MODULATION DE LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE PAR LES SEMAPHORINES ET SES APPLICATIONS
La présente Invention est relative à l'utilisation des sémaphorines pour moduler la transmission synaptique et à ses applications, pour le traitement des pathologies liées à un dérèglement de l'activité neuronale, ainsi que pour le criblage de médicaments actifs sur ces pathologies.
Les pathologies liées à un dérèglement de l'activité neuronale, affectant notamment la neurotransmission, englobent de nombreuses maladies génétiques et acquises caractérisées par un dérèglement de l'activité électrique des réseaux de neurones (baisse d'activité ou hyperactivité) telles que par exemple : l'épilepsie, l'autisme, l'anxiété, l'angoisse, la dépression et les troubles bipolaires, le stress, l'hyperactivité, la schizophrénie, les troubles du sommeil, les troubles de la santé mentale, les troubles cognitifs, en particulier liés à l'âge, les ataxies, et les pathologies affectant la neurotransmission, en particulier les maladies génétiques affectant un récepteur de neurotransmetteur. Les épilepsies sont un exemple de dérégulation de l'activité électrique cérébrale conduisant à une hyperactivité neuronale. Les anxiétés se caractérisent également par le fait que certaines régions du cerveau sont hyperactives. A l'opposé, les troubles cognitifs, notamment liés à l'âge, sont des exemples de pathologies caractérisées par une diminution de l'activité des réseaux neuronaux.
Les traitements de ces pathologies, lorsqu'ils existent posent des problèmes liés notamment à des effets secondaires indésirables des molécules utilisées. Par exemple, les anxiolytiques comme les benzodiazépines permettent d'abaisser le niveau d'activité neuronale en favorisant les mécanismes d'inhibition. Toutefois, la cible moléculaire de ce traitement, le GABA, est très répandue dans le système nerveux. En conséquence, ce type de traitement induit des effets secondaires comme la somnolence et la réduction des réflexes.
Une meilleure compréhension du fonctionnement des réseaux neuronaux et notamment des molécules impliquées dans la régulation de l'activité de ces réseaux, permettrait de mettre au point des médicaments mieux adaptés au traitement des pathologies liées à leur dysfonctionnement.
La famille des sémaphorines regroupe des protéines de signalisation
intercellulaire, membranaires ou sécrétées, dont certaines ont une fonction de guidage des axones et l'une d'entre elle participe à la signalisation du système immunitaire.
Les sémaphorines sont caractérisées par la présence, à leur extrémité NH2, d'un domaine d'environ 500 acides aminés comprenant 17 cystéines conservées (domaine « sémaphorine » ou « sema » ; pour une revue sur les sémaphorines voir notamment Râper, J. A., Curr. Opin Neurobiol., 2000, 10, 88-). Les sémaphorines ont été divisées en 8 classes en fonction de l'organisation de domaines additionnels ; les classes 1 et 2 sont présentes chez les invertébrés, les classes 3 à 7 chez les vertébrés, alors que la dernière classe (classe V) est codée par des virus. Les sémaphorines de classes 2, 3 et V sont sécrétées et les autres sont ancrées à la membrane cellulaire par une liaison de type phosphatidylinositol ou un domaine transmembranaire. Le domaine sémaphorine est un élément clé de la signalisation ; il a notamment été montré pour les sémaphorines de classe 3, que des sémaphorines tronquées comprenant uniquement le domaine sémaphorine sont biologiquement actives lorsqu'elles sont produites sous la forme de dimère ; le domaine carboxy-terminal contenant des acides aminés basiques et un domaine immunoglobuline facilite la liaison des sémaphorines de classe 3 à leur récepteur.
Les récepteurs des sémaphorines sont des complexes multimoléculaires comprenant des neuropilines (NP-I ou NP -2), des plexines et des molécules d'adhésion cellulaire de la superfamille des immunoglobulines (Ll ; Râper et al., précité ; Castellani et al., Neuron, 2000, 27, 237-249) ; les neuropilines à elles seules sont capables de lier les sémaphorines mais la transduction du signal implique la présence de plexine et de molécule d'adhérence de la superfamille des immunoglobulines qui jouent le rôle de co-récepteurs. En outre, il a été montré que les différentes sémaphorines jouent le rôle d'agonistes ou d'antagonistes vis-à-vis des récepteurs NP-I et NP -2 ; par exemple SémaA et SémaE sont des antagonistes du récepteur NP-I et des agonistes du récepteur NP-2 (Takahashi et al, Nature Neuroscience, 1998, 1, 487-493).
Parmi les sémaphorines de vertébrés, les sémaphorines sécrétées (classe 3) ont été particulièrement étudiées. Au moins six membres qui jouent un rôle important dans le développement du tissu nerveux, ont été identifiés (Séma3A à 3F). Ces molécules représentent un signal majeur de répulsion pour le guidage des axones,
empêchant ainsi les axones d'innerver des territoires inappropriés du tissu nerveux en développement (Râper, précité). Ainsi, les sémaphorines apportent des contraintes structurales au bourgeonnement associé au câblage physiologique du système nerveux (Giger et al., J. Neurosci. Res., 1998, 52, 27-). La régulation positive de leur expression après une lésion suggère que les sémaphorines pourraient également limiter la régénération axonale chez l'adulte (Giger et al., précité ; Pasterkamp et al., Brain. Res. Dev., 2001, 35, 36- ; Niclou et al., Mol. CeIl. Neurosci., 2003, 24, 902-). L'effet des sémaphorines sur le tissu nerveux en développement est lié à leur capacité à modeler la morphologie des terminaisons axonales ; elles provoquent des réarrangements dynamiques de l'actine du cytosquelette qui induisent la rétraction ou l'extension des composants filopodes ou lamellipodes des cônes de croissance (Liu et Strittmatter, Curr. Opini., CeIl. BioL, 2001, 13, 619-).
Il a notamment été montré qu'une forme soluble du récepteur Ll ou un peptide mimant Ll (ASNKL, FASNKL, FASNKLGTAM) sont capables d'inhiber le signal de répulsion induit par Séma3 A et sont donc utiles comme médicament pour favoriser la régénération neuronale/axonale et traiter les maladies neurodégénératives (Demande Internationale WO 03/089470).
En outre, le brevet US 5 639 856 et les Demandes US 2003/0032070 et US 2004/0121948 suggèrent d'utiliser des fragments peptidiques de sémaphorines représentant des antagonistes de récepteurs de sémaphorines ou bien des inhibiteurs de sémaphorine (anticorps ou antisens spécifiques), pour bloquer le signal de répulsion induit par le sémaphorines au niveau du cône de croissance des neurones, de façon à favoriser la régénération neuronale/axonale post-traumatique et traiter les maladies neurodégénératives . Les inventeurs ont montré que les sémaphorines qui jouent un rôle dans le développement des réseaux neuronaux au cours du développement embryonnaire sont également capables de moduler la transmission synaptique chez l'adulte.
