« Production de formats d'anticorps et applications immunologiques de ces formats »
L'invention se rapporte à la production de formats d'anticorps et à leurs applications immunologiques, plus particulièrement en immunothérapie et en immunodiagnostic.
On rappelle que les molécules d'anticorps sont des immunoglobulines (Ig) appartenant à 5 classes : IgM, IgG, IgD, IgE et IgA. De manière générale, ces molécules comprennent une chaîne lourde (H) et une chaîne légère (L) qui est soit la chaîne kappa (K), soit la chaîne lambda (λ). Chaque classe d' immunoglobulines comporte un type propre de chaîne H : chaîne μ pour l'IgM, γ pour l'IgG, δ pour l'IgD, ε pour I3IgE et α pour I5IgA.
Chaque chaîne est formée de domaines, chacun possédant une liaison disulfure interne. Une chaîne L possède deux domaines et une chaîne H, 4 domaines. La séquence du domaine comprenant l'extrémité aminée de chaque chaîne est variable (régions VH et VL), celle des autres domaines est constante (CHl, CH2 et CH3 de la chaîne H, et CL de la chaîne L).
Les régions variables V comportent des régions de séquences hypervariables appelées CDR dont l'ensemble détermine la complémentarité.
Dans les chaînes H, les deux premiers domaines (VH-CHl) sont suivis d'une région charnière. Dans une immunoglobuline, la chaîne L est reliée à la chaîne H par une liaison disulfure pour former un hétérodimère. Cet hétérodimère est relié au même hétérodimère par plusieurs liaisons disulfures au niveau de la région charnière pour former l'immunoglobuline. Par clivage à l'aide d'une protéase au niveau de la charnière, on obtient deux fragments : le fragment Fab (domaine fixant l'antigène, composé des domaines VL- CL et VH-CHl) et le fragment Fc (domaine effecteur, composé des domaines (CH2-
CHB)2).
L'invention concerne plus spécialement des fragments d'anticorps et différents formats d'anticorps élaborés à partir de ces fragments, en particulier des formats d'anticorps chimérisés ou humanisés, multispécifiques et/ou multivalents. Les « formats d'anticorps » tels que visés par l'invention correspondent à différentes combinaisons des domaines et régions des types mentionnés ci-dessus.
Par « anticorps chimérisé », on entend un domaine VH d'origine animale fusionné aux régions constantes d'une immunoglobuline humaine.
Par « anticorps humanisé », on entend un domaine VH humain sur lequel on a greffé les régions hypervariables (CDRs) d'un VH d'origine animale, fusionné aux régions constantes d'une Ig humaine.
Ces anticorps reconnaissent les épitopes de cibles correspondant à une molécule donnée. Ces épitopes peuvent être différents, et appartenir à des cibles différentes ou à la même cible. Ainsi, « anticorps bispécifique » désigne un format possédant deux VH différents liant deux cibles différentes ; « anticorps biépitopique » correspond à un format possédant deux VH différents liant deux épitopes différents sur la même cible.
La « valence » correspond au nombre de fois où le même VH se trouve sur le fragment considéré.
La spécificité de reconnaissance des anticorps pour atteindre une cible déterminée a été exploitée pour le diagnostic et la thérapie de différentes pathologies, et tout particulièrement dans le cas de l'oncologie, où la cible peut être un antigène associé aux tumeurs, un récepteur de facteur de croissance, un produit d'oncogène ou de gène "suppresseur de tumeur" muté, voire une molécule liée à l'angiogenèse ou une molécule exprimée également sur les cellules non tumorales, mais absente des cellules progénitrices (comme dans le cas du CD20). Après plus de 20 années de travaux expérimentaux, Pimmunociblage des tumeurs par des anticorps monoclonaux connaît actuellement un développement important.
Ainsi, les résultats de différentes études cliniques ont démontré, récemment, les possibilités thérapeutiques de certains anticorps et ont conduit à leur approbation par la FDA et à l'obtention d'AMM européenne. Cette progression est due pour beaucoup à l'utilisation d'anticorps recombinants dits de «seconde génération» :
- anticorps humanisés, comme l'Herceptine, un anticorps anti-HER2/Neu utilisé en association avec la chimiothérapie dans certains carcinomes du sein,
- anticorps chimériques comme le Rituximab, un anticorps anti-CD20 utilisé dans le traitement de lymphomes B folliculaires.
Grâce à l'ingénierie génétique, il est en effet possible de «greffer» les régions variables ou hypervariables d'anticorps de souris sur des molécules d'Ig humaines.
De nouvelles techniques permettent désormais d'obtenir des anticorps entièrement humains soit par sélection de domaines variables humains exprimés sur des phages (technique dite du «Pliage display»), soit en utilisant des souris transgéniques produisant des anticorps humains. Par ailleurs, pour stimuler le système immunitaire et favoriser ainsi le contact entre la cellule cible tumorale et une cellule effectrice, on a utilisé le concept d'anticorps bispécifiques. Il s'agit donc de construire un anticorps doté d'une double spécificité : cet anticorps doit être capable de fixer une molécule produite à la surface des cellules tumorales (telles que le CEA, HER2/Neu, le GD2 ...) et une molécule exprimée à la surface de cellules effectrices de l'immunité, cellules NK, lymphocytes T tueurs ou CTL, polynucléaires neutrophiles, monocytes et macrophages (telles que les récepteurs Fc...). Une variante à cette stratégie consiste à construire un anticorps liant une molécule produite à la surface de la cellule tumorale et une molécule présentant des propriétés directes ou indirectes de cytotoxicité (radio-élément, toxine, pro-drogue). Jusqu'à présent la plupart des anticorps bispécifiques étaient développés en couplant 2 fragments d'anticorps par voie biochimique. Cette technique est cependant rarement développée à l'échelle industrielle. Quelques anticorps bispécifiques ont été développés par voie génétique, tels que les anticorps bispécifiques de type scFv (« diabodies »). Mais ils restent difficiles à produire dans E. coli sous forme soluble et ils sont de plus très peu efficaces en termes d'ADCC.
Dans le cadre de la recherche d'anticorps candidats pour générer des formats d'anticorps pour l'immunothérapie et disposer notamment d'anticorps multi-spécifiques, les inventeurs ont orienté leurs travaux vers des anticorps particuliers, dépourvus de chaîne légère, identifiés chez les camélidés (chameau, dromadaire, lama) (Hamers-Casterman et al, 1993).
Des domaines variables d'anticorps simple chaîne lourde de camélidés (VHH), reconnaissant spécifiquement un type d'antigènes, ont été sélectionnés à partir d'animaux immunisés et ont permis de concevoir divers formats d'anticorps chimérisés ou humanisés pouvant être produits à partir de constructions plasmidiques. Il s'est avéré que les différents formats étaient compatibles pour permettre la production de n'importe quel autre VHH ou VHH humanisé, ou VH humain.
L'invention a pour but de fournir des formats d'anticorps comportant une partie ou la totalité des domaines de VHH ou de VHH humanisés, ou de VH humains, ayant les propriétés de reconnaissance de cibles et d'épitopes recherchés.
Elle a également pour but de fournir un procédé de production de ces différentes constructions.
Selon encore un autre aspect, l'invention vise les applications immunothérapeutiques et immunodiagnostiques des différents formats rendus accessibles.
L'invention a ainsi pour objet les formats d'anticorps comprenant une partie ou la totalité des domaines de VHH de camélidés, notamment de lamas et/ou de VH humains, fusionnés à des régions constantes d'anticorps humains.
Selon un premier mode de réalisation de l'invention, les formats d'anticorps sont de type Fab et sont caractérisés par l'association de deux domaines VHH ou de deux domaines VH humains, identiques ou différents, ou deux domaines VH humains sur lesquels sont greffés les CDRs des VHH, l'un des domaines étant fusionné à la région constante CK OU Cλ d'une immunoglobuline humaine, l'autre à la région constante CHl d'une immunoglobuline humaine.
Selon un deuxième mode de réalisation de l'invention, les formats d'anticorps sont de type Fab' et sont caractérisés par l'association de deux domaines VHH ou de deux domaines VH humains, identiques ou différents, ou deux domaines VH humains sur lesquels sont greffés les CDRs des VHH, l'un des domaines étant fusionné à la région constante CK OU Cλ d'une immunoglobuline humaine, l'autre à la région constante CHl suivie d'une région charnière H d'une immunoglobuline humaine.
Ces formats d'anticorps chimérisés ou humanisés sont de type monospécifique/bivalent, bispécifique/monovalent et biépitopique/monovalent. Selon un troisième mode de réalisation de l'invention, les formats d'anticorps sont de type F(ab')2 et sont caractérisés par l'association de deux formats de type Fab' tels que définis ci-dessus.
Ces formats d'anticorps chimérisés ou humanisés possèdent une région charnière H, "Hinge" d'une immunoglubuline humaine et permettent les combinaisons monospécifique/tétravalent, bispécifique/bivalent et biépitopique/bivalent.
Selon un quatrième mode de réalisation de l'invention, les formats d'anticorps sont de type F(ab')2 et sont caractérisés par l'association de deux Fab' obtenus par réduction des formats de type F(ab')2 ci-dessus.
Ces formats d'anticorps chimérisés ou humanisés possèdent une région charnière H "Hinge" d'une immunoglobuline humaine et permettent les combinaisons de monospécifique/tétravalent à tétraspécifïque/monovalent ou tétraépitopique/monovalent, incluant toutes les possibilités intermédiaires.
Selon un cinquième mode de réalisation de l'invention, les formats d'anticorps sont de type (HCH2CH3)2 (H, représentant la région charnière "Hinge" d'une immunoglobuline humaine, CH2 et CH3, représentant le second et troisième domaine constant d'une chaîne lourde d'une Ig humaine, et sont caractérisés par l'association de deux VHH ou de deux VH humains, identiques ou de deux VH humains sur lesquels sont greffés les régions hypervariables des VHH, chacun étant fusionné à la région H-CH2-CH3 d'une Ig humaine. Ces formats d'anticorps chimérisés ou humanisés permettent les combinaisons monospécifique/bivalent.
Selon un sixième mode de réalisation de l'invention, les formats d'anticorps sont de type mAb* (ce type désigne les domaines variables d'origine remplacés par tout ou partie des domaines de VHH ou de VHH humanisés ou de VH humains, fusionnés à des régions constantes d'anticorps humains) et sont caractérisés par l'association de deux VHH ou de deux VH humains, identiques ou différents, ou de deux VH humains sur lesquels sont greffées les régions hypervariables des VHH, l'un étant fusionné à la région CK OU Cλ humaine, l'autre à la région CH1-H-CH2-CH3 d'une Ig humaine.
Ces formats d'anticorps chimérisés ou humanisés permettent les combinaisons de type monospécifique/tétravalent et bispécifique/bivalent et biépitopique/bivalent. Dans ces différents formats, l'immunoglobuline est une IgG, correspondant à une isoforme IgGl, IgG2, IgG3 ou IgG4 humaine, ou une IgA humaine correspondant à une isoforme IgAl, Ig A2, ou toute autre Ig humaine.
Les VHH peuvent être remplacés par des VH humains ou des VHH humanisés par greffage des CDRs des VHH sur des VH humains. Dans des exemples des modes de réalisation de l'invention ci-dessus, les VHH correspondent ou comprennent des fragments d'anticorps VHH de camélidés, notamment de lamas. Il s'agit en particulier de fragments caractérisés en ce qu'il s'agit d'une partie ou
de la totalité de fragments anti-antigène carcinoembryonnaire (anti-CEA en abrégé) ou anti-récepteur FcγRIII (anti-CD16 en abrégé).
Les fragments d'anticorps anti-CEA répondent plus particulièrement à une séquence en acides aminés choisie dans le groupe comprenant les séquences SEQ ID N° 77, SEQ ID N° 78, SEQ ID N° 79, SEQ ID N° 80 et SEQ ID N° 105.
Les fragments d'anticorps anti-CD16 répondent de manière préférée à une séquence en acides aminés choisie dans le groupe comprenant les séquences SEQ ID N0 73, SEQ ID N° 74, SEQ ID N0 75, SEQ ID N° 76, SEQ ID N° 103 et SEQ ID N° 104.
Ces fragments constituent des produits nouveaux et à ce titre entrent également dans le champ de l'invention.
L'invention vise aussi les CDRs de ces fragments VHH.
L'invention vise également un procédé de production d'anticorps chimérisés ou humanisés, multispécifiques et/ou multivalents pour l'immunothérapie ou l'immunodiagnostic, caractérisé en ce qu'il comprend l'utilisation de formats d'anticorps définis ci-dessus.
L'invention vise notamment un procédé lesdits formats comprennent des VHH de camélidés, notamment de lamas, anti-CEA et anti-CD16.
Il s'agit plus spécialement des domaines variables de VHH anti-CEA et anti-CD16 avantageusement produits selon un protocole comprenant - l'immunisation de camélidés, notamment de lamas avec, comme immunogène, un
CEA ou un CD 16,
- la purification des lymphocytes B récupérés à partir du sang,
- la construction de banque de VHH, et
- l'isolement des VHH à partir de la banque. La construction de la banque comprend
- l'extraction des ARN totaux des lymphocytes B,
- la transcription inverse des ARN pour obtenir les ADNc correspondants,
- l'amplification par PCR des gènes codant pour les régions variables des anticorps simple chaîne lourde anti-CD16 et anti-CEA, - la ligation de fragments d'ADN VHH obtenus par coupure, par des enzymes, des
ADN amplifiés avec un phagemide.
Les VHH sont isolés à partir des banques par la technique de phage display et purifiés.
