Procédé de production de sous-phosphure de bore Bi 2P2 en SHS
DOMAINE DE L'INVENTION
L’invention a trait à la production de sous phosphure de bore B12P2, qui présente des propriétés mécaniques, thermiques et électroniques intéressantes.
Le sous phosphure de bore B12P2 présente notamment des valeurs de dureté élevées, des masses volumiques faibles, une grande résistance à la compression , et a en outre une température de fusion très élevée, de l’ordre de 2400 K.
ETAT DE LA TECHN IQUE
Le sous phosphure de bore B12P2 est souvent vu comme une impureté dans les procédés qui visent essentiellement à réaliser du phosphure de bore BP.
Néanmoins, divers procédés ont été proposés, dans l’art antérieur, pour la synthèse de sous phosphure de bore B12P2.
Selon un premier type de synthèse, le sous phosphure de bore est déposé sur un substrat, par exemple en silicium ou en carbure de silicium . Le document US2004005768 (Hersee, 2005) décrit une croissance par épitaxie de sous phosphure de bore sur un substrat en carbure de silicium , par dépôt chimique en phase vapeur.
Selon un deuxième type de synthèse, le sous phosphure de bore B12P2 est obtenu par décomposition thermique du phosphure de bore BP, à une température de plus de 1500 K, en atmosphère réductrice. Le document Slack et al. (Melt growth and properties of B6P crystals, Journal of the Physics and Chemistry of Solids 1983, vol.44, no. 10, pp. 1009- 13, 10. 1016/0022-3697(83)90151 -8) décrit la production de sous phosphure de bore, de composition très proche de B12P2, par chauffage de phosphure de bore BP à une température de 1 250°C pendant 1 1 heures, sous un flux d’hydrogène.
Selon un troisième type de synthèse, le sous phosphure de bore est obtenu par synthèse directe, à partir d’une poudre de bore et d’une poudre de phosphore. Le document Yang et al. (Synthesis and cell refinement for icosahedral boron phosphide B12P2,
10. 1017/s0885715600014949) décrit un procédé de ce type, le mélange des deux poudres étant chauffé par induction à 1400°C pendant une heure, sous une pression d’argon de 50 bar (750 psi).
Il a par ailleurs été proposé de produire du sous phosphure de bore B12P2 par un procédé de type SHS (Self-propagating High-temperature Synthesis), parfois dénommé synthèse par combustion ou synthèse auto- propagée.
Les procédés SHS ont été proposés pour la production de différents matériaux céramiques (borures, siliciures, oxydes, nitrures, carbures, en particulier carbure de titane) ou de matériaux intermétalliques.
Une réaction de type SHS consiste en un mélange intime de réactifs, généralement sous forme de poudres, suivi d’une compaction à haute pression , la réaction étant ensuite amorcée par un apport brutal et local d’énergie, à l’air libre. La réaction, fortement exothermique, se propage jusqu’à consommation complète des réactifs.
Les principes des procédés SHS sont présentés dans l’ouvrage de Tavadze et al. (Production of advanced materials by methods of selfpropagating high-temperature synthesis, Springer, 2013) . Des sous catégories de procédé SHS peuvent être identifiées, voir par exemple Morsi ( The diversity of combustion synthesis processing : a review, J Mater Sci 2012, 10. 1007/s 10853.01 1 -5926-5) .
Mukhanov et al. (Self-propagating high-temperature synthesis of boron subphosphide B12P2, Journal of Superhard Materials 36, 2014, 10.3103/S 1063457614010031) proposent deux synthèses de sous phosphure de bore B12P2 par un procédé SHS sous atmosphère argon à partir d’un élément compacté de réactifs.
Une première synthèse est effectuée à partir d’un mélange d’un verre B 1 2 P2O 23 et de magnésium , sous argon , selon la réaction suivante :
la température de réaction étant supérieure à 1300 K.
Une deuxième synthèse est une réduction de phosphate de bore, selon la réaction suivante :
US 201 7203965 décrit un procédé de production de phosphure de bore BP comprenant une étape de mélange de phosphate de bore BPO4 et de magnésium métallique, une étape de compaction du mélange à une pression de l’ordre de 20 000 psi ( 137 MPa), et une étape d’inflammation
en appliquant un apport d’énergie, à l’aide d’un fil fusible chauffé, la compaction permettant de réduire la formation d’impuretés telles que le sous phosphure B12P2.
Les procédés de synthèse de l’état de la technique pour la production de sous phosphure de bore B12P2 présentent de nombreux inconvénients. Les procédés de synthèse des sous phosphures de bore sont lents, chers, compliqués, dangereux (utilisation d’éléments toxiques), à faible rendement, le sous phosphure de bore B12P2 obtenu présentant une pureté faible.
L’utilisation de traitements thermiques longs et à haute température est très énergivore, polluant et dangereux, rendant de tels procédés peu compétitifs économiquement.
