La présente invention est relative à un mécanisme de
correction manuelle d'un indicateur de quantième pour
pièce d'horlogerie, ladite pièce portant en outre au moins
des aiguilles d'heure et de minute, ledit mécanisme de
correction comportant un premier dispositif susceptible
d'être couplé à l'indicateur pour permettre sa seule
correction, et un second dispositif susceptible d'être
couplé audit indicateur pour permettre une correction des
aiguilles d'heure et de minute et de l'indicateur de
quantième.
Le mécanisme de correction défini brièvement au
paragraphe ci-dessus est bien connu de l'état de l'art. En
général, il est commandé par une tige surmontée d'une
couronne qui peut prendre une positon neutre repoussée,
puis une première position tirée et enfin une seconde
position tirée. En position neutre, la couronne est
utilisée pour remonter la pièce d'horlogerie.
En première position tirée de la tige, la couronne
actionne un premier dispositif qui permet, dans un seul
sens, la mise à la date rapide du seul indicateur de
quantième. Le système couramment utilisé met en oeuvre un
pignon baladeur comme décrit par exemple dans le document
EP-A-0 173 230. La correction rapide de la date n'a lieu
que dans un sens de rotation de la couronne. La présente
invention reprend cette exécution en la modifiant
légèrement, comme on le verra plus loin.
En seconde position tirée de la tige, la couronne
actionne un second dispositif qui permet de corriger
l'heure, la minute et le quantième affichés par la pièce
d'horlogerie.
Un dispositif connu et très largement utilisé met en
oeuvre un doigt élastique en prise avec l'indicateur de
quantième, ce doigt étant commandé par une roue
intermédiaire, cette dernière étant actionnée à son tour
par la roue des heures. Ce dispositif est décrit, par
exemple, dans le document CH-A-480 674. Quand on corrige
la position des aiguilles dans le sens horaire, le doigt
fait progresser d'une division l'indicateur de quantième
toutes les 24 heures. Par contre, cet indicateur n'est pas
actionné si les aiguilles sont reculées dans le sens anti-horaire.
Cela est dû à la forme donnée à l'extrémité du
doigt élastique qui présente d'un côté une arête franche
apte à pousser une dent de l'indicateur de quantième et de
l'autre côté un flanc incliné qui glisse sur la dent sans
l'actionner.
Ce second dispositif, en plus qu'il présente
l'inconvénient de ne pas actionner l'indicateur de
quantième quand on recule les aiguilles dans le sens anti-horaire,
montre encore un autre inconvénient, comme on va
l'expliquer maintenant.
On suppose que peu de temps après le saut du
quantième à minuit, soit à 00 heure 30, l'indicateur a
passé du 9 au 10 mai et qu'à ce moment le porteur de la
montre, en état de changement de fuseau horaire, fasse une
correction rétrograde de moins 4 heures. Le doigt
élastique du second dispositif glisse alors sur la dent de
l'indicateur de quantième et les aiguilles affichent 20
heures 30 alors que l'indicateur continue à afficher la
nouvelle date du 10 mai. Trois heures et demi plus tard, à
minuit, l'indicateur de quantième sera avancé au 11 mai
alors qu'il devrait indiquer le 10 mai. On a donc affaire
dans ce dispositif, à un double saut de l'indicateur de
quantième alors qu'il en aurait fallu qu'un seul.
La présente invention remédie aux inconvénients cités
ci-dessus puisqu' elle propose un second dispositif
agissant dans les deux sens sur l'indicateur de quantième
tout en offrant un premier dispositif permettant, dans un
sens, une avance rapide dudit indicateur.
Pour ce faire, la présente invention est remarquable
en ce que le second dispositif comporte des moyens de
découplage lui permettant de se désolidariser de
l'indicateur de quantième quand le premier dispositif
entraíne ledit indicateur.
L'invention sera comprise maintenant à l'aide de la
description qui suit et du dessin qui l'illustre à titre
d'exemple et dans lequel :
- la figure 1 est une vue en plan de l'invention
montrant le second dispositif en prise avec l'indicateur
de quantième,
- la figure 2 est une vue en plan de l'invention
montrant le second dispositif en position de désengagement
de l'indicateur de quantième, et
- la figure 3 est une coupe selon la ligne III-III
de la figure 1.
