La présente invention concerne un procédé d'obtention d'un motif sur un
substrat en matériau verrier, et également un substrat obtenu selon ce procédé.
Pour obtenir un motif décoratif sur un substrat en verre ou en
vitrocéramique, il est bien connu de l'état de la technique d'utiliser des émaux.
Les émaux utilisés pour cette application sont généralement obtenus à
partir de ce que l'on appelle une composition d'émail comprenant une poudre
constituée essentiellement d'au moins une fritte de verre (qui joue le rôle de
matrice vitreuse) et de pigments en tant que colorants notamment, les pigments
étant à base d'oxydes métalliques, et d'un médium permettant l'application de la
composition d'émail sur le substrat et son adhésion temporaire avec celui-ci. Le
médium choisi selon la destination de l'émail doit assurer une bonne mise en
suspension des particules de fritte et de pigments utilisés et doit se consumer lors
de la cuisson de l'émail. Ce médium peut comprendre des solvants, des diluants,
des huiles, des résines...
Il est connu de déposer ces émaux par différentes techniques d'impression,
tout particulièrement par des techniques de sérigraphie à l'aide d'une toile dont le
maillage et l'ouverture des mailles sont fonction du motif à obtenir. Ces techniques
d'impression sont très avantageuses d'un point de vue économique dans la
mesure où elles permettent la fabrication en grande série à une cadence
importante. En outre, elles sont très bien adaptées à la reproduction de motifs
décoratifs de grandes dimensions sur des substrats de type verrier.
Cependant, ces techniques ne donnent pas entière satisfaction, notamment
en termes de souplesse d'utilisation et d'esthétisme.
En effet, d'une part un changement de motif à reproduire impose
nécessairement un changement d'écrans de sérigraphie, ce qui est contraignant
sur le plan industriel, notamment quand on vise une production "personnalisée"
en petite série.
D'autre part, la technique même de la sérigraphie laisse visible dans le
motif décoratif une trame révélatrice de la toile de l'écran. Visuellement, le
substrat revêtu du motif tramé a quelque peu l'aspect d'un tissu.
Il est également connu de l'art antérieur, lorsqu'une application décorative
sur un support en un matériau quelconque est visée, notamment la formation
d'une image visible colorée, d'utiliser des résines photosensibles comme supports
de pigments ou de colorants.
Pour une telle application, il est connu de procéder de deux manières
différentes pour utiliser ces résines photosensibles :
- la première consiste à incorporer l'ingrédient désiré (pigment ou
colorant) directement à la composition contenant la résine photosensible, puis à
exposer celle-ci au travers d'un cliché positif ou négatif par l'intermédiaire d'une
lampe à U.V. et enfin à dépouiller à l'aide d'un solvant adéquat de manière à
obtenir une image insoluble qui contient ledit ingrédient sur le support.
En outre, cette étape de dépouillement est d'une mise en oeuvre lourde et
compliquée d'autant plus qu'il faut trouver une parfaite affinité entre le solvant
utilisé et la résine, et maítriser les conditions opératoires, notamment en terme de
durée.
- la deuxième consiste à exposer tout d'abord la résine photosensible de
la même façon que précédemment puis à faire absorber le(s) pigment(s)
directement par les parties non insolées de ladite résine et enfin de dépouiller
l'ensemble à l'aide d'un solvant approprié.
Outre le fait que ces deux manières de procéder ont en commun de ne pas
être adaptées aux motifs décoratifs de grandes dimensions, tout particulièrement
parce qu'il est difficile d'avoir une bonne répartition des pigments sur toute la
surface du support, elles présentent également l'inconvénient majeur de ne pas
être des solutions durables dans le temps car les pigments ou colorants tendent à
se désolidariser du support.
L'invention a alors pour but de remédier aux inconvénients précités, et
notamment de proposer un nouveau procédé d'obtention d'un motif sur un
substrat en matériau verrier, adaptable à la fois aux petites et aux grandes séries
et qui permette d'avoir un motif particulièrement esthétique, de très haute
définition et durable dans le temps sans que cela se fasse au détriment du coût
de fabrication.
Pour ce faire, l'invention a pour objet un procédé d'obtention d'un motif sur
un substrat en matériau verrier.
Selon l'invention, on réalise les étapes suivantes, notamment de manière
successive :
a) on dépose sur une des faces du substrat, une ou plusieurs gouttelettes
d'une colle à partir d'au moins une buse se déplaçant dans un plan sensiblement
parallèle au substrat et selon une trajectoire déterminée par le motif à définir et
une composition à base de particules minérales comportant au moins une fritte de
verre ; b) on fait ou laisse durcir la ou les gouttelette(s) de colle ; c) on élimine les particules minérales qui n'ont pas adhéré à la ou les
gouttelette(s) de colle ; d) on soumet ledit substrat à au moins un cycle de traitement thermique,
notamment pour permettre la fixation desdites particules minérales.
