DOMAINE TECHNIQUE
L'invention se rapporte aux liaisons par
éléments filaires dans un environnement subissant des
déformations.
En particulier, l'invention s'applique à la
connectique dans des composés subissant des
déformations élastiques.
ÉTAT DE LA TECHNIQUE ANTÉRIEURE
Le développement électronique et
informatique a mené à une multiplication des connexions
électriques, plus généralement connues sous le nom de
connectique. Or, de nombreux domaines nécessitent une
connectique étirable du fait des mouvements relatifs
que subissent les éléments connectés.
L'une des approches pour les matériels peu
sensibles est la libération des fils dans la zone de
mouvement : ainsi par exemple, pour des bras articulés
(comme dans les robots industriels), les fils sont
solidarisés aux bras, mais ils sont laissés libres au
niveau de l'articulation, où ils restent apparents ou
sont insérés dans une gaine très large. Cette solution
est cependant adaptée uniquement pour des articulations
simples, dont la localisation est précise, de grande
taille et pour des éléments et articulations protégés
de par leur localisation.
L'une des solutions envisagées pour éviter
les fils volants précédents implique le passage des
fils de connexion dans une gaine spiralée préformée,
formant ainsi un cordon souple, dont l'exemple le plus
représentatif est le fil de téléphone. La géométrie de
la gaine permet une élongation du cordon et un retour à
sa forme initiale lorsque l'effort d'élongation cesse.
Cette solution présente cependant comme inconvénients
un encombrement notable ainsi qu'une fatigue du formage
au cours des utilisations. De plus, le mouvement
relatif entre les fils et la gaine peut occasionner un
cisaillement.
Une autre solution concerne la fabrication
de résines et/ou gommes possédant en elles-mêmes des
propriétés électriques, par exemple grâce à la présence
de particules conductrices réparties en leur sein : le
substrat polymérique conducteur est alors utilisé
directement comme connectique. Cependant, lors d'une
élongation, le support voit sa forme se modifier :
notamment, dans le cas simple d'une bande, lors d'un
allongement, l'épaisseur et la largeur diminuent. Ceci
modifie la répartition des particules conductrices, et
la résistance du substrat n'est pas constante, avec
donc une modification du signal électrique.
Il existe ainsi un besoin de connectique
dite « élastique » dans laquelle le fil conserve des
propriétés électriques, en particulier résistance et
impédance, prédéterminées lorsque le milieu dans lequel
il se trouve se déforme. Par ailleurs, il existe un
besoin d'assurer une meilleure longévité aux câblages
de connexion utilisés avec des supports non rigides,
longévité obérée par le cisaillement issu du
déplacement relatif des deux éléments.
EXPOSÉ DE L'INVENTION
La présente invention se propose, parmi
autres avantages, de pallier les inconvénients
inhérents aux solutions existantes pour la mise en
place de fils électriques inextensibles dans des
milieux déformables.
Plus généralement, la présente invention
concerne des composants élastiques comprenant des
éléments allongés, en forme de fils ou câbles, plus
généralement appelés « fils » par la suite, qui ne sont
pas nécessairement élastiques, associés à un support
élastique, ainsi que leur procédé de fabrication. Sous
l'un de ses aspects, la géométrie des éléments filaires
d'un composant selon l'invention est telle que, lors de
la déformation élastique du support, ils accompagnent
l'altération du support sans cependant subir de
mouvement relatif par rapport au support au niveau de
l'interface entre éléments filaires et support. Du fait
de cette solidarisation, que l'on peut qualifier de
continue, des fils avec le support, aucune force de
cisaillement n'intervient, et donc le composant reste
opérant même après un nombre de cycles de déformations
important.
Sous un de ses aspects, l'invention
concerne une connectique électrique, c'est-à-dire dont
les éléments filaires sont des câbles ou fils
électriques, de préférence inextensibles pour garder
des propriétés électriques constantes et définies.
Cependant, d'autres éléments sont envisageables, dont
par exemple les fibres optiques.
