Procédé de traitement local d'une pièce en matériau composite poreux
Arrière-plan de l'invention
Les matériaux composites thermostructuraux sont connus pour leurs bonnes propriétés mécaniques et leur capacité à conserver ces propriétés à température élevée. Ils comprennent les matériaux composites carbone/carbone (C/C) formés d'un renfort en fibres de carbone densifié par une matrice en carbone et les matériaux composites à matrice céramique (CMC) formés d'un renfort en fibres réfractaires (carbone ou céramique) densifiés par une matrice au moins partiellement céramique. Des exemples de CMC sont les composites C/SiC (renfort en fibres de carbone et matrice en carbure de silicium), les composites C/C- SiC (renfort en fibres de carbone et matrice comprenant une phase carbone, généralement au plus près des fibres, et une phase carbure de silicium) et les composites SiC/SiC (fibres de renfort et matrice en carbure de silicium). Une couche d'interphase peut être interposée entre fibres de renfort et matrice pour améliorer la tenue mécanique du matériau.
Les procédés usuels d'obtention de pièces en matériau composite thermostructural sont le procédé par voie liquide et le procédé par voie gazeuse.
Le procédé par voie liquide consiste à réaliser une préforme fibreuse ayant sensiblement la forme d'une pièce à réaliser, et destinée à constituer le renfort du matériau composite, et à imprégner cette préforme par une composition liquide contenant un précurseur du matériau de la matrice. Le précurseur se présente habituellement sous forme d'un polymère, tel qu'une résine, éventuellement dilué dans un solvant. La transformation du précurseur en phase réfractaire est réalisée par traitement thermique, après élimination du solvant éventuel et réticulation du polymère. Plusieurs cycles d'imprégnation successifs peuvent être réalisés pour parvenir au degré de densification souhaité. A titre d'exemple, des précurseurs liquides de carbone peuvent être des résines à taux de coke relativement élevé, telles que des résines phénoliques, tandis que des précurseurs liquides de céramique,
notamment de SiC, peuvent être des résines de type polycarbosilane (PCS) ou polytitanocarbosilane (PTCS) ou polysilazanes (PSZ).
Le procédé par voie gazeuse consiste dans l'infiltration chimique en phase vapeur. La préforme fibreuse correspondant à une pièce à réaliser est placée dans un four dans lequel est admise une phase gazeuse réactionnelle. La pression et la température régnant dans le four et la composition de la phase gazeuse sont choisies de manière à permettre la diffusion de la phase gazeuse au sein de la porosité de la préforme pour y former la matrice par dépôt, au contact des fibres, d'un matériau solide résultant d'une décomposition d'un constituant de la phase gazeuse ou d'une réaction entre plusieurs constituants. A titre d'exemple, des précurseurs gazeux du carbone peuvent être des hydrocarbures donnant le carbone par craquage, tel que le méthane, et un précurseur gazeux de céramique, notamment de SiC, peut être du méthyltrichlorosilane (MTS) donnant du SiC par décomposition du MTS (éventuellement en présence d'hydrogène).
Il existe également des procédés mixtes comprenant à la fois des voies liquides et des voies gazeuses.
En raison de leurs propriétés, ces matériaux composites thermostructuraux trouvent des applications dans divers domaines, pour réaliser des pièces devant être soumises à des contraintes thermomécaniques importantes, par exemple dans les domaines aéronautique, spatial ou nucléaire.
Toutefois, quel que soit le procédé de densification utilisé, les pièces en matériau composite thermostructural présentent systématiquement une porosité interne ouverte, c'est-à-dire communiquant avec l'extérieur de la pièce. La porosité vient du caractère inévitablement incomplet de la densification des préformes fibreuses. Elle se traduit par la présence de pores de plus ou moins grandes dimensions qui communiquent entre eux.
Malgré la présence de cette porosité, les pièces présentent en général une résistance mécanique très satisfaisante. Cependant, dans certains cas, les pièces en matériau composite peuvent être soumises localement à des sollicitations mécaniques très importantes comme c'est le cas par exemple du pied d'une aube de moteur aéronautique où se concentrent les efforts de matage et de compression subis par l'aube.
La présence de porosité dans la partie de la pièce ainsi sollicitée peut affaiblir localement la résistance mécanique de la pièce. Il existe, par conséquent, un besoin pour renforcer localement une pièce en matériau composite thermostructural.
