PROCEDE D'OXYDATION D'UN ALDEHYDE AROMATIQUE EN ACIDE CARBOXYLIQUE CORRESPONDANT.
La présente invention a pour objet un procédé d'oxydation d'un aldéhyde aromatique en acide carboxylique correspondant.
L'invention vise plus particulièrement un procédé d'oxydation de la vanilline en acide p-vanillique ou acide 3-méthoxy-4-hydroxybenzoïque.
Dans EP-A-0 773 919, on a décrit notamment la préparation de la vanilline ou 3-méthoxy-4-hydroxybenzaldéhyde selon un procédé qui consiste à faire réagir le formol et le gaïacol, en présence de soude conduisant à un mélange comprenant lO-hydroxyméthylgaïacol (OMG), le p-hydroxyméthylgaïacol (PMG), le 4,6-di(hydroxyméthyl)gaïacol (DMG), puis à oxyder ledit mélange par l'oxygène en présence d'un catalyseur au palladium et d'un co-catalyseur au bismuth et ensuite à éliminer dans les produits d'oxydation le contenant, le groupe carboxylique situé en position ortho, permettant ainsi d'obtenir la vanilline avec un très bon rendement réactionnel.
A la fin de l'étape d'oxydation, les quantités des produits obtenus sont les suivantes :
- série ortho
- RR o-vanilline(OVA) = 1 %
- RR acide o-vanillique (AOV) = 14 %
- série para - RR vanilline (PVA) = 16 %
- RR acide p-vanillique (APV) = 1 %
- série di
- RR o-carboxyvanilline (OCVA) = 47 %
- RR 4,6-(dicarboxy)gaïacol (DCG) = 10 % Dans le procédé décrit dans EP-A-0 773 919, il y a oxydation sélective du groupe hydroxyméthyle et formyle situés en position ortho d'un groupe hydroxyle, en groupe carboxylique. L'acide p-vanillique n'est obtenu qu'avec un très faible rendement de 1 %.
Contre toute attente, la demanderesse a trouvé que l'acide p-vanillique pouvait être obtenu par oxydation de la vanilline, en utilisant le même type de système catalytique mais dans certaines conditions de mise en œuvre.
On a également trouvé de manière inattendue que le procédé de l'invention pouvait être généralisé à la préparation de tous les acides aromatiques à partir
des aldéhydes correspondants dès lors que les conditions définies par l'invention sont respectées.
Plus précisément, la présente invention a pour objet un procédé d'oxydation d'un aldéhyde aromatique en acide carboxylique correspondant qui consiste à effectuer l'oxydation, en milieu basique d'un aldéhyde aromatique, à l'aide d'oxygène moléculaire ou un gaz en contenant, en présence d'un catalyseur caractérisé par le fait que l'oxydation est effectuée en présence d'une quantité efficace d'un catalyseur à base de palladium et/ou de platine dans des conditions telles que l'oxydation se fait en régime diffusionnel.
Une variante préférée du procédé de l'invention consiste à ajouter également, à titre d'activateurs des métaux du groupe 1b et 8 tels que le cadmium, le bismuth, le plomb, l'argent, l'étain ou le germanium, de préférence le bismuth.
Il a été trouvé en particulier qu'un acide p-hydroxybenzoïque pouvait être obtenu par oxydation d'un composé comprenant un groupe formyle situé en position para du groupe hydroxyle dans la mesure où l'on contrôlait le régime de la réaction qui doit être un régime diffusionnel. Dans le présent texte, on entend par « régime diffusionnel » dénommé également « régime physique », un régime qui correspond à la définition classique connue par l'Homme du Métier.
A cet effet, on peut se reporter aux différents ouvrages de J. RICHARDSON, Principles of catalyst development (1989), Plénum Pess New York et de J. VILLERMAUX, Génie de la réaction chimique : conception et fonctionnement des réacteurs (1993), Lavoisier.
Les conditions de régime diffusionnel sont des conditions telles que la concentration en oxygène dissous dans le milieu est proche de zéro.
