Description
Titre : Rotor de machine électrique tournante
La présente invention revendique la priorité de la demande française 2101695 déposée le 22 février 2021 dont le contenu (texte, dessins et revendications) est ici incorporé par référence.
Domaine technique
La présente invention concerne les machines électriques tournantes, motrices ou génératrices, et plus particulièrement les rotors de telles machines. L’invention s’intéresse aux rotors à aimants permanents.
L’invention porte plus particulièrement sur les machines synchrones ou asynchrones, à courant alternatif. Elle concerne notamment les machines de traction ou de propulsion de véhicules automobiles électriques (Battery Electric Vehicle) et/ou hybrides (Hybrid Electric Vehicle - Plug-in Hybrid Electric Vehicle), telles que voitures individuelles, camionnettes, camions ou bus. L’invention s’applique également à des machines électriques tournantes pour des applications industrielles et/ou de production d’énergie, notamment navales, aéronautiques ou éoliennes.
Technique antérieure
Les rotors à aimants permanents sont généralement composés d’une masse rotorique et d’aimants permanents de formes géométriques diverses. La masse rotorique peut comporter un empilement de tôles magnétiques minces découpées. Elle peut comporter un ou plusieurs paquets de tôles empilés les uns sur les autres.
Les aimants permanents peuvent être disposés en surface, faisant directement face à l’entrefer ou, en variante, être disposés à l’intérieur de la masse rotorique, dans des logements de ce dernier, étant alors dits « enterrés » ou « encastrés ».
Dans ce cas, ils peuvent être disposés en rangée, comme par exemple dans la demande US 2007/0096578, dans laquelle les logements des aimants ont des extrémités arrondies en demi-cercle, de même que dans la demande US 2007/0096577.
Dans les demandes CN110212666, US 2013/0020889 et CN 206650521, on a un aimant permanent disposé en surface et une seule rangée d’aimants enterrés.
Dans les demandes US 2008/007131, WO 2019/179864 et KR 10-2018229, les aimants permanents des deux rangées sont disposés en V.
Dans la demande WO 2019/174323, les rangées sont disposées de telle sorte que deux aimants adjacents de deux pôles consécutifs sont parallèles entre eux et deux aimants de deux rangées sont également parallèles entre eux.
Il existe un besoin pour améliorer les performances magnétiques et notamment le couple volumique des machines électriques tournantes, et réduire leur coût de fabrication et de montage.
Résumé de l’invention
L’invention vise à répondre à ce besoin et a ainsi pour objet, selon l’un de ses aspects, un rotor de machine électrique tournante, une masse rotorique comportant des tôles empilées les unes sur les autres, la masse rotorique comportant une pluralité de logements, au moins une partie des logements, voir tous les logements, recevant un ou des aimants permanents définissant des pôles du rotor, les logements d’un pôle étant disposés en au moins une première et une deuxième rangées de logements, la première rangée de logement comportant trois logements disposés en U, avec un logement central et deux logements latéraux, une longueur d’un plus grand rectangle inscrit dans le logement central étant égale à +/- 20% à la longueur du plus grand rectangle inscrit dans un logement latéral, au moins un des logements latéraux, notamment les deux logements latéraux de la première rangée, comportant un évidement qui s’étend depuis le logement latéral vers le logement central.
Avantageusement, la présence de deux rangées de logements permet d’augmenter le nombre d’aimants reçus dans la masse rotorique, et ainsi d’augmenter la densité de puissance résultante. On peut ainsi obtenir plus de couple avec un même encombrement de rotor. L’invention permet avantageusement d’améliorer le couple réluctant de la machine.
Exposé de l’invention
La ‘longueur’ est mesurée selon l’axe de la rangée de logements. On parle de ‘largeur’ pour désigner la dimension perpendiculaire à la longueur dans le plan d’une section transversale de la masse rotorique.
La longueur du plus grand rectangle inscrit dans le logement central peut être égale à +/- 20% à la longueur du plus grand rectangle inscrit dans un logement latéral, voire à +/- 17%, mieux à +/-15%, voire à +/- 10%, encore mieux à +/-7%, voire à +/- 5%. Dans ce rapport, on prend pour référence la longueur du plus grand rectangle inscrit dans un logement latéral.