La mise en évidence de cette nouvelle propriété des sémaphorines, liée à la liaison des sémaphorines à un récepteur synaptique, ouvre des perspectives très intéressantes pour le traitement des pathologies liées à un dérèglement de l'activité neuronale.
En conséquence, la présente invention a pour objet l'utilisation d'une molécule sélectionnée dans le groupe constitué par une sémaphorine et un modulateur de sémaphorine, pour la préparation d'un médicament destiné au traitement des pathologies liées à un dérèglement de l'activité neuronale. Définitions
- On entend par sémaphorine, une protéine de la famille des sémaphorines telle que définie ci-dessus, un dérivé fonctionnel, notamment un variant fonctionnel de ladite sémaphorine, ou bien un polynucléotide (ADN ou ARN) codant ladite sémaphorine ou ledit dérivé, de préférence inclus dans un vecteur d'expression actif dans les cellules de mammifères.
- On entend par modulateur un activateur ou un inhibiteur.
- On entend par modulateur de sémaphorine un modulateur de l'expression et/ou de la fonction d'une sémaphorine.
- On entend par fonction d'une sémaphorine, la fonction modulatrice (activatrice ou inhibitrice) de la transmission synaptique de ladite sémaphorine ; cette fonction résulte de la liaison de ladite sémaphorine à un récepteur synaptique et de Ia transduction d'un signal médié par ledit récepteur.
- On entend par dérivé fonctionnel de sémaphorine, une sémaphorine modifiée possédant la fonction modulatrice de la transmission synaptique telle que définie ci-dessus.
- On entend par récepteur de sémaphorine aussi bien un récepteur qu'un co-récepteur de ladite sémaphorine, à savoir : toute molécule de la membrane plasmique d'une cellule de mammifère qui est : (i) exprimée dans la région synaptique des neurones, (ii) capable de lier une sémaphorine et de transduire le signal résultant de cette liaison (récepteur au sens strict) ou de transduire le signal résultant de cette liaison (co-récepteur), et d'induire une modulation de la transmission synaptique, du fait de cette liaison.
L'effet de ladite sémaphorine ou dudit modulateur de sémaphorine sur la transmission synaptique peut être mesuré par les techniques classiques d' électrophysiologie connues de l'Homme du métier comme par exemple : le patch- clamp, l'enregistrement extra-cellulaire ou l'utilisation de sondes sensibles au potentiel.
- On entend par pathologie liée à un dérèglement de l'activité neuronale, affectant notamment la neurotransmission, toute maladie génétique ou acquise caractérisée par un dérèglement de l'activité électrique des réseaux de neurones (baisse d'activité ou hyperactivité) telle que par exemple l'une des pathologies précitées.
L'invention englobe l'utilisation de sémaphorines de n'importe quelle espèce (vertébré ou invertébré). Les séquences de sémaphorines de certaines espèces (séquences d'ADNc et séquences en acides aminés correspondantes) sont disponibles dans les bases de données de séquences, notamment dans GENBANK et dans la base de données du NCBI.
Les séquences de sémaphorines d'autres espèces peuvent être déterminées par clonage de l'ADNc correspondant, à l'aide d'amorces choisies à partir des séquences connues, selon les techniques classiques de biologie moléculaire, connues de l'Homme du métier. L'invention englobe également l'utilisation de dérivés de sémaphorine (sémaphorines modifiées), notamment de variants de sémaphorine correspondant à une protéine fonctionnelle telle que définie ci-dessus. Les modifications qui sont introduites dans ladite protéine par les techniques classiques connues de l'Homme du métier, incluent de façon non-limitative : mutation (insertion, délétion, substitution) d'au moins un acide aminé dans la séquence de ladite sémaphorine (obtention de variants de sémaphorine), addition d'une séquence de fusion (obtention d'une protéine de fusion ou protéine chimérique), substitution de résidus d'acides aminés par des résidus d'acides aminés non-naturels (acides aminés D ou analogues d'acides aminés), modification de la liaison peptidique, cyclisation, addition de groupements chimiques au niveau des chaînes latérales des acides aminés, couplage à une molécule d'intérêt, notamment une molécule permettant le passage de la barrrière hémato-méningée ; ledit couplage est réalisé par l'intermédiaire d'une liaison non-covalente ou covalente telle qu'une liaison peptidique (obtention d'une sémaphorine chimérique). En outre, lorsque ladite sémaphorine correspond à une protéine membranaire, elle peut avantageusement être tronquée, notamment par délétion du domaine transmembranaire, de façon à obtenir une protéine sécrétée. Ces modifications sont destinées en particulier à moduler (augmenter ou diminuer)
l'affinité ou la spécificité des sémaphorines pour un de leur récepteur, à augmenter la stabilité, la pénétration et la diffusion dans le tissu nerveux, ou à faciliter la purification desdites protéines.
Les vecteurs dans lesquels on peut insérer une séquence d'intérêt dans une cassette d'expression contenant les éléments régulateurs de transcription et de traduction appropriés (promoteur, activateur, intron, codon d'initiation (ATG), codon stop, signal de polyadénylation), afin de l'introduire et de la maintenir dans une cellule hôte eucaryote, sont connus de l'Homme du métier ; le choix d'un vecteur approprié dépend de l'utilisation envisagée pour ce vecteur (par exemple réplication de la séquence d'intérêt, expression de cette séquence, maintien de la séquence sous forme extrachromosomique ou bien intégration dans le matériel chromosomique de l'hôte). On peut utiliser entre autres les acides nucléiques nus (ADN, ARN, linéaire ou circulaire), notamment les plasmides, et les vecteurs viraux tels que les adénovirus, notamment les adénovirus canins, les rétrovirus, les lentivirus, les herpesvirus, les AAV (Adeno-Associated- Virus), les poxvirus, et en particulier les canarypox, les rhabdovirus et le virus de l'encéphalite vénézuélienne. De préférence, on utilise des vecteurs possédant un tropisme naturel pour le tissu nerveux (herpesvirus, rhabdovirus, virus de l'encéphalite vénézuélienne) ou induit par la formation de pseudo-particules virales comprenant une protéine d'enveloppe d'un virus neurotrope comme notamment la glycoprotéine du virus de la rage (lentivirus pseudotypé, par exemple).
Selon un mode de réalisation avantageux de ladite utilisation, ladite sémaphorine est sécrétée ; de préférence il s'agit d'une sémaphorine de classe 3, comme par exemple Séma3A. Parmi les modulateurs de sémaphorine, on peut citer les substances qui modulent la réponse des sémaphorines dans le guidage axonal, ainsi que les agonistes et les antagonistes de récepteur de sémaphorine.
