DESCRIPTION
TITRE : ECHANGEUR DE CHALEUR A AILETTES DE HAUTEUR VARIABLE ET TURBOMACHINE CORRESPONDANTE
Domaine de l’invention
La présente invention concerne le domaine général de l’aéronautique. Elle vise en particulier un échangeur de chaleur pour une turbomachine, notamment d’aéronef.
Arrière-plan technique
Une turbomachine d’aéronef et un aéronef comprennent divers organes et/ou équipements devant être lubrifiés et/ou refroidis pour leur bon fonctionnement ou des fluides devant être refroidis pour le bon fonctionnement de la turbomachine. Ces organes et/ou équipement et/ou fluides peuvent être des moyens de guidage de rotor dans la turbomachine, des composants électriques et/ou électroniques pour des systèmes électriques de la turbomachine de l’aéronef, des gaz chaud d’échappement de la turbomachine destinés à être introduits en amont de la chambre de combustion, ou encore des systèmes de conditionnement des espaces intérieurs de l’aéronef. La chaleur dégagée par ces organes, équipements et/ou fluides, qui peut être très importante, est évacuée par échange thermique dans la turbomachine et/ou l’aéronef.
L’échange thermique est réalisé grâce à un ou plusieurs échangeurs de chaleur qui sont installés dans la turbomachine ou dans l’aéronef et pour diverses applications. Selon les applications, les échangeurs de chaleur utilisent de manière générale une source froide pouvant être de l’air ambiant, un air de la veine secondaire de la turbomachine, etc. et une source chaude pouvant être le carburant de la turbomachine, de l’huile, de l’air (bleed air) prélevé au niveau du compresseur basse pression ou haute pression de la turbomachine, ou un air de la veine primaire de la turbomachine.
Les échangeurs de chaleur peuvent être du type à tubes, à ailettes, à plaque et ailettes, etc. Les échangeurs à plaques et ailettes, et notamment ceux à pas décalés connus sous l’expression anglaise « offset strip fins» sont employés dans les turbomachines du fait de leur faible masse. Ces échangeurs de chaleur comprennent des rangées d’ailettes parallèles entre elles et des ailettes qui sont disposées en quinconce ou à pas décalés. L’échangeur de chaleur peut être configuré en plusieurs étages. De manière générale, un premier fluide par exemple, des gaz chauds d’échappement, et un deuxième fluide, par exemple, un flux d’air circulant dans la turbomachine, traversent l’échangeur de chaleur.
Un exemple d’échangeur de chaleur à plaques et ailettes est décrit dans le document de brevet FR3077630.
L’art antérieur comprend également les documents suivants, US-A-3818984, US-A- 2792200, US-A1 -2021/0180886, US-B2-10866030, US-A1 -2016/0054071 , US-A1 - 2021/0222963, US-A1 -2012/0216543, FR-A1 -3097257, US-A-2429508, et US-B2- 8601791.
Ce type d’échangeur de chaleur présente des difficultés d’intégration dans la turbomachine du fait du nombre d’étages que celui-comprend et du fait que la turbomachine comprend des espaces restreints.
Il a été développé des échangeurs de chaleur de forme annulaire qui favorisent l’intégration dans la turbomachine mais qui présentent d’autres types de configuration d’ailettes. L’agencement des ailettes dans ces échangeurs de chaleur annulaires présentent une importante perte de charge, en particulier due à une trainée de forme importante. Il est difficile d’augmenter le nombre d’ailettes de manière significative pour améliorer les performances de la turbomachine. Par ailleurs, la différence de températures des fluides circulant dans l’échangeur de chaleur de ce type implique des différences de vitesse de circulation des fluides. Ces différences de vitesses sont accentuées par la différence de diamètre hydraulique et les résistances hydrauliques qui augmentent avec le rayon de l’échangeur de chaleur (en coordonnée cylindrique). Cela entraine une hétérogénéité de la distribution des flux ou fluides dans l’échangeur de chaleur qui peut dégrader les performances hydrauliques/aérauliques.
L’échangeur est généralement dimensionné de façon à avoir un rapport des résistances thermiques de convection optimal. Le rapport des résistances thermiques optimal dépend de la nature des deux fluides, températures/pressions/débits et perte de charge autorisée pour chacun des fluides. Celui-ci peut être proche de 1 si les fluides sont de même nature avec des conditions de températures/pressions/débits relativement proche et de pertes de charge visée proche.
