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TRAITEMENT DE'LA'CREME.
La présente invention est relative au traitement de la crème en vue d'en enlever les odeurs indésirables; l'invention a trait, en particulier au traitement de la crême pour la fabrication du beurre.
On a déjà proposé dans ce but différents procédés, mais ils présentent tous différents inconvénients, tels qu'une perte d'une partie des constituants de valeur de la crême, une désodorisation incomplète, une dilution résultant du chauffage nécessairement utilisé dans le traitement et une rupture excessive des globules gras.
Selon la présente invention, on désodorise la crême en deux stades -. dans l'un., on chauffe la crême et on la soumet à une évaporation dans laquelle la crême bout de sorte que les gaz dissous et les produits volatils à faible point d'ébullition s'en échappent. Une fois ainsi trai- tée, la' crème va au deuxième stade dans lequel on augmente sa température, après quoi la crême est soumise à un entraînement par la vapeur d'eau, ce ' qui enlève le restant des composés volatils indésirables qui quittent la crême maintenant purifiée.
On peut effectuer un certain entraînement à la vapeur dans le premier stade ou stade évaporatoire, et cet entraînement- dans le second stade'et dans le premier, si on l'y utilise, est favorisé en amenant la crême à venir au contact de la vapeur sur une grande surface, par exemple en brisant'la crême en petits jets ou en gouttes ou en l'ame- nant à passer en pellicule mince.
On a constaté que la température à laquelle on chauffe au dé- but la crême doit être de l'ordre de 50 à 70 , ce qui prépare la crème au traitement évaporatoire de sorte'qu'il n'est plus libéré de CO2 lors- que l'on chauffe la crême dans le second stade. La température à laquelle on porte la crême-dans le second stade du traitement doit être de l'ordre de 70 à 105 , ce qui, non seulement, convient pour la distillation-dans ce second stade, mais encore soumet la crême à une pasteurisation.
Le chauffage initial et le chauffage interstade se font, de
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préférence, par échange indirect de chaleur avec un agent de chauffage ; chauffage évite la dilution de la crême et la crême restant en système clos, on évite qu'elle soit souillée.
Le traitement d'évaporation et celui de distillation se font dans des récipients maintenus à une pression inférieure à la pression atmos- phérique et le chauffage initial de la crême peut également se faire sous basse pression, le traitement d'évaporation pourrait s'effectuer sous un vide d'environ 60 cm de mercure et le traitement de distillation du second stade sous un vide d'environ 25 cm de mercure.
On peut effectuer le préchauffage indirect et le chauffage inter- stade de la crême dans des échangeurs de chaleur du type à plateaux. Le chauffage de la crême en deux stades présente un avantage opératoire : le premier stade, on chauffe la crème à une température relativement basse, ce qui enlève les gaz dissous avant l'élévation de la température dans le second stade et on a trouvé que, du fait de ce chauffage en deux stades, il y a peu tendance à obstruction de l'appareil, c'est-à-dire des échangeurs de chaleur et pièces associées.
On peut disposer les systèmes de manière à effectuer une remise en circulation afin d'augmenter le traitement. Ainsi une partie de la crê- me retirée du second stade peut être ramenée à l'entrée 'du premier ce qui sert à augmenter la quantité d'évaporation et le temps pendant lequel la crê- me est maintenue à des températures comprises entre 70 et 105 pour en en- lever les aromes volatils ayant différents points d'ébullition.
Sur le dessin annexé, on a représenté un schéma d'une installa- tion type selon l'invention.
La crême arrive par un tuyau 1 à un premier échangeur de chaleur 2, de préférence du type à plateaux, bien connu, la crêpé- 'étant chauffée par échange de chaleur avec de la vapeur d'eau arrivant par un tuyau 3. Dans l'échangeur, la crême est portée à une température de 50 à 70 , de préfé- rence 68 . La crême chaude va alors, par un tuyau 4, à un récipient 5 re- lié à une source de vide par un tuyau 6, de sorte que l'intérieur du récipient est maintenu à un vide de, par exemple,60 cm de mercure. Dans ces conditions, la crême chaude s'éparpille en entrant dans le récipient et libère, par éva- poration, les gaz dissous et les produits volatils à faible point d'ébulli- tion qui sont indésirables dans la crême.