Lesdits domaines variables de VHH anti-CEA et anti- CD 16 sont avantageusement produits selon un protocole comprenant - l'immunisation de camélidés, notamment de lamas avec, comme irnmunogène, un CEA ou un CD 16,
- la purification des lymphocytes B récupérés à partir du sang,
- la construction de banque de VHH, et
- l'isolement des VHH à partir de la banque. De manière avantageuse, la construction de la banque comprend
- l'extraction des ARN totaux des lymphocytes B,
- la transcription inverse des ARN pour obtenir les ADNc correspondants,
- l'amplification par PCR des gènes codant pour les régions variables des anticorps simple chaîne lourde anti-CD16 et anti-CEA, - la ligation de fragments d'ADN VHH, obtenus par coupure par des enzymes des ADN amplifiés, avec un phagemide.
Les VHH sont isolés à partir des banques par la technique de phage display et purifiés.
Les différents VHH ont été validés en termes de spécificité et d'affinité comme illustré par les exemples.
Conformément à l'invention, les gènes des VHH sélectionnés ont ensuite été introduits dans des vecteurs d'expression, notamment des plasmides, pour produire différents formats d'anticorps chiméiïsés multispécifîques et/ou multivalents (anti- CEA/anti-CD16), capables de se lier aux cellules tumorales exprimant le CEA à leur surface et de recruter les cellules effectrices du système immunitaire (monocytes, macrophages, NK, polynucléaires neutrophiles...) qui expriment le CD 16.
L'invention vise également les vecteurs d'expression des formats d'anticorps définis ci-dessus.
Elle vise plus spécialement des vecteurs d'expression, notamment des plasmides renfermant entre deux sites uniques d'enzymes de restriction les promoteurs, les séquences signal, les séquences nucléotidiques capables de coder pour les domaines VHH définis ci- dessus, les régions constantes d'une Ig humaine, ou pour des domaines VH humains, les régions CDRs d'un VHH, les régions constantes d'une Ig humaine.
Les plasmides selon l'invention sont capables d'exprimer en quantités élevées les formats d'anticorps définis ci-dessus, sous des formes solubles dans des bactéries et les régions codant pour les domaines d'anticorps peuvent être facilement transférées dans d'autres systèmes d'expression procaryotes ou encore eucaryotes.
L'invention vise ainsi les plasmides pCκCHlγl-TAG (SEQ ID N°98 et SEQ ID
N°112) et pCKCHlγl (SEQ ID N0IOO et SEQ ID N0114) permettant la production des anticorps de type Fab selon le premier mode de réalisation de formats d'anticorps défini ci- dessus. Ces plasmides sont plus spécialement caractérisés par l'insertion des séquences nucléotidiques codant pour la région légère CK, et la région constante lourde CHl d'une Ig dans le plasmide p55Flag/RBS/35cmyc6HisGS (SEQ ID N°94 et SEQ ID N0110).
L'invention vise également les plasmides pCκCHlHγl-TAG (SEQ ID N°99 et
SEQ ID N0113) et pCKCHlHγl (SEQ ID N0IOl et SEQ ID N0I l 5) permettant la production des anticorps de type Fab' et F(ab')2 selon les deuxième, troisième et quatrième mode de réalisation de formats d'anticorps définis ci-dessus.
Ces plasmides sont plus spécialement caractérisés par l'insertion des séquences nucléotidiques codant pour la chaîne lourde CHl et la région Hinge (H) d'une Ig dans p55Cι<FIag/RBS/35cmyc6HisGS (SEQ ID N°97 et SEQ ID N0Il 1). L'invention vise encore les plasmides pHCH2CH3γl-TAG (SEQ ID N°95) et pHCH2CH3γl (SEQ ID N°96) permettant la production des anticorps de type (HCH2CH3)2 selon le cinquième mode de réalisation de formats d'anticorps défini ci- dessus.
Ces plasmides sont plus spécialement caractérisés par l'insertion des séquences nucléotidiques codant pour la région Hinge (H) et les régions constantes CH2 et CH3 d'une Ig dans p55FIag/RBS/35cirayc6HisGS.
L'invention vise aussi le plasmide pMabγl* (SEQ ID N°102 et SEQ ID N°116) permettant la production des anticorps de type mAb* selon le sixième mode de réalisation de l'invention.
Ce plasmide est plus spécialement caractérisé par l'insertion des séquences nucléotidiques codant pour la région constante lourde CHl, la région Hinge et les régions constantes CH2 et CH3 d'une Ig dans pCκCHlγl-TAG.
Les schémas de ces plasmides sont illustrés sur la figure 1OB et leurs séquences nucléotidiques dans la figure 11. Les plasmides intermédiaires utilisés pour la construction des plasmides ci-dessus entrent également dans le champ de l'invention. Il s'agit plus spécialement des plasmides p55PhoA6HisGS/N- (SEQ ID N°89), p55PhoA6HisGS/NAβ-
(SEQ ID N°90), p55/MCSl (SEQ ID N°92), p55Flag/RBS/35 (SEQ ID N°93 et SEQ ID
N°109), p55FIag/RBS/35cmyc6HisGS (SEQ ID N°94 et SEQ ID N0I lO) et p55CκFIag/RBS/35cmyc6HisGS (SEQ ID N°97 et SEQ ID N0I I l) construits pour développer les plasmides définis plus haut.
Les domaines CHl, CH2, CH3, H d'une Ig dans ces plasmides appartiennent à IgGl, IgG2, IgG3 ou IgG4, ou encore à IgA, ou toute autre Ig.
Les gènes codant pour les VHH ou les VH humains sont introduits entre les sites uniques dans les différents plasmides. Ces gènes peuvent être remplacés par des gènes codant pour des VHH humanisés par greffage des CDRs des VHH sur des VH humains.
De façon plus générale, les plasmides utilisés selon l'invention peuvent être conçus pour renfermer des séquences nucléotidiques codant pour d'autres VHH que les VHH anti- CEA ou anti-CD16, ou pour d'autres VH humains, ou pour d'autres VHH humanisés, capables de se fixer à n'importe quelle molécule.
L'invention vise encore le plasmide p55/PIioA6HisGS7NAB' (SEQ ID N°91) caractérisé en ce qu'il comprend les séquences nucléotidiques pour produire des domaines VH humains fusionnés à la phosphatase alcaline selon le schéma des figures 1OA et 11.
Une méthode pour sélectionner les fragments variables humains des chaînes lourdes d'immunoglobulines (VH) et isoler les clones les mieux produits et les mieux sécrétés a été développée.
De manière avantageuse, ces VH humains servent de matrice pour y greffer les CDR des VHH précédemment sélectionnés afin d'humaniser les régions variables.
Les formats d'anticorps définis ci-dessus présentent un grand intérêt en immunothérapie et pour l'immunodiagnostic. Ils sont en effet capables de reconnaître des molécules différentes ou de lier deux épitopes différents sur une même molécule, et
permettent en outre d'avoir accès à de nouveaux épitopes non reconnus par les anticorps conventionnels. Ils peuvent être aisément humanisés, ce qui ouvre des perspectives avantageuses, pour disposer d'anticorps de faible immunogénécité après injection chez l'homme. Leur obtention sous une forme soluble constitue une caractéristique additionnelle d'intérêt pour ces anticorps. Leurs applications en immunodiagnostic et en immunothérapie font donc également partie de l'invention.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention seront donnés dans les exemples qui suivent dans lesquels il est fait référence aux figures 1 à 13, qui représentent, respectivement, - Les figures 1 et 2, les séquences en acides aminés (SEQ ID N°73 à 76, 103 et 104) et en nucléotides (SEQ ID N°81 à 84, 106 et 107) de 4 clones de VHH anti-CD16 et les séquences en acides aminés (SEQ ID N°77 à 80 et 105) et en nucléotides (SEQ ID N°85 à 88 et 108) de 4 clones anti-CEA isolés selon l'invention,
- les figures 3 et 4, les résultats par FACS montrant la spécificité de 8 VHH analysés, et des anticorps bispécifiques correspondant,
- la figure 5, les résultats par FACS montrant l'accessibilité sur cellules des anticorps bispécifiques,
- la figure 6, les résultats d'essais de compétition par ELISA entre 2 VHH anti-CD16 et des anticorps monoclonaux anti-CD16, - la figure 7, les profils de compétitions sur cellules par FACS de 2 VHH anti-CD16 et des anticorps monoclonaux anti-CD16,
- la figure 8, les résultats d'activation du CD16A par 2 VHH anti-CD16, et par l'anticorps bispécifique anti-CEA 17/anti-CD16 c21 de type F(ab')2,
- la figure 9, les résultats de lyse cellulaire par les cellules NK activées par les anticorps bi-spécifiques,
- les figures 10A et 10B, des constructions de plasmides selon l'invention, la figure 11, les séquences de plasmides de l'invention,
- les figures 12A et 12B, des formats d'anticorps de type Fab, Fab', F(ab')2, (HCH2CH3)2 et mAb*, - la figure 13, des gels d'électrophorèse de fragments d'anticorps de type Fab, Fab' et
F(ab')2 au cours des différentes étapes de leur purification. Exemple 1 :
Immunisation des lamas, titration des sérums et purification des lymphocytes B.
Un lama femelle a été immunisé avec la région extracellulaire du récepteur FcγRIIIB humain recombinant (CD 16B) (décrit dans la publication : Teillaud C et ah, 1993).REF
Un lama mâle a été immunisé avec la région extracellulaire de l'antigène carcino- embryonnaire humain recombinant (CEA) (décrit dans la publication : Terskikh et al, 1993, et dans le brevet : Terskikh A étal, 1993).REF
Les animaux ont été immunisés tous les mois avec 500 μg de chacun des immunogènes. Cent ml de sang ont été prélevés 15 jours après chaque immunisation. Pour chacun des échantillons prélevés, une titration des sérums et des anticorps purifiés (IgGl, 2 et 3) a été réalisée pour détecter la présence d'anticorps contre les différents immunogènes. Les lymphocytes B ont ensuite été purifiés sur gradient de Ficoll (histopaque-1077, Sigma- Aldrich), puis lavés 2 fois avec du PBS.
Construction des banques de VHH : purification des ARN totaux, transcription inverse, PCRl, PCR2 et clonage dans Ie phagemide pHenl.
Construction des banques de VHH :
Purification des ARN totaux : Les ARN totaux des lymphocytes B sont extraits selon la méthode utilisant
Pisothiocyanate de guanidium (Chomczynski et Sacchi, 1987) REF. Après des extractions phénol/chloroforme en milieu acide, les ARN totaux sont précipités à Péthanol. La qualité des ARN et leur quantification sont évaluées sur gel d'agarose 1%. Ils sont ensuite convertis en ADNc par transcription inverse. Transcription inverse et PCR :
Séquences SEQ ID N° 1 à 9 des oligonucléotides utilisés : 3' CH2FORTA4
SEQ ID N°l : CGCC ATC AAGGTACCAGTTGA 3'CH2-2 SEQ ID N°2 : GGTACGTGCTGTTGAACTGTTCC 3' RC-IgG2
SEQ ID N°3 : GGAGCTGGGGTCTTCGCTGTGGTGCG 3' RC-IgG3
SEQIDN°4:TGGTTGTGGTTTTGGTGTCTTGGGTT
5'VHl-Sfi
SEQIDN°5 :
CATGCCATGACTCGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGTGCAGCTGGTGCAGT CTGG
SEQ ID N°6:
CATGCCATGACTCGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGTCACCTTGAAGGAGT
CTGG 5'VH3-Sfi
SEQIDN°7 :
CATGCCATGACTCGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCGAGGTGCAGCTGGTGGAGT
CTGG
SEQIDN°8:
CATGCCATGACTCGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGTGCAGCTGCAGGAGT
CGGG
3'VHH-Not
SEQ ID N°9 : CACGATTCTGCGGCCGCTGAGGAGAC(AG)GTGACCTGGGTCC Cinq μg d'ARN total sont hybrides avec 1 pmole d'oligonucléotide 3'
CH2FORTA4 (Arbabi Ghahroudi et al, 1997)REF ou CH2-2 spécifique du domaine CH2 des IgG simple chaîne lourde de lama rétrotranscrits avec 150 U de superscript II (BRL) pendant 30 min à 5O0C. Les oligonucléotides spécifiques des régions charnières des IgG 2 et 3, 3' RC-IgG2 et 3' RC-IgG3, peuvent aussi être utilisées. Les ADNc simples brins sont purifiés sur billes (BioMagR Carboxyl Terminator, Polyscience Inc) et élues avec 17 μl de
10 mM Tris-acétate pH 7,8.
Conditions de PCRl :
Quatre μl d'ADNc sont amplifiés par PCR avec 0,5 U de Dynazyme Extend DNA polymerase (Finnzymes), 10 pmoles de la même amorce 3' CH2FORTA4 ou CH2-2 et 10 pmoles des 4 amorces 5 'VH 1-4 Sfi spécifiques du domaine VH des IgG humaines, dans un volume de 50 μl. (94°C, 3 min; 940C, 1 min; 600C, 1 min; 72°C, 1min ; 37 cycles puis
720C, 10 min).