Il existe un besoin de résoudre tout ou partie des inconvénients précités.
Résumé de l’invention
L’objectif de la présente invention est de fournir un échangeur de chaleur permettant une meilleure optimisation des performances aérothermiques et aérodynamiques tout en réduisant les pertes de charge et en évitant d’impacter la masse considérablement.
Nous parvenons à cet objectif conformément à l’invention grâce à un échangeur de chaleur pour une turbomachine, notamment d’aéronef, d’axe longitudinal, l’échangeur de chaleur étant destiné à réaliser un échange thermique entre un premier fluide et un deuxième fluide, l’échangeur de chaleur comprenant au moins un premier panneau, un deuxième panneau et une pluralité d’ailettes s’étendant entre les premier et deuxième panneaux, les ailettes étant disposées en plusieurs rangées suivant l’axe longitudinal et étant disposées en quinconce, chaque rangée d’ailettes étant parallèles les unes autres et connectées les unes aux autres, l’échangeur de chaleur étant annulaire et centré sur l’axe longitudinal X, le premier panneau et le deuxième panneau s’étendant radialement entre une surface cylindrique interne et une surface cylindrique externe de l’échangeur de chaleur, les ailettes présentant une première et deuxième surfaces d’échange qui sont définies dans des plans sensiblement perpendiculaires à l’axe radial de l’échangeur de chaleur et destinées à être balayées par le premier suivant l’axe longitudinal, et en ce que les ailettes de chaque rangée présentent une hauteur qui est d’une part, mesurée entre les premier et deuxième panneaux et qui d’autre part, croit radialement, entre la surface cylindrique interne et la surface cylindrique externe.
Ainsi, cette solution permet d’atteindre l’objectif susmentionné. En particulier, en adaptant les dimensions et caractéristiques des surfaces d’échange sur le premier fluide en fonction de la distance avec l’axe central de l’échangeur, les performances thermiques de l’échangeur de chaleur sont significativement améliorées. Avec cette configuration, l’échangeur de chaleur offre une distribution relativement homogène et améliorée du premier fluide. L’augmentation de la hauteur des ailettes entraîne en effet une variation du diamètre hydraulique et des coefficients des surfaces d’échange. Il y aura moins de résistance à l’écoulement du premier fluide au niveau des ailettes ayant une plus grande hauteur. Par ailleurs, les variations géométriques des surfaces d’échange permettent de maintenir une perméabilité apparente constante de l’échangeur de chaleur.
L’échangeur de chaleur comprend également l’une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, prises seules ou en combinaison :
- le pas longitudinal définissant une distance entre un bord de fuite d’une première ailette de la pluralité d’ailettes et un bord d’attaque d’une deuxième ailette adjacente et successivement de la pluralité d’ailettes, est constant.
- les ailettes sont espacées radialement d’un espacement transversal qui est constant.
- les ailettes sont espacées radialement d’un espacement transversal, l’espacement transversal décroissant depuis la surface cylindrique interne vers la surface cylindrique externe.
- chaque ailette présente une longueur suivant l’axe longitudinal qui est constante.
- chaque ailette présente une longueur suivant l’axe longitudinal qui varie de l’amont vers l’aval.
- le premier panneau, le deuxième panneau et les ailettes entre les premiers et deuxième panneaux forment un étage et en ce que l’échangeur de chaleur comprend plusieurs étages, les étages étant espacés par des passages destinés à la circulation du deuxième fluide, les passages débouchant sur une surface amont et sur une surface aval.
- le premier panneau, le deuxième panneau et les ailettes entre les premiers et deuxième panneaux forment un étage et en ce que l’échangeur de chaleur comprend plusieurs étages qui sont disposés autour de l’axe longitudinal, les étages étant espacés par des passages destinés à la circulation du deuxième fluide, les passages débouchant sur la surface cylindrique interne et sur la surface cylindrique externe.
- l’échangeur de chaleur est réalisé en une seule pièce.
- les ailettes sont reliées alternativement par des parois de sommet et des parois de base, les parois de sommet et les parois de base étant reliées respectivement aux premier et deuxième panneaux.
- l’échangeur de chaleur comprend une entrée définie dans une surface amont dans laquelle le premier fluide et/ou le deuxième fluide entre(nt) dans l’échangeur de chaleur et une sortie définie dans une surface aval opposée suivant l’axe longitudinal par laquelle le premier fluide et/ou le deuxième fluide s’évacue(nt) de l’échangeur de chaleur.