Comme on le voit des figures proposées, la pièce
d'horlogerie porte une aiguille d'heure 3, une aiguille de
minute 5 et un indicateur de quantième 2. L'invention
porte sur le mécanisme de correction manuelle de
l'indicateur de quantième. Ce mécanisme comprend tout
d'abord un premier dispositif 10 susceptible d'être couplé
à l'indicateur 2 et arrangé pour permettre sa seule
correction. Ce mécanisme comprend ensuite un second
dispositif 11 susceptible d'être couplé à l'indicateur 2
et arrangé pour permettre la correction des aiguilles
d'heure 3 et de minute 5 ainsi que de l'indicateur de
quantième 2.
Comme cela est particulièrement bien visible sur les
figures 1 et 3 et selon la caractéristique principale de
la présente invention, le second dispositif 11 comporte
des moyens de découplage 12 permettant audit dispositif 11
de se désolidariser de l'indicateur de'quantième 2 quand
le premier dispositif 10 entraíne cet indicateur 2, dans
le sens de la flèche A code on le voit en figure 2.
On va décrire maintenant plus en détail un mode
d'exécution préféré, illustré par les figures.
Comme cela est bien connu de l'état de la technique,
l'indicateur de quantième est un anneau 2 muni de dents
intérieures 14. Cet anneau porte les chiffres de la date
du 1 au 31 (partiellement représentés) qui apparaissent
l'un après l'autre au travers d'un guichet (non
représenté). On notera que l'indicateur de quantième n'est
pas limité à un anneau, mais pourrait être une aiguille de
quantième comme cela a déjà été propose.
Le mécanisme de correction est commandé par une tige
23 surmontée d'une couronne 24, cette tige pouvant occuper
trois positions, une enfoncée et deux tirées.
La position enfoncée correspond à ce qui est montré
aux figures 1 et 3. Il s'agit de la position pour laquelle
le remontage de la montre est possible. Il s'agit
également de la marche normale de la montre dont le
barillet entraíne les aiguilles d'heure 3 et de minute 5
ainsi que l'anneau de quantième 2. Les figures 1 et 3
montrent qu'en marche normale la roue des heures 18
entraíne une roue intermédiaire 17 qui fait un tour en 24
heures. Sur la roue intermédiaire 17 est disposé un
plateau 30 qui porte un doigt 16. Le doigt 16 fait
progresser, une fois par 24 heures un mobile 13, 15 en
prise avec les dents 14 de l'anneau 2. Une roue
intermédiaire actionnée par la roue des heures, cette roue
intermédiaire portant un doigt agissant sur une étoile en
prise avec un anneau de quantième, fait l'objet d'un
document publié sous le numéro EP-A-0 218 926. On
observera cependant que la pièce d'horlogerie dans
laquelle est monté ce mécanisme ne comporte pas de mise à
la date rapide.
La première position tirée 25 de la tige 23 permet
d'agir par une cinématique connue, mais non représentée,
sur le premier dispositif 10 de mise à la date rapide de
l'anneau de quantième 2. Ce premier dispositif 10 comporte
un mobile muni d'une étoile 4 en prise avec les dents 14
de l'anneau 2. Une roue R solidaire de cette étoile agit
sur un pignon baladeur 90 qui peut être en prise avec elle
(figure 2) ou libre (figure 1) suivant le sens de rotation
de la tige. Dans le mode d'exécution pris en exemple,
l'anneau 2 ne peut tourner que dans le sens des flèches A
de la figure 2, ce qui correspond à un certain sens de
rotation de la tige 23. Dans l'autre sens de rotation de
la tige 23, le pignon baladeur 90 se désolidarise de la
roue R, comme cela est montrée à la figure 1.
