Titre : VITRAGE FEUILLETE
La présente invention concerne le domaine du vitrage, et porte plus particulièrement sur un vitrage feuilleté destiné à l’aéronautique notamment aux vitrages pour cockpits.
Les vitrages pour cockpits sont des systèmes complexes qui remplissent de multiples rôles. Ils assurent une protection physique, acoustique et thermique vis-à-vis de l'environnement extérieur.
A cet effet, ces vitrages sont des vitrages feuilletés. Un vitrage feuilleté comprend deux ou plusieurs substrats de verre liés entre eux par l’intermédiaire d'intercalaires polymères appelé également intercalaire de feuilletage. Les vitrages pour l’aéronautique comprennent préférentiellement au moins trois substrats.
De manière conventionnelle, les faces d'un vitrage sont désignées à partir de l'extérieur en numérotant les faces des substrats de l'extérieur vers l'intérieur de l'habitacle ou du local qu'il équipe. Cela signifie que la lumière solaire incidente traverse les faces dans l’ordre croissant de leur numéro.
Dans le cas d’un vitrage feuilleté, on numérote toutes les faces des substrats mais on ne numérote pas les faces des intercalaires de feuilletage. La face 1 est à l'extérieur du bâtiment ou du véhicule et constitue donc la paroi extérieure du vitrage. Les faces 2 et 3 sont au contact de l’intercalaire de feuilletage.
Dans le cas d’un vitrage feuilleté comprenant deux substrats, la face 4 est à l'intérieur du bâtiment ou du véhicule et constitue donc la paroi intérieure du vitrage.
Dans le cas d’un vitrage feuilleté comprenant trois substrats, les faces 4 et 5 sont au contact du second intercalaire de feuilletage et la face 6 est à l'intérieur du bâtiment ou du véhicule et constitue donc la paroi intérieure du vitrage.
Les vitrages feuilletés pour l’aéronautique ont préférentiellement une structure de type premier substrat / premier intercalaire polymère / second substrat / second intercalaire polymère / troisième substrat.
Pour ces applications, les substrats sont des substrats de verre bombés et trempés chimiquement. Les substrats sont en verre trempés chimiquement, c’est à dire qu’ils comprennent une zone superficielle en compression obtenue par échange ionique. Cette zone superficielle en compression est obtenue par la substitution superficielle d’un ion du substrat de verre (généralement un ion alcalin tel que le sodium ou le lithium) par un ion de rayon ionique plus grand (généralement un ion alcalin, tel que le potassium ou le sodium). Cela permet de créer en surface du substrat de verre des contraintes de compression, jusqu’à une certaine profondeur. Ces contraintes superficielles en compression sont en effet équilibrées par la présence d’une zone centrale en tension. Il existe donc une certaine profondeur à laquelle se produit la transition entre compression et tension, profondeur appelée profondeur d'échange superficiel.
Ces vitrages feuilletés peuvent comprendre en outre des revêtements conférant des fonctionnalités supplémentaires. Par exemple, au moins un des substrats peut être revêtu d’un revêtement chauffant à fonction dégivrante comprenant une couche électroconductrice. Ces couches électroconductrices peuvent être à base d’oxyde tel que d’oxyde d'indium dopé à l'étain (ITO).
De par l’application visée, ces vitrages doivent nécessairement présenter une transmission lumineuse élevée et une faible absorption lumineuse. Toutefois, si ces « substrats », « intercalaires » et « revêtements contrôle solaire » constituant les vitrages, laissent passer la partie visible du spectre solaire dans le cockpit, ils laissent également passer la plupart des rayonnements infrarouges. Il en résulte un échauffement excessif du cockpit et une élévation de sa température qui doit être compensée par un système de climatisation énergivore.
Pour pallier ce problème, il est possible d’introduire, dans ces vitrages pour cockpit, un élément présentant une fonction contrôle (ou protection) solaire.
La fonction ou propriété « contrôle solaire » correspond à la capacité d'un vitrage à laisser entrer la lumière visible tout en bloquant le rayonnement infrarouge. La sélectivité « S » et le facteur solaire (FS ou g) permettent d’évaluer cette propriété. La sélectivité correspond au rapport de la transmission lumineuse TLVjS dans le visible du vitrage sur le facteur solaire FS du vitrage (S = TLVjS / FS). Le facteur solaire « FS ou g » correspond au rapport en % entre l'énergie totale entrant dans le local à travers le vitrage et l'énergie solaire incidente. Le facteur solaire mesure donc la contribution d'un vitrage à réchauffement de la « pièce ». Plus le facteur solaire est petit, plus les apports solaires sont faibles. La transmission énergétique correspond au pourcentage du flux d’énergie solaire transmis directement à travers la paroi vitrée.
La fonction contrôle solaire correspond donc à une diminution forte de la transmission énergétique (TE) et du facteur solaire (g) du vitrage associé à une faible diminution de la transmission lumineuse (TL).
L’ajout d’un élément présentant une fonction contrôle solaire a pour objectif d’empêcher une surchauffe excessive. Toutefois, l’ajout de cet élément ne doit pas se faire au détriment de la transmission lumineuse et de l’absorption lumineuse.
Pour conférer cette fonction de protection solaire, différents types d’éléments peuvent être envisagés. Il est notamment connu d’utiliser des intercalaires de feuilletage à fonction contrôle solaire. A titre d’exemple, on peut citer les intercalaires Saflex® Solar en butyral de polyvinyle « PVB » de type SH et SG. Ces intercalaires à transmission lumineuse élevée absorbent les rayons infrarouges (IR). Les vitrages feuilletés pour cockpits comprenant de tels intercalaires contrôle solaire ne sont pas satisfaisants. En effet, ils ne sont pas assez sélectifs.
