Capteur de mesure du couple d'un arbre d'entraînement
L'invention concerne le domaine des capteurs électroniques de mesure et concerne plus particulièrement un capteur de mesure du couple appliqué à un arbre d'entraînement.
L'invention trouve notamment son application à la mesure du couple d'un arbre d'entrainement d'un véhicule automobile ainsi qu'à la mesure du couple d'un axe de pédalier d'un cycle tel que, par exemple, une bicyclette.
Le couple désigne un système de deux forces colinéaires, de directions opposées et de même intensité. Il est caractérisé par son moment, qui est égal au produit de l'intensité de l'une des forces par la distance qui sépare les deux forces.
II est connu d'utiliser un capteur pour mesurer le couple d'un arbre d'entrainement monté dans un véhicule tel que, par exemple, un véhicule automobile ou un cycle. Un tel arbre d'entrainement peut être un arbre de transmission de la puissance d'un moteur, un arbre d'une boîte de vitesse, un vilebrequin, un axe de pédalier etc.
Un tel capteur, connu également sous le nom de « couplemètre » ou « torque sensor » en langue anglaise, mesure la déformation de l'arbre qui subit le couple afin d'en déduire une valeur dudit couple.
Parmi ces capteurs de couple, on distingue les capteurs à jauges de déformation et les capteurs magnétiques. Dans les capteurs à jauge de déformation tels que les couplemètres à transformateurs tournants ou les couplemètres avec système de télémesure, une partie de l'électronique réalisant la mesure est montée sur l'arbre d'entrainement. Ceci diminue significativement leur robustesse et augmente leur besoin en maintenance, ce qui présente des inconvénients importants.
Les capteurs magnétiques, appelés capteurs « sans contact », permettent de palier en partie ces inconvénients. Parmi les capteurs magnétiques, on connaît les couplemètres basés sur une magnétisation de l'arbre et les couplemètres à transformateurs différentiels.
Les couplemètres basés sur une magnétisation de l'arbre nécessitent par définition un arbre constitué d'un matériau ferromagnétique, or un tel arbre ne remplit pas nécessairement les conditions de solidité et de fiabilité des arbres pour véhicule automobile ou pour cycle, l'arbre pouvant notamment perdre son aimantation avec le temps, ce qui présente des inconvénients.
Concernant les couplemètres à transformateurs différentiels, l'arbre comprend une première portion et une deuxième portion de même diamètre et une portion intermédiaire de torsion, de diamètre inférieur, rejoignant la première portion et la deuxième portion. Cette portion intermédiaire permet de concentrer la torsion générée par un couple appliqué à l'arbre afin d'en permettre la mesure. Un premier élément du
capteur, de forme cylindrique, est monté sur la première portion de l'arbre et s'étend en partie autour de la portion intermédiaire tandis qu'un deuxième élément du capteur, également de forme cylindrique, est monté sur la deuxième portion de l'arbre et s'étend également en partie autour de la portion intermédiaire de sorte que la première portion, le premier élément, la deuxième portion et le deuxième élément soient coaxiaux et que le premier élément et le deuxième élément se recouvrent au niveau de la portion intermédiaire. Des ouvertures sont formées dans le premier élément du capteur et dans le deuxième élément du capteur et des bobines primaires et secondaires sont montées en regard les unes des autres de part et d'autre du premier élément du capteur et du deuxième élément du capteur. En l'absence de torsion appliquée à l'arbre, les ouvertures du premier élément et du deuxième élément ne coïncident pas de sorte qu'aucun champ magnétique ne circule entre les bobines primaires et les bobines secondaires. A l'inverse, lorsque l'arbre transmet une certaine puissance, la portion intermédiaire se déforme de sorte que le premier élément et le deuxième élément du capteur se déplace angulairement relativement l'un par rapport à l'autre. Ce déplacement angulaire entraine un chevauchement des ouvertures du premier élément et du deuxième élément de sorte qu'un flux magnétique circule alors entre les bobines primaires et les bobines secondaires proportionnellement au couple appliqué à l'arbre. La fabrication d'un tel capteur est toutefois complexe et chronophage notamment de par l'agencement et l'alignement nécessaires entre les bobines primaires, les bobines secondaires, les ouvertures, le premier élément du capteur et le deuxième élément du capteur, ce qui présente des inconvénients importants. En particulier, le montage par recouvrement du premier élément cylindrique et du deuxième élément cylindrique, de manière coaxiale, respectivement sur la première portion et sur la deuxième portion de l'arbre peut s'avérer complexe et imprécis. En outre, le premier élément et le deuxième élément peuvent générer un balourd lors de la rotation de l'arbre, ce qui présente un autre problème notable.
