PROCEDE D'ACQUISITION ET DE TRAITEMENT DE SIGNAUX
DESCRIPTION
Domaine technique et art antérieur
L'invention concerne un procédé d'acquisition et de traitement de signaux et, plus particulièrement, un procédé d'acquisition et de traitement d'impulsions.
L'invention s'applique de façon particulièrement avantageuse à des domaines dans lesquels les signaux détectés ne sont pas déterministes tels que, par exemple, le domaine de l'instrumentation nucléaire, le domaine de l'instrumentation laser, le domaine de la détection radar, de la détection des ultrasons, etc..
Dans la suite de la description, afin de simplifier la présentation de l'invention, les signaux concernés sont des impulsions. De façon plus générale, l'invention concerne cependant tout type de signal, impulsionnel ou non.
Dans le cas où l'arrivée des impulsions n'est pas déterministe, la densité des impulsions reçues est variable, pouvant varier de quelques coups par seconde à plusieurs milliers de coups par seconde. Un traitement des impulsions en temps réel est alors difficile à effectuer. De plus, plusieurs voies de réception peuvent acquérir des impulsions. Il est alors souvent nécessaire de comparer les impulsions issues de ces voies, notamment pour déterminer avec précision la durée qui les sépare. Les capacités de calcul requises de même que la nature des traitements à effectuer peuvent alors varier considérablement selon les cas.
Une méthode traditionnelle pour gérer le traitement des impulsions reçues consiste à figer le traitement et à réaliser celui-ci en analogique. Un premier inconvénient de cette méthode est son manque de flexibilité. Par ailleurs, une large gamme de traitements ne peut pas être réalisée avec cette approche comme, par exemple, les traitements en régime fréquentiel ou les traitements en ondelettes.
Afin de pallier les inconvénients liés à l'utilisation de composants analogiques, il est connu de numériser les signaux et de traiter les signaux ainsi numérisés à l'aide de composants numériques dédiés ASIC (ASIC pour « Application Spécifie
Integratged Circuit »), de composants numériques reconfigurables FPGA (FPGA pour « FIELD PROGRAMMABLE GATE AWAY ») ou de composants numériques programmables DSP (DSP pour « Digital Signal Processor »). L'utilisation de composants dédiés nécessite de figer les traitements et permet d'effectuer des calculs en temps réel à la condition que ces calculs n'aient pas besoin d'être modifiés ou mis à jour durant la durée de vie du composant. L'utilisation de composants reconfigurables ou programmables permet une plus grande variété de traitements mais au détriment de la vitesse de calcul. Certaines impulsions ne peuvent alors pas être traitées.
Une autre solution est illustrée en figure 1. Cette solution consiste à réaliser le traitement hors-ligne. Le dispositif comprend alors un convertisseur analogique/numérique 1, un composant numérique 2, un micro-contrôleur 3, un ordinateur 4 et des circuits de mémorisation 5. Une impulsion analogique SA est convertie en impulsion numérique SN par le convertisseur 1 et transmise, via le composant numérique 2 et le micro-contrôleur 3, aux circuits de mémorisation 5. Les données stockées dans les circuits de mémorisation 5 sont transférées à l'ordinateur 4 via le microcontrôleur 3. L'ordinateur 4 effectue alors le traitement souhaité. Cette méthode permet avantageusement de traiter l'ensemble des données capturées mais, cependant, ne permet pas l'obtention de résultats en temps réel. Par ailleurs, si cette méthode permet la réalisation de traitements de différentes natures, puisque les données restent disponibles, il n'est cependant pas possible de stocker et de traiter d'importants volumes de données puisque les circuits de mémorisation ont un espace mémoire limité.
Le procédé de l'invention ne présente pas les inconvénients de l'art antérieur qui sont mentionnés ci-dessus.
