DESCRIPTION
TITRE : Procédé de traitement de signaux radiofréquence reçus sur R antennes, procédé de réception, procédé de décodage, programme d'ordinateur et système correspondants.
1. Domaine de l'invention
Le domaine de l'invention est celui des télécommunications.
Plus précisément, l'invention concerne les communications en voie montante, c'est-à-dire dans le sens des terminaux mobiles (ou UE pour « User Equipment ») vers une station de base (ou eNodeB, gNodeB, etc).
En particulier, l'invention propose une nouvelle répartition des fonctionnalités mises en oeuvre par une unité radio et par une unité de traitement en bande de base, pour le décodage de signaux radiofréquence reçus sur une pluralité d'antennes d'une station de base.
La solution proposée s'applique notamment, mais non exclusivement, dans le contexte des réseaux mobiles 5G NR (« New Radio » ou « Nouvelle Radio »).
2. Art antérieur
Classiquement, un signal radiofréquence reçu sur une antenne subi un traitement analogique, une conversion analogique numérique, puis un traitement numérique.
Le traitement numérique peut être effectué par une unité de traitement en bande de base, encore appelée « Base Band Unit » (BBU) ou « Distributed Unit » (DU) en anglais.
La partie active du traitement analogique peut être effectuée par une « unité radio », encore appelée « Radio Unit » (RU) ou « Remote Radio Head » (RRH) en anglais. On rappelle à cet effet qu'au sein de la partie traitement analogique, on peut distinguer une partie passive, comprenant notamment les éléments rayonnant d'antenne, et une partie active, comprenant notamment les filtres, amplificateurs, convertisseurs analogiques/numériques, etc.
L'évolution des stations de base, et des structures antennaires associées, a consisté à séparer les fonctionnalités de traitements analogiques des traitements numériques, en ramenant les traitements analogiques au plus près de l'antenne, voir intégrés au panneau antennaire.
Ainsi, les premières générations d'antennes mettaient en oeuvre une seule antenne. La station de base BTS (« Base Transceiver station ») était reliée aux éléments passifs de l'antenne par l'intermédiaire d'un câble coaxial, via un nombre de port d'antenne limité (maximum 4). L'inconvénient de cette architecture est la perte de puissance du signal radiofréquence entre les ports d'antennes et la station de base. Celle-ci limite, par ailleurs, la distance acceptable entre la BTS et les antennes passives.
Par la suite, l'architecture RAN (« Radio Access Network ») centralisée, basée sur une séparation géographique des capacités de calcul en bande de base (DU) pour les traitements numériques, et des
transmetteurs radio (RU) pour les traitements analogiques actifs, s'est développée. Ce type d'architecture apporte à la fois des bénéfices d'ordre fonctionnel, grâce à une meilleure coordination entre cellules au niveau des unités centralisées, et en termes de coût, par une mutualisation des capacités de calcul des différentes cellules dans des serveurs communs. Par exemple, plusieurs RU peuvent communiquer avec une DU. L'interface entre la DU et la RU est appelée « FrontHaul » en anglais, et peut permettre de déporter la RU jusqu'à une distance maximale de 20km pour centraliser les DU.
Les spécifications 3GPP ayant introduit le concept de port d'antenne logique défini par une virtualisation (pré-codage/création de faisceau) des ports d'antenne logiques vers les ports d'antenne physiques, les ports d'antenne physiques sont maintenant identifiés comme unité émettrice- réceptrice, ou « Transceiver Unit » (TXRUs) en anglais. Par ailleurs, les TXRUs intègrent la partie analogique active par port d'antenne, et définissent ainsi un port d'entrée vers le domaine analogique. L'évolution des stations de base a consisté à amener les TXRUs au plus près de l'antenne, ou intégrés à l'antenne dans une unité radio RU. L'entité de traitement en bande de base DU est ainsi reliée à la RU par une fibre optique, transportant un signal numérique, limitant ainsi les pertes de propagation associées à l'utilisation d'un câble coaxial.
Par ailleurs, le nombre de TXRUs a sensiblement augmenté avec le temps et peut maintenant atteindre, pour la 5G, la valeur de 64 (massive MIMO).
Comme illustré en figure 1, plusieurs séparations ou « splits » des fonctionnalités entre la RU et la DU ont été proposées, avec différentes exigences d'un point de vue de la complexité des RUs, de l'intelligence des DUs, ou de la bande passante requise pour le transport.
La séparation ou split des fonctionnalités entre la DU et la RU dépend de l'option choisie ou « split option ». Cependant, ces splits ne fournissent pas une standardisation complète d'interfaces qui permettent une véritable interopérabilité entre les différents fournisseurs.
Le groupe de travail xRAN Fronthaul, et plus récemment l'alliance de normalisation O-RAN, ont pris en charge la spécification complète d'une seule interface ouverte et interopérable entre différents fournisseurs de RUs et de DUs (« Open Fronthaul »).
Pour cela, ils ont défini le split 7.2x qui est une adaptation du split 7.2 spécifié au 3GPP et qui permet de réduire la complexité de la RU en remontant des fonctions de traitement au niveau de la DU. Plus précisément, la DU inclut les couches RLC/MAC/PHY-high, et la RU inclut la couche appelée PHY-low. La couche PHY-low implémentée dans une RU comprend, en plus de la partie analogique active des antennes, certains traitements (proches de la partie analogique) bande de base comme la FFT/IFFT ou encore la création numérique de faisceaux, ou « digital beamforming » en anglais.
L'augmentation de bande passante qui en résulte sur l'interface « open fronthaul » peut être compensée par des mécanismes de compression référencés par l'O-RAN Alliance.
La figure 2 illustre plus précisément les fonctionnalités mises en oeuvre par la RU 21 et par la DU 22, en sens montant, pour le split 7.2x.
