La présente invention concerne un suceur d'aspirateur à poussières, et
plus particulièrement l'architecture interne dudit suceur.
Les suceurs d'aspirateur constituent des organes de collecte des déchets
souillant la surface à nettoyer par une aspiration créée par le groupe moto-ventilateur
de l'aspirateur. L'air entrant dans le suceur est généralement
canalisé vers une tubulure reliant le suceur à l'aspirateur, puis dirigé vers un
réservoir à poussière où il est filtré. Les aspirateurs actuels génèrent des débits
d'air conséquents qui entraínent des vitesses d'air dans le suceur relativement
importantes, au-delà de 50 m/s par endroits. Il s'ensuit des phénomènes de
turbulences de l'air dans le suceur qui sont à l'origine de bruit non négligeable
par rapport au bruit du moteur.
Une structure simple et traditionnelle des suceurs peut être donnée par le
brevet FR 2 718 940 où le conduit délimitant le circuit d'aspiration dans le
suceur présente des ruptures brusques de pente, ce qui crée des mouvements
turbulents de l'air lors de son passage, mouvements qui génèrent du bruit
aéraulique.
La présente invention vise à réduire le bruit aéraulique généré par le
passage de l'air dans le suceur.
La présente invention est atteinte à l'aide d'un suceur d'aspirateur ouvert
vers la surface à nettoyer par au moins un canal d'aspiration ménagé dans la
semelle du suceur et relié, par une zone de raccordement, à une tubulure
d'aspiration liant le suceur à l'aspirateur, ledit canal et ladite zone de
raccordement étant délimités par des parois, caractérisé en ce que le rayon de
courbure des parois de la zone de raccordement est supérieur à 8 mm sur tout
le périmètre de ladite zone.
Ainsi, en évitant de créer des zones brusques de transition entre les
parois délimitant les canaux et conduits d'aspiration, on minimise les
turbulences créées par le passage de l'air en rendant le flux aussi laminaire que
possible. Les mouvements tourbillonnaires sont ainsi réduits, limitant le bruit
engendré par ces phénomènes.
Avantageusement, la zone de raccordement est délimitée par deux
pièces agencées l'une sur l'autre. Une telle configuration aide à la mise en
oeuvre de tels rayons de courbure, notamment lorsque les pièces sont réalisées
par moulage.
Selon un mode préféré de mise en oeuvre de l'invention, le suceur
comporte plusieurs canaux d'aspiration reliés les uns aux autres au niveau de la
zone de raccordement.
Avantageusement, selon cette configuration, les parois latérales de la
zone de raccordement ont un rayon de courbure supérieur à 10 mm.
Avantageusement, le suceur d'aspirateur comporte au moins une brosse
agencée dans un logement et montée en coulissement au travers d'un
évidement réalisé dans la semelle, ladite brosse pouvant occuper deux
positions : une position sortie où elle est proéminente par rapport à la semelle
du suceur et une position rentrée où elle est légèrement en retrait de ladite
semelle. De plus, en position sortie, le logement de la brosse réalise un contact
étanche à l'air avec la semelle, alors qu'en position rentrée, au moins un
passage d'air est ménagé entre l'évidement de la semelle et la partie supérieure
du suceur, ladite partie supérieure comportant une ouverture d'entrée d'air, afin
de créer un flux d'air entrant dans le suceur à cet endroit et débouchant dans la
semelle au niveau de l'évidement lorsque la brosse est en position rentrée.
Les deux positions des brosses permettent d'obtenir des surfaces de
contact différentes selon les sols à traiter et/ou les actions envisagées. II est en
effet intéressant de pouvoir ponctuellement disposer de brosses permettant de
solliciter la surface du sol à traiter, par exemple la moquette, afin d'en extraire
les déchets accrochés aux fibres.
Dans cette optique, il peut s'avérer avantageux de modifier les flux d'air
entrant dans le suceur selon la position des brosses. En effet, lorsque les
brosses sont sorties, l'air est aspiré essentiellement au travers des brosses.
Lorsque ces dernières sont rentrées, le suceur repose par la semelle sur le sol
et une entrée d'air extérieure en provenance de la partie supérieure du suceur
est injectée dans le sol au travers des zones de passage des brosses
ménagées dans la semelle. Ceci facilite notamment le déplacement du suceur
sur le sol et permet une collecte plus efficace des déchets.