Les durées et difficultés de mises en oeuvre des méthodes de synthèse du sous phosphure de bore Bi 2P2 sont telles que, malgré ses propriétés mécaniques, thermiques et électroniques intéressantes, le sous phosphure de bore B12P2 est encore peu utilisé dans l’industrie.
EXPOSE DE L'INVENTION
L’invention vise à pallier les inconvénients des procédés de l’art antérieur, en proposant la synthèse de sous phosphure de bore B12P2 en grand volume, à moindre coût, avec une faible consommation énergétique.
L’invention propose une solution de production de sous phosphure de B12P2 simple, sûre et rapide avec des réactifs peu chers et disponibles facilement en grande quantité.
A ces fins, il est proposé, selon un premier aspect, un procédé de production de sous phosphure de bore B12P2 par synthèse auto-propagée, le procédé comprenant une étape de mélange de réactifs, sous forme de poudres, suivi d’une étape d’amorçage d’une réaction exothermique, la réaction exothermique étant effectuée dans une enceinte fermée. Avantageusement, le procédé de production de sous phosphure de bore B12P2 par synthèse auto-propagée à haute température, avantageusement supérieure à 1 800K, comprend : une étape de mélange homogène de réactifs, sous forme de poudres, comprenant au moins un métal alcalino-terreux tel que du magnésium ou du calcium , et
un composé comprenant du bore B et du phosphore P, tel que du phosphate de bore BPO4 ou B12 2O23 une étape de remplissage d’un réacteur par le mélange homogène de réactifs, le réacteur comprenant au moins un élément chauffant et une couche d’isolant thermique sur une paroi intérieure du fond du réacteur et une couche d’isolant thermique sur une ou des parois intérieures latérales, l’isolant thermique étant inerte chimiquement et étant destiné à entourer le mélange homogène de réactifs lors de la réaction , et à le séparer des parois du réacteur, une étape de recouvrement de la partie supérieure du mélange homogène de réactifs par une couche d’isolant thermique chimiquement inerte, une étape de fermeture hermétique du réacteur, une étape d’amorçage d’une réaction exothermique dans le mélange homogène de réactifs, par le déclenchement de l’élément chauffant, une étape de réaction exothermique à haute température qui s’auto-propage dans l’ensemble du mélange de réactifs du réacteur pour obtenir le sous phosphure de bore B12 2.
La fermeture hermétique du réacteur empêche le magnésium gazeux de s’échapper hors du réacteur au moment de la réaction , et permet le confinement thermique en évitant le contact avec l’air, pour permettre d’obtenir une grande pureté du B12P2 au moins supérieure à 80%, voire avantageusement supérieure à 90%.
Lors de la réaction exothermique, des températures de l’ordre de 2000K peuvent être atteintes localement. L’enceinte dans laquelle est effectuée la réaction exothermique forme un réacteur fermé, évitant les réactions d’oxydation .
Dans certaines mises en oeuvre, les réactifs comprennent de l’acide phosphorique, de l’acide borique et du magnésium , la réaction exothermique étant selon l’équation de réaction (2)
Dans d’autres mises en oeuvre, les réactifs comprennent du phosphate de bore, du magnésium et du diborure de magnésium, la réaction exothermique étant selon l’équation de réaction (1 )
2 BPO4 + 3 Mg + 5 MgB2 — * B12P2 + 8 MgO U )-
L’enceinte dans laquelle est effectuée la réaction exothermique forme un réacteur fermé, évitant la fuite de vapeurs, en particulier de vapeurs de magnésium dans l’air, hors de l’enceinte. La température d’ébullition du magnésium , de l’ordre de 1363 K est bien inférieure aux températures de la réaction exothermique, de l’ordre de 2000 K.
Avantageusement, le magnésium est en excès dans le mélange des réactifs, par rapport à la stœchiométrie de l’équation (1 ) ou de l’équation (2). Dans certaines mises en oeuvre, le magnésium est en excès de 22% dans le mélange des réactifs, par rapport à la stœchiométrie de l’équation (1 )-
Avantageusement, le diborure de magnésium est en excès dans le mélange des réactifs, par rapport à la stœchiométrie de l’équation ( 1 ) . L’excès de magnésium dans le mélange des réactifs permet d’assurer une réduction complète des réactifs, et permet également de contrôler la température finale de la réaction , par l’introduction d’une capacité thermique additionnelle et de fortes chaleurs latentes de fusion et surtout d’ébullition du magnésium .
Avantageusement, l’étape de mélange homogène des réactifs est effectuée au moyen d’un mélangeur bidimensionnel de poudres ou un mélangeur dynamique tridimensionnel de poudres, tel qu’un mélangeur apte à assurer des mouvements de rotation , des mouvements de translation et des mouvements d’inversion à un récipient de mélange, par exemple pendant une durée supérieure à 1 heure, avantageusement supérieure à 10 heures. Un tel mélangeur est par exemple du type commercialisé sous la marque Turbula®.