Dans un mode de réalisation, la longueur d’un aimant de la deuxième rangée peut être égale à la longueur d’un aimant de la première rangée. Tous les aimants d’un pôle peuvent avoir la même longueur.
Dans un mode de réalisation, le rotor comporte une première et une deuxième rangées de logements par pôle, étant dépourvu de rangée supplémentaire.
La deuxième rangée peut être plus proche de l’entrefer que la première rangée. La première rangée est plus éloignée de l’entrefer que la deuxième rangée.
La première rangée peut comporter un logement central et deux logements latéraux. Les deux logements latéraux sont symétriques l’un de l’autre par rapport à un axe du pôle.
La masse rotorique peut comporter un ou plusieurs paquets de tôles empilés les uns sur les autres. Chaque paquet de tôles peut comporter au moins un logement recevant l’aimant permanent. Dans le cas où la masse rotorique comporte plusieurs paquets de tôles empilés les uns sur les autres, la masse rotorique peut comporter, pour un logement, un seul ou plusieurs aimants permanents, par exemple un aimant permanent par paquet de tôles.
La largeur du plus grand rectangle inscrit dans le logement central peut être égale à +/- 50% à la largeur du plus grand rectangle inscrit dans un logement latéral, mieux à 40%, encore mieux à 30%, voire à +/- 20%, mieux à +/-15%, voire à +/- 10%, encore mieux à +/- 7%, voire à +/- 5%. Dans ce rapport, on prend pour référence la largeur du plus grand rectangle inscrit dans un logement latéral.
La largeur B du logement central peut être égale à la largeur B d’un logement latéral.
La largeur A d’un logement de la deuxième rangée peut être inférieur à la largeur B d’un logement de la première rangée. Un ratio (B-A)/B peut être compris entre 0 et 40%,
mieux entre 5 et 35%, voire entre 10 et 30%, étant par exemple de l’ordre de 25%. Dans un mode de réalisation, on peut avoir la largeur B d’un logement de la première rangée égale à 3,7 mm et la largeur A d’un logement de la deuxième rangée égale à 2,8 mm.
Dans un mode de réalisation, la largeur A d’un logement de la deuxième rangée peut être égale à la largeur B d’un logement de la première rangée. Tous les logements d’un pôle peuvent avoir la même largeur A.
Le nombre de tailles d’aimants permanents nécessaires peut être avantageusement réduit à deux ou trois au maximum, voire n’être que de un.
Les logements latéraux de la première rangée peuvent être pourvus d’aimants permanents. Les aimants permanents des logements latéraux de la première rangée peuvent être identiques l’un à l’autre. Ils peuvent notamment avoir la même taille en section transversale.
Le logement central de la première rangée peut être pourvu d’un ou plusieurs aimants permanents, ou en variante en être dépourvu. En fonction du choix pour la présence ou non d’un aimant permanent central, le rotor peut permettre avantageusement une certaine modularité pour la machine résultante.
Le logement central de la première rangée peut être pourvu d’un aimant permanent de même taille que les aimants permanents des logements latéraux.
En variante, le logement central de la première rangée peut être pourvu d’un aimant permanent plus petit que les aimants permanents des logements latéraux. Cela est avantageux d’un point de vue électromagnétique. En effet, l’aimant permanent étant plus petit que le logement, on a une partie du logement qui se trouve être vide sur les côtés de l’aimant, laquelle partie vide permet de diminuer les fuites électromagnétiques.
Dans une autre variante de réalisation, le logement central de la première rangée est vide.
Les logements de la deuxième rangée peuvent être disposés en V. La deuxième rangée peut notamment comporter deux logements disposés en V. Ils peuvent être symétriques l’un de l’autre par rapport à un axe du pôle. Dans un mode de réalisation, tous les logements de la deuxième rangée sont pourvus d’aimants permanents. La configuration en V de la deuxième rangée permet un gain de place, et d’éviter tout risque de saturation du circuit magnétique.
Dans une autre variante de réalisation, les logements de la deuxième rangée sont vides, étant dépourvus d’aimants.
