SUPERVISION D'UNE CLASSE MOBILE
L'invention concerne le domaine de l'assistance électronique à l'enseignement, en particulier l'enseignement à de jeunes enfants (élèves d'école maternelle ou primaire).
Certaines techniques d'enseignement font intervenir des tablettes, à savoir des ordinateurs portables très plats dont l'essentiel de la surface de l'une des deux faces principales est constitué d'un écran. Il peut s'agir notamment de tablettes conventionnelles conçues pour un usage générique (et non pas spécifiquement pour l'enseignement aux jeunes enfants).
Ces tablettes peuvent être des tablettes tactiles. Elles peuvent alors être utilisées pour écrire directement sur l'écran, soit avec un ou plusieurs doigts, soit par l'intermédiaire d'un stylet, ce qui peut être préférable dans le cadre de l'apprentissage de l'écriture car cela s'apparente à l'usage d'un stylo (ou plus généralement d'un « outil scripteur »).
Cependant, les systèmes existants ne permettent qu'une supervision limitée des activités des élèves. L'accent est généralement mis sur la réutilisation de tablettes génériques du commerce (non dédiées au domaine de l'éducation des jeunes enfants). Ces tablettes sont conçues davantage comme des outils individuels que comme un ensemble d'outils, supervisables collectivement par un enseignant.
L'invention vise à améliorer la situation. Un aspect de l'invention concerne un système d'assistance électronique à l'enseignement, comprenant :
- une pluralité de tablettes tactiles sans fil, comprenant chacune un circuit d'identification d'utilisateur,
- un ordinateur d'enseignement stockant une liste d'élèves, agencé pour transmettre à chaque tablette tactile sans fil dont l'utilisateur identifié est un élève de la liste un contenu éducatif,
- un circuit de supervision agencé pour enregistrer les saisies tactiles effectuées au niveau de l'ensemble des tablettes tactiles sans fil dont l'utilisateur identifié est un élève de la liste d'élèves, dans un fichier lié audit élève et comprenant les coordonnées spatiales de la saisie tactile considérée ainsi qu'un marqueur temporel indiquant l'instant de la saisie tactile, et pour rejouer, sur requête de l'ordinateur d'enseignement, le contenu éducatif transmis à la tablette tactile utilisée par un élève donné de la liste d'élèves, et, simultanément, le résultat des saisies tactiles effectuées sur cette tablette tactile.
Ce système est avantageux non seulement en ce qu'il permet une supervision de classe, mais également en ce que la quantité de données générées pour cette supervision est réduite, ce qui permet d'économiser de la bande passante. Notamment, lorsqu'une trentaine de tablettes sont simultanément en communication sur le réseau sans fil, un usage parcimonieux des ressources radio est avantageux. Le système est également avantageux en ce qu'il permet d'économiser de l'espace de stockage. La supervision de classe permise par ce système améliore l'interactivité de l'enseignement. Un autre aspect de l'invention concerne un procédé d'assistance électronique à l'enseignement à l'aide d'un système comprenant:
- une pluralité de tablettes tactiles sans fil, comprenant chacune un circuit d'identification d'utilisateur,
- un ordinateur d'enseignement stockant une liste d'élèves, agencé pour transmettre à chaque tablette tactile sans fil dont l'utilisateur identifié est un élève de la liste un contenu éducatif,
- un circuit de supervision,
le procédé comprenant:
/a/ un enregistrement, par le circuit de supervision, des saisies tactiles effectuées au niveau de l'ensemble des tablettes tactiles sans fil dont l'utilisateur identifié est un élève de la liste d'élèves, dans un fichier lié audit élève et comprenant les coordonnées spatiales de la saisie tactile considérée ainsi qu'un marqueur temporel indiquant l'instant de la saisie tactile, et
/b/ un rejeu, sur requête de l'ordinateur d'enseignement, du contenu éducatif transmis à la tablette tactile utilisée par un élève donné de la liste d'élèves, et simultanément, le résultat des saisies tactiles effectuées sur cette tablette tactile.
Ce procédé est avantageux non seulement en ce qu'il permet une supervision de classe, mais également en ce que la quantité de données générées pour cette supervision est réduite, ce qui permet d'économiser de la bande passante. Le procédé est également avantageux en ce qu'il permet d'économiser de l'espace de stockage. La supervision de classe permise par ce procédé améliore l'interactivité de l'enseignement.
Un autre aspect de l'invention concerne un programme d'ordinateur comprenant une série d'instructions mettant en œuvre le procédé selon un aspect de l'invention lorsque ces instructions sont exécutées par un ou plusieurs processeur(s).
Un autre aspect de l'invention concerne un support de stockage non transitoire lisible par ordinateur, comprenant un programme d'ordinateur selon un aspect de l'invention.
Ce programmes et ce support de stockage procurent les avantages du procédé mis en œuvre, ainsi qu'une flexibilité accrue par rapport à une mise en œuvre purement matérielle du procédé (en particulier, les modifications ou mises à jour du système peuvent être facilitées).
D'autres aspects, buts et avantages de l'invention apparaîtront de manière non limitative à la lecture de la description de quelques uns de ses modes de réalisation.
L'invention sera également mieux comprise à l'aide des dessins, sur lesquels :
la Figure 1 illustre un système selon un mode de réalisation possible;
la Figure 2 illustre différentes étapes d'un procédé selon un mode de réalisation possible.
La figure 1 représente un système comprenant un système comprenant un ordinateur d'enseignement, un ensemble de tablettes tactiles T1 , T2 ... TN, et un circuit de supervision SV. L'ordinateur d'enseignement comprend un ordinateur portable PC utilisable par un enseignant, connecté à un serveur SRV. Le serveur SRV gère les tablettes tactiles, et comprend le circuit de supervision SV.
Un premier mode de réalisation concerne un système d'assistance électronique à l'enseignement.
Le système comprend une pluralité de tablettes tactiles sans fil, comprenant chacune un circuit d'identification d'utilisateur.
Le système comprend un ordinateur d'enseignement stockant une liste d'élèves, agencé pour transmettre à chaque tablette tactile sans fil dont l'utilisateur identifié est un élève de la liste un contenu éducatif.
Le circuit d'identification d'utilisateur peut être un processeur (il peut même s'agir d'un processeur existant de la tablette, tel que son processeur principal), associé à une mémoire stockant un programme adapté pour la mise en œuvre de l'identification. Le circuit d'identification peut être agencé pour vérifier auprès de l'ordinateur d'enseignement que l'identifiant saisi correspond bien à un élève de la classe. Le circuit d'identification peut également être un circuit électronique dédié, tel qu'un ASIC ou un FPGA, voire un circuit électronique préparé entièrement sur mesure, ou un microcontrôleur dédié. Il peut également s'agir d'une combinaison d'un composant de la tablette et d'un composant de l'ordinateur d'enseignement. Le circuit d'identification peut ainsi obtenir de la part d'un composant de l'ordinateur d'enseignement la liste d'élèves enregistrée dans l'ordinateur d'enseignement, présenter cette liste sur l'écran de la tablette tactile et demander à l'utilisateur de cliquer sur son nom. Le circuit peut également demander à l'utilisateur d'écrire son nom (en cliquant sur des lettres affichées, ou à l'aide d'un clavier). Selon un mode de réalisation possible, le circuit d'identification se contente d'afficher des informations transmises par l'ordinateur d'enseignement (par exemple la liste d'élèves sous forme d'une image JPEG transmise), et de renvoyer à l'ordinateur
d'enseignement la sélection de l'utilisateur (un index dans une liste, ou les coordonnées d'un point sélectionné à l'écran, etc.). L'ordinateur d'enseignement déduit alors lui-même de quel élève il s'agit (et renvoie éventuellement l'identification de l'élève à un composant du circuit d'identification situé dans la tablette). Les tablettes peuvent être banalisées (et non pas liées à un élève particulier), ainsi, chaque fois que les élèves vont chercher une tablette pour un exercice nécessitant une tablette, ils peuvent être amenés à utiliser une tablette différente.
L'ordinateur d'enseignement peut être un ordinateur personnel portable conventionnel équipé d'un logiciel approprié selon l'invention. Plutôt que d'un ordinateur portable, il peut également s'agir d'un ordinateur de bureau (équipé d'une tour, d'un écran séparé et d'un clavier séparé) comprenant un logiciel approprié, ou d'une console de commande quelconque équipée d'un logiciel approprié.