Dans certaines mises en œuvre, l’étape d’amorçage comprend la chauffe d’un élément résistif . L’élément résistif est par exemple un filament de tungstène. Dans des mises en œuvre particulières, le filament de tungstène présente un diamètre d’une centaine de microns et une longueur de quelques centimètres.
Avantageusement, le procédé comprend une étape de m ise en place d’un matériau isolant thermiquement entre le mélange de réactifs en poudre et la paroi de l’enceinte fermée. Le matériau isolant thermique est avantageusement inerte chimiquement, par exemple une poudre de chlorure de sodium, ou un autre sel tel que KCI ou MgO, ou sable minéral. Avantageusement, le matériau isolant est sous forme de poudre.
Avantageusement, le procédé comprend une étape de refroidissement de l’enceinte formant le réacteur, l’enceinte étant maintenue fermée jusqu’à la fin du refroidissement. Le refroidissement est par exemple assuré par une circulation de fluide caloporteur.
Le procédé comprend une étape d’extraction du produit de la réaction exothermique, le produit extrait du réacteur étant soumis à un broyage et un lavage, le lavage comprenant avantageusement une lixiviation.
Dans certaines mises en oeuvre, la poudre issue du broyage du produit de la réaction exothermique est placée dans un bain d’acide chlorhydrique, la solution obtenue étant ensuite soumise à une filtration sous vide, par exemple avec des filtres nanométriques, choisis notamment pour leur résistance aux acides, tels que des filtres en polyéthersulfone Millipore-M F.
Dans des mises en oeuvre particulières, le lavage comprend une lixiviation à l’eau régale.
Avantageusement, le mélange des réactifs en poudre n’est pas compacté avant l’étape d’amorçage. En d’autres termes, le remplissage du mélange des réactifs en poudre dans le réacteur est avantageusement réalisé sans compactage.
L’absence de compactage permet de limiter les manipulations de poudre, d’économiser un temps considérable, et d’éviter l’achat d’équipements coûteux.
Avantageusement, le taux de remplissage dans le réacteur, correspondant au rapport entre le volume de l’échantillon et le volume du réacteur, est supérieur à 25%.
Dans certaines mises en oeuvre, le procédé est tel que : le taux de remplissage est supérieur à 25%, et l’excès de magnésium est entre 1 0% et 50%, avantageusement entre 20% et 25%, avantageusement avec un excès de diborure de magnésium jusqu’à 20%, permettant d’obtenir des températures supérieures à 1 500°C dans tout le mélange de réactifs lors de l’étape de réaction exothermique auto- propagée, afin d’avoir une pureté du mélange supérieure à 80% de B12P2, avantageusement supérieure à 95% de B12P2.
Avantageusement, la réaction exothermique est effectuée sans solvant. Avantageusement, le réacteur présente un volume permettant de réaliser des masses de sous phosphure de bore supérieures à 50g ,
avantageusement supérieures à 100g, et encore plus avantageusement supérieures à 500g .
Avantageusement, l’étape de remplissage comporte l’insertion d’une paroi intercalaire maintenue dans l’espace interne du réacteur, le temps du remplissage par l’isolant de l’espace situé entre les parois intérieurs latérales du réacteur et la paroi intercalaire, puis le temps du remplissage par le mélange de réactif du volume central du réacteur défini par l’espace intérieur du réacteur entouré par la paroi intercalaire jusqu’à une hauteur donnée dans le réacteur.
L’invention se rapporte, selon un deuxième aspect, à un sous phosphure de bore B12P2 obtenu selon le procédé présenté ci-dessus, le sous phosphure de bore B12P2 obtenu comportant : des particules de B12P2 ont des tailles qui varient de 50 à 500 nm avec des formes icosaédriques arrondies, des particules de B12P2 de tailles microniques avec une morphologie de type « bâtonnets facettés » , par exemple d’une longueur comprise entre 1 et 1 0 microns.
Avantageusement, il est proposé un mélange comprenant uniquement : du sous phosphure de bore B12P2 tel que présenté ci-dessous, et du phosphure de bore BP, avec une pureté du mélange en sous phosphure de bore B12P2 supérieure à 90%, avantageusement supérieure à 95%, avantageusement supérieure à 98%.
Il est proposé, selon un troisième aspect, l’utilisation du sous phosphure de bore obtenu par un procédé tel que présenté ci-dessus, comme matériau dur dans les outils d’usinage ou de coupe, les filières de tréfilage, les revêtements de protection contre l’usure, les outils de gros oeuvre du bâtiment, des mines ou des carrières, les outils de forage, les munitions perce-blindage, les gilets pare-balles.
Il est proposé, selon un quatrième aspect, l’utilisation du sous phosphure de bore obtenu par un procédé tel que présenté ci-dessus, comme matériau conducteur de chaleur ou matériau thermoélectrique.
