DESCRIPTION
TITRE : COURONNE MOBILE POUR UN REDUCTEUR MECANIQUE D’AERONEF
Domaine technique de l'invention
La présente invention concerne une couronne mobile pour un réducteur mécanique d’aéronef, et en particulier pour une turbomachine d’aéronef ou pour un système d’entraînement d’une roue d’un train d’atterrissage d’aéronef.
Arrière-plan technique
L’état de l’art comprend notamment les documents FR-A1 -3 025 780, FR- B1 -3 066 792, FR-B1 -3 071 023, FR-3 072 749, FR-A1 -3 095 243, FR-B1 - 3 098 562, FR-B1 -3 101 129, US-A-4,864,893 et US-B2-10,807,467.
Le rôle d’un réducteur mécanique est de modifier le rapport de vitesse et de couple entre l’axe d’entrée et l’axe de sortie d’un système mécanique.
Les nouvelles générations de turbomachines à double flux, notamment celles ayant un haut taux de dilution, comportent un réducteur mécanique pour entraîner l’arbre d’une soufflante (aussi appelé « fan >>). De manière usuelle, le réducteur a pour but de transformer la vitesse de rotation dite rapide de l’arbre d’une turbine de puissance en une vitesse de rotation plus lente pour l’arbre entraînant la soufflante.
Un système d’entraînement d’une roue d’un train d’atterrissage peut en outre comprendre un réducteur mécanique, comme proposée par la Demanderesse dans le document EP-A1 -3 882 136.
Un tel réducteur comprend un pignon central, appelé solaire, une couronne et des pignons appelés satellites, qui sont en prise entre le solaire et la couronne. Les satellites sont maintenus par un châssis appelé porte- satellites. Le solaire, la couronne et le porte-satellites sont des planétaires car leurs axes de révolution coïncident avec l’axe de la turbomachine ou de
la roue d’un train d’atterrissage. Les satellites ont chacun un axe de révolution différents équirépartis sur le même diamètre de fonctionnement autour de l’axe des planétaires. Ces axes sont parallèles à l’axe longitudinal X.
Il existe plusieurs architectures de réducteur. Dans l’état de l’art, les réducteurs sont de type planétaire ou épicycloïdal. Il existe dans d’autres applications similaires, des architectures dites différentielles ou « compound ».
- Sur un réducteur planétaire, le porte-satellites est fixe et la couronne constitue l'arbre de sortie du dispositif qui tourne dans le sens inverse du solaire.
- Sur un réducteur épicycloïdal, la couronne est fixe et le porte-satellites constitue l'arbre de sortie du dispositif qui tourne dans le même sens que le solaire.
- Sur un réducteur différentiel, aucun élément n’est fixé en rotation. La couronne tourne dans le sens contraire du solaire et du porte-satellites.
Les réducteurs peuvent être composés d’un ou plusieurs étages d’engrènement. Cet engrènement est assuré de différentes façons comme par contact, par friction ou encore par champs magnétique. Il existe plusieurs types d’engrènement par contact comme avec des dentures droites, hélicoïdales ou en chevron.
Les réducteurs peuvent être composés d’un ou plusieurs étages d’engrènement. Cet engrènement est assuré de différentes façons comme par contact, par friction ou encore par champs magnétique.
Un satellite peut comprendre un ou deux étages d’engrènement. Dans la présente demande, on entend par « étage » ou « denture », une série de dents d’engrènement avec une série de dents complémentaires. Une denture peut être interne ou externe. Un satellite à simple étage comprend une denture qui peut être droite, hélicoïdale ou en chevron et dont les dents sont situées sur un même diamètre. Cette denture coopère à la fois avec le solaire et la couronne.
Un satellite à double étage comprend deux dentures ou deux séries de dents qui sont situées sur des diamètres différents. Une première denture coopère avec le solaire et une seconde denture coopère avec la couronne.
Il existe également une configuration, appelée Wolfrom, dans laquelle les satellites sont à double étage et comportent une première denture qui coopère avec le solaire et une couronne, et une seconde denture qui coopère avec une seconde couronne. Le réducteur comprend ainsi deux couronnes, dont une est fixe et l’autre mobile.