Les aimants permanents de la deuxième rangée peuvent être identiques l’un à l’autre. Ils peuvent notamment avoir la même taille en section transversale. Les aimants permanents de la deuxième rangée peuvent avoir une taille différente des aimants permanents de la première rangée, étant par exemple plus petits.
Une ouverture angulaire a3 de la deuxième rangée peut être supérieure ou égale à deux fois la somme de l’ouverture angulaire al entre deux pôles consécutifs et l’ouverture angulaire a2 entre les première et deuxième rangées. On peut écrire a3 > 2 (al + a2). Les ouvertures angulaires sont mesurées à la surface du rotor, au niveau de l’entrefer, pour un pôle donné du rotor.
Une ouverture angulaire a3 de la deuxième rangée peut être donnée par la relation suivante : a3 = k 2p/(2r), où p est le nombre de paires de pôles du rotor et k le coefficient d’ouverture polaire, avec le coefficient d’ouverture polaire k qui est compris dans l’intervalle [22,5% ; 37,5%], mieux dans l’intervalle [25% ; 35%].
Le choix de la valeur du coefficient d’ouverture polaire k permet d’optimiser le couple résultant. Dans un exemple de réalisation, k est égal à 34,6%.
Un angle a4 entre les logements adjacents de deux pôles consécutifs peut être strictement supérieur à 0, étant notamment compris entre 5° et 35°, mieux entre 12° et 30°, étant par exemple de 24,8° dans un mode de réalisation. Un angle a4 strictement positif permet d’augmenter le couple de saillance. Le choix de la valeur de l’angle a4 permet d’améliorer le couple résultant.
L’angle a4 peut en particulier être inférieur à 55°, mieux inférieur à 50°, mieux encore inférieur à 40°, étant notamment inférieur à 35°. Les deux logements adjacents considérés pour la mesure de l’angle a4 entre les deux pôles consécutifs sont des logements de la première rangée.
Chaque logement latéral de la première rangée ménageant avec le logement central un pont de matière, les deux ponts de matière ayant chacun un axe longitudinal, les deux axes étant parallèles l’un à l’autre. Cela permet d’améliorer la tenue mécanique et d’obtenir un meilleur comportement mécanique pour tenir la force centrifuge.
Les axes des ponts de matière peuvent être parallèles à un axe du pôle du rotor.
L’évidement peut être configuré pour dépasser radialement du logement central. L’évidement peut dépasser radialement du logement central d’une distance Y comprise entre 0 mm et le double de la largeur du logement central. Ce dépassement peut permettre d’augmenter le chemin du flux magnétique, ce qui permet de diminuer les fuites de flux. Il permet ainsi d’augmenter la réluctance car le trajet du flux est rallongé tout en diminuant le flux de fuite.
Le dépassement radial de l’évidement de la première rangée de logements peut être avantageusement associé à des ponts de matière entre les logements latéraux et le logement central qui peuvent être droits. Les ponts de matière entre les logements latéraux et le logement central peuvent notamment s’étendre selon un axe qui peut être rectiligne. Les deux axes des deux ponts de matière de la première rangée peuvent être parallèles l’un à l’autre. Ils peuvent s’étendre sensiblement radialement. Ces axes peuvent être parallèles aux bords du logement central. Une telle configuration peut permettre de diminuer les flux de fuite et d’augmenter ainsi la force électromotrice, ainsi que d’augmenter la réluctance du circuit magnétique et le couple, tout en augmentant la tenue mécanique des ponts de matière. Le couple peut par exemple être augmenté de 200 rpm.
Une largeur X de l’évidement peut être comprise entre 0 mm et le double de la largeur B du logement central. La longueur Z de l’évidement peut être comprise entre une fois la largeur B du logement central et le double de celle-ci.
Ces dimensions conditionnent la taille du pont de matière entre les logements latéraux et le logement central. Ce pont de matière a une largeur minimale conditionnée par les contraintes de tenue mécanique. Sa largeur est sensiblement égale au moins à l’épaisseur de la tôle magnétique.
Une dimension radiale W entre le fond de la deuxième rangée et la première rangée peut être comprise entre une fois la largeur B du logement central et le triple de celle- ci.
L’évidement peut avoir un bord qui s’étend au moins partiellement parallèlement à un bord du logement central.