Pour pallier ces inconvénients, le demandeur a mis au point un vitrage feuilleté présentant une configuration particulièrement adaptée pour une utilisation comme vitrage pour
cockpit comprenant un revêtement contrôle solaire. La structure particulière de l’invention permet d’obtenir un excellent compromis entre faible absorption lumineuse et transmission lumineuse et sélectivité élevée. L’invention permet notamment d’obtenir une sélectivité élevée qui n’est pas accessible par d’autres technologies.
L’invention concerne donc un vitrage feuilleté comprenant un premier substrat (S1 ) et un second substrat (S2) liés entre eux par l’intermédiaire d’un premier intercalaire polymère, et éventuellement un troisième substrat (S3) lié au second substrat (S2) par l’intermédiaire d’un second intercalaire polymère, les substrats étant en verre trempé chimiquement, caractérisé en ce qu’il comporte
- un revêtement contrôle solaire comprenant au moins une couche métallique fonctionnelle à base d’argent et au moins deux revêtements diélectriques, chaque revêtement diélectrique comportant au moins une couche diélectrique, de manière à ce que chaque couche métallique fonctionnelle soit disposée entre deux revêtements diélectriques et
- un revêtement chauffant comprenant une couche d’oxyde conducteur situé sur une face d’un substrat ne comprenant pas le revêtement contrôle solaire, le revêtement contrôle solaire et le revêtement chauffant se trouvent en face 2 ou en face 3, chacun sur deux substrats différents.
Une des particularités de l’invention est que les substrats sont trempés chimiquement. Ces substrats de verre trempés chimiquement peuvent être définis de la façon suivante :
- ils comprennent une zone superficielle en compression obtenue par échange ionique, et/ou
- ils présentent une profondeur d'échange superficiel supérieure à 50 pm et/ou
- ils présentent des contraintes de compression superficielle supérieures à 100 MPa.
Les procédés de trempe chimique sont parfaitement connus. On peut notamment se référer à la demande de brevets WO1994008910.
Le revêtement contrôle solaire et le revêtement chauffant sont déposés nécessairement après l’étape de renforcement chimique. Ces revêtements ne subissent pas, normalement, d’étape de traitement thermique après dépôt. Ils doivent donc préférentiellement avoir acquis leurs propriétés définitives directement après leur dépôt.
Selon l’invention, le revêtement contrôle solaire comprend au moins une couche métallique fonctionnelle à base d’argent et au moins deux revêtements diélectriques, chaque revêtement diélectrique comportant au moins une couche diélectrique, de manière à ce que chaque couche métallique fonctionnelle soit disposée entre deux revêtements diélectriques.
Selon un mode de réalisation, le revêtement contrôle solaire comprend une unique couche fonctionnelle à base d’argent. De tels revêtement permettent d’obtenir un bon compromis entre une diminution significative du facteur solaire et une diminution minimale de la transmission lumineuse. Seuls des revêtements à une seule couche d’argent permettent d’obtenir des transmissions lumineuses élevées. Il n’est pas possible d’obtenir des
transmissions lumineuses aussi élevé avec des revêtements à plusieurs couches d’argent, notamment à deux couches à base d’argent car les couches d’argent génèrent nécessairement une absorption minimale qui est inévitable. Le demandeur a découvert qu’il est très difficile d’obtenir une absorption suffisamment faible avec des revêtements contrôle solaire à plusieurs couches fonctionnelles à base d’argent. Par exemple, l’absorption sur verre clair d’un revêtement contrôle solaire à deux couches fonctionnelles à base d’argent est en général supérieure à 12 %. Cela est notamment dû à la présence d’au moins quatre interfaces « métal / diélectrique » qui génèrent chacune nécessairement de l’absorption. L’invention est donc selon un mode de réalisation volontairement limitée aux revêtements comprenant une seule couche fonctionnelle à base d’argent car ils sont susceptibles de présenter des valeurs d’absorption lumineuse dans le visible inférieures à 10 % lorsqu’ils sont déposés sur verre clair. Selon ce mode de réalisation, le revêtement contrôle solaire ne comprend pas d’autres couches dont la fonction principale est de réfléchir le rayonnement infrarouge.
Dans les applications où l’obtention d’une transmission lumineuse maximale n’est pas le critère essentiel, il est possible d’utiliser un revêtement contrôle solaire comprenant au moins deux couches fonctionnelles à base d’argent. Selon un autre mode de réalisation, le revêtement contrôle solaire comprend au moins deux couches fonctionnelles à base d’argent. De tels revêtement permettent d’obtenir une sélectivité plus élevée mais nécessitent une baisse de transmission lumineuse plus importante.
La structure particulière à base d’au moins trois substrats liés entre eux par deux intercalaires polymères convient tout particulièrement pour des applications aéronautiques. Dans le cas d’un véhicule aérien, le premier substrat n’est pas tenu par un système de liaison au véhicule. Seul les deux autres substrats, dits structuraux, sont maintenus.
Le premier substrat constitue la partie extérieure du vitrage. Il n’est pas fixé structurellement au véhicule ou bâtiment qu’il équipe. Il est simplement maintenu au deuxième substrat grâce à l’intercalaire polymère.
Les deuxième et troisième substrats sont mécaniquement fixés dans le bâtiment ou véhicule. Ce sont ces deux substrats qui assurent la protection des personnes à l’intérieur du véhicule. L’ensemble formé par le second substrat, le second intercalaire polymère et le troisième substrat doit donc présenter une excellente résistance au choc.