Un réducteur mécanique doit être lubrifié pour garantir son fonctionnement et aussi évacuer les calories générées en fonctionnement. Pour cela, de l’huile de lubrification est utilisée.
Il existe deux technologies de lubrification d’un réducteur mécanique.
La première technologie consiste à lubrifier le réducteur par des gicleurs d’huile. Les gicleurs sont alimentés par de l’huile et projettent de l’huile sur les engrènements, c’est-à-dire les dentures du solaire, des satellites et de la ou des couronne(s). Cette huile est ensuite évacuée et récupérée pour être recyclée.
Une autre technologie consiste à utiliser un réducteur à barbotage d’huile. L’huile est présente en permanence dans le réducteur qui comprend une enceinte étanche de rétention de cette huile. Le niveau d’huile dans l’enceinte du réducteur est tel qu’au moins une partie des satellites, du porte- satellites, et de la ou des couronnes, barbote dans l’huile, c’est-à-dire est baignée en permanence dans l’huile.
Dans un réducteur à barbotage, par effet de la gravité, l’huile s’écoule et se stocke en partie basse de l’enceinte et du réducteur. Donc les dentures situées en partie basse baignent dans l’huile alors que les dentures en partie haute ne baignent pas dans l’huile. En fonctionnement, les éléments rotatifs contenus dans l’enceinte tournent à des vitesses importantes et entraînent l’huile. L’huile a tendance à être centrifugée et à former un anneau d’huile à l’intérieur de l’enceinte.
Une des problématiques d’un réducteur mécanique à barbotage est de garantir que tous ses engrènements soient bien lubrifiés.
L’invention permet d’apporter une solution simple, efficace et économique à cette problématique.
Résumé de l'invention
L’invention concerne une couronne mobile pour un réducteur mécanique à barbotage, en particulier d’aéronef, cette couronne ayant une forme annulaire autour d’un axe longitudinal et comportant :
- un corps annulaire, et
- une denture interne, caractérisée en ce qu’elle comprend en outre à la périphérie externe du corps une rangée annulaire d’écopes à huile, ces écopes étant réparties autour dudit axe longitudinal et étant en saillie sur une surface annulaire externe du corps.
Comme évoqué dans ce qui précède, en fonctionnement, un anneau d’huile se forme autour du réducteur et en particulier autour de la couronne mobile si les vitesses de rotation sont suffisantes. L’invention permet, d’une part, de favoriser la formation de cet anneau d’huile à des vitesses de rotation plus faibles et, d’autre part, d’orienter le flux d’huile vers des points nécessitant d’être lubrifiés. L’invention permet en effet de forcer l’huile à se déplacer et par exemple à la réorienter vers des engrènements ou roulements à lubrifier du réducteur. Pour cela, la couronne comprend des écopes à huile sur sa périphérie.
La solution proposée ci-dessous est compatible d’un réducteur simple étage ou à plusieurs étages. Elle est compatible d’un réducteur planétaire, différentiel ou de type Wolfrom. Elle est également compatible de dentures droites, hélicoïdales ou en chevron. Elle est compatible de tout type de porte- satellites, et en particulier d’un porte-satellites monobloc. Elle est en outre compatible de tout type de palier, qu’il soit composé d’éléments roulants, d’un palier hydrodynamique, etc. Elle est compatible d’une utilisation de la
couronne et du réducteur dans une turbomachine à double flux, par exemple pour l’entraînement d’une soufflante ou d’une hélice. Elle est également compatible d’une utilisation de la couronne et du réducteur dans un système d’entrainement d’une roue d’un train d’atterrissage.
La couronne selon l’invention peut comprendre une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, prises isolément les unes des autres, ou en combinaison les unes avec les autres : corps.