Trois fragments d'ADN sont amplifiés : un fragment d'environ 900 pb codant pour les domaines VH-CHl -CH2 des IgGl ; et 2 fragments d'environ 600 bp codant pour les domaines VHH-CH2 des IgG2 et 3. Conditions de PCR2 : Les fragments de 600 pb sont purifiés sur gel d'agarose 1% ( kit « Qiaquick gel extraction », Qiagen) puis amplifiés par PCR avec 1 U de Deep Vent (Biolabs) et 10 pmoles des 4 amorces 5 'VHl -4 Sfî spécifiques du domaine VH des IgG humaines et 10 pmoles de l'amorce 3' VHH-Notl. (94°C, 3 min; 94°C, 45 sec; 65°C, 45 sec; 72°C, 45 sec ; 15 cycles, puis, 94°C, 45 sec; 60°C, 45 sec; 72°C, 45 sec ; 15 autres cycles, puis 72°C, 10 min).
Les fragments d'environ 400 pb codant pour les VHH sont purifiés sur gel d'agarose 1% ( kit « Qiaquick gel extraction », Qiagen) rassemblés et précipités par l'éthanol. Ils sont ensuite coupés par les enzymes de restriction Ncol et Notl, ou BgII et Notl (Biolabs) pour être clones dans le phagemide pHenl (Hoogenboom et al., 1991) REF aux sites Ncol et Notl ou SfII et Notl. Préparation du vecteur :
Vingt μg de phagemide pHenl sont digérés dans un volume de 300 μl avec 50 U de Sfil en présence de BSA, à 50°C, 16 h ; ou avec 50 U de Ncol en présence de BSA, à 37°C, 16 h. Le phagemide linéarisé est purifié sur gel d'agarose 0,7% (kit « Qiaquick gel extraction », Qiagen). L'ADN élue est ensuite coupé par 50 U de Notl à 370C dans un volume de 200 μl, 16 h . L'enzyme est détruite par la chaleur 15 min à 65°C et l'ADN est extrait au phénol/chloroforme et précipité à l'éthanol. Le pHenl coupé est contrôlé sur gel d'agarose 0,7%, quantifié et ajusté à 200 ng/μl. Préparation des fragments d'ADN VHH : Cinq μg de fragments VHH sont coupés dans un volume de 300 μl avec 50 U de
BgII et Notl en présence de BSA, à 370C, 16 h ; ou avec 50 U de Ncol et Notl en présence de BSA, à 37°C, 16 h. Les enzymes sont dénaturées à 65°C, 15 min ; puis les ADN sont extraits au phénol/chloroforme et précipités à l'éthanol en présence de 10 μg de glycogène (Roche). Les fragments VHH coupés par Ncol et Notl sont purifiés sur gel d'agarose 1% puis contrôlés sur gel d'agarose 2%, quantifiés et ajustés à 100 ng/μl.
Ligature :
Cent cinquante ng de pHenl digérés par Sfil et Notl sont ligaturés avec 60 ng de fragment VHH digéré par BgII et Notl dans un volume de 20 μl avec 2000 U de T4 DNA ligase (Biolabs) à 16°C, 17 h.
La ligase est inactivée à 65 °C, 15 min, et le produit de ligature est coupé par 20 U de Xhol (Biolabs) pour éliminer le vecteur résiduel non ligaturé, 37°C, 4 h. Six ligatures sont ainsi réalisées. Les produits de ligature sont ensuite rassemblés en 2 tubes et extraits au phénol/chloroforme, précipités en présence de 10 μg de glycogène et repris dans 2 x 18 μl H2O ultrapure. Deux μl sont utilisés par électroporation.
La banque de VHH du lama mâle (réf. : 080101) représente 5,4 106 clones et la banque de VHH du lama femelle (réf. : 010301) 106 clones.
Isolement des VHH à partir des banques par la technique de phage-display. Sélection des VHH anti-CEA et anti-CD16 :
Les différents VHH ont été isolés par la technique du phage-display. Production des banques dephages : Dix μl du stock d'une banque 080101 ou 010301 (cellules TGl transformées avec les phagemides) sont inoculés dans 50 ml de (2TY, 100 μg/ml d'ampicilline, 2% glucose) et incubés à 37°C jusqu'à une DO600 égale à 0,5. Cinq ml de la culture sont alors infectés avec 5 ml de M13KO7 à 1013pfu/ml, 30 min, 37°C, sans agitation. Après centrifugation, le culot de phages est repris dans 25 ml de (2TY, 100 μg/ml d'ampicilline, 25 μg/ml kanamycine). La culture est incubée 16 h à 30°C avec agitation. Les phages sont ensuite précipités avec 1/5 vol de 2,5 M NaCl / 20% PEG 6000 et concentrés 25 fois dans du PBS. Sélection des VHH :
Deux cents μl de billes recouvertes de streptavidine (Dynabeads M-280, Dynal) sont équilibrés avec 1 ml de lait 2%/PBS pendant 45 min à température ambiante avec agitation sur une roue. 1012 phages de la production précédemment décrite sont aussi équilibrés avec du lait 2%-PBS dans un volume final de 500 μl pendant 60 min à température ambiante avec agitation sur une roue.
Les billes sont compactées avec un aimant, re-suspendues avec 250 μl de lait 2%/PBS et incubées avec 200 μl d'antigène biotinylé pendant 30 min à température ambiante sur une roue. 150, 75 et 25 nM final d'antigène biotinylé sont utilisés au 1er, 2ème et 3ème tour, respectivement.
Aux 450 μl de billes/antigène-biotine on rajoute les 500 μl de phages pendant 3 h à température ambiante avec agitation sur une roue. Le mélange billes / antigène-biotine /
phages est lavé 5 fois avec 800 μl de lait 4%-PBS puis transféré dans un nouveau tube eppendorf. Cinq autres lavages sont réalisés avec 800 μl de PBS-Tween 0,1% puis le mélange est transféré dans un nouveau tube eppendorf. Enfin, 5 lavages sont réalisés avec 800 μl de PBS. Les phages anticorps fixés sur les billes/antigène-biotine sont re-suspendus avec
200 μl de PBS et incubés 30 min à 37°C, sans agitation, avec 1 ml de TGl rendues compétentes pour la fixation des phages au pili (cellules compétentes : à partir d'une culture de TGl en 2YT sur la nuit, on réalise une dilution au 1/100 et on inocule 50 ml de 2YT à 37°C sous agitation jusqu'à une DO600 proche de 0,5). A chaque sélection, les phages sont comptés et amplifiés pour un nouveau tour de sélection.
Comptage des sélections :
On réalise des dilutions de 1 μl de cellules TGl transfectées avec les phages (voir ci-dessus) de 10"2 à 10'5 avec du 2YT. Un, 10 et 100 μl de chaque dilution sont étalés sur boîte de Pétri (2YT / ampiciline 100 μg/ml / glucose 2%). Les boîtes sont incubées 16 h à 3O0C.
Etalement de la sélection pour l'isolement des colonies :
On centrifuge les 5 ml de TGl transfectées pendant 10 min à 3000 g pour concentrer les cellules et on reprend le culot avec 1 ml de 2YT. Deux cent cinquante μl sont étalés par boîte de Pétri (12 cm x 12 cm) (2TY / ampicilline 100 μg/ml / glucose 2% et incubées 16 h à 30°C.
Les VHH suivants ont été isolés par cette méthode : quatre VHH anti-CEA (clones : 3, 17, 25, 43) et quatre VHH anti-CD16 (clones : cl3, c21, c28, c72) ont été obtenus dont les séquences en acides aminés et en nucléotides sont indiquées dans les Figures 1 et 2.
Reclonage, production et purification des VHH et des anticorps bispécifiques.
Clonage des VHH :
Les VHH ont été clones dans le plasmide ρ55PhoA6HisGS/NAB' (construction décrite dans le paragraphe 1.3.6, voir Figure 10A et 11) entre les sites de restriction Sfil et HindIII.
Conditions de PCR :
Cinquante ng de VHH ont été amplifiés par PCR avec 1 U de Deep Vent (Biolabs), 10 pmoles des amorces 5' pJF-VH3-Sfi et 3' cmyc-6His/HindIII dans un volume final de 50 μl.
(94°C, 3min ; 940C, 45 sec; 520C, 45 sec; 720C5 45 sec ; 30 cycles puis, 72°C, 5 min). Les séquences SEQ ID N° 10 et SEQ ID N°l 1 des oligonucléotides utilisés sont les suivantes : 5' pJF-VH3-Sfi
SEQ ID N0IO: CTTTACTATTCTCACGGCCATGGCGGCCGAGGTGCAGCTGGTGG 3'cmyc-6His/HindIII SEQ ID N0I l:
CCGCGCGCGCCAAGACCCAAGCTTGGGCTA(GA)TG(GA)TG(GA)TG(GA)TG(GA) TG (GA)TGTGCGGCCCCATTCAGATC
Les produits de PCR sont purifiés sur gel d'agarose 1% ( kit « Qiaquick gel extraction », Qiagen) et coupés avec 20 U de BgII et 20 U de HindIII (Biolabs) 16 h à 37°C. Dix μg de p55PhoA/NAB' sont coupés d'abord avec 50 U de Sfil 16 h à 500C, puis avec 20 U de HindIII 12 h à 37°C. Les produits de digestion (vecteur et fragments de PCR) sont précipités à Péthanol. Les ADN sont re-suspendus dans 20 μl d'H2O et quantifiés sur un gel d'agarose 0,7%.
La ligature est effectuée avec 200 U de T4 DNA ligase (50 ng de p55PhoA/NAB" coupés par Sfil et HindIII et 10 ng de fragment PCR coupés par BgII et HindIII dans un volume de 20 μl, 16h à 16°C. Après inactivation de la T4 DNA ligase 15 min à 65°C, le vecteur non recombinant est éliminé par digestion enzymatique avec 10 U de Xhol, 2 h à
370C.
Après transformation de la ligature et analyse de quelques colonies recombinantes, les VHH d'intérêt sont produits chez E. coll.
Production des VHH :
Une colonie isolée est inoculée dans 3 ml de 2YT / ampicilline 100 μg/ml / 2% glucose et incubée à 37°C avec agitation. Cinquante ml de 2YT / ampicilline 100 μg/ml / 2% glucose sont ensuite ensemencés avec une dilution de la culture précédente et incubés 16 h à 300C avec agitation. Quatre cents ml de 2YT/ ampicilline 100 μg/ml sont inoculés avec l'équivalent de 0,1 unité DO6O0, et incubés à 300C avec agitation, jusqu'à une DO600 de 0,5 à 0,7. La culture est ensuite induite avec 400 μl d'IPTG (isopropyl-β-D- thiogalactopyranoside) 0,1 mM final et cultivée à 3O0C pendant 16 h.
Production des anticorps bispécifiques :
Une colonie isolée, issue d'une transformation des plasmides réalisée dans la souche d'E. coli DH5α, est inoculée dans 3 ml de 2YT / ampicilline 100 μg/ml / 2% glucose et incubée à 30°C avec agitation. Cinquante ml de LB / ampicilline 100 μg/ml / 2% glucose sont ensuite ensemencés avec une dilution de la culture précédente et incubés 16 h à 30°C avec agitation. Quatre cents ml de LB / ampicilline 100 μg/ml sont inoculés avec l'équivalent de 0,1 unité DO600, et incubés à 30°C avec agitation pendant 2h30, puis la culture est incubée à 20°C avec agitation, jusqu'à une DO60O de 0,5 à 0,7. La culture est ensuite induite avec 400 μl d'IPTG (isopropyl-β-D-thiogalactopyranoside) 0,1 mM final cultivée à 20°C pendant 72 h.
Extraction de la fraction soluble du périplasme :
Les cultures à partir desquelles sont produits les VHH ou les anticorps bispécifiques sont centrifugées à 4200 g, 4°C, 40 min. Le culot est repris dans 4 ml de TES glacé (0,2 M Tris-HCl pH 8,0; 0,5 mM EDTA; 0,5 M sucrose). On ajoute ensuite 160 μl de lysozyme (10 mg/ml dans du TES, fraîchement préparé) puis 24 ml de TES froid dilué au
1/2 dans H2O. Le mélange est incubé 30 min dans la glace.
1 Après centrifugation à 4200 g, 4°C, 40 min, on récupère le surnageant (correspondant à la fraction périplasmique) et on ajoute 150 μl de DNAse (10 mg/ml) et 5 mM final de MgC12, 30 min à température ambiante. La solution est dialysée 16 h contre le tampon d'équilibre (acétate de sodium 50 mM, NaCl 0, IM pH 7,0).Purification des VHH :
La colonne (BD TALON™ Métal affinity, BD Biosciences Clontech) est équilibrée avec le tampon d'équilibre (acétate de sodium 5OmM, NaCl 0,1M, pH 7,0). La fraction périplasmique est déposée sur la colonne. Après lavage de la colonne avec 5 volumes de tampon d'équilibre, le VHH est élue par gradient de pH ou d'imidazole (gradient entre le tampon d'équilibre pH 7,0 et la solution acétate de sodium 5OmM pH 5,0 ou la solution d'imidazole 200 mM). Chaque fraction est contrôlée sur un gel SDS/PAGE (acrylamide
15%) après coloration au bleu de coomassie. Les fractions d'intérêt sont rassemblées et dialysées contre du PBS. Le VHH est concentré sur membrane (Amicon Ultra
5000MWCO, Millipore) et dosé par la méthode colorimétrique de Lowry à l'aide du kit Biorad Protein Assay.