L'ordinateur d'enseignement peut également être constitué de plusieurs éléments. Par exemple, l'ordinateur d'enseignement peut être un serveur physique (stockant la liste d'élèves) associé à un ordinateur portable ou de bureau offrant une interface utilisateur à un enseignant (le serveur n'étant pas nécessairement équipé d'un écran ni d'un clavier). Le serveur physique peut se trouver dans la salle de classe, par exemple dans une station d'accueil, et communiquer avec l'ordinateur de bureau ou portable (qui peut se trouver par exemple sur le bureau de l'enseignant, dans la classe) par une communication filaire (Ethernet ou autre) ou sans fil (par exemple WiFi).
Chaque tablette peut comprendre un circuit de communication sans fil WiFi apte à communiquer avec l'ordinateur d'enseignement (par exemple avec le serveur de l'ordinateur d'enseignement dans le cas où l'ordinateur d'enseignement comprend un tel serveur) via une communication WiFi (ou en tout autre protocole sans fil approprié).
Le système comprend un circuit de supervision agencé pour enregistrer les saisies tactiles effectuées au niveau de l'ensemble des tablettes tactiles sans fil dont l'utilisateur identifié est un élève de la liste d'élèves.
Le circuit de supervision enregistre ces saisies tactiles dans un fichier lié audit élève et comprenant les coordonnées spatiales de la saisie tactile
considérée (par exemple l'abscisse et l'ordonnée du point de la saisie sur l'écran, ou encore les coordonnées polaires de ce point). Le fichier lié audit élève comprend également un marqueur temporel indiquant l'instant de la saisie tactile (par exemple sous la forme du temps écoulé depuis le début de l'exercice, qui peut être exprimé par exemple en centièmes de secondes). Le marqueur temporel peut également s'appuyer sur un référentiel temporel du circuit de supervision, de la tablette, ou de l'ordinateur d'enseignement (ces trois entités peuvent d'ailleurs disposer d'un référentiel temporel commun, synchronisé par exemple à l'aide d'une entité extérieure telle qu'un serveur connecté à une horloge atomique). Ainsi, le marqueur temporel peut-il correspondre à l'heure précise (par exemple au centième de seconde près) dans le fuseau horaire sur la base duquel une de ces entités serait configurée. Les saisies tactiles peuvent résulter de saisies sur un écran tactile à l'aide d'un stylet (il peut alternativement s'agir d'une saisie directement à l'aide d'un doigt, moins précise qu'avec un stylet). Les saisies tactiles sont consécutives à l'affichage du contenu éducatif par la tablette. Elles correspondent à une interaction de l'élève avec ce contenu éducatif. Le contenu éducatif (par exemple au format HTML ou encore suivant un format propriétaire) peut être affiché à l'aide d'un logiciel installé sur la tablette (par exemple un navigateur web ou un logiciel dédié, éventuellement propriétaire) ou être contenu dans un fichier exécutable exécuté par la tablette.
L'enregistrement de coordonnées spatiales et de marqueurs temporels est avantageux notamment en ce qu'il permet la mise en œuvre d'un mécanisme de rejeu indépendant des moyens mis en œuvre pour afficher le contenu éducatif. Ainsi, il n'est pas nécessaire d'être en mesure de déterminer la signification de la saisie de l'élève (par exemple il n'est pas nécessaire de déterminer que l'élève est en train d'écrire, ou de cliquer sur un élément affiché parmi une liste d'éléments, ou encore d'effectuer toute autre tâche). Il suffit de rejouer le contenu éducatif en simulant (sans que le système ne les comprenne nécessairement) les interactions de l'élève (grâce à la mémorisation de ses saisies). Ainsi, si un nouveau type de contenus éducatifs est développé et nécessite un nouveau logiciel spécifique, il n'est pas nécessaire de modifier le procédé d'enregistrement des coordonnées spatiales
et temporelle de chaque saisie, qui reste opérationnel. Il suffit d'installer ce nouveau logiciel spécifique, ce qui minimise les problèmes d'intégration.
Il est possible d'enregistrer d'autres paramètres, tels que la force avec laquelle l'élève appuie sur le stylet (ou avec son doigt), ou l'inclinaison du stylet, si la technologie d'écran tactile et de stylet le permet. L'enregistrement de chaque saisie peut comprendre des informations supplémentaires, telles qu'un éventuel changement de palette (« couleur » du stylet, c'est-à-dire couleur représentée lorsque l'élève dessine avec le stylet). Les informations supplémentaires sont plus particulièrement pertinentes lorsqu'elles ne résultent pas directement ou indirectement de la saisie tactile de l'élève, et qu'elles ne sont donc pas déterminables en fonction de cette saisie et du contenu éducatif affiché. Ainsi, un changement d'épaisseur de trait d'écriture, initié par l'élève en cliquant sur une icône prévue à cet effet, peut être déterminé a posteriori sur la seule base des saisies de l'élève et du contenu éducatif. Par exemple, au moment de la saisie pertinente, le contenu affiché pouvait comprendre une icône de changement d'épaisseur de trait à l'endroit où l'élève a cliqué. Cependant, certains paramètres peuvent être des paramètres extérieurs. Par exemple, l'ordinateur d'enseignement peut être agencé pour intervenir sur les tablettes des élèves. Il peut notamment intervenir pour changer un paramètre d'épaisseur du stylet sur l'écran. Les points peuvent être plus ou moins gros et les traits dessinés sur l'écran plus ou moins épais, selon ce paramètre d'épaisseur. L'enseignant peut ainsi, s'il se rend compte qu'un élève qui a une mauvais vue écrit avec un trait trop fin, changer l'épaisseur de ses traits sans se déplacer (depuis l'ordinateur d'enseignement) et sans même faire intervenir l'élève. L'ordinateur d'enseignement peut également être agencé, par exemple, pour changer la couleur courante (parmi les couleurs d'une palette proposée) utilisée par l'élève, sans que l'élève n'intervienne ni ne soit interrompu dans son travail. L'ordinateur d'enseignement peut également être agencé pour permettre une telle modification de façon globale (pour un groupe d'élèves prédéterminé ou pour la classe entière). Ainsi, plutôt que de dire « prenez votre stylo bleu » et attendre (éventuellement longtemps, avec de jeunes enfants) que tous les élèves aient configuré leur stylet (par exemple en cliquant sur une icône
bleue), l'enseignant peut simplement configurer toutes les tablettes, depuis son ordinateur d'enseignement, pour que les saisies tactiles du stylet se traduisent par des marques bleues. Dans ce cas, la saisie tactile ultérieure effectuée par chaque élève peut enregistrer le changement de palette ou d'épaisseur de trait (ou de tout autre paramètre) effectué sur la tablette depuis l'ordinateur d'enseignement, dans chaque fichier lié à chacun de ces élèves. Il est également possible d'enregistrer, en même temps que les coordonnées de la saisie et un marqueur temporel (horodatage de chaque saisie), des paramètres déterminables mais qui sont longs et/ou complexes à déterminer. Ainsi, plutôt que d'effectuer des calculs longs à partir du contenu éducatif transmis et des saisies tactiles pour déterminer ces paramètres, ces paramètres sont directement enregistrés. Mais il convient généralement de ne décider d'inclure de tels paramètres dans les fichiers qu'après avoir considéré l'augmentation de la taille des fichiers et les besoins en bande passante qu'ils génèrent (lorsque ces fichiers sont échangés). Il est souvent plus opportun d'optimiser la taille des fichiers et la bande passante en évitant ces paramètres superflus, bien que cela puisse ralentir le traitement du rejeu des fichiers. Dans certains cas cependant, le rejeu des fichiers étant prévu pour être effectué à la même échelle de temps que l'échelle de temps d'enregistrement, la puissance de calcul de l'ordinateur d'enseignement pourrait s'avérer insuffisante. Plutôt que d'imposer un ordinateur d'enseignement plus puissant, une option peut alors consister à transmettre ces paramètres précalculés afin d'éviter d'avoir à les faire calculer par l'ordinateur d'enseignement.
Selon un mode de réalisation, les saisies tactiles de l'élève sont obtenues par un échantillonnage à une fréquence comprise en 5 Hz et 100 Hz. Ainsi, lorsque le stylet (ou tout autre élément tel qu'un doigt) n'est pas en contact avec l'écran, aucune saisie n'est mémorisée. Mais lorsque le stylet (ou tout autre objet) est en contact continu avec l'écran (par exemple lorsque l'élève est en train de dessiner et maintient le stylet en position appuyée), jusqu'à 100 saisies par seconde (pour une fréquence d'échantillonnage de 100 Hz) sont obtenues. Selon un mode de réalisation, une fréquence d'échantillonnage élevée (telle que 100 Hertz) est utilisée afin de pouvoir mesurer des mouvements rapides de l'élève avec une très bonne résolution.