Il est proposé, selon un cinquième aspect, l’utilisation du sous phosphure de bore obtenu par un procédé tel que présenté ci-dessus, comme charge dans une résine thermodurcissable.
Il est proposé, selon un autre aspect, l’utilisation du sous phosphure de bore obtenu par un procédé tel que présenté ci-dessus, comme matériau absorbant de neutrons.
Il est proposé, selon un autre aspect, l’utilisation du sous phosphure de bore obtenu par un procédé tel que présenté ci-dessus, comme matériau en poudre pour la fabrication par frittage d’une céramique pour le blindage.
DESCRI PTION DES FIGURES
D’autres objets et avantages de l’invention apparaîtront à la lumière de la description de modes de réalisation, faite ci-après en référence aux dessins annexés dans lesquels : la figure 1 est une vue externe de trois réacteurs fermés ayant des capacités respectives de 50g , 100g et 500g, pour la synthèse de sous phosphure de bore B12P2; la figure 2 est un diffractogramme d’une poudre de sous phosphure de bore B12P2 obtenue dans un réacteur fermé d’une capacité de 100g tel que représenté en figure 1 ; la figure 3 sont deux images de microscopie électronique à balayage d’une poudre de sous phosphure de bore B12P2 obtenue dans un réacteur fermé d’une capacité de 1 00g tel que représenté en figure 1 ; les figures 4 à 1 2 sont des vues des étapes de remplissage d’un réacteur, selon une mise en oeuvre.
DESCRI PTION DETAI LLEE DE L'INVENTION
Le procédé utilise avantageusement un réacteur fermé, des réactifs non- compactés et une lixiviation , pour produire à grande échelle et à bas coût du sous phosphure de bore B12P2.
Les procédés de lixiviation ont bien été optimisés, pour éliminer les réactifs non convertis en B12P2.
En figure 1 sont représentés trois réacteurs fermés, permettant de contenir des quantités de réactifs suffisantes pour synthétiser 50g, 100g et 500g de poudres, respectivement.
Le procédé de synthèse de sous phosphore de bore B12P2 repose sur des réactions fortement exothermiques entre réactifs solides ou gazeux, en l’absence de solvant, ces réactions d’oxydo-réduction étant les suivantes
2 BPO4 + 3 Mg + 5 Mg Bs — * B12P2 + 8 MgO ou
1 2 H3BO3 + 2 H3PO4 — * B12P2O23 + 21 H2O puis B12P2O23 + 23 Mg — > B12P2 + 23 MgO
Dans d’autres mises en oeuvre, du calcium est utilisé en lieu et place du magnésium .
Pour des raisons de simplicité, nous ne présentons ici que les résultats concernant le sous phosphure de bore B12P2 synthétisé en utilisant la réaction
2 BPO4 + 3 Mg + 5 Mg B2 — * B12P2 + 8 MgO.
Le mélange réactif utilise le phosphate de bore BPO4 et le diborure de magnésium MgB2 comme sources de bore et de phosphore, et le magnésium Mg comme réducteur principal.
Il est à noter que le diborure de magnésium Mg B2 contribue également à ce rôle.
La réaction est extrêmement exothermique, avec une température finale qui peut dépasser les 2000 K, ce qui est bien au-delà de la température d’ébullition du magnésium .
Afin d’assurer une réduction complète des réactifs, le magnésium est avantageusement en excès dans le mélange.
Cet excès de magnésium permet également de contrôler la température finale de la réaction , par l’introduction d’une capacité thermique additionnelle et de fortes chaleurs latentes de fusion et surtout d’ébullition du magnésium .
Par ailleurs, le diborure de magnésium Mg B2 est avantageusement en excès dans le mélange, de manière à pouvoir limiter la quantité de phosphure de bore BP présent en tant que sous-produ it, dans les poudres finales de sous phosphure de bore B12P2.
Ces conditions expérimentales ont permis d’éliminer entièrement le phosphate de bore BPO4, et le rendement final de la réaction est de 80%.
Ce rendement correspond à la masse de sous phosphore de bore B12P2 obtenue, par rapport à celle que l’on aurait pu espérer en fonction de la stœchiométrie de la réaction.
Avantageusement, un calcul de la température adiabatique est effectué, en utilisant les bases de données du N IST (National Institute of Standards and Technology) des différents produits des réactions.
La figure 2 présente les diffractogrammes RX de la poudre de sous phosphure de bore B12P2 obtenue pour des lots de 50g et 100g dans le réacteur intermédiaire d’une capacité de 1 00g représenté en figure 1 . Un affinement de Rietveld des diffractogrammes a été réalisé, en utilisant le logiciel MAU D (Material Analysis Using Diffraction) sur ces deux lots de poudres.
