PROCÉDÉ DE FABRICATION D'UN ASSEMBLAGE D'UNE CELLULE PHOTO VOLTAÏQUE ET D'UN ÉLÉMENT D'INTERCONNEXION
DESCRIPTION
DOMAINE TECHNIQUE
La présente invention se rapporte au domaine des modules photovoltaïques, qui comportent un ensemble de cellules photovoltaïques reliées entre elles électriquement, et préférentiellement des cellules photovoltaïques dites « cristallines », c'est-à-dire qui sont à base de silicium monocristallin ou multicristallin. Plus précisément, l'invention concerne les éléments d'interconnexion des cellules photovoltaïques, et ainsi l'interconnexion des cellules photovoltaïques.
L'invention peut être mise en œuvre pour de nombreuses applications, notamment civiles et/ou militaires, par exemple des applications autonomes et/ou embarquées. Elle peut ainsi notamment être appliquée pour des bâtiments tels que des habitats ou locaux industriels (tertiaires, commerciaux, ...), par exemple pour la réalisation de leurs toitures, pour la conception de mobilier urbain, par exemple pour de l'éclairage public, la signalisation routière ou encore la recharge de voitures électriques, voire également être utilisée pour des applications nomades (mobilité solaire), en particulier pour une intégration sur des véhicules, tels que voitures, bus ou bateaux, des drones, des ballons dirigeables, entre autres.
L'invention propose ainsi un procédé de fabrication d'un assemblage comprenant une cellule photovoltaïque et au moins un élément d'interconnexion, ainsi que l'utilisation d'une pluralité de tels assemblages obtenus par un tel procédé afin de former au moins une chaîne de cellules photovoltaïques pour l'obtention d'un module photovoltaïque.
ÉTAT DE LA TECHNIQUE ANTÉRIEURE
Un module photovoltaïque est un assemblage de cellules photovoltaïques disposées côte à côte entre une première couche transparente formant une face avant du
module photovoltaïque et une seconde couche formant une face arrière du module photovoltaïque.
Usuellement, un module photovoltaïque est constitué de chaînes ou encore chapelets, plus communément appelées « string », qui sont un assemblage de plusieurs cellules photovoltaïques connectées en série par des éléments d'interconnexion, typiquement des rubans ou des fils électriques, par exemple des rubans de cuivre étamé. Ces chaînes sont également connectées en série pour former le module photovoltaïque. Ces chaînes, permettant l'interconnexion des cellules photovoltaïques, sont typiquement obtenues par le biais d'un équipement dédié, appelé « stringer », permettant le dépôt des éléments d'interconnexion sur les cellules et l'assemblage des cellules.
Au moins deux architectures d'interconnexion sont connues pour former les modules photovoltaïques, l'une dite « standard » et l'autre dite « monolithique ».
L'architecture d'interconnexion standard consiste à connecter des cellules photovoltaïques, monofaciales ou bifaciales, orientées dans le même sens et placées dans le même plan. Les éléments d'interconnexion, permettant de connecter la grille de collecte (formée de doigts de collecte et de pistes conductrices appelées « busbars ») de la face arrière d'une cellule photovoltaïque avec la grille de collecte (formée de doigts de collecte et de pistes conductrices appelées « busbars ») de la face avant de la cellule photovoltaïque adjacente, doivent serpenter d'un plan à l'autre du module. Ils sont soudés sur ces faces avant et arrière et l'interconnexion des cellules deux à deux est effectuée en même temps.
L'architecture d'interconnexion monolithique consiste quant à elle à connecter dans un même plan la grille de collecte de la face arrière d'une cellule photovoltaïque avec la grille de collecte de la face avant de la cellule photovoltaïque adjacente. Pour ce faire, les faces avant et les faces arrière des cellules photovoltaïques sont alternées au sein de chaque chaîne. Les éléments d'interconnexion reliant deux cellules photovoltaïques adjacentes restent ainsi dans le même plan.
