PROCEDE D'ACYLATION DE COMPOSES NUCLEOPHILES NOTAMMENT
ANILINES
La présente invention a pour objet un procédé d'acylation de composés nucléophiles.
Il existe de nombreux composés importants utilisés dans les domaines agrochimique et pharmaceutique, par exemple, les dérivés d'anilines, qui résultent de l'acylation d'un composé nucléophile, e.g. aniline, par un réactif approprié comportant un ou plusieurs groupes attracteurs d'électrons.
L'objectif de la présente invention est de fournir un procédé alternatif permettant l'acylation de composés nucléophiles.
Un autre objectif de l'invention est de proposer un tel procédé qui présente une certaine sélectivité.
L'invention a donc pour objet un procédé d'acylation d'un composé nucléophile par réaction de ce composé avec le fluorure de 2-trifiuorométhylbenzoyle ou un dérivé de celui-ci comportant sur le noyau benzénique au moins un autre substituant n'interférant pas avec la réaction d'acylation. Un tel substituant peut être choisi parmi : CF3, Cl et NO2, alkyl en CrC4, alkoxy en C1-C4, halogène, de préférence Cl, CF3 et NO2.
Les composés nucléophiles particulièrement visés sont les aminés primaires ou secondaires, les alcools et les thiols. Suivant une modalité particulière, les composés nucléophiles sont des aminés aromatiques, notamment anilines.
Ces composés nucléophiles comportent un groupe donneur d'électron, tandis que le groupe -CF3 porté par le fluorure est attracteur d'électron. Dans la présente description, les expressions « aromatique » « donneur d'électron » et « attracteur d'électron » sont entendues selon la définition donnée par H. C. BROWN dans l'ouvrage de Jerry MARCH - Advanced Organic Chemistry, 4ème édition, John Wiley and Sons, 1992, chapitre 9, pp. 273 - 292.
Comme exemples de groupes électro-donneurs susceptibles d'être présents dans le composé nucléophile de départ, on peut citer notamment :
- un groupe alkyle, linéaire ou ramifié, ayant de 1 à 6 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone, tel que méthyle, éthyle, propyle, isopropyle, butyle, isobutyle, sec-butyle, tert-butyle,
- un groupe alcényle linéaire ou ramifié ayant de 2 à 6 atomes de carbone, de préférence, de 2 à 4 atomes de carbone, tel que vinyle, allyle,
- un groupe alkoxy linéaire ou ramifié ayant de 1 à 6 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone tel que les groupes méthoxy, éthoxy, propoxy, isopropoxy, butoxy, un groupe 2-oxy propionique,
- un groupe cycloalkyle ayant de 3 à 8 atomes de carbone, de préférence un groupe cyclohexyle,
- un groupe benzyle, - un groupe phényle,
- un groupe de formule :
-R1-OCOR2 -R1-N(Rz)2 -R1-CO-N(Ra)2 dans lesdites formules,
. R1 représente un lien valentiel ou un groupe hydrocarboné divalent, linéaire ou ramifié, saturé ou insaturé, ayant de 1 à 6 atomes de carbone tel que, de préférence, méthylène, éthylène, propylène, isopropylène, isopropylidène ; . les groupes R2, identiques ou différents, représentent un atome d'hydrogène, un groupe alkyle, alcényle, cycloalkyle, aryle, aralkyle.
On entend par « alkyle », une chaîne hydrocarbonée linéaire ou ramifiée ayant, sauf indication contraire, de 1 à 6 atomes de carbone et de préférence de 1 à 4 atomes de carbone. Des exemples de groupes alkyle préférés sont notamment méthyle, éthyle, propyle, isopropyle, butyle, isobutyle, t-butyle.
Par « alcényle » on entend un groupe hydrocarboné, linéaire ou ramifié ayant de 2 à 6 atomes de carbone, de préférence de 2 à 4 atomes de carbone, comprenant une double liaison, tel que vinyle ou allyle
Par « cycloalkyle », on entend un groupe hydrocarboné cyclique comprenant de 3 à 8 atomes de carbone, de préférence de 5 ou 6 atomes de carbone, par exemple cyclohexyle.