L’affinement de Rietveld est présenté par exemple par Stephens ( Uniting electron crystallography and powder diffraction, 2012, 10. 1007/978-94- 007-5580-2 2). L’affinement de Rietveld est une méthode de simulation globale des diagrammes de diffraction des rayons X sur des échantillons polycristallins, cette méthode étant implantée dans différents logiciels tels que FullProf, Jana2006 et MAU D. Le logiciel MAU D a été développé par Luca Lutterotti (L. Lutterotti et al. MAUD: a friendly Java program for material analysis using diffraction. lUCr: Newsletter of the CPD, 21: 14- 15, 1999) .
Les poudres sont constituées de sous phosphure de bore B12P2 à 97,441 % et de phosphure de bore BP comme impureté à 2,559%.
La structure rhomboédrique est observée pour les différents diffractogrammes, avec un groupe d’espace R-3m. Les paramètres de mailles du sous phosphure de bore B12P2 sont a = 6,01 025 Â et c = 1 1 , 90010 Â dans la maille hexagonale.
La figure 3 présente l’analyse morphologique des poudres obtenues, par microscopie électronique à balayage.
On observe deux populations de particules distinctes.
Un très faible nombre de particules possède des tailles microniques, avec une morphologie de type bâtonnets facettés.
Pour le reste, la grande majorité des particules de sous phosphure de bore B12P2 ont des tailles qui varient de 50 à 500 nm, avec des formes icosaédriques légèrement arrondies.
Les étapes d’un procédé vont maintenant être décrites plus en détail.
Les poudres sont tout d’abord pesées, puis sont homogénéisées dans un mélangeur pendant 24 heures.
Le mélangeur peut être à cuve tournante (en cube, à tambour tournant, à double cône) , ou encore un mélangeur convectif comprenant une cuve fixe et un mobile tournant à l’intérieur de la cuve, un mélangeur à lit fluidisé ou un mélangeur statique.
Avantageusement, le mélangeur est de type à mouvement complexe, assurant un mouvement de rotation, de translation et d’inversion à un récipient de mélange, les mouvements étant pulsatoires.
Le mélangeur est par exemple du type commercialisé sous la marque Turbula® par la société Willy Bachofen AG. Une présentation des mélangeurs Turbula est proposée par Mayer-Laigle (Etude dynamique et effet du changement d’échelle pour plusieurs systèmes particulaires en mélangeur Turbula®, thèse 2012).
Ce mélangeur permet l’obtention d’un mélange final de très grande qualité.
Les poudres sont ensuite placées dans le réacteur, entourées dans toutes les directions par des parois isolantes, assurant l’isolation thermique et chimique avec les parois extérieures du réacteur.
La paroi isolante est par exemple formée par un matériau en poudre, tel que chlorure de sodium ou un sable minéral.
L’épaisseur de cette paroi isolante thermique doit être choisie pour limiter la vitesse de refroidissement de l’échantillon, ce qui avantageusement augmente la pureté du produit en diminuant la quantité de BP, et pour permettre une évacuation plus progressive de la chaleur et ainsi éviter un échauffement excessif des parois du réacteur qui pourrait nuire à leur intégrité.
Elle est par exemple comprise entre 2 et 3 cm, pour une longueur transversale caractéristique du mélange homogène des réactifs comprise entre 4 et 6 cm et une hauteur caractéristique comprise entre 1 0 et 16 cm.
Ce refroidissement doit être optimisé, de manière à être suffisamment lent, afin d’optimiser le temps que l’échantillon passe à haute température, permettant de maximiser la quantité de B12P2, au détriment de BP, sans nuire à la productivité. Ce temps est par exemple d’une à quelques heures.
Ce refroidissement est lié à l’ensemble des caractéristiques de l’isolant thermique. Par exemple, pour un isolant thermique pulvérulent, permettant une conduction thermique plus basse, les caractéristiques de l’isolant comprennent la taille des particules, l’épaisseur de l’isolant, la nature de l’isolant.
Le magnésium a été évaporé au cours de la réaction, et se trouve mélangé aux sels isolants, et donc l’ouverture rapide provoquerait une oxydation des produits et du magnésium, qui ne permettrait pas d’atteindre les hauts rendements de réaction obtenus par la mise en oeuvre de l’invention .
Les figures 4 à 12 illustrent une mise en oeuvre du remplissage d’un réacteur.
Dans une première étape, représentée en figure 4, un élément chauffant 10 tel qu’un filament résistif est placé en partie inférieure du réacteur. Le filament résistif 1 0 est par exemple un filament de tungstène. A titre indicatif, le filament de tungstène présente un diamètre d’une centaine de microns et une longueur de quelques centimètres. Les deux extrémités du filament sont connectées chacune à un plot 1 1 monté sur la base 1 2 du réacteur, avec une paroi intérieure 12a en contact avec l’isolant thermique.