- l’échangeur de chaleur comprend une entrée définie dans la surface cylindrique interne par laquelle le deuxième fluide entre dans l’échangeur de chaleur et une sortie définie dans la surface cylindrique externe par laquelle le deuxième fluide s’évacue de l’échangeur de chaleur.
- l’augmentation de la hauteur des ailettes est linéaire.
- la longueur de chaque ailette est définie de manière linéaire et la longueur de l’ailette est déterminée grâce au paramètre Xr = , où s est l’espacement transversal entre les s(^max) ailettes d’une même rangée et en fonction de la position radiale de l’ailette en coordonnées cylindriques, Rmin étant le rayon minimum de l’échangeur de chaleur définie
par la surface cylindrique interne, Rmax étant le rayon maximum de l’échangeur de chaleur définie par la surface cylindrique externe.
L’invention concerne également une turbomachine comprenant un échangeur de chaleur présentant l’une quelconque des caractéristiques susmentionnées, les premier et deuxième panneaux étant disposés régulièrement autour de l’axe longitudinal, les ailettes étant disposés entre les premier et deuxième panneaux.
L’invention concerne en outre un aéronef comprenant une turbomachine telle que susmentionnée.
L’invention concerne également un procédé de fabrication d’un échangeur de chaleur tel que susmentionné, le procédé comprend une étape de réalisation de l’échangeur de chaleur par fabrication additive par fusion sélective sur lits de poudre.
Brève description des figures
L’invention sera mieux comprise, et d’autres buts, détails, caractéristiques et avantages de celle-ci apparaîtront plus clairement à la lecture de la description explicative détaillée qui va suivre, de modes de réalisation de l’invention donnés à titre d’exemples purement illustratifs et non limitatifs, en référence aux dessins schématiques annexés dans lesquels :
La figure 1 est une vue en perspective d’un échangeur de chaleur comprenant des plaques et des ailettes selon l’invention ;
La figure 2 est une vue en coupe axiale d’un exemple de turbomachine à laquelle s’applique l’invention;
La figure 3 est une vue schématique et en vue de face d’un étage d’un échangeur de chaleur selon l’invention ;
La figure 4 est une vue en perspective d’un exemple d’agencement d’ailettes d’un échangeur de chaleur selon l’invention ;
La figure 5 est une vue en coupe radiale d’un mode de réalisation de l’échangeur de chaleur selon l’invention ;
La figure 6 est une vue en coupe radiale d’un autre mode de réalisation de l’échangeur de chaleur selon l’invention ; et,
La figure 7 est une vue de face d’un exemple d’échangeur de chaleur selon l’invention.
Description détaillée de l’invention
La figure 1 représente un échangeur de chaleur 1 qui permet un transfert d’énergie thermique entre un premier fluide 2 et un deuxième fluide 3. L’échangeur de chaleur 1 est destiné à être monté dans une turbomachine 4 d’aéronef. Bien entendu, l’échangeur de chaleur 1 peut être installé dans n’importe quel système où un transfert d’énergie thermique est nécessaire.
Sur la figure 2 est représentée, suivant une vue en coupe axiale, une turbomachine 4 double flux d’axe longitudinal X à laquelle peut s’appliquer l’invention. Bien entendu, d’autres types de turbomachine sont envisagés.
La turbomachine 4 double flux comprend, de manière générale, un générateur de gaz ou moteur à turbine à gaz 5 en amont duquel est montée une soufflante ou module de soufflante 6. Dans la présente invention, les termes « amont » et « aval » sont définis par rapport à la circulation des gaz dans la turbomachine et ici suivant l’axe longitudinal X et en référence à la figure 2 de gauche à droite.
La soufflante 6 comprend des aubes 7 qui sont carénées par un carter de soufflante 8. Le carter de soufflante 8 porte une nacelle 9. Cette dernière est annulaire, centrée sur l’axe longitudinal X et reliée à l’aéronef.
De manière connue et non limitativement, le générateur de gaz 5 comprend, d’amont en aval, un compresseur basse pression 10a, un compresseur haute pression 10b, une chambre annulaire de combustion 1 1 , une turbine haute pression 12a et une turbine basse pression 12b. Classiquement, la turbomachine 1 comprend un arbre basse pression 13 qui relie le compresseur basse pression 10a et la turbine basse pression 12a pour former un corps basse pression et un arbre haute pression 14 qui relie le compresseur haute pression 10b et la turbine haute pression 13a pour former un corps haute pression.