Au moins un logement peut comporter au moins une butée de maintien de l’aimant permanent destiné à être reçu dans le logement. Chaque logement peut comporter une butée située vers l’entrefer.
Les logements sont séparés de l’entrefer chacun par un pont de matière dont la largeur est conditionnée par les contraintes de tenue mécanique. Leur largeur est sensiblement égale au moins à l’épaisseur de la tôle magnétique. La longueur de ces ponts est sensiblement égale à la largeur des logements.
Les logements latéraux peuvent également comporter une butée située vers G évidemment, pour le maintien de l’aimant permanent.
Le rotor peut être dépourvu de circulation de fluide de refroidissement dans les logements. En particulier, les évidements ne sont pas configurés pour permettre la circulation d’un fluide de refroidissement.
L’invention a encore pour objet, indépendamment ou en combinaison avec ce qui précède, un rotor de machine électrique tournante, comportant une masse rotorique comportant des tôles empilées les unes sur les autres, la masse rotorique comportant une pluralité de logements, au moins une partie des logements, voir tous les logements, recevant un ou des aimants permanents définissant des pôles du rotor, les logements d’un pôle étant disposés en au moins une première et une deuxième rangées de logements, la première rangée de logements comportant trois logements disposés en U, avec un logement central et deux logements latéraux, une longueur L2 d’un plus grand rectangle inscrit dans le logement central étant égale à +/- 20% à la longueur L1 du plus grand rectangle inscrit dans un logement latéral, au moins un des logements latéraux, notamment les deux logements latéraux de la première rangée, comportant un évidement qui s’étend depuis le logement latéral vers le logement central, chaque logement latéral de la première rangée ménageant avec le logement central un pont de matière, les deux ponts de matière ayant chacun un axe longitudinal, les deux axes étant parallèles l’un à l’autre.
Rotor yrillé
Dans un mode de réalisation, la masse rotorique du rotor peut être composée d’une pluralité de paquets disposés consécutivement le long d’un axe de rotation du rotor, deux paquets consécutifs étant décalés angulairement autour de l’axe de rotation du rotor d’un angle élémentaire 0r.
Le rotor peut notamment comporter un premier paquet de tôles et un deuxième paquet de tôles.
Un tel rotor est dit ‘vrillé’. Le rotor peut être avantageusement vrillé notamment dans le cas où le stator comporte un bobinage à pas entier. L’invention peut permettre de réduire le nombre de paquets nécessaires au rotor. Lorsque le rotor est vrillé, la réduction des ondulations de couple peut être encore améliorée.
En variante, le rotor peut ne pas être vrillé. On parle alors de rotor dit ‘droit’ . Le rotor peut être avantageusement droit notamment dans le cas où le stator comporte un bobinage à pas fractionnaire.
Crans au rotor
Au moins l’une des tôles de la masse rotorique peut comporter une pluralité de crans à la surface de la masse rotorique faisant face à l’entrefer.
Les crans du rotor peuvent être tous identiques ou différents. Ils peuvent différer par exemple par leur taille et/ou par leur forme. Les crans du rotor peuvent être ménagés face à l’entrefer, à la surface du rotor ou légèrement enterrés.
Les crans du rotor peuvent être identiques ou différents des crans du stator.
Au moins un cran du rotor peut avoir une forme, dans le plan de la tôle, choisie dans la liste suivante, qui n’est pas limitative : partiellement circulaire, semi-circulaire, oblongue, partiellement en ellipse, polygonale, carrée, rectangulaire, rectangulaire avec ou sans des coins arrondis, triangulaire, en trapèze, en queue d’aronde, en forme de V ou de W.
Dans le cas où le cran comporte une portion partiellement circulaire, par exemple semi-circulaire, son rayon de courbure peut être compris entre 0,1 et 4 mm, mieux entre 0,36 et 3 mm, voire entre 0,63 et 2 mm, étant par exemple de l’ordre de 0,36 mm ou de 0,4 mm ou de 0,6 mm ou de 0,63 mm ou de 0,8 mm ou de 0,9 mm ou de 1 mm ou de 1,2 mm ou de 1,26 mm ou de 1,4 mm ou de 1,6 mm ou de 1,8 mm.