Le split 7.2x consiste à déplacer les fonctionnalités d'estimation de canal 221 et de RE-demapping 222 (extraction et séparation des éléments de ressource - ou « Ressource Elément (RE) - portant les données et portant les signaux de référence, notamment les DMRS (en anglais « DeModulation Reference Signal »)) dans la ORAN « Distributed Unit » (O-DU) 22. De plus, le split 7.2x inclut une fonctionnalité, mise en oeuvre par la O-RU 21, appelée réduction de port 212 (« port réduction » en anglais) permettant de réduire le nombre de flux à transmettre à la O-DU. Ainsi, après traitement 211 des R signaux radiofréquence reçus sur les R branches de réception, le nombre de flux à transmettre à la O-DU est réduit par la réduction de port 212. Sans technique de réduction du nombre de ports, la ORAN « Radio Unit » (O-RU) 21 transmettrait un nombre de flux IQ égal au nombre de branches de réception R à la O-DU 22, alors que le nombre de couches spatiales v à détecter est souvent bien inférieur. Pour remédier à ce problème, le split 7.2x inclut donc la fonctionnalité de réduction de port 212, qui est une forme de pré-codage. Elle permet typiquement de passer de R = 64 flux à v = 8 flux pour une transmission MU-MIMO sur voie montante avec 8 couches spatiales. A noter que ces 8 flux peuvent être répartis entre un unique PUSCH (SU-MIMO) ou plusieurs PUSCH (MU-MIMO) occupant la même ressource temps fréquence, chaque PUSCH i étant émis depuis un terminal (ou UE) différent et pouvant porter v; couches spatiales avec v =
n;.
Toutefois, ce pré-codage 212 (effectué par la O-RU) ne peut pas s'appuyer sur l'estimation de canal basée DMRS 221 (effectuée par la O-DU), car il faudrait pour cela envoyer l'ensemble des R flux à la O- DU 22 (des signaux DMRS étant portés par chaque canal PUSCH), ce qui est contradictoire avec le but de la réduction du nombre de port. Ainsi, la réduction de port doit se baser sur d'autres signaux de référence, par exemple, les SRS transmis en sens montant avec une périodicité relativement importante (de l'ordre de 40ms). La O-DU 22, dans le cadre du split 7.2x, estime le canal sur la base de signaux SRS et le renvoie à la O-RU (option de création de faisceau dénommée « channel information based beamforming » dans le standard O-RAN) ou renvoie directement les coefficients du pré-codage « port réduction » au O-RU (option de création de faisceau dénommée « weights based beamforming » dans le standard O-RAN).
Un avantage du split 7.2x est de pouvoir co-localiser, dans la DU 22, les fonctionnalités d'égalisation 223 et de décodage 224, ce qui permet l'implémentation de récepteurs avancés avec soustraction d'interférence impliquant une boucle de rétroaction du décodage.
Un inconvénient du split 7.2x est d'avoir des coefficients de pré-codage pour la réduction de port 212 moins à jour que si ce pré-codage était basé sur une estimation de canal DMRS, car les DMRS font partie de la transmission des PUSCH (ils donnent une image instantanée du canal et de l'interférence). Il apparaît donc une difficulté majeure pour le split 7.2x pour la réception du ou des PUSCH en sens montant.
Il existe donc un besoin pour une nouvelle séparation des fonctionnalités entre la RU et la DU, ne présentant pas l'ensemble des inconvénients de l'art antérieur.
3. Exposé de l'invention
L'invention propose une solution ne présentant pas l'ensemble des inconvénients de l'art antérieur, sous la forme d'un procédé de traitement de signaux radiofréquence reçus sur R antennes, avec R ³ 2, mettant en oeuvre une unité radio communiquant avec une unité de traitement en bande de base. Selon l'invention, un tel procédé comprend, mis en oeuvre par l'unité radio :
- pour chacune des antennes, obtention d'une représentation fréquentielle du signal radiofréquence reçu sur l'antenne, formée d'un ensemble d'échantillons complexes ;
- dé-mappage des (R) représentations fréquentielles, identifiant des éléments de ressource utiles, portant des données, et des éléments de ressource de référence, portant au moins un signal de référence, un élément de ressource utile portant v symboles de données, avec v > 1 le nombre de couches spatiales utilisées pour la transmission des données,
- estimation du canal de transmission des signaux radiofréquence et d'une covariance du bruit plus interférence, à partir dudit au moins un signal de référence,
- pour au moins un élément de ressource utile, projection d'un vecteur de R échantillons complexes associés à l'élément de ressource utile, obtenus respectivement de chacune des représentations fréquentielles, sur un vecteur de L échantillons complexes, dits échantillons projetés, tenant compte de ladite estimation de canal et de ladite covariance du bruit plus interférence, avec R > L ³ v,
- transmission d'au moins une information de contrôle, obtenue à partir de ladite estimation de canal, à ladite unité de traitement en bande de base, et
- transmission du vecteur de L échantillons projetés à ladite unité de traitement en bande de base.
Un tel procédé comprend en outre, mis en oeuvre par l'unité de traitement en bande de base :
- réception de ladite au moins une information de contrôle transmise par l'unité radio,
- réception du vecteur de L échantillons projetés transmis par l'unité radio,
- égalisation des L échantillons projetés, tenant compte de ladite au moins une information de contrôle,
- traitement des symboles égalisés.
La solution proposée repose donc sur une nouvelle répartition des fonctionnalités entre une unité radio (localisée au plus près de la structure antennaire d'une station de base) et une unité de traitement en bande de base (localisée au pied de la station de base, ou dans un centre de données proche de la station de base, par exemple dans un rayon de 20 km).
Plus précisément, l'estimation de canal est mise en oeuvre par l'unité radio. Elle peut donc être mise en oeuvre à partir de signaux de référence basés DMRS, ce qui permet une estimation plus précise du canal de transmission, et améliore la qualité de la projection. Notamment, elle offre une solution intéressante pour la réception du ou des canaux PUSCH en voie montante.