La crême une fois traitée subit une diminution de température d'environ 5 et se rassemble dans le bas du récipient d'où la crème est re- tirée par une pompe 7. La pompe retire la crême à vitesse constante, et, pour maintenir sensiblement constant le niveau de la crème dans le récipient 5, l'arrivée de la crême dans le récipient. 5 est commandée par un flotteur 8 actionnant un obturateur 9 représenté comme étant un manchon coulissant sur une entrée 4' munie d'ouvertures, de manière à régler l'arrivée de la crême dans le récipient 5.
La pompe 7 envoie la crème ainsi traitée au deuxième stade du traitement. Dans ce second stade, la crême doit être portée à une tempé- rature de 70 à 105 , de préférence 87 à 90 . Dans ce but, le débit de la pompe 7 va, par un tuyau 10, à un deuxième échangeur de chaleur 11 dans le- quel la crême est chauffée par échange de chaleur avec de la vapeur d'eau ou de l'eau chaude arrivant par un tuyau 12 et sortant par un tuyau 13.
La crême ainsi chauffée va, par un tuyau 14, à une colonne de distillaticn 15 dans laquelle on amène la crème à tomber en gouttes ou en jets fins, à contre-courant avec de la vapeur arrivant à la colonne par un tuyau 16. Pour assurer une'distillation intime, la disposition est tel- le que la vapeur traverse plusieurs fois la crême qui passe. Dans ce but, la colonne comporte une série de tablettes perforées, superposées, à re- bord, disposées par paires 17, 18, la tablette 17 de chaque paire laissant un intervalle périphérique 17' entre elle et la paroi de la colonne 15, tan- dis que la tablette 18 de chaque paire ne présente pas- d'intervalle de ce genre, mais comporte une ouverture centrale 19.
Avec cette disposition, la
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vapeur qui monte doit passer, à un étage, du centre de la colonne vers l'ex- térieur et dans, l'étage suivant, elle doit passer à l'intérieur du centre de la colonne, comme indiqué sur le dessin. Cette colonne est maintenue sous un vide d'environ 25 cm de mercure, par un tuyau 20.
Il est évident que la vapeur sort par ce tuyau 20 et, pour l'économie de fonctionnement de l'installation,, ce tuyau 20 est relié à la source de vide par l'échangeur de chaleur 2 où, par échange de chaleur avec la vapeur, la crême non traitée arrivant à cet échangeur est rechauffée, 1' échangeur étant relié à la source de vide par un tuyau 21.
L'action de distillation de la vapeur retire de la crême traitée le restant des constituants indésirables qui s'en vont avec la vapeur quit- tant la crême désodorisée sortant du bas de la colonne.
La crême, maintenant débarrassée de son odeur indésirable, est retirée de la colonne 15 par une pompe 22 qui envoie la crème, par un tuyau 23, à un réfrigérant constitué par un troisième échangeur de chaleur 24 dans lequel circule un liquide réfrigérant au moyen des tuyaux 25 et 26.
Le récipient 5 représenté sur le dessin pourrait, si on le désire, être remplacé par un récipient analogue au récipient 15, de sorte que la crème, initialement chauffée, en passant dans le récipient non seu- lement est évaporée, mais encore distille sous l'action de la vapeur, comme le fait la crême arrivant au récipient 15.
Lorsque l'en désire faire recirculer la crème traitée, un tuyau 27, muni d'un robinet de réglage 28, peut être branché entre les tuyaux 4 et 23, comme représenté. Lorsque l'on désire faire recirouler, on ouvre le robinet 28 dans la mesure voulue et une partie de la crème traitée passant dans le tuyau 23 revient au tuyau 4.
Sur le dessin, les trois échangeurs de chaleur 2, 11 et 24 sont représentés séparés, mais ce sont, en général, trois sections d'un seul échangeur à plateaux.