 405 peut s'agencer dans l'ouverture 610 pratiquée dans la partie supérieure 506 du module poignet wristIC 505. Le module épaule ShouldeRO 105 peut également être muni d'une pièce mâle 600 pour l'agencer au module de coude 305. [0079] Les Fig.14a et 14b représentent respectivement une vue antérieure et une vue postérieure de l'assemblage d'un module bras sur le module dorsal. Comme exposé ci-dessus, cet assemblage nécessite le blocage de 5 degrés de liberté. Deux pièces mâles 600, 600' sont insérés dans une paire d'ouvertures 610, 610' pratiquées dans une plaque 140 du module dorsal. La plaque 630 peut avantageusement comporter une pluralité de trous 610,
610', permettant un choix approprié en fonction de la taille de l'utilisateur. [0080] Le dispositif robotisé suivant l'invention est destiné à aider les patients hémiplégiques dans leur processus de réhabilitation en leur permettant de réaliser, de manière autonome, des exercices de rééducation au niveau de leurs parties supérieures. L'approche modulaire du dispositif de l'invention offre de nombreux avantages. Le principal est de laisser au thérapeute le choix des articulations qui nécessitent une assistance robotisée, et ce, en fonction de l'avancement du patient dans sa rééducation et du type d'exercice à réaliser. Par ailleurs, le dispositif de l'invention présente une adaptabilité morphologique accrue grâce à :
• L'aspect modulaire de l'exosquelette où chaque module se fixe autour d'une articulation particulière indépendamment du reste du membre;
• l'approche biomécanique des différents modules pour lesquelles l'idée n'est pas de reproduire telle quelle l'articulation du patient mais bien de
s'appuyer sur celle-ci en générant des efforts sur les parties du membre liées à cette dernière.
Grâce au caractère modulaire, on peut utiliser le ou les modules nécessaires à la rééducation visée. On réduit ainsi le poids à supporter par le patient dont la rééducation ne requiert que un ou quelques modules. Le mode d'assemblage des modules et des coques ou autres accessoires permet un assemblage/désassemblage aisé et rapide, sans devoir recourir à un outil. La conception mécanique des modules de l'invention permet d'obtenir des modules de poids acceptable par le patient. [0081] Les termes et descriptions utilisés ici sont proposés à titre d'illustration seulement et ne constituent pas des limitations. L'homme du métier reconnaîtra que de nombreuses variations sont possibles dans l'esprit et la portée de l'invention telle que décrite dans les revendications qui suivent et leurs équivalents. Dans celles-ci, tous les termes doivent être compris dans leur acception la plus large à moins que cela ne soit indiqué autrement. En particulier, les mesures d'efforts (couples ou forces) et de position décrits pour chacun des modules ne sont pas limités à ceux que nous présentons ici. La disposition des pièces mâles sur un module et des pièces femelle sur un autre module peut être intervertie.