L'égalisation et le décodage sont quant à eux mis en oeuvre par l'unité de traitement en bande de base, ce qui permet un traitement avancé de réception, notamment un traitement itératif basé sur la soustraction des interférences estimées.
La solution propose notamment une technique de projection mise en oeuvre par l'unité radio, permettant de réduire la quantité de signaux destinés à l'unité de traitement en bande de base. En particulier, la projection est mise en oeuvre sur un vecteur de R échantillons complexes obtenus à partir des R représentations fréquentielles (un échantillon pour chaque représentation fréquentielle). Ainsi, pour un élément de ressource utile donné, correspondant par exemple à une sous-porteuse d'un symbole OFDM, on identifie l'échantillon correspondant à cet élément de ressource utile (i.e. à cette sous-porteuse d'un symbole OFDM) dans chacune des R représentations fréquentielles.
Un élément de ressource utile porte un ou plusieurs symboles de données, un élément de ressource de référence porte un ou plusieurs symboles de référence. Dans le cas d'un élément de ressource de référence, pour limiter l'interférence entre couches spatiales, en général, un unique symbole de référence xt est non nul parmi les v symboles de référence, pour estimer le canal associé à la couche i (i = 1, - , v).
Un signal de référence identifie l'ensemble des symboles de référence pouvant être utilisés pour l'estimation de canal.
Par exemple, ladite au moins une information de contrôle transmise de l'unité radio à l'unité de traitement en bande de base appartient au groupe comprenant :
- une matrice de canal H représentative du canal de transmission,
- une matrice de covariance K, représentative de la covariance du bruit plus interférence,
- une matrice de projection G,
- une matrice de projection blanchissante Gb = (GK;G^)~G, correspondant à la matrice de projection G suivie d'un blanchiment,
- un produit GH,
- un produit GK,G †.
Les informations de contrôle transmises par l'unité radio sont notamment utilisées par l'unité de traitement en bande de base pour estimer les interférences et le signal reçu.
En particulier, la transmission d'au moins une information de contrôle est mise en oeuvre pour un ensemble d'éléments de ressource. De cette façon, on limite la quantité d'informations de contrôle transmise de l'unité radio vers l'unité de traitement en bande de base, si le canal est approximativement constant sur plusieurs éléments de ressource (RE).
Selon un premier exemple, pour un élément de ressource utile, le vecteur y de R échantillons complexes en entrée de la projection s'exprime sous la forme : y = Hx + n avec y E CR un vecteur de taille R, H E CRxv la matrice de canal représentative du canal de transmission de taille R x v, x E Cv un vecteur de symboles de données de taille v, et n E CR un vecteur de bruit plus interférence de taille R, dont la matrice de covariance est K, = E(nn†] e CRxR de taille R x R. La matrice de covariance K ] représente donc le bruit plus interférence avant projection.
Le vecteur y1 de L échantillons projetés en sortie de la projection s'exprime sous la forme : yi = Gy = GHx + Gn = GHx + % avec y1 E CL un vecteur de taille L, G e CLxR la matrice de projection de taille L x R, K1 = Ejn-Lnj] = (' GK,G †). La matrice Kx représente donc le bruit plus interférence résultant après projection.
Selon ce premier exemple, la transmission d'au moins une information de contrôle transmet par exemple :
- la matrice de canal H, la matrice de projection G, et la matrice de covariance KIt ou
- la matrice de projection G, le produit GH et la matrice de covariance K,, ou le produit GH et K1 = (GKIG†), afin que l'unité de traitement de base reconstruise le modèle y1 = GHx + ¾.
En particulier, si L = v, la matrice de projection G peut être G = H†KI -1 E CvxR, avec la matrice K1 égale à Kx =
Cette projection a la particularité d'être sans perte d'information sur le signal utile (vecteur de symboles de données) x.
Dans ce cas, on applique tout d'abord la matrice Kj 2 au signal reçu y pour blanchir le bruit, puis on applique un filtre adapté pour obtenir G = H^Kf1. Globalement, on applique donc un filtre adapté
blanchissant. Le bruit résultant de l'application de la projection G n'étant pas blanc, la projection peut être suivie d'un blanchiment du bruit, comme présenté dans le deuxième exemple.
Selon un deuxième exemple, pour un élément de ressource utile, le vecteur y de R échantillons complexes en entrée de la projection s'exprime sous la forme : y = Hx + n avec y E CR un vecteur de taille R, H E CRxv la matrice de canal représentative du canal de transmission de taille R x v, x E Cv un vecteur de symboles de données de taille v, et n E CR un vecteur de bruit plus interférence de taille R dont la matrice de covariance, avant projection, est K, = E{nn†] e CRxR.
Selon ce deuxième exemple, la projection étant suivie d'un blanchiment, le vecteur y1 de L échantillons projetés en sortie de la projection s'exprime sous la forme :
avec y1 E C un vecteur de taille
avec IL une matrice identité de taille L x L, représentant le bruit plus interférence résultant après projection et blanchiment.
Selon ce deuxième exemple, la transmission d'au moins une information de contrôle transmet le produit GH afin que l'unité de traitement de base reconstruise le modèle y1 = GHx + ¾.
En particulier, si L = v, la matrice de projection G peut être G = H^Kj-1 E CvxR, avec la matrice Gb égale à
K 1 E €vxR. Cette projection a la particularité d'être sans perte d'information sur le signal utile x.
Dans ce cas, on applique tout d'abord la matrice
2 au signal reçu y pour blanchir le bruit, puis on applique un filtre adapté pour obtenir G = H^K 1. Globalement, on applique donc un filtre adapté blanchissant. Le bruit résultant de l'application de la projection G n'étant pas blanc, la projection est suivie d'un blanchiment du bruit.