Le rayon de courbure d’un coin arrondi peut être inférieur à la moitié de la largeur d’un cran, mesurée circonférentiellement dans le plan de la tôle. Le rayon de courbure d’un coin arrondi peut être inférieur ou égale au minimum de la moitié de la largeur ar d’un cran et de sa profondeur br, mesurée radialement dans le plan de la tôle, à savoir min (br, ar/2).
Au moins un cran du rotor peut comporter une portion partiellement circulaire, voire semi-circulaire, son rayon de courbure R étant compris entre 0,4 e et 8 e, mieux entre
0,7 e et 4 e, étant par exemple de l’ordre de e, où e désigne la largeur de l’entrefer de la machine comportant le stator.
Au moins un cran du rotor peut avoir une profondeur br, mesurée radialement dans le plan de la tôle, inférieure à sa largeur ar, mesurée circonférentiellement dans le plan de la tôle.
En variante, la profondeur, mesurée radialement dans le plan de la tôle, peut être supérieure à la largeur du cran du rotor, mesurée circonférentiellement dans le plan de la tôle.
Les crans des tôles d’un premier paquet de la masse rotorique peuvent être décalés angulairement par rapport aux crans des tôles d’un deuxième paquet de la masse rotorique.
La masse rotorique peut comporter au moins deux paquets de tôles, voire au moins trois ou quatre paquets. Elle peut par exemple comporter deux, trois ou quatre paquets de tôles. Les premier et deuxième paquets de tôles peuvent être consécutifs.
Les tôles d’un paquet de tôles du rotor peuvent être toutes identiques entre elles.
Les tôles de chaque paquet de tôles du rotor peuvent être identiques entre tôles dudit paquet.
Les tôles de deux paquets différents peuvent être identiques entre elles, étant décalées angulairement ou étant retournées afin d’obtenir le décalage angulaire des crans. Les tôles de deux paquets différents peuvent être identiques entre elles, n’étant pas retournées. Les deux paquets avec des tôles identiques peuvent être consécutifs ou non. Ils peuvent par exemple être séparés par un paquet de tôles ayant des tôles différentes.
Par ‘tôles identiques’, on entend principalement que lesdites tôles sont identiques par la position du ou des crans.
En variante, les tôles de deux paquets différents peuvent être différentes entre elles, le ou les crans n’étant pas placés de la même manière ou pouvant avoir une forme ou une taille différente, ou le nombre de crans étant différent.
Par ‘tôles différentes’ , on entend principalement que lesdites tôles diffèrent entre elles par la position du ou des crans ou par le nombre de crans.
Dans un mode de réalisation, deux tôles peuvent comporter un nombre différent de crans.
Dans un mode de réalisation, les crans sont décalés par rapport à un axe longitudinal du pôle du rotor, qui peut être un axe de symétrie pour le pôle, d’un angle de décalage. Les tôles peuvent notamment différer entre elles par la valeur de l’angle de décalage. L’angle de décalage peut être différent entre une tôle du premier paquet et une tôle du deuxième paquet.
Le décalage angulaire des crans de deux paquets du rotor peut former un motif avec un décalage régulier ou non, toujours dans le même sens, ou avec un changement de sens, par exemple en chevrons, en V, en W, en zig-zag.
En variante, le rotor peut être dépourvu de crans à la surface de la masse rotorique. La surface de la masse rotorique peut être sensiblement lisse.
Machine
L’invention a encore pour objet une machine électrique tournante comportant un stator et un rotor tel que défini ci-dessus.
La machine peut être utilisée comme moteur ou comme générateur. La machine peut être à réluctance. Elle peut constituer un moteur synchrone ou en variante un générateur synchrone. En variante encore, elle constitue une machine asynchrone.
La vitesse maximale de rotation de la machine peut être élevée, étant par exemple supérieure à 10 000 tr/min, mieux supérieure à 12000 tr/min, étant par exemple de l’ordre de 14 000 tr/min à 15 000 tr/min, voire même de 20 000 tr/min ou de 24 000 tr/min ou de 25 000 tr/min. La vitesse maximale de rotation de la machine peut être inférieure à 100 000 tr/min, voire à 60 000 tr/min, voire encore inférieure à 40 000 tr/min, mieux inférieure à 30 000 tr/min.
