PROCEDE DE DETECTION DE LA REALITE DE RESEAUX VEINEUX A DES FINS D'IDENTIFICATION D'INDIVIDUS ET PROCEDE DE RECONNAISSANCE BIOMETRIQUE
La présente invention concerne un procédé de détection d'un réseau veineux sur une partie du corps d'un individu aux fins d'identifier ledit individu. L' invention concerne également un procédé de reconnaissance biométrique d'un individu.
Les procédés automatiques de reconnaissance biométriques sont de plus en plus utilisés pour l'identification des individus par exemple dans le cadre du contrôle aux frontières, du contrôle d'accès à des zones sécurisées tels que les aires d'embarquement des aéroports ou autres, ou du contrôles d'accès à des données .
Un procédé de reconnaissance biométrique comprend généralement les étapes suivantes :
- capturer des caractéristiques biométriques sur la partie de corps d'un individu,
comparer les caractéristiques biométriques à des caractéristiques biométriques mémorisées,
- déterminer à partir de la comparaison si l'individu est reconnu ou pas.
Un procédé de reconnaissance biométrique est mis en œuvre au moyen d'un système automatisé de reconnaissance biométrique comportant des moyens de capture de caractéristiques biométriques formant une signature, des moyens de mémorisation de caractéristiques biométriques formant des signatures et des moyens de comparaison des caractéristiques biométriques capturées aux caractéristiques biométriques mémorisées. Les moyens de capture sont souvent des moyens de capture d'image. Les moyens de mémorisation ou stockage sont par exemple une mémoire (circuit intégré, code-barres ou autre) qui
est incorporée à un passeport pour stocker des caractéristiques biométriques du détenteur du passeport ou une mémoire d'une unité informatique contenant une base de données associant les caractéristiques biométriques d'individus à des données d'identification de ces individus. Les moyens de comparaison sont des unités informatiques incorporant des moyens de calcul pour exécuter des algorithmes de traitement et comparaison des caractéristiques biométriques.
Les caractéristiques biométriques de la main et plus particulièrement des doigts des individus sont très souvent utilisées pour la mise en œuvre de ces procédés. Il est ainsi connu d'effectuer une reconnaissance biométrique à partir des empreintes digitales ou des réseaux veineux des doigts. Dans ce dernier cas, les moyens de capture sont constitués d'un capteur d'image.
Dans le cadre d'un procédé automatique de reconnaissance biométrique, il n'y a pas d'opérateur pour surveiller la capture de sorte qu'il est possible pour un fraudeur de tenter de tromper le système en présentant aux moyens de capture une représentation de caractéristiques biométriques d'une personne enrôlée, c'est-à-dire d'une personne dûment identifiée dont les caractéristiques biométriques ont été mémorisées pour permettre sa reconnaissance par le système. Cette représentation peut prendre la forme d'un faux doigt pourvu de caractéristiques biométriques ou une simple image d'un réseau veineux.
Les systèmes automatisés de reconnaissance biométrique sont donc pourvus de moyens de détection de fraude à cette fin. Ces moyens, généralement de type hardware, visent par exemple à détecter la fraude en :
- détectant une variation du flux sanguin dans le réseau veineux en fonction d'une pression du doigt sur le capteur ; ou
- analysant par interférométrie une onde diffusée par le doigt ; ou bien encore
- étudiant les différences d'absorption par le doigt de deux faisceaux lumineux de longueurs d'onde différentes.
Ces systèmes demandent une architecture technique adaptée qui les rend relativement coûteux.
On comprend ainsi que l'identification biométrique d' un individu suppose de répondre à deux problématiques distinctes :
- déterminer si la partie de corps présentée est bien une partie de corps vivant ;
- extraire de la partie de corps une signature biométrique pour la comparer à des signatures biométriques mémorisées.
En effet, si un fraudeur parvient à reproduire une signature biométrique artificielle, il peut satisfaire à l'identification.
Il s'ensuit que la détermination du caractère vivant de la partie de corps ne peut découler de la seule réussite à la comparaison des signatures biométriques.