De ce fait, le bord du premier substrat peut être en retrait par rapport à celui du second substrat pour prévenir des phénomènes de délaminage dues aux déformations du vitrage soumis à la pression de l’avion ou aux mécanismes d’arrachement et/ou cisaillement périphérique du substrat externe.
Le premier intercalaire polymère est de préférence à base de polyuréthane. Le choix spécifique de ce matériau pour cet intercalaire polymère se justifie car il est moins hygroscopique, c’est à dire qu’il a moins tendance à absorber et/ou retenir l’eau que d’autres
intercalaires polymères par exemple en PVB. Ce premier intercalaire maintient le substrat le plus à l’extérieur et donc le plus susceptible d’être soumis aux conditions climatiques extrêmes. Le second intercalaire polymère est de préférence à base de polyvinylbutadiène. Le choix spécifique de ce matériau pour cet intercalaire polymère se justifie car il présente de meilleures propriétés mécaniques, notamment de résistance au choc. De plus, de par sa position « intérieure », sa durabilité chimique est moins critique que celle du premier intercalaire polymère.
Le vitrage selon l’invention peut présenter les caractéristiques suivantes seules ou en combinaison :
- le revêtement contrôle solaire comprend une seule couche métallique fonctionnelle à base d’argent,
- le revêtement contrôle solaire comprend une seule couche métallique fonctionnelle à base d’argent,
- le revêtement contrôle solaire comprend au moins deux couches métalliques fonctionnelles à base d’argent,
- il présente une sélectivité supérieure à 1 ,4,
- chaque revêtement diélectrique du revêtement contrôle solaire comporte des couches à base d’oxyde et la somme des épaisseurs de toutes les couches d’oxyde de chaque revêtement diélectrique représente au moins 50 % de l’épaisseur totale du revêtement diélectrique considéré,
- la couche d’oxyde conductrice est une couche d’oxyde d’étain et d’indium (ITO),
- la couche d’oxyde conductrice présente une épaisseur d’au moins 50 nm, d’au moins 100 nm, d’au moins 200 nm,
- la couche d’oxyde conductrice présente au moins deux zones d’épaisseur différente, le rapport entre l’épaisseur de ces deux zones est supérieur à 2, 3, 4 ou 6,
- les intercalaires polymères sont choisis parmi des feuilles de polyuréthane (PU) et de polyvinyle butadiène (PVB),
- le premier intercalaire polymère est choisi parmi des feuilles de polyuréthane (PU),
- le second intercalaire polymère est choisi parmi des feuilles de polyvinyle butadiène (PVB),
- l’épaisseur du premier intercalaire polymère est comprise entre 3 et 10 mm, de préférence 4 et 8 mm,
- l’épaisseur du second intercalaire polymère est comprise entre 0,5 et 4 mm, entre 0,5 et 2 mm,
- l’épaisseur du premier substrat est compris entre 2 et 4 mm et l’épaisseur du second substrat est comprise entre 4 et 8 mm ou entre 5 et 7 mm.
L’invention concerne également :
- un vitrage feuilleté selon l’invention monté sur un véhicule ou sur un bâtiment, et
- le procédé de préparation d’un vitrage feuilleté selon l’invention,
- l’utilisation d’un vitrage feuilleté selon l’invention en tant que vitrage de contrôle solaire pour le bâtiment ou les véhicules,
- un bâtiment, un véhicule comprenant un vitrage selon l’invention.
L’invention concerne en particulier :
- l’utilisation du vitrage feuilleté selon l’invention comme vitrage de cockpit de véhicule aérien,
- un avion ou hélicoptère caractérisé en ce qu'il est équipé du vitrage selon l’invention, en tant que vitrage latéral ou frontal pour cockpit.
Les caractéristiques préférées qui figurent dans la suite de la description sont applicables aussi bien au matériau selon l’invention au vitrage, que, le cas échéant, au procédé, à l’utilisation, au bâtiment ou au véhicule selon l’invention.
Toutes les caractéristiques lumineuses décrites sont obtenues selon les principes et méthodes de la norme ISO 9050 se rapportant à la détermination des caractéristiques lumineuses et solaires des vitrages utilisés dans le verre pour la construction.
De manière conventionnelle, les indices de réfraction sont mesurés à une longueur d’onde de 550 nm.
Sauf mention contraire, les épaisseurs évoquées dans le présent document sans autres précisions sont des épaisseurs physiques, réelles ou géométriques dénommées Ep et sont exprimées en nanomètres (et non pas des épaisseurs optiques). L’épaisseur optique Eo est définie comme l’épaisseur physique de la couche considérée multipliée par son indice de réfraction à la longueur d’onde de 550 nm : Eo = n*Ep. L’indice de réfraction étant une valeur adimensionnelle, on peut considérer que l’unité de l’épaisseur optique est celle choisie pour l’épaisseur physique.
Au sens de la présente invention, les qualifications « première », « deuxième », « troisième » et « quatrième » pour les couches fonctionnelles ou les revêtements diélectriques sont définies en partant du substrat porteur du revêtement contrôle solaire et en se référant aux couches ou revêtements de même fonction. Par exemple, la couche fonctionnelle la plus proche du substrat est la première couche fonctionnelle, la suivante en s’éloignant du substrat est la deuxième couche fonctionnelle, etc.
