COMPOSITIONS DIÉLECTRIQUES À PROPRIÉTÉS AMÉLIORÉES
[0001] La présente invention concerne des fluides diélectriques utilisables dans divers types d’équipements électriques ou électroniques, et en particulier dans les transformateurs, les condensateurs, les câbles, les transformateurs de mesure, les traversées (« bushing » en langue anglaise), les changeurs de prise en charge (« load tap changers » en langue anglaise), pour ne citer que les principaux d’entre eux.
[0002] Les fluides diélectriques utilisés aujourd’hui sont des huiles isolantes et possédant des caractéristiques de fluide caloporteurs afin de permettre de dissiper les calories générées éventuellement par les fonctionnements de ces équipements. [0003] Le problème rencontré actuellement avec les fluides diélectriques communément utilisés dans ces équipements électriques est que ces fluides présentent généralement des points éclair relativement bas, conduisant ainsi à des risques élevés d’incendie, en raison des décharges électriques relativement fréquentes lors du fonctionnement de ces équipements électriques.
[0004] Ce problème d’inflammabilité ne se présentait pas avec les fluides diélectriques de type PolyChloroBiphényles (PCB), qui étaient d’usage courant jusque dans les années 70, et qui sont maintenant interdits en raison de leur persistance dans le milieu animal (bio-accumulation) et dans l’environnement. [0005] Ces PCB sont maintenant remplacés par d’autres fluides diélectriques qui sont le plus souvent des composés ou compositions avec des points éclairs ne permettant pas d’éviter tout risque d’incendie dans les équipements électriques, comme explicité ci-dessus.
[0006] Or, pour des raisons évidentes de sécurité incendie, notamment dans des endroits confinés ou en souterrain, la non-inflammabilité est une propriété indispensable pour un fluide diélectrique présent dans un équipement électrique. [0007] Par ailleurs un fluide diélectrique doit présenter une certaine permittivité, afin d’optimiser le fonctionnement des appareils électriques tout en maintenant à un niveau acceptable les pertes de puissance par échauffement.
[0008] Il reste donc aujourd’hui un besoin pour des fluides diélectriques peu inflammables voir non inflammables et présentant des caractéristiques de permittivité compatibles avec les équipements électriques.
[0009] Les inventeurs ont maintenant découvert de manière surprenant que les objectifs précités peuvent être atteints en totalité ou au moins en partie grâce à l’invention dont la description suit.
[0010] Ainsi, et selon un premier aspect, la présente invention concerne l’utilisation d’une composition comprenant : a) au moins un fluide diélectrique, et b) au moins un hydrocarbure halogéné, comme fluide isolant dans un équipement électrique.
[0011] Il a en effet été découvert que grâce à l’utilisation de cette composition, les risques d’incendie sont grandement diminués, voire supprimés. En outre, les propriétés diélectriques notamment en terme de permittivité sont le plus souvent conservées, voire améliorées.
[0012] Selon la présente invention, la composition comprend au moins un fluide diélectrique choisi parmi les fluides diélectriques bien connus de l’homme du métier. Ces fluides diélectriques sont principalement et le plus communément choisis parmi les huiles diélectriques minérales, synthétiques et végétales et leurs mélanges. Par « fluide diélectrique », on entend, au sens de la présente invention, un fluide qui ne conduit pas (ou peu) l'électricité mais laisse s'exercer les forces électrostatiques. [0013] De préférence, le fluide diélectrique comprend au moins un fluide diélectrique choisi parmi les huiles diélectriques minérales et les huiles diélectriques synthétiques, les huiles végétales, ainsi que leurs mélanges en toutes proportions. Les huiles diélectriques synthétiques sont préférées.
[0014] Selon un mode de réalisation de l’invention, le fluide diélectrique comprend au moins une huile diélectrique minérale. Des exemples non limitatifs de telles huiles diélectriques minérales comprennent les huiles paraffiniques et les huiles naphténiques, telles que les huiles diélectriques de la famille Nytro, commercialisés par le société Nynas (en particulier Nytro Taurus, Nytro Libra, Nytro 4000X et Nytro 10XN), et Dalia, commercialisé par la société Shell.