En fait, les algorithmes de reconnaissance biométrique ne sont agencés que pour extraire des signatures numériques d'un support, quel que soit sa nature, et les comparer à des signatures biométriques mémorisées. Au contraire, les algorithmes de détection de fraude sont agencés pour déterminer la nature du support présenté sans en extraire la signature biométrique. Cela tient au fait que les caractéristiques qui vont révéler le caractère vivant du support et celles qui vont permettre la reconnaissance ne sont pas les mêmes ou ne sont pas exploitées de la même manière.
Un but de l' invention est de proposer un moyen simple permettant une détection de fraude.
A cet effet, on prévoit, selon l'invention, un
procédé de détection d'un réseau veineux dans une partie de corps humain vivant, comprenant les étapes suivantes :
- capturer une image infrarouge de ladite partie de corps humain pour faire ressortir un réseau veineux de ladite partie de corps humain,
- effectuer une analyse de contraste de l'image infrarouge pour déterminer des caractéristiques de contraste de l'image infrarouge,
- déterminer si l'image infrarouge a été capturée sur une partie de corps humain réelle à partir des caractéristiques de contraste déterminées dans l'image infrarouge et de caractéristiques de contraste déterminées à partir de parties de corps humain de référence .
II apparaît en effet qu'il est très difficile de réaliser une représentation artificielle d'un réseau veineux dont une image infrarouge présenterait lors d'une analyse de contraste les mêmes caractéristiques qu'une image de réseau veineux capturée directement sur une partie de corps humain vivant. L'analyse de contraste de l'image infrarouge du réseau veineux permet ainsi une détection des fraudes. La détection de fraudes est en outre efficace avec des images infrarouges capturées dans une seule longueur d'onde ou plage de longueurs d'ondes.
Selon un mode de mise en oeuvre particulier, le procédé comporte une phase de configuration et une phase de détection.
La phase de configuration comprend les étapes de :
- capturer des images infrarouges de parties de corps humain et de représentations de réseau veineux ;
- isoler dans chaque image des blocs de pixels et effectuer une analyse de contraste pour déterminer pour chaque bloc un gradient directionnel pour au moins deux résolutions de l'image ;
- déterminer des énergies moyennes des gradients directionnels ;
déterminer par apprentissage des seuils d'énergie moyenne pour discriminer une image de réseau veineux capturée directement sur une partie de corps humain d'une image de réseau veineux capturée sur une représentation d'un réseau veineux.
La phase de détection comprend les étapes de :
- capturer au moins une image infrarouge d'un réseau veineux ;
- isoler dans l'image des blocs de pixels et effectuer une analyse de contraste pour déterminer pour chaque bloc un gradient directionnel pour au moins deux résolutions de l'image ;
- déterminer des énergies moyennes des gradients directionnels ;
- comparer ces énergies moyennes aux seuils pour vérifier que l'image de réseau veineux a été capturée directement sur une partie de corps humain.
Ce mode de mise en œuvre est particulièrement efficace. Il est en outre relativement simple : la détection de fraude est effectuée sans tenir compte d' information géométrique (position, orientation) relative au gradient, mais uniquement les valeurs moyennes des amplitudes des gradients. Il en résulte que la comparaison est effectuée sur un nombre limité de données, et est donc peut gourmande en temps et en ressources. De plus, les gradients directionnels ne sont pas directement comparés à des gradients directionnels mémorisés en relation avec des utilisateurs en particulier : mais des énergies moyennes issues de ces gradients directionnels sont comparées avec des seuils. Il s'agit plus là d'une observation que d'une comparaison, au sens de « matching », comme utilisée habituellement en reconnaissance biométrique.
L'invention a également pour objet un procédé de reconnaissance biométrique comprenant une phase de détection de la réalité d'une partie de corps humain et une phase de reconnaissance biométrique comportant les étapes suivantes :
- capturer des caractéristiques biométriques sur la partie de corps d'un individu,
- comparer les caractéristiques biométriques à des caractéristiques biométriques mémorisées,
déterminer à partir de la comparaison si l'individu est reconnu ou pas,
la phase de détection étant réalisée par la mise en œuvre du procédé de détection selon l'invention et la phase de reconnaissance n'étant réalisée que si la partie de corps humain est déterminée comme réelle à l'issue de la phase de détection.
Ainsi, la phase de reconnaissance n'est lancée que si la phase de détection est réussie.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront à la lecture de la description qui suit d'un mode de mise en œuvre particulier non limitatif de l'invention.
Il sera fait référence à la figure unique annexée représentant schématiquement un système pour la mise en œuvre du procédé de l'invention.