Dans une deuxième étape, représentée en figure 5, la paroi intérieure 13 du réacteur est mise en place sur la base 1 2. Dans la réalisation représentée, la paroi intérieure 13 est un cylindre de révolution, dont l’axe d’élancement est perpendiculaire à la base 12 du réacteur. Dans d’autres mises en oeuvre, la paroi interne se présente sous la forme d’une pièce profilée de section transversale carrée ou polygonale. Afin de faciliter la compréhension, la paroi 13 est représentée en coupe partielle, dans les figures 5 à 1 1 . La paroi intérieure 13 est par exemple emboitée ou emmanchée sur la base 1 2 du réacteur. Lorsque la paroi intérieure 13 est en place, un volume interne au réacteur est défini latéralement par cette paroi interne 13 et par la base 1 2 du réacteur. Ce volume est ouvert en partie supérieure, permettant le remplissage du réacteur. Le filament résistif est placé dans ce volume interne.
Dans une troisième étape, représentée en figure 6, une paroi isolante ou base 14a est placée dans le fond du volume interne du réacteur.
Avantageusement, cette paroi isolante 14a ou base est formée d’une poudre d’un matériau isolant thermiquement et chimiquement inerte, par
exemple une poudre de sel tel que du chlorure de sodium ou un autre sel, du KCI ou du MgO, permettant de confiner la thermique lors de la réaction et d’éviter lors de la réaction fortement exothermique, la migration d’éléments chimiques des parois du réacteur vers le mélange homogène de réactifs, permettant d’obtenir une grande pureté du produit obtenu B12P2 . La paroi isolante 14a est ainsi facilement placée dans l’espace interne du réacteur, en dessous du filament résistif 1 0.
Dans une quatrième étape, représentée en figure 7, une paroi intercalaire ou moule de remplissage 15 est insérée et maintenue dans l’espace interne du réacteur, cette paroi interne séparant un volume annulaire périphérique 16 d’un volume central 17. Dans la mise en oeuvre représentée, la paroi intercalaire se présente sous la forme d’une pièce de révolution cylindrique, par exemple un cylindre en acier, tel qu’un feuillard. Elle ne doit pas abimer l’élément chauffant 10 lors de son insertion et doit présenter des ouvertures ou autres pour laisser passer le filament, ou être située en appui sur le filament situé à l’extrémité de la hauteur de la base 14a.
Dans une cinquième étape, représentée en figure 8, une paroi isolante ou couche latérale 14b est formée dans l’espace annulaire périphérique 16, avantageusement par remplissage de cet espace annulaire d’une poudre de matériau isolant et chimiquement inerte. Cette poudre est avantageusement la même que celle ayant formé la paroi isolante 14a en partie basse du réacteur R.
Dans une sixième étape, représentée en figure 9, le mélange de poudre réactive est placé dans le volume central 17 du réacteur. Ce mélange de poudre réactive est en contact avec le filament résistif 1 0.
Dans une septième étape, représentée en figure 10, la paroi intercalaire ou moule de remplissage 1 5 est retirée.
Dans une huitième étape, représentée en figure 1 1 , une paroi ou couche isolante supérieure est formée en partie haute du réacteur. Avantageusement, cette paroi ou couche isolante supérieure 14c est formée par une poudre isolante et chimiquement inerte, en particulier celle ayant servi à former la paroi isolante 14a en partie basse du réacteur (figure 6) , ou celle ayant servi à former la paroi isolante ou couche latérale 14b du réacteur (figure 8), par exemple une poudre de
sel, ou de sable. La poudre isolante est placée dans le réacteur jusqu’à remplissage complet du réacteur.
Dans une neuvième étape, représentée en figure 12, le réacteur est hermétiquement fermé, permettant un confinement du mélange homogène de réactifs, isolé thermiquement et de l’atmosphère ambiante au réacteur. Avantageusement, le réacteur comprend un flasque inférieur formant la base 1 2 du réacteur et un flasque supérieur formant le couvercle 1 8 du réacteur, des tiges 1 9 de renfort reliant les deux flasques.
La réaction est amorcée, une fois le réacteur hermétiquement fermé, avantageusement par un élément chauffant, tel qu’un filament fusible chauffant, par exemple un filament de tungstène positionné au sein du mélange réactif. Le filament de tungstène présente par exemple un diamètre d’une centaine de microns, et une longueur de quelques centimètres, et est chauffé par effet Joule.
Une fois amorcée, la réaction est complète au bout de quelques secondes.
Le réacteur est alors maintenu fermé jusqu’à la fin du refroidissement de l’échantillon , puis celui-ci est extrait, broyé et lixivié pour dissoudre le chlorure de sodium NaCI et l’oxyde de magnésium MgO.
Dans une mise en oeuvre avantageuse, les poudres obtenues sont placées dans un bain d’acide chlorhydrique 2M, à 1 1 0°C, sous agitation magnétique pendant 1 h, afin de dissoudre l’oxyde de magnésium MgO et le chlorure de sodium NaCI.
La solution est ensuite filtrée sous vide, par exemple en utilisant des filtres en polyéthersulfone Millipore-M F® de 220 nm choisis notamment pour leur résistance aux acides.