Exposé de l'invention L'invention concerne un procédé d'acquisition et de traitement de signaux comprenant une étape d'acquisition d'au moins deux signaux dans au moins deux voies d'acquisition et une étape de détection des signaux acquis par au moins deux voies de détection respectivement associées aux voies d'acquisition, chaque voie de détection
délivrant un signal détecté correspondant à un signal acquis, caractérisé en ce qu'il comprend :
- une étape de distribution, dans au moins une tuile de calcul disponible, en tout ou en partie, d'un ensemble de tuiles de calcul, d'au moins un signal détecté par au moins une voie de détection, le signal détecté étant distribué sous la forme d'au moins un signal élémentaire dans la ou les tuiles de calcul, chaque signal élémentaire étant accompagné d'une donnée temporelle qui identifie un instant de début du signal élémentaire et d'une donnée de voie qui identifie la voie d'acquisition d'où provient le signal détecté qui correspond au signal élémentaire,
- une étape de mémorisation du ou des signaux élémentaires dans la ou les tuiles de calcul de l'ensemble de tuiles de calcul, et
- une étape de traitement du ou des signaux élémentaires mémorisés dans la ou les tuiles de calcul, pour obtenir des données caractéristiques des signaux détectés, chaque donnée caractéristique étant associée à au moins une donnée temporelle et au moins une donnée de voie.
Selon le mode de réalisation préférentiel de l'invention, les signaux sont des impulsions. Dans un mode de réalisation particulièrement avantageux, les impulsions sont des événements d'un ensemble d'événements obéissant à une loi de Poisson.
Comme cela apparaîtra plus clairement dans la suite de la description, le terme « signal élémentaire » s'applique soit à un signal détecté pris dans sa totalité, soit à un morceau ou à une fraction d'un signal détecté. Dans ce dernier cas, un même signal détecté est fractionné en plusieurs signaux élémentaires qui sont distribués dans différentes tuiles de calcul.
Selon une caractéristique supplémentaire de l'invention :
- une étape de numérisation des signaux acquis précède l'étape de détection ; ou
- une étape de numérisation des signaux détectés précède l'étape de distribution ; ou
- une étape de numérisation du ou des signaux élémentaires précède l'étape de mémorisation du ou des signaux élémentaires dans la ou les tuiles de calcul de l'ensemble de tuiles de calcul.
Selon encore une autre caractéristique supplémentaire de l'invention, les signaux détectés sont mémorisés dans les voies de détection.
Selon encore une autre caractéristique supplémentaire de l'invention, une étape de traitement supplémentaire de tout ou partie des données caractéristiques des signaux détectés traite lesdites données en fonction des données temporelles et/ou des données de voie qui sont associées aux données caractéristiques.
Selon encore une caractéristique supplémentaire de l'invention, l'étape de traitement supplémentaire regroupe tout ou partie des données caractéristiques des signaux détectés par voie de détection et/ou en fonction du temps. Dans un mode de réalisation particulier, l'étape de traitement supplémentaire est la construction d'un histogramme de détection par voie de détection et/ou en fonction du temps.
Selon encore une autre caractéristique supplémentaire de l'invention, un signal détecté est mémorisé dans une même tuile de calcul sous la forme d'un signal élémentaire unique.
Selon encore une autre caractéristique supplémentaire de l'invention, lorsque le traitement des signaux élémentaires mémorisés occupe toutes les tuiles de calcul de l'ensemble de tuiles de calcul et qu'au moins un signal détecté supplémentaire est délivré par au moins une voie de détection :
un traitement en cours dans au moins une tuile de calcul est interrompu afin de traiter des signaux mémorisés élémentaires supplémentaires correspondant au signal détecté supplémentaire, ou
il est choisi ne pas traiter le signal supplémentaire, ou
il est choisi de retarder le traitement du signal supplémentaire jusqu'à ce qu'au moins une tuile de calcul soit en tout ou partie disponible.
Selon encore une autre caractéristique supplémentaire de l'invention, le traitement des signaux élémentaires mémorisés est interrompu dans au moins une tuile de calcul dès lors que la durée dudit traitement dépasse une valeur prédéfinie ou dès lors
qu'un signal nouvellement détecté est considéré comme prioritaire, le traitement du signal nouvellement détecté se substituant au traitement interrompu.
Le procédé de l'invention permet avantageusement de traiter des événements déterministes et non déterministes.
Par « événement non déterministe », on entend un événement dont la survenue et/ou l'intensité et/ou la densité n'obéissent pas à un schéma prévisible. Le traitement d'un événement non déterministe est rendu possible par le procédé de l'invention grâce à la distribution, dans des tuiles de calcul, de signaux détectés élémentaires qui représentent cet événement, chaque signal détecté élémentaire étant accompagné d'une donnée temporelle qui identifie son instant de début et d'une donnée de voie qui identifie la voie qui a détecté l'événement. Les signaux élémentaires correspondant à différents événements peuvent alors être traités indépendamment les uns des autres, assurant la disponibilité du dispositif d'acquisition et de traitement pour l'acquisition et le traitement d'événements ultérieurs. Une fois les traitements effectués dans les tuiles de calcul, les signaux qui résultent de ces traitements sont regroupés en fonction des données de voie et de temps, permettant une reconstruction - a posteriori - de signaux utiles.
