Communication par voie de retour d'un terminal vers un émetteur pour réduire notamment une interférence entre faisceaux issus de l'émetteur
La présente invention concerne une communication sur une voie de retour d'un terminal vers un émetteur associé à un réseau de télécommunication, en vue d'informer cet émetteur sur la qualité de réception de données par le terminal.
Il est visé en particulier une communication (ou "métrique") qui permettrait d'adapter le mode de transmission par exemple dans un système d'accès multiple par répartition spatiale ou "SDMA" (pour "Space Division Multiple Access"). Un tel système est caractérisé par l'utilisation d'antennes multiples (technique dite "MIMO" pour "Multiple Input Multiple Output") à l'émission pour générer des faisceaux qui peuvent être alloués à des terminaux utilisateurs différents. Ainsi, un émetteur (par exemple une station de base dans un réseau cellulaire) peut comporter une pluralité d'antennes générant un ensemble de faisceaux pouvant être alloués à un ou plusieurs terminaux. Ainsi, un émetteur comportant M antennes peut générer au maximum M faisceaux simultanément. Toutefois, en pratique, comme on le verra plus loin, un nombre K, inférieur ou égal à M, de faisceaux est généré, notamment pour éviter des interférences entre faisceaux sur un même canal auprès d'un terminal utilisateur.
L'utilisation des antennes multiples pour servir plusieurs utilisateurs (système SDMA), grâce à un ensemble de faisceaux, fait partie des normes récentes pour les réseaux radio mobiles, comme par exemple la norme E-LJTRAN décrite notamment dans : 3GPP TS 36.212, Version 8.0.0 - "Physical Channels and Modulation (Release 8)".
L'invention est donc présentée par la suite dans un système SDMA pur, mais elle peut aussi s'appliquer dans un système hybride combinant la technique SDMA avec toute autre technique d'accès multiple. En effet, pour servir une pluralité de terminaux (par exemple plus de M terminaux), il peut notamment être prévu de servir K terminaux à un instant t, puis K autres terminaux à un instant t+1, etc. En variante, il peut être prévu de servir K terminaux à une bande de fréquences F, puis K autres terminaux à
une bande de fréquences F+l, etc. Ainsi, l'invention peut s'appliquer dans un système hybride combinant la technique SDMA avec, notamment le TDMA (pour "Time Division Multiple Access") s'il est décidé d'allouer les ressources par tranches temporelles, ou encore l'OFDM ou le FDMA (pour "Frequency Division Multiple Access") s'il est décidé d'allouer les ressources par bandes de fréquences distinctes, ou encore le CDMA (pour "Code Division Multiple Access") ou autres, dès lors qu'une voie de retour est utilisée pour affiner le choix de paramètres de transmission.
En effet, l'invention concerne l'allocation des faisceaux aux utilisateurs "en voie descendante" où la configuration du mode de transmission (nombre de faisceaux, modulation, codage, orientation des faisceaux, etc.) est déterminée généralement en utilisant des informations portées par une voie remontante (des terminaux vers l'émetteur), cette voie remontante étant dite "voie de retour" (ou "feedback").
Toutefois, cette voie de retour est très coûteuse en termes de débit. Il est donc préférable de trouver un compromis entre la qualité de l'information obtenue par ce feedback et la quantité d'information envoyée. Dans un système SDMA où le choix de l'allocation de ressources dépend des informations sur la qualité de réception attendue pour un grand nombre de terminaux utilisateurs et pour un grand nombre de faisceaux, la quantité d'information envoyée sur la voie de retour peut devenir rapidement prohibitive. Une réduction de cette quantité impliquerait la mise en œuvre d'une technique d'allocation de ressources moins performante.