En particulier, si L ³ v, la matrice de projection peut être égale à G = V^Kj 2 E CLxR, avec V = [u1 u2 ... ,uL ] E CRXL une matrice portant L vecteurs de dimension R correspondant à L directions d'arrivée en réception.
En particulier, le procédé comprend en outre la transmission, de l'unité radio vers l'unité de traitement en bande de base, d'un type de projection mis en oeuvre.
Par exemple, l'unité radio transmet à l'unité de traitement en bande de base un indicateur indiquant le type d'informations de contrôle transmises, si la projection est une projection suivie ou non d'un blanchiment, etc.
De cette façon, l'unité de traitement en bande de base sait le type de projection mis en oeuvre.
En variante, l'unité de traitement en bande de base peut informer l'unité radio des fonctionnalités mises en oeuvre par l'unité de traitement en bande de base. Par exemple, si l'unité de traitement en bande de base met en oeuvre une estimation de canal basée DMRS, elle peut en informer l'unité radio, qui sait qu'il n'est pas nécessaire de transmettre des informations de contrôle dans ce cas.
L'invention concerne par ailleurs un procédé de réception de signaux radiofréquence sur R antennes correspondant, R ³ 2, mis en oeuvre par une unité radio, comprenant :
- pour chacune des antennes, obtention d'une représentation fréquentielle du signal radiofréquence reçu sur l'antenne, formée d'un ensemble d'échantillons complexes ;
- dé-mappage des représentations fréquentielles, identifiant des éléments de ressource utiles, portant des données, et des éléments de ressource de référence, portant au moins un signal de référence, un élément de ressource utile portant v symboles de données, avec v > 1 le nombre de couches spatiales utilisées pour la transmission des données,
- estimation du canal de transmission des signaux radiofréquence et d'une covariance du bruit plus interférence, à partir dudit au moins un signal de référence,
- pour au moins un élément de ressource utile, projection d'un vecteur de R échantillons complexes associés à l'élément de ressource utile, obtenus respectivement de chacune des R représentations fréquentielles, sur un vecteur de L échantillons complexes, dits échantillons projetés, tenant compte de ladite estimation de canal et de ladite covariance du bruit plus interférence, avec R > L ³ v,
- transmission d'au moins une information de contrôle, obtenue à partir de l'estimation de canal, à l'unité de traitement en bande de base,
- transmission du vecteur de L échantillons projetés à l'unité de traitement en bande de base. Un tel procédé de réception pourra bien sûr comporter les différentes caractéristiques relatives au procédé de traitement tel que mis en oeuvre par l'unité radio, qui peuvent être combinées ou prises isolément. Ainsi, les caractéristiques et avantages du procédé de réception sont les mêmes que ceux du procédé de traitement tel que mis en oeuvre par l'unité radio décrit précédemment.
Dans un autre mode de réalisation, l'invention concerne l'unité radio correspondante.
L'invention concerne par ailleurs un procédé de décodage de signaux radiofréquence reçus sur R antennes correspondant, R ³ 2, mis en oeuvre par une unité de traitement en bande de base, comprenant :
- réception d'au moins une information de contrôle transmise par l'unité radio, obtenue à partir d'une estimation du canal de transmission des signaux radiofréquence mise en oeuvre par l'unité radio,
- réception d'un vecteur de L échantillons complexes, dits échantillons projetés, transmis par ladite unité radio, obtenu en projetant un vecteur de R échantillons complexes associés à un élément de ressource utile, obtenus respectivement de chaque représentation fréquentielle des signaux radiofréquence, sur ledit vecteur de L échantillons projetés, avec R > L ³ v, et v > 1 le nombre de couches spatiales utilisées pour la transmission des données,
- égalisation des L échantillons projetés, tenant compte de ladite au moins une information de contrôle,
- traitement (notamment décodage) des symboles égalisés.
Un tel procédé de décodage pourra bien sûr comporter les différentes caractéristiques relatives au procédé de traitement tel que mis en oeuvre par l'unité de traitement en bande de base, qui peuvent être combinées ou prises isolément. Ainsi, les caractéristiques et avantages du procédé de décodage sont les mêmes que ceux du procédé de traitement tel que mis en oeuvre par l'unité de traitement en bande de base décrit précédemment.
Dans un autre mode de réalisation, l'invention concerne l'unité de traitement en bande de base correspondante.
L'invention concerne encore un ou plusieurs programmes d'ordinateur comportant des instructions pour la mise en oeuvre d'un procédé de traitement, de réception ou de décodage tels que décrits ci- dessus lorsque ce ou ces programmes sont exécutés par au moins un processeur.
L'invention concerne enfin un système comprenant au moins une unité radio, configurée pour traiter des signaux radiofréquence reçus sur R antennes, avec ff > 2, et au moins une unité de traitement en bande de base correspondantes.
Selon l'invention, l'unité radio comprend :
- des moyens d'obtention d'une représentation fréquentielle du signal radiofréquence reçu sur chacune desdites antennes, formée d'un ensemble d'échantillons complexes ;
- des moyens de dé-mappage des représentations fréquentielles, identifiant des éléments de ressource utiles, portant des données, et des éléments de ressource de référence, portant au moins un signal de référence, un élément de ressource utile portant v symboles de données, avec v > 1 le nombre de couches spatiales utilisées pour la transmission des données,
- des moyens d'estimation du canal de transmission des signaux radiofréquence et d'une covariance du bruit plus interférence, à partir dudit au moins un signal de référence,
- des moyens de projection d'un vecteur de R échantillons complexes associés à un élément de ressource utile, obtenus respectivement de chacune des représentations fréquentielles, sur un vecteur de L échantillons complexes, dits échantillons projetés, tenant compte de ladite estimation de canal et de ladite covariance du bruit plus interférence, avec R > L ³ v,
- des moyens de transmission d'au moins une information de contrôle, obtenue à partir de ladite estimation de canal, à ladite unité de traitement en bande de base,
- des moyens de transmission du vecteur de L échantillons projetés à ladite unité de traitement en bande de base, et l'unité de traitement en bande de base comprend :
- des moyens de réception de ladite au moins une information de contrôle transmise par l'unité radio,
- des moyens de réception dudit vecteur de L échantillons projetés transmis par l'unité radio,
- des moyens d'égalisation desdits L échantillons projetés, tenant compte de ladite au moins une information de contrôle,
- des moyens de traitement des symboles égalisés.