Selon un autre mode de réalisation avantageux de ladite utilisation, ledit modulateur est sélectionné dans le groupe constitué par les nucléotides cycliques et le monoxyde d'azote.
Selon un autre mode de réalisation avantageux de ladite utilisation, ledit modulateur est un agoniste ou un antagoniste d'un récepteur de sémaphorine,
lequel récepteur étant sélectionné dans le groupe constitué par : les neuropilines, les plexines et les molécules d'adhérence de la superfamille des immunoglobulines (IgCAM).
Selon un autre mode de réalisation avantageux de ladite utilisation, ledit modulateur est un agoniste ou un antagoniste d'un récepteur de sémaphorine, lequel récepteur étant exprimé dans la région synaptique des neurones.
Selon une disposition avantageuse de ces modes de réalisation, ledit récepteur est la neuropiline NP-1.
Un agoniste de récepteur de sémaphorine est défini dans la présente invention, par toute molécule capable de mimer l'effet de ladite sémaphorine sur un récepteur synaptique, c'est-à-dire une molécule capable de mimer la liaison de la sémaphorine audit récepteur synaptique et/ou d'induire la transduction du signal médié par ledit récepteur ou l'un de ses co-récepteurs.
Un antagoniste de récepteur de sémaphorine est défini dans la présente invention par, toute molécule capable d'inhiber/bloquer l'effet de ladite sémaphorine sur un récepteur synaptique, c'est-à-dire une molécule capable d'inhiber la liaison de la sémaphorine audit récepteur synaptique et/ou d'inhiber la transduction du signal médié par ledit récepteur ou l'un de ses co-récepteurs ; en outre l'inhibition de cette liaison peut être de nature compétitive (antagoniste se liant au récepteur) ou non-compétitive (antagoniste se liant à la sémaphorine).
Cette définition englobe les sémaphorines dans la mesure où les différentes sémaphorines jouent le rôle d'agonistes ou d'antagonistes, vis-à-vis des récepteurs NP-I et NP -2 ; par exemple SémaA et SémaE sont des antagonistes du récepteur NP-I et des agonistes du récepteur NP-2 (Takahashi et al., Nature Neuroscience, 1998, 1, 487-493).
Des molécules capables de mimer la liaison d'une sémaphorine à un récepteur synaptique sont notamment des fragments de sémaphorine incluant le site de liaison audit récepteur ou d'autres molécules, notamment des peptides mimant le site de liaison au récepteur de ladite sémaphorine (mimotope de sémaphorine). Des molécules capables d'inhiber la liaison d'une sémaphorine à un récepteur synaptique sont notamment des fragments de ladite sémaphorine incluant le site de liaison audit récepteur ou des fragments de récepteur incluant le site de liaison à
ladite sémaphorine, ou bien d'autres molécules, notamment des peptides mimant, soit le site de liaison au récepteur de ladite sémaphorine (mimotope de la sémaphorine), soit le site de liaison à la sémaphorine du dit récepteur (mimotope du récepteur).
Parmi ces fragments, on peut citer notamment les peptides décrits dans le Brevet US 5639856 et dans la Demande Internationale WO 03/089470.
D'autres mimotopes peuvent notamment être isolés, par criblage d'une banque de molécules, par un test de liaison à un anticorps dirigé contre ledit site de liaison de la sémaphorine (mimotope de sémaphorine) ou du récepteur de la sémaphorine (mimotope de récepteur). En outre, d'autres agoni stes ou antagonistes de récepteur de sémaphorine peuvent également être identifiés par un test fonctionnel permettant de mesurer la transmission synaptique, à l'aide d'une méthode connue de l'Homme du métier, comme précisé ci-dessus.
Selon encore un autre mode de réalisation avantageux de ladite utilisation, ladite molécule est associée à au moins une substance permettant le franchissement de la barrière hémato-méningée. Parmi ces substances, on peut citer notamment des peptides membranaires, tels que les peptides Pep:Trans™ (http://www.svntem.com/english/techpeptrans.html').
Selon encore un autre mode de réalisation avantageux de ladite utilisation, ladite pathologie est caractérisée par un dérèglement de l'activité électrique des réseaux de neurones (baisse d'activité ou hyperactivité) et est sélectionnée dans le groupe constitué par : Pépilepsie, l'autisme, l'anxiété, l'angoisse, la dépression et les troubles bipolaires, le stress, l'hyperactivité, la schizophrénie, les troubles du sommeil, les troubles de la santé mentale, les troubles cognitifs, en particulier liés à l'âge, les ataxies, et les pathologies affectant la neurotransmission, en particulier les maladies génétiques affectant un récepteur de neurotransmetteur.
Conformément à l'invention, ladite molécule (sémaphorine ou modulateur de sémaphorine) est sous la forme d'une composition comprenant un véhicule pharmaceutiquement acceptable, et/ou une substance porteuse. Les véhicules pharmaceutiquement acceptables, les substances porteuses et les adjuvants sont ceux classiquement utilisés.
Les substances porteuses sont avantageusement sélectionnées dans le groupe constitué par : les liposomes unilamellaires ou multilamellaires, les ISCOMS, les virosomes, les pseudoparticules virales, les micelles de saponine, les microsphères solides de nature saccharidique (poly(lactide-co-glycolide)) ou aurifère, et les nanoparticules.
Ladite composition se présente sous une forme galénique adaptée à une administration par voie parentérale (sous-cutanée, intramusculaire, intraveineuse, intra-péritonéale,intra-rachidienne), entérale (orale, sublinguale), ou locale (intracérébrale : intra-thécale ou intraventriculaire) ou par toute autre voie, et éventuellement par voies multiples.
Elle peut être administrée en une ou plusieurs fois ou en libération continue (perfusion), notamment au moyen de micropompes osmotiques ou associés à tout moyen physique ou chimique, notamment à des agents encapsulants comme les systèmes de dispersion colloïdaux et les polymères, afin d'avoir une dose thérapeutiquement efficace au site d'action (tissu nerveux).
Elle peut se présenter sous la forme de comprimés, simples ou dragéifiés, de gélules, de granules, de sirop, de suppositoires, de préparations injectables, de pommades, de crèmes, de gels, d'aérosol, lesquels sont préparés selon les méthodes usuelles. Dans ces formes galéniques, ladite molécule est incorporée à des excipients habituellement employés dans des compositions pharmaceutiques, tels que le talc, la gomme arabique, le lactose, l'amidon, le stéarate de magnésium, le beurre de cacao, les véhicules aqueux ou non, les corps gras d'origine animale ou végétale, les dérivés paraffiniques, les glycols, les divers agents mouillants, disper¬ sants ou émulsifiants, les conservateurs. Ladite molécule est destinée à être introduite in vivo dans les cellules-cibles (neurones), soit par diffusion passive, soit en utilisant des méthodes physiques telles que la microinjection, soit en l'associant à toute(s) substance(s) permettant le passage de la barrière hémato-méningée.