L’arbre basse pression 13, centré sur l’axe longitudinal, entraîne ici un arbre de soufflante 15. Un réducteur de vitesse 16 peut être interposé, comme ici, entre l’arbre de soufflante 15 et l’arbre basse pression 13. De manière avantageuse, des paliers de guidage 17 en rotation permettent également de guider en rotation l’arbre basse pression 13, l’arbre haute pression 14 et l’arbre de soufflante 15 par rapport à une structure fixe de la turbomachine.
Les paliers de guidage 17 et le réducteur de vitesse 16 dans cet exemple de configuration de la turbomachine 1 doivent être lubrifiés et/ ou refroidis pour assurer la performance de la turbomachine. La puissance générée par ceux-ci est dissipée dans un fluide provenant
d’une source d’alimentation en fluide installée dans la turbomachine et qui permet de lubrifier et/ou de refroidir divers organes et/ou équipements de la turbomachine. D’autres équipements de la turbomachine ou de l’aéronef tels que des machines électriques, génératrices, batteries, un boîtier d’accessoires, des systèmes électroniques/électriques, des systèmes de refroidissement des espaces intérieurs de l’aéronef, ou même les gaz d’échappement peuvent avoir une énergie thermique importante à transférer.
L’échangeur de chaleur 1 est décrit ci-après plus en détail dans le contexte de son installation dans une turbomachine et permet dans cet exemple de refroidir le premier fluide 2 par le deuxième fluide 3. Dans le présent exemple, le premier fluide 2 comprend les gaz en sortie du ou des compresseurs et le deuxième fluide 3 comprend les gaz d’échappement de la turbomachine 4 au niveau d’une tuyère d’éjection 18. Les gaz d’échappement permettent de réchauffer par exemple le gaz en sortie du ou des compresseurs avant de traverser la chambre de combustion 11 . En effet, la chaleur des gaz d’échappement est de manière générale perdue.
De manière alternative, le premier fluide 2 est un flux secondaire généré par la soufflante et le deuxième fluide 3 est un flux secondaire traversant le générateur de gaz.
De manière avantageuse, mais non limitativement, le flux primaire circule dans une veine primaire 19 qui est délimitée radialement par une paroi interne 20a d’un carter inter-veine 20 annulaire et une paroi externe 21 a d’un carter interne 21 . Le flux secondaire circule dans une veine secondaire 22 qui est délimitée radialement par au moins une paroi interne 8a du carter de soufflante 8 et une paroi 20b du carter inter-veine 20 entourant le générateur de gaz.
Le terme « radialement » ou « radial » est défini par rapport à un axe radial Z qui s’étend depuis l’axe longitudinal L de la turbomachine 1 et qui est perpendiculaire à celui-ci.
L’échangeur de chaleur 1 peut être agencé dans la veine primaire 19 ou alternativement dans la veine secondaire 22. Suivant encore une autre alternative, l’échangeur de chaleur peut être agencé au niveau de la tuyère d’éjection 18. Avantageusement, l’échangeur de chaleur peut être agencé en amont de la chambre de combustion ou en aval de la chambre de combustion.
En référence à la figure 3, l’échangeur de chaleur 1 comporte une surface d’échanges primaires 23 et une surface d’échanges secondaire 24. La surface d’échanges primaires
23 comprend deux panneaux (ou plaques) dénommés respectivement un premier panneau
25 et un deuxième panneau 26.
L’échangeur de chaleur 1 comprend également une pluralité d’ailettes 29 qui s’étendent entre le premier panneau 25 et le deuxième panneau 26. Les ailettes 29 forment la surface d’échanges secondaires 24. Les ailettes 29 s’étendent transversalement aux premier et deuxième panneaux 25, 26. Avantageusement, les ailettes 29 forment des canaux 30 dans lesquels circule le premier fluide 2. Le premier fluide 2 est destiné à traverser/balayer les ailettes 29 et à s’écouler entre les premier et deuxième panneaux 25, 26.
La figure 4 représente en perspective les ailettes 29 de l’échangeur de chaleur 1 sans les panneaux 25, 26. Chaque ailette 29 a une forme générale plane et s’étend suivant une première direction D1 .