Avantageusement, la partie supérieure du suceur est constituée par un
capot, une ouverture d'entrée d'air est alors réalisée au niveau dudit capot.
D'autres configurations sont envisageables pour la réalisation d'une
ouverture au niveau du capot. Il est notamment possible de réaliser une
ouverture au niveau de la commande de sortie des brosses, ou au niveau de la
jonction du suceur avec le tube de liaison. Il est également envisageable de
dégrader l'étanchéité du capot sur la semelle afin de laisser un jeu suffisant
entre le capot et la semelle pour une entrée d'air à ce niveau.
Un perfectionnement consiste à réaliser une chicane au niveau de
l'ouverture, afin de réduire la transmission du bruit vers l'extérieur par cette
ouverture.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la
description qui va suivre, prise à titre d'exemple non limitatif, en référence aux
figures annexées dans lesquelles :
- la figure 1 présente, dans une vue de dessus, un suceur conforme à
la présente invention,
- la figure 2 présente une vue de dessous d'un suceur selon l'invention,
- la figure 3 présente, dans une vue de dessus, un suceur selon
l'invention sans son capot de protection,
- la figure 4 présente, dans une vue de dessus, la semelle du suceur, la
partie avant de ladite semelle ayant été tronquée,
- la figure 5 est une vue en coupe selon B-B de la figure 6,
- la figure 6 est une vue de face de la semelle du suceur selon la figure
4,
- la figure 7 est une vue en coupe selon A-A de la figure 6.
La présente invention concerne un suceur 1 d'aspirateur. Un tel suceur
possède des conduits 31, 30 ainsi qu'un tube 2 de liaison à un corps
d'aspirateur, non représenté, possédant notamment un moto-ventilateur
susceptible de créer un flux d'aspiration d'air.
Le conduit 31 débouche au niveau de la semelle 11 du suceur en contact
avec le sol à nettoyer, par l'intermédiaire d'une zone de raccordement 32
débouchant sur les canaux d'aspiration. Ces canaux sont généralement
configurés selon la forme du suceur, afin d'optimiser l'efficacité d'aspiration.
Dans l'exemple présenté où le suceur est de forme triangulaire, les canaux
d'aspiration s'étendent en partie le long des deux bords 5, 6 formant la pointe
du suceur, ainsi que dans ladite pointe du suceur après s'être rejoints dans la
partie centrale du suceur, à proximité de la zone de raccordement 32.
Avantageusement, la zone angulaire formant la pointe du suceur
comporte un orifice frontal 7 destiné à assurer une aspiration dans une direction
sensiblement parallèle à la surface à nettoyer.
Par ailleurs, dans la forme de réalisation présentée, le suceur possède
des brosses escamotables actionnées par une pédale 8 pivotante. Cette pédale
8 est accessible au niveau du capot 12 du suceur. Ce dernier, dans cet exemple
de réalisation, ne présente essentiellement que des fonctions esthétiques et de
protection de l'environnement.
En effet, les canaux d'aspiration sont fermés, d'une part par une structure
interne réalisée en partie lors de la fabrication par moulage de la semelle, telles
les parties des canaux d'aspiration s'étendant le long des bords et débouchant
par l'ouverture 7, mais également par une pièce supérieure 33 de la zone de
raccordement 32.
En effet, cette zone de raccordement 32 est obtenue par l'assemblage de
la pièce supérieure 33 sur la semelle, à l'aide de trois vis disposées aux
emplacements 16. D'autres moyens équivalents, tels des clips, peuvent être
utilisés pour rapporter la pièce 33 sur la semelle.
Cette pièce supérieure 33, selon l'exemple de réalisation, comporte une
zone de visualisation 14 des déchets sur la surface en cours de nettoyage,
réalisée en rendant transparente une partie importante de ladite pièce
triangulaire rapportée sur la semelle.
Le capot 12 présente alors une simple ouverture en regard de la zone de
visualisation 14.
La figure 2 présente le suceur vu de dessous. Ainsi la semelle 11 du
suceur comporte plusieurs canaux d'aspiration : un canal 19 sensiblement
parallèle au bord 6 du suceur, un canal 20 sensiblement parallèle au bord 5 du
suceur. Ces canaux se rejoignent dans la région centrale 21 du suceur, proche
de la zone de raccordement 32. Les canaux 19 et 20 possèdent des ouvertures
frontales, c'est à dire dans les rebords verticaux de la semelle, respectivement
36 et 35, permettant une aspiration latérale sensiblement parallèle à la surface
à nettoyer.