Le matériau du support est choisi en
fonction de l'utilisation et notamment du degré
d'élongation souhaité. De préférence, le matériau est
isotrope. Dans le domaine médical, on pourrait par
exemple préconiser le silicone ; un choix préféré pour
les connexions électriques est le polyuréthane, qui
permet une bonne intégration des gaines de fils
électriques et possède des propriétés d'élasticité
connues et maítrisées.
Afin d'augmenter l'intégration entre les
fils et le support et accroítre l'adhésion, il peut
être souhaitable de traiter la surface des fils en
fonction de l'enrobage choisi.
Différentes géométries sont proposées pour
un composant selon l'invention.
Ainsi par exemple, les fils peuvent être
enroulés autour d'une âme élastique à la façon d'un
toron et solidarisés à elle, par exemple par collage.
Lors de l'élongation de l'âme, les fils donnent
l'impression de s'allonger également du fait d'un
accroissement du pas d'enroulement. Cette géométrie
permet une élongation très importante suivant le
diamètre de l'âme et le pas de l'enroulement pour les
fils. L'invention concerne également un procédé pour
réaliser ce composant, avec enroulement du matériel
filaire autour d'une âme élastique et solidarisation.
Une autre géométrie d'un composant selon
l'invention concerne un support en forme de plaque sur
lequel les fils sont disposés selon une géométrie
plane. Avantageusement, les fils ne se touchent pas
pour éviter tout cisaillement. La géométrie des fils
est de préférence sous forme d'ondulations dont
l'amplitude et le pas dépendent de l'élongation
souhaitée. De préférence, la géométrie est régulière
tout au long du support afin d'obtenir des propriétés
contrôlées d'élongation. Pour maintenir la géométrie
des fils au repos telle que prédéterminée, il est
préférable d'avoir une couche de matériau élastique,
par exemple similaire au support, au dessus de
l'ensemble formé par le support et le câblage.
Sous un autre aspect, l'invention concerne
un composant de ce deuxième type, c'est-à-dire plat, à
l'intérieur duquel les éléments filaires sont disposés
sous forme d'enroulements hélicoïdaux. Ceci permet un
allongement supérieur.
L'invention concerne également un procédé
pour réaliser ce deuxième type de composant, c'est-à-dire
comprenant la mise en place des éléments filaires
selon une géométrie prédéfinie sur un substrat plan, et
la solidarisation des éléments filaires avec un support
élastique.
BRÈVE DESCRIPTION DES DESSINS
D'autres caractéristiques et avantages de
l'invention ressortiront plus clairement à la lecture
de la description et en référence aux dessins annexés,
dans lesquels :
La figure 1 montre les différents éléments
et les paramètres utiles à la compréhension de
l'invention. La figure 2 représente un premier mode de
réalisation d'un composant selon l'invention. Les figures 3a, 3b et 3c illustrent trois
configurations possibles pour le premier mode de
réalisation. Les figures 4a et 4b représentent deux
configurations d'un deuxième mode de réalisation d'un
composant selon l'invention. La figure 5 représente un troisième mode de
réalisation d'un composant selon l'invention, la figure
5a selon l'axe AA, la figure 5b selon l'axe BB.
EXPOSÉ DÉTAILLÉ DE MODES DE RÉALISATION PARTICULIERS
L'invention concerne des composants de
connexion comprenant, tel qu'illustré sur la figure 1,
un support élastique 2 et des fils 4 d'élasticité
moindre, le terme « fil » étant pris dans son acception
large, à savoir un « long brin mince ». Les fils ont
une première longueur l1. Par « composants de
connexion », et tel qu'il sera plus clair par la suite,
il faut entendre aussi bien des entités utilisables
individuellement que des parties de dispositifs plus
larges. En particulier, les composants comprennent un
support 2 élastique : ce support 2 du composant peut
également n'être qu'une partie d'un support plus
important utilisé dans un dispositif incluant la
connectique selon l'invention.
Le support 2 possède au repos une deuxième
longueur l2. Au cours de l'utilisation du dispositif
incluant le support 2, par flexion du dispositif, par
vibrations, ou par toute autre action mécanique, le
support 2 va voir sa longueur se modifier, notamment
entre l2 et une troisième longueur maximale l3. La
longueur l1 des fils est choisie pour que ce mouvement
du support soit possible, et donc normalement l1 ≥ l3.