Les ailettes 29 ont chacune un bord d’attaque 29a et un bord de fuite 29b du premier fluide 2. Les bords d’attaque 29a et bords de fuite 29b sont opposées suivant la première direction D1. Les bords d’attaque 29a et bords de fuite 29b délimitent longitudinalement les ailettes 29. Le bord d’attaque 29a est le bord par lequel le premier fluide 2 entre en contact en premier avec l’ailette 29. Le bord de fuite 29b est le bord avec lequel le premier fluide 2 est en dernier en contact avec l’ailette 29. Les bords d’attaque 29a et bords de fuite 29b s’étendent globalement suivant la deuxième direction D2. Chaque ailette 29 comprend également une première surface d’échange 29c et une deuxième surface d’échange 29d qui sont reliées entre elles par les bords d’attaque 29a et bords de fuite 29b. Dans l’exemple représenté, les première et deuxième surfaces d’échange 29c, 29d sont opposées suivant une troisième direction D3. La troisième direction D3 est perpendiculaire aux première et deuxième directions D2, D3.
De manière avantageuse, chaque ailette 29 présente dans cet exemple une forme générale rectangulaire. Suivant encore une autre alternative, les ailettes 29 présentent une forme trapézoïdale ou toute autre forme ou peuvent encore être inclinées par rapport au plan D1 , D2 dans l’exemple de figure 4.
Nous utilisons le terme « direction » pour décrire l’échangeur de chaleur en particulier. En situation d’installation, la première direction D1 est parallèle à l’axe longitudinal X de la turbomachine 1 .
Les ailettes 29 sont disposées en plusieurs rangées R1 , R2, Rn suivant la première direction D1. Chaque rangée d’ailettes comprend plusieurs ailettes 29. Les rangées d’ailettes 29 sont parallèles les unes aux autres. Dans le cas présent, les rangées R1 , R2, Rn d’ailettes 29 sont parallèles à la troisième direction D3.
Comme cela est illustré sur la figure 4, les ailettes 29 sont également disposées en quinconce. Plus précisément, les ailettes 29 sont décalées suivant la troisième direction D3. Avantageusement, les ailettes 29 d’une rangée sur deux se trouvent dans un même plan parallèle au plan D1 , D2. Cette disposition permet d’améliorer l’échange thermique par interruption et reformation régulière de la couche limite thermique à la surface des ailettes 29. La couche limite thermique s’interrompt au bord de fuite de chaque ailette 29 et se reforme au bord d’attaque de chaque ailette 29.
Avantageusement, chaque ailette 29 est située à distance de l’ailette 29 adjacente suivant la première direction D1 et suivant un pas PI longitudinal déterminé. Plus précisément, le pas PI définit la distance entre le bord de fuite 29b d’une première ailette et le bord d’attaque 29a d’une deuxième ailette adjacente et successivement. Chaque rangée d’ailettes est également à distance l’une de l’autre suivant ce pas longitudinal PI. De manière avantageuse, le pas longitudinal PI est constant.
Suivant une autre caractéristique avantageuse, les ailettes 29 d’une même rangée sont espacées entre elles transversalement (suivant la troisième direction D3). Un espacement transversal s est ainsi prévu entre chaque ailette 29 transversalement. Plus précisément, l’espacement transversal s définit la distance entre une première surface d’échange 29 d’une première ailette 29 et une deuxième surface d’échange 29d d’une deuxième ailette.
De manière avantageuse, mais non limitativement, les ailettes 29 de chaque rangée sont reliées entre elles alternativement par une paroi de sommet 31 et par une paroi de base 32. Les parois de sommet 31 et les parois de base 32 ont une forme générale plane et sont opposées suivant la deuxième direction D2. Les parois de sommet 31 et les parois de base 32 s’étendent suivant la première direction D1. De même, les ailettes 29 des rangées adjacentes suivant la première direction longitudinale sont reliées entre elles par l’intermédiaire des parois de sommet 31 . Ces parois de sommet 31 et parois de base 32 présentent une bordure d’attaque 33a reliée aux bords d’attaque 29a des ailettes 29 et une bordure de fuite 33b reliée aux bords de fuite 29b des ailettes 29.
Les ailettes 29 sont fixées aux premier et deuxième panneaux 25, 26. Avantageusement, la fixation est réalisée par l’intermédiaire des parois de sommet 31 et des parois de base 32. La fixation peut être réalisée par soudage ou brasage.