La présente invention a donc pour but de résoudre au moins en partie ces inconvénients en proposant une solution simple, fiable, efficace et précise de mesure de la valeur du couple appliqué à un arbre d'entraînement d'un véhicule automobile ou de type cycle.
A cette fin, l'invention a tout d'abord pour objet un ensemble formé d'un arbre d'entraînement pour véhicule et d'un capteur de mesure de la valeur d'un couple appliqué audit arbre d'entraînement,
ledit arbre d'entraînement comprenant :
• une première portion cylindrique d'un premier diamètre,
• une deuxième portion cylindrique d'un deuxième diamètre,
• une portion intermédiaire de torsion reliant la première portion et la deuxième portion et dont une dimension de la section est inférieure au premier diamètre et au deuxième diamètre afin de concentrer une torsion générée par un couple appliqué à l'arbre,
· une première roue dentée montée de manière coaxiale sur la première portion, comprenant sur sa périphérie une pluralité de dents alternées avec des creux et dont la période correspond à la longueur de l'arc de cercle défini par une dent et un creux consécutifs mesurée à la périphérie de ladite dent,
• une deuxième roue dentée, identique à la première roue dentée, montée de manière coaxiale sur la deuxième portion parallèlement à la première roue dentée,
ledit capteur comprenant des moyens de génération d'un champ magnétique et un agencement formé d'une première bobine, d'une deuxième bobine, d'une troisième bobine et d'une quatrième bobine disposées côte-à-côte entre la première roue dentée et la deuxième roue dentée, parallèlement à ladite première roue dentée et à ladite deuxième roue dentée, ledit agencement étant agencé pour baigner dans ledit champ magnétique et configuré de sorte que la longueur totale de la première bobine, de la deuxième bobine, de la troisième bobine et de la quatrième bobine soit égale à la période de la première roue dentée et de la deuxième roue dentée.
La première bobine, la deuxième bobine, la troisième bobine et la quatrième bobine définissant chacune à leurs bornes respectivement une première tension, une deuxième tension, une troisième tension et une quatrième tension, il suffit alors de comparer, d'une part, la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension et la troisième tension et la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension et la quatrième tension à une valeur initiale de ladite somme, mesurée préalablement en l'absence de torsion de l'arbre, pour obtenir une valeur de l'ouverture, c'est-à-dire du déplacement angulaire, entre la première roue dentée et la deuxième roue dentée représentative de la valeur d'un couple appliqué à l'arbre. En outre, un tel agencement permet d'assurer que la somme de la première tension, de la deuxième tension, de la troisième tension et de la quatrième tension soit constante quel que soit le couple appliqué à l'arbre d'entraînement, ce qui permet notamment de calibrer aisément le capteur. En effet, le signal mesuré par le capteur dépendant de la distance entre le capteur et la première roue dentée, d'une part, et de la distance entre le capteur et la deuxième roue dentée, d'autre part, toute modification de ces distances due à des jeux mécaniques pourrait fausser la mesure du capteur. Or, la somme de la première tension, de la deuxième tension, de la troisième tension et de la quatrième tension varie également selon ces distances mais reste constante lorsque ces distances ne varient pas
quelle que soit la valeur de torsion appliquée, ce qui permet d'asservir la sensibilité du capteur de façon automatique afin qu'il ne soit plus perturbé lorsque ces distances varient. Par ailleurs, avec le capteur selon l'invention, l'information de couple est indépendante de la rotation de l'arbre. Ainsi, pour un même couple appliqué, la valeur mesurée est identique selon que l'arbre est en rotation ou non et, lorsqu'il est en rotation quelle que soit sa vitesse de rotation.