En référence à cette figure, l'invention concerne un procédé de détection d'un réseau veineux dans une partie de corps humain, ici la main et plus particulièrement un doigt 1 de la main.
Le procédé est mis en œuvre au moyen d'un système automatisé comprenant un dispositif de détection 10, connu en lui-même, comportant un illuminateur infrarouge 11 et un capteur d'image infrarouge 12 qui sont disposés en regard d'une aire de positionnement du doigt 1 de l'utilisateur. L'aire de positionnement se trouve à la
fois dans le faisceau de l' illuminateur infrarouge 11 et dans le champ du capteur d'image infrarouge 12. L'aire de positionnement peut être matérialisée par une vitre contre laquelle le doigt 1 peut être appliqué et derrière laquelle sont montés l' illuminateur infrarouge 11 et le capteur d'image infrarouge 12, ou l'aire de positionnement peut être matérialisée par des guides permettant à l'utilisateur de placer son doigt 1 dans le faisceau de l' illuminateur infrarouge 11 et dans le champ du capteur d'image infrarouge 12. La fréquence infrarouge est choisie car elle est fortement absorbée par l'hémoglobine et faiblement absorbée par les tissus environnant le réseau veineux dans une partie de corps humain : le réseau veineux ressort donc par rapport aux tissus qui l'entoure.
L' illuminateur infrarouge 11 et le capteur d' image infrarouge 12 sont reliés à une unité informatique de traitement 20 connue en elle-même.
L'unité informatique de traitement 20 comprend une mémoire 21 contenant une base de données de caractéristiques biométriques, un programme de gestion du fonctionnement du système, un programme de traitement des images capturées pour en extraire des caractéristiques biométriques et un programme de comparaison des caractéristiques biométriques extraites aux caractéristiques biométriques de la base de données. Dans le mode de mise en œuvre ici décrit, ces différents programmes sont des portions d'un programme unique agencé pour mettre en œuvre le procédé de l'invention.
L'unité informatique de traitement 20 comprend également une unité de calcul 22 agencée pour exécuter le programme en question et commander l'ensemble du système. L'unité informatique de traitement 20 comprend également une console d'entrée/sortie permettant à un opérateur d'intervenir sur le système.
Le procédé de l'invention comprend les étapes de :
- capturer une image infrarouge du doigt 1 placé par l'utilisateur dans l'aire de capture pour faire ressortir un réseau veineux dudit doigt,
- effectuer une analyse de contraste de l'image infrarouge pour déterminer des caractéristiques de contraste de l'image infrarouge,
- déterminer si l' image infrarouge a été capturée sur un doigt réel à partir des caractéristiques de contraste déterminées dans l'image infrarouge et de caractéristiques de contraste déterminées à partir de doigts de référence.
Dans le mode de mise en œuvre ici décrit, le procédé de l'invention comporte une phase de configuration et une phase de détection.
La phase de configuration comprend les étapes de :
- capturer des images infrarouges de parties de corps humain et de représentations de réseau veineux ;
- isoler dans chaque image des blocs de pixels et effectuer une analyse de contraste pour déterminer pour chaque bloc un gradient directionnel pour au moins deux résolutions de l'image ;
- déterminer des énergies moyennes des gradients directionnels ;
déterminer par apprentissage des seuils d'énergie moyenne pour discriminer une image de réseau veineux capturée directement sur une partie de corps humain d' une image de réseau veineux capturée sur une représentation d'un réseau veineux.
Il est donc nécessaire dans cette phase de configuration de disposer de représentations de réseau veineux telles que celles qui pourraient être utilisées par un fraudeur. Ces représentations peuvent avoir la
forme d'images planes, d'images enroulées sur un support cylindrique, de reproductions artificielles d'un doigt humain...
La phase de détection comprend les étapes de : - capturer au moins une image infrarouge d'un réseau veineux ;
- isoler dans l'image des blocs de pixels et effectuer une analyse de contraste pour déterminer pour chaque bloc un gradient directionnel pour au moins deux résolutions de l'image ;
- déterminer des énergies moyennes des gradients directionnels ;
- comparer ces énergies moyennes aux seuils pour vérifier que l'image de réseau veineux a été capturée directement sur une partie de corps humain.