Les grilles de collecte des faces avant et arrière des cellules photovoltaïques sont habituellement obtenues par impression par sérigraphie d'une pâte d'argent sur les faces avant et arrière des cellules photovoltaïques. A titre d'exemple, la figure 1 est un
schéma-blocs illustrant un exemple de procédé de fabrication de cellules à hétérojonction. Les cellules à hétérojonction sont préparées à partir de plaquettes de silicium cristallin, appelées « wafer », généralement de type n. Lors d'une première étape A, ces plaquettes sont texturées par gravure alcaline humide, puis lors d'une deuxième étape B, elles sont nettoyées par nettoyage chimique humide. Des couches de silicium amorphe sont alors déposées de chaque côté par dépôt chimique en phase vapeur assisté par plasma radiofréquence (ou PECVD pour « Plasma-Enhanced Chemical Vapor Deposition » en anglais), lors d'une troisième étape C. Ensuite, lors d'une quatrième étape D, une couche d'oxyde conducteur transparent (TCO) antireflet est déposé au- dessus des couches de silicium par dépôt physique en phase vapeur (ou encore PVD pour « Physical Vapor Deposition » en anglais). Enfin, la collecte de charges est réalisée par le biais d'une grille de contact obtenue par métallisation, généralement à base d'argent, et formée par sérigraphie lors d'une cinquième étape E. Une réticulation est mise en œuvre pour obtenir les cellules.
Une fois les cellules à hétérojonction ainsi obtenues, elles sont interconnectées en série, comme décrit précédemment, par le biais d'un procédé basse température. En particulier, des colles électriquement conductrices (ou ECA pour « Electrically Conductive Adhesive » en anglais) sont utilisées pour assembler les cellules et l'élément d'interconnexion, notamment le ruban d'interconnexion, de sorte à créer une chaîne de cellules. La colle ECA est déposée sur les cellules photovoltaïques par sérigraphie. Ensuite, une fois le ruban d'interconnexion déposé sur les cellules, la colle ECA est réticulée par chauffage, à une température inférieure à 200°C, pour créer l'adhésion entre cellules et ruban. A titre d'exemple, l'assemblage de cellules photovoltaïques par le biais d'un « stringer » avec utilisation de colle ECA en sérigraphie est décrit dans la demande de brevet européen EP 2 793 275 A2.
L'ensemble des chaînes de cellules photovoltaïques obtenu est par la suite placé entre la première couche formant la face avant du module photovoltaïque et la deuxième couche formant la face arrière du module photovoltaïque. La structure ainsi formée est alors soumise à une étape dite de lamination sous vide, à une température supérieure ou égale à 120°C, voire 140°C, voire encore 150°C, et inférieure ou égale à
170°C, typiquement comprise entre 145 et 165°C, et pendant une durée du cycle de lamination d'au moins 10 minutes, voire 15 minutes, de sorte à obtenir le module photovoltaïque.
Ainsi, la fabrication d'un module photovoltaïque nécessite un nombre important d'étapes, complexes, longues et coûteuses, et met en œuvre un nombre conséquent de paramètres physico-chimiques à maîtriser. Aussi, il existe un besoin pour améliorer encore un tel processus, et notamment pour le simplifier.
EXPOSÉ DE L'INVENTION
L'invention a donc pour but de remédier au moins partiellement aux besoins mentionnés précédemment et aux inconvénients relatifs aux réalisations de l'art antérieur.
L'invention a ainsi pour objet, selon l'un de ses aspects, un procédé de fabrication d'un assemblage formé d'une cellule photovoltaïque et d'au moins un élément d'interconnexion, caractérisé en ce qu'il comporte successivement :
- une étape de métallisation et de séchage de la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque pour former une grille de contact métallique,
- une étape de dépôt d'une colle électriquement conductrice sur la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque,
- une étape de dépôt d'au moins un élément d'interconnexion, notamment sur la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque,
- une étape de réticulation, notamment à haute température, de la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque.
Par ailleurs, l'invention a aussi pour objet, selon un autre de ses aspects, l'utilisation d'une pluralité d'assemblages, chacun formé d'une cellule photovoltaïque et d'au moins un élément d'interconnexion, obtenus par le procédé de fabrication tel que défini précédemment, pour former au moins une chaîne de cellules photovoltaïques à intégrer dans un module photovoltaïque, caractérisée en ce qu'elle comporte l'étape consistant à disposer les assemblages côte à côte et à interconnecter les assemblages de sorte à les relier électriquement entre eux.
De plus, l'invention a également pour objet, selon un autre de ses aspects, un procédé d'interconnexion d'au moins deux assemblages, chacun formé d'une cellule photovoltaïque et d'au moins un élément d'interconnexion, obtenus par le procédé de fabrication tel que défini précédemment, dans lequel lesdits au moins deux assemblages sont disposés côte à côte et interconnecter de sorte à les relier électriquement entre eux.