Par « aryle », on entend un groupe mono- ou polycyclique aromatique, de préférence, mono- ou bicyclique comprenant de 6 à 20 atomes de carbone, de préférence, phényle ou naphtyle. Lorsque le groupe est polycyclique c'est-à-dire qu'il comprend plus d'un noyau cyclique, les noyaux cycliques peuvent être condensés deux à deux ou rattachés deux à deux par des liaisons σ.
Des exemples préférés de groupes (C6-Cis)aryle sont notamment phényle, naphtyle.
Il peut s'agir également des groupes phényle subtitués par des groupes alkyle, alkoxy ou des atomes d'hydrogène ou un groupe trifluorométhyle.
Par « arylalkyle », on entend un groupe hydrocarboné, linéaire ou ramifié porteur d'un cycle aromatique monocyclique et comprenant de 7 à 12 atomes de carbone, de préférence, benzyle.
Suivant un aspect de l'invention, les composés nucléophiles susceptibles d'être mis en œuvre dans le procédé de l'invention, sont
Δ soit des composés de type aminé primaire ou secondaire de formule (I)
Rs-NHR'a, avec R'3 représentant l'hydrogène ou un deuxième groupe R3, identique ou différent,
Δ soit des composés de type alcool ou thiol de formule (H) R3-Z, avec Z un groupe de type OMi ou SMi dans lequel Mi représente un atome d'hydrogène ou un cation métallique, de préférence un cation de métal alcalin, et R3 étant un groupe hydrocarboné ayant de préférence de 1 à 20 atomes de carbone.
Les composés préférés répondent à la formule (I) ou (II) dans lesquelles R3 représente un groupe hydrocarboné ayant de 1 à 20 atomes de carbone qui peut être un groupe aliphatique acyclique saturé ou insaturé, linéaire ou ramifié ; un groupe carbocyclique ou hétérocyclique saturé, insaturé ou aromatique, monocyclique ou polycyclique ; un enchaînement des groupes précités.
Suivant un premier aspect, R3 représente un groupe aliphatique acyclique saturé linéaire ou ramifié ayant de préférence de 1 à 12 atomes de carbone, et encore plus préférentiellement de 1 à 4 atomes de carbone. L'invention n'exclut pas la présence d'une insaturation sur la chaîne hydrocarbonée telle qu'une ou plusieurs doubles liaisons qui peuvent être conjuguées ou non, ou une triple liaison. La chaîne hydrocarbonée peut être éventuellement interrompue par un hétéroatome, un groupe fonctionnel ou porteuse d'un ou plusieurs substituants.
Suivant un deuxième aspect, R3 représente un groupe carbocyclique, saturé ou non ayant de préférence 5 ou 6 atomes de carbone dans le cycle ; un groupe hétérocyclique, saturé ou non, comportant notamment 5 ou 6 atomes dans le cycle dont 1 ou 2 hétéroatomes tels que les atomes d'azote, de soufre, d'oxygène ou de phosphore ; un groupe carbocyclique ou hétérocyclique aromatique, monocyclique, de préférence, phényle, pyridyle, furyle, pyrannyle, thiofényle, thiényle, phospholyle, pyrazolyle, imidazolyle, pyrolyle ou polycyclique condensé ou non, de préférence, naphtyle.
Dès lors que R3 comprend un cycle, celui-ci peut être également substitué. La nature du substituant peut être quelconque dans la mesure où il n'interfère pas avec la réaction principale. Le nombre de substituants est généralement au plus de 4 par cycle mais le plus souvent égal à 1 ou 2.
L'invention vise également le cas où R3 comprend un enchaînement de groupes aliphatiques et/ou cycliques, carbocycliques et/ou hétérocycliques.
Un groupe aliphatique acyclique peut être relié à un cycle par un lien valentiel, un hétéroatome ou un groupe fonctionnel tels que oxy, carbonyle, carboxy, sulfonyle etc.
On vise plus particulièrement les groupes cycloalkylalkyle, par exemple, cyclohexylalkyle ou les groupes aralkyle ayant de 7 à 12 atomes de carbone, notamment benzyle ou phényléthyle.
L'invention envisage également un enchaînement de groupes carbocycliques et/ou hétérocycliques et plus particulièrement un enchaînement de groupes phényle séparés par un lien valentiel ou un atome ou groupe fonctionnel tel que :
oxygène, soufre, sulfo, sulfonyle, carbonyle, carbonyloxy, imino, carbonylimino, hydrazo, alkylène(Ci-Ci0, de préférence en Ci)-diimino.
