METHODE POUR UN DIMENSIONNEMENT OPTIMAL DES CELLULES D'APPAREILS DE CHROMATOGRAPHIE DE PARTITION CENTRIFUGE
La présente invention concerne une méthode de dimensionnement des cellules d'appareils de chromatographie liquide-liquide centrifuge. Dans ce type d'appareil constitué par l'interconnexion en série d'une ou plusieurs chaîne(s) de cellules, s'effectue la séparation des constituants d'une charge en solution liquide constituée d'au moins deux constituants de coefficients de partage différents tels qu'ils sont entraînés à des vitesses inégales par la phase mobile qui peut être l'une ou l'autre des phases liquides. ETAT DE LA TECHNIQUE Une technique connue de séparation de constituants A et B en solution dans un mélange liquide consiste à l'injecter dans une "colonne chromatographique" soumise à une force centrifuge, qui est conçue pour que l'une des phases liquides puisse être percolée dans l'autre phase liquide et réciproquement (chromatographie dite CCC ou CPC). Dans la pratique, comme le montrent notamment les brevets FR 2.791.578, US 4.551.251 US 4 877 523 ou US 4.857.187, ce type de système comprend un ou plusieurs empilements de disques entraînés en rotation. Chacun d'eux comporte (Fig.4) dans son épaisseur et sur toute sa périphérie une succession de cellules CE disposées suivant une direction radiale ou oblique et mises en série par un ensemble des circuits de fines canalisations tortueuses B aux extrémités de chaque cellule. Les circuits de tous les disques communiquent les uns avec les autres. Les cellules CE et leurs circuits de
communication B sont remplis d'une phase liquide stationnaire maintenue en place par la force centrifuge et une autre phase liquide mobile qui percole la phase stationnaire. La rotation de l'empilement crée un champ d'accélération centrifuge important qui permet de maintenir la phase liquide dite stationnaire fixe tandis que la phase mobile circule dans le mode dit ascendant (Fig.l A) si elle est plus légère que la phase stationnaire, et en mode descendant (Fig.l B) si elle est plus lourde. Le processus chromatographique., c'est-à-dire le partage des molécules devant être purifiées entre les deux phases liquides, a lieu dans chaque cellule, et le transfert de masse est favorisé par une bonne dispersion de la phase mobile arrivant du canal dans chaque cellule. Pour obtenir une meilleure séparation, il est possible par exemple, comme il est décrit dans la demande de brevet FR-03/08.076, d'injecter la charge en un point intermédiaire de la chaîne de cellules constitutives de la colonne, et de réaliser des cycles alternés de deux phases, avec une première phase durant un premier intervalle de temps où l'on injecte du solvant plus léger par une première extrémité du dispositif et l'on recueille un premier composant à une deuxième extrémité du dispositif, et une deuxième phase durant un deuxième intervalle de temps où l'on injecte du solvant plus lourd par la deuxième extrémité du dispositif et l'on recueille un deuxième constituant à la première extrémité. On ajuste les durées respectives de la première et de la deuxième phase et/ou les débits d'injection du solvant plus léger et du solvant plus lourd en fonction des constituants du mélange, de manière à obtenir une séparation optimale. Quelle que soit sa forme, chaque cellule CPC peut être caractérisée (Fig.2A) par sa longueur L, mesurée dans une direction radiale (ou proche d'une direction radiale), par sa largeur, I, mesurée dans une direction normale à (ou proche de) la direction radiale, ces deux premières grandeurs étant mesurées dans un plan normal à l'axe de rotation Ω, et par l'épaisseur, e mesurée selon une direction parallèle à (ou proche de) l'axe de rotation. On vérifie facilement que le choix de ces trois dimensions pour un volume donné de cellule, a une grande incidence sur l'efficacité de la séparation obtenue. Le problème de choisir le bon dimensionnement des cellules se pose lorsque l'on veut concevoir un système de séparation efficace mais aussi lorsque l'on veut en modifier la taille pour passer
d'une installation de type analytique à une installation de type industriel ou réciproquement tout en conservant la même efficacité. La méthode selon l'invention La méthode selon l'invention a pour objet le dimensionnement des cellules d'une colonne de chromatographie liquide-liquide centrifuge comprenant un réseau de cellules tridimensionnelles interconnectées en série et communiquant avec des moyens de circulation de phases liquides, les cellules étant réparties à la périphérie d'au moins un disque entraîné en rotation, deux dimensions des cellules étant orientées dans un plan sensiblement normal à (ou proche de) l'axe de rotation du disque. Pour une plus grande efficacité et un meilleur rendement, on choisit la troisième dimension (e) qui est dirigée selon une direction sensiblement parallèle à (ou proche de) l'axe de rotation, de façon qu'elle soit au moins égale à l'une des deux autres dimensions (L, 1), et de