Le revêtement contrôle solaire est déposé par pulvérisation cathodique assistée par un champ magnétique (procédé magnétron). Selon ce mode de réalisation avantageux, toutes les couches des revêtements sont déposées par pulvérisation cathodique assistée par un champ magnétique.
A défaut de stipulation spécifique, les expressions « au-dessus » et « en-dessous » ne signifient pas nécessairement que deux couches et/ou revêtements sont disposés au contact l'un de l'autre. Lorsqu’il est précisé qu’une couche est déposée « au contact » d’une autre
couche ou d’un revêtement, cela signifie qu’il ne peut y avoir une (ou plusieurs) couche(s) intercalée(s) entre ces deux couches (ou couche et revêtement).
Dans la présente description, sauf autre indication, l’expression « à base de », utilisée pour qualifier un matériau ou une couche quant à ce qu’il ou elle contient, signifie que la fraction massique du constituant qu’il ou elle comprend est d’au moins 50%, en particulier au moins 70%, de préférence au moins 90%.
Selon l’invention :
- la réflexion lumineuse correspond à la réflexion du rayonnement solaire dans la partie visible du spectre,
- la transmission lumineuse correspond à la transmission du rayonnement solaire dans la partie visible du spectre,
- l’absorption lumineuse correspond à l’absorption du rayonnement solaire dans la partie visible du spectre.
Un verre clair ordinaire de 4 à 6 mm d'épaisseur présente les caractéristiques lumineuses suivantes :
- une transmission lumineuse comprise entre 85 et 91 ,5 %,
- une réflexion lumineuse comprise entre 7 et 9,5 %,
- une absorption lumineuse comprise entre 0,3 et 5 %.
Les couches fonctionnelles métalliques à base d’argent comprennent au moins 95,0 %, de préférence au moins 96,5 % et mieux au moins 98,0 % en masse d’argent par rapport à la masse de la couche fonctionnelle. De préférence, une couche métallique fonctionnelle à base d’argent comprend moins de 1 ,0 % en masse de métaux autres que de l’argent par rapport à la masse de la couche métallique fonctionnelle à base d’argent.
Les couches fonctionnelles métalliques à base d’argent ont une épaisseur :
- supérieure à 5 nm, 6, nm, 7 nm, 8 nm ou 9 nm, et/ou
- inférieure à 25 nm, 22 nm, 20 nm, 18, nm, 16 nm, 15 nm, 14 nm ou 13 nm.
Le revêtement contrôle solaire peut comprendre une ou plusieurs couches de blocage situées au contact en dessous et/ou au-dessus d’une ou plusieurs couches fonctionnelles.
Les couches de blocage ont traditionnellement pour fonction de protéger les couches fonctionnelles d’une éventuelle dégradation lors du dépôt du revêtement antireflet supérieur et lors d’un éventuel traitement thermique à haute température.
Les couches de blocage sont choisies parmi :
- les couches métalliques à base d'un métal ou d'un alliage métallique, les couches de nitrure métallique, et les couches d’oxynitrure métallique d’un ou plusieurs éléments choisis parmi le titane, le zinc, l’étain, le nickel, le chrome et le niobium,
- les couches d’oxyde métallique d’un ou plusieurs éléments choisis parmi le titane, le nickel, le chrome et le niobium.
Les couches de blocage peuvent notamment être des couches de Ti, TIN, TiOx, Nb, NbN, Ni, NiN, Cr, CrN, NiCr, NiCrN, NiCrOx, SnZnN. Lorsque ces couches de blocage sont déposées sous forme métallique, nitrurée ou oxynitrurée, ces couches peuvent subir une oxydation partielle ou totale selon leur épaisseur et la nature des couches qui les entourent, par exemple, au moment du dépôt de la couche suivante ou par oxydation au contact de la couche sous-jacente.
De préférence, les couches de blocage sont des couches de titane, c’est à dire que ces couches ont été déposées sous forme de titane métallique.
Selon des modes de réalisation avantageux de l’invention, la ou les couches de blocage satisfont une ou plusieurs des conditions suivantes :
- chaque couche métallique fonctionnelle est au contact d’une surcouche de blocage, et/ou
- les couches de blocage sont des couches de titane déposé sous forme de métallique, et/ou
- l’épaisseur de chaque couche de blocage est d’au moins 0,05 nm, ou comprise entre 0,08 et 2,00 nm, comprise entre 0,10 et 1 ,00 nm ou comprise entre 0,05 et 0,50 nm.
La somme des épaisseurs de toutes les couches de blocage peut être inférieure à 2,0 nm, inférieure à 1 ,5 nm, inférieure à 1 ,0 nm ou inférieure à 0,5 nm.
Par « couche diélectrique » au sens de la présente invention, il faut comprendre que du point de vue de sa nature, le matériau est « non métallique », c’est-à-dire n’est pas un métal. Dans le contexte de l’invention, ce terme désigne un matériau présentant un rapport n/k sur toute la plage de longueur d’onde du visible (de 380 nm à 780 nm) égal ou supérieur à 5.
De préférence, chaque revêtement diélectrique est constitué uniquement d’une ou de plusieurs couches diélectriques. De préférence, il n’y a donc pas de couche absorbante dans les revêtements diélectriques afin de ne pas diminuer la transmission lumineuse.
L’amélioration des propriétés telles que la sélectivité découle du contrôle précis des effets d’interférences optiques entre les différentes couches composant le revêtement. Ce contrôle est obtenu par le choix de la nature, de l’épaisseur et des séquences de couches diélectriques constituant les revêtements diélectriques.