- le nombre d’écopes est compris entre 2 et 50 ;
- chacune des écopes a une forme générale allongée ;
- chacune des écopes est fixe et comprend un axe d’allongement qui est parallèle audit axe longitudinal ou qui est incliné par rapport à cet axe longitudinal ;
- chacune des écopes est montée libre en rotation autour d’un axe radial par rapport audit axe longitudinal, chacune des écopes étant configurée pour s’orienter automatiquement en fonction du sens de rotation de la couronne autour dudit axe longitudinal et au contact d’huile ;
- la couronne comprend des butées destinées à limiter la course de rotation de chacune des écopes autour de leur axe radial ;
- les butées sont formées par une nervure annulaire en saillie sur ladite surface annulaire externe du corps ;
- chacune des écopes comprend une première partie longitudinale en forme de pointe ou effilée, qui s’étend sur plus de 30% d’une longueur de l’écope, et une seconde partie longitudinale qui est opposée à la première partie et qui est également en forme de pointe ou effilée, cette seconde partie s’étendant sur plus de 30% de ladite longueur ;
- chacune des écopes comprend des flancs latéraux qui sont plans ou qui sont incurvés concaves ;
- les écopes s’étendent sur une dimension axiale mesurée le long dudit axe longitudinal, qui représente entre 50 et 150%, et de préférence entre 80 et
120%, d’une dimension axiale de la denture interne mesurée le long du même axe ;
-- les écopes sont situées à l’extérieur de la denture et entourent la denture ; -- chacune des écopes peut avoir une forme rectiligne ou en variante incurvée, le long de leur axe d’allongement ;
-- la course de pivotement de chacune des écopes est par exemple comprise entre 10 et 180°, et de préférence entre 60 et 120° ;
- la surface annulaire externe sur laquelle les écopes sont en saillie est cylindrique, les écopes étant directement situées sur cette surface cylindrique.
La présente invention concerne également un réducteur mécanique à barbotage, en particulier pour un aéronef, ce réducteur comportant :
- un solaire mobile en rotation autour d’un axe longitudinal,
- une première couronne telle que décrite ci-dessous, montée autour du solaire et dudit axe longitudinal,
- des satellites montés entre le solaire et la couronne et engrenés avec le solaire et la couronne, ces satellites ayant des axes de rotation parallèles audit axe et étant portés par un porte-satellites, et
- une enceinte étanche dans laquelle sont situés le solaire, la première couronne, les satellites et le porte-satellites, cette enceinte contenant de l’huile de sorte qu’au moins une partie de la première couronne, des satellites et du porte-satellites barbote dans cette huile, la première couronne étant mobile en rotation autour dudit axe longitudinal de façon à ce que les écopes à huile de cette couronne entraînent de l’huile lors de la rotation de la couronne. Dans une configuration Wolfrom ou différentielle, le porte-satellites est mobile en rotation autour de l’axe longitudinal. Dans une configuration planétaire, le porte-satellites est fixe vis- à-vis de l’axe longitudinal.
Avantageusement, les satellites sont à double étage et comprennent un premier étage engrené avec la première couronne et le solaire, et un second
étage engrené avec une seconde couronne qui est fixe vis-à-vis dudit axe longitudinal.
L’invention concerne en outre une turbomachine ou un système d’entrainement d’une roue de train d’atterrissage, en particulier d’aéronef, comportant au moins une couronne ou un réducteur mécanique tel que décrit ci-dessus.