Le groupe aliphatique acyclique, saturé ou insaturé, linéaire ou ramifié peut être éventuellement porteur d'un substituant cyclique. Par cycle, on entend un cycle carbocyclique ou hétérocyclique, saturé, insaturé ou aromatique.
Les composés préférés de formule (I) répondent plus particulièrement à la formule générale (h) :
- B symbolise le reste d'un groupe carbocyclique aromatique, monocyclique ou polycyclique ou un groupe divalent constitué par un enchaînement de deux ou plusieurs groupes carbocycliques aromatiques monocycliques, - R4 représente un ou plusieurs substituants, identiques ou différents,
- n' est un nombre inférieur ou égal à 5, de préférence 1 , 2 ou 3,
- R5 représente un groupe R3 tel que défini ci-dessus y compris un groupe
B, R4 et n' ayant les significations indiquées supra.
Les composés préférés de formule (II) répondent plus particulièrement à la formule générale (ll-i) :
dans laquelle :
- B symbolise le reste d'un groupe carbocyclique aromatique, monocyclique ou polycyclique ou un groupe divalent constitué par un enchaînement de deux ou plusieurs groupes carbocycliques aromatiques monocycliques,
- R4 représente un ou plusieurs substituants, identiques ou différents, - Z représente un groupe de type OMi ou SMi tel que décrit supra,
- n' est un nombre inférieur ou égal à 5, de préférence 1, 2 ou 3,.
Les substituants R4 sont avantageusement en position ortho ou para.
Comme exemples de substituants R4 dans les formules (l-i) et (ll-i), on peut citer : . un groupe alkyle, linéaire ou ramifié, de Ci à C12, linéaire ou ramifié, de préférence de Ci à Cs, par exemple en C1 à Ce ou en Ci à C4, tel que par exemple méthyle, éthyle, propyle, isopropyle, butyle, isobutyle, sec- butyle, tert-butyle, n-pentyle, isopentyle, néopentyle, n-hexyle, isohexyle, néohexyle,
. un groupe alcényle ou alcynyle, linéaire ou ramifié, de C2 à C6, de préférence, de C2 à CA, tel que vinyle, allyle,
. un groupe alkoxy ou thioéther linéaire ou ramifié, de C1 à C6, de préférence de C1 à C4 tel que les groupes méthoxy, éthoxy, propoxy, isopropoxy, butoxy, un groupe alkényloxy, de préférence, un groupe allyloxy ou un groupe phénoxy, . un groupe cyclohexyle, phényle ou benzyle,
. un groupe ou fonction tel que : hydroxyle, thiol (ces deux groupes sont de préférence protégés par exemple sous forme ester ou thioester), carboxylique, ester, amide, formyle, acyle, aroyle, amide, urée, isocyanate, thioisocyanate, nitrile, azoture, nitro, sulfone, sulfonique, halogène, pseudohalogène, trifluorométhyle.
Suivant un aspect préféré de l'invention, le composé nucléophile est une aniline de formule (II) :
formule dans laquelle X signifie que le noyau phényle peut comprendre un ou plusieurs substituants, notamment 1 ou 2, de préférence 1. Le ou les substituants, identiques ou différents, sont choisis parmi les groupements R
4, par exemple OCH
3, alkyl en Ci-C
8, par exemple en C
1-Ce, alkoxy en C
1-C
4, halogène, de préférence Cl, CF
3 et NO
2.
A titre d'exemple non limitatif, on peut citer l'aniline ou phénylamine C6H5-NH2, la p-chloroaniline, la p-anisidine et la o-anisidine.
Un objet particulier de l'invention est donc un procédé d'acylation d'une aniline par réaction avec le fluorure de 2-trifluorométhylbenzoyIe ou un dérivé de celui-ci tel que défini supra.