4. Liste des figures
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description suivante d'un mode de réalisation particulier, donné à titre de simple exemple illustratif et non limitatif, et des dessins annexés, parmi lesquels :
- la [Fig 1], introduite dans la partie art antérieur, illustre différentes options pour la séparation des fonctionnalités entre les unités radio et de traitement en bande de base, selon le 3GPP ;
- la [Fig 2], introduite dans la partie art antérieur, illustre l'option 7.2x ;
- la [Fig 3] présente les principales étapes mises en oeuvre par une unité radio et une unité de traitement en bande de base selon un mode de réalisation particulier de l'invention ;
- la [Fig 4] présente la structure simplifiée d'une unité radio selon un mode de réalisation particulier ;
- la [Fig 5] présente la structure simplifiée d'une unité de traitement en bande de base selon un mode de réalisation particulier.
5. Description d'un mode de réalisation particulier
5.1 Principe général
Le principe général de l'invention repose sur une nouvelle répartition des fonctionnalités entre la RU et la DU, selon laquelle la RU met en oeuvre une fonctionnalité de pré-codage / réduction de port basée
sur une estimation de canal précise, et la DU met en œuvre les fonctionnalités d'égalisation et de décodage, permettant un traitement avancé de réception.
Comme indiqué en relation avec l'art antérieur, la RU, mettant en œuvre la partie active du traitement analogique, peut être localisée au plus près de la structure antennaire. La DU, mettant en œuvre le traitement numérique peut être localisée au pied de la structure antennaire, ou dans un centre de données (« data center » distant), par exemple localisé à 15-20 km de la RU. En particulier, un DU peut servir plusieurs RU (« pooling of ressources »).
On décrit ci-après un mode de réalisation de l'invention, dans le contexte d'un réseau 5G, selon lequel un ou plusieurs terminaux peuvent partager les mêmes ressources temps-fréquence.
Une ressource temps-fréquence est une granularité en fréquence (sous-bande) et en temps (un ou plusieurs symboles OFDM). Une sous-bande peut aller d'un élément de ressource (une sous-porteuse d'un symbole OFDM), également appelée « Ressource Elément » ou RE en anglais dans les normes 3GPP, à un bloc de ressource (12 REs), également appelé « Physical Ressource Block » ou PRB en anglais, ou encore à plusieurs PRBs.
On considère par exemple que la station de base reçoit différents signaux radiofréquence sur R antennes, correspondant à l'émission, par au moins un terminal ou UE, d'un canal physique PUSCH (« Physical Uplink Shared Channel »). Un canal PUSCH peut comprendre plusieurs couches spatiales v. Durant un intervalle de temps, ou « slot » en anglais, un slot ayant une durée de 0,5ms pour un espacement entre sous porteuses de 30Khz dans le standard « New Radio », plusieurs canaux physiques PUSCH peuvent notamment être transmis depuis différents terminaux. Ceux-ci peuvent être multiplexés en fréquence, en temps, en espace (MU-MIMO).
Par canal physique, on entend ici un canal de la couche physique provenant d'un utilisateur spécifique qui fournit le moyen de transmettre par radio des données / signaux de référence issus de la couche MAC (ou de canaux de transport).
Pour bénéficier de l'estimation de canal (précodé) basée sur un signal de référence basé DMRS, par PUSCH transmis durant un slot NR, pour la réduction de port au niveau de l'unité radio RU, et permettre un traitement avancé de l'interférence au niveau de l'unité bande de base DU, un nouveau split est proposé, selon lequel les fonctionnalités « RE demapping » et « channel estimation » sont mises en œuvre par la RU, et la fonctionnalité « égalisation » est mise en œuvre par la DU.
A titre illustratif, la figure 3 présente les principales étapes mises en œuvre par une RU 31 et par une DU 32 selon un mode de réalisation de l'invention, en voie montante.
A. Etapes mises en œuvre par la RU
On considère par exemple R antennes, ou R branches de réception, avec R ³ 2, recevant chacune une version différente d'un même signal, correspondant à la combinaison de signaux émis par au moins un terminal utilisateur UE, par exemple un PUSCH. Chaque antenne r, avec R ³ r ³ 2 reçoit donc un signal radiofréquence.
La RU 31 effectue un traitement 311r sur le signal radiofréquence reçu sur chaque antenne r, permettant d'obtenir une représentation fréquentielle du signal radiofréquence reçu sur chaque antenne r. Chaque représentation fréquentielle est formée d'un ensemble d'échantillons complexes. Par exemple, le traitement 311i sur la première antenne r = 1 comprend : la réception 3111 du signal radiofréquence (bloc « analog and RF »). On entend ici par réception du signal radiofréquence tout ce qui correspond à la partie active du traitement analogique (filtrage, amplification, transposition en fréquence), sans la conversion analogique numérique, la conversion analogique numérique 3112 du signal radiofréquence reçu, la suppression 3113 de l'intervalle de garde si un intervalle de garde a été inséré avant transmission, la transformation 3114 du domaine temporel vers le domaine fréquentiel du signal numérique, délivrant une représentation fréquentielle du signal radiofréquence reçu.
La RU 31 met également un oeuvre un dé-mappage 312 des R représentations fréquentielles, également appelé RE-demapping. Un tel dé-mappage permet de séparer les éléments de ressource portant des données, dits éléments de ressource utiles, des éléments de ressources portant les signaux de référence, dits éléments de ressource de référence. Un élément de ressource utile peut porter v symboles de données et un élément de ressource de référence peut porter v symboles de référence, dont au moins un symbole de référence non nul, avec v > 1 le nombre de couches spatiales utilisées pour la transmission des données et des signaux de référence.