L'invention repose sur le fait que,
contrairement à la démarche actuelle de l'homme du
métier, les fils sont intégrés, associés, c'est-à-dire
solidarisés, au support, de sorte qu'aucun déplacement
ne se produit entre la surface du fil et la surface du
support qui y est adjacente lors de la déformation
élastique du support. En effet, au vu de la différence
de nature entre le polymère d'une gaine et les
conducteurs électriques, il a jusqu'à présent été
envisagé soit d'altérer ou choisir la nature d'un des
éléments pour donner à chacun un comportement élastique
similaire (gomme conductrice, fil enrobé dans une gaine
souple préformée), soit de les dissocier totalement
afin de permettre un mouvement relatif de l'un par
rapport à l'autre (fil flottant dans une gaine large).
Dans le cadre de l'invention, les conducteurs se
déforment de façon identique au milieu dans lequel ils
se trouvent, mais les fils eux-mêmes gardent une
longueur constante et ne changent pas d'impédance, ni
ne créent des surépaisseurs ou des boucles d'absorption
de longueur. La solidarisation entre fil 4 et support 2
est continue, c'est-à-dire effectuée le long de la
deuxième longueur l2.
Dans le cadre de l'invention, les fils
utilisés peuvent être tous les fils disponibles dans le
commerce, ou des fils fabriqués à la demande. Pour le
support, le choix du matériau peut s'effectuer de la
même façon parmi les matériaux connus ou spécialement
développés, et dépend principalement de la gamme
d'élasticité et de résistance souhaitée : on peut par
exemple choisir un matériau peu résistant mais capable
de s'allonger fortement de façon occasionnelle (voir
les élastiques en caoutchouc), ou préférer un matériau
très solide capable de supporter de nombreux cycles de
déformation, dont l'élasticité est limitée à un
allongement réduit. De fait, en reprenant les
paramètres de la figure 1, on choisit un matériau
élastique entre les longueurs l2 et l3, l2 étant la
longueur au repos, c'est-à-dire en l'absence de
contrainte de traction. Il est souhaitable que le
matériau du support soit isotrope afin de garder un
comportement uniforme quel que soit le sens de
déformation, notamment sur toute la longueur. Par
ailleurs, il est préférable qu'il puisse être moulé
pour faciliter la fabrication, et sans hystérésis. Par
exemple, il est possible de prendre un polyuréthane, un
caoutchouc, un néoprène, du silicone.
Selon le contexte dans lequel le dispositif
va être utilisé, une dureté Shore plus ou moins élevée
sera choisie. Par exemple, dans un environnement soumis
à des forces importantes et nécessitant des
allongements faibles (tels que 1 %), on peut choisir un
matériau avec une dureté Shore de l'ordre de 40 ; dans
un environnement moins perturbé, soumis à des forces
plus faibles, et nécessitant des allongements plus
importants (comme les articulations du corps humains),
par exemple de 100 %, on pourra choisir un matériau de
dureté Shore de 5 à 10.
La figure 2 représente un premier mode de
réalisation possible, appelé également configuration
« en toron » 10. Selon ce mode de réalisation, une âme
centrale 12 est fabriquée dans un matériau élastique
choisi selon les critères détaillés ci-dessus, la
taille (longueur et diamètre de l'âme) dépend également
de l'utilisation qui sera faite du composant 10. De
même, suivant l'utilisation, on choisit les fils 14
nécessaires (nature, nombre, longueur l1 au moins égale
à la longueur maximale l3 du composant 10). On peut par
exemple choisir des fils électriques blindés et/ou
téfalisés du commerce, notamment des coaxiaux.
Ensuite, manuellement, par un dispositif
classique pour toronner des fils et/ou cordes et/ou
câbles, ou par toute autre technique connue de l'homme
du métier, les fils 14 sont bobinés autour de l'âme
centrale 12. Le diamètre et le pas des spires du toron
vont dépendre de l'élongation que l'on veut compenser,
mais aussi du diamètre de l'âme. Afin d'assurer un
comportement le plus reproductible possible, il est
souhaitable que les enroulements soient réguliers tout
au long de l'âme 12.