Brève description des figures
D’autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description qui suit d’un mode de réalisation non limitatif de l’invention en référence aux dessins annexés sur lesquels :
[Fig.1] la figure 1 est une vue schématique en coupe axiale d’une turbomachine d’aéronef,
[Fig.2] la figure 2 est une vue schématique partielle en coupe axiale d’un réducteur mécanique planétaire à gicleurs d’huile,
[Fig.3] la figure 3 est une vue schématique partielle en coupe axiale d’un réducteur mécanique planétaire à barbotage,
[Fig.4] la figure 4 est une vue schématique partielle en coupe axiale d’un réducteur mécanique Wolfrom à barbotage,
[Fig.5] la figure 5 est une vue schématique partielle en perspective d’une couronne mobile selon un premier mode de réalisation de l’invention,
[Fig.6] la figure 6 est une vue similaire à celle de la figure 5 et illustre le fonctionnement du réducteur et la rotation de la couronne,
[Fig.7] la figure 7 est une vue similaire à celle de la figure 5 et illustre une variante de réalisation de l’invention,
[Fig.8] la figure 8 est une vue schématique à plus grande échelle d’une partie de la couronne de la figure 7,
[Fig.9a-9b] les figures 9a et 9b sont des vues similaires à celle de la figure 8 et illustrent une autre variante de réalisation de l’invention, l’écope ayant une première position autour de son axe de pivotement,
[Fig.10a-1 Ob] les figures 10a et 10b sont d’autres vues de la variante de réalisation des figures 9a et 9b, l’écope ayant une seconde position autour de son axe de pivotement, et
[Fig.11] la figure 11 est une vue schématique en perspective d’une roue d’un train d’atterrissage d’aéronef et d’un système d’entraînement de cette roue.
Description détaillée de l'invention
La figure 1 décrit une turbomachine 1 qui comporte, de manière classique, une soufflante S, un compresseur basse pression 1a, un compresseur haute pression 1 b, une chambre annulaire de combustion 1c, une turbine haute pression 1 d, une turbine basse pression 1 e et une tuyère d’échappement 1 h. Le compresseur haute pression 1 b et la turbine haute pression 1 d sont reliés par un arbre haute pression 2 et forment avec lui un corps haute pression (HP). Le compresseur basse pression 1 a et la turbine basse pression 1 e sont reliés par un arbre basse pression 3 et forment avec lui un corps basse pression (BP).
La soufflante S est entraînée par un arbre de soufflante 4 qui est entrainé en rotation avec l’arbre BP 3 au moyen d’un réducteur 6. Ce réducteur 6 peut être du type planétaire, épicycloïdal ou Wolfrom par exemple.
Bien que la description qui suit concerne un réducteur du type planétaire ou épicycloïdal, elle s’applique également à un différentiel mécanique dans lequel les trois composants, que sont le porte-satellites, la couronne et le solaire, sont mobiles en rotation, la vitesse de rotation de l’un de ces composants dépendant notamment de la différence de vitesses des deux autres composants. Elle s’applique également au cas particulier d’un réducteur à double étage du type Wolfrom.
Le réducteur 6 est positionné dans la partie amont de la turbomachine. Une structure fixe comportant schématiquement, ici, une partie amont 5a et une partie aval 5b qui compose le carter moteur ou stator 5 est agencée de manière à former une enceinte E entourant le réducteur 6. Cette enceinte E est ici fermée en amont par des joints au niveau d’un palier permettant la
traversée de l’arbre de soufflante 4, et en aval par des joints au niveau de la traversée de l’arbre BP 3.
La figure 2 montre un réducteur 6 qui peut prendre la forme de différentes architectures selon si certaines pièces sont fixes ou en rotation. En entrée, le réducteur 6 est relié à l’arbre BP 3, par exemple par l’intermédiaire de cannelures internes 7a. Ainsi l’arbre BP 3 entraîne un pignon planétaire appelé le solaire 7. Classiquement, le solaire 7, dont l’axe de rotation est confondu avec celui de la turbomachine X, entraîne une série de pignons appelés satellites 8, qui sont répartis sur le même diamètre autour de l’axe de rotation X. Ce diamètre est égal au double de l’entraxe de fonctionnement entre le solaire 7 et les satellites 8. Le nombre de satellites 8 est généralement défini entre trois et sept pour ce type d’application.
L’ensemble des satellites 8 est maintenus par un porte-satellites 10. Chaque satellite 8 tourne autour de son propre axe Y, et engrène avec la couronne 9.
En sortie nous avons :
■ dans une configuration épicycloïdale, l’ensemble des satellites 8 entraine en rotation le porte-satellite 10 autour de l’axe X de la turbomachine. La couronne est fixée au carter moteur ou stator 5 via un porte-couronne 12 et le porte-satellites 10 est fixé à l’arbre de soufflante 4.