[0015] Selon un autre mode de réalisation de l’invention, le fluide diélectrique est une huile diélectrique synthétique. Des exemples non limitatifs de telles huiles
synthétiques comprennent les hydrocarbures aromatiques, les hydrocarbures aliphatiques, les huiles silicones, et les esters, ainsi que les mélanges de deux ou plusieurs d’entre elles en toutes proportions.
[0016] Parmi les hydrocarbures aromatiques, on peut citer, de manière non limitative, les alkylbenzènes, les alkyldiphényléthanes (par exemple phénylxylyléthane (PXE), phényléthylphényléthane (PEPE), mono-isopropyl- biphényle (MIPB), 1 ,1 -diphényléthane (1 ,1 -DPE), les alkylnaphtalènes (par exemple di-iso-propylnaphtalène (DIPN)), les méthylpolyarylméthanes (par exemple benzyltoluène (BT) et dibenzyltolulène DBT), et leurs mélanges. Dans lesdits hydrocarbures aromatiques, il doit être compris qu’au moins un cycle est aromatique et que, éventuellement, un ou plusieurs autres cycle(s) présent(s) peuvent être partiellement ou totalement insaturé(s). Des exemples tout particulièrement préférés sont les fluides diélectriques commercialisés par Soltex Inc, par la société Arkema sous le nom de Jarylec®, et le SAS 60E de la société JX Nippon Chemical Texas Inc.
[0017] Parmi les hydrocarbures aliphatiques, on peut citer de manière non limitative, les poly (apha)oléfines (PAO), par exemple les polyisobutène (PIB) ou les oléfines de type vinylidène, telles que celles commercialisées par exemple par la société Soltex Inc.
[0018] Parmi les huiles silicones, on peut citer de manière non limitative, les huiles silicones linéaires de types polydiméthylsiloxanes, telles que par exemple celles commercialisées par la société Wacker sous la dénomination Wacker® AK.
[0019] Parmi les esters synthétiques, on peut citer de manière non limitative les esters de type phtalique tels que le dioctylphtalate (DOP) ou le di-isononylphtalate (DINP) (commercialisé par exemple par la société BASF).
[0020] On peut également citer de manière non limitative les esters issus de la réaction entre un polyalcool et un acide organique, en particulier un acide choisi parmi les acides organiques en CA à C22, saturés ou insaturés. À titre d’exemples non limitatifs de tels acides organiques, on peut citer l’acide undécanoïque, l’acide heptanoïque, l’acide octanoïque, l’acide palmitique, et leurs mélanges. Parmi les polyols qui peuvent être utilisés pour la synthèse des esters précités, on peut citer, à titre d’exemples non limitatifs, le pentaérhytritol.
[0021] Ainsi les esters synthétiques issus de la réaction entre un polyalcool et un acide organique sont par exemple les produits de la gamme Midel®, comme par exemple le Midel® 7131 , ou de la gamme Mivolt®, comme par exemple le Mivolt® DFK et le Mivolt® DF7 de la société M&l Materials, ou encore les esters de la gamme Nycodiel de la société Nyco.
[0022] Parmi les esters naturels et les huiles végétales, on peut citer de manière non limitative, les produits issus de graines huileuses ou d’autres sources d’origine naturelle. On peut citer à titre d’exemple et de manière non limitative le FR3™ ou encore l’Envirotemp™ commercialisés par la société Cargill ou encore le Midel eN 1215 commercialisé par la société M&l Materials.
[0023] Dans l’utilisation selon la présente invention, la composition comprend en outre au moins un hydrocarbure halogéné. L’hydrocarbure halogéné peut être de tout type bien connu de l’homme du métier choisi parmi les hydrocarbures halogénés en tant que tels, les cétones fluorées, les éthers fluorés, et leurs mélanges, et de préférence les hydrocarbures comprenant au moins un atome d’halogène choisi parmi fluor, chlore, brome et iode, et de préférence encore choisi parmi les hydrocarbures fluorés, chlorés, fluorochlorés, et leurs mélanges en toutes proportions. Au sens de la présente invention, par « hydrocarbure halogéné », on entend un hydrocarbure halogéné non aromatique, c’est-à-dire ne comportant pas de cycle aromatique.