Avantageusement, l'invention peut permettre de réduire le nombre d'étapes de fabrication d'un module photovoltaïque, et notamment supprimer le besoin d'une étape de formation de chaînes de cellules photovoltaïques (ou « strings ») par le biais d'un équipement correspondant (« stringer »). L'étape de dépose des éléments d'interconnexion est avantageusement combinée à une étape de métallisation de sorte à obtenir, comme produit final sortant des lignes cellules, des cellules métallisées comprenant des éléments d'interconnexion. L'interconnexion des cellules entre elles peut alors se faire lors du montage du module photovoltaïque.
Le procédé de fabrication, l'utilisation et le procédé d'interconnexion selon l'invention peuvent en outre comporter l'une ou plusieurs des caractéristiques suivantes prises isolément ou suivant toutes combinaisons techniques possibles.
La ou les étapes de réticulation sont avantageusement des étapes de traitement thermique permettant de réticuler, notamment en une seule fois, la métallisation et la colle électriquement conductrice, afin notamment de fixer ledit au moins un élément d'interconnexion à la cellule photovoltaïque. Les conditions peuvent alors avantageusement être adaptées pour permettre cette double réticulation. En particulier, la haute température est avantageusement plus élevée que la température nécessaire pour la seule réticulation de la colle électriquement conductrice.
La ou les cellules photovoltaïques peuvent être choisies parmi : des cellules photovoltaïques homojonction ou hétérojonction à base de silicium monocristallin (c-Si) et/ou multi-cristallin (mc-Si), et/ou des cellules photovoltaïques de type IBC (pour « Interdigitated Back Contact » en anglais), qui sont des structures pour lesquelles les contacts sont réalisés sur la face arrière de la cellule en forme de peignes interdigités, et/ou des cellules photovoltaïques comprenant au moins un matériau parmi le silicium amorphe (a-Si), le silicium microcristallin (pC-Si), le tellurure de cadmium (CdTe), le
cuivre-indium séléniure (CIS), le cuivre-indium/gallium diséléniure (CIGS), et les perovskites, entre autres.
Avantageusement, la ou les cellules photovoltaïques sont des cellules photovoltaïques à hétérojonction à base de silicium monocristallin (c-Si) et/ou multi- cristallin (mc-Si).
Le ou les éléments d'interconnexion peuvent être des rubans, notamment des rubans en cuivre étamé, et/ou des fils électriques.
L'étape de métallisation peut avantageusement être réalisée par sérigraphie, notamment d'une pâte à base d'argent, de cuivre et/ou d'aluminium ou tout autre type de base. De plus, l'étape de dépôt d'une colle électriquement conductrice peut avantageusement être réalisée par sérigraphie, jet d'encre et/ou stencil.
La colle électriquement conductrice peut par exemple être choisie parmi des colles comprenant des particules conductrices, par exemple des particules d'argent et/ou de cuivre, des nanotubes de carbone ou des nanofils d'argent, ou encore une matrice polymère, par exemple de type acrylate, époxy ou silicone.
Par ailleurs, l'étape de dépôt d'au moins un élément d'interconnexion sur la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque peut comporter le positionnement dudit au moins un élément d'interconnexion sur ladite face avant et/ou face arrière de la cellule photovoltaïque avec dépassement dudit au moins un élément d'interconnexion par rapport à au moins l'un de deux bords opposés de la cellule photovoltaïque.