Dans l'exposé qui suit de la présente invention, on entend "par aldéhyde aromatique", un composé aromatique dont un atome d'hydrogène directement lié au noyau aromatique est remplacé par un groupe formyle et par "composé aromatique", la notion classique d'aromaticité telle que définie dans la littérature, notamment par Jerry MARCH, Advanced Organic Chemistry, 4 édition, John Wiley and Sons, 1992, pp. 40 et suivantes.
La présente invention s'applique plus particulièrement aux aldéhydes aromatiques porteurs d'un groupe OH libre ou bien d'un groupe OH protégé sous forme d'éther.
Le substrat mis en œuvre répond préférentiellement à la formule générale (I) :
dans laquelle :
- A symbolise le reste d'un cycle formant tout ou partie d'un système carbocyclique ou heterocyclique, aromatique, monocyclique ou polycyclique, système comprenant au moins un groupe formyle,
- R représente un atome d'hydrogène ou un ou plusieurs substituants, identiques ou différents,
- n, nombre de substituants sur un cycle, est un nombre inférieur ou égal à 5. L'invention s'applique notamment aux aldéhydes aromatiques répondant à la formule (I) dans laquelle A est le reste d'un composé cyclique, ayant de préférence, au moins 4 atomes dans le cycle, de préférence, 5 ou 6, éventuellement substitué, et représentant au moins l'un des cycles suivants : . un carbocycle aromatique, monocyclique ou polycyclique, . un hétérocycle aromatique, monocyclique ou polycyclique comportant au moins un des hétéroatomes O et N.
On précisera, sans pour autant limiter la portée de l'invention, que le reste A éventuellement substitué représente, le reste :
1 ° - d'un composé carbocyclique aromatique, monocyclique ou polycyclique. Par "composé carbocyclique polycyclique", on entend :
. un composé constitué par au moins 2 carbocycles aromatiques et formant entre eux des systèmes ortho- ou ortho- et péricondensés, . un composé constitué par au moins 2 carbocycles dont l'un seul d'entre eux est aromatique et formant entre eux des systèmes ortho- ou ortho- et péricondensés.
2° - d'un composé heterocyclique aromatique, monocyclique ou polycyclique. Par "composé heterocyclique polycyclique", on définit : . un composé constitué par au moins 2 hétérocycles contenant au moins un hétéroatome dans chaque cycle dont au moins l'un des deux cycles est aromatique et formant entre eux des systèmes ortho- ou ortho- et péricondensés,
. un composé constitué par au moins un carbocycle et au moins un hétérocycle dont au moins l'un des cycles est aromatique et formant entre eux des systèmes ortho- ou ortho- et péricondensés. Plus particulièrement, le reste A éventuellement substitué représente, l'un des cycles suivants : - un carbocycle aromatique :
- un bicycle aromatique comprenant deux carbocycles aromatiques :
- un bicycle partiellement aromatique comprenant deux carbocycles dont l'un deux est aromatique :
un hétérocycle aromatique comprenant 1 ou plusieurs (2 à 4) hétéroatomes
- un bicycle aromatique comprenant un carbocycle aromatique et un hétérocycle aromatique :
- un bicycle partiellement aromatique comprenant un carbocycle aromatique et un hétérocycle :
un bicycle aromatique comprenant deux hétérocycles aromatiques :
- un bicycle partiellement aromatique comprenant un carbocycle et un hétérocycle aromatique :
un tricycle comprenant au moins un carbocycle ou un ue
Dans le procédé de l'invention, on met en oeuvre préférentiellement un aldéhyde aromatique de formule (I) dans laquelle A représente le reste d'un composé carbocyclique tel que benzène ou naphtalene ou le reste d'un composé heterocyclique azoté de préférence, pyridine, pyrimidine, pyrazine, quinoléïne, isoquinoléïne.
Le composé aromatique de formule (I) peut être porteur d'un ou plusieurs substituants.
Le nombre de substituants présents sur le cycle dépend de la condensation en carbone du cycle et de la présence ou non d'insaturations sur le cycle.