II en est de même pour les parties des pièces en matériau composite thermostructural qui constituent des portions de fixation ou de frottement avec d'autres pièces, en particulier métalliques, et qui subissent de ce fait des efforts mécaniques plus importants que le reste de la pièce.
Obiet et résumé de l'invention
L'invention a pour but de proposer une solution permettant de renforcer localement une pièce en matériau composite poreux.
Ce but est atteint avec un procédé de traitement local d'une portion d'une pièce en matériau composite comprenant un renfort fibreux densifié par une matrice, ledit matériau présentant une porosité interne, le procédé comprenant les étapes suivantes :
- détermination d'une quantité de composition d'infiltration en fonction du volume de la portion de la pièce à traiter, la composition d'infiltration comprenant au moins du silicium,
- placement de la quantité déterminée de composition d'infiltration en contact avec les pores débouchant en surface de la portion de la pièce à traiter,
- traitement thermique à une température supérieure ou égale à la température de fusion de la composition d'infiltration de manière à imprégner ladite portion avec la composition de traitement et à combler la porosité présente au niveau de ladite portion.
Ainsi, grâce au procédé de l'invention, il est possible de traiter seulement une ou plusieurs portions d'une pièce qui nécessitent un renforcement. On peut ainsi renforcer localement une pièce au niveau d'une portion déterminée qui est soumise à des sollicitations mécaniques importantes par rapport au reste de la pièce. La composition d'infiltration s'infiltre par capillarité uniquement dans la portion visée et pas au-delà puisqu'on utilise une quantité de composition d'infiltration déterminée en fonction du volume de la portion à infiltrer. On limite ainsi l'alourdissement
du matériau de la pièce par rapport à une infiltration totale du matériau de la pièce de type « melt infiltration » ou « slurry casting ».
Selon un premier aspect du procédé de l'invention, la composition d'infiltration comprend du silicium ou un de ses alliages comme notamment du SiTi, SiMo ou SiNB.
Selon un deuxième aspect de l'invention, celui-ci comprend en outre une étape d'usinage de la portion de la pièce traitée.
Selon un troisième aspect de l'invention, la pièce est en matériau composite thermostructural à matrice céramique.
La pièce en matériau composite peut notamment correspondre à une aube de moteur aéronautique comportant au moins un pied d'aube et une pale, la portion à traiter correspondant au pied de ladite aube. Dans ce cas, le renforcement local du pied d'aube permet de simplifier sa gamme de fabrication et d'envisager la suppression de l'utilisation d'un insert dans cette partie de l'aube. D'autres parties de l'aube peuvent être renforcées avec le procédé de l'invention comme les portions de contact ou frottement inter aubes, les portions fines telles que les bords de fuite, les portions de contact avec les parties stator du moteur telles que les léchettes, des portions locales telles que des murets anti-basculement, etc.
La pièce en matériau composite traitée avec le procédé de l'invention peut également correspondre à une pièce de structure comprenant au moins une partie de liaison destinée à être liée mécaniquement à une autre pièce, la partie de liaison correspondant à une portion à traiter. On améliore ainsi la rigidité du matériau de la pièce dans les zones de liaisons ainsi que sa tenue vis-à-vis des efforts de serrage.
Le procédé de l'invention peut être encore utilisé pour traiter une pièce en matériau composite comprenant au moins une partie de portée destinée à être en contact avec une pièce métallique d'étanchéité, la partie de portée correspondant à une portion à traiter. On obtient ainsi une partie de portée plus résistante aux frottements avec la pièce métallique, ce qui permet de garantir un maintien de l'étanchéité dans le temps. En outre, lorsque le matériau composite de la pièce comprend une matrice auto-cicatrisante, c'est-à-dire avec du bore ou un de ses composés, l'infiltration de la partie de portée permet d'éviter des
interactions entre le bore et le ou les matériaux métalliques de la pièce d'étanchéité.
L'invention a également pour objet un procédé de réparation d'une pièce en matériau composite comportant au moins une portion endommagée présente à la surface de la pièce, chaque portion endommagée étant traitée conformément au procédé de traitement de l'invention. Ce procédé permet en particulier de reprendre un état de surface d'une pièce en matériau composite dans une portion endommagée par exemple après un choc avec un autre objet.
