DISPOSITIF DE SURVEILLANCE DE L'INTEGRITE ET DE LA SANTE D'UNE STRUCTURE MECANIQUE ET PROCEDE DE FONCTIONNEMENT
D'UN TEL DISPOSITIF
La présente invention concerne un dispositif de surveillance de l'intégrité et de la santé d'une structure mécanique et un procédé de fonctionnement d'un tel dispositif. Elle s'applique en particulier, à la surveillance de l'intégrité et de la santé mécanique des différents éléments ou pièces en matériaux composites constituant une structure aéronautique.
Dans l'état de la technique, la surveillance de l'intégrité et de la santé mécanique des différents éléments et pièces en matériaux composites formant une structure d'aéronef, est actuellement réalisée au moyen d'inspections. Lesdites inspections sont à l'heure actuelle effectuées par un ou plusieurs opérateurs. Ces inspections sont effectuées en général avant et/ou après chaque vol de l'aéronef. Ces inspections représentent un pourcentage de temps cumulé considérable dans le cycle de vie de l'aéronef.
Il existe donc un besoin d'automatisation de ces processus de surveillance pour permettre une économie de temps et d'argent pour chacune des compagnies aériennes.
Toutefois, parvenir à une telle automatisation de ces processus n'est pas possible dans le domaine aéronautique, sans interférence desdits dispositifs de surveillance avec le système de contrôle de l'aéronef, ou de l'autonomie et de la taille du dispositif de surveillance, ainsi que des coûts requis pour mettre en place ou remplacer ces dispositifs.
Ainsi, dans le domaine aéronautique, l'homme du métier utilise certaines applications logicielles qui explorent les conditions de la structure de l'aéronef lorsque ce dernier est au sol et/ou qui contrôlent l'intégrité et la santé mécanique des pièces ou éléments de ladite structure, lorsque, par exemple, lesdites pièces ou lesdits éléments ont été réparés lors d'une maintenance ou d'un entretien de l'aéronef.
Ces applications logicielles sont aptes à collecter des données reçues à partir d'un ensemble de capteurs. Ces capteurs sont répartis sur l'ensemble de la structure de l'aéronef et câblés en réseaux de sorte à pouvoir surveiller les parties critiques des matériaux composites au cours de
l'entretien ou suite à des conditions d'urgence subies par l'aéronef pendant une phase de vol.
Cependant, aucune des solutions existantes n'est véritablement universelle, puisque les capteurs et logiciels utilisés diffèrent d'une compagnie aérienne à l'autre et/ou d'un pays à l'autre. Il est alors difficile d'assurer dans ces conditions un suivi efficace d'un historique des contraintes subies, ainsi que l'intégrité et la santé mécanique des différentes pièces et/ou éléments de l'aéronef. Cela, afin de prévenir d'éventuelles casses et/ou usures desdites pièces qui pourraient engendrer des conséquences accidentelles plus ou moins graves pour ces aéronefs.
La présente invention vise à remédier à tout ou partie des inconvénients des techniques exposées précédemment.
Pour cela, l'invention propose un dispositif de surveillance de l'intégrité et de la santé d'une structure mécanique, ainsi qu'un procédé de fonctionnement d'un tel dispositif. Le dispositif selon l'invention est apte à être intégrée à tout type de pièce ou d'élément de la structure de l'aéronef. Cette intégration du dispositif selon l'invention s'effectue soit par collage à la surface de la pièce ou l'élément de l'aéronef, soit directement par insertion dans l'avant dernière couche composite de ladite pièce ou dudit élément. Pour ce faire, ledit dispositif présente une forme pratiquement identique à celle d'une carte bancaire, avec une épaisseur de l'ordre de quelques millimètres, pour faciliter son intégration.
Malgré sa petite taille, le dispositif selon l'invention comporte des moyens sans fil, lui permettant d'une part, de transmettre des données à une interface homme/machine ou lecteur utilisé par un opérateur, et d'autre part, d'éviter la mise en place ou le remplacement de câblages pour les capteurs placés sur la structure de l'aéronef.
En outre, le dispositif selon l'invention n'est pas lié à un type de capteur spécifique. En effet, l'invention propose un dispositif de surveillance modulaire, configuré de sorte à offrir une interface standardisée, où tout type de capteur peut être connecté en fonction des applications souhaitées par l'opérateur.