L’invention peut convenir tout particulièrement pour des machines de forte puissance.
La machine peut comporter un seul rotor intérieur ou, en variante, un rotor intérieur et un rotor extérieur, disposés radialement de part et d’autre du stator et accouplés en rotation.
La machine peut fonctionner seule ou être couplée à une boîte de vitesse. Dans ce cas, elle est insérée dans un carter qui loge également une boîte de vitesse.
La machine comporte un stator. Ce dernier comporte des dents définissant entre elles des encoches. Le stator peut comporter des conducteurs électriques, au moins une partie des conducteurs électriques, voire une majorité des conducteurs électriques, pouvant être en
forme d'épingle en U ou en I. En variante, les conducteurs électriques peuvent comporter du fil rond.
Le stator peut être connecté en étoile ou en triangle.
La machine peut comporter un nombre de pôles compris entre 2 et 48, mieux entre 4 et 24, voire entre 6 et 12, étant par exemple de 6 ou 8.
L’invention a encore pour objet un procédé de fabrication d’un rotor de machine électrique tournante tel que défini ci-dessus.
Le procédé peut comporter l’étape consistant à introduire longitudinalement, le long de l’axe de rotation du rotor, au moins un aimant permanent dans le logement.
Dans le cas où la masse rotorique comporte plusieurs paquets de tôles empilés les uns sur les autres, le procédé peut d’abord comporter l’étape consistant à introduire longitudinalement au moins un aimant permanent dans le logement de chaque paquet de tôles, puis l’étape consistant à empiler les paquets de tôles les uns sur les autres, avec les aimants permanents dans les logements.
Brève description des dessins
[Lig 1] La figure 1 est une vue schématique et partielle, en coupe transversale, d’un rotor de machine électrique tournante selon l’invention,
[Lig 2] la figure 2 est une vue analogue à la figure 1 sans les aimants permanents, [Lig 3] la figure 3 est une vue analogue à la figure 1,
[Lig 4a] la figure 4a est une vue analogue à la figure 2 d’une variante de réalisation,
[Lig 4b] la figure 4b est une vue analogue à la figure 2 d’une variante de réalisation,
[Lig 4c] la figure 4c est une vue analogue à la figure 2 d’une variante de réalisation,
[Lig 4d] la figure 4d est une vue analogue à la figure 2 d’une variante de réalisation,
[Lig 5] la figure 5 est une vue analogue à la figure 1 d’une variante de réalisation, [Lig 6] la figure 6 est une vue analogue à la figure 1 d’une variante de réalisation. [Lig 7a] la figure 7a est une vue analogue à la figure 1 d’une variante de réalisation.
[Fig 7b] la figure 7b est une vue analogue à la figure 1 d’une autre tôle de la variante de la figure 7 a.
[Fig 8a] La figure 8a est une vue en coupe, schématique et partielle, d’une variante de réalisation de rotor.
[Fig 8b] La figure 8b est une vue en coupe, schématique et partielle, d’une variante de réalisation de rotor.
[Fig 8c] La figure 8c est une vue en coupe, schématique et partielle, d’une variante de réalisation de rotor.
Description détaillée
On a illustré aux figures 1 à 3 un rotor 30 de machine électrique tournante selon l’invention, comportant une masse rotorique 33 dans laquelle sont ménagés des logements 10. Des aimants permanents sont insérés dans chacun des logements 10, de façon à définir des pôles du rotor. Ce rotor est destiné à être associé à un stator non représenté.
Les aimants sont dans cet exemple de forme générale rectangulaire en section transversale comme illustré dans les modes de réalisation des figures 1, 5 et 6. Chaque aimant présente, en section transversale, d’une part, un premier grand côté et un deuxième grand côté, opposé au premier, et d’autre part, un premier petit côté et un deuxième petit côté, opposé au premier. Chaque logement 10 est délimité par deux faces en regard respectivement du premier grand côté et du deuxième grand côté de l’aimant.
Les logements 10 d’un pôle sont disposés en une première rangée 11 de logements plus éloignée de l’entrefer et une deuxième rangée 12 de logements plus proche de l’entrefer.