Le nombre maximum de substituants susceptibles d'être portés par un cycle, est aisément déterminé par l'Homme du Métier.
Dans le présent texte, on entend par "plusieurs", généralement, moins de 5 substituants sur un noyau aromatique. n est avantageusement égal à 1 ou 2.
Des exemples de substituants sont donnés ci-dessous mais cette liste ne présente pas de caractère limitatif.
La présente invention n'exclut pas la présence sur le cycle aromatique de substituants d'une nature différente dans la mesure où ils n'interfèrent pas avec les réactions du procédé de l'invention.
Le ou les groupes R, identiques ou différents, représentent préférentiellement , un groupe alkyle, alkoxy, alcényle, alcényloxy, hydroxyalkyle, alkoxyalkyle, cycloalkyle, cycloalkyloxy, aryle, aryloxy, arylalkyle, arylalkyoxy, un groupe hydroxyle, un groupe nitro, un atome d'halogène, un groupe halogéno ou perhalogénoalkyle.
Dans le cadre de l'invention, on entend par « alkyle », une chaîne hydrocarbonée linéaire ou ramifiée ayant de 1 à 15 atomes de carbone et de préférence de 1 ou 2 à 10 atomes de carbone.
Par « alcényle », on entend un groupe hydrocarboné, linéaire ou ramifié ayant de 2 à 15 atomes de carbone, comprenant une ou plusieurs doubles liaisons, de préférence, 1 à 2 doubles liaisons.
Par « cycloalkyle », on entend un groupe hydrocarboné cyclique, comprenant de 3 à 8 atomes de carbone, de préférence, un groupe cyclopentyle ou cyclohexyle. Par « aryle », on entend un groupe mono- ou polycyclique aromatique, de préférence, mono- ou bicyclique comprenant de 6 à 12 atomes de carbone, de préférence, phényle ou naphtyle.
Par « arylalkyle », on entend un groupe hydrocarboné, linéaire ou ramifié porteur d'un cycle aromatique monocyclique et comprenant de 7 à 12 atomes de carbone, de préférence, benzyle.
Les composés carbocycliques qui conviennent particulièrement bien à la mise en oeuvre du procédé de l'invention répondent à la formule (I) dans laquelle R, identiques ou différents, représentent :
. un atome d'hydrogène, . un groupe alkyle, linéaire ou ramifié, ayant de 1 à 6 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone, tel que méthyle, éthyle, propyle, isopropyle, butyle, isobutyle, sec-butyle, tert-butyle,
. un groupe alcényle, linéaire ou ramifié, ayant de 2 à 6 atomes de carbone, de préférence de 2 à 4 atomes de carbone, tel que vinyle, allyle, . un groupe alkoxy linéaire ou ramifié ayant de 1 à 6 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone tel que les groupes méthoxy, éthoxy, propoxy, isopropoxy, butoxy, isobutoxy, see-butoxy, tert-butoxy,
. un groupe phényle,
. un atome d'halogène, de préférence un atome de fluor, chlore ou brome.
. un groupe trifluorométhyle.
Dans les composés aromatiques hétérocycliques de formule (I), les substituants préférés sont des groupes R, identiques ou différents, qui représentent un groupe alkyle ou alkoxy ayant de 1 à 4 atomes de carbone, un atome d'halogène, un groupe halogéno ou perhalogénoalkyle.
Le procédé de l'invention s'applique plus particulièrement, aux aldéhydes aromatiques de formule (la) :
dans laquelle :
- m est un nombre inférieur ou égal à 4, de préférence égal à 0 ou 1 ,
- Ri représente un atome d'hydrogène ou un ou plusieurs substituants, identiques ou différents,
- R2 représente un atome d'hydrogène ou un groupe alkyle, alcényle, cycloalkyle, aryle, arylalkyle,
- les groupes Ri et R2 et les 2 atomes successifs du cycle benzénique peuvent former entre eux, un cycle ayant de 5 à 7 atomes, comprenant éventuellement un autre hétéroatome,
- deux groupes Ri placés sur deux atomes de carbone vicinaux peuvent former ensemble et avec les atomes de carbone qui les portent un cycle ayant de 5 à
7 atomes.