Elle peut notamment être administrée directement au niveau de son site d'action (cerveau, moelle épinière). Alternativement, elle peut être administrée par voie parentérale, après avoir été préalablement intégrée dans un liposome ou une nanoparticule qui contient avantageusement un peptide permettant le franchissement
de la barrière hémato-méningée.
La posologie utile varie en fonction de l'affection à traiter, de la voie et du rythme d'administration, ainsi que de la nature et du poids de l'espèce à traiter (humaine ou animale). La présente invention a également pour objet un procédé de criblage de molécules capables de moduler la transmission synaptique, caractérisé en ce qu'il comprend au moins les étapes suivantes : a) la mise en contact d'une banque de molécules à tester avec au moins un récepteur de sémaphorine, et b) la sélection des molécules capables de moduler la transmission synaptique.
Selon un mode de mise en œuvre avantageux dudit procédé, ledit récepteur est sélectionné dans le groupe constitué par les neuropilines, les plexines et les molécules d'adhérence de la superfamille des immunoglobulines (IgCAM). Selon un autre mode de mise en œuvre avantageux dudit procédé, ledit récepteur est exprimé dans la région synaptique des neurones.
Selon une disposition avantageuse des modes de mise en œuvre précédents dudit procédé, ledit récepteur est la neuropiline NP-I .
Selon encore un autre mode de mise en œuvre avantageux dudit procédé, il comprend, une étape de pré-sélection des molécules capables de se lier au(x)dit(s) récepteur(s), préalablement à l'étape b) de sélection.
Selon une disposition avantageuse de ce mode de mise en œuvre dudit procédé, l'étape b) est réalisée en compétition avec une sémaphorine sécrétée, de préférence de classe 3, de manière préférée de type 3A (Séma3A). La banque de molécules est un ensemble de molécules apparentées par leur structure, leur origine ou leur fonction, notamment une banque combinatoire incluant des molécules qui diffèrent entre elles par le remplacement systématique ou aléatoire de leurs constituants élémentaires. Il s'agit par exemple d'une banque d'oligomères tels que des peptides, des oligonucléotides (aptamères) et des oligosaccharides, d'une banque d'anticorps ou de fragments d'anticorps, ou bien d'une banque de molécules organiques autres que des oligomères, cycliques ou non- cycliques, notamment des petites molécules organiques, c'est-à-dire de masse
moléculaire inférieure à 2500 Da, de préférence inférieure à 2000 Da, de manière préférée inférieure à 1500 Da, de manière plus préférée inférieure à 1000 Da, de manière encore plus préférée inférieure à 750 Da.
Le criblage de la banque de molécules et l'identification des molécules capables de se lier à la cible (sémaphorine ou récepteur de sémaphorine) sont réalisées par toute méthode connue de l'Homme du métier permettant la mesure de l'interaction entre deux partenaires (ELISA, transfert d'énergie par résonance (FRET), polarisation de fluorescence, résonance plasmonique de surface). Le criblage est réalisé à l'aide d'une cible ou d'un dérivé de la cible tel qu'un fragment comprenant au moins le site d'intérêt, un mimotope, ou bien encore un anticorps anti- idiotypique représentant l'image interne dudit site d'intérêt de la cible. La dite cible et ses dérivés ou bien l'anticorps ou le fragment d'anticorps sont éventuellement, immobilisés sur un support approprié, et/ou marqués par tout moyen permettant l'obtention d'un signal mesurable, connus de l'Homme du métier. En outre, Ia spécificité de la liaison peut être démontrée par un test de liaison en compétition, avec un ligand (sémaphorine/récepteur) marqué.
L'identification des molécules capables de moduler la transmission synaptique est réalisée par un test fonctionnel, à l'aide d'une méthode connue de l'Homme du métier, comme précisé ci-dessus ; il s'agit, notamment d'un test in vitro ou ex vivo, dans un système cellulaire approprié (lignée cellulaire ou échantillon de tissu nerveux mis en culture (culture en tranche ou culture organotypique), ou bien in vivo, chez un organisme approprié. Les cellules en culture peuvent être immortalisées ou en culture primaire, adhérentes ou en suspension. L'organisme vivant peut être n'importe quel organisme de laboratoire ou d'étude (rongeurs, porcs, bovins, ovins...) transgénique ou non-transgénique.
Parmi les systèmes cellulaires et les organismes appropriés, on peut citer notamment ceux qui sont des modèles d'un processus pathologique caractérisé par un dysfonctionnement de l'activité des réseaux neuronaux ou une anomalie de décharge des neurones. Les polynucléotides tels que définis dans l'invention sont obtenus par les méthodes classiques, connues en elles-mêmes, en suivant les protocoles standards tels que ceux décrits dans Current Protocols in Molecular Biology (Frederick M.
AUSUBEL, 2000, Wiley and son Inc, Library of Congress, USA). Par exemple, ils peuvent être obtenus par amplification d'une séquence nucléique par PCR ou RT-PCR, par criblage de banques d'ADN génomique par hybridation avec une sonde homologue, ou bien par synthèse chimique totale ou partielle. Les vecteurs recombinants sont construits et introduits dans des cellules hôtes par les méthodes classiques d'ADN recombinant et de génie génétique, qui sont connues en elles-mêmes.
Les protéines et dérivées (protéines de fusion ou protéine chimérique) sont produites à partir des ADNc correspondants, obtenus par tout moyen connu de l'homme du métier ; l'ADNc est clone dans un vecteur d'expression eucaryote ou procaryote et la protéine ou le fragment produits dans les cellules modifiées par le vecteur recombinant sont purifiés par tout moyen approprié, notamment par chromatographie d'affinité.
Les peptides peuvent être synthétisés en phase solide, selon la technique Fmoc, originellement décrite par Merrifield et al. (J. Am. Chem. Soc., 1964, 85: 2149-) et purifiés par chromatographie liquide haute performance en phase inverse.
Outre les dispositions qui précèdent, l'invention comprend encore d'autres dispositions, qui ressortiront de la description qui va suivre, qui se réfère à des exemples de mise en œuvre de l'objet de la présente invention, avec référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 illustre la diminution de la transmission de l'excitation synaptique, induite par Séma3A. (A) Cinétique de variation de la pente du potentiel d'excitation post-synaptique (EPSP) après application de Séma3A dans le bain de liquide céphalo-rachidien artificiel. Le graphique supérieur représente la superposition de deux courbes de potentiel d'excitation post-synaptique correspondant aux coupes d'hippocampe incubées en présence de surnageant contrôle (trait fin, étoile vide), ou 15 minutes après incubation en présence de surnageant contenant Séma3A (trait épais, étoile pleine). (B) Résumé des modifications normalisées de la pente d'EPSP, après application de surnageant contrôle (CS), de surnageant Séma3A dilué 10 fois (Séma3A/10), de surnageant Séma3A dilué 5 fois (Séma3A/5), et de surnageant Séma3A ou LIFc, non-dilués. (C) La stimulation répétée (panneau supérieur) ou
prolongée (panneau inférieur) par Séma3A, induit une diminution de la transmission synaptique répétée (panneau supérieur) ou prolongée (panneau inférieur).