■ dans une configuration planétaire, l’ensemble des satellites 8 est maintenu par un porte-satellites 10 qui est fixé au carter moteur ou stator 5. Chaque satellite entraine la couronne qui est rapportée à l’arbre de soufflante 4 via un porte-couronne 12.
Chaque satellite 8 est monté libre en rotation à l’aide d’un palier 11 , par exemple de type roulement ou palier lisse hydrodynamique. Dans le cas d’un palier lisse, le palier 11 comprend un corps de palier 10b et les corps de palier 10b des différents paliers lisses sont positionnés les uns par rapport aux autres et sont portés par des parois 10a1 , 10a2 du porte-satellites 10.
Les parois 10a1 , 10a2 ont une forme annulaire et sont perpendiculaires à l’axe X. Elles sont à distance axiale l’une de l’autre et reçoivent entre elles les paliers 11 , les satellites 8 et le solaire 7.
Il existe un nombre de paliers 11 égal au nombre de satellites 8. Pour des raisons de fonctionnement, de montage, de fabrication, de contrôle, de réparation ou de rechange, les paliers 11 (et en particulier les corps de palier 10b) et les parois 10a1 , 10a2 peuvent être séparés en plusieurs pièces.
Pour les mêmes raisons citées précédemment, la denture 8d d’un réducteur peut être séparée en plusieurs hélices présentant chacun un plan médian P. Dans notre exemple, nous détaillons le fonctionnement d’un réducteur à plusieurs hélices avec une couronne séparée en deux demi-couronnes :
■ une demi-couronne amont 9a constituée d’une jante 9aa et d’une demi-bride de fixation 9ab. Sur la jante 9aa se trouve l’hélice amont de la denture du réducteur. Cette hélice amont engrène avec celle du satellite 8 qui engrène avec celle du solaire 7.
■ une demi-couronne aval 9b constituée d’une jante 9ba et d’une demi- bride de fixation 9bb. Sur la jante 9ba se trouve l’hélice aval de la denture du réducteur. Cette hélice aval engrène avec celle du satellite 8 qui engrène avec celle du solaire 7.
Si les largeurs d’hélice varient entre le solaire 7, les satellites 8 et la couronne 9 à cause des recouvrements de denture, elles sont toutes centrées sur un plan médian P pour les hélices amont et sur un autre plan médian P pour les hélices aval.
La demi-bride de fixation 9ab de la couronne amont 9a et la demi-bride de fixation 9bb de la couronne aval 9b forment la bride de fixation 9c de la couronne. La couronne 9 est fixée à un porte-couronne en assemblant la bride de fixation 9c de la couronne et la bride de fixation 12a du porte- couronne à l’aide d’un montage boulonné par exemple.
En variante, la bride 9c de la couronne 9 pourrait être remplacée par des cannelures.
Les flèches de la figure 2 décrivent l’acheminement de l’huile dans le réducteur 6. L’huile arrive dans le réducteur 6 depuis la partie stator 5 dans le distributeur 13 par différents moyens qui ne seront pas précisés dans cette vue car ils sont spécifiques à un ou plusieurs types d’architecture. Le distributeur est séparé en deux parties en général chacune répétée du même nombre de satellites. Les injecteurs 13a ont pour fonction de lubrifier les dentures et les bras 13b ont pour fonction de lubrifier les paliers 11. L’huile est amenée vers des injecteurs 13a pour ressortir par des extrémités 13c afin de lubrifier par de l’huile les dentures des satellites 8, du solaire 7 et aussi de la couronne 9. L’huile est également amenée vers le bras 13b et circule via la bouche d’alimentation 13d du corps de palier 10b dans une cavité interne 10c de ce dernier. L’huile circule ensuite dans cette cavité 10c pour alimenter des orifices 10d de passage d’huile jusqu’à une surface cylindrique externe de guidage du satellite correspondant.
Le réducteur 6 de la figure 2 est ainsi un réducteur du type à gicleurs ou injecteurs d’huile.