Selon un mode de réalisation, une décimation ou une interpolation est mise en œuvre sur la base des saisies obtenues avant de les enregistrer. Ainsi, si les saisies reflètent un mouvement régulier, le circuit de supervision peut procéder à une interpolation (par exemple une interpolation polynomiale). Il peut ainsi choisir le minimum de saisies parmi toutes les saisies obtenues compte tenu de la fréquence d'échantillonnage, tel que par la méthode des moindres carrés (ou une méthode similaire) l'écart entre la courbe interpolée sur la base de ces saisies minimales et la courbe correspondant à l'ensemble des saisies réellement obtenues soit aussi faible que possible (différence inférieure à un seuil prédéterminé). Ainsi, on évite d'enregistrer une très grande quantité de saisies (telle que, pour un exemple spécifique, 700 saisies). Si la régularité des saisies tactiles s'y prête (et notamment si les saisies correspondent à une écriture très lente ou très régulière telle qu'une ligne quasiment droite), le circuit de supervision n'enregistre ainsi qu'un faible nombre de saisies (tel que, pour un exemple spécifique, 12 saisies). Ces saisies enregistrées sont éventuellement associées à une information d'interpolation, permettant (lors d'un rejeu) de déterminer de façon optimale une approximation de l'ensemble des saisies effectivement obtenues (mais dont la majorité n'a pas été enregistrée), sur la base des quelques saisies (par exemple les 12 saisies du précédent exemple) effectivement enregistrées. L'approximation par interpolation peut, selon le seuil prédéterminé, ne pas être distinguable par un œil humain de la véritable saisie. On réduit ainsi de façon potentiellement très importante le volume de saisies enregistrées, et donc la taille du fichier.
Le circuit de supervision est agencé pour rejouer, sur requête de l'ordinateur d'enseignement, le contenu éducatif transmis à la tablette tactile utilisée par un élève donné de la liste d'élèves, et, simultanément, le résultat des saisies tactiles effectuées sur cette tablette tactile. Ce rejeu peut s'effectuer sur l'ordinateur d'enseignement, émulant ainsi la tablette. Il peut s'effectuer après les cours, lorsque l'enseignant évalue le travail des élèves ou cherche à comprendre les difficultés d'un élève. L'enseignant voit ainsi ce qu'a vu l'élève lorsqu'il a été confronté au contenu éducatif, et la façon dont il a interagit avec ce contenu, exactement comme s'il avait filmé la tablette de l'élève au moment où il effectuait cet exercice.
Le circuit de supervision peut faire partie de l'ordinateur d'enseignement ou être un entité distincte (telle qu'un serveur séparé). Le circuit de supervision peut être un DSP (acronyme issu de l'anglais Digital Signal Processor). Il peut également s'agir d'un processeur conventionnel (il peut même s'agir d'un processeur existant de l'ordinateur d'enseignement, tel que son processeur principal), associé à une mémoire stockant un programme adapté pour la mise en œuvre de la supervision. Il peut également s'agir d'un circuit électronique dédié, tel qu'un ASIC ou un FPGA, voire d'un circuit électronique préparé entièrement sur mesure, ou d'un microcontrôleur dédié. Il peut également s'agir d'une combinaison d'un composant de la tablette et d'un composant de l'ordinateur d'enseignement ou d'un serveur distinct. Selon un autre mode de réalisation, le circuit de supervision peut comprendre des composants dans chacune des tablettes, ces composants étant en charge de mettre en œuvre la supervision de la tablette à laquelle ils sont intégrés, et offrant une interface de supervision à l'ordinateur d'enseignement (il peut s'agir par exemple d'une interface web accessible par un navigateur web de l'ordinateur d'enseignement).
Le contenu éducatif est un contenu interactif. Il peut comprendre notamment des exercices, auquel l'élève est censé répondre, par exemple en cliquant sur de bonnes réponses parmi toutes celles qui lui sont proposées, ou en coloriant un dessin, ou encore en recopiant des lignes d'écriture selon une consigne à l'aide du stylet. Le circuit de supervision peut être agencé pour transmettre à l'ordinateur d'enseignement le contenu éducatif précédemment transmis à la tablette, sous forme de fichier exécutable. Le contenu éducatif peut être un contenu exécuté par la tablette elle-même, par exemple sous la forme d'un fichier HTML contenant du code JavaScript traité par un navigateur web de la tablette, ou encore d'un fichier PDF contenant du code JavaScript. Le même contenu (plutôt que des copies d'écran du contenu) peut être retransmis à l'ordinateur d'enseignement.
Le contenu peut également être enregistré au sein d'un fichier directement exécutable par la tablette. Le terme "directement" signifie qu'il n'est pas nécessaire de faire ouvrir le fichier par un logiciel adapté afin de l'exécuter, mais qu'au contraire ce fichier peut être exécuté par le processeur
de la tablette sans faire appel à aucun logiciel spécifique, le fichier faisant en revanche, le cas échéant (et à sa discrétion) appel, lors de son exécution, à un système d'exploitation de la tablette ou à des logiciels spécifiques. Afin de déclencher l'exécution du fichier, il est néanmoins possible de passer par une interface graphique d'un logiciel dédié ou d'un système d'exploitation de la tablette. Ce fichier peut donc être, par exemple, un fichier au format PE (de l'anglais "Portable Exécutable"), ayant souvent une extension .EXE (l'extension d'un fichier désigne les caractères suivant le dernier point compris dans le nom du fichier), adapté pour une tablette équipée d'un système d'exploitation Microsoft Windows CE. Il peut également s'agir, notamment, d'un fichier au format ELF (de l'anglais "Exécutable and Linkable Format"), dont le nom est souvent dénué d'extension (le nom de fichier est souvent dénué de point), adapté pour une tablette équipée d'un système d'exploitation Linux, ou de tout autre format approprié selon le type de tablette.
L'ordinateur d'enseignement peut alors exécuter ce contenu et simuler les actions de l'élève à partir de l'enregistrement des saisies. Ainsi, un logiciel de l'ordinateur d'enseignement peut ouvrir un fichier (HTML, PDF ou autre) contenant le contenu éducatif (que l'on peut qualifier de "fichier de contenu"), originellement ouvert par la tablette à l'aide d'un navigateur ou d'un quelconque logiciel adapté pour ouvrir un tel fichier de contenu (le fichier de contenu peut être par exemple un simple fichier texte ne comprenant pas de code exécutable, que l'élève a visualisé sur la tablette avec un éditeur de texte et qu'il a complété selon les instructions de l'enseignant à l'aide de cet éditeur de texte, grâce par exemple à un clavier virtuel affiché à l'écran, en cliquant sur les lettres de son choix). Alternativement l'ordinateur d'enseignement peut exécuter directement ce fichier de contenu s'il s'agit d'un fichier directement exécutable. L'ordinateur d'enseignement peut alors transmettre à ce navigateur (ou autre logiciel, ou au programme résultant de l'exécution du fichier de contenu lorsque ce fichier de contenu est un fichier directement exécutable) des événements simulant des saisies tactiles mais qui en fait sont artificiellement recréés à partir du fichier lié à l'élève considéré.
Le fichier de contenu et le fichier lié à l'élève peuvent être deux fichiers distincts. Le fichier lié à l'élève peut être dupliqué (par exemple sur la tablette
et/ou sur d'autres entités telles que l'ordinateur d'enseignement) et mis à jour en parallèle (chaque instance du fichier étant mise à jour par exemple de façon synchronisée, en temps réel, ou au contraire de façon ponctuelle, par exemple en fin de séance). Selon un autre mode de réalisation, le fichier lié à l'élève est en fait un fichier de contenu, qui est modifié par adjonction des saisies de l'élève (les saisies étant représentées au moins par leurs coordonnées spatiales et temporelle). Dans ce cas, un fichier de contenu peut être par exemple initialement présent dans l'ordinateur d'enseignement (ou ailleurs), puis transmis à la tablette pour affichage (le fichier de contenu est alors dupliqué sur deux ordinateurs distincts que sont par exemple la tablette et l'ordinateur d'enseignement), puis mis à jour, au fur et à mesure des saisies de l'élève (le système peut mettre à jour les deux versions de fichier de contenu ou seulement l'une des deux).