La première rangée 11 de logements 10 comporte trois logements 10 disposés en U, avec un logement central et deux logements latéraux symétriques l’un de l’autre par rapport à un axe du pôle P.
Une longueur L2 d’un plus grand rectangle inscrit dans le logement central est dans l’exemple décrit égale à la longueur L1 du plus grand rectangle inscrit dans un logement latéral. La ‘longueur’ est mesurée selon l’axe de la rangée de logements. On désigne la longueur L3 comme la longueur d’un plus grand rectangle inscrit dans un logement de la deuxième rangée.
La largeur B du plus grand rectangle inscrit dans le logement central est égale à la largeur B du plus grand rectangle inscrit dans un logement latéral. On parle de ‘largeur’ pour désigner la dimension perpendiculaire à la longueur dans le plan d’une section transversale de la masse rotorique.
Les logements latéraux de la première rangée 11 sont pourvus d’aimants permanents, de même que le logement central. Les aimants permanents des logements latéraux et du logement central de la première rangée 11 sont identiques l’un à l’autre. Ils ont notamment la même taille en section transversale.
Chaque logement latéral de la première rangée ménagent avec le logement central un pont de matière, les deux ponts de matière ayant chacun un axe longitudinal, les deux axes étant parallèles l’un à l’autre.
En outre les deux logements latéraux de la première rangée 11 comportent un évidement 15 qui s’étend depuis le logement latéral vers le logement central. L’évidement 15 est configuré pour dépasser radialement du logement central d’une distance Y. L’évidement 15 a une largeur X et une longueur Z.
En outre, l’évidement 15 a un bord qui s’étend au moins partiellement parallèlement à un bord du logement central.
La deuxième rangée 12 comporte deux logements disposés en V. Ils sont symétriques l’un de l’autre par rapport à un axe du pôle P. Dans l’exemple décrit, tous les logements de la deuxième rangée 12 sont pourvus d’aimants permanents. Les aimants permanents de la deuxième rangée sont identiques l’un à l’autre. Ils ont notamment la même taille en section transversale. En revanche, les aimants permanents de la deuxième rangée ont une taille différente des aimants permanents de la première rangée, étant plus petits. La largeur A d’un logement de la deuxième rangée est inférieure à la largeur B d’un logement de la première rangée.
Une dimension radiale W entre le fond de la deuxième rangée et la première rangée peut être comprise entre une fois la largeur B du logement central et le triple de celle- ci.
Les logements latéraux de la première rangée 11 ainsi que les logements de la deuxième rangée 12 comportent au moins une butée 16 de maintien de l’aimant permanent destiné à être reçu dans le logement, cette butée 16 étant située vers l’entrefer.
On définit l’ouverture angulaire a3 de la deuxième rangée 12. Cette ouverture angulaire a3 est supérieure à deux fois la somme de l’ouverture angulaire al entre deux pôles consécutifs et l’ouverture angulaire a2 entre les première et deuxième rangées. On peut écrire a3 > 2 (al + a2). Dans l’exemple décrit, on a a3 = 1,2 * 2 (al + a2). Les ouvertures angulaires sont mesurées à la surface du rotor, au niveau de l’entrefer, pour un pôle donné du rotor, comme illustré sur la figure 2.
Par ailleurs, on peut définir l’ouverture angulaire a3 de la deuxième rangée par la relation suivante : a3 = k 2p/(2r), où p est le nombre de paires de pôles du rotor qui est dans l’exemple décrit 4, et k le coefficient d’ouverture polaire, qui est égal à 34,6%.
Un angle a4 entre les logements 10 adjacents de deux pôles consécutifs est dans l’exemple décrit de 24,8°. Les deux logements adjacents considérés pour la mesure de l’angle a4 entre les deux pôles consécutifs sont des logements de la première rangée.
A titre d’exemple, on donne en référence à la figure 3 des valeurs d’angle et d’ouvertures angulaires. Les aimants latéraux de la première rangée 11 font entre eux un angle bΐ de 70° environ. Les aimants de la deuxième rangée 12 font entre eux un angle b2 de 103° environ.