Lorsque m est supérieur ou égal à 1 , deux groupes Ri et les 2 atomes successifs du cycle benzénique peuvent être liés entre eux par un groupe alkylène, alcénylène ou alcénylidène ayant de 3 à 5 atomes de carbone pour former un cycle saturé, insaturé ou aromatique ayant de 5 à 7 atomes de carbone, de préférence, un cycle benzénique.
Les groupes Ri et R2 peuvent être liés entre eux et former un groupe alkylène, alcénylène ou alcénylidène ayant de 2 à 4 atomes de carbone pour former avec les deux atomes de carbone vicinaux qui portent Ri et OR2, un hétérocycle saturé, insaturé ou aromatique ayant de 5 à 7 atomes. Un ou plusieurs atomes de carbone peuvent être remplacés par un autre hétéroatome, de préférence l'oxygène. Ainsi, les groupes OR2 et Ri peuvent représenter un groupe méthylènedioxy ou éthylènedioxy
Dans la formule (la), le cycle peut être éventuellement substitué et à titre d'exemples de substituants cycliques, on peut envisager, entre autres, les substituants tels que Ri et dont la signification est la même que celle précisée pour R dans la formule (I) des aldéhydes aromatiques. Le procédé de l'invention s'applique tout particulièrement aux aldéhydes aromatiques de formule (la) dans laquelle R2 représente un atome d'hydrogène ou un groupe alkyle linéaire ou ramifié ayant de 1 à 6 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone ou un groupe phényle.
Dans la formule (la), R2 représente de préférence, un groupe méthyle ou éthyle.
L'aldéhyde aromatique de formule (la) peut porter un ou plusieurs substituants Ri qui est plus préférentiellement, l'un des atomes ou groupes suivants :
. un groupe alkyle, linéaire ou ramifié, ayant de 1 à 6 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone, tel que méthyle, éthyle, propyle, isopropyle, butyle, isobutyle, sec-butyle, tert-butyle,
. un groupe alkoxy linéaire ou ramifié ayant de 1 à 6 atomes de carbone, de préférence de 1 à 4 atomes de carbone tel que les groupes méthoxy, éthoxy, propoxy, isopropoxy, butoxy, isobutoxy, sec-butoxy, tert-butoxy, . un atome d'halogène, de préférence un atome de fluor, chlore ou brome,
. un groupe trifluorométhyle.
Dans la formule (la), Ri représente préférentiellement un groupe alkoxy, linéaire ou ramifié, ayant de 1 à 4 atomes de carbone, de préférence, un groupe méthoxy ou éthoxy. Dans la formule (la), le groupe formyle est en position ortho, para ou meta, de préférence en position meta ou para d'un groupe hydroxyle, si présent sur le cycle benzénique.
La présente invention s'applique préférentiellement aux composés de formule (la) dans laquelle les groupes Ri représentent un atome d'hydrogène, un groupe hydroxyle ou un groupe alkoxy, linéaire ou ramifié, ayant de 1 à 4 atomes de carbone ; R2 représentent un atome d'hydrogène, un groupe alkoxy, linéaire ou ramifié, ayant de 1 à 4 atomes de carbone ; les groupes OR2 et Ri peuvent former un groupe méthylènedioxy, éthylènedioxy et m est égal à 0, 1 ou 2.
A titre illustratif de composés répondant à la formule (I) ou (la), on peut mentionner plus particulièrement : le p-méthoxybenzaldéhyde, la vanilline, l'o- vanilline, l'isovanilline, l'éthylvanilline, l'aldéhyde vératrique, le pipéronal, l'aldéhyde protocatéchique, le 2-formyl-6-hydroxynaphtalène.
Les composés auxquels s'applique de manière plus particulièrement intéressante le procédé selon l'invention sont la vanilline, l'éthylvanilline et l'aldéhyde vératrique.
Le catalyseur mis en œuvre dans le procédé de l'invention, doit travailler en régime physique.