Selon une réalisation privilégiée, le procédé de fabrication selon l'invention peut comporter successivement :
- une première étape de métallisation de l'une de la face avant et de la face arrière, notamment la face arrière, de la cellule photovoltaïque pour former une grille de contact métallique,
- une première étape de séchage de ladite l'une de la face avant et de la face arrière, notamment la face arrière, de la cellule photovoltaïque,
- éventuellement, une étape de retournement de la cellule photovoltaïque,
- une deuxième étape de métallisation de l'autre de la face avant et de la face arrière, notamment la face avant, de la cellule photovoltaïque pour former une grille de contact métallique,
- une deuxième étape de séchage de ladite l'autre de la face avant et de la face arrière, notamment la face avant, de la cellule photovoltaïque,
- une première étape de dépôt d'une colle électriquement conductrice sur ladite l'autre de la face avant et la face arrière, notamment la face avant, de la cellule photovoltaïque,
- éventuellement, une étape de retournement de la cellule photovoltaïque,
- une deuxième étape de dépôt d'une colle électriquement conductrice sur ladite l'une de la face avant et de la face arrière, notamment la face arrière, de la cellule photovoltaïque,
- une première étape de dépôt d'au moins un élément d'interconnexion sur ladite l'une de la face arrière et de la face avant, notamment la face arrière, de la cellule photovoltaïque,
- une deuxième étape de dépôt d'au moins un élément d'interconnexion sur ladite l'autre de la face avant et de la face arrière, notamment la face avant, de la cellule photovoltaïque,
- une première étape de réticulation de la métallisation et de la colle électriquement conductrice, notamment à haute température, de ladite l'une de la face arrière et de la face avant, notamment la face arrière, de la cellule photovoltaïque et une deuxième étape de réticulation de la métallisation et de la colle électriquement conductrice, notamment à haute température, de ladite l'autre de la face avant et de la face arrière de la cellule photovoltaïque, notamment la face avant, les première et deuxième étapes de réticulation étant notamment réalisées de façon simultanée.
Avantageusement, les première et deuxième étapes de réticulation peuvent être mises en œuvre à une température comprise entre 200°C et 250°C, pendant une durée comprise entre 10 minutes et 15 minutes.
En outre, l'interconnexion peut être réalisée selon une architecture d'interconnexion standard. Ainsi, un élément d'interconnexion de la face avant d'une
cellule photovoltaïque peut être connecté avec un élément d'interconnexion de la face arrière d'une cellule photovoltaïque adjacente par le biais d'un élément conducteur positionné dans l'espace inter-cellules, chaque élément d'interconnexion étant notamment soudé à l'élément conducteur.
L'interconnexion peut encore être réalisée selon une architecture d'interconnexion monolithique. Ainsi, un élément d'interconnexion de la face avant d'une cellule photovoltaïque peut être connecté avec un élément d'interconnexion de la face arrière d'une cellule photovoltaïque adjacente par superposition et assemblage des éléments d'interconnexion entre eux, notamment par soudure, par exemple infrarouge ou ultrasons.
L'interconnexion peut également être réalisée par le biais de motifs conducteurs incorporés dans une couche dédiée du module photovoltaïque, notamment une couche d'encapsulant et/ou une couche arrière du module photovoltaïque, coopérant avec le ou les éléments d'interconnexion.
Par ailleurs, ladite au moins une chaîne de cellules photovoltaïques peut être encapsulée par le biais d'un ensemble encapsulant dans lequel ladite au moins une chaîne de cellules photovoltaïques est incorporée.
De plus, l'ensemble encapsulant ladite au moins une chaîne de cellules photovoltaïques peut être positionné entre une première couche transparente formant la face avant du module photovoltaïque, destinée à recevoir un flux lumineux, et une deuxième couche formant la face arrière du module photovoltaïque, et l'ensemble des couches ainsi formées peut être soumis à un procédé de lamination sous vide, notamment à une température supérieure ou égale à 120°C, voire 140°C, voire encore 150°C, et inférieure ou égale à 170°C, typiquement comprise entre 145 et 165°C, et pendant une durée du cycle de lamination d'au moins 10 minutes, voire 15 minutes, de sorte à obtenir le module photovoltaïque.
BRÈVE DESCRIPTION DES DESSINS
L'invention pourra être mieux comprise à la lecture de la description détaillée qui va suivre, d'exemples de mise en œuvre non limitatifs de celle-ci, ainsi qu'à l'examen des figures, schématiques et partielles, du dessin annexé, sur lequel :
- la figure 1 est un schéma-blocs illustrant un exemple de procédé de fabrication de cellules à hétérojonction,
- la figure 2 est un schéma-blocs illustrant un exemple de procédé de fabrication d'un assemblage conforme à l'invention,
- la figure 3 représente, selon une vue en coupe, un exemple d'assemblage obtenu par le procédé de fabrication illustré sur la figure 2,
- la figure 4 illustre, selon une vue en coupe, un exemple d'utilisation de plusieurs assemblages obtenus par un procédé de fabrication conforme à l'invention pour l'obtention d'une chaîne de cellules photovoltaïques selon une architecture d'interconnexion monolithique,
- la figure 5 illustre, selon une vue en coupe, un exemple d'utilisation de plusieurs assemblages obtenus par un procédé de fabrication conforme à l'invention pour l'obtention d'une chaîne de cellules photovoltaïques selon une architecture d'interconnexion standard,
- la figure 6 représente, selon une vue de face, un exemple de couche dédiée, ici une couche d'encapsulant, comprenant des motifs conducteurs pour l'interconnexion de plusieurs assemblages obtenus par un procédé de fabrication conforme à l'invention,
- la figure 7 illustre, selon une vue en coupe, un premier exemple de motif conducteur parmi ceux de la figure 6, et
- la figure 8 illustre, selon une vue en coupe, un deuxième exemple de motif conducteur parmi ceux de la figure 6.