La valeur de l'ouverture est proportionnelle à la torsion appliquée à l'arbre qui est elle-même proportionnelle à la valeur du couple appliqué à l'arbre. Ainsi, une table de corrélation entre le champ magnétique perçu par les bobines et le couple appliqué à l'arbre peut être utilisée pour fournir la valeur du couple appliqué à l'arbre, cette table pouvant être établie de manière empirique. Une telle valeur de couple peut ensuite être utilisée par un calculateur, par exemple pour gérer les paramètres de fonctionnement du moteur d'un véhicule automobile ou d'une bicyclette à assistance motorisée.
On notera que le capteur selon l'invention est avantageusement un capteur du type « capteur sans contact », c'est-à-dire qu'aucun élément électronique du capteur n'est monté sur l'arbre, ce qui permet de rendre le capteur robuste et fiable, notamment à des vitesses de rotation élevées de l'arbre.
On notera en outre que l'utilisation de deux capteurs inductifs de type résolveur qui mesurent chacun la position d'une cible afin d'en déduire un décalage angulaire n'aurait pas permis de mesurer le couple avec précision. En effet, le résolveur est une sorte de petit transformateur rotatif avec en général une bobine primaire et deux bobines secondaires décalées électriquement de 90°. La bobine primaire est alimentée par une tension sinusoïdale de sorte que les tensions aux bornes des bobines secondaires soient deux sinusoïdes déphasées de 90° et dont le déphasage avec la bobine primaire est l'image de la position angulaire que l'on souhaite mesurer. Or, dans le domaine d'automobile notamment, il peut être requis de mesurer le couple avec une précision inférieure à 5 % de la valeur maximale de couple, ce qui nécessite de connaître la position relative des deux cibles avec une précision importante, par exemple inférieure à 0,04°. La différence de calibration entre les deux résolveurs ainsi que la somme des bruits des deux capteurs sur la mesure ne permettraient toutefois pas d'atteindre un tel niveau de précision, notamment du fait que les cibles soient en mouvement quand le couple varie.
Dans une forme de réalisation du capteur selon l'invention, l'agencement de bobines se présente sous la forme d'un secteur annulaire disposé entre la première roue dentée et à la deuxième roue dentée, parallèlement à ladite première roue dentée et à ladite deuxième roue dentée. Ce secteur annulaire est défini par un rayon extérieur et un rayon intérieur, inférieur au rayon extérieur, et est disposé en regard des dents de la
première roue dentée et de la deuxième roue dentée de sorte que la longueur de l'arc-de- cercle du secteur définit par son rayon extérieur corresponde à la période de la première roue dentée et de la deuxième roue dentée.
De préférence, la première roue dentée et la deuxième roue dentée comprenant chacune une première dent de référence, la première dent de référence de la première roue dentée et la première dent de référence de la deuxième roue dentée sont toutes deux en regard de la première bobine sur une portion de longueur non nulle et inférieure à la période de la première roue dentée et de la deuxième roue dentée de manière à définir une position initiale correspondant à une absence de torsion de l'arbre.
Une telle position initiale permet de générer une valeur non nulle de la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension et la troisième tension et de la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension et la quatrième tension qui permet avantageusement de n'avoir jamais de signaux de tension négatifs à mesurer. En effet, les calculs se faisant en valeur absolue, il serait alors dans ce cas impossible de les mesurer.
L'invention concerne aussi un véhicule comprenant un ensemble formé d'un arbre d'entraînement pour véhicule et d'un capteur de mesure de la valeur d'un couple appliqué audit arbre tel que présenté précédemment.