A cet effet, on limite la quantité d'oxygène dissous dans le milieu en contrôlant différents paramètres de procédé tels que température, pression et agitation. Il importe que l'oxygène soit consommé dès qu'il arrive dans le milieu.
Le catalyseur intervenant dans le procédé de l'invention est à base d'un métal dénommé Mi qui est le palladium, le platine ou leurs mélanges.
On utilise de préférence, des catalyseurs de platine et/ou de palladium, pris sous toutes les formes disponibles telles que par exemple : le noir de platine, le noir de palladium, l'oxyde de platine, l'oxyde de palladium ou le métal noble lui- même déposé sur des supports divers tels que le noir de carbone, le graphite, le charbon activé, les alumines et silices activées ou des matériaux équivalents. Des masses catalytiques à base de carbone conviennent particulièrement.
Généralement, le métal est déposé à raison de 0,5 % à 95 %, de préférence de 1 % à 5 % du poids du catalyseur.
La quantité de ce catalyseur à mettre en oeuvre, exprimée en poids de métal Mi par rapport à celui du composé de formule (I) ou (la) peut varier de 0,001 à 10 % et, de préférence, de 0,002 à 2 %.
Pour plus de détails sur les catalyseurs, on peut se référer à US-A-3673 257, FR-A-2305 420, FR-A-2 350323.
L'activateur peut être choisi parmi tous ceux mentionnés dans les brevets précités. De préférence, on fait appel au bismuth, au plomb et au cadmium, sous forme de métaux libres ou de cations. Dans ce dernier cas, l'anion associé n'est pas critique et l'on peut utiliser tous dérivés de ces métaux. De préférence, on met en oeuvre le bismuth métal ou ses dérivés.
On peut faire appel à un dérivé minéral ou organique du bismuth dans lequel l'atome de bismuth se trouve à un degré d'oxydation supérieur à zéro, par exemple égal à 2, 3, 4 ou 5. Le reste associé au bismuth n'est pas critique dès l'instant qu'il satisfait à cette condition. L'activateur peut être soluble ou insoluble dans le milieu réactionnel.
Des composés illustratifs^, d'activateurs qui peuvent être utilisés dans le procédé selon la présente invention sont : les oxydes de bismuth ; les hydroxydes de bismuth ; les sels d'hydracides minéraux tels que : chlorure,
bromure, iodure de bismuth ; les sels d'oxyacides minéraux tels que : sulfite, sulfate, nitrite, nitrate, phosphite, phosphate, pyrophosphate, carbonate, perchlorate de bismuth ; les sels d'oxyacides dérivés de métaux de transition tels que : vanadate, niobate, tantalate, chromate, molybdate, tungstate, permanganate de bismuth.
D'autres composés appropriés sont également des sels d'acides organiques aliphatiques ou aromatiques tels que : acétate, propionate, benzoate, salicylate, oxalate, tartrate, lactate, citrate de bismuth ; des phenates tels que : gallate et pyrogallate de bismuth. Ces sels et phenates peuvent être aussi des sels de bismuthyle.
A titre d'exemples spécifiques, on peut citer :
- comme oxydes : BiO ; Bi203 : Bi204 ; Bi205.