Dans le cadre de l'invention, on comprend par colle une colle contenant un
solvant susceptible de s'évaporer à l'air ambiant, une colle monocomposant, une
colle aqueuse, une colle thermofusible ou une résine photosensible, une résine
thermosensible. En fonction de la nature physico-chimique de la colle énoncée ci-dessus,
le durcissement selon l'étape b) consistera respectivement en un
séchage, un chauffage ou une insolation à l'aide d'une source de rayonnement
adéquate.
On comprend également par motif tout ce qui est susceptible de modifier
l'apparence et/ou la structure du substrat nu, soit en lui donnant un effet
particulier, soit en lui donnant l'aspect ornemental sous la forme d'une
représentation, éventuellement dans un but d'identification, soit en lui donnant
d'autres fonctions. Une partie de ces autres fonctions sera détaillée par la suite.
Dans le contexte de l'invention, on entend par "particules minérales ", tout
élément minéral réflecteur à indice de réfraction très éloigné par rapport à celui du
substrat nu.
De même, il faut comprendre que parmi "les particules minérales" qui
apportent la modification de l'apparence et/ou la structure du substrat nu, au
moins une partie sert de liant dont la température de fusion est inférieure à celle à
laquelle on soumet le substrat.
Pour le dépôt de l'étape a), deux variantes sont envisageables :
- on éjecte tout d'abord, vers la face du substrat, la ou les gouttelettes de
colle puis on saupoudre la face du substrat revêtue de la ou des gouttelette(s) de
la composition à base de particules minérales ;
- on dépose tout d'abord sur la face du substrat une couche de la
composition à base de particules minérales puis on éjecte vers la face la ou les
gouttelettes de colle.
Avantageusement, la colle utilisée est une résine photo et/ ou
thermosensible.
Pour ce qui est de l'étape de "fixation des particules minérales" relative à
l'étape d) selon l'invention obtenue par un cycle de traitement thermique, c'est la
partie précitée qui sert de liant qui fond lors de ce même cycle de traitement
thermique.
Bien évidemment, comme il le sera décrit ci-après une variante de
l'invention peut consister en ce que toutes les particules minérales fondent lors du
cycle de traitement thermique de l'étape d).
Tel est le cas par exemple d'une fritte de verre dite à bas point de fusion,
c'est-à-dire à point de fusion inférieur à la température de déformation du substrat,
c'est-à-dire dans la plupart des cas inférieure à 1000°C, généralement inférieur à
650°C.
Dans ce cas précis, on obtient un motif décoratif à effet sablé (la surface
vitrée étant plus ou moins diffusante).
On précise tout de suite que dans le cadre de l'invention, par fritte de
verre, on comprend une composition vitrifiable substantiellement transparente,
sous forme de poudre à base d'oxydes métalliques sans pigment.
Une conséquence avantageuse du procédé selon l'invention est qu'il est
d'une mise en oeuvre simple et peu onéreuse, les conditions opératoires ne
nécessitant pas de précaution particulière, si ce n'est une bonne maítrise de
l'étape d'insolation b) de manière à obtenir la réticulation du polymère, dans la
variante où la colle est une résine photosensible.
Subsidiairement, le procédé selon l'invention permet la "personnalisation"
à souhait du motif décoratif sans que cela ne nécessite la préparation longue et
minutieuse d'un (d') outillage(s) spécifique(s), avantage non négligeable sur le
plan industriel.
Lorsqu'on l'utilise conjointement au polymère tel que défini ci-dessus, son
intervalle de sensibilité s'étend jusqu'à une longueur d'onde égale à environ
0,5 micron c'est-à-dire au-delà du domaine des ultraviolets (dont la limite
supérieure est égale à 0,38 µm). On s'affranchit ainsi du choix d'une source de
rayonnement très spécifique pour réaliser l'étape b).
Avantageusement, le polymère réticulable qui s'est révélé être le plus
approprié est fabriqué à partir d'acrylate et de dipropylène glycol diacrylate.
Avantageusement encore, la résine photosensible conforme à l'invention
comporte un agent sensibilisateur, de préférence moins de 10 % en poids
Une telle proportion permet d'adapter au mieux la vitesse de déplacement
du substrat et/ou de la source de rayonnement par rapport à la puissance
d'insolation requise par l'application visée.