Des techniques de l'état de l'art visent donc à réduire la quantité d'information sur la voie de retour tout en permettant l'utilisation d'un algorithme d'allocation et de configuration de connexion (dite "configuration de lien") qui soit le plus performant possible. Le choix du nombre de faisceaux actifs simultanément selon l'état de l'art s'effectue généralement au niveau de la station de base, seulement, ce qui représente le désavantage que la station de base ne connaisse pas l'impact de l'interférence entre faisceaux sur la qualité du lien vers le terminal utilisateur. Il existe bien des méthodes de feedback pour informer la station de base de cet impact de l'interférence, mais ces informations sont données a posteriori et nécessitent, en tout état de cause, une quantité
de feedback souvent prohibitive. Or, sans feedback supplémentaire sur l'impact de l'interférence, la station de base est généralement contrainte de transmettre un nombre fixé de faisceaux en parallèle pour permettre à un terminal d'évaluer l'impact de l'interférence et d'estimer la qualité du lien de façon fiable. Une telle configuration fixe du nombre de faisceaux, toutefois, n'est pas optimale pour certains terminaux utilisateurs, selon leur état de canal.
On se réfère en effet à la figure 1 sur laquelle est représenté un système d'accès multiple par répartition spatiale ou "SDMA" (pour "Space Division Multiple Access"). Les antennes multiples à l'émetteur (par exemple une station de base BS) sont utilisées pour générer des faisceaux Fl, F2, F3 distincts qui représentent les ressources pouvant être allouées à des terminaux différents Tl, T2, T3, T4. Le nombre de faisceaux distincts qui peuvent être générés simultanément est généralement égal au nombre d'antennes que comporte la station de base, ce nombre étant noté M ci-après (avec M=3 dans l'exemple de la figure 1). En principe, le nombre maximum de terminaux qui peuvent être servis simultanément est également M.
Un groupe de M antennes peut générer une multiplicité d'ensembles de M faisceaux distincts. Le choix optimum de l'un de ces ensembles dépend de la position relative des terminaux qui doivent être servis simultanément et de l'état de leurs canaux radio.
Une particularité d'un système SDMA est le fait que l'orthogonalité des ressources n'est pas assurée, ce qui crée de l'interférence entre les signaux transmis sur des faisceaux différents au niveau du récepteur d'un terminal. Pour limiter cette interférence, il est recommandé d'effectuer un choix d'un groupe de faisceaux (en mode de transmission) qui sera adapté à un choix d'un groupe de terminaux à servir simultanément.
A titre d'exemple pour illustrer ce propos, la station de base BS de la figure 1 possède trois antennes et pourrait donc servir trois des quatre terminaux présents simultanément. Si l'on compare l'ensemble des faisceaux créés par le réseau d'antennes
de la station de base avec l'état des canaux des terminaux utilisateurs (ces canaux étant ici définis uniquement par leur position), on comprend le compromis qui doit être trouvé. D'abord, la station de base BS doit choisir entre les terminaux utilisateurs T3 et T4 qui sont tous deux couverts par le faisceau F3 mais ne peuvent pas être servis simultanément. Un choix possible serait donc de servir le terminal utilisateur Tl avec le faisceau Fl, le terminal T2 avec le faisceau F2, et le terminal T3 avec le faisceau F3.
Toutefois, le terminal utilisateur T2 se trouve entre les faisceaux F2 et F3, ce qui signifie qu'il reçoit les deux faisceaux avec une qualité similaire. Par conséquent, des signaux transmis avec les faisceaux F2 et F3 arrivent au niveau du récepteur du terminal T2 avec une puissance similaire, ce qui génère de fortes interférences. La qualité du signal, si ce dernier était transmis sur le faisceau F2, n'est donc pas assurée.
Sachant qu'un signal transmis sur le faisceau F2 crée également un peu d'interférences au niveau des terminaux utilisateurs Tl et T3, l'utilisation du faisceau F2 n'est pas optimale par rapport aux configurations des terminaux représentées ici par leurs positions respectives. Ainsi, le meilleur choix pour le système serait d'économiser la puissance nécessaire pour servir l'utilisateur T2 et de ne servir, en revanche, que les utilisateurs Tl et T3. Ensuite, les utilisateurs T2 et T4 pourraient être servis avec un autre ensemble de faisceaux, par exemple les faisceaux F2 et F3 orientés autrement.
On comprendra alors de cet exemple que le nombre optimal de faisceaux actifs pour une émission, qui est de K-2 dans cet exemple de la figure 1, n'est pas forcément le nombre maximal M de faisceaux que l'émetteur est capable de produire simultanément (avec M=3 dans l'exemple de la figure 1), du fait des interférences susceptibles d'être générées par un nombre maximal M de faisceaux actifs simultanément.