Les couches diélectriques des revêtements présentent les caractéristiques suivantes seules ou en combinaison :
- elles sont déposées par pulvérisation cathodique assistée par champ magnétique,
- elles ont une épaisseur supérieure à 2 nm, de préférence comprise entre 4 et 200 nm.
Les couches diélectriques sont classiquement choisies parmi les couches à base d’oxyde, à base de nitrure ou à base d’oxynitrure. Les couches à base d’oxyde d’un ou plusieurs éléments comprennent essentiellement de l’oxygène et très peu d’azote. Les couches à base d’oxyde comprennent notamment au moins 90 % en pourcentage atomique d’oxygène par rapport à l’oxygène et l’azote dans ladite couche. Les couches à base de nitrure comprennent essentiellement de l’azote et très peu d’oxygène. Les couches à base nitrure
comprennent au moins 90 % en pourcentage atomique d’azote par rapport à l’oxygène et l’azote dans ladite. Les couches à base d’oxynitrure comprennent un mélange d’oxygène et d’azote. Les couches à base d’oxynitrure de silicium comprennent 10 à 90 % (bornes exclues) en pourcentage atomique d’azote par rapport à l’oxygène et l’azote dans ladite couche.
Les quantités d’oxygène et d’azote dans une couche sont déterminées en pourcentages atomiques par rapport aux quantités totales d’oxygène et d’azote dans la couche considérée.
Les couches diélectriques sont classiquement choisies parmi:
- les couches comprenant du silicium, de l’aluminium et/ou du zirconium, éventuellement dopé à l’aide d’au moins un autre élément,
- les couches à base d’oxyde de zinc et d’étain,
- les couches à base d’oxyde de titane,
- les couches à base d’oxyde de zinc.
Les couches diélectriques, outre leur fonction optique, peuvent avoir différentes autres fonctions. A titre d’exemple, on peut citer les couches stabilisantes, les couches de lissage, et les couches barrières.
On entend par couches diélectriques à fonction barrière (ci-après couche barrière), une couche en un matériau apte à faire barrière à la diffusion de l'oxygène et de l’eau à haute température, provenant de l'atmosphère ambiante ou du substrat transparent, vers la couche fonctionnelle. De telles couches diélectriques sont choisies parmi:
- les couches comprenant du silicium telles que les couches choisies parmi les oxydes tels que SiÛ2 et AI2O3, les nitrures tels que SisN4 et AIN, et les oxynitrures tels que SiOxNy, AlOxNy éventuellement dopés à l’aide d’au moins un autre élément,
- les couches comprenant de l’aluminium,
- les couches à base d’oxyde de zinc et d’étain,
- les couches à base d’oxyde de titane.
Les couches comprenant du silicium comprennent au moins 50 % en masse de silicium par rapport à la masse de tous les éléments constituant la couche comprenant du silicium autres que de l’azote et de l’oxygène.
Les couches comprenant du silicium peuvent être choisies parmi les couches à base d’oxyde, à base de nitrure ou à base d’oxynitrure telles que les couche à base d’oxyde de silicium, les couches à base de nitrure de silicium et les couches à base d’oxynitrure de silicium.
Les couches à base d’oxyde de silicium comprennent au moins 90 % en pourcentage atomique d’oxygène par rapport à l’oxygène et l’azote dans la couche à base d’oxyde de silicium. Les couches à base nitrure de silicium comprennent au moins 90 % en pourcentage atomique d’azote par rapport à l’oxygène et l’azote dans la couche à base de nitrure de silicium. Les couches à base d’oxynitrure de silicium comprennent 10 à 90 % (bornes exclues)
en pourcentage atomique d’azote par rapport à l’oxygène et l’azote dans la couche à base d’oxyde de silicium. De préférence, les couches à base d’oxyde de silicium sont caractérisées par un indice de réfraction à 550 nm, inférieur ou égale à 1 ,55. De préférence, les couches à base de nitrure de silicium sont caractérisées par un indice de réfraction à 550 nm, supérieur ou égale à 1 ,95.
Les couches comprenant du silicium peuvent comprendre ou être constituées d’éléments autres que le silicium, l’oxygène et l’azote. Ces éléments peuvent être choisis parmi l’aluminium, le bore, le titane, et le zirconium. Les couches comprenant du silicium peuvent comprendre au moins 2 %, au moins 5 % ou au moins 8 % en masse d’aluminium par rapport à la masse de tous les éléments constituant la couche comprenant du silicium autres que de l’oxygène et l’azote.
Les couches comprenant de l’aluminium peuvent être choisies parmi les couches à base d’oxyde, à base de nitrure ou à base d’oxynitrure telles que les couches à base d’oxyde de d’aluminium tels que AI2O3, les couches à base de nitrure d’aluminium tels que AIN et les couches à base d’oxynitrure d’aluminium tels AlOxNy.
De préférence, les couches barrières sont des couches choisies parmi les couches comprenant du silicium, les couches à base d’oxyde de titane et les couches à base d’oxyde de zinc et d’étain.
Les couches diélectriques peuvent être des couches dites stabilisantes. Au sens de l'invention, « stabilisante » signifie que l'on sélectionne la nature de la couche de façon à stabiliser l'interface entre la couche fonctionnelle et cette couche. Cette stabilisation conduit à renforcer l'adhérence de la couche fonctionnelle aux couches qui l'entourent. Les couches stabilisantes sont de préférence des couches à base d’oxyde de zinc éventuellement dopé, par exemple, par de l’aluminium. L’oxyde de zinc est cristallisé. La couche à base d’oxyde de zinc comprend, par ordre de préférence croissant au moins 90,0 %, au moins 92 %, au moins 95 %, au moins 98,0 % en masse de zinc par rapport à la masse d’éléments autres que de l’oxygène dans la couche à base d’oxyde de zinc.