L’échangeur de chaleur 1 peut être présenté sous la forme d’un étage ou de plusieurs étages. Sur la figure 2 est représenté un seul étage. Un étage est défini par les ailettes 29 et par les premiers et deuxièmes panneaux 25, 26. De la sorte, le premier fluide 2 circule à travers les ailettes 29, dans les canaux 30 et entre les deux panneaux 25, 26 tandis que le deuxième fluide 3 circule au-dessus du premier panneau 25 et en dessous du deuxième panneau 26. Dans le cas d’un échangeur de chaleur 1 à plusieurs étages, les étages seraient espacés par des passages dans lesquels est destiné à circuler le deuxième fluide. Chaque passage serait formé entre deux panneaux 25, 26 adjacents d’étages différents.
En référence aux figures 1 et 5, l’échangeur de chaleur 1 est annulaire (360°) ou en forme de secteur angulaire. Avantageusement, l’échangeur de chaleur 1 est centré sur la première direction longitudinale D1. En situation d’installation, la première direction D1 est centrée sur l’axe longitudinal X. La forme annulaire de l’échangeur de chaleur 1 permet une meilleure intégration de celui-ci et une réduction de l’encombrement dans la turbomachine 4.
Avantageusement, l’échangeur de chaleur 1 annulaire présente une surface cylindrique interne 34a définissant un rayon interne Ri et une surface cylindrique externe 34b définissant rayon externe Re. L’échangeur de chaleur 1 présente également une surface amont 35 (ou surface frontale) et une surface aval 36 qui sont opposées suivant l’axe longitudinal (première direction). La surface amont 35 et la surface aval 36 sont reliées par les surfaces cylindriques interne et externe 34a, 34b.
L’échangeur de chaleur 1 comprend une entrée E par laquelle le premier fluide 2 entre dans l’échangeur de chaleur 1. L’entrée E est définie au niveau de la surface amont 35. L’échangeur de chaleur 1 comprend également une sortie S par laquelle le premier fluide 2 s’échappe de l’échangeur de chaleur 1 . La sortie S est définie au niveau de la surface aval 36. En d’autres termes, le premier fluide 2 circule axialement, de l’amont vers l’aval, et suivant l’axe longitudinal.
Avantageusement, l’échangeur de chaleur 1 comprend une autre entrée et une autre sortie par laquelle le deuxième fluide 3 entre dans l’échangeur de chaleur.
Le deuxième fluide 3 peut circuler dans l’échangeur de chaleur 1 axialement (suivant l’axe longitudinal) ou radialement (suivant l’axe radial).
Les ailettes sont configurées de manière à améliorer les performances aérothermiques et aérodynamiques de l’échangeur de chaleur annulaire.
Les ailettes 29 présentent une hauteur H qui varie linéairement suivant l’axe radial de l’échangeur de chaleur. Avantageusement, la hauteur H de chaque ailette est mesurée entre le premier panneau 25 et le deuxième panneau 26.
Suivant le mode de réalisation de la figure 5, le premier fluide circule dans une direction normale au plan de la figure 5. Les traits qui sont disposés dans le sens circonférentiel autour de l’axe longitudinal et qui définissent des hauteurs H1 , H2, etc. représentent des bords de fuite ou d’attaque ou encore l’épaisseur de l’ailette entre la première et la deuxième surface d’échange 29c, 29d suivant la coupe radiale. La hauteur H des ailettes 29 augmente linéairement depuis la surface cylindrique interne 34a jusqu’à la surface cylindrique externe 34b. La hauteur des ailettes varie transversalement à l’écoulement du premier fluide. Les ailettes 2 d’une même rangée R1 , R2, Rn suivant l’axe radial présente une hauteur H1 , H2, H3, H4, H5 qui est différente. Les première et deuxième surfaces d’échange 29c, 29d des ailettes 29 sont définies dans un plan qui est perpendiculaire ou sensiblement perpendiculaire (+/- 5°) à l’axe radial.
Dans cet exemple, les ailettes d’une même rangée qui s’étend suivant l’axe longitudinal présentent une hauteur identique. En particulier les ailettes 29 qui sont plus proches de l’axe longitudinal présente une hauteur H1 qui est la minimale et les ailettes qui sont les plus éloignées de l’axe longitudinal présentent une hauteur Hn la plus maximale.
Le diamètre hydraulique de l’échangeur de chaleur est plus grand au niveau de la surface cylindrique externe 34b. Le premier fluide peut s’engouffrer facilement et avec une résistante moins importante au niveau des ailettes proches de la surface cylindrique externe 34b par rapport au premier fluide entrant dans l’échangeur de chaleur au niveau des ailettes proches de la surface cylindrique interne 34a. Le débit est plus faible proche de la surface cylindrique interne. Avec la variation de la hauteur, l’échange thermique est amélioré également et les pertes de charge sont évitées.