Dans l'ensemble de ces figures, des références identiques peuvent désigner des éléments identiques ou analogues.
De plus, les différentes parties représentées sur les figures ne le sont pas nécessairement selon une échelle uniforme, pour rendre les figures plus lisibles.
EXPOSÉ DÉTAILLÉ DE MODES DE RÉALISATION PARTICULIERS
La figure 1 a déjà été décrite dans la partie relative à l'état de la technique antérieure. Les figures 2 à 8 permettent d'illustrer le principe de l'invention.
On considère ici que les cellules photovoltaïques 4 sont des cellules à hétérojonction. De plus, les éléments d'interconnexion 6 sont préférentiellement des rubans, notamment des rubans en cuivre étamé. Toutefois, ces choix ne sont pas limitatifs.
La figure 2 est un schéma-blocs qui permet d'illustrer un exemple de procédé de fabrication d'un assemblage 1 conforme à l'invention, comprenant une cellule photovoltaïque 4 et deux rubans d'interconnexion 6 respectivement sur la face avant et la face arrière de la cellule 4, cet assemblage 1 étant représenté en coupe sur la figure 3.
De façon générale, le procédé de fabrication conforme à l'invention se caractérise par la succession d'étapes spécifiques : une étape de métallisation Ml, M2 et de séchage SI, S2 de la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque 4 pour former une grille de contact métallique ; une étape de dépôt d'une colle électriquement conductrice Cl, C2, en particulier une colle de type ECA (« Electrically Conductive Adhesive »), sur la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque 4 ; une étape de dépôt El, E2 d'au moins un élément d'interconnexion 6 sur la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque 4 ; et une étape de réticulation RI, R2 à haute température de la face avant et/ou la face arrière de la cellule photovoltaïque 4.
Plus précisément sur l'exemple de la figure 2, le procédé de fabrication de l'assemblage 1, comprenant une cellule photovoltaïque 4 et deux rubans 6 d'interconnexion (voir figure 3), comporte tout d'abord successivement :
- une première étape de métallisation Ml de la face arrière de la cellule photovoltaïque 4 pour former une grille de contact métallique, comprenant les doigts de collecte et les pistes conductrices appelées « busbars », consistant notamment à imprimer par sérigraphie une pâte d'argent, de cuivre et/ou d'aluminium ou tout autre type de base,
- une première étape de séchage SI de la face arrière de la cellule photovoltaïque 4, cette étape permettant notamment de retirer le solvant contenu dans la pâte d'argent, de cuivre et/ou d'aluminium ou tout autre type de base,
- une deuxième étape de métallisation M2 de la face avant de la cellule photovoltaïque 4 pour former une grille de contact métallique, comprenant les doigts de collecte et les pistes conductrices appelées « busbars », consistant notamment à imprimer par sérigraphie une pâte d'argent, de cuivre et/ou d'aluminium ou tout autre type de base.
Ces trois premières étapes sont des étapes classiques du processus de métallisation des faces avant/arrière d'une cellule photovoltaïque 4. Elles sont habituellement suivies d'une étape de réticulation pour obtenir la cellule photovoltaïque 4 qui sera ensuite introduite dans un « stringer » tel que décrit précédemment pour former les chaînes de cellules photovoltaïques 4 et ensuite le module photovoltaïque.