La ou les couches diélectriques stabilisantes peuvent se trouver directement au contact d’une couche fonctionnelle ou séparées par une couche de blocage.
De préférence, la dernière couche diélectrique de chaque revêtement diélectrique situé en-dessous d’une couche fonctionnelle est une couche diélectrique stabilisante. En effet, il est avantageux d'avoir une couche stabilisante, par exemple, à base d'oxyde de zinc en-dessous d’une couche fonctionnelle, car elle facilite l'adhésion et la cristallisation de la couche fonctionnelle à base d'argent et augmente sa qualité et sa stabilité.
Il est également avantageux d’avoir une couche stabilisante, par exemple, à base d'oxyde de zinc au-dessus d’une couche fonctionnelle, pour en augmenter l'adhésion et s'opposer de manière optimale à la diffusion du côté de l'empilement opposé au substrat.
La ou les couches diélectriques stabilisantes peuvent donc se trouver au-dessus et/ou en dessous d’au moins une couche fonctionnelle ou de chaque couche fonctionnelle, soit directement à son contact ou soit séparées par une couche de blocage.
Avantageusement, chaque couche diélectrique à fonction barrière est séparée d’une couche fonctionnelle par au moins une couche diélectrique à fonction stabilisante.
Les couches d’oxyde de zinc ont, par ordre de préférence croissant, une épaisseur :
- d'au moins 3,0 nm, d'au moins 4,0 nm, d'au moins 5,0 nm, et/ou
- d’au plus 15 nm, d’au plus 10 nm, d’au plus 8,0 nm.
La somme des épaisseurs physiques de toutes les couches comprenant du silicium de chaque revêtement diélectrique est supérieure à 50 %, 60 % ou 70 % de l’épaisseur totale du revêtement diélectrique considéré.
Selon un mode de réalisation, la somme des épaisseurs physiques de toutes les couches d’oxyde de chaque revêtement diélectrique est supérieure à 50 %, 60 %, 70 %, 80 %, 90 % 95 % ou 99 % de l’épaisseur totale du revêtement diélectrique.
Un mode de réalisation particulièrement avantageux concerne un substrat revêtu d’un revêtement comprenant, en partant du substrat:
- un premier revêtement diélectrique comprenant au moins une couche à fonction barrière et une couche diélectrique à fonction stabilisante,
- une première couche fonctionnelle,
- éventuellement une couche de blocage,
- un deuxième revêtement diélectrique comprenant au moins une couche diélectrique à fonction stabilisante et une couche à fonction barrière.
Un mode de réalisation particulièrement avantageux concerne un substrat revêtu d’un revêtement comprenant en partant du substrat:
- un premier revêtement diélectrique comprenant au moins une couche à fonction barrière et une couche diélectrique à fonction stabilisante,
- une première couche fonctionnelle,
- éventuellement une couche de blocage,
- un deuxième revêtement diélectrique comprenant au moins une première couche diélectrique à fonction stabilisante, une couche à fonction barrière et une seconde couche diélectrique à fonction stabilisante,
- une deuxième couche fonctionnelle,
- éventuellement une couche de blocage,
- un troisième revêtement diélectrique comprenant au moins une couche diélectrique à fonction stabilisante et une couche à fonction barrière.
Les revêtements chauffants convenant selon l’invention sont notamment décrits dans la demande WO 2020/120879. Le revêtement chauffant comprend au moins une couche électroconductrice qui est une couche d’oxyde conductrice transparente.
Le chauffage se fait par effet Joule. Le revêtement chauffant est alimenté par l’intermédiaire d’électrodes mises sous tension. Le chauffage homogène d’une forme non rectangulaire ou carré est impossible avec une couche de conductivité électrique homogène.
Pour homogénéiser le chauffage sur des surfaces complexes, la couche électroconductrice peut présenter un gradient de conductivité électrique. Ce gradient peut être obtenu par un gradient d’épaisseur. De fortes variations d’épaisseur de couche permettent de limiter la densité de courant dans certaines parties de la surface chauffante.
Pour homogénéiser le chauffage, la couche électroconductrice peut également comprendre des lignes d’ablation, appelées lignes de séparation de flux ou plus communément lignes de flux telles que décrites dans le brevet EP1897412-B1 , qui guident le flux de courant électrique.
Ces deux stratégies peuvent être employées en combinaison.
La couche d’oxyde conducteur (couche électro conductrice) présente une ou plusieurs des caractéristiques suivantes :
- elle est située sur la face orientée vers l’intérieur du premier substrat ou sur la face orientée vers l’extérieur du second substrat, et/ou
- elle comprend une couche d’oxyde conductrice à base d’oxyde métallique dopé tel que l’oxyde d’indium dopé à l’étain (ITO « Indium Tin Oxide »), l’oxyde de zinc dopé à l’aluminium (AZO, « Aluminum Zinc Oxide », l’oxyde d’étain dopé au fluor (SnO2:F), et/ou
- elle a une épaisseur de 2 à 1600 nm, de préférence 25 à 500 nm ou 50 à 300 nm, et/ou
- elle a une épaisseur supérieure à 50 nm, supérieure à 100 nm, supérieure à 150 nm, cela signifie qu’elle présente cette épaisseur sur au moins une partie de la surface du substrat, et/ou
- elle présente un gradient d’épaisseur, c’est-à-dire une variation de son épaisseur, cela se traduit par exemple par l’existence d’au moins deux zones d’épaisseur différentes et d’un rapport d’épaisseur entre ces deux zones supérieur à 2, 3, 4 ou 6, et/ou
- elle présente des lignes de flux pour guider le courant électrique ayant de préférence une largeur comprise entre 5 et 1000 pm.