Comme cela est visible sur la figure 5, l’espacement transversal s entre les ailettes 29 suivant l’axe radial est constant. Le premier fluide 3 est orienté dans l’axe normal au plan
de la figure 5. En d’autres termes, le premier fluide 2 circule selon l’axe longitudinal. L’espacement s est compris par exemple entre 5 et 100 mm. Avec un espacement transversal s constant, l’échangeur de chaleur est plus « perméable » à proximité de la surface cylindrique interne 34a ce qui implique que le premier fluide aura tendance à « passer » plutôt par la surface cylindrique interne 34a et avoir une vitesse plus importante.
Avantageusement, les ailettes 29 présentent chacune une longueur L prédéterminée qui est constante. La longueur L de chaque ailette est mesurée (suivant la première direction D1 (axe longitudinal) et) entre le bord d’attaque 29a et le bord de fuite 29b. La longueur L de chaque ailette 29 est comprise par exemple entre 0.5 mm et 150 mm. Avantageusement, la longueur L des ailettes peut varier linéairement.
Suivant le mode de réalisation de la figure 6, la hauteur H des ailettes 29 et l’espacement transversal s entre les ailettes d’une même rangée varient. Ici, l’espacement transversal s1 , s2, s3, s4, s5, s6 entre chaque ailette 29 suivant l’axe radial décroit ou diminue de la surface cylindrique interne 34a à la surface cylindrique externe 34b. La variation de l’espacement s est continue de manière avantageuse. L’espacement s croit ici avec le rayon de l’échangeur de chaleur (soit suivant l’axe radial).
La hauteur H augmente linéairement depuis la surface cylindrique interne 34a jusqu’à la surface cylindrique externe 34b. Les ailettes 29 qui sont proches de l’axe longitudinal ont la même hauteur H1. Les ailettes de chaque rangée et qui sont les plus éloignées de l’axe longitudinal ont la même hauteur H5 également. Comme la hauteur des ailettes augmente, la perméabilité de l’échangeur de chaleur augmente également. La vitesse du premier fluide 2 est plus importante notamment à proximité de la surface cylindrique externe 34b.
De manière avantageuse, l’espacement transversal s proche de l’axe longitudinal est compris entre 5 mm et 100 mm et l’espacement transversal s entre les ailettes les plus éloignées de l’axe longitudinal est compris entre 5 mm et 50 mm. La variation de l’espacement transversal s permet de compenser et d’ajuster la perméabilité qui a augmenté grâce à la variation des hauteurs d’ailettes. Les espacement transversaux s décroissent avec le rayon de l’échangeur de chaleur. La distribution du deuxième fluide est davantage homogène.
Dans cet exemple de la figure 6, la longueur L des ailettes est constante mais peut également varier linéairement.
Le pas longitudinal PI entre chaque ailette 29 est constant. Le pas longitudinal peut être compris entre 0.5 mm et 50 mm.
La figure 7 représente schématiquement et en coupe radiale, un échangeur de chaleur 1 monté dans la turbomachine. L’échangeur de chaleur 1 est annulaire et centré sur l’axe longitudinal X. L’échangeur de chaleur 1 présente plusieurs étages qui sont disposés autour de l’axe longitudinal X. Le motif formé par les ailettes 29 entre deux panneaux 25, 26 est non uniforme. Les premier et deuxième panneaux 25, 26 s’étendent chacune radialement par rapport à l’axe longitudinal X. Les premières et deuxième surfaces d’échange 29, 29d de chaque rangée d’ailettes 29 sont définies dans des plans perpendiculaires à l’axe radial. Les surfaces d’échange 29c, 29d sont balayées par le premier fluide suivant l’axe longitudinal. Les canaux 30 formés par les ailettes 29 débouchent sur la surface amont 35 et sur la surface aval 36.
La longueur L des ailettes 29 s’étend axialement également. Entre chaque étage est formé le passage 37 destiné à la circulation du deuxième fluide. Chaque passage 37 s’étend entre une extrémité radialement interne 37a et une extrémité radialement externe 37b.
Avantageusement, l’extrémité radialement interne 37a des passages 37 débouche dans la surface cylindrique interne 34a. L’extrémité radialement externe 37b débouche dans la surface cylindrique externe 34b.