Comme composés porteurs de fonctions alcool ou thiol, on peut citer à titre d'exemple :
- l'hydroquinone, la pyrocatéchine, la résorcine, les alkylphénols, les alkylthiophénols, les alkoxyphénols, l'aldéhyde salicylique, le p- hydroxybenzaldéhyde, le salicylate de méthyle, l'ester méthylique de l'acide p-hydroxybenzoique, les chlorophénols, les nitrophénols, le p- acétamidophénol,
- les dialkylphénols, la vanilline, l'isovanilline, l'hydroxy-2 acétamido-5 benzaldéhyde, l'hydroxy-2 propionamido-5 benzaldéhyde, l'allyloxy-4 benzaldéhyde, les dichlorophénols, la méthylhydroquinone, la chlorohydroquinone, - la bromo-4 vanilline, l'hydroxy-4 vanilline, les trialkylphénols, le trinitro-
2,4,6 phénol, le dichloro-2,6 nitro-4 phénol, les trichlorophénols, les dichlorohydroquinones, le diméthoxy-3,5 hydroxy-4 benzaldéhyde,
- les dihydroxynaphtalène, le méthoxy-4 naphtol-1 , le bromo-6 naphtol-2,
- le phénoxy-2 phénol, le phénoxy-3 phénol, la phénylhydroquinone, le dihydroxy-4,41 biphényl, l'isopropylidène diphénol-4,41 (bis phénol-A), le bis(hydroxy-4 phényl)méthane, le bis(hydroxy-4 phényl)sulfone, le bis(hydroxy-4 phényl)sulfoxyde, le tétrabromo bis-phénol A.
Suivant une caractéristique de l'invention, la réaction d'acylation est conduite en présence d'une base dont la fonction est de piéger le groupe partant HF.
Parmi les bases utilisables, on peut citer entre autres, les bases minérales telles que les carbonates, hydrogène-carbonates, phosphates ou hydroxydes de métaux alcalins, de préférence de sodium, de potassium, de césium ou de métaux alcalino-terreux, de préférence de calcium, baryum ou magnésium.
On peut également faire appel aux hydrures de métaux alcalins, de préférence l'hydrure de sodium ou aux alcoolates de métaux alcalins, de préférence de sodium ou de potassium, et plus préférentiellement au méthylate, éthylate ou tertiobutylate de sodium.
Conviennent également les aminés tertiaires et l'on peut citer plus particulièrement la triéthylamine, la diisopropyléthylamine, la tri-/i-propylamine, la tri-n-butylamine, la méthyldibutylamine, la méthyldicyclohexylamine, l'éthyldiisopropylamine, la N,N-diéthylcyclohexylamine, la pyridine, la diméthylamino-4 pyridine, la N-méthylpipéridine, la N-éthylpipéridine, la N-π- butylpipéridine, la 1 ,2-diméthylpipéridine, la N-méthylpyrrolidine, la 1 ,2- diméthylpyrrolidine.
La quantité de base mise en œuvre est telle que le rapport entre le nombre de moles de base et le nombre de moles du fluorure varie préférentiellement entre 1 et 4, de préférence entre 1 et 2.
Suivant une autre caractéristique de l'invention, le procédé emploie un solvant approprié. A ce titre, on peut citer : - les hydrocarbures aliphatiques et plus particulièrement les paraffines tels que notamment, le pentane, l'hexane, l'heptane, l'octane, l'isooctane, le nonane, le décane, l'undécane, le tétradécane, l'éther de pétrole et le cyclohexane ; les hydrocarbures aromatiques comme notamment le benzène, le toluène, les xylènes, l'éthylbenzène, les diéthylbenzènes, les triméthylbenzènes, le cumène, le pseudocumène, les coupes pétrolières constituées de mélange d'alkylbenzènes notamment les coupes de type Solvesso®,
- les hydrocarbures halogènes aliphatiques ou aromatiques, et l'on peut mentionner : les hydrocarbures perchlorés tels que notamment le trichlorométhane, le tétrachloroéthylène ; les hydrocarbures partiellement chlorés tels que le dichlorométhane, le dichloroéthane, le tétrachloroéthane, le trichloroéthylène, le 1-chlorobutane, le 1 ,2-
dichlorobutane ; le monochlorobenzène, le 1 ,2-dichiorobenzène, le 1 ,3- dichlorobenzène, le 1 ,4-dichlorobenzène ou des mélanges de différents chlorobenzènes,
- les éther-oxydes aliphatiques, cycloaliphatiques ou aromatiques et, plus particulièrement, le déiéthyléther, le méthyl-tert-butyléther, l'oxyde de dipentyle, l'oxyde de diisopentyle, le diméthyléther de l'éthylèneglycol (ou 1 ,2-diméthoxyéthane), le diméthyléther du diéthylèneglycol (ou 1 ,5- diméthoxy-3-oxapentane) ou les éthers cycliques, par exemple, le dioxane, le tétrahydrofurane, - les nitriles aliphatiques ou aromatiques comme l'acétonitrile, le propionitrile, le butanenitrile, l'isobutanenitrile, le benzonitrile, le cyanure de benzyle,
- les carboxamides linéaires ou cycliques comme le Λ/,Λ/-diméthylacétamide (DMAC), le A/,Λ/-diéthylacétamide, le diméthylformamide (DMF), le diéthylformamide,
- la N-méthylpyrrolidone.