Purification des anticorps bispécifiques :
Les anticorps bispécifiques sont purifiés à partir de la fraction soluble du périplasme (Cf extraction de la fraction soluble du périplasme) en deux temps ; d'abord sur une colonne BD TALON (Cf purification des VHH) puis sur une protéine G (HiTrap protein G 5 ml, Amersham biosciences). La colonne « Hi Trap protein G » est équilibrée en PBS (NaCl 137 mM, KCl 2,67 mM, Na2HPO4 1,2 mM, KH2PO4 1,76 mM pH 7,4). Les protéines éluées sur la colonne BD TALON et dialysées en PBS sont déposées sur la protéine G. Après lavage de la colonne avec 5 volumes de PBS, l'anticorps bispécifique est élue avec de la glycine 0,1 M pH 2,7 puis tamponné avec de l'hépès 1 M pH 8. Après contrôle sur gel SDS / PAGE (acrylamide 10%), l'anticorps bispécifique est dialyse en PBS O3Ix, congelé à -800C et lyophilysé pour être concentré dix fois. Enfin le F(ab')2 est séparé du Fab' sur une colonne Tricorn Superdex 200 10/300 GL (Amersham Biosciences) équilibrée en PBS.
Caractérisatiom fonctionnelle des VHH et des anticorps bispécifiques par ELISA, Biacore, immunofluorescence (cytométrie de flux, FACS) et par tests d'activation du CD16.
Caractérisation des anticorps anti-CEA et anti-CD16 par ELISA :
ELISA des phages-VHH :
Cinq μg/ml d'antigène biotinylé (CEA ou CD 16) sont fixés sur une plaque streptavidine (BioBind Assembly Streptavidin Coated, ThermoLabsystems) préalablement saturée en lait 2%-PBS. Cinq 1010 phages-anticorps sont mis en contact avec l'antigène. La liaison antigène/anticorps est détectée grâce à un ELISA composé d'un anticorps monoclonal dirigé contre la protéine P8 du phage (HRP/anti-M13 monoclonal conjugate,
Pharmacia). L'ajout du substrat, 10 mg ABTS (2,2'-azino bis (3-ethylbenzo-thiazoline-6- sulphonic acid, diammonium sait) à 20 ml tampon de révélation ( 18 ml PBS, ImI acide citrique 1 M, 1 ml citrate de sodium 1 M, 10 ml H2O2 30%), permet de lire la réaction à
405 nm (Tecan).
ELISA des VHH:
Cinq μg/ml d'antigène biotinylé sont fixés sur une plaque streptavidine (BioBind Assembly Streptavidin Coated, ThermoLabsystems) préalablement saturée en lait 2%-PBS.
Chaque VHH (gamme de 0,001 μg/ml à 1 μg/ml) est lié à l'antigène adsorbé dans les micropuits. La liaison est révélée avec un anticorps monoclonal dirigé contre l'étiquette c- myc (Santa Cruz Biotechnology, Inc) dilué au 1/1000 et un anticorps polyclonal de chèvre
dirigé contre les IgG de souris couplé à la peroxidase dilué au 1/5000 (ref 55556, ICN) en présence d'ABTS.(232'-Azino-di-(3-ethylbenzthiazoline sulfonate)diammonium sait, Roche).
ELISA des anticorps bispécifiques : Dix μg /ml d'antigène (rhCDlό ou rhCEA) sont coatés passivement sur une plaque
MaxiSorp ( Nunc). Après saturation de la plaque en PBS / lait 4%, l'anticorps bispécifique (F(ab')2, Fab', Fab) (gamme de 800 à 0,4 nM) est lié à l'antigène adsorbé dans les micropuits. La liaison est révélée soit :
- avec un anticorps monoclonal dirigé contre l'étiquette Flag (anti-Flag M2 mAB, Sigma) dilué au 1/5000 et un anticorps polyclonal de chèvre dirigé contre les IgG de souris couplé à la phosphatase alcaline dilué au 1/5000 (ref 115-055-003, Jackson
Imrnunoresearch) en présence de DNPP (disodium 4-nitrophenyl phosphate hexahydrate). avec un anticorps monoclonal dirigé contre l'étiquette c-myc (Santa Cruz Biotechnology) dilué au 1/500 et un anticorps polyclonal de chèvre dirigé contre les
IgG de souris couplé à la phosphatase alcaline dilué au 1/5000 (ref 115-055-003, Jackson Immunoresearch) en présence de DNPP avec un anticorps polyclonal de chèvre dirigé contre la chaîne légère kappa humaine couplé à la phosphatase alcaline dilué au 1/500 (ref 2060-04, SouthernBiotech) en présence de DNPP.
Mise en évidence de l'accessibilité du VHH CEA 17 quand le VHH CD16 c21 est lié au rhCD16 adsorbé dans les micropuits avec du rhCEA biotinylé et de la streptavidine couplée à la phosphatase alcaline diluée au 1/500 (DAKO, cat DO396).
Constantes d'affinité des anticorps anti-CEA et anti-CD16 par Biacore : Le BIACORE utilise le principe de la résonance plasmonique de surface (SPR) pour suivre en temps réel les interactions entre molécules sans marquage de celles-ci. L'un des partenaires de l'interaction est immobilisé de façon covalente sur un biocapteur alors que l 'autre est injecté dans un flux continu. Le principe de détection par SPR permet de suivre les changements de masse à la surface du biocapteur dus à la formation puis à la dissociation des complexes moléculaires. La réponse, quantifiée en unité de résonance (RU) est une indication directe du taux de fixation de l'analyte par la mesure de la variation de l 'indice de réfraction. L'enregistrement du signal (un sensorgramme) est traité de façon mathématique pour obtenir les constantes de vitesse d'association, ka, de dissociation kd et
les constantes d'association KA (KA = ka/kd) et de dissociation à l'équilibre KD (KD = kd/ka).
Les interactions entre le CEA ou le CD 16 et les VHH (qui possèdent une étiquette c-myc reconnue par l'anticorps monoclonal 9ElO5 Santa Cruz Biotechnology, Inc) ont été étudiées sur un BIACORE 3000 muni d 'un biocapteur de type CM5 sur lequel l'anticorps monoclonal 9E10 a été immobilisé de façon covalente suivant la procédure standard de couplage par les aminés proposée par BIACORE (activation par NHS/EDC). Le VHH (en tampon : 10 mM HEPES; 150 mM NaCl; 3 mM EDTA; 0,005% surfactant P20) est alors injecté puis une gamme de CEA ou de CD 16 est injectée sur le VHH immobilisé sur le 9E10. En parallèle, les injections sont réalisées sur un canal contrôle qui a subi la même chimie de couplage mais sans injection de protéine. Les affinités des VHH sont indiquées dans le Tableau 1 ci-dessous. Des affinités équivalentes sont obtenues à partir des différents formats d'anticorps bispécifiques.
Tableau 1
Analyse par FACS de la spécificité des VHH anti-CEA et anti-CD16 et des anticorps bispécifiques correspondant :
Spécificité pour le CEA :
(Pour que l 'immunociblage soit efficace, il est primordial que les anticorps anti- CEA ne reconnaissent pas le NCA, molécule très homologue au CEA qui est exprimée à la surface des granulocytes.)
La mise en évidence de la liaison antigène-anticorps est effectuée sur la lignée non transfectée MC38 (lignée cellulaire d'un cancer du colon murin), les lignées transfectées avec le CEA (MC38/CEA+) ou le NCA (MC38/NCA+), la lignée tumorale humaine
2i PCT/FR2005/003151
LS174T (lignée cellulaire d'adénocarcinome colique humain exprimant le CEA à sa surface) et les granulocytes qui expriment à leur surface le NCA.
Les granulocytes sont extraits à partir de sang frais en présence d'héparine, sur gradient de ficoll à deux densités (histopaque 1119 et 1077). Les granulocytes se trouvent à l'interface des 2 histopaques.
Anticorps utilisés pour la fixation aux cellules :
- 35A7, anticorps monoclonal anti-CEA(spécifique du CEA).
- 192, anticorps monoclonal anti-CEA (qui croise avec le NCA).
- 7.5.4 et 3G8 anticorps monoclonal anti-CD16. - VHH anti-CD16 (cl3, c21, c28, c72).
- VHH anti-CEA (3, 17, 25, 43).
- Anticorps bispécifiques anti-CEA/anti-CD16 construits à partir des 8 VHH isolés. Anticorps utilisés pour la révélation :
- 9E10, anticorps monoclonal de souris anti-cmyc (200 μg/ml, utilisé au l/10eme) se fixant à l'étiquette c-myc des VHH purifiés.
- AP326F, anticorps polyclonal de mouton anti-IgG de souris couplé au FITC (Silenus, utilisé au l/100ème).
0,5 x 106 cellules sont utilisées par essai. Les VHH et anticorps monoclonaux sont dilués dans 100 μl de PBS- 1% BSA. 0,5 x 106 cellules (mesure autofluorescence des cellules)
0,5 x 106 cellules + anti IgG de souris-FITC 20 μg/ml
0,5 x 106 cellules + anti-9E10 20 μg/ml, puis anti IgG de souris-FITC 20 μg/ml
0,5 x 106 cellules + VHH anti-CEA ou anti-CD16 1 à 5 μg/ml, puis 9E10 20 μg/ml, puis anti IgG de souris-FITC 20 μg/ml 0,5 x 106 cellules + anticorps monoclonaux (35A7, 192, 7.5.4) 20 μg/ml, puis anti
IgG de souris-FITC 20 μg/ml
A chaque étape les échantillons sont incubés 45 min, 40C, dans l'obscurité.
Entre chaque réaction, on effectue un lavage avec 2 ml de PBS / 1% BSA. A la dernière étape les cellules sont reprises avec 0,5 ml de PBS. Les résultats par FACS démontrent la spécificité des 4 VHH anti-CEA analysés et des anticorps bispécifiques anti-CEA / anti-CD16 sous forme de Fab, Fab' et F(ab')2. Ils sont spécifiques du CEA et ne croisent pas avec le NCA. Un exemple est illustré dans la figure 3. Dans cet exemple, les anticorps monoclonaux de référence mAb 35A7 et 192 ne
se lient pas sur les cellules MC38 qui n'expriment pas le CEA mais sur les cellules MC38 CEA+, et LS174T CEA+ qui expriment le CEA sur leur surface. Le mAb 192 lie aussi les cellules MC38 NCA+ et granulocytes qui expriment le NCA sur leur surface. Le VHH CEA 17 ne lient que les cellules qui expriment le CEA sur leur surface. Des résultats équivalents sont obtenus avec les autres anticorps VHH anti-CEA (clones 3, 25 et 43). L'anticorps bispécifique VHH CEA 17 / VHH CD 16 c21 est spécifique des cellules tumorales à la fois sous forme de Fab' et de F(ab')2. Des résultats équivalents sont obtenus avec les autres anticorps bispécifiques anti-CEA/anti-CD16 sous forme de Fab, Fab' et F(ab')2 (dérivant des 8 VHH anti-CEA et anti-CD16). Spécificité pour le CD 16 :
Pour une reconnaissance efficace des cellules effectrices du système immunitaire, les anticorps anti-CD16 sélectionnés à partir du CD16B doivent aussi reconnaître le CDl 6A. De plus ils ne doivent pas présenter de réaction croisée avec le CD32 (RFcγlIA et RFcγlIB). Les expériences sont réalisées avec des cellules Jurkat (cellules d'une lignée de lymphome T humain; ATCC TIB- 152) transfectées ou non avec le gène qui code le CD16A (lignée stable exprimant le CDl 6 A à leur surface ; Vivier et al., 1992), des granulocytes qui expriment le CD16B, des cellules K562 qui n'expriment que le CD32A et des cellules HA 6huIIBl qui n'expriment que le CD32B. Anticorps utilisés pour la fixation aux cellules :
- 3G8, anticorps monoclonal anti-CD16 (RFcγlIIA/IÏÏB humain), anticorps anti-site reconnaissant un épitope conformationnel et bloquant la liaison des IgG aux CDl 6 A et CDl 6B.
- 7.5.4, anticorps monoclonal anti-CD16 (RFcγlIIA/IIIB humain), anticorps reconnaissant un épitope linéaire, localisé hors site de liaison des IgG du CD 16 et n'affectant que faiblement cette liaison à fortes concentrations dans des tests de compétition (Vély et al.,
1997).
-ATlO anticorps monoclonal anti-CD32 (RFcγlIA/IIB) humain.
- IV.3, anticorps monoclonal anti-CD32 (RFcγlIA) humain. - VHH anti-CD16 (cl3, c215 c28, c72).
- VHH anti-CEA (3, 17, 25, 43).
- 35A7, anticorps monoclonal anti-CEA
- 192, anticorps monoclonal anti-NCA (qui croise avec le CEA)
- Anticorps bispécifiques anti-CEA/anti-CD16 construits à partir des 8 VHH isolés. Anticorps utilisés pour la révélation :
- 9E10, anticorps monoclonal de souris anti-cmyc (200 μg/ml, utilisé au l/10ème) se fixant à l'étiquette c-myc des VHH purifiés. - Fab'2 d'un anticorps de chèvre anti-IgG de souris couplé au FITC (F(ab')2/FITC) utilisé à 20 μg/ml (Jackson Immunoresearch Lab. Inc., 115-096-003).
0,5 x 106 cellules sont utilisées par essai. Les VHH et anticorps monoclonaux sont dilués dans 100 μl de PBS- 1% BSA. 0,5 x 106 cellules (mesure autofluorescence des cellules) 0,5 x 106 cellules + (F(ab')2/FITC) 20 μg/ml
0,5 x 106 cellules + anti-9E1020 μg/ml, puis (F(ab')2/FITC) 20 μg/ml
0,5 x 106 cellules + VHH 1 à 5 μg/ml, puis 9E10 20 μg/ml, puis (F(ab')2/FITC) 20 μg/ml
0,5 x 106 cellules + anticorps monoclonaux ( 35A7, 192, 3G8,7.5.4, ATlO, IV.3) 20 μg/ml, puis (F(ab')2/FITC) 20 μg/ml. A chaque étape les échantillons sont incubés 45 min, 4°C, dans l'obscurité.