Au contraire, la présente invention concerne un réducteur du type à barbotage dont deux exemples sont illustrés aux figures 3 et 4.
Dans la figure 3, le réducteur 106 est un réducteur planétaire à barbotage, c’est-à-dire que sa couronne 109 est mobile et que son porte-satellites 110 est fixe. Comme on le voit dans cette figure, le réducteur 106 est enfermé dans une enceinte Q fermée de manière étanche.
L’enceinte Q peut être formée par un ou plusieurs carters annulaires 120, 122 assemblés les uns aux autres. L’étanchéité est assurée par des joints 124 ou analogues qui sont par exemple situés :
- entre le carter 120, 122 de l’enceinte Q et le solaire 107 ou l’arbre solidaire du solaire ou accouplé avec le solaire,
- entre la couronne 109 ou le porte-couronne 112 et le carter 120, 122 de l’enceinte Q.
A l’arrêt, l’huile H1 contenue dans l’enceinte Q est située en partie basse du réducteur 106 et en particulier de l’enceinte Q. Une partie de la couronne
109, des satellites 108 et du porte-satellites 110 baignent ou barbotent dans cette huile. En fonctionnement, un anneau d’huile H2 se forme à l’intérieur de l’enceinte Q, tout autour de l’axe X.
Dans la figure 4, le réducteur 206 est un réducteur Wolfrom à barbotage, c’est-à-dire qu’il comprend deux couronnes 209a, 209b, à savoir une couronne mobile 209a et une couronne fixe 209b. Comme on le voit dans cette figure, le réducteur 206 est également enfermé dans une enceinte Q fermée de manière étanche.
Les satellites 208 sont à double étage et comprennent un premier étage 208a engrené avec la première couronne 209a et le solaire 207, et un second étage 208b engrené avec une seconde couronne 209b qui est fixe vis-à-vis dudit axe longitudinal X.
L’enceinte Q peut être formée par un ou plusieurs carters annulaires 220, 222 assemblés les uns aux autres. La couronne fixe 209b est ici fixé au(x) carter(s) 220, 222 de l’enceinte Q, et en particulier intercalée entre deux carters 220, 222 de l’enceinte Q.
L’étanchéité est assurée par des joints annulaires 225 ou analogues qui sont par exemple situés :
- entre le carter 220, 222 de l’enceinte Q et le solaire 207 ou l’arbre solidaire du solaire ou accouplé avec le solaire,
- entre le carter 220, 222 de l’enceinte Q et la couronne mobile 209a, et
- entre la couronne mobile 209a et le solaire 207 ou l’arbre solidaire du solaire ou accouplé avec le solaire,
Il peut en outre y avoir des étanchéités entre le porte-satellites 210 et le solaire 207 ou l’arbre solidaire du solaire ou accouplé avec le solaire, ainsi qu’entre ce solaire 207 ou cet arbre et la couronne mobile 209a ou l’élément solidaire en rotation de la couronne mobile.
Les éléments mobiles en rotation sont guidés par des paliers à roulement 224 qui sont par exemple situés :
- entre le carter 220, 222 de l’enceinte Q et la couronne mobile 209a,
- entre le carter 220, 222 de l’enceinte et le porte-satellites 210,
- entre le porte-satellites 20 et les satellites 208, et
- entre la couronne mobile 209a et le solaire 207 ou l’arbre solidaire du solaire ou accouplé avec le solaire.
A l’arrêt, l’huile H1 est située en partie basse du réducteur 206 et en particulier de l’enceinte Q. Une partie des couronnes 209a, 209b, des satellites 208 et du porte-satellites 210 baignent ou barbotent dans cette huile. En fonctionnement, un anneau d’huile H2 se forme à l’intérieur de l’enceinte Q, tout autour de l’axe X.