L'invention concerne aussi un procédé de détermination d'un couple appliqué à un arbre d'entraînement d'un véhicule, ledit procédé étant mis en œuvre par un ensemble tel que présenté précédemment, la première bobine, la deuxième bobine, la troisième bobine et la quatrième bobine définissant chacune à leurs bornes respectivement une première tension, une deuxième tension, une troisième tension et une quatrième tension, ledit procédé comprenant :
· une étape de torsion de l'arbre au niveau de sa portion intermédiaire,
• une étape de mesure de la première tension, de la deuxième tension, de la troisième tension et de la quatrième tension,
• une étape de calcul de la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension et la troisième tension et la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension et la quatrième tension,
• une étape de comparaison de la somme calculée avec une valeur prédéterminée correspondant à une absence de torsion de l'arbre de manière à déterminer la valeur du couple appliqué à l'arbre.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront lors de la description qui suit faite en regard des figures annexées données à titre d'exemples non limitatifs et dans lesquelles des références identiques sont données à des objets semblables :
- La figure 1 illustre schématiquement une forme de réalisation d'un ensemble selon l'invention formé d'un arbre d'entraînement et d'un capteur.
- La figure 2 est une vue schématique d'un support comprenant un agencement de bobines du capteur de la figure 1.
- La figure 3 est une vue schématique de dessus de l'agencement de bobines de la figure 2 disposé entre la première roue dentée et la deuxième roue dentée de l'arbre de la figure 1 en l'absence d'une torsion de l'arbre.
- La figure 4 est une vue schématique de dessus de l'agencement de bobines la figure 2 disposé entre la première roue dentée et la deuxième roue dentée de l'arbre de la figure 1 en présence d'une torsion positive de l'arbre.
- La figure 5 est une vue schématique de dessus de l'agencement de bobines de la figure 2 disposé entre la première roue dentée et la deuxième roue dentée de l'arbre de la figure 1 en présence d'une torsion négative de l'arbre. L'ensemble 1 selon l'invention, décrit ci-après en référence aux figures 1 à 5, est formé d'un arbre d'entrainement 10 et d'un capteur 20 de mesure de la valeur d'un couple appliqué audit arbre d'entrainement 10.
Un tel capteur 20, communément appelé « capteur de couple », est agencé pour être monté sur un carter fixe 30 d'un véhicule (non représenté) afin de mesurer le couple d'un arbre d'entrainement 10 dudit véhicule.
Ce véhicule peut par exemple être un véhicule automobile ou bien un cycle tel que, par exemple, une bicyclette à assistance électrique motorisée.
A titre d'exemple, l'arbre d'entrainement 10 peut être, dans le cas d'un véhicule automobile, un arbre de transmission de la puissance d'un moteur, un arbre d'une boîte de vitesse, un vilebrequin, ou bien, dans le cas d'une bicyclette, un axe de pédalier.
Comme illustré à la figure 1 , l'arbre d'entrainement 10 s'étend selon un axe longitudinal XX et comprend une première portion cylindrique 12, une deuxième portion cylindrique 14 et une portion intermédiaire 16 de torsion reliant la première portion 12 et la deuxième portion 14.
La première portion cylindrique 12 de l'arbre d'entrainement 10, de section circulaire d'un premier diamètre D1 , est destinée à être reliée à un premier élément (non représenté) du véhicule tel que par exemple, un moteur, une boite de vitesse, une pédale etc.
De même, la deuxième portion cylindrique 14, de section circulaire d'un deuxième diamètre D2 pouvant être égal au premier diamètre D1 , est destinée à être reliée à un deuxième élément (non représenté) du véhicule tel que par exemple, un moteur, une boite de vitesse, une pédale etc.
La section de la portion intermédiaire de torsion 16 peut être circulaire, rectangulaire ou de toute autre forme adaptée.
Toujours en référence à la figure , une épaisseur E1 d'au moins une partie de cette portion intermédiaire de torsion 16 est inférieure au premier diamètre D1 de la première portion 12 et au deuxième diamètre D2 de la deuxième portion de sorte que la portion intermédiaire 16 soit agencée pour subir une déformation en torsion lorsque l'arbre d'entraînement 10 est soumis à un couple de forces (i.e. lorsque l'arbre d'entraînement 10 est entraîné en rotation par exemple par un moteur ou des pédales).
Selon l'invention, afin de permettre la mesure du couple qui lui est appliqué par le capteur 20, l'arbre d'entraînement 10 comprend une première roue dentée 13 et une deuxième roue dentée 15, toutes deux métalliques.