Toutefois, l'émetteur BS n'a pas de connaissance a priori sur l'état exact des canaux des terminaux utilisateurs au moment de l'émission et plus particulièrement sur les interférences générées sur de tels canaux par l'allocation de faisceaux et le mode de transmission choisis. Il lui est donc difficile de choisir :
le mode de transmission, c'est-à-dire l'ensemble de faisceaux et le nombre K de faisceaux actifs simultanément, et l'allocation de faisceaux à chaque terminal utilisateur.
La présente invention vient améliorer la situation.
Elle propose à cet effet un procédé de télécommunication dans un système comportant au moins un émetteur agencé pour rendre actifs simultanément un premier nombre de faisceaux, en tant que ressources pour une pluralité de terminaux utilisateurs, dans lequel les terminaux utilisateurs reçoivent, par lesdits faisceaux, des données de télécommunication.
Au moins l'un des terminaux transmet à l'émetteur, par voie de retour, une indication d'au moins un deuxième nombre préféré de faisceaux à rendre actifs simultanément par l'émetteur.
On notera que le deuxième nombre préféré est propre au terminal, en ce qu'il résulte par exemple du calcul du terminal, seul, ou qu'il est par exemple déterminé par le terminal, seul, sur la base d'informations préenregistrées dans ce dernier. Il est transmis à l'émetteur pour être éventuellement pris en considération par celui-ci notamment pour ajuster le nombre de faisceaux à rendre actifs simultanément. Toutefois, ce nombre de faisceaux rendus actifs ne correspondra pas forcément au nombre préféré de faisceaux par un terminal.
Ce deuxième nombre préféré est calculé par le terminal, préférentiellement en tenant compte d'un bruit d'interférence.
Ainsi, il sera pris en compte dans ce calcul l'interférence qui peut résulter de la réception simultanée de plusieurs faisceaux auprès d'un même terminal, par exemple via l'estimation d'un rapport signal sur interférence plus bruit. D'ailleurs, dans une réalisation particulière, on cherchera à maximiser une estimation du débit global que peut fournir l'émetteur à l'ensemble des terminaux, laquelle estimation du débit global
est fonction du rapport signal sur interférence plus bruit précité. Un terminal pourra alors déterminer son nombre préféré de faisceaux comme étant le nombre de faisceaux maximisant cette estimation du débit global.
II est donc proposé de requérir du terminal une indication sur son mode préféré de transmission (typiquement sur le nombre de faisceaux tolérés en parallèle). Cette indication du terminal quant à son mode de transmission préféré peut définir alors une métrique particulière, utilisée sur la voie de retour du terminal vers la station de base, pour informer la station de base de ce mode préféré.
Ainsi, l'invention propose de s'appuyer sur un terminal pour que ce dernier détermine son mode de transmission préféré, lequel peut faire l'objet d'une définition de nouvelle métrique utilisée sur la voie de retour pour informer l'émetteur. Cette métrique peut, par exemple, faire partie d'un ensemble de métriques de retour d'information (ou "feedback" ci-après) permettant à la station de base d'opérer dans le but d'optimiser le débit global servi à l'ensemble des terminaux utilisateurs tout en assurant une qualité de service satisfaisante pour chaque terminal utilisateur. Un ensemble typique de métriques peut être constitué de : un index du faisceau préféré par le terminal (un nombre entier par exemple), - une valeur de qualité de réception dans ce faisceau, un indicateur de mode de transmission (par exemple un nombre entier ou un nombre binaire indiquant le nombre préféré de faisceaux, selon des variantes de réalisation possibles de l'invention).