Au contraire, selon le principe de l'invention, ces trois premières étapes sont successivement suivies par :
- une deuxième étape de séchage S2 de la face avant de la cellule photovoltaïque 4, cette étape permettant notamment de retirer le solvant contenu dans la pâte d'argent, de cuivre et/ou d'aluminium ou tout autre type de base,
- une première étape de dépôt d'une colle électriquement conductrice Cl sur la face arrière de la cellule photovoltaïque 4, à savoir une colle de type ECA déposée par sérigraphie, jet d'encre et/ou stencil, par exemple par le biais d'une table rotative à six plateaux, et une deuxième étape de dépôt d'une colle électriquement conductrice C2 sur la face avant de la cellule photovoltaïque 4, à savoir une colle de type ECA déposée par sérigraphie, jet d'encre et/ou stencil, par exemple par le biais d'une table rotative à six plateaux,
- une première étape de dépôt El d'un ruban d'interconnexion 6 sur la face arrière de la cellule photovoltaïque 4 et une deuxième étape de dépôt E2 d'un ruban d'interconnexion 6 sur la face avant de la cellule photovoltaïque 4,
- une première étape de réticulation RI à haute température de la face arrière de la cellule photovoltaïque 4 et une deuxième étape de réticulation R2 à haute
température de la face avant de la cellule photovoltaïque 4, les deux étapes de réticulation RI, R2 pouvant être simultanées dans un même four.
De façon avantageuse, lors des étapes El, E2 de dépôt des rubans d'interconnexion 6, le positionnement de ceux-ci est réalisé avec dépassement des rubans 6 par rapport à au moins l'un des deux bords opposés de la cellule photovoltaïque 4. Autrement dit, comme visible sur la figure 3, chaque élément d'interconnexion 6, ici sous forme de ruban, comporte une portion libre 6a non superposée à la cellule photovoltaïque 4. En particulier, chaque élément d'interconnexion 6 peut présenter une longueur supérieure à celle de la cellule photovoltaïque 4. De plus, la cellule photovoltaïque 4 peut comporter une portion 4a, notamment sur chacune de ses faces avant et arrière, sur laquelle le ou les éléments d'interconnexion 6 ne sont pas superposés. L'intérêt de pouvoir disposer d'une portion libre 6a du ruban 6 est de pouvoir faciliter l'interconnexion des cellules photovoltaïques 4 lors de leur utilisation, décrite par la suite en référence aux figures 4 et 5.
Avantageusement, l'intégration du ruban 6 sur la cellule photovoltaïque 4 est ainsi réalisée très tôt dans le procédé de fabrication du module photovoltaïque, en amont de la mise en module, à savoir lors de la fabrication de la cellule photovoltaïque 4. En particulier, l'ajout du ruban 6 est réalisé dans la continuité de l'étape de métallisation Ml, M2 et avant l'étape de réticulation RI, R2, notamment de la pâte conductrice d'argent, de cuivre et/ou d'aluminium ou tout autre type de base, imprimée par sérigraphie lors de la métallisation. De plus, l'adhésif permettant la fixation du ruban 6, sous forme de colle électriquement conductrice (ECA), est aussi déposé avant l'étape de réticulation RI, R2, donc sur une pâte conductrice de métallisation non réticulée. Aussi, il est possible d'améliorer le contact électrique en mixant les particules conductrices et en améliorant la percolation. La réticulation de la pâte de métallisation et la réticulation de la colle ECA peuvent donc être réalisées en même temps.
Il faut noter que l'étape de réticulation RI, R2 permet de réaliser le contact électrique et mécanique du ruban 6 sur la cellule photovoltaïque 4 et de réaliser la réticulation de la pâte de métallisation. Il est donc possible de réaliser deux étapes du procédé de fabrication en une seule tout en économisant sur l'équipement nécessaire. De
plus, la réticulation de la colle ECA, d'une durée très courte inférieure à 30 secondes, peut être réalisée simultanément à celle des pâtes de métallisation, d'une durée plus longue d'environ 10 minutes, ce qui peut permettre d'ouvrir le choix des matériaux utilisés. La haute température utilisée est alors plus élevée que la température qui serait nécessaire pour la seule réticulation de la colle ECA.
Le produit final obtenu n'est donc plus une simple cellule photovoltaïque 4 « nue » mais un assemblage 1 comprenant la cellule 4 et les rubans 6, ce qui peut permettre de faciliter et d'améliorer la précision de la mesure des performances des cellules photovoltaïques 4.
Avantageusement, l'invention permet ainsi notamment de faciliter la caractérisation des cellules photovoltaïques 4, de limiter la manipulation des cellules et notamment des chaînes de cellules photovoltaïques 4 de sorte à réduire le risque de casse, de permettre le remplacement d'une cellule défaillante sans nécessiter le remplacement de toute la chaîne de cellules fabriquée, entre autres.