Ainsi, par exemple, pour une puissance spécifique d'insolation requise de
l'ordre de 80 W/cm2, la vitesse de déplacement de la source de rayonnement
pourra être choisie comprise entre 4 et 60 m/mn.
De préférence, l'agent sensibilisateur choisi est un dérivé du benzothiazole
ou du naphtothiazole ou éventuellement dans le but d'étendre la sensibilité
spectrale, un sel d'anilinovinyl-hétérocycloammonium. De préférence encore, ledit
agent sensibilisateur est le 1-N(méthylbenzothiazolylidène) dithioacétate de
méthyle.
Pour réaliser l'étape c) du procédé selon l'invention, il est préférable de
réaliser l'insolation à l'aide d'une source de rayonnement, notamment ultraviolet,
éclairant toute la surface du substrat.
Selon une caractéristique très avantageuse, le choix de la granulométrie
moyenne des particules minérales est tel que leur diamètre est au plus égal à la
dimension des points élémentaires à insoler, de préférence inférieur au dixième.
Pour cela, on réalise un broyage très fin des particules minérales, broyage
d'autant plus fin que l'on cherche à avoir un contraste important entre les
différentes parties du motif décoratif et/ou une résolution du motif importante.
Ainsi, un diamètre des particules inférieur d90 inférieur ou égal à 10 µm, de
préférence inférieur à 5 µm est particulièrement préféré.
De même, le diamètre des particules d10 est de préférence choisi entre
0,2 µm et 1 µm et, de préférence encore, le diamètre d50 est compris entre 1 µm et
4 µm. On rappelle que ces termes "d90", "d50 " et " d10" signifient que
respectivement 90 %, 50 % et 10 % des particules minérales en question ont un
diamètre inférieur à la valeur indiquée. La valeur d90 donne une idée claire de la
taille des particules. Combinée avec les valeurs de d10 et/ou d50, elle précise de
manière complète la distribution des tailles de particules dans une gamme donnée
de valeurs de diamètre.
Pour ce qui est de l'étape d), on soumet le substrat, de préférence, à un
cycle de traitement thermique des particules minérales, à des températures
supérieures ou égales aux températures de fusion de ces particules notamment
comprises entre 300 et 950°C, de préférence encore aux alentours de 620°C.
De toute manière, la colle doit s'éliminer à des températures inférieures à
celles nécessaires pour réaliser la fusion des particules minérales.
Avantageusement, le cycle de traitement thermique précité fait partie d'un
cycle de traitement thermique de trempe, de recuit ou de bombage.
On profite ainsi de la température de fixation des particules minérales pour
conférer une résistance mécanique particulière au substrat en matériau verrier.
En fonction du type de modification d'apparence et/ou de structure que l'on
veut apporter au substrat nu, la composition à base de particules minérales peut
comprendre une poudre métallique et/ou une poudre céramique et/ou une poudre
à base d'oxydes métalliques et/ou de particules fonctionnelles du type pigments
phosphorescents ou luminescents.
De manière connue, la fritte de verre contient des oxydes formateurs pour
former les constituants essentiels de la matière vitreuse, des oxydes modificateurs
aptes à modifier cette matrice vitreuse et capables d'influer sur le point de fusion
et des oxydes intermédiaires qui, selon leur environnement et leurs proportions
jouent le rôle d'oxyde formateur et/ou d'oxydes modificateurs.
L'homme de l'art, en fonction d'une part de la quantité d'oxydes
modificateurs, d'autre part des rapports entre oxydes intermédiaires et oxydes
formateurs choisira la composition d'émail ayant les caractéristiques de
température adaptées à l'invention.
Selon une caractéristique avantageuse de l'invention, la fritte de verre
comprend, en proportions pondérales, les éléments suivants :
- PbO
- 40 - 75 %
- ZnO
- 0 - 7 %
- Al2O3
- 0 - 5 %
- SiO2
- 1 - 35 %
- ZrO2
- 1 - 5 %
- B2O3
- 0 - 10 %
- K2O
- 0 - 0,2 %
- BaO
- 0 - 0,2 %
- SrO
- 0 - 0,2 %
Selon une variante préférée de l'invention et lorsqu'on désire obtenir un
motif décoratif formé d'une image visible, on ajoute à la composition à base de
particules minérales, préalablement à son dépôt, des pigments, de préférence
d'une seule teinte.
Dans cette configuration préférée on fait jouer à l'émail d'une manière
judicieuse, le rôle de liant. En effet, l'émail crée une matrice vitreuse idéale pour
solidariser les pigments au support en verre de façon durable dans le temps.