Néanmoins, l'invention ne se limite pas à l'application de telles métriques. Il est possible de prévoir par exemple le retour d'informations sur l'indicateur du mode de transmission en fixant a priori, au niveau de la station de base, le faisceau utilisé pour un utilisateur donné ou en déterminant ce faisceau préféré par un autre moyen que la voie de retour (par exemple une estimation faite par la station de base en voie montante). Il est donc possible de prévoir une métrique dans laquelle l'une des
informations véhiculée par les autres métriques ci-dessus pourrait être disponible d'emblée à la station de base sans nécessiter de retour des terminaux.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à l'examen de la description détaillée ci-après, et des dessins annexés sur lesquels, outre la figure 1 illustrant l'allocation de ressources dans un système SDMA décrite ci-avant : la figure 2 illustre schématiquement le traitement par l'émetteur des informations communiquées par les terminaux sur la voie de retour, la figure 3 illustre schématiquement les étapes d'un procédé au sens de l'invention.
La figure 2 représente un exemple de schéma fonctionnel mis en œuvre, au sens de l'invention, par une station de base. La station de base est équipée de M antennes et peut ainsi transmettre au maximum M flux d'informations vers des terminaux utilisateurs. Les M antennes génèrent toutefois K faisceaux distincts simultanément, avec K ≤ M pour éviter les interférences entre faisceaux. On fait ici l'hypothèse qu'un faisceau distinct correspond d'emblée à un terminal servi. On peut en variante prévoir que plusieurs faisceaux puissent être utilisés par un même terminal, ce qui peut être fait en pratique par exemple en fonction de l'état du canal radio et si le terminal, de son côté, possède un nombre d'antennes suffisant pour la réception.
L'ensemble des faisceaux utilisés simultanément pour une transmission est noté Ω = {w|,...,wA.}. Bien que la mise en œuvre de l'invention ne soit pas, bien entendu, limitée à une telle réalisation, on formule donc l'hypothèse que : K ≤ M .
L'ensemble Ω est alors composé de K vecteurs de taille M, notés Wn = {wv..., wM] .
Chaque vecteur w,, représente ainsi un faisceau distinct et possède M coefficients complexes (en tant que composantes), ces coefficients correspondant en pratique aux pondérations appliquées à chaque branche antenne pour générer un faisceau w,,.
Dans l'exemple représenté sur la figure 2, la station de base reçoit d'un terminal une information sur la qualité du lien Q pour optimiser le traitement S21 de modulation et codage pour ce terminal, ainsi qu'une information sur un faisceau préféré wpref pour optimiser finalement la commande S22 des faisceaux d'antennes ANTl ... ANTM. Au sens de l'invention, la station de base reçoit en outre du terminal un nombre préféré de faisceaux Kprej pour optimiser le nombre K de faisceaux à émettre.
Plus particulièrement, pour générer l'ensemble des K faisceaux, les allouer aux terminaux utilisateurs et effectuer "l'adaptation de lien" (qui consiste à choisir un traitement optimal de modulation et codage à l'étape S21), la station de base reçoit et interprète de telles informations qui lui sont transmises sur la voie de retour par un terminal utilisateur. Il peut s'agir, à titre d'exemple, de deux types d'informations, comme indiqué ci-avant : une première information wpref sur le ou les faisceaux préférés par le terminal, qui peut donc dépendre de la position du terminal par rapport à la station de base et/ou de l'état de son canal radio, une deuxième information Q sur la qualité du lien radio atteignable dans le ou les faisceaux préférés par le terminal, cette deuxième information permettant alors de décider de l'allocation effective d'un faisceau à un utilisateur et d'effectuer l'adaptation de lien.
A titre d'exemple, la première information peut être l'index d'un vecteur préféré dans un ensemble de vecteurs connus par le terminal et la station de base. Cet ensemble peut être défini par un dictionnaire (ou "code-book"), commun entre la station de base et le terminal. On peut prévoir à titre de variante que la station de base puisse choisir les faisceaux indépendamment et transmettre des pilotes sur chaque faisceau pour permettre à chaque terminal de les identifier.
La taille de l'ensemble global des faisceaux qu'il est possible de générer par la station de base (en tenant compte notamment des différentes formes de faisceaux possibles) est, de manière générale, supérieure ou égale au nombre M défini précédemment et cet
ensemble sera noté dans la suite Ω'= {w, ,...^^ } avec N ≥ M (et en particulier avec TV=M dans le cas précité d'une transmission de pilotes dans chaque faisceau comme indiqué ci-dessus). On notera que l'ensemble de faisceaux réellement transmis Ω peut alors être un sous-ensemble de l'ensemble Ω'. On comprendra alors que la station de base peut librement orienter ou affiner les K faisceaux de l'ensemble Ω à partir du retour d'information reçu des terminaux, en effectuant son choix dans l'ensemble Ω' des TV possibilités de faisceaux.