L’ouverture angulaire a3 de la deuxième rangée 12 est d’environ 13 mm. L’ouverture angulaire a5 de la première rangée 11 est d’environ 30 mm.
Enfin un écart D entre les deux évidements des logements latéraux de la première rangée 11 est d’environ 15 mm.
Bien entendu, les formes des logements 10 et des évidements 15 pourraient varier sans que l’on sorte du cadre de la présente invention. A titre d’exemple, on a illustré aux figures 4a à 4d des variantes de réalisation.
Dans l’exemple de la figure 4a, les logements de la deuxième rangée 12 sont allongés en pointe de façon à réduire la distance W entre le fond de la deuxième rangée et la première rangée.
Dans l’exemple de la figure 4b, les évidements 15 des logements de la première rangée 12 sont raccourcis, ne dépassant pas radialement du logement central.
Dans l’exemple de la figure 4c, les évidements 15 des logements de la première rangée 12 sont au contraire allongés, se terminant en demi-cercle.
Dans l’exemple de la figure 4d, les évidements 15 des logements de la première rangée 12 sont séparés du reste du logement par une butée 17 de maintien de l’aimant permanent.
Dans l’exemple de réalisation des figures 1 et 2, les logements latéraux de la première rangée 11 sont pourvus d’aimants permanents, de même que le logement central, ces aimants étant tous identiques.
Dans la variante de réalisation illustrée à la figure 5, le logement central de la première rangée 11 est pourvu d’un aimant permanent plus petit que les aimants permanents des logements latéraux, de longueur L4 inférieure à la longueur L1 ou à la longueur L2.
En variante encore, comme illustré à la figure 6, le logement central de la première rangée peut être vide, étant dépourvu d’aimant permanent.
Dans la variante de réalisation illustrée aux figures 7a et 7b, certaines tôles du rotor comportent des languettes déformables 19 qui se raccordent chacune à une face du logement correspondant, comme illustré à la figure 7a, tandis que d’autres tôles de l’empilement n’en comportent pas, comme illustré à la figure 7b. Dans l’exemple illustré, seuls les logements latéraux des premières rangées et les logements des deuxièmes rangées comporte une telle languette déformable 19.
Les languettes déformables 19 s’étendent chacune dans le logement correspondant. Chaque languette déformable 19 comporte une portion qui est pliée de manière à être plaquée contre un petit côté de l’aimant correspondant. La portion pliable de la languette déformable 19 est pliée en dehors du plan des tôles, selon un axe de pliure de la languette déformable 19 s’étendant dans un plan parallèle au plan de la tôle.
Dans les exemples décrits, la machine comporte un nombre de pôles de 8. Bien entendu, on ne sort pas du cadre de la présente invention si celui-ci est différent, étant par exemple de 6.
Dans une variante de réalisation illustrée à la figure 8a, les tôles de la masse rotorique comportent des crans 62 à la surface de la masse rotorique faisant face à l’entrefer
E.
Dans cet exemple, les crans sont de forme partiellement en ellipse, avec une profondeur br, mesurée radialement dans le plan de la tôle, supérieure à la largeur ar du cran 62, mesurée circonférentiellement dans le plan de la tôle.
Dans l’exemple de la figure 8a, un pôle du rotor comporte quatre crans 62 répartis symétriquement de part et d’autre d’un axe du pôle.
Notamment lorsque les crans d’un pôle ne sont pas répartis symétriquement, les crans des tôles d’un premier paquet de la masse rotorique sont décalés angulairement par rapport aux crans des tôles d’un deuxième paquet de la masse rotorique.
A titre d’exemple, on a illustré à la figure 8b un rotor formé de deux tôles identiques retournées, afin de former deux paquets 50a, 50b de tôles comportant chacun deux crans 62 décalés angulairement.
Dans l’exemple de la figure 8c, le rotor comporte quatre paquets 50a, 50b, 50c, 50d, comportant chacun un seul cran 62 décalé angulairement. Les crans 62 diffèrent ici par leur profondeur.
Bien entend, on ne sort pas du cadre de la présente invention si le rotor comporte une configuration différente de celles illustrées, par exemple par le nombre de paquets, par la position des crans ou leur forme ou dimension.