L'enseignant peut ainsi observer la manière dont l'élève concerné a appréhendé l'exercice. Il peut notamment juger non seulement du résultat final (par exemple l'écriture de lettres et de chiffres) mais également la méthode utilisée pour parvenir à ce résultat. Il peut ainsi se rendre compte, par exemple, que l'élève ne forme pas les lettres ou les chiffres (ou certains d'entre eux seulement) selon l'ordre demandé par l'enseignant. Par exemple, il peut se rendre compte que l'élève forme le chiffre 8 en commençant par dessiner un grand cercle en bas puis un plus petit cercle au dessus, ce qui n'est pas conforme à la méthode enseignée, quand bien même le résultat final serait satisfaisant. L'enseignant peut également comprendre, par exemple, pourquoi un élève est lent, ou identifier les aspects d'un exercice sur lesquels l'élève a été amené à passer beaucoup de temps ou à modifier de nombreuses fois sa réponse initiale avant de fixer sa réponse finale (juste ou fausse).
Selon un mode de réalisation, le circuit de supervision est également agencé pour superviser une tablette en temps réel (en plus ou en alternative à l'enregistrement de la session de l'élève pour une visualisation différée par l'enseignant). Le circuit de supervision peut ainsi transmettre les informations saisies à l'ordinateur d'enseignement. Ainsi, l'enseignant peut à tout moment
contrôler ce qu'un élève est en train de faire à partir de l'ordinateur d'enseignement sans avoir à se rendre jusqu'à la table de l'élève.
Selon un mode de réalisation le circuit de supervision comprend un convertisseur permettant de transformer le fichier lié à un élève donné (en combinaison avec le contenu éducatif considéré) en une vidéo selon un format d'enregistrement courant, tel qu'un format MPEG4, DIVX, H264, WMV, ou RealVideo. Ainsi, l'ordinateur d'enseignement peut permettre de transmettre aux parents d'élèves les travaux de leurs enfants, sans que les parents n'aient besoin d'un logiciel ou d'un système particulier apte à décoder le fichier lié à un élève. Évidemment, l'enregistrement vidéo, bien que plus facilement utilisable par des parents d'élèves, subit le cas échéant une perte de qualité liée à la compression vidéo, et prend une place très importante comparé à l'enregistrement selon l'invention. Ces vidéos peuvent être enregistrées sur un serveur de fichier intégré à l'ordinateur d'enseignement (il peut également s'agir d'un matériel séparé du matériel de l'ordinateur d'enseignement comprenant l'interface utilisateur utilisée par l'enseignant, par exemple l'enseignant peut disposer d'un ordinateur portable et le serveur de fichier peut être un serveur physique distinct connecté à cet ordinateur portable, et formant en combinaison avec lui « l'ordinateur d'enseignement »).
Selon un mode de réalisation, le circuit de supervision est agencé, lorsqu'il enregistre un nombre insuffisant de saisies tactiles pertinentes pour une tablette tactile sans fil donnée pendant une durée supérieure à un seuil prédéterminé, pour notifier cet événement d'insuffisance de saisies tactiles pertinentes à l'ordinateur d'enseignement.
Il est possible de prévoir plusieurs seuils, susceptibles chacun de déclencher une notification d'événement, en fonction d'un nombre de saisies tactiles pendant une durée associée à chaque seuil.
Selon un mode de réalisation, toute saisie tactile est considérée comme pertinente.
Selon un mode de réalisation, le circuit de supervision notifie un événement d'insuffisance en cas d'absence totale d'interaction de l'élève avec
la tablette (absence de saisie tactile) lorsque cette absence excède une durée prédéterminée (par exemple deux minutes).
Selon un mode de réalisation, le circuit de supervision notifie un événement d'insuffisance lorsque le nombre de saisies tactiles (quelles qu'elles soient, c'est-à-dire que toute saisie tactile est considérée comme a priori pertinente) de l'élève avec la tablette est inférieur à une valeur donnée et lorsque ce nombre reste inférieur à cette valeur pendant une durée excédant une durée prédéterminée (par exemple exemple moins de trois saisies tactiles pendant cinq minutes).
Selon un autre mode de réalisation, le circuit de supervision est agencé pour identifier un certain nombre de saisies tactiles comme étant non pertinentes (ne devant pas être prises en compte lors de la décision de notifier un événement d'insuffisance). Par exemple, des saisies sur des zones d'écran non actives peuvent être considérées comme non pertinentes. Une zone non active est une zone à laquelle aucune action n'est associée (à l'exception de la détection de la saisie et de la constatation qu'aucune action ne lui est associée), la saisie tactile étant équivalente du point de vue du résultat produit à une absence de saisie. Éventuellement, des saisies visant à effectuer des réglages (réglage de luminosité de la tablette, réglage du volume sonore si la tablette diffuse un son, éventuellement via un casque, etc.) peuvent être considérées comme non pertinentes. Certaines saisies visant par exemple à faire défiler un texte, effectuer un zoom, ou modifier l'orientation d'une image, peuvent être considérées comme non pertinentes. Chaque contenu éducatif peut être associé à un ensemble particulier de types de saisies considérées comme non pertinentes dans le contexte de ce contenu éducatif.
Ainsi, selon un mode de réalisation, le circuit de supervision notifie une absence de saisies pertinentes de l'élève (c'est-à-dire que les seules saisies éventuellement identifiées sont exclues comme étant non pertinentes) lorsque cette absence excède une durée prédéterminée (par exemple cinq minutes).
Selon un autre mode de réalisation, le circuit de supervision notifie le fait que le nombre de saisies pertinentes de l'élève (c'est-à-dire une fois exclues les saisies considérées comme étant non pertinentes) pendant une durée prédéterminée est inférieur à une valeur prédéterminée (par exemple
moins de quinze saisies tactiles pertinentes en dix minutes). Cette valeur prédéterminée peut par exemple correspondre au nombre de saisies moyens nécessaire pour effectuer un exercice moyen pendant une période de temps, éventuellement minoré d'un certain pourcentage. Cette minoration éventuelle permet de ne pas signaler les élèves un peu lents, qui sont éventuellement connus, mais de se concentrer plutôt sur ceux ne travaillent vraiment pas assez, et permettre de remédier à ce défaut de travail. Ce mode de réalisation s'applique particulièrement bien aux exercices pour lesquels le nombre d'interactions de l'élève avec la tablette (nombre de saisies tactiles) est censé être réparti d'une manière sensiblement linéaire (par exemple pour les séries de questions courtes et de complexité homogène).
Ainsi, l'enseignant peut se rendre compte qu'un élève ne travaille pas ou nettement trop lentement, alors que, occupé peut-être par d'autres élèves (par exemple des élèves turbulents) ce fait aurait pu lui échapper.
La notification par le circuit de supervision peut déclencher l'affichage, sur un écran de l'ordinateur d'enseignement, d'une liste de tablettes actives (si cette liste n'est pas déjà affichée par défaut). Chaque tablette active peut être associée à une icône. Par exemple une icône verte peut indiquer que l'élève interagit régulièrement avec sa tablette. Une icône jaune peut indiquer que l'élève n'a saisi aucune information (ou aucune information pertinente, ou nettement trop peu d'information ou nettement trop peu d'information pertinente, selon la configuration choisie) depuis un temps supérieur à un seuil déterminé (par exemple une minute). Une icône rouge peut indiquer qu'un autre seuil (par exemple cinq minutes) est dépassé alors que l'élève n'a saisi aucune information (ou aucune information pertinente, ou nettement trop peu d'information ou nettement trop peu d'information pertinente, selon la configuration choisie). Le circuit de supervision peut envoyer un message à l'ordinateur d'enseignement (ou déclencher une interruption logicielle, ou utiliser tout mode de notification approprié) afin de l'informer de tout dépassement de seuil sur l'une quelconque des tablettes, et mettre à jour l'affichage. Il peut déclencher l'émission d'un son particulier attirant l'attention de l'enseignant et de l'élève à chaque fois qu'un seuil est franchi. Ce son peut notamment être émis sur la tablette de l'élève concerné, sur l'ordinateur
d'enseignement, ou sur les deux à la fois. Cette option peut être désactivée pour éviter par exemple de stigmatiser un élève.