[0024] Par « hydrocarbures halogénés » on entend plus particulièrement les hydrocarbures précités, éventuellement oxygénés, et qui comprennent un ou plusieurs atomes d’halogène, venant en substitution d’un ou plusieurs des atomes d’hydrogène présents dans l’hydrocarbure. Lorsque tous les atomes d’hydrogène sont substitués par des atomes d’halogène, on parle alors d’hydrocarbures perhalogénés.
[0025] Parmi les hydrocarbures halogénés qui peuvent être utilisés dans le cadre de la présente invention, on peut citer les hydrofluorocarbures, les hydrochlorofluorocarbures, les hydrofluoro-oléfines, les hydrochloro-oléfines et les hydrochlorofluoro-oléfines. Parmi les hydrocarbures halogénés, qui peuvent être de tous types bien connus de l’homme du métier, on préfère ceux qui répondent à la norme ANSI/ASHRAE 34-2019 (ISSN 1041 -2336) et notamment les hydrocarbures
halogénés peu inflammables, voire ininflammables, et plus particulièrement ceux répondant à la classification A1 , B1 , A2L, B2L, A2 ou B2.
[0026] De manière préféré, les hydrocarbures halogénés sont choisis parmi ceux ayant une classification A1 ou B1 ouA2L ou B2L, et de manière tout particulièrement préférée parmi ceux ayant une classification A1 ou B1.
[0027] Parmi les hydrocarbures halogénés, on peut citer les hydrofluorocarbures, les hydrochlorofluorocarbures, les hydrofluoro-oléfines, les hydrochloro-oléfines et les hydrochlorofluro-oléfines.
[0028] À titre d’exemples non limitatifs, les hydrocarbures halogénés comprennent le 1 ,1 ,1 ,4,4,4-hexafluorobut-2-ène (HFO-1336mzz, isomère E ou Z), le 1 -chloro-
3.3.3-trifluoropropène (HCFO-1233zd, isomère E ou Z), le 3,3,4,4,4-pentafluorobut- 1-ène (FIFO-1345fz), le 2,4,4,4-tétrafluorobut-1 -ène (FIFO-1354mfy), le 1 ,1 ,2- trifluoroéthylène (FIFO-1123), le 1 ,1 ,1 ,3,3-pentafluoropropane (FIFC-245fa), le
2.3.3.3-tétrafluoropropène (FIFO-1234yf), le 1 ,3,3,3-tétrafluoropropène
(FIFO-1234ze, isomère E ou Z), le difluorométhane (FIFC-32), le 1 ,1 ,1 ,2-tétra- fluoroéthane (FIFC-134a), le 1 ,1 ,2,2-tétrafluoroéthane (HFC-134), le 1 ,1 -difluoro- éthane (FIFC-152a), le pentafluoroéthane (HFC-125), le 1 ,1 ,1 ,3,3-pentafluoro- butane (FIFC-365mfc), le fluoroéthane (HFC-161 ), le 1 ,1 ,1 ,2,3,3,3-heptafluoro- propane (FIFC-227ea), le 1 ,1 ,1 -trifluoropropane (HFC-263fb), le 1 ,2-dichloro- éthylene (E ou Z), et les mélanges de deux ou plusieurs d’entre eux, en toutes proportions.
[0029] Parmi les cétones fluorées, on peut citer par exemple les monocétones fluorées, les monocétones perfluorées tels que la 1 ,1 ,1 ,2,2,4,5,5,5-nonafluoro-4- (trifluorométhyl)-3-pentanone (Novec™ 649 de la société 3M™).
[0030] Parmi les éthers fluorés, on peut citer par exemple les hydrofluoroéthers tel que le méthoxynonafluorobutane (HFE7100), l’éthoxy-nonafluorobutane (HFE- 7200), le 1 -méthoxyheptafluoropropane (FIFE-7000), les Novec™ 7000, 7100, 7200 de la société 3M™), les perfluoropolyéthers de la gamme Galden® de la société Solvay, et les mélanges de deux ou plusieurs d’entre eux, en toutes proportions. [0031] L’hydrocarbure halogéné utilisé dans le cadre de la présente peut comprendre un ou plusieurs, par exemple deux, ou trois, ou quatre ou cinq, composés, tels que décrits ci-dessus.