Dans les deux phases, la détermination des gradients directionnels comprend les étapes de :
- isoler dans chaque image des blocs d'un premier nombre de pixels et effectuer une analyse de contraste dans chacun des blocs pour déterminer un gradient directionnel dans chaque bloc du premier nombre de pixels ;
isoler dans chaque image des blocs d'un deuxième nombre de pixels supérieur au premier nombre de pixels ;
- effectuer une analyse de contraste dans chacun des blocs pour déterminer un gradient directionnel dans chaque bloc du deuxième nombre de pixels.
Tous les pixels de l'image sont pris en copte lors de l'analyse de contraste.
On comprend que, dans la direction de la veine, le gradient est plus faible que dans une direction transversale à la direction de la veine. L'estimation de la direction des gradients est de préférence réalisée par une maximisation des dérivées directionnelles selon
quatre directions (on retient l'amplitude la plus importante parmi les quatre directions de dérivation) .
Il existe des veines de différentes épaisseurs et de contrastes variables par rapport aux tissus qui les entourent. L'analyse de contraste permet de conserver cette information.
Dans une image infrarouge de réseau veineux capturée sur un doigt réel, le doigt n'est pas uniforme en ce sens que l'image comporte des zones plus sombres. Au centre du doigt, la jonction inter-phalanges diffusant plus dans l'infrarouge permet d'accentuer la luminosité, et donc d' accentuer le contraste entre ces zones et le reste du doigt. L'analyse de contraste permet d'obtenir des informations à la fois sur le motif du réseau veineux et sur la non-uniformité de l'image. La réalisation d'une analyse de contraste dans deux résolutions différentes permet d' augmenter le nombre d' informations obtenues à la fois sur le réseau veineux et sur la non-uniformité de la diffusion de la lumière dans le doigt réel. Plus ce nombre d' informations est élevé et plus sera fiable la discrimination entre l'image d'un réseau veineux réel et l'image d'une représentation d'un réseau veineux.
Le deuxième nombre de pixels (celui des plus gros blocs) est de préférence égal au carré du premier nombre de pixels (celui des plus petits blocs) . Le premier nombre de pixels est avantageusement égal à 9 (bien adapté pour la détection des veines de fort contraste) et le deuxième nombre de pixels est avantageusement égal à 81 (bien adapté pour la détection des veines larges et de faible contraste) .
De préférence, les blocs se superposent pour couvrir toutes les images. Ainsi, chaque bloc est décalé d'un pixel par rapport à ses voisins.
Les gradients directionnels sont déterminés selon au minimum quatre directions (0°, 90°, 180°, 270°)
par une des méthodes suivantes :
- soustraction des niveaux de gris des pixels ; ou
- filtrage de type SOBEL ; ou
- filtrage de type CANNY DERICHE.
La soustraction des niveaux de gris des pixels est le moyen le plus simple de déterminer un gradient directionnel .
La comparaison est de préférence réalisée en déterminant dans un premier temps des vecteurs à partir des énergies moyennes des gradients directionnels.
Lors de la phase de configuration, on pourra utiliser par exemple une machine d'apprentissage de type SVM (Support Vector Machine) pour déterminer une surface de séparation des vecteurs d'énergie moyenne correspondant aux images de réseau veineux capturées directement sur des doigts humains et des vecteurs d'énergie moyenne des images de réseau veineux capturées sur des représentations de réseau veineux. La surface de séparation est représentative des valeurs de seuil permettant de discriminer des images de réseau veineux capturées directement sur des doigts humains et des images de réseau veineux capturées sur des représentations de réseau veineux.
Lors de la phase de détection, les vecteurs d'énergie moyenne de l'image capturée sont projetés sur la surface de séparation de manière à déterminer en fonction d'un signe de la projection si l'image a été capturée directement sur un doigt humain ou sur une représentation de réseau veineux.
Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux modes de réalisation décrits mais englobe toute variante entrant dans le champ de l'invention telle que définie par les revendications.
En particulier, la détermination des gradients
directionnels peut être réalisée différemment de la manière décrite ci-dessus.
Le nombre de pixels des blocs peut être différent et par exemple être pair (dans ce cas la détermination des gradients directionnels nécessitera de réaliser de manière connue en elle-même une interpolation) .
Les gradients directionnels peuvent n'être calculés que pour une seule résolution de l'image.