Entre chaque réaction, on fait un lavage avec 2 ml de PBS / 1% BSA. A la dernière étape les cellules sont reprises avec 0,5 ml de PBS
Les résultats par FACS démontrent la spécificité des 4 VHH anti-CD16 analysés et des anticorps bispécifiques anti-CEA / anti-CD16 sous forme de Fab, Fab' et F(ab')2. Ils sont spécifiques du CD 16 et ne croisent pas avec le CD32. Un exemple est illustré dans la figure 4. Dans cet exemple, l'anticorps monoclonal de référence mAb 3G8 se lient pas sur les cellules Jurkat, K562 CD32A+ et IIA.1.6huIIBl CD32B+ qui n'expriment pas le CD16 mais sur les cellules Jurkat CD 16A+, et les granulocytes qui expriment le CD 16 sur leur surface. Le VHH CD 16 c21 ne lient que les cellules qui expriment le CD 16 sur leur surface. Des résultats équivalents sont obtenus avec les autres anticorps VHH anti-CD16 (clones : cl3, c28 et c72). L'anticorps bispécifique VHH CEA 17 / VHH CD16 c21 est spécifique des cellules Jurkat CD 16A+ et NKL à la fois sous forme de Fab' et de F(ab')2. Des résultats équivalents sont obtenus avec les autres anticorps bispécifiques anti- CEA/anti-CD16 sous forme de Fab, Fab' et F(ab')2 (dérivant des 8 VHH anti-CEA et anti- CD16).
Analyse par FACS de l'accessibilité des anticorps bispécifiques sur cellules : L'accessibilité du domaine VHH anti-CD16 :
Cinq 105 cellules LS174T sont incubées pendant 30 min, dans du PBS-BSA 1 % dans la glace, en présence de Fab, Fab' ou F(ab')2, (gamme de 10 μg/ml à 0,1 μg/ml). Les cellules sont lavées en PBS-BSA 1 %. La fixation du rhCDlβ (lOμg/ml) sur le domaine
VHH anti-CD16 des différents fragments d'anticotps est ensuite détectée, en deux temps, en incubant l'anticorps monoclonal 7.5.4 ou 3G8 (3 μg/ml) avec les cellules pendant 30 min, dans la glace puis en incubant les cellules avec du F(ab')2 de chèvre anti-IgG de souris (H+L) marqué au FITC (Jackson Immunoresearch Laboratory, cat : 115-096-003), pendant
30 min dans la glace. Après plusieurs lavages, l'immunofmorescence est analysée par cytométrie de flux avec un FACScalibur 4C4 (Becton dickinson) en utilisant le programme
CeIl Quest Pro.
L 'accessibilité du domaine VHH anti-CEA : Cinq 105 cellules Jurkat CD16A+ sont incubées pendant 30 min, dans du PBS-BSA
1 % dans la glace, en présence de Fab, Fab' ou F(ab')2, (gamme de 10 μg/ml à 0,1 μg/ml). Les cellules sont lavées en PBS-BSA 1 %. La fixation du rhCEA( 10 μg/ml) sur le domaine VHH anti-CEA des Fab, Fab' ou F(ab')2, est ensuite détectée, en deux temps, en incubant l'anticorps monoclonal 192 (3 μg/ml) avec les cellules pendant 30 min, dans la glace puis en incubant les cellules avec du F(ab')2 de chèvre anti-IgG de souris (H+L) marqué au FITC (Jackson Immunoresearch Laboratory, cat : 115-096-003), pendant 30 min dans la glace. Après plusieurs lavages, rimmunofluorescence est analysée par cytométrie de flux avec un FACScalibur 4C4 (Becton dickinson) en utilisant le programme CeIl Quest Pro.
Un exemple est illustré dans la figure 5. L'anticorps bispécifique VHH CEA 17 / VHH CD 16 c21 se lie à la fois aux cellules LS174T et Jurkat CD 16A+. Des résultats équivalents sont obtenus avec les autres anticorps bispécifiques anti-CEA/anti-CD16 sous forme de Fab, Fab' et F(ab')2 (dérivant des 8 VHH anti-CEA et anti-CD16).
Essai de compétition entre les VHH anti-CD16 et les anticorps monoclonaux 3G8 et 7.5.4 : ELISA :
Cinq μg/ml de VHH biotinylé (c21, c28) sont fixés par puits d'une plaque adsorbée avec de la streptavidine (BioBind Assembly Streptavidin Coated, ThermoLabsystems) préalablement saturée en lait 2%-PBS. Le CD16B à une gamme de concentration de 0,07 à
20 μg/ml est ensuite ajouté. Dans un deuxième temps, l'anticorps monoclonal (3G8 ou 7.5.4) à la concentration constante de 5 μg/ml est ajouté. La liaison CDlόB-anticorps monoclonal est révélée avec un F(ab')2 de chèvre anti-IgG de souris couplé à la phosphatase alcaline (Southern Biotechnology, 1030-04) en présence de p- nitrophenylphosphatase (Sigma, N9389).
Les courbes de compétitions en ELISA sont montrées dans la Figure 6. Le VHH CD 16 c21 est déplacé par l'anticorps monoclonal 7.5.4. Le VHH CD16 c28 est déplacé par l'anticorps monoclonal 3G8.
Immunofluorescence indirecte (FACS) : Cinq 105 cellules Jurkat-CD16A sont incubées pendant 30 min, dans du PBS-BSA
5% dans la glace, en présence des VHH CD 16 c21 ou c28 (de 1 à 100 μg/ml). Les cellules sont ensuite incubées avec 0,1 μg/ml de 3G8 ou 1 μg/ml de 7.5.4 pendant 30 min dans les mêmes conditions, puis lavées en PBS-BSA 5%. La fixation de 3G8 ou 7.5.4 est alors détectée en incubant les cellules avec du F(ab')2 d'un anticorps de chèvre anti-IgG de souris (H+L) marqué au FITC (Jackson ImmunoResearch Laboratories Inc., West Grove, Pennsylvania, USA, cat n°: 115-096-003) pendant 30 min dans la glace. Après plusieurs lavages, l' immunofluorescence est analysée par cytométrie de flux avec un FACScalibur 4CA (Becton Dickinson, Mountain View, California, USA) en utilisant le programme CeIl Quest Pro. Les profils de compétitions sur cellules sont montrés dans la Figure 7. Le VHH
CD16 c21 est déplacé par l'anticorps monoclonal 7.5.4. Le VHH CD16 c28 est déplacé par l'anticorps monoclonal 3G8. A forte dose le VHH CD16 c28 est aussi déplacé par le mAb 7.5.4.
Activation par les VHH anti-CD16 et par les anticorps bispécifiques des cellules Jurkat CD16+:
Les expériences sont réalisées avec des cellules Jurkat (ATCC TIB- 152) transfectées avec le gène qui code le CD 16 A. Les cellules sont cultivées en RPMI 1640 complémenté avec 10% de FCS, 100 U/ml pénicilline, 100 μg/ml streptomycine, 2 mM L- glutamine, 0,5 mg/ml G418. Cinq x 105 cellules sont ensuite incubées 18 h dans des puits de microplaques (250 μl de RPMI contenant 10% FCS, 1% PS5 0,5 mg/ml G418).
Dix ng/ml de phorbol myristate acétate (PMA) (concentration n'induisant pas per se la production et la sécrétion d'IL2, mais nécessaire comme " second signal " à cette
production) sont ensuite ajoutés, suivis par l'addition de 0,01 à 0,1 μg/ml de VHH biotinylé et de 10 μg/ml de streptavidine (permettant le pontage des VHH) ou d'anticorps bispécifiques non biotinylés.
L'IL2 humaine produite dans les surnageants cellulaires est mesurée par ELISA en utilisant les anticorps du kit R&D (Duoset Human IL2 ; référence : DY202) et de la streptavidine couplée à la phosphatase alcaline (DAKO, DO396) en présence de p- nitrophenylphosphate (Sigma, cat 104-405).
Les résultats d'activation du CD16A (production et sécrétion d'interleukine 2) sont montrés dans la Figure 8. Les deux VHH anti-CD16 c21 et c28 activent la production d'IL2 de cellules Jurkat CD 16A+. Des quantités supérieures de c28 sont nécessaires pour obtenir une induction de la production et de la sécrétion d'IL2 comparable à celle induite par le c21. L'anticorps bispécifique anti-CEA 17 / anti-CD16 c21 sous forme de F(ab')2 active aussi la production d'IL2 si les cellules Jurkat expriment le CDl 6 A à leur surface et ceci en absence de pontage via la streptavidine. Des résultats équivalents sont obtenus à partir des autres VHH anti-CD16 et des anticorps bispécifiques anti-CEA/anti-CD16
Lyse des cellules tumorales par les cellules NKL en présence d'anticorps bispécifique :
Pour le test de cytotoxicité des cellules NK, les lignées utilisées sont des cellules NKL (Robertson et al., 1996(12)) provenant d'une leucémie à large lymphocytes granuleux, possédant des propriétés fonctionnelles semblables à celle des NK et dont l'expression du CD 16 a été vérifiée préalablement par cytométrie de flux. Les cellules cibles utilisées sont des cellules HeLa provenant d'une leucémie humaine, très sensibles aux NK, des cellules de colon murin C 15.4.3 AP (MC38), sensibles au NK et des cellules MC38 transfectées avec du CEA humain et naturellement résistantes aux NK. Les cellules cibles en culture sont remises en suspension (par réaction trypsique pour les cellules HeLa, mécaniquement pour les cellules MC38 et NKL) et comptées à l'aide de bleu de Trypan dans une cellule de Malassay. Deux mille cellules par puit sont incubées dans lOOμL avec 3.7.106 Bq de 51Cr et les différents formats de l'anticorps (à 200, 100 ou 50 μg/mL) Ih à 37°C. Les cellules sont ensuite lavées plusieurs fois pour éliminer le 51Cr restant dans le milieu ainsi que les anticorps non fixés. Les cellules NKL en suspension sont comptées et ajoutées aux cellules cibles avec des rapports effecteur/cible de 60:1 à 0,2:1. Après une incubation de 4h à 37°C, la radioactivité du Cr libéré dans le milieu est comptée à l'aide d'un compteur γ. Des exemples montrant la lyse cellulaire obtenue avec les anticorps bispécifiques
anti-CEA 17 / anti-CD16 c21 et anti-CEA 17 / anti-CD16 c28 sous forme de Fab' et F(ab')2 sont représentés en figure 9.
Construction des différents plasmides (voir Figures 1OA, 1OB, 11, 12A et 12B).
- Tous les protocoles non détaillés sont décrits dans Sambrook, Fritsch et Maniatis, Molecular cloning a laboratory manual, 2nd ed, CoId Spring Harbor Laboratory Press,
1989.
- Les digestions avec les enzymes de restriction sont réalisées selon les recommandations des fournisseurs.
- Gènes d'origine humaine insérés : Les gènes codant pour les régions CK, CHl , H, CH2 et CH3 correspondent respectivement : aux domaines de gènes codant pour la région constante d'une chaîne légère kappa d'immunoglobuline humaine, pour la première région constante, pour la région charnière, pour la deuxième région constante et pour la troisième région constante d'une chaîne lourde d'immunoglobuline IgGl humaine. Ces gènes ont été obtenus par RT-PCR à partir d'une poche du LFB (Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies). Ce matériel souscrit aux autorisations légales pour être utilisé pour les expériences décrites.
- La séquence de chaque plasmide est réalisée sur séquenceur ABI 310 en utilisant les oligonucléotides :
EcoRI-90 de séquence SEQ ID N° 12 : GCGCCGACATCATAACGGTTCTGGC HindIII+88 de séquence SEQ ID N° 13 :CGCTACTGCCGCCAGGC
- Tous les vecteurs sont conçus pour permettre l'introduction entre 2 sites uniques d'enzymes de restriction de : différents promoteurs, différentes séquences signal de type PeIB (ou autres), différentes séquences RBS, n'importe quel domaine VHH ou VHH humanisé, n'importe quel domaine Cλ ou domaines CHl, H, CH2 et CH3 de n'importe quel type d'immunoglobulines. pMCSPhoA'
(Figure 10A)
La construction de ce plasmide est décrite dans Le Calvez et al. (1995).REF
Ce plasmide code pour la forme mature de la Phosphatase Alcaline (PhoA) démarrant au sixième résidu (Proline). p35PhoA'
(Figure 10A)
La construction de ce plasmide est décrite dans Le Calvez (1996).
Un fragment de gène (formé par des oligonucléotides dégénérés sur la troisième base des codons 2 à 14 codant pour la séquence signal de PeIB) est inséré entre les sites Ndel et
EagI du plasmide pMCSPhoA'. Les clones (1 à 60) présentant la meilleure activité phosphatase alcaline ont ensuite été ensuite sélectionnés. p35PhoA'/N'
(Figures 1OA et 11)
Suppression du site Ncol dans le gène phoA.