Le rapport d’épaisseur entre ces deux zones d’épaisseurs différentes correspond donc au rapport de l’épaisseur de la couche la plus épaisse sur l’épaisseur de la couche la moins épaisse.
De préférence, les substrats de verre minéral qui constituent le vitrage sont en verre sodocalcique, aluminosilicate ou borosilicate.
De préférence, les intercalaires de feuilletage comprennent une ou plusieurs feuilles de polymères organiques. Les polymères organiques sont choisis parmi le butyral de polyvinyl (PVB), les polyuréthanes (PU), les polyurées, l’éthylène acétate de vinyle (EVA), les polyoléfine (dont polyéthylène (PE), polypropylène (PP) ou polyisobutylène (P-IB)), le polychlorure de vinyle et ses dérivés (par exemple poly(dichlorure de vinyle) (PVDC)), les polymères styréniques (par exemple polystyrène (PS), acrylostyrène butadiène (ABS), styrène acrylonitrile (SAN)), les polyacryliques (dont polyacrylonitrile (PAN) et le poly(méthacrylate de méthyle) (PMMA) ), les polyester (dont poly(téréphtalate d’éthylène) (PET) et poly(téréphtalate de butylène) (PBT)), le polyoxyméthylène (POM), les polyamides (PA), les polymères fluorés tel que polychlorotrifluoroéthylène (PCTFE), les polycarbonates (PC), les polysulfones aromatiques dont polysulfone (PSU), les polyphénylène éther (PPE), les époxy (EP) seuls ou en mélange et/ou copolymère de plusieurs d’entre eux.
Selon des caractéristiques préférées du vitrage feuilleté de l’invention :
- le vitrage feuilleté comprend une troisième feuille de verre reliée à la seconde feuille de verre par un second intercalaire, et/ou
- le premier substrat de verre présente une épaisseur comprise entre 0,5 et 5 mm, de préférence entre 2 et 4 mm, et/ou
- le second substrat de verre, et le cas échéant le troisième substrat de verre, sont en verre d’épaisseur comprise entre 4 et 10 mm, et/ou
- lesdits intercalaires sont en polyuréthane (PU), polyvinylbutyral (PVB), éthylène - acétate de vinyle (EVA) ou équivalent, et/ou
- le premier intercalaire est en polyurethane, et/ou
- le second intercalaire est en polyvinylbutyral (PVB), et/ou
- l’épaisseur du premier intercalaire est compris entre 2 et 10, de préférence 4 et 8 mm, et/ou
- l’épaisseur du seconde intercalaire est compris entre 0,5 et 4, de préférence, au plus égale à 2 mm, et/ou
- il présente une sélectivité supérieur à 1 ,4 ou 1 ,5, et/ou
- il présente une transmission lumineuse d’au moins 65 % ou d’au moins 68 %.
Un autre objet de l’invention consiste en l’utilisation du vitrage feuilleté décrit ci- dessus comme vitrage de bâtiment, de véhicule terrestre, aérien ou aquatique, ou pour le mobilier urbain, en particulier comme vitrage de cockpit de véhicule aérien.
La figure 1 représente schématiquement une vue transversale en coupe d’un mode de réalisation du vitrage feuilleté de l’invention pour cockpit. Un vitrage feuilleté selon l’invention comprend donc :
- un premier substrat de verre S1 constituant une face extérieure du vitrage bombé et trempé chimiquement, par exemple de 3 mm d’épaisseur,
- un premier intercalaire 11 de polyuréthane (PU), par exemple de 5 mm d’épaisseur,
- un second substrat de verre S2 bombé et trempé chimiquement, par exemple de 6 mm d’épaisseur,
- un second intercalaire 12 de polyvinylbutyral (PVB) de 1 ,1 mm d’épaisseur,
- un troisième substrat de verre bombé et trempé chimiquement, par exemple de 6 mm d’épaisseur,
- deux revêtements R1 et R2 dont un revêtement chauffant et un revêtement contrôle solaire.
De préférence, tout le bord périphérique du vitrage feuilleté est recouvert par un joint (J). Cela inclut le chant du premier substrat de verre, le chant du premier intercalaire, une partie de la surface du second substrat de verre débordant du premier substrat de verre, le chant du second substrat de verre, le chant du deuxième intercalaire et le chant du troisième substrat de verre.
Le vitrage feuilleté comprend en outre :
- un revêtement chauffant,
- un revêtement contrôle solaire comprenant au moins une couche à base d’argent, le revêtement chauffant et le revêtement contrôle solaire se trouvent chacun au contact du premier intercalaire de feuilletage, sur une face du premier substrat et sur une face du deuxième substrat.
Exemples
I. Matériaux et revêtements
1. Généralité
Dans ces exemples, les substrats de verre sont des substrats de verre de type aluminosilicate trempés chimiquement et bombés.
Les premiers intercalaires de feuilletages sont des intercalaires en polyuréthane de 6,5 mm. Les seconds intercalaires sont des intercalaires en PVB de 1 ,1 mm d’épaisseur.
Pour l’exemple comparatif, un intercalaire PVB contrôle solaire a été utilisé. Il s’agit du produit Saflex® solar SH41 présentant les caractéristiques suivantes selon la norme ISO 9050 :
- Transmission solaire : 51 %, Réflexion solaire : 5%, Absorption solaire : 43 %,
- Transmission lumineuse : 83 % et réflexion lumineuse : 7%.