Les quantités respectives du fluorure et du composé nucléophile ne sont pas critiques. Typiquement, on utilise des quantités stoechiométriques ou quasi- stoechiométriques.
La réaction peut être conduite à une température allant de 0 à 120 0C, de préférence de 20 0C à 100 °C et plus préférentiellement de 20 ° C à 80 0C.
La pression n'est pas un paramètre critique et l'on travaille en général à pression atmosphérique.
Suivant une caractéristique de l'invention, la réaction est conduite sous une atmosphère inerte, de préférence atmosphère d'azote.
La durée de réaction peut varier dans de larges proportions et peut dépendre de la quantité de composés nucléophiles présente, la réaction se déroulant plus rapidement pour une quantité de composés nucléophiles plus importante.
Suivant une caractéristique de l'invention, on procède à l'agitation du milieu au cours de la réaction.
II est possible d'influer sur la sélectivité (notamment régiosélectivité ou chimiosélectivité) de la réaction en ajustant certains paramètres tels que la température de réaction et la concentration du milieu en réactifs. On augmente la sélectivité en travaillant dans les gammes de température les plus basses, par exemple entre 0 et 40 0C, notamment à la température ambiante, et/ou en opérant en milieu dilué.
Les réactifs peuvent être introduits dans un ordre quelconque.
En fin de réaction, on peut éliminer les sels formés par lavage à l'eau et récupérer le produit d'une manière classique, notamment par extraction à l'aide d'un solvant organique par exemple un hydrocarbure aliphatique chloré (dichlorméthane, chloroforme) ou aromatique chloré (monochlorobenzène).
On peut séparer les phases aqueuse et organique et obtenir le produit après évaporation du solvant.
La réaction est conduite dans un appareillage de préférence en un matériau résistant au fllor ou révêtu d'un matériau résistant au fluor : e.g. Teflon® ou inox de préférence Hastelloy®.
On donne ci-après des exemples de réalisation de l'invention. Ces exemples sont donnés à titre indicatif, sans caractère limitatif.
1. Obtention du fluorure de 2-trifluorométhylbenzoyle :
1.1 Essai type pour l'étape 1 : Chloruration de l'acide 2-méthylbenzoïque (acide o-toluique).
Après avoir purgé le réacteur en verre avec de l'azote, 410 g d'acide 2- méthylbenzoïque à 98% (masse) sont additionnés.
Le réacteur est chauffé à 120°C et mis sous agitation. Lorsque l'acide est totalement fondu, 1 ,1 équivalent de chlorure de thionyle à 99,5% (masse) sont additionnés à l'aide d'un pousse-seringue, la température du milieu réactionnel étant maintenue à 12O0C. Après 2h d'addition, le mélange est laissé au reflux à 12O0C pendant 1h30.
Une analyse du milieu réactionnel par chromatographie en phase gazeuse permet de vérifier que le taux de conversion de l'acide 2-méthylbenzoïque est complet.
Ensuite, le milieu réactionnel est distillé, tout d'abord à 90°C sous 50 mmHg pour éliminer le SOCI2 résiduel, puis sous 20 mmHg avec une température de tête de colonne de 86-870C.
Les performances de cette étape sont excellentes : TT de l'acide o-toluique = 100%, sélectivité en chlorure de o-toluyle = 96%.
1.2. Essai type pour l'étape 2 : Chloration du chlorure de o-toluyle.
138 g de chlorure de o-toluyle à 98% molaire sont chargés à température ambiante dans un réacteur en verre. Le milieu réactionnel est porté à 115°C sous un léger courant d'azote. Lorsque cette température est atteinte, une solution de AIBN (azobisisobutyronitrile) à 4% massique dans du chlorobenzène est additionnée avec un débit de 5,5 g/h. Après 5 min d'addition de l'initiateur radicalaire, le balayage à l'azote est arrêté et l'alimentation en chlore débute avec un débit de 20g/h. Le rapport molaire AIBN/C!2 est de 0,55%.