De façon plus générale, la présence d'une donnée de voie et d'une donnée de temps pour chaque signal élémentaire, associée à la capacité du procédé de l'invention de mémoriser les signaux élémentaires autorise avantageusement un traitement asynchrone des événements détectés, que ces événements soient déterministes ou non déterministes.
Brève description des figures
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lumière de la description qui va suivre faite en référence aux figures jointes, parmi lesquelles :
- La figure 1 - déjà décrite - représente un dispositif d'acquisation et de traitement de signaux de l'art antérieur ;
- La figure 2 représente le schéma de principe d'un dispositif d'acquisition et de traitement de signaux qui met en œuvre le procédé de l'invention ;
- La figure 3 représente un perfectionnement du dispositif d'acquisition et de traitement de signaux représenté en figure 2 ;
- La figure 4 représente, de façon symbolique, une impulsion détectée, son découpage en différentes parties et les échantillons numériques associés qui résultent de sa numérisation ;
- Les figures 5A-5C représentent trois variantes d'un dispositif d'acquisition et de traitement de signaux qui met en œuvre le mode de réalisation préférentiel du procédé de l'invention;
- La figure 6 représente une première variante de réalisation d'un circuit qui participe à un exemple de dispositif d'acquisition et de traitement de signaux qui met en œuvre le procédé de l'invention ;
- La figure 7 représente une deuxième variante de réalisation d'un circuit qui participe à un exemple de dispositif d'acquisition et de traitement de signaux qui met en œuvre le procédé de l'invention ;
- Les figures 8A-8C représentent trois variantes d'un dispositif d'acquisition et de traitement de signaux conforme au dispositif représenté en figure 3 et qui met en œuvre le mode de réalisation préférentiel du procédé de l'invention.
Sur toutes les figures, les mêmes références désignent les mêmes éléments.
Exposé détaillé de modes de réalisation préférentiels de l'invention
La figure 2 représente le schéma de principe d'un dispositif d'acquisition et de traitement de signaux qui met en œuvre le procédé de l'invention.
Le dispositif comprend N voies d'acquisition Ai, A2, AN, N voies de détection Vi, V2, VN associées respectivement aux N voies d'acquisition, N étant un nombre entier supérieur ou égal à 2, un contrôleur de tuile CTR et P tuiles de calcul Ti, T2, T , P étant un nombre entier supérieur ou égal à 1.
Le procédé de l'invention comprend, successivement :
- une étape d'acquisition de signaux dans au moins deux voies d'acquisition de l'ensemble des N voies d'acquisition Ai, A2, AN;
- une étape de détection, par deuxvoies de détection respectivement associées aux deux voies d'acquisition, des signaux acquis dans les voies d'acquisition pour former des signaux détectés ;
- une étape de distribution, dans au moins une tuile de calcul de l'ensemble de P tuiles de calcul Ti, T2, T , des signaux détectés par les voies de détection,
- une étape de mémorisation des signaux détectés dans la ou les tuiles de calcul, et
- une étape de traitement des signaux mémorisés dans la ou les tuiles de calcul pour obtenir des données I caractéristiques du signal détecté.
Un seul contrôleur de tuile est représenté sur la figure 2. L'invention concerne cependant d'autres modes de réalisation pour lesquels le dispositif d'acquisition et de traitement comprend plusieurs contrôleurs de tuile. Dans ce dernier cas, chaque contrôleur de tuile est préférentiellement affecté à une gestion différente d'un ensemble de tuiles de calcul, par exemple une gestion en mode flux ou une gestion en mode différé. De façon préférentielle, chaque détecteur de voie, chaque contrôleur de tuile et chaque tuile de calcul est programmable ou reconfigurable.