La deuxième information reçue peut généralement être basée sur une estimation, au niveau du terminal, du rapport signal sur interférence plus bruit (ou SINR pour "Signal to Interférence plus Noise Ratio"). Cette estimation sera décrite plus loin pour un mode de réalisation particulier de l'invention. Le retour d'information, en soi, peut s'effectuer par exemple selon le procédé exposé dans le document FR-2 893 468.
Au sens de l'invention, il est proposé d'associer un troisième type d'information. Cette information additionnelle indique à la station de base combien d'autres flux (faisceaux) le terminal utilisateur peut tolérer en parallèle avec son flux actuel d'informations. Cette information est avantageusement quantifiée et sa quantification est basée sur une estimation de l'impact de l'interférence des autres faisceaux sur la qualité de son lien radio actuel. La valeur affectée en feedback relatif à cette troisième information peut être un nombre entier ou encore être un simple bit, selon des variantes de réalisation décrites plus loin.
Dans ce qui suit, on considère que chaque terminal connaît explicitement les vecteurs de l'ensemble Ω'. La station de base peut transmettre par exemple un signal pilote sur chaque antenne permettant au terminal d'estimer un coefficient complexe hm représentant l'effet du canal radio mobile entre chaque antenne de la station base et l'antenne de réception du terminal. Le canal radio entre la station de base et le terminal peut ainsi être représenté par un vecteur h = {/?, ,..., hm, ..., hVf ) .
Comme indiqué précédemment, le terminal peut, en variante, disposer de plusieurs antennes de réception. En outre, en variante ou en complément, le canal radio peut être décrit par plusieurs coefficients complexes à la fois, comme par exemple dans le cas d'un canal sélectif en fréquence. Dans ces variantes, le canal est alors décrit par une matrice (plutôt que par un unique vecteur h) et les expressions qui suivent, données dans le mode de réalisation où l'on affecte un vecteur unique h à un canal, peuvent être adaptées de manière appropriée. On comprendra donc que l'invention n'est aucunement limitée à l'affectation d'un vecteur unique à un canal.
A partir de l'estimation du canal de vecteur h et de la connaissance de l'ensemble Ω' des faisceaux, le terminal peut estimer sa qualité de lien radio dans chacun des faisceaux sous l'hypothèse d'un mode de transmission utilisant un ensemble Ω qui est un sous-ensemble de l'ensemble Ω'. Ici, on formule aussi l'hypothèse que la même puissance est allouée à tous les faisceaux. Toutefois, il peut être prévu d'adapter l'expression qui suit au cas d'une variante selon laquelle l'allocation en puissance n'est pas homogène.
Selon l'hypothèse précitée, le rapport signal sur interférence plus bruit (SINR), pour un faisceau w,, donné, peut s'écrire comme suit :
SINR(Vf n ,Ω) , n = l, ..., N ,
où σ représente l'inverse du rapport signal sur bruit (donc le ratio entre un bruit de réception et la puissance du signal utile reçue par le terminal) et K le cardinal de l'ensemble Ω . En outre, la notation h.vv( désigne le produit scalaire entre le vecteur colonne h et le vecteur colonne W1 , soit donc h.w, = h?w( .
II convient de noter que, selon la définition de cette métrique, le terminal doit faire une hypothèse sur l'ensemble Ω qui sera effectivement choisi par la station de base, l'ensemble Ω étant donc inconnu du terminal au moment où il estime sa qualité de
réception. Par conséquent, le terminal ne peut pas calculer de manière exacte la partie interférence (premier terme du dénominateur).