La RU 31 met par ailleurs en oeuvre une estimation 313 du canal de transmission des signaux radiofréquence et de la covariance du bruit plus interférence affectant les signaux radiofréquence, à partir dudit au moins un signal de référence extrait du dé-mappage 312, par exemple un DMRS.
Les données portées par les éléments de ressource utile peuvent ensuite être filtrées par la RU pour réduire la dimension du signal utile, en tenant compte de l'estimation de canal et de la covariance du bruit plus interférence 313.
Ainsi, pour au moins un élément de ressource utile (i.e. pour une sous-porteuse d'un symbole OFDM), la RU 31 effectue une projection 314 des R échantillons complexes associés à cet élément de ressource utile (i.e. des R échantillons complexes obtenus respectivement de chacune des R représentations
fréquentielles correspondant à cette sous-porteuse - un échantillon par représentation fréquentielle) sur L échantillons complexes, dits échantillons projetés, tenant compte de l'estimation de canal et de la covariance du bruit plus interférence 313, avec R > L ³ v. Plus précisément, on considère le même élément de ressource utile /c (associé à un symbole OFDM particulier) pour chaque branche de réception, i.e. la même position temps fréquence dans les R signaux radiofréquence reçus, pour construire un vecteur y de R échantillons complexes.
On décrit ci-après plus en détail l'étape de projection 314, également appelée précodage ou réduction de port.
Nous définissons comme projection une matrice Gk e CLxR de taille L x R appliquée sur le signal reçu de dimension R (correspondant à R échantillons complexes des R représentations fréquentielles des signaux radiofréquence après RE-demapping), pour un élément de ressource utile k, pour obtenir un signal projeté de dimension L avec v £ L < R.
Dans la suite de la description, l'indice de l'élément de ressource k (ou l'indice fréquentiel par sous porteuse et l'indice du symbole OFDM) est omis par souci de simplification des notations.
Après le dé-mappage 312 des R représentations fréquentielles des signaux radiofréquence, le vecteur de R échantillons complexes en entrée de la projection 314, correspondant à un élément de ressource utile (i.e. portant des données uniquement), pour un PUSCFI avec v couches spatiales ( N = 1) ou plusieurs PUSCFI i avec v; couches spatiales dans le cadre d'une transmission MU-MIMO, i = 1,
portant au total v = ivi couches spatiales donné, peut s'écrire :
avec : y e CR un vecteur de taille R,
Hi E €RxVi une matrice de taille R x v; représentative du canal (précodé) du PUSCFI i estimé au cours de l'étape 313, par exemple à partir de ses DMRS, avec i = 1, ... , N
Xi E €Vl un vecteur de symboles de données de taille v; transmis par le PUSCFI i , chaque symbole de donné étant associé à une couche spatiale, avec i = 1,
et n E CR un vecteur de bruit plus interférence dont la matrice de covariance est K = E{nn†] e CRxR. La matrice H E CRxv représentative du canal de transmission associé à N PUSCH transmis sur le même élément de ressource peut s'écrire // = [H1 ··· HN] e CRxv, de même les v = åj Vj couches spatiales utilisées pour transmettre les symboles de données peuvent s'écrire sous la forme d'un vecteur x = [x[ ··· xJ]T 6 Cv de dimension v .
L'estimation de canal 313 à partir des signaux de référence DMRS, par exemple, permet de déterminer les matrices de canal H E CRxv et de covariance K, = E{nn†} e CRxR.
La matrice de covariance K ] représente le bruit plus interférence avant projection.
La matrice de projection G permet de réduire les dimensions du vecteur des échantillons complexes reçus y tout en tentant de garder une statistique suffisante (sans perte d'information) sur les symboles transmis x pour leur réception. Le filtre adapté est connu pour fournir une statistique suffisante en présence de bruit blanc en projetant le signal reçu et le bruit sur le sous-espace du signal utile.
A.l Projection
Selon un premier exemple, la projection 314 n'est pas suivie d'un blanchiment du bruit.
Dans ce cas, la matrice de projection G E CLxR est appliquée au vecteur y, par la RU 31, pour réduire le modèle à une dimension L, et obtenir en sortie de la projection 314, un vecteur d'échantillons complexes, dits échantillons projetés y1 e CL :
avec
La matrice représente donc le bruit plus interférence résultant après projection.
Dans le cas particulier où L = v, la matrice de projection G peut être G = H†KI1 E CvxR; cette projection a la particularité d'être sans perte d'information sur le signal utile x.
Dans un autre exemple, non revendiqué, la matrice de projection G peut être G =
E CvxR, qui s'avère une bonne approximation du filtre adapté blanchissant sans la complexité de l'inversion de la covariance K ] quand la matrice K ] s'approche d'une matrice multiple de l'identité.
Le vecteur y1 de L échantillons projetés peut ainsi être transmis à la DU 32 pour les données utilisateurs, via l'interface DU/RU (« fronthaul »), par exemple par une fibre optique.
Des informations de contrôle pour ces données utilisateurs peuvent également être transmises à la DU 32, par exemple par fibre optique, pour que la DU 32 puisse reconstruire les interférences et le signal reçu.
Ainsi, pour permettre une réception avancée à la DU 32, la RU 31 peut transmettre à la DU 32 via le « fronthaul », par élément de ressource k ou pour un ensemble d'éléments de ressource durant lesquels le canal (précodé) est approximativement constant, et par PUSCH :
1) soit la matrice de canal Hk, la matrice de projection Gk associée, et la matrice large bande de covariance du bruit plus interférence K ] (qui peut être moyennée sur toutes les sous-porteuses et symboles OFDM de l'allocation de ressource du PUSCH),
2) soit la matrice de projection Gk, le produit GkHk et la matrice de covariance KIt
3) soit le produit GkHk et le produit Gk KjGk .