Différentes configurations sont possibles :
il est possible de bobiner les fils 14 indépendamment
l'un de l'autre, de façon à obtenir des enroulements
imbriqués (figure 3a). Les fils 12 peuvent être eux-mêmes
sous forme d'assemblage ou de câbles 16 : la
figure 3b montre ainsi un bobinage de câbles 16
comprenant trois fils électriques. Dans ce cas, il est
souhaitable que le diamètre du câble 16 reste très
inférieur au pas de l'enroulement. Il est aussi
possible de solidariser, par exemple par collage, les
différents fils 14 avant bobinage, de préférence selon
une configuration plane 18 (dans l'exemple, de trois
fils), et d'enrouler cet ensemble plat 18 sur l'âme 12
(figure 3c). Cette configuration a pour avantage de
garder un diamètre faible, tout en minimisant les
risques de mouvement relatif.
Le bobinage s'accompagne ou est suivi d'un
collage des fils 14 sur l'âme 12 de façon à les y
solidariser et à éviter tout déplacement relatif à
leurs points de contact. De préférence, la colle est du
même matériau que l'âme 12 ; elle peut être liquide
également, par exemple pour le polyuréthane. Il est
également possible de procéder à un moulage pour
assurer cette solidarisation. Pour accentuer encore
l'adhésion, il peut être procédé à un traitement de la
surface des fils 14, par exemple du Téflon® entourant
des fils blindés coaxiaux pour une intégration à du
polyuréthane.
De préférence, les extrémités 20 des fils
14 sont laissées libres. Pour allonger le dispositif,
on « tire » sur l'âme 12, à une de ses extrémités 22 ou
aux deux. Comme les fils 14 sont solidarisés à l'âme
12, une torsion de l'âme accompagne son allongement, et
la longueur visible des fils augmente en parallèle,
suite à l'augmentation du pas de leur enroulement : il
y a découplage mécanique entre les efforts subis par
l'âme 12 et les fils 14. L'âme centrale 12 absorbe donc
toute la traction, et les fils conducteurs 14 ne
subissent aucune contrainte. De plus, l'absence de
mouvement relatif entre âme 12 et fil 14 permet une
grande longévité au composant 10, dépendant uniquement
des limites à l'élasticité du matériau choisi pour
l'âme 12, sans altération du fait d'un cisaillement
occasionné par les mouvements des fils 14., le long de
l'interface entre fils 14 et support 12.
Pour sécuriser le composant 10, il est
possible de revêtir, par exemple par moulage, le toron
initial par un matériau élastique. De préférence, le
module d'élasticité du revêtement 24 est supérieur à
celui de l'âme centrale 12 : ceci permet d'assurer
l'absence de contrainte sur les fils conducteurs 14, et
n'altère pas les propriétés d'allongement du toron 10.
Bien que théoriquement possible, la
configuration en toron 10 trouve des limites pratiques
pour un grand nombre de fils, par exemple une
douzaine : en effet, le diamètre de l'ensemble devient
alors important, et l'intégration du composant dans un
dispositif pour utilisation peut être problématique.
Le composant selon l'invention peut être
fabriqué dans une autre configuration, appelée
configuration « en vagues » 30, présentée par exemple
dans les figures 4 : dans ce mode de réalisation, les
fils 32 sont disposés sur un plan, et solidarisés à un
support 34 plat. L'épaisseur se trouve donc réduite.
De la même façon que précédemment, la
longueur des fils, leur nombre, le matériau du support,
ses dimensions dépendent de l'élongation souhaitée et
de l'utilisation - en particulier, dans ce cas, il est
préférable de prendre pour le support 34 un matériau le
plus proche possible du produit dans lequel le
composant 30 sera utilisé, voire de fabriquer le
composant 30 dans et avec le dispositif final.