Afin de rendre l'affichage des tablettes sur l'ordinateur d'enseignement plus convivial, les dispositions suivantes peuvent être prises. Les tablettes peuvent être équipées d'accéléromètres afin de connaître leur position dans la classe. Il faut au minimum deux accéléromètres (un selon un axe horizontal et un selon un autre axe horizontal). Il peut être avantageux d'ajouter un accéléromètre selon un axe vertical pour mesurer également la hauteur de la tablette (mais ce n'est pas indispensable en général). La connaissance de la hauteur peut aider à localiser une tablette temporairement égarée (rangée par exemple par une personne autre que l'enseignant, telle qu'un élève ou une personne chargée du ménage de la classe, voire par l'enseignant lui-même mais dans une armoire mal rangée par exemple). Il est possible d'utiliser plus d'accéléromètres, il est ainsi possible d'utiliser six accéléromètres afin de connaître la position avec plus de précision. Il est également possible de prévoir des gyroscopes afin de connaître l'orientation de chaque tablette, mais ce n'est pas indispensable dans ce contexte (en général).
Le circuit de supervision peut ainsi afficher une liste d'élèves (triée alphabétiquement, ou selon un autre critère, ou non triée), mais aussi afficher un plan de classe correspondant à la position réelle des élèves (telle que communiquée par les accéléromètres de leur tablette) dans la classe, ce qui peut être très pratique pour l'enseignant. Ceci peut lui éviter d'avoir à créer son plan de classe manuellement dans le système. De plus, ceci reflète la situation réelle, avec par exemple des changements de positions inopinés de certains élèves, par exemple pour éloigner deux élèves qui se disputent ou bavardent trop souvent. Ceci permet également une prise en compte automatique de la création de sous groupes (pédagogie différenciée, ou sous groupes définis arbitrairement dans le cadre d'un exercice particulier). Il se peut également que les enfants soient assis par terre (par exemple dans un coin bibliothèque de la classe), selon une disposition imprévisible à l'avance. Le système peut également être utilisé pour des cours de musique ou d'arts plastiques (ou de familiarisation à la littérature, dans la bibliothèque de l'école), ou plus généralement des cours animés non par l'enseignant habituel de la classe
mais par un enseignant spécialisé (ou un bibliothécaire, etc.), qui peuvent ne pas connaître tous les élèves (surtout lorsqu'ils sont en charge d'un très grand nombre d'élèves), en particulier les plus timides. De plus ces cours peuvent avoir lieu dans un environnement différent de la classe habituelle (salle de musique, salle d'arts plastiques, etc.), qui peut être équipé de son propre système d'assistance électronique à l'enseignement. Le système peut également être utilisé par un enseignant remplaçant, ne connaissant pas bien les élèves de la classe de l'enseignant absent. Ainsi, obtenir un plan de classe automatique et dynamique peut être extrêmement avantageux, les informations affichées sur l'ordinateur d'enseignement étant immédiatement exploitables.
Selon un mode de réalisation, le système comprend une station d'accueil agencée pour accueillir la pluralité de tablettes sans fil (lorsqu'elles ne sont pas utilisées en classe), et éventuellement pour assurer le chargement en parallèle de batteries des tablettes. Cette station d'accueil peut être agencée pour réinitialiser les accéléromètres des tablettes (et éventuellement réinitialiser leurs gyroscopes si elles en ont). En effet, la mesure angulaire donnée par un gyroscope, ainsi que la position donnée par un accéléromètre, sont obtenus par intégration, ce qui signifie que les erreurs se cumulent et que l'imprécision des mesures données (angle ou position estimée selon un axe donné) croît avec le temps. Les gyroscopes et accéléromètres sont en effet initialisés avec leur attitude et position courantes, puis ils mettent à jour leur position et leur attitude par double intégration de l'accélération qu'ils mesurent. L'attitude (ou orientation) désigne, en trois dimensions, la direction de trois axes de référence d'un objet par rapport à un trièdre de référence. Cette mise à jour diverge au bout d'un certain temps (à cause des petites erreurs accumulées) et il peut être nécessaire de redonner aux accéléromètres (respectivement aux gyroscopes) leur véritable position (respectivement attitude). Selon un mode de réalisation, on considère en première approximation que lorsque les tablettes sont dans leur station d'accueil, elles sont situées à la même position et attitude, et l'on réinitialise tous les accéléromètres (et gyroscopes, si elles en ont) à une seule et unique position (par exemple la position (0,0,0)) et une seule et unique attitude (par exemple
(0,0,0)). Ceci signifie que l'imprécision sur la mesure de la position des tablettes est d'un ordre de grandeur similaire à la distance maximale entre les deux ports d'accueil de tablette les plus éloignés l'un de l'autre (au sein de la station d'accueil), soit généralement une distance qui peut être de l'ordre d'un mètre. Dans le cas où les tablettes comportent des gyroscopes, et où ces gyroscopes sont réinitialisés de la façon indiquée, il est nécessaire que la station d'accueil soit agencée de telle façon que les attitudes des tablettes qui y sont insérées soient sensiblement identiques (tout écart introduisant une imprécision dans la détermination des attitudes des tablettes).
Selon un mode de réalisation, la réinitialisation de chaque accéléromètre de chaque tablette tient compte du port dans lequel chaque tablette est insérée, ce qui supprime l'imprécision due à l'approximation selon le paragraphe précédent. La position de chaque port, lorsqu'une tablette y est insérée et est en charge, est réputée fixe par rapport à la station d'accueil. La station d'accueil est agencée pour connaître la position et l'attitude de chaque tablette en charge dans un port donné (identifié par exemple par un numéro de port ou tout autre identifiant) par rapport à la station d'accueil. Ces position et attitude sont définis lors de la conception de la station d'accueil et sont indépendants de la position et de l'attitude de la station d'accueil elle-même.
Ainsi, lorsque la position et l'attitude d'une tablette chargée par un port sont connus, il est possible de déduire immédiatement la position et l'attitude des tablettes en charge dans tous les autres ports. Les positions relatives des tablettes constituent une information suffisante (leur positions absolues seraient potentiellement utiles, mais ne sont pas indispensables en général). Ainsi, le fait de ne pas nécessairement connaître la position et l'attitude de la station d'accueil elle-même n'est pas un problème selon ce mode de réalisation. La position d'une tablette chargée par un port est entièrement déterminée par l'abscisse, l'ordonnée et la hauteur d'un point de référence de la tablette, et l'orientation spatiale de la tablette est entièrement déterminée par l'angle de lacet, de roulis et de tangage de la tablette. Selon un mode de réalisation, seuls importent l'abscisse et l'ordonnée de la tablette. Les différents ports de la station d'accueil peuvent être espacés verticalement et dans un plan horizontal. Par exemple, il peut y avoir dans la station d'accueil
trente deux ports fixes, ayant tous la même attitude, répartis sur quatre colonnes, deux colonnes consécutives étant chacune espacées horizontalement de 25cm l'une de l'autre, deux ports consécutifs d'une même colonne étant espacés verticalement de 12cm. Ceci est équivalent à dire que la station d'accueil comprend huit lignes de quatre ports, espacées verticalement l'une de l'autre de 12cm. Ainsi, la réinitialisation des accéléromètres des tablettes peut comprendre la fixation de l'abscisse courante des accéléromètres indiquant l'abscisse des tablettes à zéro, la fixation de l'ordonnée courante des accéléromètres indiquant l'ordonnée des tablettes de la première colonne à zéro, la fixation de l'ordonnée courante des accéléromètres indiquant l'ordonnée des tablettes de la deuxième colonne à 25cm, la fixation de l'ordonnée courante des accéléromètres indiquant l'ordonnée des tablettes de la troisième colonne à 50cm et la fixation de l'ordonnée courante des accéléromètres indiquant l'ordonnée des tablettes de la quatrième colonne à 75cm. Si l'on repère également les tablettes par leur hauteur, la station d'accueil peut réinitialiser les accéléromètres des trente deux tablettes de la manière indiquée précédemment, en fixant de surcroît la hauteur courante des accéléromètres indiquant la hauteur des tablettes de la première ligne à zéro, celle des tablettes de la deuxième ligne à 12cm, et celle des tablettes de la ligne numéro n, n étant compris entre 3 et 8, à (n-1 )*12cm.