- comme hydroxydes : Bi(OH)3,
- comme sels d'hydracides minéraux : le chlorure de bismuth BiCI3 ; le bromure de bismuth BiBr3 ; l'iodure de bismuth Bil3,
- comme sels d'oxyacides minéraux : le sulfite basique de bismuth Bi2(S03)3, Bi203, 5H20 ; le sulfate neutre de bismuth Bi2(S0 )3 ; le sulfate de bismuthyle (BiO)HS04 ; le nitrite de bismuthyle (BiO)N02, 0,5H2O ; le nitrate neutre de bismuth Bi(N03)3, 5H20 ; le nitrate double de bismuth et de magnésium 2Bi(N03)3, 3Mg(N03)2, 24H20 ; le nitrate de bismuthyle (BiO)NO3 ; le phosphite de bismuth Bi2(P03H)3, 3H2O ; le phosphate neutre de bismuth BiP04 ; le pyrophosphate de bismuth Bi4(P207)3 ; le carbonate de bismuthyle (BiO)2C03, 0,5H20 ; le perchlorate neutre de bismuth Bi(CI04)3, 5H20 ; le perchlorate de bismuthyle (BiO)CI04, - comme sels d'oxyacides dérivés de métaux de transition : le vanadate de bismuth BiV04 ; le niobate de bismuth BiNb04 : le tantalate de bismuth BiTa04 ; le chromate neutre de bismuth Bi2(Cr04) ; le dichromate de bismuthyle [(BiO)2]2Cr207 ; le chromate acide de bismuthyle H(BiO)CrO ; le chromate double de bismuthyle et de potassium K(BiO)Cr04 ; le molybdate de bismuth Bi2(Mo04)3 ; le tungstate de bismuth Bi2(W04)3 ; le molybdate double de bismuth et de sodium NaBi(Mo04)2 ; le permanganate basique de bismuth Bi202(OH)Mn04.
- comme sels d'acides organiques aliphatiques ou aromatiques : l'acétate de bismuth Bi(C2H302)3 ; le propionate de bismuthyle (BiO)C3H502 ; le benzoate basique de bismuth C6H5C02Bi(OH)2 ; le salicylate de bismuthyle C6H4C02(BiO)(OH) ; l'oxalate de bismuth (C204)3Bi2 ; le tartrate de bismuth Bi2(C4H406)3, 6H20 ; le lactate de bismuth (C6H905)OBi, 7H20 ; le citrate de bismuth C6H507Bi.
- comme phenates : le gallate basique de bismuth C7H707Bi ; le pyrogallate basique de bismuth C6H3(OH)2(OBi)(OH).
Les dérivés du bismuth qui sont utilisés de préférence pour conduire le procédé selon l'invention sont : les oxydes de bismuth ; les hydroxydes de bismuth ; les sels de bismuth ou de bismuthyle d'hydracides minéraux ; les sels de bismuth ou de bismuthyle d'oxyacides minéraux ; les sels de bismuth ou de bismuthyle d'acides organiques aliphatiques ou aromatiques ; et les phenates de bismuth ou de bismuthyle.
Un groupe d'activateurs qui conviennent particulièrement bien à la réalisation de l'invention est constitué par : les oxydes de bismuth Bi203 et Bi204 ; l'hydroxyde de bismuth Bi(OH)3 ; le sulfate neutre de bismuth Bi2(S04)3 ; le chlorure de bismuth BiCI3 ; le bromure de bismuth BiBr3 ; l'iodure de bismuth Bil3 ; le nitrate neutre de bismuth Bi(N03)3, 5H20 ; le nitrate de bismuthyle BiO(NO3) ; le carbonate de bismuthyle (BiO)2C03, 0,5H20 ; l'acétate de bismuth Bi(C2H302)3 ; le salicylate de bismuthyle C6H4C02(BiO)(OH).
La quantité d'activateur utilisée, exprimée par la quantité de métal contenue dans l'activateur par rapport au poids du métal M^ engagé, peut varier dans de larges limites. Par exemple, cette quantité peut être aussi petite que 0,1 % et peut atteindre 100 % du poids de métal M-| engagé et même le dépasser sans inconvénient. Avantageusement, elle se situe aux environs de 50 %.
Le pH est un paramètre important du procédé de l'invention. Il doit être alcalin et se situer avantageusement entre 10 et 12.
On fait appel à titre d'agents basiques, aux bases alcalines ou alcalino- terreuses parmi lesquelles on peut citer des hydroxydes tels que l'hydroxyde de sodium, de potassium ou de lithium.
Pour des considérations économiques, on fait appel à l'hydroxyde de sodium ou de potassium.
La concentration de la solution basique de départ n'est pas critique. La solution d'hydroxyde de métal alcalin mise en oeuvre a une concentration généralement comprise entre 5 et 50 % en poids.