[0032] Selon encore un autre mode de réalisation préféré de la présente invention, on préfère les hydrocarbures halogénés choisis parmi ceux présentant un bas Potentiel de Réchauffement Planétaire (PRP) ou en langue anglaise « Global Warming Potential » (GWP), comme défini dans la réglementation européenne F- Gaz (UE) N°517/2014, en vigueur en Europe depuis Janvier 2015 et qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour les hydrocarbures halogénés. [0033] Avantageusement, les hydrocarbures halogénés préférés de la présente invention sont choisis parmi ceux ayant PRP strictement inférieur à 2500, mieux encore un PRP strictement inférieur à 1500, plus avantageusement encore un PRP strictement inférieur à 1000, et notamment ceux ayant un PRP strictement inférieur à 300 et de manière tout particulièrement préférée un PRP strictement inférieur à 150, voire strictement inférieur à 10.
[0034] Selon encore un autre mode de réalisation de l’invention, les hydrocarbures halogénés préférés présentent un point d’ébullition supérieur ou égal à 10° C et de manière plus préférée un point d’ébullition supérieur ou égal à 18°C. Un mode particulièrement préféré selon l’invention est l’utilisation d’hydrocarbure halogéné avec un point d’ébullition supérieur ou égal à 25°G
[0035] On préfère tout particulièrement les hydrocarbures halogénés connus sous les acronymes CFC, HCFO, HFC, HFE, HFO et notamment ceux choisis parmi le 1 ,1 ,1 ,4,4,4-hexafluorobut-2-ène (HFO-1336mzz, isomère E ou Z), le 1 -chloro-3,3,3- trifluoropropène (FICFO-1233zd, isomère E ou Z), le 3,3,4,4,4-pentafluorobut-1 -ène (FIFO-1345fz), le 2,4,4,4-tétrafluorobut-1 -ène (FIFO-1354mfy), le 1 ,1 ,2-trifluoro- éthylène (HFO-1123), le 1 ,1 ,1 ,3,3-pentafluoropropane (HFC-245fa), le 2,3,3,3-tétrafluoropropène (HFO-1234yf), le 1 ,3,3,3-tétrafluoropropène (HFO-1234ze, isomère E ou Z), le difluorométhane (HFC-32), le 1 , 1 ,1 ,2- tétrafluoroéthane (HFC-134a), le 1 ,1 ,2,2-tétrafluoroéthane (HFC-134), le 1 ,1 - difluoroéthane (HFC-152a), le pentafluoroéthane (HFC-125), le 1 ,1 ,1 ,3,3- pentafluorobutane (HFC-365mfc), le fluoroéthane (HFC-161 ), le 1 ,1 ,1 ,2,3,3,3 heptafluoropropane (HFC-227ea), le 1 ,1 ,1 -trifluoropropane (HFC-263fb), les HFE Novec™ 7000, Novec™ 7200, les cétones halogénées Novec™ 649 et les mélanges de deux ou plusieurs d’entre eux en toutes proportions, pour ne citer que les hydrocarbures halogénés principaux, et plus particulièrement encore ceux choisis parmi les HFO F1233zd E, F1233zd Z, F1336mz Z, les HFE Novec™ 7000,
Novec™ 7200, les cétones halogénées Novec™ 649, les perfluoropolyéthers de la gamme Galden®, notamment HT55 à H270, ainsi que les mélanges de deux ou plusieurs de ces hydrocarbures halogénés principaux, en toutes proportions.
[0036] Dans un mode de réalisation tout particulièrement préféré, l’hydrocarbure halogéné comprend le HFO-1233zd sous forme E ou Z, et de préférence encore le HFO-1233zd E.