Ainsi, il est possible de représenter l'ensemble des tablettes à l'écran dans un référentiel lié à la station d'accueil, et de permettre à l'enseignant d'appliquer une rotation de son choix à l'affichage si les tablettes ne sont pas orientées selon la direction qui lui semble la plus intuitive. Selon un mode de réalisation, l'ordinateur d'enseignement comprend un ordinateur portable d'enseignant, qui peut lui même être chargé par la station d'accueil et comprendre des accéléromètres (et éventuellement des gyroscopes). Cet ordinateur portable peut être affiché d'une façon différente des tablettes (par exemple d'une couleur différente et d'une taille plus importante), et aider l'enseignant à se repérer immédiatement sur le plan de classe.
Selon un mode de réalisation, les tablettes comprennent des gyroscopes, par exemple un gyroscope selon chacun des trois axes de rotations. Lorsque les tablettes sont dans la station d'accueil, et lorsque tous
les ports ont la même attitude et un angle de tangage et de roulis nuls dans un référentiel dont l'axe vertical coïncide avec la verticale de la classe, il est possible de réinitialiser les trois gyroscopes (en plus des accéléromètres) de chaque tablette en fixant à zéro les angles fournis par chacun des trois gyroscopes. Si en revanche les ports sont inclinés vers le bas afin de permettre aux tablettes de glisser vers une position stable au fond du port par gravité (pour leur charge), il est possible de fixer la valeur de l'angle de tangage à la valeur de cet angle d'inclinaison des ports (fixé par construction de la station d'accueil), et de laisser les angles de roulis et de lacet à zéro.
Selon un autre mode de réalisation, la station d'accueil est organisée autrement, mais la position et l'attitude de chacune des tablettes insérées sont comme précédemment fixes par rapport à celles de la station d'accueil. Par exemple, la station d'accueil peut comprendre des ports disposés le long d'arcs de cercle superposés. Il est possible d'enregistrer pour chaque port les six paramètres que constituent les angles de lacet, de roulis et de tangage, ainsi que les trois coordonnées (pouvant correspondre à celles du centre de gravité de la tablette), pour une tablette en charge dans ce port, dans le référentiel de la station d'accueil. La réinitialisation des accéléromètres et gyroscopes de chaque tablette est ainsi réalisée en fixant leurs valeurs comme étant égale aux six paramètres (trois coordonnées et trois angles) associés au port dans lequel cette tablette est chargée.
Selon un mode de réalisation, la station d'accueil est mobile (par exemple montée sur roulettes). Dans ce cas, faute de dispositions supplémentaires (telles que celles proposées ci-après), l'enseignant doit être informé que toutes les tablettes doivent être rangées en même temps dans la station aux fins de réinitialisation de leurs accéléromètres et/ou gyroscopes (et éventuellement de rangement et/ou de rechargement des batteries), ou du moins que la station d'accueil ne doit pas être déplacée tant que les accéléromètres et gyroscopes de toutes les tablettes n'ont pas été réinitialisés (à moins de les réinitialiser à nouveau dans la nouvelle position de la station d'accueil). En pratique on peut supposer que la réinitialisation est effectué au moins une fois par jour (en fin de journée, les tablettes sont typiquement toutes rangées et chargées). La réinitialisation peut être automatique. Il est
avantageux qu'elle soit effectuée au moment où la tablette sort de la station d'accueil (ou du moins le plus tard possible avant de sortir), pour qu'elle soit le plus à jour possible (et ait une dérive minimale). Pour ce faire, dès qu'une tablette est insérée dans la station d'accueil, la réinitialisation peut être continue tant que la tablette n'est pas sortie. Alternativement, la réinitialisation peut s'effectuer toutes les minutes (ou selon tout délai spécifié) dès que la tablette est insérée dans la station d'accueil et jusqu'à ce qu'elle en soit sortie. La réinitialisation peut également être manuelle, sur ordre de l'enseignant à l'aide de l'ordinateur d'enseignement.
Selon un autre mode de réalisation, la station d'accueil peut elle même être équipée d'un ensemble d'accéléromètres et de gyroscopes lui permettant de connaître sa propre position. Il est utile pour la station d'accueil de disposer d'au moins deux accéléromètres et d'au moins un gyroscope. Un accéléromètre selon l'axe vertical est généralement superflu car la station d'accueil n'a généralement pas vocation à changer d'altitude (être soulevée ou abaissée) lorsqu'elle est dans la classe (à moins que la classe comprenne une partie plus basse ou plus haute accessible à cette station d'accueil). En revanche, il est possible d'utiliser plus de deux accéléromètres dans le plan horizontal, afin d'améliorer la qualité de la mesure, par exemple la station peut contenir quatre accéléromètres. Il est également possible de prévoir des accéléromètres redondants (par exemple chacun des quatre accéléromètres peut être dupliqué) afin d'assurer une fiabilité élevée (en cas de panne d'un des accéléromètres par exemple). Selon ce mode de réalisation, la station comporte au moins un gyroscope selon l'axe vertical. Des gyroscopes selon les deux autres axes représentant le tangage et le roulis ne sont généralement pas pertinents car le sol des salles de classe est généralement plat et l'on peut en général exclure tout tangage ou roulis. Cependant certaines centrales inertielles peuvent proposer par défaut des gyroscopes selon tous les axes possibles et leur utilisation peut être opportune, même dans les cas où les mesures de deux des gyroscopes ne sont pas nécessairement très pertinentes. Selon un mode de réalisation possible, il est possible d'utiliser plusieurs gyroscopes à des fins de redondance et/ou pour améliorer la qualité de la mesure de l'angle indiquant l'orientation de la station d'accueil selon un
axe vertical (angle de lacet). La mesure de cette angle est avantageuse, car la position relative de tablettes est affectée non seulement par une translation du référentiel de la station d'accueil, mais également par une rotation de ce référentiel selon l'angle de lacet.
Une telle station d'accueil, au lieu de (ou en plus de) réinitialiser les accéléromètres (et éventuellement les gyroscopes) des tablettes, les synchronise. C'est-à-dire qu'au lieu de recopier les six paramètres fixes associés à chaque port dans les registres respectifs des trois accéléromètres et trois gyroscopes de la tablette insérée dans ce port, elle utilise ces six paramètres, mais les corrige en tenant compte de la position et de l'attitude de la station. Elle procède ainsi à un changement de référentiel, passant d'un référentiel de la station à un référentiel de la classe. Comme indiqué précédemment, il est possible d'utiliser moins de six paramètres, par exemple on peut n'utiliser que deux paramètres (abscisse et ordonnée) dans la tablette, et les mettre à jour en n'utilisant que trois paramètres de la station d'accueil (son abscisse, son ordonnée, et son angle de lacet). La station peut simultanément synchroniser et réinitialiser les accéléromètres et les gyroscopes de chaque tablette, en prévoyant deux registres pour chaque accéléromètre et chaque gyroscope de chaque tablette. Une série de registres permet ainsi de connaître sa position et son attitude dans un référentiel de la station d'accueil et une autre série de les connaître dans un référentiel de la classe.
Grâce à ces dispositions, l'enseignant peut ne mettre les tablettes à charger dans la station d'accueil que de manière non simultanée et déplacer régulièrement la station d'accueil, sans que cela ne gêne le mécanisme de synchronisation des accéléromètres et gyroscopes des tablettes, puisque le déplacement de la station d'accueil est pris en compte grâce au changement de référentiel. Il convient néanmoins de demander aux enseignants de ne pas retirer une tablette de la station d'accueil lorsqu'elle est en mouvement, ou à défaut de synchroniser les tablettes en continu ou avec un délai de rafraîchissement très bref. Le délai d'une minute proposé dans un mode de réalisation précédent pour la réinitialisation est trop long pour être transposé à
la synchronisation dans de telles circonstances, puisqu'en quelques secondes la station d'accueil peut s'être déplacée substantiellement.
En principe, la dérive des accéléromètres et du ou des gyroscopes de la station d'accueil importe peu, dans la mesure où la dérive est suffisamment lente pour qu'elle ne soit pas significatives sur une période de temps nécessaire pour synchroniser toutes les tablettes. Par exemple on peut supposer que les tablettes sont souvent utilisées juste après avoir été sorties de la station d'accueil, et sont en tout état de cause rangées et rechargées et donc synchronisées une fois par jour. La dérive sur la durée d'une journée de classe (soit environ huit heures en général - de 8h30 à 16h30), peut être considérée comme peu importante, et serait infligée dans le cas où une tablette aurait été sortie de la station à 8h30, et une autre à 16h29, les deux étant utilisées durant la dernière minute de cours. Dans ce cas les positions relatives de ces deux tablettes (telles qu'indiquées par leurs accéléromètres et gyroscopes respectifs) seraient faussées par la somme des dérives, entre 8h30 et 16h29, des accéléromètres et gyroscopes de la tablette sortie à 8h30 et des accéléromètres et gyroscopes de la station d'accueil.