Une impulsion détectée peut être transférée en entier dans une même tuile de calcul ou par morceaux dans plusieurs tuiles de calcul. Dans tous les cas, chaque impulsion détectée ou morceau d'impulsion détectée est transféré dans une tuile de calcul disponible - en tout ou en partie - avec une donnée temporelle qui identifie l'instant de début de l'impulsion ou du morceau d'impulsion et avec une donnée de voie qui identifie la voie de détection par laquelle l'impulsion a été détectée. Chaque tuile de calcul Tk (k=l, 2, P) indique son état de disponibilité au contrôleur CTR par l'intermédaire d'une donnée dk qui est échangée entre la tuile et le contrôleur. Lorsqu'une impulsion est fractionnée en morceaux d'impulsions, le fractionnement est
effectué au niveau d'un détecteur de voie, dès lors que ce dernier en reçoit l'instruction par un signal FRj (j=l, 2, N) provenant du contrôleur de tuile.
Dès lors qu'une impulsion ou une fraction d'impulsion est présente dans une tuile de calcul, cette dernière a accès à l'ensemble des données qui composent l'impulsion ou la fraction d'impulsion et les calculs programmés peuvent être effectués. Les tuiles de calcul peuvent être de natures différentes (composants programmables, composants dédiés, etc.) et effectuer des traitements différents ou être identiques et effectuer des traitements identiques. Chaque impulsion ou fraction d'impulsion est transmise à une tuile de calcul avec des informations complémentaires. Comme cela sera décrit plus en détail ultérieurement, ces informations complémentaires sont des données nécessaires à un traitement ultérieur qui permet de replacer les impulsions détectées dans leur contexte. Ces informations complémentaires sont, par exemple, l'instant de début d'uneimpulsion ou d'unefraction d'impulsion, le numéro de la voie de détection sur laquelle une impulsion a été détectée, le coefficient de normalisation qui a été utilisé pour numériser l'impulsion ou la fraction d'impulsion si une numérisation a eu lieu, etc.. Le temps de traitement de chaque tuile de calcul peut être variable. Dans un mode de réalisation particulier de l'invention, dès lors que la durée du traitement atteint une limite prédéterminée, le traitement est interrompu et de nouveaux signaux peuvent alors être traités. Chaque tuile de calcul informe le contrôleur de tuile de sa disponibilité totale ou partielle dès lors qu'un traitement est achevé ou interrompu et une nouvelle impulsion ou fraction d'impulsion peut alors lui être assignée pour traitement. Dans le cas où aucune tuile de calcul n'est disponible pour le traitement d'une nouvelle impulsion, plusieurs solutions sont envisageables :
- arrêter un traitement en cours dans une tuile de calcul pour traiter tout ou partie de la nouvelle impulsion, ou
- choisir de ne pas traiter la nouvelle impulsion, ou
- retarder le traitement de la nouvelle impulsion en mémorisant la nouvelle impulsion.
Les tuiles de calcul comprennent des moyens de mémorisation et des moyens de calcul. Une mise en œuvre préférentielle est une tuile de calcul programmable
ou reconfigurable. Les moyens de mémorisation permettent avantageusement de disposer simultanément de l'ensemble des échantillons à traiter. De façon préférentielle, les moyens de calcul opèrent un traitement conforme à celui décrit dans la demande de brevet Français N° 2 936 626 intitulée « Dispositif de traitement en parallèle d'un flux de données » déposée par la Demanderesse en date du 30 septembre 2008.
Les tuiles de calcul sont mutualisées. Par « mutualisation » des tuiles, il faut entendre qu'une même tuile de calcul est apte à effectuer des calculs sur une impulsion provenant de n'importe quelle voie de détection.
La figure 3 représente un perfectionnement du dispositif d'acquisition et de traitement de données représenté en figure 2. En plus des éléments mentionnés en référence à la figure 2, le dispositif comprend un étage de traitement CT qui traite les données I délivrées par les tuiles de calcul en fonction des données temporelles et/ou des données de voie. A cette fin, les informations permettant de situer les résultats dans leur contexte (données de voie, données temporelles, coefficient de normalisation, etc.) sont transmises à l'étage de traitement CT avec les données I délivrées par les tuiles de calcul. Le traitement effectué par l'étage de traitement CT peut être, par exemple, un regroupement ou une fusion des données I par voie de détection et/ou en fonction du temps. Il peut ainsi s'agir, par exemple, de la construction d'un histogramme de détection en fonction du temps sur une ou plusieurs voies de détection. Ce regroupement ou cette fusion des données délivrées par les tuiles de calcul est généralement indispensable dans la plupart des applications. Le traitement effectué par l'étage de traitement CT permet l'obtention d'un résultat global structuré par voie de détection et/ou par rapport au temps à partir des résultats épars obtenus en sortie des tuiles de calcul. Dans un mode de réalisation particulièrement avantageux de l'invention, l'étage de traitement CT permet d'assurer une métrologie du temps actif.