Brève description des dessins
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description suivante de modes particuliers de réalisation de l'invention, donnés à titre d'exemples non limitatifs, en référence aux dessins annexés, sur lesquels:
- les figures 1A, 1B et 2 sont des vues schématiques montrant l'infiltration locale d'un pied d'aube conformément à un procédé de traitement de l'invention;
- les figures 3A et 3B sont des photographies microscopiques montrant un pied d'aube respectivement avant et après infiltration locale selon le procédé de traitement de l'invention;
- les figures 4 et 5 sont des vues schématiques montrant l'infiltration locale d'un pied d'aube avec formation de revêtements de surface latéraux conformément à un procédé de traitement de l'invention;
- les figures 6 à 8 sont des vues schématique montrant la réparation d'une portion endommagée d'aube conformément à un procédé de réparation de l'invention;
- les figures 9 et 10 sont des vues schématiques montrant l'infiltration locale de portions de liaison d'une pièce de structure conformément à un procédé de traitement de l'invention.
Description détaillée de modes de réalisation
Le procédé de traitement de la présente invention s'applique d'une manière générale à des pièces en matériau composite.
Par pièce en matériau composite, on entend toute pièce comprenant un renfort fibreux densifié par une matrice.
Le renfort fibreux est réalisé à partir d'une structure fibreuse réalisée par tissage, assemblage, tricotage, etc. de fibres tels que des fibres en céramique, par exemple en carbure de silicium (SiC), des fibres en carbone ou même encore des fibres en un oxyde réfractaire, par exemple en alumine (Al203). Après éventuellement une mise en forme et une consolidation, la structure fibreuse est alors densifiée par une matrice qui peut être notamment une matrice céramique formant un matériau composite à matrice céramique (CMC), ou encore une matrice carbone formant dans le cas d'un renfort en fibres de carbone un matériau composite carbone/carbone (C/C). La matrice du matériau composite est obtenue de façon connue en soi suivant le procédé par voie liquide, voie gazeuse ou une combinaison de ses deux voies.
Le procédé de l'invention consiste à traiter (par exemple renforcer) ou à réparer localement des pièces en matériau composite par fusion d'une composition d'infiltration. Dans le cas d'un traitement local, par exemple de renforcement, l'invention propose de compléter localement la densification du matériau composite de la pièce en comblant localement la porosité résiduelle dans la zone considérée avec la composition d'infiltration. Dans le cas d'une réparation locale, l'invention propose de combler la zone endommagée avec la composition d'infiltration. A cet effet, qu'il s'agisse d'un traitement local ou d'une réparation, la composition d'infiltration est placée directement en contact avec les pores débouchant en surface de la pièce.
Par conséquent, conformément à l'invention, aucun revêtement de nature à boucher tout ou partie des pores débouchant en surface de la pièce et à empêcher la pénétration de la composition d'infiltration dans la porosité du matériau composite de la pièce n'est préalablement réalisé sur la pièce avant le placement et la fusion de la composition d'infiltration. Par exemple, dans la présente invention, aucun revêtement céramique du type de celui décrit dans le document WO 2010/069346 n'est formé avant le placement et la fusion de la composition d'infiltration. En effet, un tel revêtement céramique bouche la plupart des pores débouchant en surface du matériau composite de la pièce et empêche une bonne pénétration de la composition d'infiltration dans le matériau de la pièce. Dans un tel cas, il
n'est, par conséquent, pas possible de compléter localement la densification du matériau composite de la pièce ou de permettre un bon accrochage dans la pièce du matériau de comblement obtenu à partir de la composition d'infiltration dans le cas de la réparation d'une zone endommagée.
En référence aux figures 1A, 1B et 2, on décrit un mode de mise en œuvre d'un procédé conforme à l'invention, pour le traitement d'une aube de moteur aéronautique. Les figures 1A et 1B illustrent une aube 100 de roue mobile de turbine basse pression (BP) qui comprend une pale 120 et un pied 130 formé par une partie de plus forte épaisseur, par exemple à section en forme de bulbe. L'aube 100 est destinée à être montée sur un rotor de turbine métallique (non illustré) par engagement du pied 130 dans un logement de forme correspondante aménagé à la périphérie du rotor. L'aube est ici réalisée en matériau composite thermostructural comprenant un renfort en fibres de carbure de silicium (SiC) obtenu par tissage tridimensionnel ou multicouche en une seule pièce de fils de carbure de silicium, le renfort étant densifié par une matrice également de SiC.