La forme triangulaire est complétée, à l'arrière du suceur, par une partie
pleine 40 comportant deux emplacements 42 de moyens favorisant le
déplacement du suceur, qui peuvent être, soit des patins de type PTFE, soit des
roues.
Le suceur comporte par ailleurs une lame 23 s'étendant dans la région
21, du bord 5 du suceur au bord 6, en définissant ainsi un canal avant 18 et un
canal arrière 22, le canal avant 18 débouchant à la pointe du suceur par
l'ouverture 7 frontale. Cette lame 23 comporte une zone 24 où est disposé un
tissu arrache-fils tel qu'il est en soi connu.
Cette lame 23 relie le bord 5 au bord 6 tel un pont, en ménageant un
espace entre la face opposée à la zone 24 et la zone de visualisation 14. Cette
lame est préférentiellement parallèle au bord arrière 9 du suceur.
Une seconde zone 124 portant un tissu arrache-fils peut être prévue sur
une bordure du canal 22, de façon symétrique à la zone 24 portant l'arrache-fils.
Les canaux 19 et 20 possèdent, chacun, des lames de raclage 46 et 45
s'étendant respectivement depuis le bord 6 et le bord 5 en direction de l'autre
bord dans le canal d'aspiration. Selon l'exemple proposé, ces lames sont fixes
et issues de la plaque inférieure du suceur en s'étendant sensiblement
parallèlement au bord arrière 9 sur une distance voisine de la moitié de la
largeur du canal. De préférence, ces lames sont légèrement proéminentes par
rapport à la plaque inférieure du suceur.
Selon l'exemple proposé, le suceur comporte également des brosses 55,
56, 57, lesdites brosses étant escamotables au travers de la semelle à l'aide
d'un mécanisme non décrit dans la présente demande. La semelle comporte
ainsi des ouvertures 500, 600 pour le passage respectif des brosses 55, 56.
La brosse 55 est disposée entre le canal d'aspiration 20 et le bord 5,
tandis que la brosse 56 est disposée entre le canal d'aspiration 19 et le bord 6.
Les canaux 19 et 20 se rejoignant en partie avant du suceur en formant un V
inversé, la brosse arrière 57 suit cette forme en longeant la bordure définie par
les deux canaux et leur rencontre.
Les brosses sont agencées dans des logements, tel le logement 65 de la
brosse 55, visible figure 3.
Selon l'invention, les parois délimitant la zone de raccordement 32 sont
dépourvues de rupture brusque de pente, afin que l'air soit guidé le long des
parois sans décrochement significatif qui créerait des phénomènes de
turbulences. Les rayons de courbure des parois sont ainsi supérieurs à 8 mm,
ce qui évite des liaisons trop brusques entre les différents éléments.
Les canaux 18, 19 et 20 se rejoignent dans la région centrale 21 proche
de la zone de raccordement 32 où la liaison est réalisée, d'une part par une
forme 50 avantageusement arrondie de ladite zone, et d'autre part à l'aide de la
portion 330 de la pièce supérieure 33 sensiblement à l'aplomb de ladite forme
50.
On peut parler de la zone de raccordement 32 comme d'une « bouche »,
tant elle correspond véritablement à la captation des flux d'air provenant des
canaux d'aspiration.
La réalisation d'une pièce indépendante rapportée sur la semelle, au
niveau de la bouche d'aspiration, en l'occurrence la pièce 33, facilite la création
de rayons de courbure importants tout autour de ladite bouche d'aspiration.
Cette zone de raccordement 32 a été particulièrement étudiée pour
limiter les phénomènes de turbulence. En effet, tel qu'il est visible sur les figures
4 à 7, la section verticale de cette zone présente une forme ovale, tel que
représenté figure 6, les parois sensiblement verticales étant reliées aux parois
sensiblement horizontales par des zones courbes. Utilement, cette section (s)
ovale de passage de la zone de raccordement est supérieure à 700 mm2 et
avantageusement égal 740 mm2.