A.2. Projection suivie d'un blanchiment du bruit
Selon un deuxième exemple, la projection 314 peut être suivie d'un blanchiment du bruit.
Dans ce cas, la projection G E CLxR appliquée au vecteur y, par la RU 31, est suivie d'un blanchiment
(' GK;G †) pour réduire le modèle à une dimension L sans bruit. On obtient, en sortie de la projection 314, un vecteur d'échantillons complexes, dits échantillons projetés, y1 E CL :
avec
où IL est une matrice identité de dimension L x L.
Dans le cas particulier où L = v, la matrice de projection G peut être G = H†KI 1 E CvxR, suivi d'un blanchiment, tel que G
cette projection a la particularité d'être sans perte d'information sur le signal utile x.
Dans un autre exemple, non revendiqué, la matrice de projection G peut être G =
E CvxR, suivi d'un blanchiment, tel que qui s'avère une bonne approximation du filtre
adapté blanchissant sans la complexité de l'inversion de la covariance K, quand la matrice K, s'approche d'une matrice multiple de l'identité (pas ou peu de corrélation spatiale du bruit plus interférence).
Dans le cas particulier où L ³ v, la matrice de projection G peut être définie comme proposé ci-après.
On suppose pour ce faire que le réseau d'antennes de réception, de dimension R, est linéaire et que les antennes sont uniformément espacées (par exemple d'une demi-longueur d'onde).
Classiquement, une direction d'arrivée/départ du signal peut être associée à un vecteur DFT de dimension R (où chaque coefficient de la DFT correspond à un facteur multiplicatif à appliquer sur une antenne de réception différente pour la formation d'un faisceau de réception dans une direction donnée). L'ensemble des vecteurs DFT orthonormés forme une base orthonormale du signal reçu communément utilisée pour analyser les directions d'arrivée du signal en réception.
On considère les L vecteurs de dimension R qui forment les colonnes de la matrice V = [%, u2 ... , uL] de dimension R x L. Ces L vecteurs orthonormés correspondent aux L meilleures directions de réception
(pris parmi les R vecteurs DFT orthonormés formant une base du signal reçu) par rapport au canal blanchi H
où K ] est la matrice de covariance du bruit plus interférence, P est la covariance du vecteur de symboles de données x (P = E{xx†)) et H est le canal estimé à partir des DMRS au niveau de la RU. Une direction (vecteur DFT) ut est meilleure qu'une autre direction u2 si et seulement l l I I
A noter que HwHl, peut être estimé comme la matrice
identité de dimension R. Cela permet d'estimer HwHl, en utilisant un estimateur du type j;åLi y w,kylk — IR à l'aide de N échantillons reçus (blanchis).
La projection consiste alors, selon cet exemple, en la succession des deux étapes suivantes :
1) blanchiment du bruit plus interférence par la multiplication de Kj 2 sur le signal reçu y de dimension R,
2) projection du signal reçu après blanchiment ^ ^ de dimension R sur les L directions
sélectionnées par la multiplication de V †.
Dans le cas particulier où L ³ v, la matrice de projection G peut donc être V^Kj 2, de dimension L x R.
Le vecteur y1 de L échantillons projetés peut ainsi être transmis à la DU 32 pour les données utilisateurs, via l'interface DU/RU (« fronthaul »), par exemple par une fibre optique.
Des informations de contrôle pour ces données utilisateurs peuvent également être transmises à la
DU 32, par exemple par la fibre optique, pour que la DU 32 puisse reconstruire le signal reçu.
Dans ce cas, pour permettre une réception avancée à la DU 32, la RU 31 peut transmettre à la DU 32 via le « fronthaul », par élément de ressource k ou pour un ensemble d'éléments de ressource durant lesquels le canal (précodé) est approximativement constant, et par PUSCH, le produit
, avec
. Si L = v, la RU 32 transmet donc v2 coefficients pour le contrôle, soit 64 coefficients pour 8 couches spatiales.
Selon ces deux exemples (projection suivie d'un blanchiment du bruit ou non), les informations de contrôle sont déduites de la réception des signaux de référence qui peuvent être DMRS, ce qui diffère de l'option 7.2x présentée en art antérieur.
Au moins une information de contrôle est transmise à l'unité de traitement en bande de base 32, par exemple dans une fibre optique. Les L échantillons projetés sont également transmis à l'unité de traitement en bande de base 32, par exemple dans une fibre optique.
B. Etapes mises en œuvre par la DU
La DU 32 peut ainsi recevoir les L échantillons projetés transmis par l'unité radio 31 pour un élément de ressource k, ainsi que des informations de contrôle 321, telles que présentées dans les deux exemples ci-dessus, pour chaque canal PUSCH.
Comme précédemment indiqué, les informations de contrôle de type matrice de canal H, matrice de projection G, produit GH, peuvent être remontées 321 de la RU vers la DU pour l'élément de ressource k ou pour un ensemble d'éléments de ressource durant lesquels le canal (précodé) est approximativement constant.
De la même façon, pour minimiser la charge de contrôle sur l'interface « fronthaul », il est également possible de remonter une matrice de covariance K, de la RU vers la DU pour un symbole OFDM, ou pour un ensemble de X symboles OFDM (par exemple 14 symboles OFDM, soit une durée 0,5ms pour un espacement entre sous porteuses de 30kFlz). Cela suppose que la covariance du bruit plus interférence est la même sur toute la bande pour une durée de X symboles OFDM.
La DU 32 peut alors mettre en oeuvre une égalisation 322 des L échantillons projetés, tenant compte des informations de contrôle 321. Les informations de contrôle 321 permettent notamment de reconstruire les modèles d'interférence et de signal reçu, pour pouvoir mettre en oeuvre une égalisation.