Une PCR de chevauchement est réalisée à partir de pMCSPhoA' avec les oligonucléotides : amont-Rsrïï, Ncol-sup, Ncol-inf et aval-EcoNI. Séquences SEQ ID N° 14 à 17 des oligonucléotides utilisés : amont-RsrlI
SEQ ID N° 14 : GGCACATGTGACCTCGCGC
Ncol-sup
SEQ ID N° 15 : GCAACGTACCACGGCAATATCG Ncol-inf
SEQ ID N° 16: CGATATTGCCGTGGTACGTTGC aval-EcoNI
SEQ ID N° 17 : GCCATCTTTGGTATTTAGCGCC
Conditions des PCR 1 et PCR 2 : Un μl de plasmide (5 ng), 10 pmoles de chaque oligonucléotides (amont-Rsrïï et
Ncol-inf pour la PCR 1 et Ncol-sup et aval-EcoNI pour la PCR 2), 0,5 U Dynazyme (94°C,
3 min; 94°C, 45 s; 60°C, 45 s; 72°C, 45 s; pendant 25 cycles puis 72°C, 10 min) dans un volume final de 50 μl. Les produits de PCR sont purifiés à partir d'un gel d'agarose 2%
(gel extraction Kit Quiagen, volume final 50 μl). Conditions de la PCR 3 de chevauchement :
Un μl de chacune des PCR 1 et 2 et 0,5 U Deep Vent, dans un volume final de 50 μl. Après 5cycles (94°C, 3 min; 94°C, 1 min; 60°C, 1 min; 72°C, 1,5 min) on ajoute 10 pmoles de chaque oligonucléotides (amont-Rsrïï et aval-EcoNI) et la PCR est poursuivie pendant 35 cycles puis 72°C, 10 min. Le produit de la PCR 3 est purifié, à partir d'un gel d'agarose 2% (gel extraction Kit Quiagen, volume final 50 μl).
La séquence du fragment de PCR est réalisée sur séquenceur ABI 310 en utilisant Poligo
5' EcoRI-90.
Clonage du fragment de PCR 3 dans le plasmide p35 PhoA ':
Trente cinq μl du fragment de PCR 3 et 5 μl (2,5 μg) de p35PhoA' sont digérés par 10 U de Rsrll et EcoNI. Après 16 h d'incubation les enzymes sont détruites 10 min à 65 °C.
Chaque ADN est ensuite précipité et resuspendu avec 20 μl d'E^O.
La ligation est réalisée 16 h à 16°C avec 5 μl de fragment de PCR, 0,5 μl de vecteur et 3 U Weiss de T4 DNA ligase Biolabs dans un volume final de 10 μl. Des bactéries TGl compétentes (technique CaCl2) sont transformées avec 5 μl de ligation. p55PhoA6HisGS/N"
(Figures 10A et 11)
Insertion du motif 6Histidine-Gly-Ser. Une PCR est réalisée à partir de p35PhoA'/N" en utilisant les oligonucléotides Xhol-Sacl et
6HisGS/HindIII.
Séquences SEQ ID N° 18 et 19 des oligonucléotides utilisés :
Xhol-Sacl
SEQ ID N° 18 : CCATGGCGGCCGATCCTCGAGAG 6HisGS/HindIII
SEQ ID N0 19 :
CATGCAGTCCCAAGCTTATTAGCTCCCGTGATGGTGATGATGATGTTTCAGCCC
CAGAGCGGCTTTC
Conditions de PCR : Une PCR est réalisée avec 5 ng de vecteur p35PhoA'/N", 10 pmoles de chaque oligonucléotides et 0,5 U Dynazyme (94°C, 3 min ; 94°C, 1 min ; 70°C, 1 min ; 72°C, 1 min ; 35 cycles puis 72°C, 10 min) dans un volume final de 50 μl. Le produit de PCR est purifié à partir d'un gel d'agarose 1% (gel extraction Kit Quiagen, volume final 50 μl).
Clonage du fragment XhoI-HindIII : Vingt μl du fragment de PCR et 5 μl (2,5 μg) de vecteur p55PhoA' (Le Calvez et al. Gène
1996, 170, 51-55) sont digérés par 10 U de Xhol et HindIII en présence de BSA. Après 16 h d'incubation, les enzymes sont détruites 10 min à 65°C. Chaque ADN est ensuite précipité et resuspendu avec 20 μl d'H2O. La ligation est réalisée 16 h à 16°C avec 5 μl de fragment de PCR, 0,5 μl de vecteur et 3 U Weiss de T4 DNA ligase Biolabs dans un volume final de 10 μl. Des bactéries TGl compétentes (technique CaCl2) sont transformées avec 5 μl de ligation. p55PhoA6HisGS/NAB"
(Figures 10A et 11)
Suppression des sites Apal et BstEII de p55PhoA6HisGS/N'.
Une PCR de chevauchement est réalisée à partir de p55PhoA6HisGS/N" avec les oligonucléotides : amont-EcoRV, Apal-BstEII-sup, BstEII- Apal-inf et Aval-Mlul. Séquences SEQ ID N° 20 à 23 des oligonucléotides utilisés : amont-EcoRV
SEQ ID N° 20 : CATGAGCTGTCTTCGGTATC Apal-BstEII-sup
SEQ ID N° 21 : TAATGGTCCCGCTAACAGCGCGATTTGCTGATGACCCA BstEII-Apal-inf SEQ ID N° 22 : TGGGTC ATCAGC AAATCGCGCTGTTAGCGGGACC ATTA aval-MluI SEQ ID N° 23 : GAACGAAGCGGCGTCGAAG
Conditions des PCR 1 et PCR 2 :
Un μl (5 ng) de plasmide p55PhoA6HisGS/N', 10 pmoles de chaque oligonucléotides (amont-EcoRV et BstEII- Apal-inf pour PCR 1 et Apal-BstEII-sup et aval-
MIuI pour PCR 2), 0,5 U Dynazyme (940C, 3 min ; 94°C, 45 s ; 60°C, 45 s ; 720C, 45 s ;
25 cycles puis 720C, 10 min. Les produits de PCR sont purifiés à partir d'un gel d'agarose
2% (gel extraction Kit Quiagen, volume final 50 μl).
Conditions de la PCR 3 de chevauchement : Un μl de chacune des PCR 1 et 2 et 0,5 U Deep Vent, dans un volume final de 50 μl. Après 5cycles (94°C, 3 min; 94°C, 1 min; 600C, 1 min; 72°C, 1,5 min) on ajoute 10 pmoles de chaque oligonucléotides (amont-EcoRV et aval-MluI) et la PCR est poursuivie pendant 35 cycles puis 72°C, 10 min. Le produit de la PCR 3 est purifié à partir d'un gel d'agarose 2% (gel extraction Kit Quiagen, volume final 50 μl). La séquence du fragment de PCR est réalisée sur séquenceur ABI 310 en utilisant l'oligo 5' EcoRI-90.
Clonage du fragment de PCR 3 dans le pïasmide p55PhoA6HisGS/N':
Trente cinq μl du fragment de PCR 3 et 5 μl (2,5 μg) de p55PhoA6HisGS/N' sont digérés par 10 U de EcoRV et MIuI. Après 16 h d' incubation les enzymes sont détruites 10 min à 65°C. Chaque ADN est ensuite précipité et resuspendu avec 20 μl d'H2O.
La ligation est réalisée 16 h à 16°C avec 5 μl de fragment de PCR, 0,5 μl de vecteur et 3 U Weiss de T4 DNA ligase Biolabs dans un volume final de 10 μl. Des bactéries TGl compétentes (technique CaCl2) sont transformées avec 5 μl de ligation.
p55PhoA6HisGS7NAB"
(Figures 1OA et 11)
Déphasage du gène PhoA au niveau du site Eagl. Ce déphasage crée un site unique Fsel. Cinq μl (2,5 μg) de ρ55PhoA6HisGS/NAB" sont digérés par 10 U de Eagl. Après
16 h d'incubation l'enzyme est détruite 10 min à 65 °C. Le mélange réactionnel est ensuite précipité et resuspendu avec 20 μl d'H2O. On ajoute un mélange équimolaire de dGTP et dCTP (33 μM final) et 2,5 U de fragment Klenow exo- (Biolabs) dans un volume final de
50 μl, 15 min à 25°C. On arrête la réaction avec 2 μl d'EDTA à 500 mM, 20 min à 750C. Le mélange réactionnel est précipité à l'éthanol, repris avec 5 μl d'H2O et ligaturer avec 3
U Weiss de T4 DNA ligase Biolabs dans un volume final de 10 μl. Des bactéries TGl compétentes (technique CaCl2) sont transformées avec 5 μl de ligation.
Ce plasmide permet le clonage et la sélection des fragments d'anticorps VH humains les mieux sécrétés. p55/MCSl
(Figures 10A et 11)
Insertion du MCSl dans p55PhoA6HisGS/NAB~ entre les sites Ncol et HindIII en utilisant les oligonucléotides appariés 5' MCSl et 3' MCSl.
Séquences SEQ ID N° 24 et 25 des oligonucléotides utilisés : 5' MCSl
SEQ ID N°24 :
CATGGCCCAGGTCACCGTCTCCTCAAACCGCGGACTCGAGGCGGCCCAGCCGG
CCATGGCCGCTAGCGCGGCCGCTCTAGATTA
3'MCSl SEQIDN025:
AGCTTAATCTAGAGCGGCCGCGCTAGCGGCCATGGCCGGCTGGGCCGCCTCGA
GTCCGCGGTTTGAGGAGACGGTGACCTGGGC
Cinq μl (2,5 μg) de vecteur p55PhoA6HisGS/NAB" sont digérés 16 h par 10 U de chaque enzyme Ncol et HindIII. Dix pmoles de chacun des oligonucléotides 5' MCSI et 3' MCSI sont incubés 5 min à 80°C, puis la solution est redescendue lentement à température ambiante.
Ligaturer 5 μl de vecteur avec 1,2 μl de la cassette hybridée (5' MCSI + 3' MCSI) en présence de 3 U Weiss deT4 DNA ligase Biolabs 1 h à température ambiante. La ligase est
détruite en incubant 10 min à 65°C. On rajoute un mélange réactionnel (2 h) de 90 μl, contenant 10 U de EagI pour détruire le vecteur d'origine. Ce mélange est précipité à l'ethanol et repris avec 10 μl d'H2O. Des bactéries TGl compétentes (technique CaCl2) sont transformées avec 5 μl de mélange. p55Flag/RBS/35
(Figures 10A et 11)
Insertion du motif Flag/RBS/PelB35 dans ρ55/MCSl entre les sites Sfil et Sac2 en utilisant les oligonucléotides appariés 5' Flag/RBS/35-sup et 3' Flag/RBS/35-inf.
Séquences SEQ ID N° 26 et 27 des oligonucléotides utilisés : 5' Flag/RBS/35-sup
SEQ ID N°26 :
GGAGAGTGTGCAGGTGATTACAAAGACGATGACGATAAGTAATAAACAGGAA
ACAGAAGTCCATATGAAATACCTATTGCCTACGGCAGCCGCTGGATTGTTATTA
CTCGCGGCCCAGC SEQIDN0117:
GGAGAGTGTGCAGGTGATTACAAAGACGATGACGATAAGTAATAAACAGGAA
ACAGAAGTCCATATGAAATATCTTTTACCTACGGCAGCCGCAGGTTTGTTGTTA
CTCGCGGCCCAGC
3' Flag/RBS/35-inf SEQ ID N0 27 :
GGGCCGCGAGTAATAACAATCCAGCGGCTGCCGTAGGCAATAGGTATTTCATA
TGGACTTCTGTTTCCTGTTTATTACTTATCGTCATCGTCTTTGTAATCACCTGCA
CACTCTCCGC
SEQ ID N0 118 GGGCCGCGAGTAACAACAAACCTGCGGCTGCCGTAGGTAAAAGATATTTCATA
TGGACTTCTGTTTCCTGTTTATTACTTATCGTCATCGTCTTTGTAATCACCTGCA
CACTCTCCGC
Le clonage s'effectue exactement selon les conditions décrites précédemment pour l'insertion du MCSI. Après ligature le mélange réactionnel est digéré par 10 U d'enzyme Xhol. p55FIag/RBS/35cmyc6HisGS
(Figures 10B et 11)
Insertion du motif c-myc-6HisGS dans p55Flag/RBS/35 entre les sites Notl et
HindIII en utilisant les oligonucléotides appariés 5' c-myc-6HisGS et 3' c-myc-6HisGS.
Séquences SEQ ID N° 28 et 29 des oligonucléotides utilisés :
5' c-myc-6HisGS SEQ ID N0 28:
GGCCGCAGAACAAAAACTCATCTCAGAAGAGGATCTGAATGGGGCCGTACATC
ACCACCATCACCATGGGAGCTA
SEQ ID N° 29:
3'c-myc-6HisGS AGCTTAGCTCCCATGGTGATGGTGGTGATGTACGGCCCCATTCAGATCCTCTTC
TGAGATGAGTTTTTGTTCTGC
Le clonage s'effectue exactement selon les conditions décrites précédemment pour l'insertion du MCSI. Le mélange de ligature est digéré par 10 U d'enzyme Xbal. p55CκFlag/RBS/35cmyc6HisGS (Figures 1OB et 11)
Insertion de la région constante légère Ckappa d'une immunoglobuline dans p55Flag/RBS/35cmyc6HisGS.
Séquences SEQ ID N° 30 ET 31 des oligonucléotides utilisés :
5' CK SEQ ID N° 30 :
GGGGCCAGGGGACCCAGGTCACCGTCTCCTCAGGTACCGTGGCTGCACCATCT
GTCTTC
SEQ ID N0 119 :
GGGGCCAGGGGACCCAGGTCACCGTCTCCTCACGTACGGTGGCTGCACCATCT GTCTTC
3' CK
SEQ ID N°31 :
CGTCATCGTCTTTGTAATCACCTGCACACTCTCCGCGGTTGAAGCTCTTTGTCA
CCG Amplification du domaine CK :
Des lymphocytes B humains sont purifiés par gradient de Ficoll à partir de la poche fournie par le LFB. L1ARN total est ensuite préparé selon le protocole décrit au paragraphe
1.3.2.