préférence plus grande. Pour augmenter l'échelle des appareils de chromatographie (par exemple pour passer d'un appareil de chromatographie analytique à un appareil industriel), on augmente de préférence la taille des cellules en augmentant essentiellement leur troisième dimension (e) et en complément, si nécessaire, les deux autres dimensions (L, 1). Pour diminuer au contraire l'échelle des appareils de chromatographie (passer d'un appareil de chromatographie industriel à un appareil analytique), on diminue de préférence la taille des cellules en diminuant essentiellement leur troisième dimension (e) et en complément si nécessaire la première et la deuxième dimensions (L, 1), pour conserver la troisième dimension (e) au moins égale à l'une des deux autres dimensions (L, 1). Comme on le verra plus en détail dans la suite de la description, cette règle de dimensionnement permet d'augmenter l'efficacité et la productivité des appareils de chromatographie. Présentation succincte des figures Les caractéristiques et avantages de la méthode apparaîtront plus clairement à la lecture de la description ci-après d'un exemple non limitatif de réalisation, en se référant aux dessins annexés où : - les figures 1A, 1B montrent un schéma de principe d'un appareil de séparation de type CPC comprenant plusieurs cellules interconnectées associées à des moyens de
circulation de fluides, qui est soumis à une accélération g, dans le cas où la phase mobile circule dans le mode dit ascendant (Fig.l A) et dans le cas où la phase mobile circule dans le mode dit descendant (Fig.l B), selon qu'elle est plus légère ou plus lourde que la phase stationnaire ; - les figures 2A, 2B montrent deux exemples de cellules de tailles différentes avec des dimensions non homothétiques ; - la figure 3 montre un exemple de disque avec des cellules creusées dans son épaisseur ; et - la figure 4 montre schématiquement une disposition des cellules tout autour d'un disque. Description détaillée On a vérifié qu'un film de phase mobile introduit en haut de la cellule a une trajectoire et un comportement étroitement liés aux trois dimensions L, 1 et e. L'orientation (Figure 2) du vecteur accélération de Coriolis, r∞_ , qui a une grande importance dans l'évolution des régimes d'écoulement dans les cellules, différentie fondamentalement les dimensions 1 et e puisqu'il est orienté dans la direction de 1 et pas du tout dans la direction de e. Il ressort des études que, vu les emplacements des entrées connectant chaque cellule aux canaux qui la lient aux cellules suivante et précédente, une variation des trois grandeurs L, 1 et e a une répercussion très différente sur les caractéristiques hydrodynamiques de l'écoulement dans la cellule. La nature des écoulements (type film oscillant ou spray) est très fortement corrélée à la vitesse linéaire d'entrée, Ne, de la phase mobile dans la cellule, laquelle est proportionnelle à la racine cubique du rapport débit volumique / épaisseur e; ce paramètre (Ne) est indépendant de L et 1, et impute à e un rôle fondamental qui n'a jamais été décrit jusqu'ici. Il faut donc privilégier des profils de cellule qui permettent, en provoquant l'apparition d'écoulements dispersés, de travailler à des débits importants tout en augmentant l'efficacité et la productivité d'un instrument de CPC (temps d'analyse plus courts, et/ou rendements horaires plus élevés). Des études détaillées ont permis de montrer :
a) qu'un accroissement de l'épaisseur e important au regard des variations possibles de L et de 1 aura des conséquences favorables sur les écoulements, tout en permettant de donner à la cellule une dimension conforme selon les usages à l'échelle préparative ou industrielle ; et b) que l'épaisseur e doit être de préférence supérieure ou au moins égale à toutes les autres dimensions de la cellule. On a vérifié qu'un système de séparation avec des cellules ainsi conformées privilégiant l'épaisseur e est bien plus efficace (au sens chromatographique) que les cellules où les deux dimensions L et 1 sont plus grandes, ce qui est le cas dans les systèmes existant sur le marché. Le comportement hydrodynamique des fluides présents dans une colonne de chromatographie de partition centrifuge (CPC) est intimement lié, on l'a vu, à la conformation des cellules. Aussi, le changement de la taille des cellules (leur agrandissement pour une utilisation à l'échelle industrielle ou leur rapetissement au contraire pour une utilisation analytique) par une simple homothétie ne donne pas de bons résultats. De ce fait, si l'on doit, pour les applications industrielles, agrandir la taille des cellules de CPC (cellule dite analytique de la Fig.2A par exemple), quelle que soit leur forme, il faut essentiellement accroître leur épaisseur e, et accessoirement augmenter leur longueur L et/ ou leur largeur 1 (cellule dite préparative de la Fig.2B). A titre d'exemple non limitatif, on peut choisir des épaisseurs e au moins deux fois plus grande que les deux autres dimensions.