Par ailleurs, une vue en coupe selon la section B-B représentée figure 5
montre deux parois 51, 52 symétriques, dont les rayons de courbure r1 sont
tous deux supérieurs à 10 mm. Selon l'exemple proposé, le rayon de courbure
est de 12 mm. Ces deux parois correspondent à la liaison entre la zone de
raccordement 32 et respectivement les canaux d'aspiration 20, 19.
Tel qu'il est bien visible sur les figures 4 et 5, la face avant de la forme 50
présente une forme arrondie. Cette face avant relie le bord antérieur du canal
19 au bord antérieur du canal 20. A la jonction des canaux, c'est-à-dire au
niveau de la zone 21, la face avant de la forme 50 présente un rayon r3 du côté
de chaque canal 19, 20, cette courbure pouvant être continue du canal 19 au
canal 20, ou bien la forme 50 peut présenter une portion rectiligne joignant les
deux portions courbes de rayon r3. Ce rayon est large et présente une valeur
autour de 30 mm.
De même, la vue en coupe selon la section A-A représentée figure 7
montre la partie avant de la zone de raccordement 32 captant le flux central du
suceur, provenant de la région 21. Tel qu'il est bien visible sur cette figure, la
zone de raccordement présente une paroi 53 présentant également un rayon r2
de courbure supérieur à 8 mm. Selon l'exemple de réalisation proposé, le rayon
de courbure est de 9 mm.
Ainsi, si l'on se déplace du plan de coupe A-A vers le plan de coupe B-B,
par des plans de coupe successifs perpendiculaires à la paroi délimitant la zone
de raccordement 32, la paroi comportera toujours un rayon de courbure
supérieur à 8 mm.
Par ailleurs, la partie supérieure 330 de la pièce 33 présente une forme
convexe qui est établie dans la continuité de forme de la partie basse de la zone
de raccordement.
Selon un autre aspect de l'invention, lorsque les brosses sont en position
sortie, le logement 65 de la brosse 55 vient en appui contre le contour délimitant
l'ouverture de passage de brosse, réalisant un contact suffisamment étanche
pour éviter qu'une entrée d'air significative soit réalisée à ce niveau. Une
configuration similaire est réalisée au niveau de la brosse 56 ainsi qu'au niveau
de la brosse arrière 57.
Selon un autre aspect de l'invention, lorsque les brosses sont en position
rentrée, un espace est ménagé au niveau des passages de brosses permettant
donc une liaison aéraulique entre l'intérieur du suceur et l'espace sous la
semelle. Par ailleurs, une liaison aéraulique est également ménagée entre
l'intérieur du suceur et l'extérieur au niveau du capot 12 du suceur.
Selon l'exemple proposé, une entrée d'air est obtenue en ménageant un
espace 130 suffisant au niveau de l'ouverture 13 du capot au travers de laquelle
sont engagés les conduits 30, 31.
Avantageusement selon un autre aspect de l'invention, une chicane est
ménagée immédiatement après cette ouverture, afin de réduire la transmission
du bruit vers l'extérieur par cette ouverture.
Ainsi, en fonctionnement, l'air pénètre dans les canaux d'aspiration où il
est guidé le long de parois dans un mouvement aussi laminaire que possible.
En remontant le long des canaux d'aspiration latéraux 19, 20, il pénètre ensuite
dans la zone de raccordement 32 essentiellement guidé par les parois 51, 52.
De même l'air pénétrant par le conduit d'aspiration 18 est essentiellement guidé
par la paroi supérieure fermant le canal ainsi que par la paroi 53 de la zone de
raccordement.
On pense d'ailleurs que ce courant d'air venant dans l'axe longitudinal du
suceur contribue de manière importante au maintien du flux laminaire venant
des canaux 19 et 20 effectuant une courbe de retour serrée le long des parois
51 et 52, notamment en maintenant une symétrie d'écoulement.
Par ailleurs, lorsque les brosses sont rentrées, une entrée d'air annexe et
volontaire est créée sous la semelle par une circulation d'air provenant de
l'ouverture 130 du capot. Une telle circulation d'air ne génère pas
significativement de bruit supplémentaire, par la chicane ménagée.
L'invention n'est pas limitée au mode précis de réalisation illustré, mais
comprend les équivalents techniques. Notamment, l'entrée d'air annexe peut
être réalisée au niveau de l'ouverture de logement de la pédale 8, ou bien au
niveau de l'ouverture de visualisation.