On montre qu'il est possible toutefois d'établir une estimation du rapport SINR dans un faisceau w,( donné avec comme seules connaissances la taille K de l'ensemble Ω, le vecteur h et l'ensemble global Ω'. On pourra à cet effet se référer utilement au document :
"Efficient Metrics for Scheduling in MIMO Broadcast Channels with Limited
Feedback", M. Kountouris, R. de Francisco, D. Gesbert, D. Slock, T. Sâlzer, dans Proceedings IEEE ICASSP, Hawaii, USA (avril 2007).
On peut alors choisir ici une estimation de la forme :
SINR(W k , K) = , k = l, ..., K , (1)
Cette estimation est satisfaisante sous l'hypothèse que la station de base choisit un ensemble Ω de vecteurs orthogonaux (ou approximativement orthogonaux). Cette précaution est de toute façon souhaitable pour réduire les interférences entre les faisceaux transmis simultanément. L'algorithme de sélection des faisceaux de la station de base cherche donc généralement à atteindre une telle configuration.
La fonction C(K,M, σ2 ) dans la relation (1) ci-dessus sert à estimer l'impact de l'interférence avec les autres faisceaux, avec avantageusement comme unique hypothèse le nombre K de faisceaux transmis simultanément. Il s'agit d'une fonction généralement non-linéaire et configurable. Elle peut être optimisée en fonction des connaissances disponibles au terminal, par exemple sur le mode d'adaptation et de sélection des faisceaux au niveau de la station de base.
II est donc possible pour le terminal de choisir, parmi tous les vecteurs de l'ensemble Ω', un faisceau préféré, représenté par le vecteur w pιef donné par une expression du type : wpref = argmaxΩ, |h.w(/| (c'est-à-dire le vecteur wn de l'ensemble global Ω' qui a le plus grand produit scalaire en valeur absolue avec le vecteur de canal h). En d'autres termes, le vecteur préféré \vp,ef est donc celui qui, avantageusement, maximise la projection sur le vecteur de canal h.
L'indice k de ce vecteur (avec W^ = vtprej) dans l'ensemble global Ω' représente donc l'un des éléments du feedback vers la station de base. Il est à noter que le terminal pourrait aussi déterminer plusieurs faisceaux avec un ordre de préférence et en informer la station de base selon une succession de valeurs données dans cet ordre de préférence.
Dans un deuxième temps, le terminal détermine son mode de transmission préféré. On considère ici que les K faisceaux générés simultanément sont susceptibles de créer des interférences plus ou moins fortes avec le faisceau servi à un utilisateur donné. Comme il est souhaité de minimiser les interférences pour l'ensemble des utilisateurs servis
(comme évoqué précédemment en référence à la figure 1 ), on définit donc le nombre K comme étant le nombre optimal de faisceaux tolérés en parallèle pour chaque utilisateur.
Bien entendu, un terminal préférera être servi sans interférence des autres faisceaux servis simultanément avec le sien. Dans ce cas (cas idéal où l'on peut considérer simplement que K-I pour le calcul du rapport SINR), son rapport SINR s'écrit simplement comme suit : lh.w,
SINR(Vf pιet , I) = σ
A partir de cette valeur de rapport SINR, le terminal peut estimer le débit que la station de base est capable de lui transmettre dans cette configuration, ce débit étant noté
R(w pιet ,1) . Généralement, le terminal possède à cet effet une table de correspondance lui permettant d'associer un débit au rapport SINR. Il peut également, par approximation à partir de la limite de Shannon, calculer le débit ainsi :
*(w PM ,D = Glog(l + SINR(wpref ,l)), où G est une constante du système qui dépend notamment de la bande de fréquences disponible et d'autres paramètres connus par le terminal. Il s'agit alors du débit maximal qui peut être fourni à ce terminal s'il est choisi par la station de base.
Toutefois, le terminal peut estimer son débit pour la transmission de K faisceaux en parallèle de la même manière, avec :
R(Yf^ ,K) = Glog(l + SINR(Yf^nK))
h.wA où w, = w et <9 = arccos h.wA'
Pour la station de base, il est préférable de servir plusieurs utilisateurs simultanément pour maximiser le débit global du système. Or, le fait de servir en plus un terminal utilisateur augmente les interférences et diminue donc le débit par utilisateur. Habituellement, la station de base ne peut pas estimer a priori l'impact de cette interférence créée sur la qualité des liens des utilisateurs car elle ne connaît que leur faisceau préféré wptej mais pas leur vecteur de canal h.