[0037] Il a été observé de manière surprenante que l’ajout d’au moins un hydrocarbure halogéné dans au moins un fluide diélectrique permet d’obtenir une composition ininflammable, ou tout au moins avec un point éclair très élevé, tout en conservant les propriétés diélectriques requises dans les équipements électriques. [0038] Dans un mode de réalisation préféré de l’invention, la quantité dudit au moins un hydrocarbure halogéné est comprise entre 0 et 100%, bornes exclues, de préférence entre 0 et 80%, bornes exclues, de préférence encore entre 0 et 65%, bornes exclues, mieux entre 0 et 50%, bornes exclues, par rapport au poids total de la composition utilisée comme fluide isolant. Avantageusement la quantité dudit au moins un hydrocarbure halogéné est comprise entre 0,1% et 25%, bornes incluses en poids par rapport au poids total de la composition utilisée comme fluide isolant, préférentiellement entre 0,1 % et 20% en poids, de préférence encore entre 0,1 % et 15% en poids, de préférence encore entre 0, 1 % et 10% en poids, avantageusement entre 0,5% et 10% en poids, mieux encore entre 1 % et 10%, bornes incluses, en poids par rapport au poids total de la composition utilisée comme fluide isolant. [0039] La composition utilisable dans le cadre de la présente invention peut en outre comprendre un ou plusieurs additifs et/ou charges bien connus de l’homme du métier, et par exemple choisis parmi, de manière non limitative, les antioxydants, les passivateurs, les abaisseurs de point d’écoulement, les inhibiteurs de décomposition, les parfums et arômes, les colorants, les conservateurs, et autres et leurs mélanges. Un fluide diélectrique tout particulièrement préféré comprend un inhibiteur de décomposition.
[0040] Parmi les antioxydants qui peuvent être avantageusement utilisés dans le fluide diélectrique, on peut citer, à titre d’exemples non limitatifs les antioxydants phénoliques, tels que par exemple le dibutylhydroxytoluène, le butylhydroxyanisole, les tocophérols, ainsi que les acétates de ces anti-oxydants phénoliques ; mais aussi les antioxydants de type amine, tels que par exemple la phényl-a-
naphtylamine, de type diamine, par exemple la N,N’-di-(2-naphtyl )-para- phénylènediamine, mais aussi l’acide ascorbique et ses sels, les esters de l’acide ascorbique, seuls ou en mélanges de deux ou plusieurs d’entre eux ou avec d’autres composants, comme par exemple les extraits de thé vert, les extraits de café.
[0041] Un antioxydant tout particulièrement adapté est celui disponible dans le commerce auprès de la société Brenntag sous la dénomination commerciale lonol®. [0042] Les passivateurs qui peuvent être utilisés comme additifs dans le fluide diélectrique utilisable dans le cadre de la présente invention sont de tout type connu de l’homme du métier et sont avantageusement choisis parmi les dérivés du triazole, les benzimidazoles, les imidazoles, le thiazole, le benzothiazole. À titre d’exemple et de manière non limitative, le dioctylaminométhyl-2,3-benzotriazole et le 2-dodécyldithio-imidazole peuvent être mentionnés.
[0043] Parmi les abaisseurs de point d’écoulement qui peuvent être présents dans le fluide diélectrique utilisable dans le cadre de la présente invention, on peut citer, à titres d’exemples non limitatifs, les esters d’acides gras de sucrose, les polymères acryliques tels que le poly(méthacrylate d’alkyle) ou encore le poly(acrylate d’alkyle).
[0044] Les polymères acryliques préférés sont ceux dont le poids moléculaire est compris entre 50000 g mol 1 et 500000 g mol 1. Des exemples de ces polymères acryliques incluent des polymères pouvant contenir des groupes alkyles linéaires comprenant de 1 à 20 atomes de carbone.
[0045] Parmi ceux-ci, et toujours à titre d’exemples non limitatifs, on peut citer le poly(acrylate de méthyle), le poly(méthacrylate de méthyle), le poly(acrylate d’heptyle), le poly(méthacrylate d’heptyle), le poly(acrylate de nonyle), le poly(méthacrylate de nonyle), le poly(acrylate de undécyle), le poly(méthacrylate de undécyle), le poly(acrylate de tridécyle), le poly(méthacrylate de tridécyle), le poly(acrylate de pentadécyle), le poly(méthacrylate de pentadécyle), le poly(acrylate d’heptadécyle), et le poly(méthacrylate d’heptadécyle).