La première roue dentée 13 comprend sur sa périphérie une pluralité de dents 18-1 alternées avec des creux 19-1 et est montée de manière coaxiale sur la première portion 12 de l'arbre d'entraînement 10. En d'autres termes, la première roue dentée 13 s'étend perpendiculairement à l'axe longitudinal XX de l'arbre d'entraînement 10.
De même, la deuxième roue dentée 15 comprend sur sa périphérie une pluralité de dents 18-2 alternées avec des creux 19-2 et est montée de manière coaxiale sur la deuxième portion 14 de l'arbre d'entraînement 10, parallèlement à la première roue dentée 13 et en regard de cette dernière. En d'autres termes, la deuxième roue dentée 15 s'étend perpendiculairement à l'axe longitudinal XX de l'arbre d'entrainement 0.
La première roue dentée 13 et la deuxième roue dentée 15 sont identiques, notamment en taille et en nombre de dents 18-1 , 18-2. Dans cet exemple, chacune de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15 comprend douze dents 18-1 , 18-2 mais il va de soi que chacune de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15 pourrait comprendre plus ou moins de douze dents 18-1 , 18-2.
La période P de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15 est définie comme étant la longueur, mesurée à la périphérie d'une dent 18-1 de la première roue dentée 13 (respectivement d'une dent 18-2 de la deuxième roue dentée 15), de l'arc de cercle délimitant une dent 18-1 , 18-2 et un creux 19-1 , 19-2 successifs.
Toujours en référence à la figure 1 , le capteur 20 comprend un corps 22 de fixation sur le carter fixe 30 du véhicule duquel s'étend en saillie, entre la première roue dentée 13 et la deuxième roue dentée 15, un support 24 de bobines. Il va de soi que ce corps de fixation 22 et ce support de bobines 24 peuvent prendre toute forme adaptée.
Comme illustré à la figure 1 , ce support de bobines 24 est un circuit imprimé se présentant sous la forme d'une plaque plane dont la forme définit un secteur annulaire
et qui s'étend entre la première roue dentée 13 et la deuxième roue dentée 15 parallèlement à celles-ci.
Le support de bobines 24 est éloigné de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15 d'une même distance d (en référence aux figures 3 à 5).
En référence maintenant à la figure 2, ce support de bobines 24 comprend sur l'une de ses faces un agencement 26 de quatre bobines identiques, respectivement une première bobine 26-1 , une deuxième bobine 26-2, une troisième bobine 26-3 et une quatrième bobine 26-4, disposées côte-à-côte.
La première bobine 26-1 , la deuxième bobine 26-2, la troisième bobine 26-3 et la quatrième bobine 26-4 définissent chacune à leurs bornes respectivement une première tension V1 , une deuxième tension V2, une troisième tension V3 et une quatrième tension V4.
En référence aux figures 2 à 5, cet agencement 26 de bobines est en forme de secteur annulaire défini par un rayon extérieur R1 et un rayon intérieur R2, inférieur au rayon extérieur R1 , et est disposé en regard des dents 18-1 , 18-2 respectivement de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15 de sorte que la longueur L de l'arc-de-cercle définie par le rayon extérieur de l'agencement 26 corresponde à la période P de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15.
A titre d'exemple, lorsque la première roue dentée 13 et la deuxième roue dentée 15 possèdent chacune douze dents 18-1 , 18-2 équiréparties sur leur périphérie, chaque dent 18-1 , 18-2 couvre un secteur angulaire de 15° et chaque creux couvre de même un secteur angulaire de 15°, définissant ainsi une période P couvrant un secteur angulaire de 30°. Dans ce cas, chacune des bobines de l'agencement 26 est configurée pour couvrir un secteur angulaire de 7,5°, soit un total de 30° pour l'agencement des quatre bobines, correspondant à la période P de chacune de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15.
Le capteur 20 comprend également des moyens de génération d'un champ magnétique se présentant sous la forme d'une cinquième bobine dite « excitatrice » 28 configurée pour baigner l'agencement 26 dans un champ magnétique qu'elle génère.
L'invention va maintenant être décrite dans sa mise en œuvre en référence aux figures 3 à 5.