Les fils 32 sont disposés côte à côte sur
un substrat pour former un ensemble de conducteurs
plat. La géométrie dépend de l'élongation souhaitée et
de la différence de longueur entre support 34 et fils
32 (entre l2 et l1) : une modélisation pour obtenir les
paramètres des vagues est immédiate. Il est préféré que
les fils 32 ne se touchent pas, de façon à éviter tout
cisaillement entre deux fils lors de l'étirement ; il
est donc souhaitable que chaque fil forme un tracé
parallèle à celui de son voisin.
Deux configurations principales sont
détaillées pour ce mode de réalisation : suivant la
taille des « vagues », c'est-à-dire surtout leur
amplitude, chaque fil « s'imbrique » dans un autre
(« nappe » 36 de la figure 4a) ou les fils forment des
« rails ondulants » 38 séparés (figure 4b). Les deux
configurations peuvent être mêlées au sein d'un même
dispositif 30, avec par exemple une nappe 36 de six
fils encadrée d'ondulations 38 de chaque côté. Le choix
de la géométrie dépend en particulier des conducteurs
initiaux (longueur, nature) et du procédé de
réalisation choisi pour fabriquer le dessin des
vagues : ainsi, pour une nappe 36, il peut être
envisagé de solidariser les fils 32 sur un plan comme
pour le toron 10 de la figure 3c et de procéder ensuite
au positionnement suivant le dessin. Pour réaliser les
ondulations de faible amplitude 38 de la figure 4b, une
des possibilités peut être le passage du fil 32 le long
d'un engrenage denté.
Afin d'assurer un comportement régulier sur
toute la longueur du composant 30, il est souhaitable
que les ondulations 36, 38 aient une amplitude et une
périodicité constantes tout au long du support 34.
Après que l'ensemble des fils 32 a été
disposé à la surface du substrat, les fils sont
intégrés à un matériau élastique, constituant du
support 34, de préférence par moulage et/ou injection.
Les mêmes précautions et possibilités que pour le toron
10 s'appliquent.
Il est possible que le substrat sur lequel
les fils ont été disposés soit de la même nature que le
matériau élastique, c'est-à-dire le support 34 : on
obtient alors lors du moulage un support 34 comprenant
le substrat initial et le produit ajouté, au sein
duquel les conducteurs 32 sont intégrés sur un plan.
Dans ce cas, avant injection du matériau qui va
constituer la partie supérieure du support 34, il peut
être souhaitable de coller les fils sur le substrat,
qui constitue la partie inférieure du support 34 ; la
colle peut être en polyuréthane, en caoutchouc, liquide
ou pâteuse.
Pour diminuer encore l'épaisseur finale, il
est possible de procéder à un report de géométrie, le
substrat ne servant qu'à positionner les fils 32 avant
qu'ils ne soient moulés dans un matériau élastique
formant le support 34. Dans ce cas, les fils 32 du
composant 30 sont pratiquement à sa surface. Comme dans
le cas du toron 10, il est possible dans ce cas
également de procéder à un revêtement.
Contrairement au mode de réalisation en
toron 10, il n'est, dans ce deuxième mode de
réalisation, pas possible de dissocier le support 34
des fils 32 lors des efforts d'élongation : « tirer »
sur le support 34 revient à tirer sur les fils 32. Pour
permettre une reprise d'effort qui évite toute
contrainte entraínant un cisaillement sur les fils 32
pouvant mener à la rupture, il est souhaitable que le
support 34 soit prolongé à une de ses extrémités au
moins. Par exemple, le prolongement 40 peut être moulé
en même temps que le support 34 et les extrémités des
fils 32 peuvent y être solidarisées, par exemple pour
être connectées à une plaque 42 ou un capteur. Il est
possible d'aménager des vagues dans ce prolongement
pour compenser les efforts dus à la traction.