2. Revêtements chauffants
Le revêtement chauffant ITO14 est constitué d’une couche d’oxyde d’étain et d’indium de 140 nm. Cette couche a été déposée par pulvérisation magnétron sur un substrat de verre de 3 mm. Elle présente une résistance de couche de 14 Q/n mesurée par induction.
Le revêtement chauffant ITO11 est constitué d’une couche d’oxyde d’étain et d’indium de 180 nm. Cette couche est déposée par pulvérisation magnétron sur un substrat de verre de 3 mm.
Elle présente une résistance de couche de 11 Q/n mesurée par induction.
3. Revêtements contrôle solaire
Les couches métalliques fonctionnelles (F) sont des couches d’argent (Ag). Les couches de blocage sont des couches métalliques de titane (Ti). Les revêtements diélectriques comprennent des couches barrières et des couches stabilisantes. Les couches barrières sont à base d’oxyde de titane et à base d’oxyde de zinc et d’étain. Les couches stabilisantes sont à base d’oxyde de zinc (ZnO).
Les conditions de dépôt des couches, qui ont été déposées par pulvérisation (pulvérisation dite « cathodique magnétron »), sont résumées dans le tableau 1 .
[Tableau 1]
Pds : Poids ; at : Atomique
Des revêtements contrôle solaire définis ci-après sont déposés sur des substrats en verre d’une épaisseur de 6 mm.
Le tableau 2 liste les matériaux et les épaisseurs physiques en nanomètres (sauf autre indication) de chaque couche ou revêtement qui constitue les revêtements en fonction de leur position vis-à-vis du substrat porteur de l’empilement (dernière ligne en bas du tableau).
CB : Couche de blocage ; CF : Couche fonctionnelle ; RD : Revêtement diélectrique.
II. Configurations : vitrage pour l’aéronautique
Les vitrages feuilletés présentent la configuration suivante : un premier substrat de verre S1 de 3 ou 6 mm d’épaisseur éventuellement revêtu en face 2 d’un revêtement / un premier intercalaire de polyuréthane (PU) / un second substrat de verre S2 de 3 ou 6 mm d’épaisseur éventuellement revêtu d’un revêtement en face 3 / un second intercalaire de polyvinylbutyral (PVB) / un troisième substrat de 6 mm d’épaisseur.
Les vitrages de référence ne comprennent pas de revêtement contrôle solaire.
Les vitrages selon l’invention comprennent un revêtement contrôle solaire et un revêtement chauffant sur la face 2 ou 3 du vitrage.
Le vitrage Comp.1 comprend comme second intercalaire un PVB contrôle solaire.
Le tableau ci-dessous reprend les différentes configurations testées.
1. Premiers essais
Les performances sur les vitrages Ref.1, lnv.1, lnv.2 et lnv.3 ont été obtenues par simulation.
As (%) par rapport à la référence
2. Seconds essais
Les vitrages Ref.2, comp.1 et lnv.4 et lnv.5 sont des échantillons physiques.
L’invention permet d’obtenir un vitrage feuilleté très satisfaisant pour l’aéronautique.
L’invention permet une amélioration de la sélectivité significative par rapport à un vitrage sans revêtement contrôle solaire (comparaison des vitrages de l’invention et de Ref). Les vitrages de l’invention présentent une sélectivité d’au moins 1 ,40.
En comparant les « premiers essais » aux « second essais », une baisse de sélectivité est observée. Cela est dû en partie au fait que le revêtement chauffant ITO11 est moins transparent que le revêtement chauffant ITO14. Pour obtenir des vitrages présentant une transmission lumineuse élevée, des revêtements fonctionnels moins absorbants ont été utilisés.
Pour un vitrage à une seule couche d’argent, on obtient une forte transmission lumineuse et une amélioration de la sélectivité (lnv.1 et lnv.4). L’utilisation d’un revêtement à deux couches d’argent permet également d’obtenir une sélectivité élevée mais au détriment de la
transmission lumineuse (diminution de plusieurs points de TL par rapport au revêtement à une seule couche d’argent).
L’ajout d’un revêtement contrôle solaire peu absorbant selon l’invention permet une diminution drastique de la transmission énergétique, notamment au moins 16 points de pourcentage pour un revêtement à une couche d’argent (lnv.4 vs Ref.2) et au moins 20 points de pourcentage pour un revêtement à deux couches d’argent (lnv.5 vs Ref.2).
Il permet également une diminution drastique du facteur solaire.
Le vitrage Comp.1 ne permet pas d’obtenir des effets aussi avantageux que ceux de l’invention.
Les vitrages selon l’invention offrent un bon compromis entre transmission lumineuse et sélectivité élevée et bas facteur solaire.
Les figures 2 et 3 représentent pour les exemples Ref.2, Comp.1 , lnv.4 et lnv.5, respectivement la transmission et la réflexion en fonction de la longueur d’onde.
Il apparait clairement sur la figure 2 que les exemples selon l’invention lnv.4 et lnv.5 et l’exemple comp.1 présentent tous deux des spectres en transmission similaire. Ils permettent tous de mieux filtrer le rayonnement infrarouge et de laisser passer le rayonnement visible par rapport à l’exemple de référence.
En revanche, on constate sur la figure 3 que les spectres en réflexion sont très différents. Cela explique les différences significatives pour le facteur solaire.
Les vitrages selon l’invention présentent un couple transmission lumineuse et sélectivité élevées.