Le mode de réalisation ci-dessus dans lequel la station met en œuvre une synchronisation en continu ou à intervalle très bref (lorsque les tablettes sont dans la station) permet de gérer les problèmes de dérives sans même que l'enseignant ne soit au courant de l'existence de tels problèmes. L'enseignant peut ainsi librement déplacer la station d'accueil à tout moment, et charger les tablettes de façon non simultanée, étant entendu que l'autonomie de chaque tablette lui impose en tout état de cause d'être rechargée périodiquement, ce qui permet donc une synchronisation périodique.
Cependant, un système de réinitialisation des accéléromètres et gyroscopes de la station d'accueil peut néanmoins être prévu pour éviter que leur dérive ne devienne tellement importante qu'elle crée par exemple des effets de bords indésirables. Par exemple, un accéléromètre peut dériver plus rapidement qu'un autre, et au bout d'un certain temps, indiquer une valeur pouvant provoquer des dépassements de taille de registre, ou des erreurs d'arrondis introduisant des imprécisions sur les estimations de positions. Par
exemple si un accéléromètre initialisé à zéro a dérivé au bout de quelques années à dix kilomètres, les mesures renvoyées par cet accéléromètre seront comprises dans un intervalle de quelques mètres autour de dix kilomètres. Dans un cas d'usage possible, la salle de classe mesure quinze mètres, et l'on cherche à obtenir des mesures précises à environ dix centimètres près. L'accéléromètre renverra alors une position comprise entre environ 10000,0m et 10015,0m, c'est-à-dire que la précision de la mesure qui nous intéresse (une précision à 10cm) représente environ un cent millième de la mesure renvoyée. Si l'on cherche à calculer une distance, on peut être amené à élever la mesure au carré, et la précision de la mesure qui nous intéresse représente alors un dix milliardième du carré de la mesure renvoyée, ce qui peut introduire des erreurs d'arrondis ayant un effet important sur la précision. Afin de remédier à ce risque, il est possible de travailler sur des registres de très grande taille permettant une immunité contre les erreurs d'arrondis, mais cela peut s'avérer très contraignant et réduire les performances, tout en compliquant la portabilité du logiciel et ses mises à jour (dans le cas d'une implémentation logicielle). Alternativement, la station d'accueil peut, dès qu'elle détecte que toutes les tablettes ont été simultanément insérées, réinitialiser ses propres accéléromètres et gyroscopes à zéro, et réinitialiser les accéléromètres et éventuels gyroscopes des tablettes en utilisant les six valeurs associées à chaque port (ou selon tout autre mode de réalisation de réinitialisation précédemment décrit). Cette situation (présence simultanée de toutes les tablettes) n'est pas nécessairement fréquente, car une tablette peut souvent être oubliée dans un casier ou sous une table. Cependant, on peut supposer qu'elle se produit au moins une fois par mois environ, ce qui peut être suffisant. A défaut, la station d'accueil peut, lorsqu'elle constate une dérive importante d'au moins l'un de ses accéléromètres, ou lorsqu'aucune réinitialisation n'a été effectuée depuis une durée supérieure à un seuil donné (par exemple un mois, ou toute valeur appropriée), envoyer un message à l'ordinateur d'enseignement. Une dérive importante peut être considérée comme constatée lorsque la position donnée par un accéléromètre donne une valeur manifestement en dehors de la salle de classe, par exemple une valeur supérieure à cent mètres alors que l'accéléromètre a été initialisé à zéro
lorsqu'il a été installé dans la classe. Le message envoyé à l'ordinateur d'enseignement peut afficher une fenêtre demandant à l'enseignant, dès qu'il le peut (par exemple après la classe) de mettre toutes les tablettes dans la station d'accueil afin de procéder à une réinitialisation complète des accéléromètres et gyroscopes de la station, et de ceux des tablettes. Selon un autre mode de réalisation, plutôt que d'envoyer un message pour demander à l'enseignant de mettre toutes les tablettes dans la station d'accueil, la station attend qu'un nombre de tablettes excédant un certain seuil soit présent simultanément dans la station (par exemple 85% des tablettes). Ceci se produit généralement assez souvent (généralement une fois par jour, lorsque les tablettes sont rangées après la classe). La station procède alors à la réinitialisation des accéléromètres et gyroscopes de toutes ces tablettes en même temps qu'elle réinitialise les accéléromètres et gyroscopes de la station d'accueil. Cette manipulation peut avoir pour effet de désynchroniser complètement les tablettes qui ne sont pas dans la station d'accueil (ce n'est pas certain dans le cas où c'est juste le délai d'un mois ou autre qui a déclenché la manipulation, car il se peut théoriquement qu'il n'y ait pas eu de dérive importante, même si c'est peu probable). Cette désynchronisation concerne au plus 15% de tablette si le seuil est fixé à 85%. Ces tablettes désynchronisées peuvent tout d'un coup se trouver virtuellement à une distance absurde des autres tablettes (selon les indications de leurs accéléromètres et gyroscopes). Selon un mode de réalisation, la station d'accueil marque ces tablettes comme étant des tablettes désynchronisées, et le notifie à l'ordinateur d'enseignement. Selon un mode de réalisation, la station d'accueil est gérée par l'ordinateur d'enseignement, qui ne sont qu'un seul et même ordinateur (aucune notification n'est alors nécessaire). Selon une variante, l'ordinateur d'enseignement comprend un ordinateur pour l'enseignant et un serveur physique, et ce serveur physique gère complètement la station d'accueil. Quoi qu'il en soit, l'ordinateur d'enseignement peut alors grouper ces tablettes désynchronisées (ou potentiellement désynchronisées). Ce groupe de tablettes, du moins le sous groupe de celles qui sont en cours d'utilisation par un élève de la classe, peut être affiché à part sur l'écran. Ce sous groupe peut être affiché selon un ordre
arbitraire, ou selon un ordre alphabétique du nom des élèves concernés. Les tablettes désynchronisées peuvent également être affichées à part selon leurs positions relatives. Leurs positions relatives peuvent être déterminées sur la base des informations de position désynchronisée (ou potentiellement désynchronisée) de leurs accéléromètres et gyroscopes respectifs. En effet, elles ne sont désynchronisées ou potentiellement désynchronisées que vis-à- vis des tablettes réinitialisées, mais entre elles, elles sont encore en principe sensiblement synchronisées. L'ordinateur d'enseignement peut préciser à l'enseignant, à l'aide d'une indication sur l'écran, que la position de ces quelques tablettes est incertaine et qu'il serait souhaitable de les resynchroniser en les insérant au moins quelques secondes dans la station d'accueil pour qu'elles puissent être affichées avec les autres. Elles ont en tout état de cause vocation à être resynchronisées dès que leur batterie sera vide (puisqu'il faudra alors les insérer dans la station d'accueil pour les charger) ou dès qu'elles seront rangées dans la station d'accueil (par exemple en fin de journée après les cours, indépendamment d'un impératif de charge de batterie).
Selon un mode de réalisation, le système d'assistance électronique à l'enseignement est agencé pour que le contenu éducatif comprenne une partie (au moins) associée à une balise indiquant une fréquence d'interaction tactile attendue. Le seuil prédéterminé à partir duquel une alerte est envoyée à l'ordinateur d'enseignement en cas d'inaction est alors fonction de cette balise.
Ainsi, certains exercices peuvent nécessiter plus de réflexion que de saisies, par exemple une lecture d'un long texte, avant de répondre à des questions, alors que d'autres peuvent être des exercices impliquant une réaction immédiate, comme dans le cas d'exercices de calcul mental. Un contenu éducatif peut correspondre à une session durant laquelle le niveau d'interactivité avec l'élève fluctue. Ainsi, une première partie peut être associée à une première fréquence d'interaction attendue, une deuxième partie à une deuxième fréquence d'interaction attendue, et l'on peut prévoir ainsi autant de parties que nécessaire. Pour une exercice de calcul mental, il est possible que la fréquence d'interaction attendue soit de l'ordre de 0,33Hz, c'est-à-dire que
l'élève soit censé répondre à une question toutes les trois secondes en moyenne (évidemment d'autres valeurs sont possibles, notamment selon l'âge des élèves). Cependant, le fait qu'une tablette reste inactive pendant trois secondes n'est pas nécessairement suffisant pour déclencher l'envoi d'une alerte. Un premier seuil (correspondant par exemple à l'affichage d'une icône jaune) peut par exemple être fixé à une première durée (par exemple une minute) pendant laquelle la fréquence d'interaction moyenne reste X fois (par exemple cinq fois) inférieure à la fréquence attendue. Un deuxième seuil (correspondant par exemple à une icône rouge) peut par exemple être fixé à une deuxième durée (par exemple cinq minutes) pendant laquelle la fréquence d'interaction moyenne reste Y fois (par exemple cinq fois également ou éventuellement plus, par exemple dix fois) inférieure à la fréquence attendue.