De plus, le dispositif selon l'invention comporte un calculateur ou unité de contrôle pourvu d'une puissance de traitement suffisante pour traiter toutes les données nécessaires à la surveillance de la pièce ou de l'élément
de l'aéronef. Cela, afin que l'opérateur puisse effectuer des analyses via l'interface homme/machine mise à proximité du dispositif selon l'invention associé à une pièce ou un élément de l'aéronef, et en fonction de différents paramètres configurables dynamiquement. Ainsi, l'invention ne nécessite plus, comme dans l'état de la technique, d'un support pour faire fonctionner des applications logicielles afin de recueillir et traiter les données des capteurs.
Le dispositif selon l'invention comporte également des moyens aptes à s'interfacer automatiquement avec un ou plusieurs systèmes de récupération d'énergie. Ces systèmes de récupération d'énergie sont aptes à alimenter électriquement le dispositif selon l'invention. Le dispositif selon l'invention comporte des moyens aptes à exploiter et gérer efficacement l'énergie électrique reçue et/ou accumulée. Le dispositif selon l'invention est donc apte à assurer sa propre autonomie de fonctionnement durant la totalité du cycle de vie de l'aéronef.
L'invention sera comprise à la lecture de la description qui suit et à l'examen des figures qui l'accompagnent. Celles-ci sont présentées à titre indicatif et nullement limitatif de l'invention.
La figure 1 illustre une représentation schématique du dispositif selon un mode de réalisation de l'invention ;
La figure 2 montre une architecture des différents éléments constituant le dispositif selon un mode de réalisation de l'invention ;
La figure 3 est un diagramme fonctionnel du dispositif selon un mode de réalisation de l'invention ;
La figure 4 montre un exemple d'utilisation du dispositif selon un mode de réalisation de l'invention ;
La figure 5 montre un exemple de courbes établies à partir de données récupérées pour différents capteurs associés au dispositif selon un mode de réalisation de l'invention ;
La figure 1 montre une unité de contrôle 100 connectée à un ensemble de capteur 1 10 et un moyen 120 de transmission/réception sans fil. L'unité de contrôle 100, le moyen 120 de transmission/réception et l'ensemble des capteurs 1 10 sont alimentés en énergie électrique par un accumulateur 130 apte à être rechargé. Dans un mode de réalisation préféré l'accumulateur 130 est une batterie de type Li-ion. Cet accumulateur 130 est
apte à être rechargé électriquement par un moyen 120 de couplage électromagnétique intégré ou par un module 140 de récupération d'énergie tierce afin de la convertir en énergie électrique. Ce module 140 de récupération d'énergie est un générateur électrique à échelle nanométrique. En effet, ce générateur 140 est apte à convertir en énergie électrique une énergie de type mécanique tel que, des vibrations, un écoulement de fluide, un mouvement biologique, ou une énergie de type solaire, ou une énergie de type électromagnétique, ou encore une énergie de type calorifique.
L'unité de contrôle 100, le moyen 120 de transmission/réception, et l'accumulateur 130 sont aptes à se loger dans un boîtier dont les dimensions sont équivalentes à celle d'une carte de crédit. Dans un mode de réalisation le boîtier présente une longueur de 85 mm, une largeur de 55 mm, et une épaisseur de quelques millimètres. Ces dimensions permettent dans un mode de réalisation préféré une intégration du dispositif selon l'invention dans l'avant dernière couche de matériau composite d'une pièce 400 ou d'un élément constituant la structure d'un aéronef comme le montre la figure 4. En variante, le dispositif est apte à se coller à la surface de ladite pièce ou du dit élément.
La figure 2 montre une vue détaillée des différents éléments constituant le dispositif selon l'invention. En effet, l'unité de contrôle 100 comporte un microprocesseur 101 , une mémoire programme 102 et une mémoire de donnée 103 interconnecté entre eux via un ensemble de bus de communication 104. Dans un mode de réalisation de l'invention, le microprocesseur 101 , la mémoire programme 102 la mémoire de données 103 et les bus de communication sont intégrés dans un microcontrôleur 105. L'unité de contrôle 100 comporte une interface 106 entrée/sortie muni d'un convertisseur analogique numérique 107, permettant la connection et le transfert des données entre le microcontrôleur 105 et l'ensemble des capteurs 1 10 via un ensemble de bus de communication. L'ensemble des capteurs 1 10 comporte, de manière non exhaustive, un capteur 1 1 1 de température, un capteur 1 12 d'humidité, un capteur 1 13 de pression, un accéléromètre 1 14, un capteur 1 15 de déformations, et un capteur 1 16 d'ultrason. Ces capteurs 1 10 ont pour particularité de ne pas consommer chacun beaucoup d'énergie électrique.