L'étage de traitement CT peut être constitué d'un calculateur unique ou d'une pluralité de calculateurs. Dans un mode de réalisation particulier, l'étage de traitement comprend un ou plusieurs modules de communication aptes à communiquer avec d'autres composants, par exemple d'autres étages de traitement du même ou d'un autre dispositif d'acquisition et de traitement de signaux. Il est alors possible de moduler
sur plusieurs ressources de traitement les différents traitements qui doivent être effectués à partir des résultats de calcul délivrés par les tuiles.
Dans le mode de réalisation préférentiel de l'invention, les signaux traités dans les tuiles de calcul sont des signaux numérisés. La figure 4 représente, à titre d'exemple, la courbe temporelle d'une impulsion S(t) et sa décomposition en échantillons numériques et les figures 5A-5C représentent trois variantes d'un dispositif d'acquisition et de traitement apte à mettre en œuvre le procédé selon le mode de réalisation préférentiel de l'invention.
L'impulsion S(t) comprend trois parties : une pre-implusion, un corps d'impulsion et une post-impulsion. La pre-impulsion et la post-impulsion contiennent des informations utiles aux traitements ultérieurs (le bruit de fond par exemple). Le corps d'impulsion représente le signal utile. Différentes méthodes - connues en elles-mêmes - peuvent être utilisées pour détecter le début ou la fin d'une impulsion. Il est possible, par exemple, d'utiliser un seuil de détection. Il est également possible de détecter l'instant de fin d'une impulsion sur la base de la connaisance de l'instant de début, dès lors que la durée de l'impulsion est connue a priori. La figure 4 représente de façon sym bolique la suite d'échantillons numériques associés à l'impulsion S(t). La pre-impulsion est associée aux échantillons Ei, Ek. Le corps d'impulsion est associé aux échantillons E|, Ej, Ep. La post-impulsion est associée aux échantillons Eq, Ex.
La numérisation des impulsions peut être effectuée à différentes étapes du procédé de l'invention. Selon une première variante, la numérisation est effectuée après l'acquisition des signaux et avant la détection. La figure 5A illustre cette première variante. Des dispositifs de numérisation Nj (j=l, 2, N) sont alors placés entre les voies d'acquisition Aj et les voies de détection Vj. Selon une deuxième variante, la numérisation est effectuée après la détection et avant la distribution des signaux détectés dans les tuiles de calcul. La figure 5B illustre cette deuxième variante. Des dispositifs de numérisation Nj (j=l, 2, N) sont alors placés entre les voies d'acquisition Vj et le contrôleur de tuile CTR. Selon la troisième variante, la numérisation est effectuée après la distribution des signaux et avant le traitement dans les tuiles de calcul. La figure 5C
illustre cette troisième variante. Des dispositifs de numérisation Nk (k=l, 2, P) sont alors placés entre le contrôleur de tuile et les tuiles de calcul.
Dans un premier mode de réalisation de l'invention, chaque détecteur de voie Vj comprend des moyens de mémorisation et chaque impulsion détectée, numérisée ou non, est entièrement mémorisée dans les moyens de mémorisation du détecteur de voie. Si les impulsions acquises n'ont pas été numérisées avant détection, l'impulsion mémorisée dans le détecteur de voie est ensuite numérisée et les échantillons numériques Ei, Ej, Ex_i, Ex issus de la numérisation sont transférés, via le contrôleur de tuile CTR, dans une tuile de clacul Tk où ils sont à nouveau mémorisés par les moyens de mémorisation de tuile (cf. figure 6).