La présente invention concerne une couronne mobile 109, 209a pour un réducteur mécanique 106, 206 d’aéronef. Dans la mesure où la couronne 109, 209a est mobile, le réducteur 6 peut être du type planétaire, différentiel ou Wolfrom. Par ailleurs, ce réducteur 106, 206 peut être utilisé dans une turbomachine 1 telle que celle illustrée à la figure 1 , pour l’entraînement d’une soufflante S, ou dans un autre contexte comme dans un système d’entraînement d’une roue pour un train d’atterrissage d’aéronef (cf. figure 11).
Il est à noter que la couronne 109, 209a selon l’invention peut être la seule couronne du réducteur 106, comme dans un réducteur planétaire 109. En variante, le réducteur 206 pourrait comprendre deux couronnes dont une couronne mobile 209a selon l’invention, et une couronne fixe 209b, ou alors deux couronnes mobiles selon l’invention.
Les figures 5 et 6 illustrent un premier mode de réalisation d’une couronne 109, 209a selon l’invention, et les figures 7 à 10 illustrent des variantes de réalisation de cette couronne 109, 209a.
La couronne 109, 209a est de préférence métallique. Son matériau principal est donc un alliage métallique.
La couronne 109, 209a a une forme annulaire autour de l’axe X et comprend :
- un corps annulaire 130,
- une denture interne 132, par exemple à la périphérie interne du corps 130. Le corps 130 de la couronne n’est pas entièrement représenté. Le corps 130 peut avoir en section axiale une forme générale en L et comprendre une paroi cylindrique 130a dont une extrémité est reliée à une bride (comme dans la figure 3) ou à une paroi radiale ou tronconique 130b (comme dans la figure 4).
Dans l’exemple représenté, la denture 132 est en saillie sur une surface cylindrique interne 134 de la paroi 130a.
La paroi 130b peut servir à fixer la couronne 109, 209a à un élément qui doit être entraîné en rotation autour de l’axe X. Dans le cas de la figure 3, il s’agit du porte-couronne 112 qui est relié à une hélice de soufflante par exemple. Dans le cas de la figure 4, il s’agit par exemple d’un arbre d’entrainement de la jante de la roue.
La particularité de cette couronne 109, 209a est qu’elle comprend en outre des écopes à huile 136 à la périphérie externe du corps 130.
La couronne 109, 209a comprend une rangée annulaire de ces écopes à huile 136 qui sont réparties autour de l’axe X et qui sont en saillie sur la surface cylindrique externe 134 du corps 130.
On constate dans les dessins que les écopes 136 sont situées à l’extérieur de la denture 132 et entourent cette denture 132.
Le nombre d’écopes 136 est par exemple compris entre 2 et 50.
Chacune des écopes 136 a de préférence une forme générale allongée.
Chacune des écopes 136 peut avoir une forme rectiligne ou en variante incurvée, le long de leur axe d’allongement Z.
Chacune des écopes 136 comprend une première extrémité longitudinale 136a et une seconde extrémité longitudinale 136b. L’extrémité 136a peut être située dans un plan perpendiculaire à l’axe X, qui passe par une extrémité longitudinale 132 de la denture 132 voire par une extrémité longitudinale libre 130c du corps 130.
Les écopes 136 peuvent s’étendre sur une dimension axiale L1 mesurée le long de l’axe X, qui représente entre 50 et 150%, et de préférence entre 80
et 120%, d’une dimension axiale L2 de la denture 130 mesurée le long du même axe.
Selon les configurations, chacune des écopes 136 est fixe et son axe d’allongement Z est parallèle à l’axe longitudinal X (cf. figures 7 et 8) ou est incliné par rapport à cet axe longitudinal X (cf. figures 5 et 6).
Chacune des écopes 136 peut comprendre des flancs latéraux 136c qui sont plans (cf. figures 5 et 6) ou qui sont incurvés concaves (cf. figures 7 et 8). Le fait d’avoir des écopes 136 à flancs concaves ou creux permet d’emporter plus d’huile en fonctionnement.
Selon une autre configuration illustrée aux figures 9a à 10b, chacune des écopes 136 est montée libre en rotation autour d’un axe radial F par rapport à l’axe X. Chacune des écopes 136 est alors configurée pour s’orienter automatiquement en fonction du sens de rotation de la couronne 109, 209a autour de l’axe X et au contact d’huile.