Selon l'invention, il est préférable d'ajouter des pigments dans des
proportions telles que le rapport en poids entre la fritte de verre et les pigments
soit compris entre 50/50 et 90/10 de préférence entre 70/30 et 60/40 pour
100 parties de mélange fritte et pigments.
Pour avoir la meilleure homogénéité possible entre les pigments et la fritte
de verre, on choisit avantageusement une granulométrie des pigments
sensiblement égale à celle des particules de la fritte de verre. De manière
préférée, le diamètre des pigments est inférieur à 10 µm, notamment compris
entre 1 et 5 µm.
Lorsque l'on désire obtenir un aspect métallisé du motif décoratif, il est
préférable d'avoir majoritairement des pigments de mica.
Lorsqu'on souhaite obtenir une image en polychrome de très haute
définition, on réalise selon l'invention, n fois successivement les étapes a) b) c)
sur la même zone en déposant la même colle, les n compositions d'émail étant
remarquables en ce que chacune d'entre elles comporte majoritairement des
pigments de noir ou de blanc ou conférant une seule couleur.
Selon cette variante, lorsqu'on souhaite obtenir une image en
quadrichromie (n = 4), les quatre compositions comportent majoritairement
ensemble des pigments de noir ou blanc et conférant les trois couleurs
fondamentales, chacune d'entre elles comportant majoritairement des pigments
de noir ou blanc conférant une seule des trois couleurs fondamentales.
En ce qui concerne la formulation des pigments, on choisit de préférence
l'oxyde de titane TiO2 comme pigment de blanc.
De même, pour des pigments conférant la couleur fondamentale bleue
(cyan), on choisit avantageusement des pigments de Co3O4. Enfin, pour des
pigments conférant la couleur fondamentale rouge (magenta) et jaune, on choisit
de préférence des pigments d'oxyde de cadmium CdO mélangés à des pigments
de sulfo-sélénure de cadmium dont on module les proportions relatives pour
obtenir l'une (rouge) ou l'autre (jaune) des couleurs fondamentales.
Le motif décoratif obtenu selon l'invention peut être une image visible
monochrome ou polychrome, notamment quadrichrome, et lorsque tel est le cas,
la résolution de l'image est conforme à ce qui précède. Une telle finesse autorise
la vision de l'image à plusieurs distances, ce qui se traduit par le fait que deux
observateurs situés à une distance différente du substrat distingueront des détails
de l'image différents.
L'invention est applicable à la fabrication de tout vitrage décoratif à haute
résolution tel qu'une enseigne lumineuse vitrée, une porte de four vitrée avec un
bandeau de cuisinière, une vitrine, cloison interne, un vitrail. On peut également
associer en le feuilletant le vitrage selon l'invention avec un autre vitrage de
manière à lui conférer des propriétés particulières. Cet autre vitrage peut par
exemple être un substrat transparent revêtu de couches minces lui apportant une
fonctionnalité bien spécifique telle qu'une fonction antireflet, anti-buée, anti-salissure.
Selon une variante préférée de l'invention, la composition à base de
particules minérales comprend de la pâte d'argent.
L'invention est également applicable à la fabrication de "faces avant"
d'écrans émissifs du type écrans plats tels que des écrans plasma.
En effet, un écran plasma est constitué de deux substrats de verre
superposés l'un sur l'autre, constituant les faces avant et arrière de l'écran.
Si la technique de sérigraphie est tout à fait convenable en termes de
précision pour déposer les éléments de la "face arrière" et plus particulièrement
les luminophores et les électrodes à base de pâte d'argent, elle n'est pas
nécessairement suffisante pour déposer les éléments de la face avant du fait
même que ces derniers doivent être quasi parfaitement en regard d'éléments
semblables de la face arrière.
La haute résolution fournie par le procédé de l'invention précité est, quant à
elle, parfaitement adaptée.
Par exemple, il est possible de déposer, au regard de chaque luminophore
de la face arrière, et à partir d'une poudre céramique éventuellement mélangée à
une fritte de verre à bas point de fusion à l'aide de la technique selon l'invention,
un filtre coloré sélectif de la longueur d'onde désirée.
Il est également possible de procéder au dépôt des électrodes à base de
pâte d'argent auxquelles on demande d'être parfaitement perpendiculaires à
celles de la face arrière.
Enfin, en vue d'améliorer le rendement lumineux de l'écran plasma, on peut
tout aussi bien déposer des luminophores qu'il était jusqu'ici difficile de déposer
en couches très fines sur la face avant.
D'autres détails et caractéristiques avantageuses ressortent ci-après de
l'exemple suivant, non limitatif, conforme à l'invention.
On prépare en lumière inactinique une solution contenant un composé
photosensible.