La quantité de base introduite dans le milieu réactionnel tient compte de la quantité nécessaire pour salifier la fonction carboxylique formée et pour salifier la fonction hydroxyle dans le cas où le composé de formule (I) ou (la) en contient une. Si ledit composé présente des fonctions salifiables autres que le groupe hydroxyle, on introduit donc la quantité de base nécessaire pour salifier toutes les fonctions salifiables.
Généralement, la quantité de base exprimée par rapport au composé de formule (I) ou (la) varie entre 90 et 200 % de la quantité stœchiométrique.
La concentration pondérale du composé de formule (I) ou (la) dans la phase liquide est habituellement comprise entre 1 % et 40 %, de préférence entre 2 % et 30 %.
Conformément à l'invention, la température d'oxydation est choisie de préférence, dans une gamme de température allant de 20°C à 140°C, de préférence, entre 30°C et 100°C.
On opère généralement à pression atmosphérique, mais l'on peut travailler sous pression entre 1 et 20 bar.
En ce qui concerne les conditions d'agitation, l'Homme du Métier est capable de les déterminer afin de maintenir un régime diffusionnel.
A titre indicatif, on peut préciser que dans le cas d'un réacteur de 3,2 litres équipé d'un agitateur de type 4 pales inclinées plongeant dans le milieu reactionnel, les conditions d'agitation varient avantageusement entre 500 et 700 tours/min.
Pratiquement une manière d'exécuter le procédé consiste à introduire le composé de formule (I) ou (la), l'agent basique, le catalyseur à base de palladium et/ou de platine, éventuellement l'activateur, selon les proportions indiquées ci-dessus.
Ce mode de mise en œuvre convient tout à fait bien quand le composé de formule (I) ou (la) porte un groupe hydroxyle.
Dans le cas où le composé de formule (I) ou (la) porte un groupe hydroxyle sous forme protégée (éther), généralement on charge l'eau, l'agent basique, le catalyseur à base de palladium et/ou de platine, l'activateur et le composé de formule (I) ou (la).
Ensuite, on porte le mélange reactionnel maintenu sous balayage de gaz inerte (par exemple azote) à la température réactionnelle souhaitée puis l'on introduit l'oxygène ou un gaz en contenant. Le mélange est ensuite agité à la température désirée jusqu'à consommation d'une quantité d'oxygène correspondant à celle nécessaire pour transformer le groupe formyle en groupe carboxylique.
En fin de réaction qui dure de préférence, entre 30 minutes et 6 heures, on récupère le composé carboxylique répondant à la formule (III), formule correspondant à la formule (I), de préférence (la) dans laquelle le groupe CHO est remplacé par COOM ; M représentant le cation qui correspond à celui de la base engagée.
Puis, après refroidissement s'il y a lieu, on sépare la masse catalytique du milieu reactionnel, par exemple par filtration.
Dans une étape suivante, on acidifie le milieu résultant par addition d'un acide protonique d'origine minérale, de préférence l'acide chlorhydrique ou l'acide sulfurique ou d'un acide organique tel que par exemple, l'acide méthanesulfonique jusqu'à obtention d'un pH inférieur au pKa de l'acide obtenu.
La concentration de l'acide est indifférente et l'on fait appel de préférence, aux formes commerciales.
L'acidification se fait généralement entre la température ambiante (le plus souvent entre 15°C et 25°C) et 100°C.
On récupère ensuite l'acide aromatique qui précipite selon les techniques classiques de séparation liquide/solide, de préférence, par filtration.
Il répond à la formule (IV), formule correspondant à la formule (I), de préférence (la) dans laquelle le groupe CHO est remplacé par COOH.
Le procédé de l'invention s'applique particulièrement à la préparation des acides carboxyliques suivants : acide p-méthoxybenzoïque, acide p-vanillique, acide o-vanillique, acide isovanillique, acide 3-éthoxy-4-hydroxybenzoïque, acide vératrique, acide pipéronique, acide protocatéchique, acide 2,6- hydroxynaphtalènecarboxylique.
On peut conduire la réaction dans n'importe quel type de réacteur à condition de choisir les paramètres de procédé permettant de travailler en régime physique par rapport à l'oxygène.