[0046] Un exemple d’un tel abaisseur de point d’écoulement est disponible dans le commerce auprès de la société Sanyo Chemical Industries, Ltd, sous la dénomination commerciale Aclube.
[0047] Selon un aspect tout particulièrement préféré, le fluide diélectrique utilisable dans le cadre de la présente invention comprend au moins un inhibiteur de décomposition, en tant qu’additif. L’inhibiteur de décomposition peut être de tout type bien connu de l’homme du métier et en particulier peut être choisi parmi les dérivés carbodi-imides tels que le diphényle carbodi-imide, le di-tolylcarbodi-imide, le bis(isopropylphényl)carbodi-imide, le bis(butylphényl)carbodi-imide, mais aussi parmi les phénylglycidyl éthers, ou esters, les alkylglycidyl éthers, ou esters, le carboxylate de 3,4-époxycyclohexylméthyle-(3,4-époxycyclohexane), les composés de la famille des anthraquinones, tels que par exemple la b- méthylanthraquinone commercialisée sous le nom « BMAQ », les dérivés époxydés tels que les vinylcyclohexène diépoxydes, le carboxylate de 3,4-époxy-6- méthylcyclohexylméthyle-(3,4-époxy-6-méthylhexane), les résines époxy type phénol novolak, les diglycidyl éther époxy de bisphénol A, tels que la DGEBA ou la CEL 2021 P, disponibles notamment auprès de la société Whyte Chemicals.
[0048] Selon un mode de réalisation particulier de l’invention, le fluide diélectrique utilisable dans le cadre de la présente invention comprend au moins un inhibiteur de décomposition.
[0049] La teneur en poids de l’additif, ou des additifs éventuellement présent(s) dans la composition utilisable comme fluide isolant dans le cadre de la présente invention peut aller de 0,0001 % à 5% en poids, de préférence de 0,001 % à 3% en poids, plus préférentiellement de 0,01 % à 2% en poids, bornes incluses, par rapport au poids total de la composition.
[0050] La composition selon l’invention est utilisable dans tout type d’équipements électrique.
[0051] Par équipement électrique, on entend tout type d’équipement électrique ou électronique, qu’il s’agisse de transformateurs, d’équipements de stockage sous forme électrostatique, d’éléments de transport d’électricité ou de connectique électrique, tel que transformateurs de puissance, transformateurs de distribution, transformateurs de traction, transformateurs de mesure, transformateurs spéciaux, disjoncteurs, condensateurs, répartiteurs, diviseurs capacitifs, câbles, traversées (« bushing » en langue anglaise), changeurs de prise en charge (« load tap changers » en langue anglaise), et autres, pour ne citer que les principaux équipements électriques ou électroniques comprenant un fluide isolant.
[0052] L’utilisation de la présente invention se caractérise notamment par le fait que le fluide isolant est utilisé tout comme le fluide diélectrique, c’est-à-dire que le fluide isolant comprenant au moins un hydrocarbure halogéné remplace avantageusement le fluide diélectrique utilisé couramment jusqu’à présent.
[0053] Comme indiqué précédemment, il a été observé que le fluide isolant conserve les propriétés diélectriques dudit au moins un fluide diélectrique présent dans la composition, tout en présentant les propriétés d’ininflammabilité souhaitées. [0054] Par ailleurs, il a été observé, également de manière tout à fait surprenante, que le fluide isolant comprenant au moins un fluide diélectrique et au moins un hydrocarbure halogéné présent une permittivité améliorée, et notamment une permittivité plus élevée que la permittivité intrinsèque du fluide diélectrique ou du mélange de fluides diélectriques présent(s) dans la composition.
[0055] Cette augmentation de permittivité trouve une application tout à fait intéressante en ce qu’elle permet de pouvoir augmenter la tension aux bornes de l’équipement électrique, sans en modifier la taille. Par exemple, dans le cas d’un condensateur haute-tension, un gain de 10% en permittivité du fluide isolant pourrait permettre d’augmenter la tension dudit condensateur d’environ 3%.