Le composé photosensible est constitué de 50 % d'acrylates et de 50 % de
dipropylène glycol diacrylate.
On ajoute à ce composé photosensible un agent photoinitiateur aux U.V.
dans des proportions pondérales inférieures à 5 %.
La résine ainsi formée présente une viscosité correspondant à un temps
d'écoulement de l'ordre de 24 s, temps déterminé au moyen d'une coupe
d'écoulement conforme à la norme ISO 2431-1984. On réalise alors une
composition d'émail.
Pour ce faire, on effectue tout d'abord un rebroyage par voie liquide d'une
fritte de verre à base de calcin d'un verre silico-sodo-calcique clair de manière à
obtenir des particules très fines.
La granulométrie des particules de la fritte de verre a été mesurée : les
diamètres d10, d50, d90 ont respectivement une valeur de 0,2 µm, 1,25 µm et 10 µm.
Puis, on mélange à ces particules finement broyées des pigments d'oxyde
de titane TiO2 dont les diamètres d10, d50, d90 ont respectivement une valeur de
0,4 µm, 2 µm, 7 µm dans une proportion telle que le rapport en poids entre
pigments et fritte de verre est égal à 30/70 pour 100 parties du mélange fritte et
pigments.
La composition de l'émail est en proportions pondérales la suivante : 42 %
de PbO, 4,9 % de ZnO, 1,9 % de SiO2, 1,4 % de ZrO2, 0,9 % d'Al2O3, 0,14 % de
SrO et 48 % de TiO2.
Enfin, on mélange l'ensemble fritte de verre plus pigments ainsi constitué à
un médium qui est de l'alcool.
Une fois la résine photosensible et la composition d'émail élaborées, on
procède de la manière suivante :
On éjecte en direction d'une des faces d'une feuille de verre, sous la forme
de gouttelettes, la résine photosensible à l'aide d'une buse. Cette buse, connue
en soi, se déplace dans un plan sensiblement parallèle à la feuille de verre et
selon une trajectoire définissant les contours de l'image visible que l'on souhaite
obtenir. Lorsque les gouttelettes de la résine photosensible ont adhérées à la face
de la feuille de verre aux endroits désirés, on réalise un saupoudrage de cette
même face avec la composition d'émail précédemment définie.
On réalise alors une insolation à l'aide d'une lampe à UV d'une puissance
spécifique d'environ 80 W/cm2.
Puis, on élimine les particules d'émail qui n'ont pas adhéré par un lavage à
l'eau tiède à une température de l'ordre de 50°C.
Enfin on soumet le substrat ainsi revêtu à un cycle de traitement thermique.
Celui-ci se décompose en un brûlage de la résine à 430°C pendant 1 heure puis
en une cuisson de l'émail et une trempe du substrat en verre aux alentours de
620°C.
Le substrat ainsi obtenu comporte une zone émaillée qui reproduit une
image monochrome visible de très haute définition, dont la résolution est égale à
150 D.p.i. Celle excellente résolution est directement liée à la capacité de
concentration du faisceau laser, et notamment de l'ordre de 10 µm.
L'épaisseur de la zone émaillée est fonction de l'application demandée. Elle
varie de 5 à 100 µm après séchage.
En outre, on a étalonné, dans cette zone émaillée, de manière arbitraire les
niveaux de gris de 0 à 21 pour chacun desquels on a mesuré le coefficient de
transmission lumineuse. Les valeurs sont regroupées dans le tableau ci-dessous :
| Niveau de gris | Coefficient de transmission lumineuse |
| 1 | 87,1 |
| 2 | 56,2 |
| 3 | 38,0 |
| 4 | 26,3 |
| 5 | 17,8 |
| 6 | 12,6 |
| 7 | 8,9 |
| 8 | 5,9 |
| 9 | 4,3 |
| 10 | 2,9 |
| 11 | 2,1 |
| 12 | 1,5 |
| 13 | 1,1 |
| 14 | 0,7 |
| 15 | 0,5 |
| 16 | 0,40 |
| 17 | 0,28 |
| 18 | 0,22 |
| 19 | 0,15 |
| 20 | 0,10 |
| 21 | 0,07 |
De ce tableau, il ressort clairement que l'opacité de l'image peut être réglée
dans une large gamme et donc qu'il est possible d'obtenir des contrastes très
prononcés.
Il va de soi que de nombreuses modifications de détail peuvent être
apportées au procédé décrit ci-dessus sans pour autant sortir du cadre de
l'invention.
Par exemple, il est possible de moduler la dévitrification de la fritte de verre
de manière à obtenir une image en couleur sans avoir à utiliser des pigments.