En l'absence de couple appliqué à l'arbre d'entraînement 10, la position initiale de l'agencement de bobines 26, de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15 est prédéterminée comme illustré sur la figure 3.
Dans cette position initiale donnée à titre d'exemple, une dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13 est disposée exactement en regard de la première bobine 26-1 et de la deuxième bobine 26-2, c'est-à-dire de sorte à s'étendre
exactement sur la longueur de la première bobine 26-1 et de la deuxième bobine 26-2, couvrant ainsi un secteur angulaire de 15° dans l'exemple donné ci-avant.
Par ailleurs, toujours dans cette position initiale, une portion de longueur a1 d'une première dent de référence 18-2A de la deuxième roue dentée 15 est disposée en regard de la première bobine 26-1 et donc également de la première dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13.
On note (a1 + a2) la longueur de la dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13, mesurée au niveau de sa périphérie, qui est aussi égale à une demi- période P/2 ou à une demi-longueur L/2 de l'agencement de bobines 26.
II en résulte, comme illustré à la figure 3, qu'une portion de longueur a3 de la troisième bobine 26-3 n'est en regard d'aucune dent 18-1 de la première roue dentée 13, ni de la deuxième roue dentée 15 et qu'une portion de longueur a4 d'une deuxième dent de référence 18-2B de la deuxième roue dentée 15, consécutive à la première dent de référence 18-2A de la deuxième roue dentée 15, est disposée en regard d'une portion de la troisième bobine 26-3 et de la totalité de la quatrième bobine 26-4.
En résumé, la première dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13 et la première dent de référence 18-2A de la deuxième roue dentée 15 sont en regard de la première bobine 26-1 sur une longueur a1 , la première dent de référence 18- 1A de la première roue dentée 13 est seule en regard de la première bobine 26-1 et de la deuxième bobine 26-2 sur une longueur a2, aucune dent 18-1 , 18-2 n'est en regard de la troisième bobine sur une longueur a3 et la deuxième dent de référence 18-2B de la deuxième roue dentée 15 est seule en regard de la troisième bobine 26-3 et de la quatrième bobine 26-4 sur une longueur a4.
Le décalage angulaire entre la première roue dentée 13 et la deuxième roue dentée 15 dépend du couple appliqué à l'arbre d'entraînement 10.
Ce décalage angulaire, appelé « ouverture », fait varier la quantité de champ magnétique reçue par la première bobine 26-1 , la deuxième bobine 26-2, la troisième bobine 26-3 et la quatrième bobine 26-4 réceptrices proportionnellement à la valeur de la torsion (et donc du couple appliqué) et fait varier la première tension V1 , la deuxième tension V2, la troisième tension V3 et la quatrième tension V4.
En effet, une pièce de métal baignée dans un champ magnétique va générer à sa surface des courants de Foucault qui vont avoir pour effet de créer un champ magnétique qui s'oppose au champ magnétique qui l'a créé. L'effet est que le champ magnétique vu au niveau de la première bobine 26-1 , de la deuxième bobine 26-2, de la troisième bobine 26-3 et de la quatrième bobine 26-4 réceptrices va être plus faible en présence d'une pièce de métal (dents 18-1 A, 18-2A, 18-2B) et donc que le signal mesuré sera plus faible en présence de la dent 18-1 A, 18-2A, 18-2B qu'en son absence.
Ainsi, le champ magnétique reçu par l'agencement de bobines 26 en présence des portions de la première dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13 ou de la deuxième dent de référence 18-2B qui sont chacune seule en regard de l'agencement de bobines 26 (portions de longueur a2 et a4) est inférieur, par exemple de 20 %, au champ magnétique reçu en l'absence de dent 8-1 A, 18-2A, 18-2B en regard de l'agencement 26.
De même, le champ magnétique reçu par l'agencement de bobines 26 en présence des portions de la première dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13 et de la première dent de référence 18-2B de la deuxième roue dentée 15 qui sont toutes deux en regard de l'agencement de bobines 26 (portion de longueur a1 ) est inférieur, par exemple de 40 %, au champ magnétique reçu en l'absence de dent 18- 1A, 18-2A, 18-2B en regard de l'agencement 26.