L'unité de contrôle 100 est connectée de manière bidirectionnelle avec le moyen de transmission/réception 120. Ce moyen de transmission/réception 120 comporte un ensemble de couches matérielles qui sont respectivement, une couche 121 radio, une couche 122 de bande de base analogique, une couche 123 de bande de base numérique, un contrôleur de liaison (non représenté) et un gestionnaire de liaison (non représenté). La couche 121 radio est connectée à une antenne 124 radio fréquence afin d'émettre et recevoir des données. Dans un mode de réalisation de l'invention, les fréquences utilisées pour émettre ou recevoir des données à partir de l'antenne sont soit de 13.56 MHz ou soit 900 MHz.
L'unité de contrôle 100 comporte également une mémoire de données 108 non volatiles avec laquelle il communique de manière bidirectionnelle.
L'unité de contrôle 100 est, comme indiqué précédemment, alimentée par la batterie 130. Toutefois, comme cette unité de contrôle 100 est destinée à se retrouver irréversiblement collé à la surface ou intégré dans l'avant dernière couche en matériau composite d'une pièce ou d'un élément de l'aéronef, l'invention prévoit pour recharger la batterie 130, la mise en place dans l'unité de contrôle 100 d'un module 131 de récupération d'énergie électromagnétique. Ainsi, lors de la réception ou de l'émission de données au moyen de l'antenne 124, des ondes électromagnétiques environnantes sont absorbées pour être convertie en énergie électrique. Cette énergie électrique récupérée à partir des ondes électromagnétiques est alors emmagasiné par la batterie 130 via un module 132 de contrôle de charge. Par la suite, ce module 132 sera dénommé chargeur.
Pour ne pas décharger rapidement la batterie 130, l'invention prévoit la présence d'un module 140 de récupération d'énergie mécanique, plus particulièrement permettant de convertir l'énergie vibratoire ou sismique, afin de la transformer en énergie électrique. Ce module 140 est destiné à alimenter l'ensemble des capteurs 1 10 connectés à l'unité de contrôle 100. L'intérêt de la mise en place d'un module 140 récupérateur d'énergie vibratoire est de pouvoir alimenter le capteur lié aux vibrations et le capteur thermique lorsque l'aéronef est en fonctionnement. Dans la description, on entend par le fait que l'aéronef soit en fonctionnement, le fait qu'au moins un des moteurs de l'aéronef soit en marche. Ainsi, lorsqu'au moins un moteur
de l'aéronef est en marche, la structure de ce dernier subit des vibrations plus ou moins importantes, mais suffisantes pour alimenter le module 140.
La figure 3 est une représentation schématique des différentes interactions entre chaque bloc fonctionnel du dispositif selon un mode de réalisation de l'invention. Sur cette figure 3, on note que le microcontrôleur 105 est apte à communiquer selon un schéma maître-esclave via un ensemble de liaison 200 SPI (Sériai Peripheral Interface) avec les différents capteurs 1 10 numériques et analogiques, la mémoire de données 108 et le moyen de transmission 120. Dans le mode de réalisation de la figure 3, le moyen de transmission est une puce RFID (Radio Frequency, Identification).
Dans une variante, les différents capteurs numériques communiquent avec l'unité de contrôle 100 au moyen d'un bus l2C (Inter Integrated Circuit).
Les actions menées par le microcontrôleur 105, sont ordonnées par le microprocesseur 101 . Le microprocesseur 101 produit, en réponse aux codes instructions enregistrés dans la mémoire programme 102 des ordres destinés aux différents organes de l'unité de contrôle 100 du dispositif selon l'invention.
La gestion de l'alimentation de l'unité de contrôle 100 et de ces organes 1 10, 108 est attribuée à un module 250. Ce module 250 est apte à recevoir de l'énergie électrique qui est soit issue de la batterie 130, et/ou soit issue de la super-capacité préalablement alimentée par le module 140 de récupération d'énergie vibratoire, et/ou soit issue directement du module 131 de récupération d'énergie électromagnétique. Le module 250 est apte à alimenter électriquement le microcontrôleur 105, la mémoire de données 108 et les capteurs 1 10. Le moyen 120 de transmission/réception est un élément passif ne nécessitant aucune source d'énergie en dehors de celle fournie par une interfaces homme/machine (non représentée) au moment de la récupération des données. Au moment de la récupération des données par un opérateur, les ondes électromagnétiques environnantes sont converties en énergie électrique par le module 131 puis aiguillées vers le chargeur 132 de la batterie 130. Deux modules 251 , 252 de contrôle du courant sont placés respectivement en amont du chargeur 132, et en aval de la batterie 130, afin que le module 250 de gestion de l'alimentation, détermine le courant issu du module 131 de récupération d'énergie électromagnétique, mais aussi le courant fourni ou emmagasiné par la batterie 130.