Il faut noter que les étapes de séchage SI et S2 correspondent au séchage de la métallisation qui doit permettre de manipuler la cellule et de la poser sur des supports sans que la pâte de métallisation salisse le socle. En général, ces étapes peuvent être réalisées à une température comprise entre 170°C et 200°C, pendant 30 secondes. Les températures peuvent aussi être plus faibles, par exemple entre 120°C et 130°C pendant 5 à 10 minutes pour des cellules PV plus sensibles à la température, telles que celles comprenant des pérovskites par exemple.
De plus, les étapes de réticulation RI et R2 permettent à la fois la réticulation de la métallisation et de la colle ECA. Comme ces deux étapes sont avantageusement combinées ou simultanées, la gamme de température applicable est la plus élevée et donc celle de la réticulation de la métallisation, en générale comprise entre 200°C et 250°C pendant 10 à 15 minutes mais cette gamme peut aussi être amenée à baisser dans le futur avec des types de cellules plus sensibles à la température telles que celles comprenant des pérovskites par exemple.
Par ailleurs, la figure 4 illustre, selon une vue en coupe, un exemple d'utilisation de plusieurs assemblages 1 obtenus par un tel procédé de fabrication
conforme à l'invention de sorte à obtenir une chaîne S de cellules photovoltaïques 4 selon une architecture d'interconnexion monolithique.
Comme décrit précédemment, ce type d'architecture monolithique consiste à interconnecter dans un même plan la grille de collecte de la face arrière d'une cellule photovoltaïque 4 avec la grille de collecte de la face avant de la cellule photovoltaïque 4 adjacente. Précisément, un élément d'interconnexion 6 de la face avant d'une cellule photovoltaïque 4 est connecté avec un élément d'interconnexion 6 de la face arrière d'une cellule photovoltaïque 4 adjacente, dans un même plan, par superposition et assemblage des éléments d'interconnexion 6 entre eux. La figure 4 représente les zones de superposition ZS formées au niveau desquelles se fait la connexion entre les éléments d'interconnexion 6. Cette connexion est avantageusement réalisée par soudure, par exemple soudure infrarouge, ultrasons ou induction.
En outre, la figure 5 illustre, selon une vue en coupe, un exemple d'utilisation de plusieurs assemblages 1 obtenus par un tel procédé de fabrication conforme à l'invention de sorte à obtenir une chaîne S de cellules photovoltaïques 4 selon une architecture d'interconnexion standard.
Comme décrit précédemment, ce type d'architecture standard consiste à connecter les cellules photovoltaïques 4 orientées dans le même sens et placées dans le même plan. Ainsi, un élément d'interconnexion 6 de la face avant d'une cellule photovoltaïque 4 est connecté avec un élément d'interconnexion 6 de la face arrière d'une cellule photovoltaïque 4 adjacente par le biais d'un élément conducteur 8, ou motif conducteur 8, par exemple sous forme de ruban de cuivre, positionné dans l'espace intercellules e. Chaque élément d'interconnexion 6 est notamment soudé à l'élément conducteur 8, par exemple par soudure infrarouge, ultrasons ou induction.
Par ailleurs, l'interconnexion peut encore être réalisée par le biais de motifs conducteurs 9 incorporés dans une couche dédiée 3 du module photovoltaïque. Cette couche dédiée peut par exemple être une couche d'encapsulant, notamment située en face arrière, ou une couche arrière (encore appelée « backsheet ») du module photovoltaïque. Alors, l'interconnexion s'opère par coopération entre les éléments
d'interconnexion 6 et les motifs conducteurs 9 de la couche dédiée 3, notamment obtenue par soudure, par exemple soudure à induction ou encore durant la lamination.
La figure 6 représente, selon une vue de face, un exemple de couche dédiée 3, ici une couche d'encapsulant 3 du côté de la face arrière du module, comprenant des motifs conducteurs 9 pour l'interconnexion de plusieurs assemblages 1.
Ces motifs conducteurs 9 peuvent par exemple se présenter sous la forme de rubans conducteurs, par exemple en cuivre, intégrés sur la couche d'encapsulant 3, comme schématisé sur la figure 7. Ils peuvent encore se présenter sous la forme de pistes d'encre conductrice, par exemple en argent ou cuivre ou aluminium, intégrées sur la couche d'encapsulant 3, comme schématisé sur la figure 8.
Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux exemples de réalisation qui viennent d'être décrits. Diverses modifications peuvent y être apportées par l'homme du métier.