En revanche, le champ magnétique reçu par la partie de l'agencement de bobines 26 qui n'est en regard d'aucune dent 18-1 A, 18-2A, 18-2B, en l'espèce la partie de longueur a3, n'est pas affaibli du fait de l'absence de dent 18-1 A, 18-2A, 18-2B.
Il en résulte que la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension V1 et la troisième tension V3 et de la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension V2 et la quatrième tension V4 est égale à une valeur prédéterminée de référence qui correspond à une valeur nulle (0°) de torsion de l'arbre d'entraînement 10.
Lorsque l'arbre 10 subi une torsion de l'arbre au niveau de sa portion intermédiaire 16, on va tout d'abord mesurer la première tension, la deuxième tension, la troisième tension et la quatrième tension puis calculer la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension et la troisième tension et la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension et la quatrième tension.
Enfin, on compare la somme ainsi calculée avec la valeur prédéterminée correspondant à une absence de torsion de l'arbre 10 (position initiale) de manière à déterminer la valeur du couple appliqué à l'arbre 10.
La valeur de l'ouverture étant proportionnelle à la torsion appliquée à l'arbre qui est elle-même proportionnelle à la valeur du couple appliqué à l'arbre, on peut par exemple déterminer le couple en utilisant une table de corrélation entre le champ magnétique perçu par les bobines et le couple appliqué à l'arbre. Une telle table peut être établie de manière empirique. Il va de soi que l'utilisation d'une table de corrélation n'est pas limitative de la portée de la présente invention et que tout moyen adapté permettant de déterminer le couple appliqué à partir de la comparaison de tensions effectuée peut être utilisé.
Une fois déterminée, la valeur du couple peut être utilisée par un calculateur, notamment pour gérer les paramètres de fonctionnement du moteur de véhicule.
En référence à la figure 4, lorsque l'arbre d'entrainement 10 est soumis à un couple générant une torsion positive (i.e. dans le sens horaire), la torsion subie par l'arbre 10 se concentre au niveau de la portion intermédiaire de torsion 16 de sorte que la première roue dentée 13 et la deuxième roue dentée 15 se déplacent angulairement relativement l'une par rapport à l'autre et par rapport à l'agencement de bobines 26.
Ainsi, sur l'exemple donné à la figure 4, la torsion de la portion intermédiaire de l'arbre 10 a entraîné la deuxième roue dentée 15 vers la droite par rapport à la position initiale de sorte que :
• la première dent de référence 18-2A de la deuxième roue dentée 15 se trouve désormais en regard de la première bobine 26-1 sur une longueur b1 supérieure à la longueur a1 ,
• la première dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13 se trouve seule en regard de la première bobine 26-1 et de la deuxième bobine 26-2 sur une longueur b2 inférieure à la longueur a2,
• aucune dent 18-1 , 18-2 ne se trouve en regard de la troisième bobine sur une longueur b3 supérieure à la longueur a3,
• la deuxième dent de référence 18-2B de la deuxième roue dentée 15 se trouve seule en regard de la troisième bobine 26-3 et de la quatrième bobine 26-4 sur une longueur b4, inférieure à la longueur a4.
Une torsion positive de l'arbre d'entrainement 10 fait varier la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension V1 et la troisième tension V3 et de la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension V2 et la quatrième tension V4 à une valeur supérieure à la valeur prédéterminée de référence qui correspond à une valeur intermédiaire de torsion positive de l'arbre, par exemple comprise entre 0° et 4° selon la table de corrélation.
En présence d'une torsion maximale prédéterminée de l'arbre d'entrainement 10, la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension V1 et la troisième tension V3 et de la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension V2 et la quatrième tension V4 est égale à une valeur maximale, supérieure à la valeur prédéterminée de référence, qui correspond à une valeur maximale prédéterminée de torsion de l'arbre, par exemple de 4° qui correspond à une valeur prédéterminée de couple selon la table de corrélation.
En référence maintenant à la figure 5, lorsque l'arbre d'entrainement 10 est soumis à un couple générant une torsion négative (i.e. dans le sens anti-horaire), la torsion subie par l'arbre 10 se concentre au niveau de la portion intermédiaire de
torsion 16 de sorte que la première roue dentée 13 et la deuxième roue dentée 15 se déplacent angulairement relativement l'une par rapport à l'autre et par rapport à l'agencement de bobines 26, dans le sens opposé à celui généré par une torsion positive.