La figure 5 représente un troisième mode de
réalisation 50 combinant des aspects des deux
précédents : au lieu d'être disposés à plat sur un
substrat, les fils 52 ont la forme d'hélices ou
d'enroulements. La disposition des fils 52 sur le
substrat peut s'effectuer avec les fils seuls, qui sont
bobinés et conservent leur géométrie, ou les fils
peuvent être enroulés sur une âme comme dans le premier
mode de réalisation. Dans ce cas, il est préférable que
l'âme soit de même nature que le matériau utilisé
ensuite pour le support 54, de façon à ce que lors du
moulage, les deux éléments se fondent, s'imbriquent
l'un dans l'autre, ce qui augmente d'autant l'adhésion
des fils 52 au support 54. On obtient alors une
structure intermédiaire 50 pouvant comporter de
nombreux fils 52 déterminant la largeur du support 54,
d'épaisseur comprise entre celle du toron 10 et de la
configuration en vagues 30.
Quel que soit le mode de réalisation
choisi, il est clair que l'adhésion doit être maximale
aux points de contact entre le support 12, 34, 54 et
les fils 14, 32, 52. Suivant l'élongation souhaitée et
le nombre de cycles auquel il est prévu de soumettre le
composant 10, 30, 50 (des vibrations répétées de faible
amplitude sont de fait plus dommageables en cas de
cisaillement que des élongations extrêmes mais
occasionnelles), il peut s'avérer souhaitable de
supprimer tout résidu gazeux au sein du matériau,
notamment polymérique, composant le support et la colle
éventuelle, afin particulièrement d'éviter toute bulle
d'air autour d'un fil : l'étape de moulage et/ou
collage des fils 14, 32, 52 continûment sur l'âme 12
et/ou le support 34, 54 peut donc être associée aux
dégazages connus de l'homme du métier.
Les applications d'une telle connectique
10, 30, 50 sont nombreuses. En particulier, en
avionique et plus généralement dans le domaine des
transports (tant de personnes que les convoyeurs sur
chaíne de fabrication industrielle), le composant selon
l'invention permet d'assurer une déformation élastique
de certaines gaines contenant des fils électriques tout
en évitant les problèmes de cisaillement inhérents aux
vibrations répétées qui, avec les connectiques connues,
entraínent une détérioration du fait du mouvement
relatif entre fil et support l'entourant.
De la même façon, le composant peut être
utilisé dans le domaine médical, par exemple dans les
prothèses articulaires. Il est ici envisageable de
coller un composant selon l'invention au niveau de
l'articulation concernée, afin par exemple de relier un
capteur à des moyens d'activation ou de contrôle de
mouvement. Il est aussi possible d'intégrer directement
le composant dans la prothèse ou l'appareillage
médical, en choisissant par exemple le silicone comme
support si une intégration dans une sonde siliconée est
envisagée.
Bien que la description et les dessins ci-dessus
se rapportent à des fils électriques intégrés à
une connectique élastique, l'invention ne se limite pas
à ce mode de réalisation mais regroupe les éléments ne
se départant pas de la portée des revendications.
En particulier, les fils électriques
peuvent être remplacés, pour la totalité ou seulement
certains d'entre eux, par tout élément de forme
allongée similaire à un fil, inextensible ou du moins
pas assez extensible pour l'utilisation qui en est
faite, que l'on veut utiliser dans le cadre d'une
liaison sur un support déformable élastiquement.
L'un des exemples est l'utilisation de
fibres optiques, monomodes ou multimodes : dans des
applications médicales (en endoscopie par exemple)
comme dans les applications industrielles (surveillance
de circuits hydrauliques par exemple) ou les
applications sous-marines (caméras par exemple), il
peut s'avérer nécessaire d'avoir des parties
susceptibles de subir des déformations importantes. Le
composant selon l'invention permet de remplacer les
articulations existantes. Surtout, lors d'utilisations
répétées, l'intégration des fibres dans un support pour
un composant selon l'invention permet de diminuer le
diamètre tout en augmentant la durée de vie du fait de
l'absence de forces de cisaillement entre gaine de
protection et fibres optiques.
Du fait de sa compacité et de sa résistance
au cours des cycles de déformation, le composant selon
l'invention peut également être utilisé dans le domaine
de l'habillement : il devient possible d'intégrer au
vêtement, et notamment à la chaussure ou la combinaison
de plongée, des capteurs à des localisations distantes
des moyens les contrôlant, ou des accessoires courant
sur une certaine longueur.