Après 86 h de chloration, le milieu réactionnel est distillé pour éliminer le chlorobenzène (900C sous 40 mm Hg). Le milieu réactionnel contient alors un mélange de chlorure de 2-monochlorométhylbenzoyle, de chlorure de 2- dichlorométhylbenzoyle et de chlorure de 2-trichlorométhylbenzoyle.
TT du chlorure de o-toluyle = 100%, sélectivité en chlorure de 2- trichlorométhylbenzoyle = 42% (% aires, approximatif)
1.3. Essai type pour l'étape 3 : Fluoratlon du chlorure de trichlorométhyl benzoyle.
La masse réactionnelle obtenue au cours de l'étape 2 est chargée dans le réacteur de fluoration en Hastelloy, puis chauffée à 1050C. Une première charge de 10,2 équivalents d'HF par rapport aux produits chlorés est additionnée dans le milieu, en 2h50 sous 12 bars à 1050C. Après 1h de finition à 105°C sous 12 bars, une deuxième charge d'HF (1 ,2 équivalent) est ajoutée en 15 min, suivie de 2h30 de finition à 1050C sous 12 bars.
Le milieu réactionnel est ensuite dégazé à 700C par balayage à l'azote pendant 17h pour éliminer l'excès d'HF.
La masse réactionnelle est alors soutirée et le réacteur lavé avec du fluorobenzène. Les phases de lavages sont ajoutées au milieu réactionnel, du
NaF est additionné et un précipité se forme. Après filtration le gâteau est lavé avec du fluorobenzène.
Afin d'isoler le fluorure de trifluorométhyl benzoyle, le milieu réactionnel est distillé, tout d'abord à 450C sous 50 mmHg, puis sous 20 mmHg à 65°C en tête de colonne.
TT = 100%, sélectivité en fluorure de trifluorométhyl benzoyle = 96% (% aires).
2. Réactivité du fluorure de 2-trifluorométhyIbenzoyle
2.1. Mode opératoire général suivi :
Tous les essais ont été réalisés en tubes Schott fermés de 30 mL agités par barreau aimanté. Les chlorures et fluorures d'acyle ont été chargés dans les tubes Schott en boite à gants pour éviter l'hydrolyse de ces produits. Le solvant (toluène), l'aniline (ou aniline substituée), et éventuellement une base supplémentaire, sont ajoutés à la seringue au travers d'un septum.
En fin d'essai, le milieu réactionnel est analysé par CPG. Dans les cas où un précipité est formé, le milieu est repris par du dichlorométhane puis est ensuite lavé par une solution aqueuse basique pour éliminer les sels. La phase organique est ensuite concentrée pour être analysée.
Les produits formés ont été identifiés par GC-MS et quantifiés par RMN.
Réactifs utilisés :
Toluène avec 40 ppm d'eau
Triéthylamine à 99 %
Aniline distillée Fluorure de benzoyle, chlorure de benzoyle, fluorure de 2-trifluorométhyl benzoyle et chlorure de 2-trifluorométhyl benzoyle stockés et chargés dans les tubes schott en boite à gants
2.2. Réactivité du fluorure de 2-trifluorométhylbenzoyle
Le fluorure de 2-trifluorométhylbenzoyle obtenu selon le mode opératoire décrit supra a été engagé dans des essais réalisés à 20°C en présence de triéthylamine. Après 1 nuit dans ces conditions, la conversion est complète pour les essais mettant en œuvre l'aniline ou la p-methoxyaniline.
Une faible hydrolyse du fluorure en acide est mise en évidence, elle représente moins de 8% après 2Oh dans le tube.
Ces essais montrent que le fluorure de 2-trifluorométhylbenzoyle peut réagir avec des anilines pour donner les amides correspondants de façon quantitative.
Il doit être bien compris que l'invention définie par les revendications annexées n'est pas limitée aux modes de réalisation particuliers indiqués dans la description ci-dessus, mais en englobe les variantes qui ne sortent ni du cadre ni de l'esprit de la présente invention.