Hybridation:
Un μl d'ARN total est préincubé avec 1 pmole d'oligonucléotide 3' CK pendant 10 min à 70°C dans un volume final de 8 μl. La température est diminuée lentement (45 min) jusqu'à 37°C. Transcription inverse:
Aux 8 μl, on ajoute 0,5 μl de RNAsine (20 U), 3 μl de tampon 5X (SuperScriptlI, Invitrogen), 1 μl DTT, 100 mM, 2 μl dNTP 10 mM et on incube 10 min à 50°C. On ajoute ensuite 0,75 μl de SuperScript (150 U) et l'incubation est poursuivie 30 min à 50°C et 15 min à 70°C. L1ADNc obtenu est purifié sur billes (BioMag Carboxyl Terminated, Polysciences) selon les recommandations du fournisseur. L'élution finale est réalisée avec 15 μl de Tris- acétate 10 mM pH 7,8.
Conditions de PCR 1 et 2 :
La PCRl est réalisée avec 1 μl d'ADNc, 10 pmoles de chaque oligonucléotides 5' CK et 3' CK, 0,5 U Dynazyme (94°C, 3 min ; 94°C, 1 min ; 60°C, 1 min ; 72°C, 1,5 min ; 30 cycles puis 72°C, 10 min) dans un volume final de 50 μl.
La PCR2 est faite à partir de 1 μl de PCRl en utilisant 0,5 U de Deep- Vent, (94°C, 3 min ; 940C, 45 s ; 60°C, 45 s ; 72°C, 45 s ; 25 cycles puis 72°C, 5 min) dans un volume final de 50 μl. Le produit de PCR est purifié à partir d'un gel d'agarose 2% (gel extraction Kit Quiagen, volume final 50 μl).
Le fragment de PCR est séquence avant clonage sur ABI310 avec les oligonucléotides 5' CK et 3' CK.
Le clonage du domaine CK est effectué entre les sites BstEII et SacII de p55Flag/RBS/35cmyc6HisGS : 20 μl du fragment de PCR 2 et 5 μl (2,5 μg) de p55Flag/RBS/35cmyc6HisGS sont digérés par 10 U de BstEII et SacII. Après 16 h d'incubation les enzymes sont détruites 10 min à 65°C. Chaque ADN est ensuite précipité et resuspendu avec 20 μl d'H2O.
La ligature est réalisée 16 h à 16°C avec 5 μl de fragment de PCR 2, 0,5 μl de vecteur et 3 U Weiss de T4 DNA ligase Biolabs dans un volume final de 10 μl. Des bactéries TGl compétentes (technique CaCl2) sont transformées avec 5 μl de ligation. p55CκFIag/RBS/35CHljlcmyc6HisGS (pCκCHl yl-TΛG) (Figures 10B et 11)
Insertion de la région constante lourde CHl d'une immunoglobuline de type IgGl dans p55CκFlag/RBS/35cmyc6HisGS.
Séquences SEQ ID N°32 à 35 des oligonucléotides utilisés :
5' CHlyl SEQ ID N°32:
CTCGAGGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCGCTAGCACCAAGGGCCCATCGG
3' CHl y 1
SEQ ID N°33:
AAGCTTAATCTAGAGCGGCCGCACAAGATTTGGGCTCAACTTTC BstEII-sup
SEQ ID N°34:
CCCTCAGCAGCGTAGTGACCGTGCCCTCC
BstEII-inf
SEQ ID N°35: GGAGGGCACGGTCACTACGCTGCTGAGGG
L'amplification du domaine CHl y 1 est réalisée par PCR de chevauchement pour détruire le site BstEII.
La transcription inverse est réalisée exactement comme décrite ci-dessus pour la
CK, mais en utilisant l'oligonucléotide 3' CHlyl. La PCR 1 après RT est réalisée avec 1 μl d'ADNc, 10 pmoles de chaque oligonucléotides 5' CHl γl et 3' CHl γl, 0,5 U de Dynazyme (94°C, 3 min ; 94°C, 1 min ;
600C3 1 min ; 72°C, 1,5 min ; 30 cycles puis 72°C, 10 min) dans un volume final de 50 μl. La PCR 2a est réalisée à partir de 1 μl la PCR 1, avec les oligonucléotides 5' CHl γl et BstEII-inf en utilisant 0,5 U de Dynazyme (940C, 3 min ; 94°C, 45 s ; 600C, 45 s ; 720C, 45 s ; 25 cycles puis 72°C, 5 min) dans un volume final de 50 μl.
La PCR 2b est réalisée à partir de 1 μl la PCR 1, avec les oligonucléotides BstEII- sup et 3' CHl γl en utilisant 0,5 U de Dynazyme (94°C, 3 min ; 94°C, 45 s ; 600C, 45 s ;
720C, 45 s ; 25 cycles puis 72°C, 5 min) dans un volume final de 50 μl.
La PCR 3 est réalisée à partir d'un μl de chaque PCR 2a et PCR 2b, avec les oligonucléotides 5' CHlγl et 3' CHlγl, en utilisant 0,5 U de Deep-Vent (94°C, 3 min ;
94°C, 45 s ; 600C, 45 s ; 72°C, 45 s ; 25 cycles puis 72°C, 5 min) dans un volume final de
50 μl.
Le produit de PCR 3 est purifié à partir d'un gel d'agarose 2% (gel extraction Kit Quiagen, volume final 50 μl). La séquence du fragment de PCR 3 est réalisée sur séquenceur ABI 310 en utilisant les oligonucléotides : 5' CHl γl et 3' CHlγl.
Le clonage est réalisé comme décrit pour le domaine CK mais entre les sites Sfil et NotI de p55CκFlag/RBS/35cmyc6HisGS.
Le plasmide résultant est appelé plus communément: pCκCHlyl-TAG, il permet la production de fragments d'anticorps de type Fab dont chaque chaîne possède une étiquette (Figure 12A). pSSCicFIag/RBS/SSCHlHylcmycόHisGS
(Figures 1OB et 11)
Insertion de la région constante lourde CHl et de la région Hinge (H) d'une immunoglobuline de type IgGl dans p55CκFlag/RBS/35cmyc6HisGS.
Les PCRl, 2a, 2b et 3 sont réalisées exactement comme pour l'amplification du domaine CHl décrite ci-dessus en remplaçant l'oligonucléotide 3' CyI par l'oligonucléotide 3' CHlHyI dont la séquence SEQ ID N° 36 est indiquée ci-dessous : 3' CHlHyI SEQ ID N° 36 :
AAGCTTAATCTAGAGCGGCCGCTGGGCACGGTGGGCATGTGTGAGTTTTGTCA CAAGATTTGGGCTCAACTTTC Le clonage est réalisé comme décrit pour le domaine CHlyl entre les sites Sfil et
Notl de p55CκFlag/RBS/35cmyc6HisGS.
Le plasmide résultant est appelé plus communément : pCκCHlHyl-TAG, il permet la production de fragments d'anticorps de type F(ab')2 dont chaque chaîne possède une étiquette (Figure 12A). p55Cκ/RBS/35CHlyl (pCκGHlγl) (Figures 10B et 11)
Elimination des étiquettes Flag et c-myc-6hisGS du plasmide p55CκFlag/RBS/35CHlylcmyc6HisGS par remplacement du fragment d'ADN compris entre SacII et Sfil par une nouvelle cassette en utilisant les oligonucléotides appariés 5' RBS/35-sup et 3' RBS/35-inf.
Séquences SEQ ID N°37 et 38 des oligonucléotides utilisés :
5' RBS/35-sup
SEQ ID N°37 :
GGAGAGTGTTAATAAACAGGAAACAGAAGTCCATATGAAATACCTATTGCCTA CGGCAGCCGCTGGATTGTTATTACTCGCGGCCCAGC SEQ ID N°120 :
GGAGAGTGTTAATAAACAGGAAACAGAAGTCCATATGAAATATCTTTTACCTACGGCA GCCGCAGGTTTGTTGTTACTCGCGGCCCAGC y RBS/35-inf SEQ ID N°38 :
GGGCCGCGAGTAATAACAATCCAGCGGCTGCCGTAGGCAATAGGTATTTCATA TGGACTTCTGTTTCCTGTTTATTAACACTCTCCGC SEQ ID N°121 :
GGGCCGCGAGTAACAACAAACCTGCGGCTGCCGTAGGTAAAAGATATTTCATA TGGACTTCTGTTTCCTGTTTATTAACACTCTCCGC
Le clonage s'effectue exactement selon les conditions décrites pour l'insertion du MCSI. Le plasmide résultant intermédiaire est appelé : p55Ci<yRBS/35CHlγlcmyc6HisGS. Le motif c-myc-6HisGS est enlevé en reclonant le domaine CHlyl dans p55Cκ/RBS/35CHlylcmyc6HisGS.
Une PCR est utilisée en amplifiant à partir de 5 ng de plasmide p55CicFlag/RBS/35CHlylcmyc6HisGS le domaine CHlyl avec les oligonucléotides 5' CHlyl et 3' CHlyl-STOP. Séquence SEQ ID N°39 de l'oligonucléotide utilisé :
3' CHlyl-STOP
SEQ ID N°39 :
CATGCAGTCCCAAGCTTAACAAGATTTGGGCTCAACTTTC
Le clonage du fragment de PCR est réalisé comme décrit pour le domaine CK mais entre les sites Sfil et et HindIII du plasmide pSSCic/RBS/SSCHlylcmycόHisGS.
Le plasmide résultant est appelé plus communément : pCκCHlyl, il permet la production de fragments d'anticorps de type Fab (Figure 12A). P55Cκ/RBS/35CHlHyl (pCκCHlHγl)
(Figures 1OB et 11) Elimination des étiquettes Flag et c-myc-6hisGS du plasmide p55CκFlag/RBS/35CHlHγlcmyc6HisGS par remplacement du fragment dADN compris
entre SacII et Sfil par une nouvelle cassette en utilisant les oligonucléotides appariés 5' RBS/35-sup et 3' RB S/35 -inf décrits précédemment.
Le clonage s'effectue exactement selon les conditions décrites pour l'insertion du MCSI. Le plasmide résultant intermédiaire est appelé : pSSCK/RBS/SSCHIHylcmycôHisGS.
Le motif c-myc-6HisGS est enlevé en reclonant le domaine CHlHγl dans pSSCK/RBS/SSCHIHylcmycόHisGS.
Une PCR est utilisé en amplifiant à partir à partir de 5 ng de plasmide p55CκFlag/RBS/35CHlHylcmyc6HisGS le domaine CHlHyI avec les oligonucléotides 5' CHlyl et 3' CHlHyI-STOP.
Séquence SEQ ID N°40 de l'oligonucléotide utilisé : 3' CHlHyI-STOP SEQ ID N°40 :
CATGCAGTCCCAAGCTTATGGGCACGGTGGGCATGTGTG Le clonage du fragment de PCR est réalisé entre les sites Sfil et HindlII comme décrit précédemment mais à partir du plasmide pSSCic/RBS/SSCHlHylcmycόHisGS.
Le plasmide résultant est appelé plus communément : pCκCHlHyl, il permet la production de fragments d'anticorps de type F(ab')2 (Figure 12A). p55Cκ/RBS/35CHlHCH2CH3yl (pMabγl*) (Figures 1OB et 11)
Insertion de la région constante lourde CHl, de la région Hinge (H) et des régions constantes CH2 et CH3 d'une immunoglobuline de type IgGl dans P55CκFlag/RBS/35CHlylcmyc6HisGS.
Les PCRl, 2a, 2b et 3 sont réalisées exactement comme pour l'amplification du domaine CHl décrite ci-dessus en remplaçant l'oligonucléotide 3' CHlyl par l'oligonucléotide 3' HindIII/H-CH2-CH3 dont la séquence SEQ I D N°41 est indiquée ci- dessous :
3' HindIII/H-CH2-CH3 SEQ ID N°41 : CCGCCAAAACAGCCAAGCTTATTTACCCGGAGACAGGGAG
Le clonage est réalisé comme décrit pour le domaine CHIy entre les sites Sfil et HindlII de p55CκFlag/RBS/35CHlγlcmyc6HisGS.
Le plasmide résultant est appelé plus communément : pMAbyl*, il permet la production de fragments d'anticorps de type mAb* (Figure 12B). p55HCH2CH3γlcmyc6HisGS (piyCH2Œr5γ/-2MG)
(Figures 1OB et 11) Insertion de la région Hinge (H) et des régions constantes CH2 et CH3 d'une immunoglobuline de type IgGl entre les sites BstEII et Notl de p55Flag/RBS/35cmyc6HisGS.
La transcription inverse est réalisée exactement comme décrite pour la CK, mais en utilisant l'oligonucléotide 3' NotI/H-CH2-CH3. Séquences SEQ ID N°42 et 43 des oligonucléotides utilisés : 5' BstE2/H-CH2-CH3 SEQ ID N°42 :
CCGGCCATGGCCCAGGTCACCGTCTCCTCAGACAAAACTCACACATGCCC 3' NotI/H-CH2-CH3 SEQ ID N°43:
AAGCTTAATCTAGAGCGGCCGCTTTACCCGGAGACAGGGAG La PCR après RT est réalisée avec 1 μl d'ADNc, 10 pmoles de chaque oligonucléotides 5' BstE2/H-CH2-CH3 et 3' NotI/H-CH2-CH3, 0,5 U de Dynazyme (94°C, 3 min ; 94°C, 1 min ; 60°C, 1 min ; 72°C, 1,5 min ; 30 cycles puis 72°C, 10 min) dans un volume final de 50 μl.