L'invention ne se limite pas aux seuls récupérateurs d'énergie vibratoire et électromagnétique. En effet, d'autres types de récupérateur d'énergie peuvent être connectés au dispositif de l'invention en fonction du domaine d'application, afin d'assurer une surveillance de la structure de l'aéronef.
La figure 5 montre un exemple de courbes établies à partir de données récupérées pour différents capteurs associés au dispositif selon un mode de réalisation de l'invention.
Sur la figure 5, on distingue trois courbes 510, 520, 530 dont une première courbe 510 relative au capteur 1 15 de déformation, une deuxième courbe 520 relative au capteur 1 1 1 de température, et une troisième courbe 530 relative au capteur 1 12 d'hygrométrie. Ces courbes 510, 520, 530 permettent de visualiser quelles sont les données qui vont être enregistrées en fonction des différentes phases de vol de l'aéronef. L'unité de contrôle 100 considère trois phases de vol de l'aéronef. Une première phase 551 , 553, 557 de vol de l'aéronef correspond au fait que l'aéronef est au sol. Une deuxième phase 552, 554, 556 de l'aéronef correspond au fait que l'aéronef effectue un vol dit normal. Dans l'invention, on considère que l'aéronef effectue un vol normal, lorsque le signal reçu par l'unité de contrôle 100 à partir du capteur 1 1 1 , 1 12, 1 13, 1 14, 1 15, 1 16, est compris entre un seuil 541 de surveillance et un seuil 552 d'enregistrement préalablement déterminés. Une troisième phase 555 correspond au fait que l'aéronef subit une situation d'urgence durant son vol. Dans l'invention, on considère que l'aéronef subit une situation d'urgence durant son vol lorsque le signal, reçu par l'unité de contrôle 100 à partir du capteur 1 1 1 , 1 12, 1 13, 1 14, 1 15, 1 16, est supérieur ou égale au seuil d'enregistrement 542 ainsi que quelques secondes précédant et succédant cette période.
Ainsi, on comprend de la courbe 510 que durant une étape 551 , l'aéronef se trouve au sol, le capteur 1 15 se met en veille.
A une étape 552, l'aéronef est dans une phase de vol considéré ici comme normale. Le capteur 1 15 relève tout au long de cette phase de vol des données et l'unité de contrôle 100 vérifie que ces données sont comprises strictement entre le seuil 541 de surveillance et le seuil 542 d'enregistrement. Comme il n'y a rien à signaler, l'unité de contrôle 100 n'enregistre pas les données.
A une étape 553, l'aéronef est de nouveau au sol, le capteur 1 15 se met en veille.
A une étape 554, l'aéronef est dans une phase de vol considéré comme normale. Le capteur 1 15 relève tout au long de cette phase de vol des données, l'unité de contrôle 100 vérifie que ces données sont comprises strictement entre le seuil 541 de surveillance et le seuil 542 d'enregistrement. Comme il n'y a rien à signaler l'unité de contrôle 100 n'enregistre pas les données.
A une étape 555, l'aéronef subit un stress important durant son vol. Le capteur 1 15 relève tout au long de cette phase de vol des données, l'unité de contrôle 100 vérifie que ces données sont comprises strictement entre le seuil 541 de surveillance et le seuil 542 d'enregistrement. Comme le signal reçu par l'unité de contrôle 100 est supérieur au seuil d'enregistrement 542, alors l'unité de contrôle 100 procède à l'enregistrement des données. Durant cette même phase de vol, les données relatives à la courbe 520 de température et la courbe 530 d'hygrométrie sont également enregistrées. Pendant une courte période de quelques secondes précédent et succédant le stress important, les données des différents capteurs seront également enregistrées. Ces enregistrements permettront à l'opérateur de déterminer la ou les source(s) du problème qui a engendré cette situation d'urgence durant le vol.
A une étape 556, l'aéronef est dans une phase de vol considéré comme normale. Le capteur 1 15 relève tout au long de cette phase de vol des données, l'unité de contrôle 100 vérifie que ces données sont comprises strictement entre le seuil 541 de surveillance et le seuil 542 d'enregistrement. Comme il n'y a rien à signaler l'unité de contrôle 100 n'enregistre pas les données.
A une étape 557, l'aéronef est de nouveau au sol, et le capteur se met en veille.
A une étape 558, l'aéronef se trouve en phase de maintenance ou d'entretien et un opérateur muni de son interface homme/machine (non représentée) vient récupérer les données enregistrées par le dispositif de l'invention. Durant cette phase, la batterie 130 du dispositif de l'invention est rechargée via les ondes électromagnétiques émises par l'interface homme machine ou le lecteur.