La seconde position tirée 26 de la tige 23 permet par
une cinématique également connue, mais non représentée, la
mise à l'heure dans n'importe quel sens des aiguilles
d'heure 3 et de minute 5 ainsi que de l'anneau de
quantième 2. Cette seconde position tirée correspond
également à ce qui est montré en figure 1 et la couronne
agit sur le second dispositif 11 qui va être décrit
maintenant. Ce second dispositif 11 est un mobile
comportant une première étoile 13 susceptible d'engrener
avec les dents 14 de l'anneau 2 et une seconde étoile 15
(voir figure 3) solidaire de la première étoile 13 et
coaxiale à cette étoile 13. Cette seconde étoile 15
engrène avec le doigt 16 porté par la roue intermédiaire
17 qui engrène à son tour avec la roue des heures 18. Le
doigt 16 émerge du plateau 30 qui est porté par la roue
intermédiaire 17. De ce fait, lorsque les dents de la
seconde étoile 15 ne sont pas en prise avec le doigt 16,
elles frottent par paire sur le bord périphérique lisse du
plateau 30, ce qui empêche l'étoile et donc l'anneau de
tourner quand ils ne sont pas actionnés. On évite ainsi le
sautoir classique prévu sur la plupart des anneaux de
quantième, sautoir qui charge le barillet-moteur.
On a vu plus haut que le second dispositif 11
comporte des moyens de découplage lui permettant de se
désolidariser de l'anneau 2. Comme on le voit bien sur les
figures, ces moyens de découplage consistent en une plaque
12 rappelée par une lame-ressort 19. Cette plaque 12
supporte le mobile formé par les première 13 et seconde 15
étoiles et la figure 3 montre plus précisément que ces
étoiles se trouvent de part et d'autre de la plaque 12. La
plaque 12 est montée pivotante sur un axe 6 autour duquel
tourne aussi la roue intermédiaire. Le mobile formé par
les étoiles 13 et 15 peut prendre une position
d'engagement comme sur la figure 1 ou une position de
désengagement comme sur la figure 2. En figure 1, le
mobile est engagé car il est rappelé par la lame-ressort
19. A ce moment la première étoile 13 engrène avec les
dents 14 de l'anneau 2. En figure 2 le mobile est
désengagé et la première étoile 13 n'engrène plus avec les
dents 14 de l'anneau 2. Ce désengagement est provoqué,
comme illustré en figure 2, par la rotation de l'anneau 2
lorsque le premier dispositif 10 est actionné, c'est-à-dire
lorsqu'on procède à une avance rapide de l'anneau 2
dans le sens des flèches A. A ce moment, les dents 14 de
l'anneau 2 poussent les dents 20 de la première étoile 13
en dehors de la trajectoire des dents de l'anneau et cela
à l'encontre de la force de rappel de la lame-ressort 19.
Quand l'avance de l'anneau est arrêtée, on comprend que
les dents 20 de l'étoile 13 retombent dans les dents 14 de
l'anneau 2.
Ces explications font bien comprendre que la pièce
d'horlogerie de l'invention permet d'une part la
correction rapide de l'anneau de quantième dans un sens et
d'autre part la correction dans n'importe quel sens de
l'heure, de la minute et de la date. Un double saut de la
date ne se produit donc plus quand on procède aux
corrections qui ont été décrites dans le préambule de ce
document. En effet si l'on procède à une correction
rétrograde de l'heure après que l'anneau de quantième a
sauté à minuit, cette correction provoquera un saut
rétrograde de l'anneau en passant à minuit, alors que dans
les pièces d'horlogerie connues ce saut rétrograde n'a pas
lieu. En fait, dans la présente invention, l'anneau de
quantième suit toutes les rotations de la roue des heures
et reste synchronisé à cette roue dans tous les cas.
Les figures 1 et 2 montrent encore que les positions
d'engagement et de désengagement du mobile 13, 15 et de la
plaque 12 sur laquelle il est monté sont définies par une
goupille 9 fichée dans une platine 21 de la pièce
d'horlogerie. Cette goupille 9 traverse une ouverture
oblongue 22 pratiquée dans la plaque 12. Ces mêmes figures
montrent aussi que la plaque 12 et la lame-ressort 19 sont
faites d'une seule pièce.