- la figure 2 illustre la mise en évidence de sites de liaison à la sémaphorine 3 A, dans la région CAl de l'hippocampe de l'adulte. Séma3A a été incubée avec des coupes de cerveau et détectée dans la couche correspondant aux corps cellulaires et dans les régions correspondant aux dendrites apicales et distales des cellules pyramidales. L'organisation cellulaire du tissu a été visualisée par coloration au bisbenzimide. Echelle = panneaux de gauche (a, b, c, e, f, h, i) : 250 μm ; panneaux de droite (d, g, j) : 25 μm. - la figure 3 illustre l'expression de NP-I dans l'hippocampe de l'adulte et sa localisation pré-synaptique. (A-a) Hybridation in situ montrant que le transcrit NP-I est détecté dans le gyrus dentate, et les régions CAl et CA3. (A, b-d) Observations confocales d'expériences d'immunocytochimie sur des coupes de cerveau adulte, pour la détection, dans la région CAl, de la protéine NP-I (b) et d'un marqueur synaptique (synaptophysine (SYN) ; c et d (agrandissement d'un région de c)). Echelle = 10 μm. La colocalisation avec la synaptophysine indique que NP-I est distribué dans le compartiment pré-synaptique. (B) Analyse du contenu en synaptophysine, PSD-95 et NP-I d'extraits d'hippocampe adulte, de synaptosomes, de la fraction de densité non-post-synaptique (non-PSD pour non-Post-Synaptic Density) et de plusieurs fractions de densité post-synaptique (PSDI, PSDII, PSDIII). Les immunoblots indiquent que le compartiment pré-synaptique est enrichi en NP-I comme en synaptophysine. En revanche, NP-I n'est pas présente dans les fractions PSD, contrairement au marqueur post-synaptique PSD-95 qui est présent en grande quantité dans ces fractions PSD. - la figure 4 illustre l'expression de NP-I dans des cultures de neurones différenciés de l'hippocampe. (A à C) Co-marquage de NP-I avec NeuN (A), parvalbumine (B) et quantification des neurones doublement marqués (C) montrant qu'une proportion élevée de neurones incluant des neurones positifs pour la parvalbumine, expriment NP-I. (D-E) Double marquage de NP-I avec le marqueur somatodendritique MAP2 (D) et le marqueur axonal Tau (E), illustrant la distribution de NP-I dans les deux types de compartiments neuritiques. La flèche en (D) illustre un neurite MAP2-/NP1+, en (E) un neurite Tau-/NP-l+. (F) NP-I est exprimé dans
certains mais pas tous les prolongements des neurites primaires. Barre d'échelle (A-F) 10 μm.
- la figure 5 illustre la présence de NP-I au niveau des synapses de neurones de l'hippocampe en culture. (A-B) Co-marquage de NP-I avec les marqueurs synaptiques dans des cultures de neurones de l'hippocampe différenciés in vitro (DIV). Le marquage de la synaptophysine (A) et du marqueur de la famille PSD- 95 (B) montre que la synaptogénèse se produit dans des neurites exprimant NP-I et que NP-I est localisée au niveau des synapses. La flèche en B montre l'apposition des fluorescences du marqueur de la famille PSD-95 et de NP-I . Barre d'échelle : 10 μm. - la figure 6 illustre l'induction de la phosphorylation de Erk, par
Séma3A, dans les neurones différenciés de l'hippocampe. (A-B) Immunomarquage de pERkl/2 montrant une augmentation de la fluorescence de pErk dans le corps cellulaire et les neurites de cultures de neurones traitées par Séma3A,par comparaison avec le contrôle (A) et l'analyse quantitative du marquage (B). * p> 0,01 (test de Student). Barres d'échelle : 10 μm.
- la figure 7 illustre l'effet du traitement par Séma3A sur le marquage du marqueur synaptique synaptophysine. (A) Microphotogaphies de neurofilaments et marquage de la synaptophysine dans des neurones de l'hippocampe à DIVl 5, traités par Séma3A ou non-traités, illustrant la diminution de la fluorescence de la synaptophysine induite par Séma3A. La fluorescence totale et la surface moyenne de chaque point sont réduits, comme déterminé par l'analyse quantitative de la fluorescence (B). * p> 0,01 (test de Student). Barres d'échelle : 5 μm.
- la figure 8 représente un modèle du mécanisme de diminution de la transmission synaptique induit par Séma3A. A : Séma3A agit sur les axones en développement et induit une rétraction des filopodes et des lamellipodes formant le cône de croissance. Cette rétraction qui est initiée par la liaison de Séma3A avec NP- 1, conduit à un effondrement du cône de croissance. B : Dans la région CAl de l'hippocampe, chez l'adulte, le récepteur NP-I de Séma3A est exprimé au niveau de la membrane pré-synaptique. Séma3A qui pourrait être sécrétée par les afférences entorhinales, se lie à la protéine NP-I du complexe moléculaire formant le récepteur et active le récepteur. Cette activation induit une réponse de rétraction morphologique de la synapse, semblable à celle de la rétraction du cône de croissance se produisant lors
du guidage axonal. Cet effondrement diminue la transmission synaptique en augmentant la taille de l'espace intersynaptique.
Exemple 1 : L'application de sémaphorine exogène diminue la transmission synaptique 1) Matériels et méthodes a) Electrophysiologie
Des coupes d'hippocampe (400 μm) ont été préparées à partir de souris âgées de six à huit semaines. Les coupes ont été réalisées dans une solution (280 mM sucrose, 26mM NaHCO3, 10 mM D-glucose, 1,3 mM KCl, ImM CaCl2, 1O mM MgCl2) et maintenues pendant une heure à température ambiante, dans un liquide céphalo-rachidien artificiel (ACSF) oxygéné (95 % O2 / 5 % CO2 ; ACSF : 125 mM NaCl, 2,5 mM KCl, 0,8 mM NaH2PO4, 26 mM NaHCO3, 3mM CaCl2, X mM D-glucose).