[0056] Selon un autre aspect, la présente invention concerne une composition comprenant : a) au moins un fluide diélectrique, et b) au moins un hydrocarbure halogéné, tels qu’ils viennent d’être définis.
[0057] Dans un mode de réalisation de l’invention, la quantité dudit au moins un fluide diélectrique est comprise entre 0 et 100%, bornes exclues, de préférence de 20% à 99,5%, de préférence de 40% à 99%, et encore de préférence de 40% à 98 % en poids par rapport au poids total de la composition.
[0058] Par exemple, cette teneur peut être de 20% à 25%, ou de 25% à 30%, ou de 30% à 35%, ou de 35 à 40%, ou de 40% à 45%, ou de 45% à 50%, ou de 50% à 55%, ou de 55% à 60%, ou de 60% à 65%, ou de 65% à 70%, ou de 70% à 75%, ou de 75% à 80%, ou de 80% à 85% ou de 85% à 90%, bornes incluses, en poids par rapport au poids total de la composition selon l’invention.
[0059] Dans un autre mode de réalisation de l’invention, la quantité dudit au moins un hydrocarbure halogéné est comprise entre 0 et 100%, bornes exclues, de
préférence entre 0 et 80%, bornes exclues, de préférence encore entre 0 et 65%, bornes exclues, mieux entre 0 et 50%, bornes exclues, en poids par rapport au poids total de la composition selon l’invention. Avantageusement, la quantité dudit au moins un hydrocarbure halogéné est comprise entre 0,1 % et 45%, bornes incluses en poids par rapport au poids total de la composition selon l’invention, préférentiellement entre 0,1 % et 30% en poids, de préférence encore entre 0,1 % et 20% en poids, mieux encore entre 0,1 % et 15%, de préférence encore entre 0,1 % et 12% en poids, plus préférentiellement entre 0,1 % et 10%, avantageusement entre 0,5% et 10% en poids, mieux encore entre 1 % et 10%, bornes incluses, en poids par rapport au poids total de la composition de l’invention.
[0060] La composition selon l’invention peut être préparée selon tout moyen bien connu de l’homme du métier, par exemple par simple mélange des divers composants de la composition selon l’invention.
[0061] Ainsi, la composition selon la présente invention peut être préparée par mélange sous agitation, de préférence à froid, de préférence à une température inférieure au point d’ébullition de l’hydrocarbure halogéné, soit sous pression atmosphérique, soit sous légère pression, de préférence à pression atmosphérique. [0062] On entend par légère pression, une pression absolue de 5 bars maximum et à 60° C et de manière préférée une pression absoUe de 2 bars à 25 °C.
[0063] Selon un mode de réalisation préféré, le fluide diélectrique est tout d’abord refroidi à une température légèrement inférieure à la température d’ébullition de l’hydrocarbure halogéné. L’hydrocarbure halogéné est additionné doucement dans le fluide diélectrique en maintenant la température du milieu à une température inférieure à la température d’ébullition de l’hydrocarbure halogéné. À la fin de l’addition de l’hydrocarbure halogéné dans le fluide diélectrique le milieu est homogénéisé pendant une période de quelques secondes à plusieurs minutes. De manière préférée l’homogénéisation est effectuée en quelques minutes [0064] Des compositions tout à fait préférées dans le cadre de la présente invention comprennent au moins un fluide diélectrique choisi parmi les huiles synthétiques et au moins un hydrocarbure fluoré ou fluorochloré.
[0065] Une composition particulièrement adaptée comprend un mélange de benzyltoluène et de dibenzyltoluène (tel que Jarylec® de la société Arkema) et au moins un hydrocarbure fluoré ou fluorochloré, tel que par exemple, de manière non
limitative un fluoropropane, un fluoropropène, un chlorofluoropropane, un chlorofluoropropène, et autres ainsi que leurs mélanges de deux ou plusieurs d’entre eux en toutes proportions.
[0066] La composition selon l’invention peut bien entendu comprendre un ou plusieurs additifs et/ou charges, comme déjà décrit plus haut.