Ainsi, sur l'exemple donné à la figure 5, la torsion de la portion intermédiaire de l'arbre 10 a entraîné la deuxième roue dentée 15 vers la gauche par rapport à la position initiale de sorte que :
• la première dent de référence 18-2A de la deuxième roue dentée 15 se trouve désormais en regard de la première bobine 26-1 sur une longueur c1 inférieure à la longueur a1 ,
· la première dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13 se trouve seule en regard de la première bobine 26-1 et de la deuxième bobine 26-2 sur une longueur c2 supérieure à la longueur a2,
• aucune dent 18-1 , 18-2 n'est en regard de la troisième bobine sur une longueur c3 inférieure à la longueur a3,
· la deuxième dent de référence 18-2B de la deuxième roue dentée 15 est seule en regard de la troisième bobine 26-3 et de la quatrième bobine 26-4 sur une longueur c4, supérieure à la longueur a4.
Toujours en référence à la figure 5, une torsion négative de l'arbre d'entraînement 10 fait varier la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension V1 et la troisième tension V3 et de la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension V2 et la quatrième tension V4 à une valeur inférieure à la valeur prédéterminée de référence qui correspond à une valeur intermédiaire de torsion négative de l'arbre, par exemple comprise entre 0° et - 4° selon la table de corrélation.
On notera que le décalage utilisé dans la position initiale entre la première dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13 et la première dent de référence 18-2B de la deuxième roue dentée 15, défini par la longueur a1 , permet d'avoir un recouvrement entre la première dent de référence 18-1 A de la première roue dentée 13 et la première dent de référence 18-2B de la deuxième roue dentée 15 qui génère une valeur non nulle de la somme de la valeur absolue de la différence entre la première tension V1 et la troisième tension V3 et de la valeur absolue de la différence entre la deuxième tension V2 et la quatrième tension V4. Ceci est avantageux car les calculs se font en valeurs absolues et qu'ainsi la valeur mesurée du couple est indépendante de la rotation de l'arbre.
Avec l'ensemble selon l'invention, on notera également que, dans les trois cas (torsion nulle, torsion positive, torsion négative), la somme de la première tension V1 , de la deuxième tension V2, de la troisième tension V3 et de la quatrième tension V4 est constante quelle que soit la torsion appliquée à l'arbre d'entraînement 10, à distance d
constante entre le support de bobines 24 et, d'une part, la première roue dentée 13 et, d'autre part, la deuxième roue dentée 15. En effet, le signal mesuré par le capteur dépendant de la distance entre le capteur et la première roue dentée, d'une part, et de la distance entre le capteur et la deuxième roue dentée, d'autre part, toute modification de ces distances due à des jeux mécaniques pourrait fausser la mesure du capteur. Or, la somme de la première tension, de la deuxième tension, de la troisième tension et de la quatrième tension varie également selon ces distances mais reste constante lorsque ces distances ne varient pas, ce qui permet d'asservir la sensibilité du capteur de façon automatique afin qu'il ne soit plus perturbé lorsque ces distances varient.
On notera que si la distance d entre, d'une part, la première roue dentée et le support de bobines 24 et, d'autre part, entre la deuxième roue dentée et le support de bobines 24, varie alors la moyenne de la somme varie mais le couple mesuré reste le même à torsion égale.
Il est à noter enfin que la présente invention n'est pas limitée aux exemples décrits ci-dessus et est susceptible de nombreuses variantes accessibles à l'homme de l'art. Notamment, la forme et les dimensions de l'arbre d'entraînement 10, de la première roue dentée 13, de la deuxième roue dentée 15, du corps 22 de l'agencement de bobines 26 du capteur 20 ainsi que le nombre de dents de la première roue dentée 13 et de la deuxième roue dentée 15 tels que représentés sur les figures de façon à illustrer un exemple de réalisation de l'invention, ne sauraient être interprétés comme limitatifs.