Chaque coupe a été transférée dans une chambre d'enregistrement contenant du liquide céphalo-rachidien artificiel oxygéné comme ci-dessus et maintenue à 34°C. Les neurones ont été visualisés par vidéomicroscopie infrarouge (DIC pour Differential Interférence Contrast). Toutes les expériences ont été réalisées en présence de picrotoxine (100 μM SIGMA), un antagoniste du récepteur au GABA de type A. La région CAl a été séparée de la région CA3 par section au couteau de la coupe d'hippocampe avant la mesure, de façon à éviter une activité épilepti forme. Les potentiels d'excitation post-synaptique (EPSP) des champs extracellulaires ont été enregistrés dans le stratum radiatum, à l'aide de microélectrodes de mesure en verre, remplies de NaCl 3M. Les électrodes de stimulation en verre, remplies de tampon salin extracellulaire, ont été placées dans le stratum radiatum. Les stimuli (durée de 0,1 à 0,15 mS) de 0,1 à 3mA ont été délivrés à une fréquence de 0,3 Hz pour les mesures de la transmission synaptique basale. Toutes les drogues ont été appliquées dans le bain de liquide céphalo-rachidien artificiel. Les signaux analogues ont été filtrés à 3 kHz et l'acquisition des séquences de 400 ms a été réalisée à un rythme de 12 kHz à l'aide du logiciel (ACQUISI™, BIO-LOGIC). Les résultats exprimés par la moyenne + écart type, ont été analysés à l'aide du test de Mann-Whitney.
b) Production de sémaphorine et de LlFc
Des cellules COS7 ont été transfectées de façon transitoire par un vecteur recombinant d'expression de la Séma3A fusionnée à une étiquette myc, à l'aide de lifofectamine™, comme décrit dans Castellani et al., Neuron, 2000, 27, 237-. Trois jours plus tard, le surnageant cellulaire a été récolté et dialyse pendant 3 jours, contre du liquide céphalo-rachidien artificiel. Le surnageant contenant LlFc a été obtenu de façon similaire, à partir de cellules sécrétant LlFc, transfectées de façon stable (Castellani et al., précité). Le surnageant contrôle est constitué par du surnageant de cellules non-transfectées, dialyse avec du liquide céphalo-rachidien artificiel. 2) Résultats
L'effet des sémaphorines sur la transmission synaptique a été étudié dans l'hippocampe avec la sémaphorine 3A (Séma3A). Les potentiels d'excitation post-synaptiques des champs extracellulaires (EPSP) évoqués par la stimulation des collatérales de Schaffer ont été enregistrés dans la région CAl de fines coupes d'hippocampe de souris âgées de 6 à 8 semaines. L'application de Séma3A exogène dans le bain, diminue de façon significative la pente de la courbe d'EPSP à 80 % ± 9 % de celle du groupe contrôle (n = 5 coupes, test de Mann-Whitney, p<0,001, figure IA). La diminution de la transmission synaptique est dose dépendante, étant donné que l'application de Séma3A diluée d'un facteur 5 induit une réduction plus faible mains néanmoins significative, de la transmission synaptique (91 % ± 7 %, n = 3 coupes, p<0,05 ; figure IB). Aucun abaissement du niveau de transmission n'est induit par l'application de Séma3A diluée d'un facteur 10 (103 + 6 %, n = 3 coupes, p>0,l, figure IB).
De plus, l'application de surnageant contrôle, obtenu dans des conditions similaires, mais dépourvu de Séma3A, n'a aucun effet significatif sur la pente de la courbe d'EPSP (97 % ± 5 %, n = 5 coupes, p>0,l, figure IB). Cette diminution de la transmission synaptique, induite par Séma3A n'est pas associée aune réduction de la voilée pré-synaptique (100 ± 1 %, n = 3, p>0,l), indiquant que Séma3A n'a pas d'effet sur l'excitabilité des axones pré-synaptiques. De plus, l'abaissement du niveau de transmission synaptique induit par Séma3A n'est pas
associé à une augmentation significative du rapport de l'amplitude des réponses à une stimulation couplée (104 ± 7 %, n = 5, p>0,l), suggérant que Séma3A n'agit pas en réduisant la probabilité de libération du neurotransmetteur.
La diminution de la transmission synaptique est liée de façon étroite à la présence de Séma3A dans le cerveau. Ainsi, l'application répétitive ou prolongée de Séma3A, induit une diminution de la transmission synaptique répétitive ou prolongée (figure 1 C).
En revanche, l'application dans le bain des coupes d'hippocampe, d'une forme soluble de la molécule d'adhésion cellulaire de la superfamille des immunoglobulines Ll (LlFc) qui stimule efficacement la pousse des neurites, n'a pas d'effet sur la transmission synaptique (107 ± 11 %, n = 3 coupes, p>0,5, figure IB) dans un intervalle de temps comparable à celui de Séma3A.
Exemple 2 : Analyse des sites de liaison à la Séma3A de l'hippocampe adulte
1) Matériels et méthodes Les surnageants des cellules transfectées ou non de l'exemple 1 ont été utilisés pour localiser les sites de liaison à la Sémaphorine 3 A de l'hippocampe adulte, par immunomarquage. De manière plus précise, des coupes sagittales de cerveau de souris (30 μm) ont été préparées à l'aide d'un vibratome. Les molécules de Séma3A-myc ont été pré-agrégées avec des immunoglobulines anti-c myc (50 μg/ml, hybridome 9E10, SIGMA), pendant 1 heure, puis incubées pendant 1 heure avec des coupes en suspension. L'immunodétection a été réalisée à l'aide d'un anticorps secondaire marqué au rouge Texas. Après des lavages en PBS, les coupes ont été contre-colorées avec du bisbenzimide (1 : 10000), pendant 5 minutes, puis montées avant l'observation. 2) Résultats
La distribution des sites de liaison à la Sémaphorine 3A de l'hippocampe adulte, a été analysée par incubation de coupes sagittales de cerveau avec une protéine Séma3A recombinante marquée par un épitope myc. Les molécules de Séma3A ont été pré-agrégées avec des anticorps anti-myc avant l'incubation avec les coupes de cerveau. Dans ces conditions, la liaison de Séma3A est visualisée par un marquage dans les régions CAl et C A3 de l'hippocampe, ainsi que dans le stratum granulosum et le dentate gyrus. Dans la région CAl, le marquage est distribué dans la
couche de cellules pyramidales et dans la région apicale des dendrites, où les collatérales de Schaffer se terminent (Figure 2). Ainsi, des sites de liaison de Séma3A existent à un moment et à une localisation appropriée pour médier les changements dans la transmission synaptique, qui sont induits par l'application de Séma3A. Exemple 3 : NP-I est localisé dans le compartiment pré-synaptique 1) Matériels et méthodes a) Hybridation in situ