Un mode de réalisation de l'invention propose alors de calculer la configuration optimale au niveau du terminal grâce à une approximation du débit système. A cet effet, une approximation d'un réseau homogène est faite, où chaque utilisateur est servi avec le même débit. Le débit total représente donc simplement le débit par utilisateur multiplié par le nombre K. Cette hypothèse est utilisée uniquement pour le calcul du
mode optimal de transmission mais ne limite en rien le périmètre d'application de l'invention.
Le terminal peut alors trouver sa configuration optimale Kpιef comme suit :
Kpιe, = argmax(*:χ R(yvpιef ,K)) (2) λ'=l,2, .M
Ce nombre sera ensuite transmis sur la voie de retour et permettra à la station de base de servir le terminal utilisateur dans son mode préféré, lequel maximise ainsi le débit en tenant compte du système global incluant aussi les autres terminaux.
Dans la pratique, il sera souvent utile de ne pas signaler le nombre Kpre/ , en soi, mais de signaler simplement en mode binaire si le terminal peut ou non tolérer d'autres utilisateurs en parallèle avec lui. Le terminal peut choisir donc entre une configuration K=I et K=M et signalera sa préférence par un seul bit de feedback.
II convient de noter que, dans le cas où K=M, la fonction C(K,M,σ2 ) devient triviale et l'équation (1) s'écrit :
SINR(W k, K)
On a représenté schématiquement sur la figure 3 les étapes principales du procédé ci- avant dans un mode de réalisation.
Comme indiqué précédemment, l'émetteur BS transmet au terminal des signaux pilotes permettant au terminal d'estimer les coefficients h\, ..., h\f représentant chacun un canal radio entre une antenne de l'émetteur et ce terminal (ou l'antenne du terminal). A partir de ces coefficients h\, ..., h,y, le terminal est en mesure de constituer à l'étape S31 le vecteur h représentant le canal global entre l'émetteur et le terminal. Le faisceau que préfère ce terminal est déterminé en fonction du vecteur h représentant le canal global. On rappelle en effet que le faisceau préféré est représenté par un
vecteur de faisceau wpref ayant, parmi l'ensemble global de faisceaux possibles Ω', le plus grand produit scalaire, en valeur absolue, avec le vecteur h représentant le canal global. De fait, selon l'équation (1) donnée précédemment, ce faisceau préféré représenté par le vecteur wpref maximise, parmi l'ensemble de faisceaux possibles Ω', le rapport signal sur interférence plus bruit, estimé en fonction du vecteur de canal h à l'étape S32 de la figure 3 et noté SINR(h) sur cette figure 3. La recherche de maximum du rapport SINR(h), connaissant le vecteur de canal h, donne, à l'issue de l'étape S32 de la figure 3, le vecteur du faisceau préféré wpref .
En termes génériques, on comprendra alors que le terminal détermine le faisceau préféré wpre/ qui maximise, parmi un ensemble de faisceaux possibles Ω', une estimation du rapport signal sur interférence plus bruit SINR(wyt/, K). En particulier, le faisceau préféré par le terminal wpref est déterminé en fonction d'un canal global (de vecteur h) entre les faisceaux issus de l'émetteur et ce terminal, le canal global h étant estimé à partir d'informations transmises par l'émetteur au terminal sur des valeurs de coefficients h\, ..., h\ι représentant chacun un canal entre un faisceau issu de l'émetteur et le terminal.
A l'étape suivante S33, le terminal en déduit, à partir de l'équation (2) donnée précédemment, le nombre préféré de faisceaux Kpref défini, d'après cette équation (2), comme étant le nombre de faisceaux à rendre actifs pour maximiser le débit global, noté KxR(wpreβ K), que l'émetteur est capable de transmettre à l'ensemble des terminaux. Il est rappelé que ce débit global KxR(wpref, K) s'estime en fonction du rapport signal sur interférence plus bruit
K).