Le pied 130 est la partie de l'aube où se concentrent les efforts de matage et de compression subis par l'aube. Cette partie de l'aube doit, par conséquent, présenter une résistance mécanique accrue par rapport au reste de l'aube. Conformément à l'invention, le pied d'aube est renforcé par comblement de la porosité présente au niveau du pied. A cet effet, on utilise une composition d'infiltration à base de silicium, c'est-à-dire une composition comprenant du silicium ou un alliage de silicium tel que, par exemple, du SiTï, SiMo ou SiNB.
La composition d'infiltration se présente sous forme solide. Dans l'exemple ici décrit, la composition d'infiltration est moulée sous forme d'un cordon 10 disposé sur la partie terminal 130a du pied 130. La quantité de composition de traitement, ici le volume du cordon 10, est déterminé en fonction du volume de porosité à combler dans le pied 130.
Une fois le cordon 10 positionné sur le pied d'aube, l'ensemble est chauffé à une température supérieure ou égale à la température de fusion de la composition d'infiltration qui en fondant se répand par capillarité le long des fibres dans la porosité présente dans le pied 130. Les pores étant communicants et débouchants pour certains en surface, la
composition d'infiltration se répand également à la surface du pied 130. L'aube ainsi infiltrée au niveau de son pied est ensuite refroidie.
On obtient alors comme représentée sur la figure 2, une aube 100 avec un pied 130 dont la porosité est comblée par la composition d'infiltration, ce qui permet de renforcer le pied d'aube en particulier vis-à- vis des sollicitations de compression et de matage.
La figure 3A est une photographie d'une coupe de pied d'aube réalisé en matériau composite thermostructural comprenant un renfort en fibres de SiC densifié par une matrice également de SiC. On constate la présence de nombreux pores P présents dans le matériau. La figure 3B montre un pied d'aube similaire à celui de la figure 3A mais après traitement de celui-ci avec une composition d'infiltration dans les mêmes conditions que celles décrites ci-dessus. On observe que la plupart des pores a été comblée par la composition d'infiltration qui confère ainsi au pied d'aube une tenue mécanique accrue, en particulier vis-à-vis d'efforts de compression et de matage.
Selon une variante de mise en œuvre du procédé de traitement de l'invention, un revêtement de protection peut être en outre formé sur tout ou partie de la surface externe de la portion de la pièce infiltrée avec la composition de traitement. A cet effet, on dispose sur les parties de la surface externe de la pièce où l'on souhaite former un revêtement de protection un matériau de support apte à s'imprégner de la composition d'infiltration par capillarité. Un tel matériau peut être notamment une poudre de particules réfractaires telles que des particules de SiC ou une texture réalisée avec des fibres de préférence de même nature que celles constitutives du renfort de la pièce à traiter.
La figure 4 illustre une aube 200 comprenant une pale 220 et un pied 230. L'aube est ici réalisée en matériau composite thermostructural comprenant un renfort obtenu par tissage tridimensionnel ou multicouche en une seule pièce de fils de SiC, le renfort étant densifié par une matrice également de SiC. Une quantité déterminée de composition d'infiltration à base de silicium, moulée sous la forme d'un cordon 210, est placée sur la partie terminale 230a du pied 230 tandis que deux couches 215 et 216 d'une poudre de SiC sont respectivement déposées sur les faces latérales du pied 230. L'ensemble est alors porté à une température supérieure ou égale à la température de fusion de la composition d'infiltration qui se
répand alors à la fois dans la porosité du matériau présente au niveau du pied d'aube et dans les couches 215 et 216. Une fois l'ensemble refroidi, on obtient, comme illustrée sur la figure 5, une aube 200 avec un pied 230 dont la porosité est comblée par la composition d'infiltration et qui comporte sur ses faces latérales un revêtement de protection 217 constitué de grains de SiC liés entre eux par la composition d'infiltration. Le revêtement de protection 217 ainsi obtenu peut être usiné après sa formation afin d'ajuster la géométrie du pied d'aube aux tolérances exigées. En outre, dans le cas où l'aube 200 a été densifiée avec une matrice auto-cicatrisante, la matrice contient un ou plusieurs éléments à base de bore qui peuvent altérer le matériau métallique du disque ou de la roue mobile sur lequel les aubes sont montées. Le revêtement de protection ainsi formé à la surface du pied d'aube permet d'éviter un contact direct entre les éléments borés de la matrice et le disque ou roue métallique.