Suivant une autre caractéristique avantageuse, les passages 37 débouchent dans la surface amont 35 pouvant former une entrée pour le deuxième fluide 3. Les passages 37 débouchent également dans la surface aval pouvant former une sortie pour le deuxième fluide 3.
La hauteur H des ailettes 29 croit suivant l’axe radial (soit depuis l’axe central de l’échangeur de chaleur 1 vers la position la plus éloignée du centre). L’espacement transversal s est contant sur la figure 7.
La longueur de chaque ailette 29 peut être définie de manière linéaire. La variation de la longueur peur être fonction de la coordonnée radiale moyenne de l’ailette et être définie par un paramètre Àr = où s est l’espacement transversal entre les ailettes 29 et en
fonction de la position radiale de l’ailette en coordonnées cylindriques. Un système en coordonnée cylindrique permet de manière connue de repérer un point donné dans un
espace à l’aide d’un angle azimutal, d’une hauteur, et d’un rayon par rapport à un axe principale (ici l’axe longitudinal).
Par exemple, le paramètre Xr peut être compris entre 1 .2 et 1 .8.
De manière alternative, mais non limitativement, les ailettes sont ondulées et à pas décalés.
De manière avantageuse, dans le cas où l’espacement transversal s décroit à mesure que la hauteur H d’ailette augmente, cela permet d’avoir un diamètre hydraulique relativement constant sur toute la surface amont, frontale, de l’échangeur de chaleur pour le premier fluide 2 considéré : avec s l’espacement transversal entre deux ailettes
consécutives suivant l’axe radial, H la hauteur d’ailette et DH 0 le diamètre hydraulique moyen de référence.
Le premier fluide 2 circule suivant l’axe longitudinal. Le premier fluide 2 entre avantageusement dans l’échangeur de chaleur au niveau de la surface amont, frontale 35 et en sort au niveau de la surface aval 36. De même, le deuxième fluide 3 circule suivant l’axe longitudinal et/ou suivant l’axe radial.
De manière avantageuse, les ailettes 29, les premiers panneaux 25 et les deuxièmes panneaux 26 sont formés d’une seule pièce (venues de matière ou monobloc). De manière avantageuse, celles-ci sont obtenues par un procédé de fabrication additive et notamment fusion sélective sur lits de poudre connu sous l’acronyme anglais SLM pour « Selective Laser Melting ». Ce procédé est particulièrement adapter pour la réalisation de l’échangeur de chaleur annulaire en une seule pièce. En particulier, le procédé permet d’obtenir des formes complexes et des pièces de bonnes résistances et caractéristiques mécaniques. Le principe de la fabrication additive SLM se base sur la fusion de fines couches en deux dimensions (2D) de poudre, par exemple métallique, plastique, ou céramique, à l'aide d'un laser de forte puissance.
Dans le cadre de ce procédé de fabrication additive, l’échangeur de chaleur est dépourvu des parois de sommet et des parois de base. Le procédé permet en effet une liaison directe des ailettes et des premier et deuxième panneaux 25, 26. Ainsi, la fabrication additive et l’absence de ces parois permettent un gain de poids.
La fabrication additive est réalisée à partir d’une installation SLM qui comprend de manière générale un réservoir d’alimentation contenant une poudre et un support de fabrication sur lequel est réalisée la pièce à fabriquer, en l’occurrence l’échangeur de chaleur 1. L’installation comprend également un élément de balayage permettant de transférer une quantité de la poudre du réservoir d’alimentation sur le support de fabrication qui est monté de manière mobile suivant une translation verticale Z. L’installation comprend également un élément de génération d’un faisceau laser permettant de fondre la poudre destinée à réaliser la pièce et des moyens permettant d’orienter le faisceau laser vers le support tels que des miroirs. Un réservoir de recyclage permet de recycler la poudre non utilisée ou non fusionnée.
Le procédé consiste à fabriquer la pièce en superposant des couches de poudre issues du réservoir d’alimentation et transférées sur le support de fabrication. Ces couches de poudre sont ensuite fondues les unes après les autres au moyen du faisceau laser se déplaçant sur la surface de chaque couche. La température de la poudre est portée à une température supérieure à la température supérieure à la température de fusion de la poudre via le faisceau laser. Les couches fondues se solidifient au fur et à mesure et forment un bloc d’un seul tenant.
De manière avantageuse, les différentes couches destinées à former l’échangeur de chaleur sont superposées suivant un axe de fabrication qui est parallèle à la première direction D1.