Tous ces seuils peuvent être fixés par défaut et être révisables par l'enseignant à l'aide de l'ordinateur d'enseignement.
Selon un mode de réalisation, un système d'assistance électronique à l'enseignement comprend un ordinateur d'enseignement agencé pour virtualiser l'environnement de chaque tablette sans fil (par exemple à l'aide d'un hyperviseur de type 1 ou 2) et ainsi gérer l'affichage du contenu éducatif pour le compte de chaque tablette sans fil (et sur l'écran de chaque tablette sans fil), ainsi que le traitement des saisies tactiles effectuées sur cette tablette sans fil. Chaque tablette peut accéder à l'environnement virtualisé via VNC (de l'anglais Virtual Network Computing) qui permet le déport de l'écran et l'envoi des saisies souris (un stylet pouvant être selon certains modes de réalisation assimilé à une souris), à l'aide du protocole RFB. Il est également possible d'utiliser d'autres protocoles, tels que ICA ou RDP.
L'ordinateur d'enseignement peut comprendre un ordinateur comprenant une interface graphique (ordinateur portable ou non) utilisé par l'enseignant et un serveur physique distinct en charge notamment de la virtualisation des tablettes. Alternativement l'ordinateur d'enseignement est un ordinateur personnel (portable ou non).
Selon un mode de réalisation, les tablettes sans fil peuvent être dotées de capacités limitées (essentiellement recevoir des informations à afficher, et
envoyer les saisies tactiles pour qu'elles soient traitées par l'ordinateur d'enseignement). Toutes les informations saisies par les tablettes peuvent ainsi être mémorisées sur l'ordinateur d'enseignement (et notamment sur son serveur s'il en a un). Ce serveur peut comprendre des mécanismes de redondance des données tels que des disques RAID afin de s'assurer de leur intégrité, ou encore une alimentation secourue par un onduleur, l'intégrité étant ainsi supérieure à celle assurée par une tablette conventionnelle. La puissance de calcul d'un tel serveur peut également être nettement supérieure à la puissance cumulée des tablettes de la classe et offrir un meilleur confort d'utilisation. Les tablettes peuvent être complètement banalisées, c'est-à-dire complètement interchangeables. A tout moment un élève peut reposer une tablette défectueuse ou déchargée, en prendre une autre, se faire reconnaître par le circuit d'identification de la tablette, et poursuivre son travail là où il s'était arrêté dans la mesure où le travail est virtualisé dans le serveur.
La figure 2 représente un procédé selon un mode de réalisation particulier. Le procédé fait intervenir des tablettes T1 , T2 ... TN, un ordinateur portable PC, un serveur SRV, et un circuit de supervision SV.
Les tablettes T1 , T2 ... TN sont virtualisée sur le serveur SRV.
Lors d'une première étape CONT, le serveur SRV envoie aux tablettes un contenu (qui peut être différent pour chaque tablette). Lors d'une étape ultérieure, un élève utilisant l'une des tablettes effectue une saisie tactile sur sa tablette. Cette saisie est transmise lors d'une étape SAISIE par la tablette au serveur SRV.
Automatiquement, le circuit de supervision est notifié de cette saisie
(lorsqu'elle est reçue par le serveur SRV) et demande au serveur SRV de l'enregistrer dans un fichier lié à l'élève concerné.
Ultérieurement, l'enseignant demande via son ordinateur portable PC, au circuit de supervision SV, de rejouer la séance de l'élève, lors d'une étape REJ1 . Le circuit de supervision SV notifie le serveur SRV de cette demande lors d'une étape REJ2. Le serveur SRV honore cette demande en rejouant, lors d'une étape REJ3, le contenu transmis à l'élève ainsi que la saisie de l'élève.
Selon un mode de réalisation, un procédé d'assistance électronique à l'enseignement est mis en œuvre à l'aide d'un système comprenant
- une pluralité de tablettes tactiles sans fil, comprenant chacune un circuit d'identification d'utilisateur,
- un ordinateur d'enseignement stockant une liste d'élèves, agencé pour transmettre à chaque tablette tactile sans fil dont l'utilisateur identifié est un élève de la liste un contenu éducatif,
- un circuit de supervision.
Le procédé comprend un enregistrement, par le circuit de supervision, des saisies tactiles effectuées au niveau de l'ensemble des tablettes tactiles sans fil dont l'utilisateur identifié est un élève de la liste d'élèves. L'enregistrement est effectué dans un fichier lié audit élève et comprenant les coordonnées spatiales de la saisie tactile considérée ainsi qu'un marqueur temporel indiquant l'instant de la saisie tactile.
Le procédé comprend un rejeu, sur requête de l'ordinateur d'enseignement, du contenu éducatif transmis à la tablette tactile utilisée par un élève donné de la liste d'élèves, et simultanément, le résultat des saisies tactiles effectuées sur cette tablette tactile (pendant la l'accès au contenu éducatif par l'élève).
Selon un mode de réalisation, un procédé d'assistance électronique à l'enseignement comprend, lorsque le circuit de supervision enregistre un nombre insuffisant de saisies tactiles pertinentes pour une tablette tactile sans fil donnée pendant une durée supérieure à un seuil prédéterminé, une notification, par le circuit de supervision de cet événement d'insuffisance de saisies tactiles pertinentes à l'ordinateur d'enseignement.
Selon un mode de réalisation, le contenu éducatif comprend une partie associée à une balise indiquant une fréquence d'interaction tactile attendue, et ledit seuil prédéterminé est fonction de cette balise.
Selon un mode de réalisation, un procédé d'assistance électronique à l'enseignement comprend un ordinateur d'enseignement agencé pour
virtualiser l'environnement de chaque tablette sans fil et ainsi gérer l'affichage du contenu éducatif pour le compte de chaque tablette sans fil, ainsi que le traitement des saisies tactiles effectuées sur cette tablette sans fil. Selon un mode de réalisation, un programme d'ordinateur comprend une série d'instructions mettant en œuvre le procédé selon l'une des modes de réalisation lorsque ces instructions sont exécutées par un ou plusieurs processeur(s). Ce programme peut être écrit notamment en langage assembleur, en langage C, ou langage Java, en langage C#, ou en tout autre langage adapté. Le langage peut être différent pour une partie de programme située dans une tablette et pour une partie de programme située dans l'ordinateur d'enseignement ou dans le circuit de supervision lorsque celui-ci est distinct. Selon un mode de réalisation, un support de stockage non transitoire lisible par ordinateur stocke un programme selon le paragraphe précédent. Le support de stockage peut être une mémoire réinscriptible (par exemple de type EEPROM ou Flash, ou encore RAM sauvegardée par batterie) ou non (par exemple de type ROM). Cette mémoire peut être intégrée à une tablette, soit sur sa carte mère directement, soit sous forme de carte mémoire (telle qu'une carte microSD ou autre). Le support de stockage peut également être un support magnétique de type disque dur (éventuellement intégré au sein d'un ordinateur d'enseignement). L'invention ne se limite pas aux formes de réalisation décrites ci-avant à titre d'exemple ; elle s'étend à d'autres variantes.
Certains perfectionnements sont indépendants les uns des autres, par exemple la station d'accueil comprenant des moyens de synchronisation des accéléromètres (et gyroscopes éventuels) des tablettes peut être mise en œuvre indépendamment des autres aspects de l'invention. Des solutions alternatives aux accéléromètres sont concevables (par exemple une triangulation à l'aide d'émetteurs disposés dans la classe et de récepteurs installés dans les tablettes, cette solution étant moins souple d'utilisation et
plus complexe à installer, mais pouvant être plus précise et ne dérivant pas substantiellement).
Les modes de réalisation concernant les procédés peuvent être transposés aux systèmes, et réciproquement.