II est également rappelé que le rapport signal sur interférence plus bruit SINR(My6./, K) est estimé en calculant une fonction C(K,M, σ2 ), de variation inverse du rapport SlNR(wpref, K), et dépendant au moins : du nombre de faisceaux actifs K,
d'un nombre maximum de faisceaux M que l'émetteur peut rendre actifs simultanément et qui est généralement égal au nombre d'antennes à l'émetteur, et du ratio σ2 entre un bruit en réception et la puissance du signal utile reçue par le terminal, ce bruit et cette puissance pouvant être mesurés par le terminal.
Une fois la valeur Kpιej déterminée, celle-ci peut par exemple être codée, à l'étape S34, sur un seul bit signifiant que le terminal : ne tolère qu'un seul faisceau actif, ou peut tolérer un nombre maximal M de faisceaux actifs. A l'étape suivante S35, la valeur du nombre préféré Kpιef, ainsi codée sur un bit dans l'exemple décrit, est transmise à l'émetteur par la voie de retour, avec éventuellement une indication du faisceau préféré représenté par le vecteur wp/ef et une valeur Q représentant la qualité du lien radio.
On relèvera que les étapes illustrées sur la figure 3 sont mises en œuvre par une même entité communicante, à savoir le terminal utilisateur. A ce titre, la présente invention vise aussi un tel terminal comportant des moyens pour la mise en œuvre du procédé ci- avant (par exemple une mémoire de stockage et/ou de travail, ainsi qu'un processeur). La présente invention vise aussi un programme informatique destiné à être exécuté par un tel processeur.
Toutefois, l'invention ne se limite pas, bien entendu, à la réalisation illustrée sur la figure 3. D'ailleurs, de son côté, l'émetteur BS peut ajuster le nombre K de faisceaux rendus actifs au moins en fonction des indications de nombres préférés de faisceaux Kpιef, communiquées par les terminaux utilisateurs. A titre d'exemple purement illustratif, une station de base pourra ne pas servir immédiatement un terminal indiquant (notamment dans la réalisation où le nombre préféré Kptef est codé sur un seul bit) qu'il ne tolérera pas l'émission d'un nombre trop grand de faisceaux. Ce terminal pourra être servi dans une prochaine salve, par exemple dans un mode de transmission TDMA, combiné à un mode SDMA.
A ce titre, la présente invention vise aussi un tel émetteur BS, comportant alors des moyens (par exemple encore une mémoire de stockage et/ou de travail, ainsi qu'un processeur) pour ajuster le nombre K de faisceaux rendus actifs au moins en fonction des indications par les terminaux de leur nombre préféré de faisceaux Kpref. La présente invention vise aussi un programme informatique destiné à être exécuté par un tel processeur.
La présente invention vise encore un système de télécommunication incluant au moins un terminal au sens de l'invention et un émetteur au sens de l'invention. Dans une réalisation avantageuse, un tel système peut être un système d'accès multiple par répartition spatiale ou "SDMA".
La présente invention vise aussi la métrique elle-même, permettant de transmettre à la station de base l'indication du nombre préféré de faisceaux Kpre/. A ce titre, elle vise alors un signal transmis par voie de retour d'un terminal vers un émetteur comportant les informations sur la qualité de réception des données de télécommunication, et en particulier le nombre préféré de faisceaux Kpref.
Ainsi, il est proposé de faire indiquer par un terminal utilisateur son mode de transmission préféré. En particulier, le terminal transmet à l'émetteur sur la voie de retour une indication sur le nombre Kpref qu'il préfère, de faisceaux à rendre actifs simultanément par l'émetteur. Il est proposé alors une métrique de feedback associée. La mise en œuvre de l'invention présente notamment les avantages suivants : - le choix du mode de transmission s'effectue auprès du terminal et ne nécessite pas de feedback supplémentaire pour informer l'émetteur de l'impact de l'interférence entre faisceaux sur la qualité du lien, la seule connaissance nécessaire au terminal est l'ensemble global de faisceaux que peut générer la station de base, - aucune connaissance sur les canaux des autres terminaux utilisateurs et des décisions d'allocations n'est nécessaire,
la métrique de feedback pour le choix du mode est peu complexe. Il peut s'agir d'un nombre entier ou simplement d'un seul bit.