Dans un deuxième mode de réalisation de l'invention, les voies de détection ne comprennent pas de moyens de mémorisation. Chaque impulsion détectée est numérisée au fur et à mesure de son acquisition ou de sa détection et les échantillons numériques Ei, Ej, Ex_i, Ex issus de la numérisation sont transférés dans au moins une tuile de clacul Tk où ils sont mémorisés par les moyens de mémorisation de tuile. Ce deuxième mode de réalisation permet avantageusement d'économiser des ressources de mémorisation (cf. figure 7). Il concerne plus particulièrement les applications intégrées où le coût des circuits doit être maîtrisé. Ce mode de réalisation nécessite de disposer en permanence d'au moins une tuile de calcul disponible, en tout ou en partie, pour mémoriser et traiter toute nouvelle impulsion ou fraction d'impulsion. Afin de pallier cette contrainte de disponibilité des tuiles de calcul, une mémoire tampon peut être placée en amont des tuiles de calcul, par exemple dans le contrôleur de tuile, pour mémoriser temporairement les données que les tuiles de calcul ne sont pas aptes à traiter du fait de leur indisponibilité.
De façon générale, le contrôleur de tuile CTR a pour fonction de transférer les impulsions numérisées, préalablement mémorisées ou non, dans les tuiles de calcul disponibles. A cette fin, chaque tuile Tk délivre au contrôleur de tuile CTR une information dk relative à sa disponibilité totale ou partielle. Une impulsion numérisée est transférée, échantillon par échantillon, dans au moins une tuile de calcul. Afin d'assurer une mémorisation rapide des échantillons numérisés, des registres sont utilisés comme
éléments de mémorisation. Les registres sont chaînés l'un derrière l'autre, chaque nouvel échantillon poussant l'échantillon qui le précède dans le registre voisin.
Les figures 8A-8C représentent trois variantes d'un dispositif d'acquisition et de traitement de signaux conforme au dispositif représenté en figure 3 et qui met en œuvre le mode de réalisation préférentiel du procédé de l'invention. En plus des éléments représentés en figure 3, le dispositif d'acquisition et de traitement de signaux comprend des circuits de numérisation aptes à numériser les signaux avant que ceux-ci ne soient traités dans les tuiles de calcul. Les trois variantes représentées sur les figures 8A-8C correspondent respectivement aux trois variantes représentées sur les figures 5A-5C. Les circuits de numérisation sont ainsi placés soit entre les voies d'acquisition et les voies de détection (Figure 8A), soit entre les voies de détection et le contrôleur de tuile (Figure 8B), soit entre le contrôleur de tuile et les tuiles de calcul (Figure 8C).
Des exemples d'application du procédé de traitement de l'invention vont maintenant être décrits.
Prenons le cas, par exemple, d'un détecteur A apte à générer une impulsion électrique à chaque événement perçu (neutron, rayonnement, radar, ultra-son etc.). Le détecteur A est apte à recevoir jusqu'à 100000 événements par seconde, chacun ayant une durée de 100 ns. L'arrivée des événements obéissant à une loi de Poisson, il n'est pas possible de déterminer à l'avance l'écart temporel qui sépare deux événements successifs. Le temps de traitement de chaque événement s'exprime par le nombre de cycles multiplié par la fréquence FTC de fonctionnement d'une tuile de calcul. Par exemple, si le traitement des données de la voie A requiert un traitement complexe de 10000 cycles, en supposant que la fréquence FTC est de 200MHz, soit 5ns/cycle, le temps de traitement de chaque événement prend donc 50000 ns. Si l'on rapporte ce temps de traitement au nombre d'événements pouvant survenir sur la voie A et que l'on n'utilise qu'une seule tuile de calcul qui travaille à la fréquence de 200MHz, traiter 100000 événements par seconde nécessite 5 secondes, ce qui ne permet pas d'assurer les contraintes du temps réel.
L'invention permet avantageusement un traitement qui assure les contraintes du temps réel. En effet, l'utilisation de six tuiles de calcul à la fréquence de travail de 200MHz rend possible en temps réel le traitement de l'ensemble des données reçues sur la voie A.