Le plasmide résultant est appelé plus communément : pHCH2CH3yl-TAG, il permet la production de fragments d'anticorps de type (HCH2CH3)2 avec une étiquette à l'extrémité de CH3 (Figure 12B). p55HCH2CH3yl (pHCH2CH3γl) (Figures 10B et 11)
Insertion de la région Hinge (H) et des régions constantes CH2 et CH3 d'une immunoglobuline de type IgGl entre les sites BstEII et HindIII de p55Flag/RBS/35cmyc6HisGS.
La transcription inverse est réalisée exactement comme décrite pour la CK, mais en utilisant l'oligonucléotide 3 ' HindIII/H-CH2-CH3.
Séquences SEQ ID N°44 et 45 des oligonucléotides utilisés : 5' BstE2/H-CH2-CH3 SEQ ID N°44 :
CCGGCCATGGCCCAGGTCACCGTCTCCTCAGACAAAACTCACACATGCCC
3' Hindiπ/H-CH2-CH3
SEQ ID N°45 : CCGCCAAAACAGCCAAGCTTATTTACCCGGAGACAGGGAG
La PCR après RT est réalisée avec 1 μl d'ADNc, 10 pmoles de chaque oligonucléotides 5' BstE2/H-CH2-CH3 et 3' HindIII/H-CH2-CH3, 0,5 U de Dynazyme
(94°C, 3 min ; 94°C, 1 min ; 600C, 1 min ; 72°C5 1,5 min ; 30 cycles puis 72°C, 10 min) dans un volume final de 50 μl.
Le plasmide résultant est appelé plus communément : pHCH2CH3γl, il permet la production de fragments d'anticorps de type (HCH2CH3)2 (Figure 12B). Clonage des VHH
Dans les différents formats n'importe quel VHH peut être introduit entre les sites uniques.
En amont de la Ck : entre EcoRI et BstEII (ou Kpnl)
En amont de CHl : entre Sfil et Nhel
En amont de H : EcoRI et BstEII A cet effet, on amplifie par PCR les différents VHH avec les couples d'oligonucléotides 5' et 3' décrits ci -dessous :
Séquences SEQ ID N°46 à 52 des oligonucléotides utilisés :
5' EcoRl-PelB55-PelBPHen
SEQ ID N°46: CGACACCGGAATTCCATATGAAATACCTATTACCAACAGCAGCAGCTGGGTTA
TTATTGCTCGCTGCGCAGCCGGCCATGGCCGAGGTGCAGCTG
5'VHl-Sfî
SEQ ID N°47:
CATGCCATGACTCGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGTGCAGCTGGTGCAGT CTGG
5'VH2-Sfi
SEQ ID N°48:
CATGCCATGACTCGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGTCACCTTGAAGGAGT
CTGG 5'VH3-Sfi
SEQ ID N°49: CATGCCATGACTCGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCGAGGTGCAGCTGGTGGAGT
CTGG
005/003151
41
5'VH4-Sfi SEQ ID N°50:
CATGCCATGACTCGCGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGTGCAGCTGCAGGAGT CGGG 3' BstEII/Kpnl SEQ ID N°51:
GGTGCAGCCACGGTACCTGAGGAGACGGTGACCTG 3' BstE2/NheI SEQ ID N°52: GGGCCCTTGGTGCTAGCTGAGGAGACGGTGACCTG
Production, purification et caractérisation des anticorps bio-spécifiques La production et la purification des différents fragments d'anticorps possédant l'étiquette 6HisGS sont réalisées comme décrit en précédemment. Pour la purification des fragments d'anticorps sans étiquette, l'étape de chromatographie sur talon est remplacée par une colonne échangeuse d'ions dont les caractéristiques (anions ou cations) dépendent des caractéristiques du fragment d'anticorps.
Des gels d'électrophorèse sont montrés dans la Figure 13. Les Fab' et F(ab')2 sont purifiés sur collone de cobalt puis sur protéine G. Les différents fragments d'anticorps sont ensuite séparés sur supedex 200 (ou éventuellemnt superdex 75). Méthode pour isoler les VH humains et construction des vecteurs.
Le principe de la méthode consiste à cloner des domaines VH humains (isolés par RT-PCR à partir de la poche du LFB) dans le plasmide p55PhoA6HisGS7NAB" (Figures 1OA et 11). Ce plasmide possède le gène codant pour la phosphatase alcaline dans une phase de lecture ne permettant pas son expression. Le clonage des VH restaure la phase de lecture de la phosphatase alcaline et permet la production des VH fusionnés en amont de la phosphatase alcaline (banque VH-PhoA clonée dans des bactéries TGl). Les différents clones sont ensuite produits en microplaques 96 puits et la cinétique de croissance des différents clones est mesuré toutes les 30 min (DO 620 nm) directement à partir des microplaques. On sélectionne ainsi les clones dont la croissance n'est pas altérée par la présence des VH. Les clones des microplaques sont répliqués et conservés à -8O0C. Après 2 heures d'induction à 37°C, ou 16 heures d'induction à 30°C, 240C, voire 180C5 la croissance est arrêtée et l'activité phosphatase est directement mesurée à partir des
surnageants des milieux de culture. L'activité phosphatase est ensuite directement corrélée au nombre de bactéries présentes dans chaque puits de microplaques.
La phosphatase alcaline n'est active que si elle est sécrétée dans le périplasme bactérien, sous forme de dimère avec ses ponts disulfures correctement formés. Cette approche permet donc de sélectionner les clones produisant la plus grande quantité de protéine fusion VH-PhoA sécrétée dans le milieu de culture bactérien. Il est ainsi possible de sélectionner les VH qui sont correctement repliés et dont le pont disulfure est correctement formé, donc solubles. Les VH sélectionnés serviront de matrice pour échanger les CDR des VH humains par les CDR des VHH de lamas précédemment décrits. Le choix du VH sera réalisé en choisissant le VH dont les acides aminés des jonctions des
CDR sont équivalents à ceux des VHH.
Conditions de RT-PCR et PCR :
Hybridation:
Un μl d'ARN total (purification décrite dans le paragraphe 1.3.2) est préincubé avec 1 pmole d'oligonucléotides (mélange de: 3' JHl -4-5; 3' JH2; 3' JH3 et 31 JH6) pendant 10 min à 70°C dans un volume final de 8 μl. La température est diminuée lentement (45 min) jusqu'à 37°C.
Transcription inverse :
Aux 8 μl, on ajoute 0,5 μl de RNAsine (20 U), 3 μl de tampon 5X (SuperScriptlI, Invitrogen), 1 μl DTT, 100 mM, 2 μl dNTP 10 mM et on incube 10 min à 50°C. On ajoute ensuite 0,75 μl de SuperScript (150 U) et l'incubation est poursuivie 30 min à 50°C et 15 min à 700C.
L1ADNc obtenu est purifié sur billes (BioMag Carboxyl Terminated, Polysciences) selon les recommandations du fournisseur. L'élution finale est réalisée avec 15 μl de Tris- acétate 10 mM pH 7,8.
La PCRl est réalisée avec 1 μl d'ADNc (obtenu par RT-PCR), 10 pmoles d'oligonucléotides 5' (0,625 pmole de chaque oligonucléotides 5' dont les séquences sont indiquées ci-dessous) et 3' (2,5 pmoles de chaque oligonucléotides 3' dont les séquences sont indiquées ci-dessous), 0,5 U de Dynazyme (95°C, 3 min; puis 95°C, 1 min; 58°C, 1 min; 72°C, 1 min; pendant 35 cycles puis 720C, 10 min). Les produits de PCR sont déposés sur un gel d'agarose 2% et les bandes correspondant aux VH sont purifiées (gel extraction Kit Qiagen).
La PCR2 est faite à partir de 1 μl de PCRl diluée au 1/lOOOéme, la même quantité d'oligonucléotides décrits précédemment, 0,5 U Deep- Vent pour un volume final de 50 μl.
(94°C, 3 min; puis 940C, 1 min; 70°C, 1 min; 72°C, 1,5 min; pendant 40 cycles puis 720C,
10 min). Les fragments sont purifiés à partir de gel d'agarose 2% comme précédemment décrit.
Séquences SEQ ID N°53 à SEQ ID N°72des oligonucléotides utilisés :
51 VHIa
SEQ ID N°53 :
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC CAG GTG CAG CTG GTG CAG TCT GG 51 VHIb
SEQ ID N°54 :
CGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGT(CT)CAGCT(GT)GTGCAGTCTGG
5'VHIc
SEQ ID N°55 : CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC (CG)AG GTC CAG CTG GTA CAG TCT GG
5' VHId
SEQ ID N°56 :
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC CA(GA) ATG CAG CTG GTG CAG TCT GG
5' VH2a SEQ ID N°57 :
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC CAG GTC ACC TTG AAG GAG TCT GG
5' VH2b
SEQ ID N°58 :
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC CAG ATC ACC TTG AAG GAG TCT GG 5' VH3a
SEQ ID N°59 :
CGGCCCAGCCGGCCATGGCCGAGGTGCAGCTGGTGGAGTCTGG
5'VH3b
SEQIDN°60 : CGGCCCAGCCGGCCATGGCCGAAGTGCAGCTGGTGGAGTCTGG
5'VH3c
SEQIDN°61 :
CGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGTGCAGCTGGTGGAGTCTGG
03151
44
5' VH3d
SEQIDN°62:
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC GAG GTG CAG CTG GTG GAG (AT)C(TC)
(GC)G 5' VH4a
SEQIDN°63:
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC CAG GTG CAG CTG CAG GAG TCG GG
5' VH4b
SEQ ID N°64: CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC CAG CTG CAG CTG CAG GAG TC(GC) GG
5' VH4c
SEQIDN°65:
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC CAG GTG CAG CTA CAG CAG TGG GG
5' VH5a SEQIDN°66:
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC GA(GA) GTG CAG CTG GTG CAG TCT GG
5' VH6a
SEQ ID N°67:
CG GCC CAG CCG GCC ATG GCC CAG) GTA CAG CTG CAG CAG TCA GG 5' VH7a
SEQIDN°68:
CGGCCCAGCCGGCCATGGCCCAGGTGCAGCTGGTGCAATCTGG
3'JHl-4-5
SEQIDN°69: GTC TAG ACG TCC CCC CGG GGA GGA GAC GGT GAC CAG GG
3' JH2
SEQ ID N°70:
GTCTAGACGTCCCCCCGGGGAGGAGACAGTGACCAGGG
3'JH3 SEQIDN°71:
GTC TAG ACG TCC CCC CGG GGA AGA GAC GGT GAC CAT TG
3'JH6
SEQ ID N°72:
GTCTAGACGTCCCCCCGGGGAGGAGACGGTGACCGTGG
Les différents fragments de PCR purifiés sont digérés par 10 U de Ncol et Xmal et insérés dans le vecteur de clonage p55/PhoA6HisGS7NAB" par ligature. Le mélange de ligature est digéré par Fsel avant transformation des bactéries. La transformation est réalisée par électroporation avec de bactéries TGl électrocompétentes. Les clones possédant un domaine VH inséré restaure l'activité phosphatase (colonies bleues). Production en microplaque 96 ou 384 puits :
Témoins: contrôle négatif milieu (2YT/ ampicilline 100 μg/ml), contrôle négatif du vecteur p55/PhoA6HisGS7NAB', contrôle positif du vecteur p55PhoA6HisGS/NAB". Distribution de 150 ou 40 μl de milieu de culture (2YT/ ampicilline 100 μg/ml) par puits (Nunclon Surface, Nunc). On inocule chaque puits avec une colonie isolée bleue avec un cure-dent ou un piqueur de cellule (Qpix) puis on scelle la plaque avec une feuille adhésive stérile. On fait pousser 16 h soit à 370C ou 300C dans un incubateur de plaques IEMS Thermo sous agitation à 900 rpm puis faire une réplique de la microplaque "mère" avec un réplicateur 96 ou 384 puits dans une microplaque contenant 150 ou 40 μl de 2YT/ ampicilline 100 μg/ml puis sceller avec une feuille adhésive stérile (Après la réplique, on ajoute dans la microplaque mère 37,5 ou 10 μl de glycérol 80% par puits et conserver à - 800C). Après 3 h de culture (environ DO 620nm 0,5) on induit 16 h avec 100 μM d'ITPG final. La DO à 620 nm est mesurée en fin d'induction. Dosage de l'activité phosphatase alcaline :
Prendre 10 μl de la culture totale (cellules + milieu de culture) et 10 μl de surnageant de culture (pour cela centrifuger 3 min à 910 g). A chaque échantillon on ajoute 65 μl Tris-HCl 1OmM pH 8,0 et on ajoute 25 μl de PNPP (paranitrophényl phosphate) à 1 mg/ml dans (diéthanolamine pH 9,8 (HCl); MgC12 0,5 mM ). Après 30 min de réaction sous agitation, on mesure la DO à 405nm.
L'activité phosphatase alcaline mesurée à 405 nm est ramenée au nombre de cellules (mesure DO 620 nm) contenues dans chaque puits en fin d'induction. Chaque activité phosphatase, des clones exprimant un VH fusionné à la phosphatase alcaline, est comparée à celle du contrôle positif (Phosphatase alcaline non fusionnée produite par p55PhoA6HisGS/NAB"). Seuls les clones présentant une activité égale ou supérieure au contrôle sont pris en considération et séquences avec les oligonucléotides 5' EcoRI-90 et 3' inf-PstI+71 (séquence de l'oligonucléotide 3' inf-PstI+71: GTTAAACGGCGAGCACCG).
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