Enfin, la DU 32 met en oeuvre un traitement 323j des symboles égalisés, pour chaque utilisateur j, 1 £ ) < ]■
On rappelle que l'égalisation a pour but de traiter l'interférence entre couche spatiale pour estimer/détecter les symboles transmis.
Ainsi, si l'on considère un modèle après projection du type : y = Hx + n avec y E CL (v £ L < ff), H E €Lxv et Kn = E(n n†] l'égaliseur est par exemple un égaliseur LMMSE-IRC selon le 3GPP, i.e. un filtre ft E ClxL(i = 1, ... , v ) tel que l'estimée fj = fty minimise
la variance de la variable aléatoire X. Par suite, /) est proportionnelle à la ième ligne de la matrice
Selon le premier exemple décrit ci-dessus, la DU reçoit le vecteur y1 et les informations de contrôle comprenant par exemple le produit GH et le produit GK;G † = Kt.
Comme y1 = Gy = GHx + % et K1
il est possible de reconstruire le vecteur x E €v de symboles de données.
Selon le deuxième exemple décrit ci-dessus, la DU reçoit le vecteur y1 et les informations de contrôle comprenant par exemple le produit GbH.
Comme y1 = Gby = GbHx + n1( il est possible de reconstruire le vecteur x E €v de symboles de données.
Différentes techniques peuvent notamment être mises en oeuvre pour informer la DU 32 du type de projection mis en oeuvre par la RU 31.
Par exemple, la DU sait que la projection mise en oeuvre par la RU est suivie (ou non) d'un blanchiment par configuration, ou parce qu'elle reçoit un message de la RU signalant à la DU la mise en oeuvre (ou non) d'un blanchiment, etc. Éventuellement, la DU peut choisir une option (projection « simple » ou projection avec blanchiment), et informer la RU de l'option choisie.
Le traitement des symboles égalisés est un traitement classique.
Par exemple, le traitement des symboles égalisés pour le premier utilisateur j = 1 comprend : le démappage des différentes couches spatiales pour le premier utilisateur, délivrant des symboles de données, la démodulation et le décodage des symboles de données.
En particulier, dans le cadre d'un récepteur avancé, une boucle de rétroaction avec l'égalisation 322 peut être prévue. Pour une détection/égalisation d'utilisateurs multiples (MU-MIMO), l'égalisation peut être réalisée de façon conjointe ou disjointe par PUSCH. Une boucle de rétroaction entre le décodage de tous les utilisateurs et l'égalisation des utilisateurs est possible dans le cas d'un récepteur avancé.
5.2 Structure simplifiée d'une unité radio et d'une unité de traitement en bande de base On présente désormais, en relation avec la figure 4, la structure simplifiée d'une unité radio selon au moins un mode de réalisation décrit ci-dessus.
Comme illustré en figure 4, une telle unité radio, comprend au moins une mémoire 41 comprenant une mémoire tampon, au moins une unité de traitement 42, équipée par exemple d'une machine de calcul programmable ou d'une machine de calcul dédiée, par exemple un processeur P, et pilotée par le programme d'ordinateur 43, mettant en oeuvre des étapes du procédé de réception selon au moins un mode de réalisation de l'invention.
A l'initialisation, les instructions de code du programme d'ordinateur 43 sont par exemple chargées dans une mémoire RAM avant d'être exécutées par le processeur de l'unité de traitement 42.
Le processeur de l'unité de traitement 42 met en oeuvre des étapes du procédé de réception décrit précédemment, selon les instructions du programme d'ordinateur 43, pour :
- obtenir une représentation fréquentielle du signal radiofréquence reçu sur chacune des R antennes, chaque représentation fréquentielle étant formée d'un ensemble d'échantillons complexes ;
- dé-mapper les représentations fréquentielles, pour identifier les éléments de ressource utiles, portant des données, et les éléments de ressource de référence, portant au moins un signal de référence, un élément de ressource utile portant v symboles de données, avec v > 1 le nombre de couches spatiales utilisées pour la transmission des données,
- estimer le canal de transmission des signaux radiofréquence et la covariance du bruit plus interférence, à partir du ou des signaux de référence,
- projeter un vecteur de R échantillons complexes associés à un élément de ressource utile, obtenus respectivement de chacune des représentations fréquentielles, sur un vecteur de L échantillons complexes, dits échantillons projetés, en tenant compte de l'estimation de canal et de la covariance du bruit plus interférence, avec R > L ³ v,
- transmettre au moins une information de contrôle, obtenue à partir de l'estimation de canal, à l'unité de traitement en bande de base ;
- transmettre le vecteur de L échantillons projetés à l'unité de traitement en bande de base.
On présente finalement, en relation avec la figure 5, la structure simplifiée d'une unité de traitement en bande de base selon au moins un mode de réalisation décrit ci-dessus.
Comme illustré en figure 5, une telle unité de traitement en bande de base comprend au moins une mémoire 51 comprenant une mémoire tampon, au moins une unité de traitement 52, équipée par exemple d'une machine de calcul programmable ou d'une machine de calcul dédiée, par exemple un processeur P, et pilotée par le programme d'ordinateur 53, mettant en oeuvre des étapes du procédé de décodage selon au moins un mode de réalisation de l'invention.
A l'initialisation, les instructions de code du programme d'ordinateur 53 sont par exemple chargées dans une mémoire RAM avant d'être exécutées par le processeur de l'unité de traitement 52.
Le processeur de l'unité de traitement 52 met en oeuvre des étapes du procédé de décodage décrit précédemment, selon les instructions du programme d'ordinateur 53, pour :
- recevoir au moins une information de contrôle transmise par l'unité radio,
- recevoir le vecteur de L échantillons projetés transmis par l'unité radio,
- égaliser les L échantillons projetés, tenant compte de la ou des informations de contrôle,
- traiter (notamment décoder) les symboles égalisés.