Un autre exemple concerne le cas de deux voies de détection A et B. La voie B peut recevoir jusqu'à 100000 événements par seconde, chaque événement ayant une durée d'une centaine de millisecondes chacun, les événements détectés sur la voie B étant corrélés à ceux détectés sur la voie A. Le temps de traitement de la voie B est non déterministe, compris, par exemple, entre 10 cycles et 1000 cycles selon la nature des données (pour cela, la voie B peut contenir un filtre apte à rejeter ou non une impulsion, si celle-ci est jugée de trop mauvaise qualité). Comme les données détectées par la voie A nécessitent d'importantes ressources de calcul, la mutualisation des tuiles de calcul proposée par le procédé de l'invention permet de partager les ressources de calcul entre différentes tuiles. Ainsi, si l'architecture disposant de six tuiles de calcul est dimensionnée pour le traitement des données détectées par les voies A et B, il est possible de traiter en temps réel l'ensemble des données détectées. Comme les ressources de calcul sont partagées entre différentes tuiles pour une même voie de détection (la voie A), il est important de disposer de l'information relative à l'identification de la voie d'où proviennent les données traitées. A cette fin, le contrôleur de tuile de calcul qui associe les tuiles de calcul aux voies de détection transmet, outre les données à traiter, une information relative à la voie de détection d'où celles-ci proviennent.
Dans le cas d'applications où les données détectées par les voies A et B sont corrélées, par exemple corrélées dans le temps, il est nécessaire d'effectuer une correspondance entre les données détectées et les résultats de traitement délivrés par les tuiles de calcul. Comme le traitement réalisé dans chaque tuile de calcul l'est indépendamment des autres (asynchrone), l'information concernant la date d'arrivée d'un paquet de données à traiter, qui est connue du détecteur et du contrôleur de tuiles de calcul est alors transmise à la tuile de calcul. L'étage de traitement CT reconstitue alors dans le temps l'ensemble des flux de données ainsi que les résultats qui leur sont associés. Cela permet, par exemple, de déterminer le temps qui s'est écoulé entre la
réception d'événements détectés par la voie A et par la voie B afin de déterminer, par exemple, une distance (cas de l'application radar).
Un troisième exemple concerne le cas où une ou plusieurs voies supplémentaires participent à la détection de données. Le dispositif de l'invention peut en effet comprendre, par exemple, une voie supplémentaire munie d'un capteur C qui détecte des données de nature complètement différente des données détectées par les autres voies, le traitement des données détectées par le capteur C étant alors également complètement différent du traitement des données détectées par les autres voies. Les données détectées par le capteur C peuvent, par exemple, être des données plus denses que les données détectées par les autres voies et, en conséquence, requérir un temps de traitement sensiblement plus long que celui des autres voies. Pour cela, une ou plusieurs tuiles de calcul supplémentaires peuvent facilement être ajoutées au dispositif de l'invention et/ou le dimensionnement et/ou la fréquence de fonctionnement de tuiles de calcul existantes peuvent être modifiés.
Un quatrième exemple consiste à déterminer si une particule dépose de l'énergie dans plusieurs détecteurs disposés en couche et d'analyser l'énergie déposée au sein de chaque détecteur, les temps de traversées etc.. Pour cela, les détecteurs disposés en couches sont connectés à un seul système de mesure multicanaux tel que celui de l'invention.
Lorsqu'une impulsion est détectée par une voie, elle est datée et identifiée par sa voie de détection (unicité du couple date, voie). La date et les échantillons de l'impulsion sont alors transmis à une tuile de calcul qui détermine les caractéristiques qui sont propres à l'impulsion, par exemple son énergie. Comme les informations de temps et de voie sont associées aux impulsions, elles peuvent être transmises directement à n'importe quelle tuile de calcul disponible pour réaliser le traitement. Le traitement peut aussi être reporté dans l'attente de disponibilité d'une tuile. Une fois que les caractéristiques de l'impulsion sont déterminées, par exemple son énergie, elles sont transmises à l'étage de traitement CT qui regroupe l'ensemble des résultats des tuiles de calcul. L'étage de traitement CT réalise les corrélations entre les impulsions sur la base des informations de temps et de voie. Le traitement de l'étage CT consiste alors, par
exemple, à séparer les impulsions qui n'ont pas traversé l'ensemble des détecteurs de celles qui ont traversé tous les détecteurs. Pour cela, il suffit de ne considérer que les impulsions pour lesquelles les dates sont corrélées, c'est-à-dire comprises dans un intervalle de temps de très faible valeur prédéterminée. Il est alors ensuite possible de reconstituer, par exemple, un spectre en énergie correspondant aux particules détectées ou de déduire, sur la base des énergies déposées, des caractéristiques relatives aux particules détectées comme, par exemple, la position de la source émettrice des particules.