On fait appel dans les exemples à un appareillage tel que décrit mais qui n'est pas limitatif.
On donne à titre illustratif , différents exemples de réalisation de l'invention.
Dans les exemples, le taux de transformation (TT) correspond au rapport entre le nombre de substrat transformées et le nombre de moles de substrat engagées. Le rendement (RR) correspond au rapport entre le nombre de moles de produit formées (acide carboxylique) et le nombre de moles de substrat engagées.
Exemple 1 Préparation d'acide p-vanillique.
Dans un réacteur en inox de 3 200 ml d'un diamètre de 150 mm équipé d'un système d'agitation (agitation centrale et contrepales), on introduit
successivement 190 g de vanilline, 1 900 g d'eau et 560 g d'une solution aqueuse d'hydroxyde de sodium à 30 % p/p.
L'agitation est effectuée à l'aide d'un agitateur de type 4 pales inclinées dont la position de l'hélice par rapport à la hauteur du liquide dans le réacteur est à un tiers par rapport au fond du réacteur.
On agite et on ajoute 10 g de catalyseur comprenant du palladium déposé sur carbone (charbon activé) à raison de 3 % en poids par rapport au poids total du catalyseur et 0,325 g de Bi2Û3.
On purge le réacteur avec de l'azote sous agitation. On chauffe ensuite le réacteur à 95°C sous une vitesse d'agitation de
700 t/min.
On introduit alors un courant d'air de 50 g/h par l'intermédiaire d'un tube plongeant en maintenant dans le réacteur une pression de 1 ,5 bar.
La réaction doit être conduite en régime diffusionnel. Quand on constate qu'il n'y a plus de consommation d'oxygène, on arrête la réaction.
Le réacteur est purgé avec un courant d'azote.
On laisse la température revenir vers 50°C et on filtre le milieu reactionnel. Par analyse chromatographique liquide haute performance, on détermine un TT de 97,4 % et un RR en acide p-vanillique de 95,4 %.
Le catalyseur peut être engagé une nouvelle fois dans les mêmes conditions sans ajout de
Par analyse chromatographique liquide haute performance, on détermine un TT de 97,6 % et un RR en acide p-vanillique de 95,5 %.
Exemple 2
Préparation d'acide vératrique.
Dans un réacteur inox de 3200 ml équipé d'une agitation de type 4 pales inclinées, on introduit successivement 190 g d'aldéhyde vératrique, 1 900 g d'eau et 336 g d'une solution aqueuse d'hydroxyde de sodium à 30 % p/p.
On agite et on ajoute 10 g de catalyseur à 3 % de Pd/C ainsi que 0,325 g de Bi2θ3.
On purge le réacteur avec de l'azote en agitant. On chauffe ensuite le réacteur à 95°C sous une vitesse d'agitation de
700 t/min.
On introduit alors un courant d'air de 50 g/h en maintenant la pression de 1 ,5 bar dans le réacteur.
La réaction doit être conduite en régime diffusionnel.
Quand on constate qu'il n'y a plus de consommation d'oxygène, on arrête la réaction.
On purge avec un courant d'azote et on ramène la température à 50°C. On filtre le milieu reactionnel.
Par analyse chromatographique liquide haute performance, on détermine un TT de 97 % et un RR en acide vératrique de 95,2 %.
Le catalyseur peut être engagé une nouvelle fois dans les mêmes conditions sans ajout de Bi2θ3. On ne note pas de baisse d'activité et de sélectivité.
Exemple 3
Préparation d'acide o-vanillique.
On répète l'exemple 1, mais en utilisant 190 g d'o-vanilline. Dans ces conditions, on obtient les résultats suivants : TT de 99 % et RR en acide o-vanillique de 95 %.
Exemple comparatif 4
Préparation d'acide p-vanillique. On répète l'exemple 1 mais en travaillant avec une vitesse d'agitation de
1 000 t/min. Dans cet exemple, on se trouve dans les conditions de régime chimique.
On observe une desactivation du catalyseur et les résultats obtenus sont : TT = 2 % et RR en acide vanillique = 1 ,8 %.