Cette opération est avantageusement répétée deux fois successivement.
Avantageusement, on effectue une dernière lixiviation à l’aide d’eau régale, avec un rapport HNO3/HCI de 1 /3 pour éliminer les dernières impuretés.
Le produit final est ensuite lavé plusieurs fois avec de l’eau distillée, afin d’éliminer les résidus présents à la surface des poudres.
Enfin , les poudres sont séchées dans une étuve.
Plusieurs paramètres influent sur le rendement de la réaction, et une étude paramétrique a été réalisée, avec pour objectifs d’obtenir la
réaction la plus complète possible, en réduisant au maximum la phase d’oxyde (BPO4) et en favorisant la formation de sous phosphure de bore B12P2 par rapport à celle du phosphure de bore BP.
L’excès de magnésium Mg , permet avantageusement une meilleure réduction de la phase d’oxydes.
L’excès de diborure de magnésium Mg B2 permet avantageusement de réduire la quantité de phosphure de bore BP produite, tout en apportant une légère amélioration au pouvoir réducteur du mélange réactionnel.
Le volume global du réacteur et le rapport entre le volume de l’échantillon et la masse du mélange réactionnel déterminent le rapport entre le volume de l’échantillon et le volume du réacteur, c’est-à-dire le taux de remplissage du réacteur en mélange réactionnel.
Avantageusement : le taux de remplissage supérieur à 25%, et l’excès de magnésium est entre 1 0% et 50%, avantageusement entre 20% et 25%, permettant une réduction complète de l’oxyde BPO4. En plus de cet excès de magnésium , avantageusement il peut y voir un excès de diborure de magnésium jusqu’à 20%, permettant d’ajuster au plus près le rapport stoechiométrique B:P de 6: 1 .
Il a été constaté qu’un excès de 22% de magnésium Mg, sans excès de diborure de magnésium Mg B2, a permis d’atteindre un rendement approchant les 80%.
La place qu’occupe l’échantillon dans le réacteur a un impact non négligeable sur la pureté finale du produit.
La pureté du sous phosphure de bore BI 2 P2 dans un réacteur de capacité 50g est ainsi de 86%, et cette pureté passe à 98% dans le réacteur intermédiaire d’une capacité de 1 00g. Dans les deux cas, l’impureté principale et unique dans le sous phosphure de bore B I 2P2 est le phosphure de bore BP.
Avantageusement, le réacteur présente un diamètre intérieur de 10 cm et une hauteur de 20 cm , le volume interne total du réacteur étant de 1 570 cm3.
Avantageusement, la poudre occupe dans le réacteur un volume compris entre 1 80 cm3 et 350 cm3. Ces volumes correspondent à des cylindres d’un diamètre de 5 cm ayant une hauteur comprise entre 9 et 1 8 cm .
Avantageusement, la poudre de réactifs n’est pas compressée pour faciliter l’amorçage de la réaction.
Avantageusement, la poudre de réactifs présente une faible possibilité d’expansion , afin que les différents précurseurs restent en contact lors de la propagation de la réaction, ce qui permet une synthèse plus complète.
Avantageusement, l’ensemble du réacteur est rempli, la partie non occupée par le mélange réactionnel contenant un matériau isolant, par exemple du chlorure de sodium ou du sable.
De cette manière, la chaleur résiduelle est conservée plus longtemps, ce qui favorise les phénomènes d’auto-purification et favorise grandement la synthèse de sous phosphure de bore B12P2 par rapport à celle de phosphure de bore BP.
Le BP, à haute température, se décompose en B12P2, le BP n’étant stable dans l’air que jusqu’à 1400 K (Mukhanov et al. Dalton trans., 2016, 45, 10122, DOI : 10. 1039/c6dt00435k) .
Le procédé selon l’invention présente de nombreux avantages.
Le procédé est sûr, pratique, rapide et peu coûteux, avec une mise en oeuvre simple et une facilité de mise à l’échelle, pour la production de sous phosphure de bore B12P2.
Le procédé permet la synthèse d’un matériau à forte valeur ajoutée, en utilisant des réactifs peu coûteux et un dispositif facile à mettre en oeuvre.
Le procédé ne nécessite par ailleurs que peu de main d’œuvre, permettant d’en réduire le coût.
Le procédé permet, par l’utilisation de réaction SHS en espace confiné (réacteurs fermés), de réaliser des synthèses de quantités de poudres B12P2 pouvant atteindre 1 00g , à partir de réactifs non compactés.
Le rendement est remarquablement très élevé, de l’ordre de 80%.
La pureté est également extrêmement élevée, de l’ordre de 97%.
Le procédé est rapide et présente une très faible consommation énergétique. L’invention permet ainsi la synthèse de sous phosphure de bore B12P2, en grand volume, à moindre coût, avec une faible consommation énergétique.