En référence aux figures 6 à 8, on décrit un mode de mise en uvre d'un procédé conforme à l'invention, pour la réparation d'une aube 300 de moteur aéronautique réalisée en matériau composite thermostructural comprenant un renfort obtenu par tissage tridimensionnel ou multicouche en une seule pièce de fils de SiC et densifié par une matrice également de SiC. L'aube 300 présente au niveau de sa pale 320 une zone endommagée 321 résultant d'un choc et entraînant un défaut de surface sur la pâle qu'il convient de combler. A cet effet et conformément à une mise en œuvre du procédé de l'invention, on dispose sur la zone endommagée 321 une pastille 323 d'une composition d'infiltration à base de silicium correspondant à la quantité nécessaire de composition pour combler la zone endommagée. L'ensemble est ensuite chauffé à une température permettant de faire fondre la pastille 323 et de répandre la composition d'infiltration dans la zone endommagée. Une fois l'ensemble refroidi, on obtient une aube 300 présentant un niveau de surface régulier grâce à la présence d'un matériau de comblement 324 constitué de la composition d'infiltration 323.
On décrit maintenant un mode de mise en œuvre du procédé de l'invention pour le renforcement local de portions de liaisons mécaniques d'une pièce en matériau composite. La figure 9 représente une pièce de structure 400 de révolution qui comporte des brides de liaisons
mécaniques 401 et 402. Dans l'exemple décrit ici, la pièce de structure 400 est réalisée à partir d'un renfort en fibres de carbone densifié par une matrice également carbone.
Conformément au procédé de l'invention, on place sur chaque portion correspondant aux brides de liaisons mécaniques 401 et 402 une quantité déterminée de composition d'infiltration à base de silicium 410 afin d'infiltrer les zones couvertes par les brides de liaison. Dans l'exemple décrit ici, la composition d'infiltration se présente sous forme d'une poudre mélangée avec liant fugitif afin de permettre son application, par exemple au pinceau, sur les zones à infiltrer. L'ensemble est alors porté à une température suffisante pour faire fondre la composition d'infiltration qui se diffuse dans la porosité du matériau composite au niveau des zones correspondant aux brides de liaison 401 et 402. Après refroidissement et comme représentée sur la figure 10, la pièce de structure 400 comporte des portions renforcées 403 et 404 au niveau de ses brides de liaison mécaniques assurant ainsi une meilleure résistance de la pièce dans ses zones de liaison vis-à-vis notamment des efforts de serrage et de matage, la liaison travaillant principalement en cisaillement.
Le procédé de l'invention peut être encore utilisé pour traiter une pièce en matériau composite comprenant au moins une partie de portée destinée à être en contact avec une pièce métallique d'étanchéité, la partie de portée correspondant à une portion à traiter. Comme décrit ci- avant pour le renforcement local de portions de liaisons mécaniques, la ou les parties de portée sont recouvertes avec une composition d'infiltration à base de silicium qui est ensuite fondue pour infiltrer le matériau composite de la pièce au niveau de la ou les parties de portée à renforcer.
On obtient ainsi une pièce comportant une ou plusieurs parties de portée plus résistantes aux frottements avec une pièce métallique, ce qui permet de garantir un maintien de l'étanchéité dans le temps. En outre, lorsque le matériau composite de la pièce comprend une matrice auto-cicatrisante, c'est-à-dire avec du bore ou un de ses composés, l'infiltration des parties de portée permet d'éviter des interactions entre le bore et le ou les matériaux métallique de la pièce d'étanchéité.
La composition d'infiltration utilisée dans le procédé de traitement de l'invention comprend du silicium ou un alliage de silicium tel que, par exemple, du SiTi, SiMo ou SiNB. La composition d'infiltration peut
notamment correspondre à une composition de brasure à base de silicium utilisée pour assembler entre elles des pièces en matériau composite. Des compositions de brasure à base de silicium sont notamment décrites dans les documents EP 806 402 ou US 5 975 407. Le choix de la nature de la composition d'infiltration est effectué notamment en fonction de la compatibilité chimique et de son coefficient de dilatation thermique avec ceux du matériau de la pièce à infiltrer.