La sonde d'ARN antisens complémentaire du transcrit NP-I a été marquée à l'une de ses extrémités, à l'aide du système de transcription in vitro pour sonde à ARN (Riboprobe In vitro Transcription Systems ; PROMEGA) et du mélange pour marquage de l'ARN à la Digoxygénine (DIG-RNA Labelling Mix ; ROCHE). Les photos ont été prises avec un appareil photographique (DX 30 CCD ; KAPPA), à l'aide du logiciel fourni par le fabricant (KAPPA). K) Immυnohistochirnie Les tissus fixés ont été coupés (30 μm d'épaisseur) à l'aide d'un vibratome. Les coupes ont été incubées dans du PBS 0,1 M, pH 7,4, additionné de 20 % de sérum de veau fœtal, puis elles ont été incubées toute la nuit avec l'anticorps primaire : anticorps polyclonal de lapin anti-NP-1 (1 : 1000) ; anticorps monoclonal de souris anti-synaptophysine (1 : 100, ROCHE) ; anticorps monoclonal de rat (IgG) anti-Ll de souris (1 : 100 ; R&D SYSTEMS), anticorps monoclonal de souris (IgG) anti-PSD-95 (1 : 100, ABR). Après des lavages, les coupes ont été incubées avec un anticorps de chèvre anti-immunoglobuline de lapin, couplé à la fluorescéine (NP-I) ou un anticorps d'âne anti-IgG de souris couplé au rouge Texas (synaptophysine ou PSD- 95) ou anti-IgG de rat couplé au rouge Texas (Ll), dilué au 1 : 400 (JACKSON IMMUNORESEARCH). Les images confocales ont été obtenues à l'aide d'un microscope (Axiovert 135M, ZEISS) muni d'un objectif à immersion (63x) et d'un système d'imagerie pour confocale à enregistrement laser (LSM 410, ZEISS). c) Fractionnement post-svnaptique de densité et immuno-empreintes fimmunoblots)
Les fractions de densité post-synaptique (PSD pour Post-Synaptic Density) de l'hippocampe de souris ont été préparées comme décrit dans Cho et al., Neuron, 1992, 9, 929. Brièvement, des extraits d'hippocampe de souris ont été centrifugés pour éliminer les noyaux et les débris tissulaires, le surnageant a ensuite
été centrifugé à 10 000 g, de façon à obtenir un culot brut de membranes (P2). Une fraction enrichie en synaptosomes a été préparée par centrifugation en gradient discontinu de saccharose du culot P2 remis en suspension. Pour extraire la fraction PSDI, les synaptosomes ont été dilués dans 0,5 % de Triton X-100. Les fractions PSD II et III ont été remises en suspension et centrifugées respectivement dans du Triton X-100 (0,5 %) ou du Sarcosyle (6 %). Les échantillons ont été mélangés dans du tampon de migration contenant du SDS et des quantités égales de protéines ont été séparées par électrophorèse en gel de polyacrylamide (7,5 %) contenant du SDS (SDS-PAGE), puis elles ont été transférées sur une membrane de nitrocellulose. L'immunoréactivité a été révélée avec un système de chimioluminescence. Les anticorps suivants ont été utilisés : anticorps monoclonal de souris (IgG) anti-GluR2 (1 :100, CHEMICON INC.), anticorps monoclonal de souris (IgG) anti-synaptophysine (1 : 1000, ROCHE PRODUCTS), anticorps monoclonal de souris (IgG) anti-PSD95 (1 : 1000, AFFINITY BIO REAGENTS) et anticorps polyclonal de lapin anti-NP-1 (1 : 1000). 2) Résultats
La localisation cellulaire des sites de liaison à Séma3A a été analysée en se concentrant sur NP-I . Dans un premier temps, l'expression de NP-I et de Séma3A dans l'hippocampe de souris adulte, a été étudiée par hybridation in situ. Le transcrit NP-I est détecté dans les régions CAl et CA3 et dans le gyrus dentate du cerveau adulte (figure 3). Le transcrit Séma3A est produit de façon abondante dans le gyrus dentate mais est absent dans les régions CAl et C A3. La détection immunocytochimique de NP-I révèle un profil d'expression ressemblant à celui des sites de liaison à la sémaphorine 3A, comme le stratum pyramidale et le stratum radiatum de la région CAl. La distribution de la protéine NP-I a été analysée en même temps que celle du marqueur synaptique synaptophysine dans une expérience de double-marquage en immunofluorescence. Les analyses confocales montrent que l'expression de NP-I est sous la forme de points et co-localise avec le marquage de la synaptophysine dans la région CAl. Ces observations indiquent que NP-I est un constituant des synapses de l'hippocampe (Figure 3). La localisation sub-cellulaire de NP-I dans les compartiments synaptiques a été examinée plus en détail, par double marquage de NP-I et du marqueur post-synaptique PSD-95. L'imagerie confocale
montre que les marquages de NP-I et de PSD-95 ne co-localisent pas mais sont étroitement apposées, indiquant que NP-I possède une localisation pré-synaptique. L'expression synaptique de NP-I et sa localisation pré-synaptique ont été confirmées à partir des fractions synaptosomales et PSD (Post-Synaptic Density), séparées par centrifugation en gradient de saccharose et extraction par le triton/sarcosyle. Les préparations ont été contrôlées par détection de marqueurs pré- et post-synaptiques, en immunoblot. Le marqueur pré-synaptique synaptophysine est détecté uniquement dans la fraction synaptosomale mais pas dans la fraction PSD. En revanche, le marqueur post-synaptique sous-unité Glu R2 du récepteur au glutamate de type AMPA, est détecté uniquement dans la fraction PSD (figure 3). Les résultats confirment ceux du double-marquage avec la synaptophysine, et démontrent la présence de NP-I dans la fraction synaptosomale mais pas dans la fraction PSD, indiquant que NP-I possède une localisation pré-synaptique (Figure 3). Ces profils d'expression sont compatibles avec un rôle de NPl/Séma3A au niveau des synapses, ayant des répercussions sur les neurones de la région CAl (Figureδ).
Exemple 4 : Expression et localisation de la neuropiline 1 (NP-I) au cours de la différenciation des neurones de l'hippocampe. 1) Matériels et méthodes
Les hippocampes de souris nouveaux-nés ont été prélevés et dissociés. Les neurones ont été cultivés in vitro sur des supports recouverts de poly-lysine, dans du milieu DMEM/F12 supplémenté avec 10 % de sérum de veau fetal et du B27, pendant 1 à 21 jours (DIV).
Les neurones ont ensuite été fixés avec une solution de paraformaldéhyde (PFA 4%). Dans certaines expériences, la fixation à la PFA a été précédée d'un traitement d'une durée de 20 minutes avec du surnageant contenant Sema3A (InM), préparé comme décrit à l'exemple 1. La détection des différents marqueurs a été réalisée par immunocytochimie avec les anticorps spécifiques suivants : anti-MAP2 (CHEMICON, 1/200), anti-NeuN (CHEMICON, 1/200), anti-synaptophysine (SIGMA, 1/100), anti-famille PSD (clone K28/86.2, 1/150), anti parvalbumine (SIGMA, 1/400), anti-NF200Kd (SIGMA, 1/400), anti-Tau (SIGMA, 1/100). Deux anticorps anti-NPl ont été utilisés : un anticorps polyclonal de lapin (α36, 1/1000) et un anticorps monoclonal de chèvre (RaD, 1/100).