Les figures 9a à 10b illustrent une même écope à huile 136 dans deux positions distinctes. Dans les figures 9a et 9b, l’écope 136 est dans une première position, et dans les figures 10a et 10b, l’écope 136 est dans une seconde position. La course de pivotement de l’écope 136 autour de l’axe F est par exemple comprise entre 10 et 180°, et de préférence entre 60 et 120°. Cette course est délimitée par des butées présentes sur le corps 130 de la couronne 109, 209a et destinées à limiter la course de rotation de chacune des écopes 136 autour de leur axe radial F.
Dans l’exemple représenté, les butées sont formées par une nervure annulaire 138 en saillie sur la surface annulaire externe 134 du corps 130.
Chacune des écopes 136 peut comprendre une première partie longitudinale 140 en forme de pointe ou effilée, qui s’étend sur plus de 30% d’une longueur L1 ’ de l’écope 136 (mesurée le long de son axe d’allongement Z), et une seconde partie longitudinale 142 qui est opposée à la première partie 140 et qui est également en forme de pointe ou effilée, cette seconde partie 142 s’étendant sur plus de 30% de la longueur L1 .
Le fonctionnement de la couronne 109, 209a selon l’invention est similaire quel que soit son mode de réalisation. Ce fonctionnement est schématiquement représenté à la figure 6.
Au démarrage et en fonctionnement, la couronne 109, 209a tourne autour de l’axe X et sa partie basse baigne dans l’huile H1 présente dans le réducteur 106, 206 ou disposée tout autour du réducteur dans son enceinte. Les écopes 136 de la couronne109, 209a forcent l’huile à se déplacer (flèches T) et orientent cette huile dans une direction prédéterminée, par exemple vers des engrènements à lubrifier. L’engrènement à lubrifier est par exemple celui entre les satellites et la couronne fixe dans le cadre d’un réducteur du type Wolfrom.
En variante, les écopes 136 pourraient simplement récupérer de l’huile en partie basse pour l’amener en partie haute. Une fois en haut, l’huile pourrait ruisseler sur les éléments nécessitant une lubrification.
Lorsque les écopes 136 sont fixes, comme dans les modes de réalisation des figures 5 et 8, les écopes 136 sont orientées en fonction du sens de rotation de la couronne 109, 209a.
Lorsque les écopes 136 sont mobiles, comme dans la variante de réalisation des figures 9a à 10b, les écopes 136 s’orientent automatiquement en fonction du sens de rotation de la couronne 109, 209a et au contact de l’huile. Cette solution permet d’emporter une plus grande quantité d’huile, en comparaison avec l’huile entraînée en rotation par les dentures. Elle est alors mieux répartie dans le réducteur vers les postes à lubrifier.
La figure 11 montre un système 310 d’entraînement d’au moins une roue 312 d’un train d’atterrissage 314 d’aéronef.
La roue 312 comporte une jante 316 qui a un axe de rotation X. De manière classique, cette jante 316 a une forme générale tubulaire ou de disque et porte à sa périphérie un pneu 318.
Le système 310 comprend un moteur électrique 320 et un système de transmission mécanique 322 entre un arbre du moteur 320 et la jante 316 de la roue 312.
Dans l’exemple représenté, le moteur 320 et le système 322 ont chacun une forme générale annulaire et sont centrés sur l’axe X. Ils sont disposés à côté l’un de l’autre et le système 322 est installé entre le moteur 320 et la jante 316. Une partie du système 322, voire également une partie du moteur 320, pourraient être logées dans la jante 16 pour réduire l’encombrement du système 310. Le moteur 320 et le système 322 peuvent être protégés par un capot cylindrique extérieur 326 en saillie sur un côté de la jante 316 ou du pneu 318.
Le système de transmission mécanique 322 comprend un réducteur mécanique 328 similaire au réducteur 106, 206 décrit dans ce qui précède et incluant une couronne 109, 209a au sens de l’invention.