L’utilisation de ce matériau aux propriétés mécaniques exceptionnelles était jusqu’à présent peu développée, précisément du fait de l’absence de possibilité de synthèse à grande échelle avec un bon potentiel économique.
Le procédé permet une production de ce sous phosphure de bore B12P2 en grand volume, le sous phosphure présentant une très grande dureté, une remarquable stabilité chimique et thermique, le sous phosphure étant réfractaire, semi-conducteur à large gap, et présentant un pouvoir thermoélectrique à haut facteur de mérite à haute température.
Le sous phosphure de bore obtenu par le procédé selon l’invention est avantageusement utilisé comme matériau dur, en alternative au carbure de tungstène.
La synthèse du carbure de tungstène CW est très coûteuse, et se produit à partir des éléments à des températures très élevées, entre 1700 K et 2300 K.
De plus, le frittage du carbure de tungstène CW se fait par l'adjonction d'un liant, le cobalt. L’exposition chronique aux poussières de cobalt associées au carbure de tungstène entraîne des maladies professionnelles, cutanées, respiratoires et tumorales (voir par exemple Robert (Analyse temporelle des expositions et des pathologies professionnelles françaises liées au cobalt et aux poussières de métaux durs, de la fin des années 1990 à 2020, thèse de pharmacie, 2021).
Le sous phosphure de bore B12P2 a des propriétés bien supérieures au carbure de tungstène (plus dur, plus résistant aux agressions chimiques ou thermiques) et le procédé selon l’invention est bien moins coûteux que celui permettant la synthèse du carbure de tungstène CW.
De plus, le frittage sans liant des sous phosphures de bore est possible, suggérant des possibilités de frittage sans liant à faible pression par des méthodes conventionnelles.
Le sous phosphure de bore B12P2 obtenu (dureté ~35 GPa, comparable au c-BN commercial) trouve avantageusement de nombreux usages, aujourd'hui réservés au carbure de tungstène (ou au c-BN), tels que les outils d’usinage et de coupe (scies, forets, alésoirs, canons de guidage, fraises, outils de tour, poinçons) , les filières de tréfilage ou de compactage, des revêtements de protection d'usure (pour les aubes des turbines des moteurs d'avion , des centrales à gaz, des fours métallurgiques), des outils de gros oeuvre (travaux publics, aplanissement de terrain , têtes d'outils de forage, exploitation des mines et des carrières, tunneliers), mais aussi des billes de stylos, des munitions perce-blindages, des gilets pare-balles.
Le sous phosphure de bore obtenu par le procédé selon l’invention est avantageusement utilisé comme matériau conducteur de chaleur, par exemple dans les circuits intégrés.
En effet, avec l’accroissement constant de la densité de puissance des composants microélectroniques, la sollicitation thermique de ces composants augmente de manière exponentielle.
Avec des densités de chaleur importantes, la dissipation thermique exige des matériaux possédant des caractéristiques thermophysiques remarquables, de type des matériaux durs comme le sous phosphure de bore B12P2.
Le sous phosphure de bore obtenu par le procédé selon l’invention est avantageusement utilisé comme matériau thermoélectrique à haute température.
Dans le domaine de la microélectronique, il est possible de doper le sous phosphure de bore B12P2 de type p ou n , et donc de réaliser des diodes fonctionnant en environnements agressifs (chimique, thermique ou mécanique) ou encore pour l’électronique de puissance.
Aussi, le sous phosphure de bore B12P2 peut avoir des applications importantes comme matériau thermoélectrique à haute température.
Le sous phosphure de bore obtenu par le procédé selon l’invention est avantageusement utilisé comme charge dans une résine thermodurcissable.
L’ajout d'un matériau dur, léger, conducteur thermique dans des résines thermodurcissables permet d’en renforcer les résistances thermomécaniques et chimiques.
Ces matériaux thermodurcissables revêtent un intérêt croissant pour leurs propriétés remarquables : très bonne tenue mécanique, ainsi qu'une bonne résistance aux produits chimiques (matériaux non réactifs) et à la chaleur.
Le sous phosphure de bore obtenu par le procédé selon l’invention est avantageusement utilisé dans le domaine nucléaire, en raison de sa section efficace d'absorption neutronique élevée, en alternative au bore ou au carbure de bore.
Le bore pur est difficile à produire dans des formes spécifiques (par exemple pour les barres de contrôle dans les centrales nucléaires) , c'est pourquoi on lui substitue généralement dans ces applications le carbure
de bore, offrant une forte concentration d'atomes de bore dans une forme solide, réfractaire et résistant aux agressions chimiques.
Néanmoins, la production de carbure de bore B4C se fait à très haute température et est relativement complexe.
Aussi la simplicité de synthèse à bas coût du sous phosphure de bore B12P2 pourrait permettre de promouvoir ce matériau dans des applications nucléaires, et de remplacer ainsi le carbure de bore B4C dans certains cas particuliers.