La spécificité du marquage a été contrôlée pour chaque anticorps, par incubation en présence de l'anticorps secondaire mais en l'absence de l'anticorps primaire. Les cellules ont été perméabilisées avec du Triton X-100 (0,3 %), pendant 15 minutes. Pour l'analyse quantitative, les cellules ont été préparées pour la détection immunocytochimique de la synaptophysine et visualisées au microscope (Axiovert 200 M, ZEISS). Les images ont été enregistrées dans des conditions d'exposition identiques et exportées dans les logiciels Adobe photoshop™ (Adobe Systems Inc) et NIH image . Pour l'analyse de la surface et de la longueur des points de synaptophysine, les images ont été traitées à un seuil de 48. 2) Résultats
NPl est exprimée dans les neurones de l'hippocampe, depuis les stades précoces jusqu'aux stades très différenciés, comme illustré par l'immunomarquage de la protéine NP-I au 21eme jour de différenciation in vitro (DIV 21, figure 4A, 4E). Le double marquage de NP-I et du marqueur nucléaire pan-neuronal NeuN, indique que 83 % des neurones de l'hippocampe expriment NP-I. En outre, 80 % de neurones exprimant la parvalbumine expriment également NP-I à un niveau élevé (Figure 4A, 4C). Toutefois, le marquage de NP-I a aussi été détecté dans des neurones n'exprimant pas la parvalbumine, indiquant que l'expression de NP-I n'est pas restreinte à cette population d'interneurones. Au niveau subcellulaire, la protéine NP-I est répartie à la fois le long des axones et des dendrites, comme visualisé par le co-marquage avec les marqueurs axonaux et somatodendritiques Tau et MAP2 (Figures 4D, 4E). Toutefois, quelques dendrites et prolongements axonaux négatifs ont été observés, indiquant que NP-I est adressée vers la majorité mais non la totalité des compartiments neuritiques des neurones de l'hippocampe. En particulier, NP-I est souvent absente dans des prolongements complexes des arborescences dendritiques ou des axones. La présence de NP-I au niveau des synapses a été examinée dans des cultures de neurones d'hippocampe à DIVl 5, par double-immunomarquage de NPl et des marqueurs pré-et post-synaptiques, synaptophysine (Syn) et famille PSD-95. De façon intéressante, un niveau d'expression élevé de NPl est observé dans les neurites qui forment des synapses et le marquage est renforcé au niveau des points de synaptophysine, indiquant que NP-I, même s'il n'est pas exclusivement adressé vers les synapses, est
certainement présent dans ce compartiment (Figure 5A). Des expériences d'immunomarquage avec un second marqueur des vésicules synaptiques, SV2 montrent un profil similaire de localisation de NP-I . NP-I est également présente dans de nombreuses mais pas dans la totalité des synapses visualisées avec un marqueur de la famille PSD-95. On observe des zones d'apposition entre les fluorescences de NP-I et de PSD-95 (figure 5B). Ces résultats indiquent que NP-I est présente au niveau des synapses formées par des neurones différenciés en culture.
Exemple 5 : Séma3A induit l'activation de la MAPK Erk dans les neurones différenciés de l'hippocampe 1) Matériels et méthodes
La détection immunocytochimique des marqueurs est réalisée comme décrit à l'exemple 4. La pErk est détectée à l'aide d'un anticorps spécifique (anti- phospho Erk 1A, SANTACRUZ, 1/100). Pour l'analyse du marquage de la pErk, un champ a été sélectionné au hasard dans le contrôle (neurones non-traités) et un seuil a été fixé pour éteindre la fluorescence des corps cellulaires ou des neurites. Les corps cellulaires et les neurones avec des neurites qui restent fluorescents dans le contrôle, ont ensuite été comptés dans des champs sélectionnés au hasard. La quantification de la fluorescence des cellules traitées par Séma3A a été quantifiée dans des conditions similaires, après application du seuil. 2) Résultats
Des études récentes des cascades de signalisations induites par Séma3A, pendant le guidage des axones, ont mis en évidence le rôle déterminant de la kinase régulée par un signal extracellulaire, Erk, de la sous-famille MAPK, dans l'effondrement du cône de croissance induite par Séma3A (Campbell et HoIt, Neuron, 2003, 37, 939-952 ; Bagnard et al., Mol. CeIl. Neurosci., 2004, 25, 722-731). De façon intéressante, Erk est apparue comme un effecteur majeur du remodelage structural et fonctionnel à la base de la plasticité cellulaire (Goldin et Segal , Eur. J. Neurosci., 2003, 17, 2529-2539). La réponse des neurones adultes à Séma3A a été étudiée par l'analyse de l'effet de Séma3A sur l'activation de la MAPK Erk dans des neurones différenciés. Dans les cultures de neurones de l'hippocampe au stade DFVl 5, le traitement par Séma3A induit la phosphorylation de Erkl/2 ; le marquage n'est pas limité aux corps cellulaires mais est aussi détecté dans les compartiments neuritiques
(Figure 6A). L'analyse quantitative de la fluorescence indique que le traitement par Séma3A induit une augmentation d'un facteur 2,7, de la population de neurones positifs pour pErk, par rapport au contrôle (Figure 6B, 141 neurones de deux cultures indépendantes par condition, p < 0,005). De plus, après l'application de Séma3A, la proportion de neurones avec des neurites pErk positifs, passe de 8 % à 72 % (Figure 6B, 113 neurones de deux cultures indépendantes par condition, p < 0,001). L'activation de la MAPK Erk induite par Séma3A suggère que les propriétés fonctionnelles de ce facteur sont conservées dans les neurones en développement et les neurones matures. Du fait de la localisation subcellulaire de NP-I au niveau des synapses de l'hippocampe, il peut être envisagé que la diminution de la transmission synaptique induite par Séma3A serait due à une rétraction morphologique de la membrane pré-synaptique, semblable à l'effondrement du cône de croissance provoqué par ce facteur sur les axones en croissance. Pour vérifier cette hypothèse, une double-immunodétection du marqueur axonal NF200 et de la synaptophysine a été effectuée sur des cultures de neurones de l'hippocampe au stade DIVl 5, traitées ou non par Séma3A, puis la taille des points de synaptophysine a été mesurée. De façon surprenante, cette analyse révèle que Séma3A induit une réduction de 30% de la surface totale couverte par la fluorescence de la synaptophysine (Figure 7A5B). En comparaison, aucune modification du marquage de NF200 n'est observée entre les cellules traitées et non-traitées. Des mesures de la fluorescence de chaque point indique une réduction statistiquement significative de la surface moyenne des points, indiquant une rétractation de l'élément pré-synaptique (Total de 1001 points de deux cultures indépendantes, p<0,01 ).