[0067] Des compositions tout à fait préférées dans le cadre de la présente invention sont liquides et manipulables à température ambiante et à pression atmosphérique. Des compositions tout à fait préférées ont un GWP bas et de manière totalement préférée un GWP strictement inférieur à 150. [0068] Des compositions tout à fait préférées selon le cadre de l’invention sont monophasique, très préférentiellement à l’état liquide, et présentent des caractéristiques diélectriques appropriées pour être utilisées dans les équipements électriques.
[0069] Comme indiqué précédemment, en raison de son caractère peu inflammable, voire ininflammable, la composition de la présente invention peut être utilisée dans tous types d’équipements, notamment équipements électriques, mais aussi en tant que fluide caloporteur pour les utilisations fours solaires, centrales thermiques (à combustible naturel, fossile, ou nucléaire), systèmes de chauffage industriels (chaudières, échangeurs, réacteurs de synthèse et autres) et pour le transport des calories en général.
Exemples :
[0070] Une composition a été préparée par mélange de 15,55% en poids de HCFO-1233zd E et de 84,45% en poids de Jarylec®C101 , de la société Arkema, dans les conditions présentées dans le Tableau 1 ci-dessous.
- Tableau 1 -
[0071] Une autre composition a été préparée par mélange de 90,16% poids de HCFO-1233zd E et 9,84% en poids de Jarylec®C101 , de la société Arkema, dans les conditions présentées dans le tableau 2 ci-dessous.
-- Tableau 2 --
Mesure du point éclair
[0072] Dans les exemples ci-après, les compositions de fluides diélectriques et d’hydrocarbures halogénés sont préparées par mélange de l’hydrocarbure halogéné dans le fluide diélectrique à une température inférieure de 5°C à celle de la température d’ébullition de l’hydrocarbure halogéné et sous pression atmosphérique. Le mélange des produits est homogène et liquide à température ambiante et pression atmosphérique. [0073] Une partie du liquide est prélevée puis introduite dans l’appareil de mesure de point éclair. La mesure du point éclair est effectuée selon les normes ISO 3679 et ISO 3680, détermination du point éclair, méthode rapide à l’équilibre en vase clos (« closed cup » en langue anglaise).
[0074] La gamme de température de mesure du point éclair est comprise entre 140°C et 290 °C, avec une montée de 20 °C à chaque meure du point éclair et un temps de stabilisation de 2 minutes.
[0075] Dans les exemples qui suivent, le fluide diélectrique est le Jarylec® C101 et l’hydrocarbure halogéné est soit du HCFO-1233zd Z, soit du HCFO-1233zd E. Les points éclairs sont mesurés à des températures de 140°C, 160°C,180°C, 200 °C, 220 °C, 240 °C, 260 °C, 280 °c et 290 °C pour le HCFO-32zd E et de 140°c à 290 °C avec des sauts de 10 ° C à chaque mesure pour le HCF01233zd Z.
[0076] Les points d’ébullition des hydrocarbures halogénés utilisés sont : pour le HCFO-1233zd Z : 40° C à pression atmosphéifque, et pour le HCFO-1233zd E : 18°C à pression atmosphéifque. [0077] Les résultats des mesures de point éclair selon les normes ISO 3679 et ISO
3680 sont présentées dans le tableau 3 ci-dessous :
-- Tableau 3 --
Mesure de la permittivité
[0078] La permittivité des compositions est mesurée selon la norme IEC 61620. [0079] Les compositions suivantes sont préparées par mélange à température ambiante et à pression atmosphérique de Jarylec® C101 et de HCFO-1233zd Z, tous deux sous forme liquide.
-- Tableau 4 --
[0080] Les résultats du tableau 4 ci-dessus montrent que l’ajout d’un hydrocarbure halogéné, même en faible quantité, dans un fluide diélectrique permet de rendre indétectable le point éclair, dans les conditions du test, ce qui correspond à une composition ininflammable. Par ailleurs, l’ajout d’un hydrocarbure halogéné, même en faible quantité, dans un fluide diélectrique n’entraîne pas une diminution de la permittivité de la composition, mais au contraire permet d’augmenter la permittivité de ladite composition, par comparaison avec la permittivité du fluide diélectrique seul.